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Full text of "Institutions anatomiques de Gaspar Bartholin, augmentées et enrichies pour la seconde fois tant des opinions et observations nouvelles des modernes... que de plusieurs figures... par Thomas Bartholin,... et traduictes en françois par Abr. Du Prat"

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I  /^NSTlTVTrONS^ilti 

o]miqve.M| 

II  de  .  '  'W 

yO:ASEAR  BARTHOLTiÆ 
'Uym^nt/e<s  etairuHriapciL^ 
\aDbJeriiafLcnij  7ioiui.dlcs  dcj  | 

n'a  ùnnuis  eÀx'mLfe  en  | 
if  liimure^  que  de  vliùtÜLirJ'  i 
^  FigtiTT^  çntailtc.  dmiae,  fi 
iParTuoMAsBAR  THoznM 

I  FIL/  de  l'iAuiheury^  -  || 

y  Tmdmetee  enFrtatqeû par'M 
IAbr.BvPraT  JDaetear^  M 
,  ert  FFedeevie^  ■  lll 

i  A' JPARIS^  I 


uFiilmJj, 


'  INSTITVTIONS 

ANATOMIQVES 

D  E 

G  ASP.  B  ARTH  O  L  IN 

D  O  C  T  E  V  R  ET  PROFESSE  VR 

DV  ROY  DE  DANNEMARCK, 

Augmentées  ^  enrichies  pour  la  féconde  fais  3 
Opinions^  Ohfer'vations  nouvelles  des  Moàertjg^^ 
dont  la  plus  grande  partie  n  a  ïamais  ejîéœ:  ^  \ 
mije  en  lumière ,  que  de  plufîeurs  IH  ^ 

Figures  en  taille-  douce,  ' 

Par  Thomas  Bartholin  Dodcur  en 
Mcdecinc  ,  Fils  de  FAutheur  j 
ET 

Traduises  en  François  par  Ab  R.  DV  Prat 
DoBeur  en  Adedecine^ 

A  PA  RIS, 

Chez  Màthvrin  HENAVLTjfuëS.  lacqucj, 
à  l’Ange  Gardien  : 

E  T 

Iean  Henavl  t,  au  Palais,  dans  la  Salle  Dauphine, 
à  l’Ange  Gardien,  _ _ _ 

1^DC”XLVII. 

'AVEC  PKiyiLEGE^  DV  KOT. 


A  MONSEIGNEVR 

de  GASSION. 

MARESCHAL  DE  FRANCE,’ 

ET 

LIEVTENANT  G£N|J^_|,' 
DES  ARMEES  D  V  R  O  Y 
EN  FLANDRE. 

ONSEiCNEFX 

Il  y  a  long-temfs  que 
te  Jouhaitois  ^ne  occajion  dé  rendre 
quelque  hommage  à  ^ofire  Grandeur, 
ray  creu  que  te  nen  pouvais  trouver 
de  plus  favorable  que  celle-cy^  en 
quelle  ie  prends  la  hardiejfe  de  vous 
prfenter  ce  Lture.  Le  fujeéi  dont  il 
a  iij 


E  Pl  ST  RE 


trai£te  ,  efiant  ^ne  partie  de  IHom’- 
me ,  efi  digne  de  vojlre  mriofité ,  ^uis 
qu  entre  toutes  les  cognoijfances  que  les 
Hommes  peuvent  acquérir,  celle  de  Soj* 
mejme  doit  ejlre  recherchée  de  tousvni- 
verfeüemenU  U  ailleurs ,  il  ejt  raifin-- 
nahle  que  la  Medecine  vous  ayant 
fait  fèntir  tout  ce  qu'elle  a  de  plus 
douloureux  en  Je  prvant  fouvent  du 
fer  &  du  feu  pour  la  guerifon  de  tant 
de  glorieufès  hlejfeures  que  vous  avez» 
recettes  au  fervice  de  cette  Couronne, 
elle  vous  offre  ce  quelle  a  de  plus  beau 
&  de  plus  divertiffanu  F'ous  y  pour^ 
ret»  voir  auec  le  mejme  plaijir  que 
vous' ‘'donnent  les  dejfeins  des  Ma~‘ 
chines  de  vos  Ingénieurs ,  les  Figures 
des  Injlrumens  incomparablement  plus 
merveilleux  ,  dont  vojire  vertu  Je  fert 


DED  IC  A  T  O  i  R  E. 

pour  produire  tous  les  tours  ces  belles 
Aédions  qui  vous  rendent  fi  Vtile  a  fE- 
fiat ,  fi  Admirable  à  tout  le  Monde  ^ 
&  fl  Recommendable  à  la  PofieritéAl 
efi  vraj  que  n  ayant  rien  de  moy  di^ 
gne  de  vous  efire  pre fente' ,  fay  em¬ 
prunte'  î ouvrage  dlvn  Autheur,  dont 
ie  ne  fuis  que  t Interprète,  Cefi  vn 
Danois  qui  vient  au  nom  de  fa  Patrie, 
faire  des  remerciemens  a  la  France,  de 
la  paix ,  dont  elle  ioüit  par  fbn  entre- 
mife  ,  &  par  fis  negotiations  :  St  en 
recognoijfance  des  grandes  obligations 
quelle  luy  a  ,  veut  faire  vn  prefent 
d'vne  fi  belle  cognoijfanfe  par  mon 
moyen ,  a  ceux  de  nos  François ,  qui  ne 
peuvent  l aller  puifer  à  la  fource.  Ce 
me  fira,(^ONSElCNEFR, 
vn  extrême  bon^heur,  fi  vous  agréez» 


EPI  ST  RE. 

quen  donnant  cét  ouvrage  au  public 
fous  laproteâion  de  vofire  lüuftre  Nom^ 
ie  vous  fajfe  voir  en  particulier  la  Ve* 
neration  y  en  laquelle  taj  cette  Héroïque 
Vertu  quivous  a  fait  monter  aux  plus 
eminentes  T>ignitez>  du  Royaume  & 
merim  les  grands  Emplois  que-  vous 
aveiy  i  les  Vœux  que  ie  fais  continuel’^ 
kment  pour  la  confèrvaîion  de  vofire 
Per/onney  &  le  Zele  avec  lequel  ie  fuis 
&  feray  toute  ma  vky, 


.  MONSEIGNEVR, 

Voftrc  tres-humblcjtrcs-obeiflSnf,' 
&  tres-allcdionné  fervitcur 
A.  D  Y  P  R  A  T, 


DES  C 


TABLE 

H  A  P  I  TR  E  S 

D  V 


L  IVRE  PRE  R 

'a.. 


QJ/  I  E  S 


â4i 


-K 

A 


% 


Du  V^enm  Inferi^n  ^ 


Chapitre  i .  E  la  Cuticulè. 

Chapitre  n  i  y  De  la  Peau. 

Chapitre  iii.D^;laGraiflê. 

Chapitre  iv.Dcs  Membranes  en  gencraÎTÜcla 

Membrane  charnue,  &  de  la  Membra¬ 
ne  propre  dès  mufclcs.  .  i6 

Chapitre  v.DesMufcles  en  general.  2p 

G  hapitre  vi  D  es  Mufcles  de  l’ Abdomctti  ,  3  ^ 

Chapitre  vinDu  Péritoine.  4y 

Çhap.  VI  II.  De  l’Epiploon.'  j^o 

Chapitre  ix.  Du  Ventricule.  j7 

Chapitre  x.  Des  Inteftins  en  general.  70 

Chapitre  xi.  Des  Boyaux  en  particulier.  7^ 

Chapitre  xii.Du  Mefentere.  87 

Chapitre  xiii.Du  Pancréas  ;  Et  de  Ton  conduit  nou- 

ueau.  $1 

Chapitre  xxy.Du  Foye. 


T  AB  LE 

Chapitre,  xv.  Des  Refcnioirs  de  la  bile,  à  fçauoir  de  la 
vcffic  du  Fiel  &;  du  méat  cholido- 
que.  105 

Cliapitre  xvi.DelaRatc.  Hl 

Chapitrcxvii.Des  Reins. 

Chap.  xviii.DesCapfulcsatrebilaircs. 

Chapitre  xix.  Des  Vretcrcs.  139 

Chapitre  xx.  De  la  V eflîc  deTvrinc.  1 41 

Chapitre  xxi.Des  VailTeaux  ^ipcruiatiques  preparans  de 
l’homme.  14  <î 

Chapitre  xxii.Pes  TeRicules.  148 

Chap.  XXI II, Des  Vaifleaux  deferens  ou  éjaculatoires, 
.des  Paraftates ,  des  VcricUles  feminaircs, 
des  Proftates.  754 

Chapitre  XXIV.  Du  Membre  viril.  16 1 

Chapitre  xxv.  Des  Parties  de  la  femme  qui  feruent  àla  gé¬ 
nération  ,  premièrement  des  vaifleaux 
fpermatiquespreparans.  169 

Chapitre  xxvi  .Des  T efticüles  de  lafemnic.  17 1 

Chap.  xxvii.  Des  vailTeaux  deferens.  175 

Chap.  xxviii.DelaMatrice  en  general.  17S 

Chapitre  xxix.Du  fonds  &  de  l’orifice  de  la  matrice.  188 
Chapitre  xxx.Du  grand  Col  de  la  matrice.  152. 

Chapitre  XXXI.  De  l’Hymen  ou  de  la  marque  delà  Virgini.^ 
té. 

Chap.  ;XXXi i.De  la  partie  honteufe  externé  de  lafemnae 
en  general.  .  loz 

Chap.  xxxiii.Des GâruneulesMyrtiformcs,-  '  7  ;  204 

Chap.  xxxiv.  Du  Clitoris.  ■  i'  '  loj 

Chapitrexxxv.Des  Ailes  &:deslevrcs.'  ^  ‘  j,q^ 

Chap.  xxxvi.DesMêbrancsqmcnudopét  leFœtus.  zop 


ÜES  Cf/APITRES. 
CIiap.xxxvit.DesVaiffeauxVmbilicaux,  z:î 


D  V  LIVRE  IL 


Duyentre  moyen  du  Thsrax.  ns 

Chapitre  i.T^EsMammellef.  iio 

Chapitre  ii.l  y  Des  Mufcles  Intcrcpftaux. 

Chapitre  m. Du  Diaphragme.  217 

Chapitre  iv.Dela Pleure,  duMediaftin&  de  la  Fa- 

gouc.  ip 

Chapitre  v.Du  Péricarde  &  de  l’humeur  qui  y  cft 
contenue.  23^ 

Chapitre  vi.  Du  Cœur  en  General,  34a 

Appendice  des  Pouls.  2.50 

Chapitre  vrr.  Des  parties  du  cœur  en  particulier,dcs  oreil¬ 
lettes,  des  cauitez  auec  lefeptumy  des 
vaifrcaux  &  des  valvules.  25a. 

Chapitre  viii.Del’vnion  des  vailfcauxducœur  au  fœ¬ 
tus.  z66 

Chapitre  ik.Des  Poulmons.  268 

Chapitre  x  .Du  fifflet  des  Foulraon^OU  de  fafpre-ar- 

tere.  ^77 

Chapitre  xi. Du  Larynx.  "  Ax 

Chapitre  xn.De  l’Oefopha^^ 

Chapitre  XI II. Du  Col.  ^9^ 


table 


DV  LIVRE  III. 

Be  la  Camü/uperieure ,  oa  de  la  Tkjle.  ^  $  5 


Chapitre  i  T  "X  Es  Poils  &  des  chcucmc.  296 

Chapitre  11. 1  A  Des  membranes  dehors  ôc  dedans  le 
cran^.  504 

Chapitre  iH.  Du  Cerueau  6c  defa  moelle  en  gencral.317 

Chapitre  iv.Des  parties  du  cerueau  en  particulier ,  6c 
premièrement  de  la  moëlle  prolongée, 
6c  cfpiniere  3  6c  de  fon  ventricule  no¬ 
ble.  32P 

Cbapitrc  v.Du  petit  cerueau. 

Chapitre  iVi.Des  autres  parties  qu’on  remarque  au  cer¬ 
ueau, de  la  Rets  admirable,  de  la  glan¬ 
de  pituitaire, de  l’entonnoir,  des  ventri¬ 
cules  du  cerueau,  du  corps  calleux ,  de 
la  voufte  ,  du  plexus  choroïde  ,  de  la 
glande  de  pin  ,  531 

Chapitre  vii.DuFront.  ,  34^ 

Chapitre  viii.Des  Yeux.  347 

Chapitre  ix.  Des  Oreilles.  3^8 

Chapirre  x.Du  Nez.  364 

Chapitre  xi .  De  la  Bouche, des  ioüës  &  deslcvrcs.  367 

Chapitre  3çn.  Des  parties  contenues  dans  la  bouche,  des 
genciues ,  du  palais ,  de  la  luette,  de  la 
gorge  ôi  de  l’os  du  gofîer.  373 


DÉS  eff  APITÉ^ËS. 
chapitre  xiii.  Delalangue. 

^7 

DV  LIVRE  IV. 

Des  ExtremiteKs 

SSz 

Chapitre 

1 . E  la  main  en  general, &  des  ongl 

es. 582. 

Chapitre 

ii.l  VDesMüfcles  de  rhumcrus,oudu  bras 

proprement  dit. 

387 

Chapitre 

m.Dcsmufcles  de  l’efpaule  ou  de  romopla- 

te. 

Chapitre 

IV.  Des  mufcles  du  Thorax ,  ou  delà  refpira- 

tion. 

594 

C  hapitre 

V.  Desmufclcs  delà  tefte. 

39^ 

Chapitre 

VI.  Des  mufcles  du  eoi. 

397 

Chapitre  vu  Des  mufcles  du  dos. 

398 

Chapitre 

VIII.  Des  mufcles  du  coude  &  du  rayon. 

400 

Chapitre 

IX.  Des  mufcles  du  carpe  &  des  doigK. 

40a 

Chapitre 

X.  D  U  pied  en  general. 

404 

Chapitre 

xi .  Des  mufcles  de  la  cuiffe. 

405 

Chapitre 

XII.  Des  mufcles  du  tibia . 

407 

Chapitre 

xui.Des  mufcles  du  pied. 

408 

Chapitre 

xiv.Dcsmufcles  des  doigts  du  pied. 

409 

DV  TRAICTE'  1.  DES  VEINES, 


Qui  refpond  au  LfurtL  âu  ^ventre  inferieur.  415“ 

Chapitre  i  De  la  veine  en  general.  41^ 

Chapitre  1 1. De  la lîibftace&des  valvules  desveincs  410 

Chapitre  ni,  De  la  diuifion  des  veines  du  corps  &  de  la 
veine-porte.  4itf 

ê  iij 


TA^LE 

Appendice  des  ^^eines  laBées.  43  O 

Chapitre  iv.  Des  veines  hcmorroidalcs.  43r7 

Chapitre  v.  Du  troc  afeendant  de  la  veiTïe-c^e5&:  de  fés 

‘  '  rameauxjfür  tout  de  la  veine  azygos  439^ 

Chapitre  vi  .De  la  veiné  fous‘-clauiere,&  de  fes  rameaux, 

^  comme  les  iugulaires,&:c.  444 

Chapitre  vir.Des  veines  du  bras  &:  des  rhains.  449 

Chapitre  vi  lï.  Du  tronc  defeendant  de  la  vcine-câué  iuf- 
ques  aux  iambes.  45  r 

Chapitre  ix.Dcs  veines  crurales.  45^ 

D  Vi  T  R  AÎCT  E'  II.  D  ES  A  RT  E  RE  S, 
Qui  refpond  au 

Lhre  II.  de  U  moyenne  cAuite  ^  ou  du  Thorax.  458 

Chapitre  i.'TN  Es  Artères  en  general.  4’^^ 

t  hapitre  1 1 J  Du  tronc  defeendant  de  la  grande-ar  - 
terc.  4^2 

Chapitre  iii.  Des  artères  carotides.  »  46^ 

Chapitre  iv.Dcsarteres  de  toute  la  main.  4^7 

Chapitre  v.  Du  tronc  de  la  grande  artere  qui  defeend 
iufques  aux  iambes,  4  ^8.' 

Chapitre  vr.Dcs  arteres  crurales.  4721 


DV  TRAICTE'  III.  DES  NERFS, 
Qm  refpond  au 

•  Liure  llL  de  laTeJte.  477 

Chapitre  r.T^Es  Nerfs  en  gênerai.  477. 

Chapitre  i  x ,  1  J  Des  dix  paires  des  nerfs  nés  dans  le  cra- 


TfES  chapitres. 

ne ,  de  la  moelle  prolongée^  &:  de  leur  pro- 
grez.  482 

Chapitre  1  n .  Des  nerfs  qui  fortent  de  la  moelle  efpinierc, 
&  premièrement  de^  nerfs  du  col,  &  de 
toute  la  main.  497 

Chapitre  iv.Desnerfs  du  Thorax  ou  du  dos ,  &deslom- 
bes.  ^01 

Chapitre  v.  Dcs  nerfs  quinailTent  de  la  moelle  de  l’os 
facrum,.&:  des  nerfs  de  tout  lepied.  jio 

Du  traiEié  IV.  0*  dernier  des  Os  ,  0*enfemyie  des  Ca¬ 
rtilages  des  Ugamens.  5D 

Chapitre  i.T^  Es  Os  en  generail. 

Chapitre  1 1 . 1  J  Des  cartilages  en  general.  jai 

Chapitre  iii.Desligamens  en  general.  5’25 

Chapitre  ;i  y.  Du  crâne  en  general  /zf 

Chapitre  y.Des  futures  du  crâne.  528 

Chapitre  y  i.  Des  os  propres  du  crâne  en  particulier.  533 
Chapitre  viï.Des  oflèllcts  deroüye.  5’4i 

Chapitre  vi  ii  .Des  os  communs  àlatefte  &  à  la  mafehoire 
fuperieurc,  à  fçauoir  du  cunciforme,&  du 
fpongieux.  54? 

Chapitre  jx.  Des  os  de  là  mafehoire  ch  general.  548 

Chapitre  x.  Des  osprpprcs  de  la  mafehoire  fuperieu¬ 
rc.  (549 

Chapitre  xî.Dclamafchoire  inferieure.  jyo 

Chapitre  xii.Dcs  Dents  en  general.  yyt 

Chapitre  xiii. Des  Dents  en  particulier.  5J7 

Chapitre  xi  v.Dc  l’efpine  &  de  fes  vertèbres  en  gene¬ 
ral.  S59 

Chapitre  xv.Dcs  vertebres  de  l’elpine  «1  particulier.  ^61 


TABLE  DES  CL/JPITRES. 


Chapitre  xvi.Dcl’osinnominc. 

Chapitre  XVII. Des  coftcs,  567 

Ghap.  XVI  II ,  Des  los  de  la  poitrine  ou  dû  ftemon.  570 
Chapitre  xix.Des  clàuicules&desefpaules*  571 

Chapitre  xx.  Des  os  de  toute  la  main*  574 

Chapitre  xxi.Desosdetoûtlepied. 

Chapitre  xxii.Desosfcfamoidcs.  ‘ 


A  cecy  efl  adioüflé  I 

n  Lettre  de  Mbnficur  Ican  V V àlæus,  qui  contient  rex- 
plicationSi  Ics  preuues  du  mouuçment  du  Chyle 
&  du  Sang; 

11^  Lettre  du  mefmc,  qui  contient  lès  rcfponfcs  aux 
obiedions  des  aduerfaires^  contrclc  mouuement 
du  Chyle  &  du  Sang;  ^40 


'anthropologie,  e’eft  a  dire  ta 
;  fcience  qui  traite  de  l’homme, cftdiuifdc 
^  ordinairement  &  auceraifon  en  tAnato-" 

^  wie,  qui  confidere  le  corps  &  fes  parties, 
t&  en  la  PJjcholegie,  qui  parle  de  l’Ame. 

'  Nous  lailTons  cette  derniere,pour  nous 
attacher  à  l’Anatomie ,  entant  qu’elle  efl 
partie  de  la  Phyfique.  Le  fujet  fur  lequel  elle  trauaillc, 
n’eft  pas  le  corps  humain  feulcraentVmais  ceux  de  tou¬ 
te  forte  d’animaux  terreftres ,  aquatiques  &c  volatiles  . 
Maison  s’arrefte  principalement  à  la  confideration  de  la 
ftrudure  du  corps  humain,  i.  Parce  qu’eftant  le  plus 
parfait  de  tous  les  corps,  il  en  eft  comme  la  reigle.  2.  Par¬ 
ce  que  le  nombre  des  animaux  eftant  prefque  infini,  la  vie 
de  l’homme  eft  trop  courte,pour  auoir  le  temps  de  les  def- 
feigner  &  les  confiderer  tous.  3.  À  caufe  des  grands  ad- 
laantagesqui  enreuiennent  à  tous  ceux  qui  font  touchez 
du  defir  de  lacognoiiranced’euxmefmeSj&delârcuriofî- 
téde  voir  &  de  contempler  ce  mcrueillcux  édifice  quela 
nature  a  fait  auec  tant  d’art  ôctant  de  foin  pour  eftrele 
palais  de' l’amc.  Ceux  qui  font  foigneux  de  leur  fanté,  y' 
'peuuent  apprendre  des  adiiertilTemens  pour  faconferua^^ 
tion,  ôc  pour  laguerifon  des  maladies.  Elle  eft  digne  futj 
toutdcl’eftudede  ceux  qui  s’employent  àla  contempla-’ 
tion  des  chofes  naturelles,  puis  que  fans  vne  exadle  cog- 
noiffance  de  l’Anatomie,  ils  ne  peuuent  pas  dire  qu’ils 
ay  ent  porté  leurs  yeux  ôc  leur  attention  fur  tous  lesouura’' 

A  " 


Le  fuiet  de 
l'Anatomie 
General, 


^our^uoy 
on  confide-* 
reprincipa* 
le  ment  le 
corps  h».~ 
main} 


i  Préfacé! 

gcs  de  la  nature, ny  fc  vanter  d’auoir  vhe  fdencc  folidc  Sc 
complète,  s’ils  n’ont  appris  celle  cy  dcuantles  autreçpar- 
ties  delaPhyfîque. 

Dtuifton  Pourvcniriladiuifîon  du  corps  humain,  il  faut  re- 
du  eorfs  marquer,  que  la  nature  l’ayant  deftiné  à  diuerfes  aétions, 
httmni».  elle  l’a compofé  de  plufieurs  parties  differentes  pour  lés 
faire,  que  nous  réduirons  eh  ContenanPes»  en  Contenuës,  8c 
en  celles  qui  donnent  rimpetuofité ,  que  nous  nomme¬ 
rons  ImpelîatiteSi  c’eft  à  direen  parties  folides,  humeurs  & 
efprits.  En  ce  fens  vafte  &  eftcadujtout  ce  qui  a  quanti¬ 
té,  &qui  rend  le  corps  entier  &  accomplijfera  appelle 
partie,  mefmes  les  ongles,  le  poil, U  graille  &  la  moelle. 
Maisà  parler  proprement  &  dans  vne  fignification  plus 
'  eftroi'te,  on  ne  peut  appeller  Partie  que  celle  qui  partici¬ 
pe  à  la  forme  &  à  la  vie  du  tout,  à  fçauoir  celle  qui  eft  fo- 
lide,  comme  veulent  les  Anatomiftes.  C’eft  pourquoy 
Fefnël  nedefinitpasmallapartie,  ^ncorfs  attaché  é'vni 
que  Partit}  m  tmt  far  le  lien  commun  de  la  vie  y  (ér  ordonné  à  quelque 
fonUionou  vfage.  Mais  félon  le  fentiment  de  Galien^  la 
partie  eft  vn  corps  vni  en  quelque  façon  au  tout,  &  bor- 
La  fignifi-  né  d’vnc  particulière  eirconfeription.  En  vn  mût  le  nom 
cation  pro-  départie  coîîuient  proprement  i.  à  celle  qui  vit,  qui  eft 
fre  du  nom  nourrie,  &  qui  ne  nourrit  pas  Ics  autres.  Par  ce  moyen  les 
«partit,  efprits &l£shumcurs,^c.  ne  font  pas  du  nombre  des  par¬ 
ties, ny  auflila  graifle  qui  eft  conuertic  quclqucsfois  pour 
leur  nourriture,  a.  à  celle  qui  eft  folide.  3.  à  celle  qui  a 
vne  eirconfeription  propre,  que  la  graifle  n’a  pas,  n’eftant 
bornée  ^ue  par  la  figure  des  parties  qui  l’cnuironnent. 
4.  à  celle  qui  eft  continue  au  tout.  5.  à  celle  qui  eft  defti- 
née  &  difpofec  à  quelque  fondion  ou  vfage. 

Ces  termes  de  Fonéiion  &  d  vfage  eftans  fi  frequens 
dans  l’Anatomie,  il  fera  bon  d’expliquer  en  peu  de  mots 
frrfihâ  fignification .  VAaien  ou  la Fonüion peut 

4’vntpar.  «fl^e  ou  particulière  ou  publiquci  [la  particulière  eft  celle 
#iVî  P«  laquelle  les  parties  pouruoyent  à  leur  conferuation 
propre  :  la  publique  eft  celle  quifert  à  tout  l’animal.  L’a. 
dion  publique  oppofée  àl’ vfage  eft  celle  de  la  partie  prin- 


Préfacé,  ^ 

cipalc  dans  l’organe  qui  fait  vne  adtion  parfaite.]  Par 
exemple,  la  peau  fait  vne  aâiion  particulière  pour  fo7 
meÜTic  ,  à  fçauoir  l’attraélion  de  l’aliment  ,  la  réten¬ 
tion,  Elle  en  fait  auffi  vne  autre  publique  pourtour 
ranimai ,  pour  fentir  les  qualitez  taâ:iles.  Ainfi  l’aélion 
dufoye,  cft  lufanguification,  celle  des  tefticulcs,  l’élabo¬ 
ration  delà  femenec,  &celle  des mammelles,  la  ladtifi- 
catibn. 

Mais  (vfage  fe  dit  des  parties  qui  ne  font  pas  l’adtion 
premièrement  &  par  elles  mefmes, mais  qui  donnent  feu- 
Icment  quelque  fecours  à  la  partie  principale  pour  la  fai¬ 
re.  Trois  chofes  contribuent  principalement  àl’vfage 
des  parties  ;  i.  leur  propre  tempérament ,  c’eft  à  dire  la 
fymmetrie  des  quatre  premières  qualitez.  Par  exemple, 
la  peau  eft  temperée  àl’efgard  des  qualités  premières  :  On 
demande  à  quel  vfage  l  II  faut  rcfpondre,  afin  qu’elle 
puifle  eognoiftre  &  difeerner  toutes  les  qualités  de  l’ac- 
touchement  :  i.  Uschefes  qui fmuenttetemperameHUCom." 
mefont  les  qualités  fécondés,  à  fçauoir  la  dureté,, la  mol-  . 
lcire,refpaiflcur,la  tcnuité,la  denfitc,ia  rareté,  &c.  3 .  Les 
accidem  necejfaires ,  comme  la  grandeur ,  le  nombre,  les 
trous, ou  cauitésjla  figure,Ia  conformation,  la  connexion, 
Iafîtuation,&lafupcrficic.  Mais  pour  rendre  ces  inftitu- 
tions  plus  aifées,  nous  n’obferuerons  gueres  cette  diffé¬ 
rence  entre  rAâ:ion&  rVfage,pour  euiter  vne  répéti¬ 
tion  ennuyeufe  de  diuerfes  chofes,  où  elle  nous  iecteroit 
neceffairement,  fi  nous  la  voulions  fuiure. 

Deuant  que  venir  aux  différences  des  parties ,  il  nous 
faut  examiner  en  peu  de  mots,  Quelle  partie  eft  engendrée 
kpremiere>Hippocr2itt  eftime  que  toutes  les  parties  fe  for-  ê^ell‘p»ré 
ment  &  fe  diftinguent  en  mefme  temps,  leur  génération 
eftant  femblable  au  cercle,  où  il  n’y  a  ni  commencement ,  f 

ni  fin,  mais  où  tout  eft  commencement  ^  fin.  La  vérita¬ 
ble  opinion  eft,qu’elles  ne  reçoiuent  pas  toutes  en  mef¬ 
me  temps,  leur perfeélion  &  leur accompliifement, mais 
la  veine  Vmbilicale  eft  la  première  acheuée,  lefoye  l’eft 
apres,  puis  le  cœur  f  Ariftote  veut  que  ccluy  cy  fois 
A  ij 


Vourquty 
il  »  fdH, 
que  les 
vuiffemx 
fujfent  en. 
gendrex.de- 
mnt  les 
vifceres-} 


Combien  il 
y  4  de  foY' 
tes  de  j)4r- 
tiss.} 


à  VefgAfd 
.de  la  fin. 


rrefdce. 

gendté  le  premier  ;  Galien  eftime  que  c’eft  le  Fsye)  cri 
fin  le  cerneau.  La  veine  Vmbilicaleeftdonc  la  première, 
parfaite  &  acheûée,nonà  raifon  de  fa  première  confticu- 
tion  qu’elle  reçoit  de  la  remence,mais  à  caufe  de  l’accroiC- 
fementqu’elle  prend  du  fang.  Quelques  vns  eftimans 
que  la  feraence  de  le  fang  font  deux  principes  materiels 
des  parties, difent  que  la  feraence  en  eft  comme  refiaim,& 
le  fang  comme  la  trame.  Nousauons  expliquée  réfuté 
fortaulong  cette  opinion  dans  nos  controuerfes  Anato¬ 
miques  Q^ft.ii.des  Parties  &  de  leurs  Facultcz  de  Fon¬ 
dions. 

Ce  n’eft  pas  fans  raifon  que  l’on  dit  que  les  vaiflcaujc 
font  engendrez  deuant  les  vifeeres ,  entant  qu’ils  font 
acheuez  pluftoft,  puis  que  ceux-cy  ne  pourr oient  fe  nour¬ 
rir  fans  vne  veine  qui  leur  porte  la  nourriture.  Car  com¬ 
me  le  noyau  ou  la  lemence  qu’on  a  mife  en  terre ,  y  ietee 
premièrement  vne  racine  oblongue,  dc  en  fuite  enref- 
pandplufieurs  autres  çà  &làverslafupcrficiede  la  terre, 
defquelles  fe  forment  le  tronc  Scies  branches  :  Ainfi  delà 
femence  teceüe  dans  la  matrice ,  naift  premièrement  la 
veine  V mbilicaïe,  qui  reçoit  le  fang  du  Placenta  dc  la  m  a- 
trice,  Scia  veine  porte  auec  fes  racines  prend  fon  origine 
del’Vmbilicale. 

Il  eft  temps  que  nous  examinions  les  différences  d.es 
partics,qüifont  de  plufîeurs  fortes.  Quelques  vns  pre- 
nans  ce  mot  de  parties  en  vn  fens  fort  eftendu,  les  diui- 
fent  en  celles  qui  font  pour  la  necejftté,  comme  le  cœur, 
lefoye,  lecerueau,  le  poulmon.  Scie  ventricule:  En  cel¬ 
les  qui  fenicnt  ou  pour  vne  grande  commodité ^  comme 
les  yeux  Scies  tefticules ,  ou  pour  vne  moindre  y  comme  les 
ongles  :  Et  en  celles  qui  fontpour  l'ornement ,  comme 
les  cheueux  Sc  la  barbe. 

Pournous,  nous  diuiPons  les  parties  principalement  à 
l’efgardde  leurfin,ou  à  raifon  de  leur  matière. Selon  que 
leur  fin  eft  plus  ou  moins  noble;  les  vues  font  Principales,, 
ou  maiftrefles  ,  .Sc  les  autres  moins  Principales  ou  ter- 
uantes,  “ 


Les  Prhcipaîes  font  les  principes  &  les  fourcesdes  au¬ 
tres  parties,  commelecerucaudes  nerfs  (félon  l’opinion 
commune)  le  coeur  des  artères, &  le  foye  des  veinesiD’au- 
tres  mettent  en  ce  rang  les  tefticules,  [fans  aucune  neceflî- 
té.puis  qu’ils  neferuent  de  rien  pour  la  conferuationdc 
l’indiuidUj&quemefrae  la  génération  fe  peut  faire  fans 
euxjcommcnouslemonftrerons  par  des  exemples  auLi- 
ure  I.  chap.  22-]  H  faut  remarquer  que  ces  parties  font 
principes  des  autres,  non  pas  de  Radication  ou  d’origine, 
ce  qui  n’appartient  qu’à  la  femenee  qui  eft  le  principe  de 
toutes  les  parties, mais  de  Difpenfation  &  dediftribution, 
entant  qu’elles  communiquent  quelque  organe,  quelque 
vertu  &  vne  matière  commune.  Ainfi  les  arteres  fortent 
ducœur,commc  deleurprincipe  dedifpenlàtion,  parce 
qu’elles  en  rcçoiuent  leur  vertu,  &femblent  yauoirleur 
commencement .  Il  faut  entendre  la  mefmc  chofe  des 
veines  &  des  nerfs  à  l’efgard  de  leurs  principes.  C’eft  en 
cefens  encore  que  les  os  font  les  principes  des  cartilages 
&desligamens. 

Les  parties  deflintes  au femice  font  ou  necelTaires ,  ou 
non.  "Lts  necejfaires  (om  celles  fans  lefquelles'l’aùi mal 
ne  peut  viure ,  ou  ne  peut  viure  fans  incommodité;'  'Ainlî 
le  Poulmon  fert  au  cœur,les  boyaux  au  ventriculc,le  ven¬ 
tricule  au  foye  &  à  la  Ratte  ,  la  veficule  du  fiel,  le  méat 
cholidoque  &  la  veflîe  del’vrineau  foyé;  &  enfin  tous 
les  organes'des  fens  au  ccrucau.  Celles  qui  ne fontpasne- 
comme  la  chair  fimple,  (^^.  , 

A  raifon  de  la  matier-e  prochaine i  les aparties  ^nt  les 
vnesfimples,  homogènes,  ouÿ/w//4/w  :  les  autres  corn- 
pofées,  heterogenes  oudâffimilaircs.  La  finie  lai re 

eft  celle  qui  fe  diuife  en  parties  fcmblables,  de  forte  qu’eU 
ksfont  toiitesd’vne  mefmcfubftanccâuec  Je  tout,  ainfi 
chaque  partie  de  chair  eft  chair,  (^c,  Les  vnsfontlenora- 
bre  de  ces  partics  plus  gramci,&  les  autres  plus  petit:  • 
iArifiote  en  diuers  lieux  metau  nombre  des  fimilaires, 
le  langjla  pituite^:  kbilejla  fanie  j'lafcmence,deiàidt,  la 
fieljla  graiire,la  moelle,  lachair,  les  veines,  les  artères,  les 
A  iij 


Les  parties 

Vrincipa- 

les. 


Principe  de 
radication. 

"Principe  dé 

difpenfa- 

tion. 


Les  parties 
feruantes. 


A  l’efgard 
delà  ma¬ 
tière. 

tfue  partit 
ftmiUirt , 
de  cem- 
biëde  fortes 
il  y  en  a  ? 


Combien  il 
ejlde  fortes 
de  ch»iri 


€  Préfacé. 

neifs,  les  fibres,  les  membranes, la  peau, les  os, les  cartiîàJ 
ges,  le  poil, les  ongles,  les  cornes  &  les  plumes. 

Auerroes  cetrancbequelqucsvncs  de  celles  là,  &:y  ad- 
iouftela  mclancholicjles  cfprits,  les  mufcles,  les  tendons^ 
les  ligamens  &  le  Aiif. 

Galien  en  plufieurs  endroits  conte  celles  cy:  l’os,  le 
cartilage  *  la  veine ,  lartere,  le  ncrl ,  la  membrane  ou  le 
pannicule,  les  fibres,  le  tendon,  le  ligament,  les  ongles,  la 
pcau,la  grasiffcjla  mo'élle, l’humeur  vitrée, &  la  cryftallinCj 
la  chair  desmufclcs  &  des  vifceres,auecla  propre  fubftan- 
ce  du  €erucau,du  ventricule, des inteftins  &  delà  matrice. 

jirchange  Ficoloîftim  retient  toutes  celles  qui  ont  efté 
contées iufques  jty  par  les  autres,,  &y  adiouûclcs  trois 
fortes  d’^efprits,  les  4.  humeurs  nourrilTantes.  auecles  ex- 
crertientcufes,  comraeryrinedclavelfic,labile  iaune  de 
la  vefiie  du  fiel,  la  pituite  excrcmenteufe,  &  les  cxcremens 
de  toutes  les  codions ,  la  cuticule  extérieure ,  &  celle  qui 
couurc  les  cauitez  internes.  Il  en  met  17.  autres  que  l’oui 
ne  conte  pas  d'ordinaire,  à  rçauoirla  propre  fubftance  du 
cerneau  {feparée  des  autres  parties  fimilaires  veines,  arte- 
ïcs,h!g^l)  celle  de  la  langue,  dupoulmon,  ducceiir,  du 
foye- delà  vcflic  du  fiel,  de  la  ratee ,  du  ventricule,  des  in- 
tcftinsjdcs  reins,des  vreteres,  de  la  veflie  de  l’vrinc,  de  la 
matrice,  . de  laveSrgc,  des  tefticules ,  des  mufcles  ôedes. 
glandes.  Mais  e’eft  en  vain  qu’il  aduancc  ces  ehofes  co  m- 
me.nouuélles  j  puis  qu’elles  font  prefque  toutes  conte¬ 
nues  fous  le  nom'  de  ckàiu  •  . Hippocrate  &C  Galien  ont 
cohnu  i^itâiitre  jcft  la  chair  des  mufcles,  aiitrc  celle  des  vi- 
fccres ,  &:autrc  celle  des  glandes.  Toutefois  Galien  fait 
ailleurs  trois'fortes  de  chairjh.  Celle  dumufcle,  que  les. 
anciens  appelloient.  feulement  chair.  2.  le  parenchyme 
dùfoye,diic<iEitr,dorein,  j.&en  finccUeduventri- 
culcydela  vèflSie’&dcsvciaesj  -ir 

De  là  on  peut  recucilhî  qfiatre  fortes  de  chair  :  1,  La 
!pftfcȔetif&  que  appelle  fouucnt  fibreufe  ,  qui  elf 
mollei&Tiongc,'&)  tft:direproptemcnT  chair.  C’eftpour- 
quoydans  Icnomdechairfignific  leplusfûUf 


Préfacé.  ^ 

tient  Ift  mefmc  cKofe  qüc  ccluy  de  mufcic.  z.  La  Vifeereu- 
Je  ou  celle  des  vifeeres  qn  Erajtfirate  appelle  parenchy¬ 
me  ou  afFiifion  de  fang,  àcGalieH  chair  fimilaire  &  fîm- 
plc ,  qui  fouftient  &  affermit  les  vaiffeaux  des  vifeeres, 
remplit  les  erpacesvuides,&  fait l'adion.  j. 

neufe  ou  la  fubllance  charnue  de  chaque  partie  membra  . 
neufe,  comme  celle  de  rœfophage,  du  ventricule,  des  in- 
teftins,  de  la  matrice  ÔC  de  la  veflie.  ^XzghttilHlcufey  qui 
fert  I.  pour  appuyerles<’iuifions  des  vaiffeaux,  &  a.pout 
emboire  les  humeurs  fuperflue's,  parce  que  les  glandes 
font  dyne  nature  fpongieufe  &rare.  Ceft  pourquoi  on 
appelle  vulgairement  les  Emondoircsdela  tefte,  celles 
^ui  font  au  col  :  du  cœur  celles  qui  font  fous  les  aiffelles; 
éc  du  foyc,  celles  des  aifnes.  3.  pour  rendre  le  mouue- 
mentplus  facile  cnhumeâ:antles  parties,&  pour  empef- 
cherlafcichereffé:  celles  de  la  langue,  du  larynx,  &dcs 
coins  des  yeux,  ^eXont  de  cette  forte. 

Nousreduirons  le  nombre  des  parties  fimilaires  ace-  nombre 
luy  de  dix,  à  fçâuoirl’osjle  cartilage,  le  ligament,  lamcm-  desfurtitt 
branc,lcs  fibres, le  nerf,rartcre,la  veine,la  chair, la  peau.  fimiUires. 

Dcfquelles  les  vnes  ne  paroiffent  fimilaires  qu’à  nos 
fens  feulement ,  corne  font  les  veines, les  arteres,  les  nerfs 
( quelques  vnsadiouftcntlc  mufclej  les  autres  font  fîm- 
piement  fimilaires.  Arifiote  a  eu  raifon  d’enfeigner  que 
les  veines,  les  artcres,les  nerfs,  les  mufclcs  ne  font  pas  vé¬ 
ritablement  fimplesL.  Carie mufcle  eft  compofé  de  chair, 
de  fibres  &  de  tendon  :  les  nerfs  Icfont  de  la  dure  &  de  la 
pic  mere  èc  de  la  moelle  :  les  arteres  de  deux  differentes  ' 
tuniques  ;  les  veines  d’vnc  tunique  (  mefmc  de  fibres  fé¬ 
lon  quelques  vns)  &  de  valuulcs.  L’os,  le  cartilage,  le  li- 
gamcntjla  membrane',  lesfibres,  la  chair ,  &  la  peau  font 
vrayement  &  fimpiement  fimilaires.  [C’eft  en  vain  que 
xl’autres  mettent  en  ce  rang  les  vreteres  &  l’air  des  oreil¬ 
les, car  I.  ils  ne  font  pas  parties  communes  au  tout, 
mais  propres  à  certaines  parties,  a.  L’air  des  oreilles 
cftant  vn  efprit  que  la  nature  y  a  mis  ,  U  ne  doit  pas 
cftrc  conté  entre  les  parties  folides.] 


g  Préfacé''. 

Il  faut  remarquer  que  toutes  ccfpartles  jfbnt  appellees 
communément  oiifpermatiques ,  ou  fanguines ,  ou  mix- 
©«Vî  et  Spermatiques  font  celles  qui  font  faites  de  la  fe< 

fartii'çftr-  menccjàfçauoirleshuid  premières  qui  eftans  coupées 
matique}  ne  ferengcndrentiamais,  &  ne  fereuniflent  pas  véritable¬ 
ment,  mais  par  le  moyen  d’vn  cal,  à  caufe  du  defaut  de  la 
matière  &  de  là  vertu  efficiente ,  qui  demeure  comme  af- 
foupie  apres  la  conformation  des  parties.  Les  parties 
efl.ee  fanguines  ou  charnues  au  contraire  fe  regenerent,  parc® 
fut  punie  comme  l’on  croit,  elles  .font  faites  de  fang  de  mefma 

jangumi}  chair.  La  peau  eft  vne  partie  mixtCy  dont  nous  par* 

lerons  auLiurei.  chap.i.. 

On  veut  communément  que  k  femencc  &  le  fang 
foyentlcs  deux  principes  vniuerfels  de  noftre  génération, 
de  forte  que  la  femence  tient  peu  du  principe  materiel,  Ô2 
beaucoup  de  i’efifedif ,  &  le  fang  au  contraire  tient  plus 
du  materiel,  &  moins  de  l’effeétif.  On  dit  auffi  que  les 
premiers  filamens  quifont  commel’ellaim,rontfaitsdela 
fcmence,  &  quelcfangy cftant  refpandu,.fert  comme  de 
la  trame.  '  Nous  auons  enfeigné  dans  nos  controuerfes 
Anatomiques,  le  véritable  fentiment  que  l’on  doit  auoir 
contre  cette  opinion  vulgaire. 

§u'efl-ee  Les  parties  compofées  ou  difsmtlaires  font  celles  qui 
fue partie  pcuuent  eftre  diuifées  enplufîeurs  parties  diflcmblables, 
difimilai-  commclamainen  OS, enmufcles, en  veines, maisnon 
'  pas  en  d’autres  mains .  Les  diffirailaires  font  appellees 

membres  par  les  Pkilofophes  ;  On  les  nomme  auffi  oi- 
parties  Or-  dinaiiement  parties  Organiques  ou  inftrumenteles.  Il  y 
gmifues.  a  pour  le  plus  fouuent  en  chaque  organe  quatre-  fortes  de 
parties.  Par  exemple  dans  l’œil  il  y  a  i.  la  partie  qui  fait 
l’adion  àfçauoirla  vifion,  qui  ell  l’humeur  cryftallincr 
a.  Celle  fans  laquelle  elle  ne  fc  peut  faire,  comme  le  nerf 
optique,  j.  Celle  par  qui  eltefe  fait  mieux ,  comma  font 
les  tuniques  &  les  mufcles  des  yeux.  4,  Celle  qui  confer- 
uel’aétion, comme  les  paupières, mais  parce  que  les 
parties  diffirailaires  font  plus  ou  moins  compofées  nous 
les  diftinguerons  en  quatre  degrez.  1.  Il  y  en  a  delîmilai- 

res 


rcs  aux  Cens ,  comme  le  mufclc,  la  veiné ,  &  l’artcre^  ï .  Il 
y  en  a  qui  font  compofées  de  celles  cy ,  &  des  autres  fîmi- 
iaires  comme  le  doigt.  3.  D’autres  qui  le  font  des  fécon¬ 
dés,  comme  la  main  &  te  pied.  4.  Et  d’autres  en  fin  des 
troifiefmesjcomme  le  bras. 

Pour  venir  à  la  diuifion  du  corps  humain  en  fes  plus 
grands  membres, les  vns  le  diuifent  en  la  tefte,  la  poitrine, 
le  ventre  &  la  vellîe;  les  âmtes  comme  Arifiote,R(tf us  & 

Oribafe  en  la  tefte,  le  coI,le  Thorax  (  fous  le  nom  duquel 
ils  comprenent  le  ventre  inferieur  J  les  mains  &  les  iam- 
bcs.'  D’autres  enfin  le  diuifent  bien  mieux  en  ventres  & 
en  extrémités. 

Les  ventres  font  des  grandes  cauités, où  loge  quelqu’vn  h»  plut 
des  nobles  vifeeres.  Comme  il  y  a  trois  principaux  mem- 
bresjily  a  auffi  trois  ventres  :  V  Inferieur  que  les  Latins  * 

appellent  Abdomen  ,  qui  contient  le  foye  &les  parties  muin. 
naturelles:  he Moyen, i  fçauoir  le  Thorax  où  logent  le 
cœur  &  les  parties  vitales.  Le  Supérieur  »  ou  la  tefte,  où 
refident  le  cerneau  &  les  parties  animales.  Les  Éxtremi^ 
tez.<^  ont  cfté  données  pour  vne  plus  grande  commo¬ 
dité  delà  vie,  font  les  mains  &  les  pieds. 

Suiuant  cette  diuifion  nous  ferons  quatre  Liures; 

Le  1.  traitera  du  ventre  inferieur  :  Le  IL  du  moyen  : 

Le  III.  du  Supérieur  ou  de  là  tefte  :  Le  IV.  des  extremi- 
tez.  Quatre  Traitcz'refpondront  à  ceux  cy:  Le  Premier 
fera  des  veines,  qui  naiftent  du  foye  dans  la  cauité  infe- 
rieurej  Le  Second  des  artères,  quifortentdu  cœur  dans 
la  moyenne  :  Le  Troifiefme  des  nerfs  qui  prenent  leur 
origine  du  cerueau, félon  l’opinion  commune.  LeQiu-  tex.. 
Uiefme  des  os ,  qui  fe  trouuent  la  plus  part  aux  extreini- 
tez  J  comme  les  os  eftans  vnis  font  vn  corps  de  leur  af- 
femblage,le  mefmepouuons  nous  dire  des  veines, des  ar¬ 
tères  &  des  nerfs. 

On  trouue  dans  Fernel  vne  autre  diuifion  du  corps,  niuijîon  du- 
mais  qui  n’a  point  d’vfage  que  dans  la  Médecine.  Il  le  /"*“ 
diuife  en  régions  publiques  &  particulières.  Il  appelle 
particulières  le  Cerueau  ,  les  Poulmons  ,  les  Reins ,  la  ^ 


lo  Préfacé, 

Matrice ,  é'C.  Pnhli^ues  ou  communes  celles  qui  font 
cftenduës  par  tout  le  corps,  qui  font  trois:  i.  la  veine 
porte,  Ôc  toutes  les  parties  à  qui  elle  pourucoit  par  fes  ra¬ 
meaux:  la  2.  commence  aux  racines  de  la  veine  caue,  & 
finit  aux  veines  déliées, deuant  quelles  foyent  capillaires: 
la  3. comprend  lesmufcles,  les  os,  &la  malTe  du  corps 
terminée  par  la  peau.  On  purge  la  première  région  prin¬ 
cipalement  parles  inteftinsj  la  fécondé  par  les  conduits 
dervrine  -,  &c  latroifiefme  par  les  porcs  de  la  peau; 


é 


tt 


LIVRE  PREMIER. 

Dft  njentre  inferieur. 

'ORDRE  de  la  diffedion  veut  que  £4 
l’on  commence  par  ce  ventre,  parce 
qu’eftant  l’égout  des  excremens  ,  il  le  pour^uty^ 
faut  ofter  le  premier ,  de  peur  qu’il  n’ïn- 
fede  &  ne  pourrilTe  les  autres  parties,  fe^îonpar 

Le  ventre  inferieur  cft  toute  cette  ca-  ven/re 
lût é  qui  eft  feparée  intérieurement  du  inferieur, 
thorax  par  le  diaphragme,  &  bornée  par  dehors  dgearti- 
lage  xy  phoïde,  des  os  du  penif  des  hanches  èc  du  facrum, 
des  vertèbres, dcs4ombes,&  des  colles  des  deux cofteas.  rieur.^^ 

Sa  partie  anterieure  eft  appcllée  des  Grecs  £pigafire,ÔC  Ses  partht 
des  Arabes  Mirackj  [lirais  ce  nom  de  A>fir4c4,conuient  &  fes  *p- 
mieux  à  ce  qui  enuclopereftomachaucc  les  inteftins-  ]  ptH^fions, 
La  partie  fuperieure  de  l’Epigaftre  fe  nomme  Hypo- 
ehottdre  droit  ou  gauche,  [voifin  des  cartilages  des  coftes 
inferieures  J  ôc  auffi?Ar/»«  par  les  Grecs ,  &  Iracordia 
par  les  Latins. 

La  moyenne  région  eft  appellce  Fmhilicttk.  Ariftotc 
nomme  fes  parties  latérales  LAgheSt  C’tft  à  dire  lafches>& 

Galient  Yi^eneonesy  c’eft  adiré  vuides. 

La  partie  inferieure  quis’eftend  depuis  le  nombril  iuf- 
ques  au  penil,  eft  dite  Hypogaftfe  par  les  Grecs,  & 
ticulus  des  Latins,  c’eftà  dire  petit- ventre.  On  appelle 
fes  parties  latérales ,  les  Iles  ou  les  flancs  &  les  jiijhest 
celles  qui  font  au  pli  delà  cuifle  touchant  le  penil,  &le 
penil  cj|  au  deflus,  &  fort  proche  des  parties  hontcufcÿ>, 
couucrt  de  poil  folet,  ou  dépoli. 

'  B  i) 


Toutts  Us 
parties  qui 
dotueat 
eftrt  exa^ 
minées  en 
te  Liure, 


li  Llure  Premier] 

La  partie  pofterieure  du  bas  ventre  efl:  ou  fuperieiud 
qui  fait  les  lombes,  ou  inferieure  qui  conftituc  les  feffes. 

Aureftccc  ventre eft  corapofe  de  parties  contenantes 
&  contenues,  c’eft  àdirc  internes  &  externes. 

Les  contenantes  (que  les  Latins  appellent  abdomen 
du  verbe  abdo  qui  lignifie  cacher  )  font  ou  communes^ 
comme  la  cuticule,  la  peau,  la  graille  au  ec  fa  membrane, 
le  "pannicule  charnu ,  &  la  tunique  propre  de  chafquc 
mufcle,  o\i  propres i  comme  lesmufcles  àcY abdomen  ôc 
le  péritoine. 

Les  parties  internes  ou  contenues  feruent  ou  à  la  nu¬ 
trition,  ou  à  la  génération.  Celles  qui  feruent  a  la  nutri¬ 
tion,  font  les  vnes  pour  la  chylification,en  qijelquefaçon 
que  ce  foit,  comme  le  ventricule,  rcpiploon,le  panercus, 
lesinteftinsaueclemefentcre:  les  autres  pour  la  fangui- 
fieation,comme  les  veines  mefaraiques,  ou  les  veines  la- 
âéesj  la  veine-porte  aueefes  racines,  laveine-caueauec 
fes  ruines,  le  foye,  la  veflie  du  fiel  ,*  le  canal  de  la  bile ,  la 
bilcjlaRatte  auec  ce  vaifleau  que  Ton  appelle  communé¬ 
ment  Vasbreuet  &  auec  les  veines  bemorroidales  ,  les 
reins,  les  capfulesatrebilaircs, les  vretercsôc  la  veflie. 

Celles  qui  font  ■  deftinées  à  la  génération  font  propres 
ou  aux  hommes ,  ou  aux  femmes.  Celles  des  hommes , 
font  les  vaifTeaux  fpermatiques,  les  corps  variqueux  ou 
les  paraftates,  les  tefticules,  les  vaifleaux  deferens  ,  les 
proftates,  les  veATies  feminaires,  la  verge,  Celles  des 
femmes  font  les  vaiflTeaux  fpermatiques ,  le  corps  vari¬ 
queux  &  les  tefticules  ,  les  vaifleaux  eiaciilaioires,  la  ma¬ 
trice  aueefes  parties, 

On  confidere  aufli  enTenfant  tandis  qu’il  eft  dansla 
matric-efles  vailTeaux  vmbilicaux ,  les  tuniques  qui  cnuc- 
lopent  le  fœtuSi^c,  dont  nous  parlerons  en  leur  lieu. 


*Dh  rzjentre  Inferieur.  ïj 


CHAP  ITRE  L 

De  U  Cuticule. 

LEs  Grecs  nomment  la  Cuticule  Epiderme  :  Quel-  . 

qucs  vns  la  première  peau ,  &  d’autres  vne  afïlorai-  ^ 
fon  delapcau  &faGouucrture.  C’eft  vne  pellicu¬ 
le  priuée  de  vie ,  de  fcntimcnt  &  de  fang ,  déliée ,  denfe, 
formée  des  vapeurs  huileufes,  grolïieres  &  vifqueufes 
condenféespar  le  froid  externe,  &  deftinéc  pour  couurir 
la  peau. 

La  matière  dont  eft  formée  la  cuticule,  n’eft  pas  la  fe-  Si  la  /«- 
mence  :  Car  i.ellen’eft  pas  partie  du  corps,  z.ellencre-  menceeft 
çoit  point  de  nourriture.  3.  elle  fe  régénéré  aifément,  ^*ttere 
apres  qu’elle  eft  perdue,  en  frétant  ou  en  frayant ,  ou  par 
les  veflies  que  caufent  le  feu  &  l’eau  bouillante,  au  '  ‘ 
lieu  que  les  parties  fpermatiques  ne  fe  renouuelknt  ia- 
mais  quand  elles  font  vnefois  oftées. 

Elle  ne  tient  pas  aufli  fa  matière  du  fang.  i.  Parce  que  Ouïe  fang 
toutes  les  veines  finiftent  deftus  ou  dans  la  peau.  z.  elle 
n’a  point  de  fibres  fpermatiques ,  qui  feruent  pour  ap¬ 
puyer  &  fortifier  toutes  les  parties  languines.  3.  elle  fe 
rend  elpaifleenteux  qui  font  détenus  d’vne  longue  ma¬ 
ladie  &  qui  font  tabides.  4.  Eftant  coupée  oudefehirée 
elle  ne  iette  point  de  fang.  5.  &c  n’cft  point  rouge,  ^c. 

Elle  ne  s’engendre  pas  non  plus  des  excremens  de  quel-  O»  !*<  ex- 
queco6tionquecefoit,nideceuxde  la  première  ou  delà  cremens  de 
fécondé  coéfcion ,  comme  de  la  mâtierefecale ,  del’vrine 
ou  de  labile ,  ni  de  ceux  de  la  troifiefme  qui  font  trois  ; 
le  I.  vaporeux  &fubtil,  qui  s’exhale  :  lez. délié  àla  vérité, 
mais  phjs’folide  &  aqueux ,  comme  font  les  ichorofitez, 
les  humeurs  fereufes  qui  par  leur  acrimonie  &  afpreté  cm- 
pefeheroientpruftoft  la  génération  de  la  cuticule,  ou  la 
rongeroient  apres  fan.'uUance  ;  le  5  grofficr,  plus  gluant 
qui  s’attache,  .comme  les  ordures  que  Picolomim  & 


Titolemini 
d»  Luh- 
^ens  rtfn- 


Sa  vmye 


&acMufief. 

ficmte. 


74  Dt*  mentre  inferieur. 

du  LdureMscÇilmcntCc  cic(reicbcr,&  puis  fc  changer  en î» 
cuticule.  Ce  qu’ils  monftrcnt  par  les  ordures  qu’on  ofte 
dans  les  bains,  en  raclantlcs  plantcs.des  pieds.  Mais  fi  ce¬ 
la  cftoit  ,  la  cuticule  fe  perdroit  par  ce  moyen  dans  les 
bains»  ^  _ 

Sa  matière  donc  cft  vn  autre  excrement,  afçauoirvne 
vapeur  huileufe,  grofliere, gluante,  &:  humide  (  car  le 
poil  refait  des  cxhalaifonsfeiches)  qui  exhale  de  la  peau, 
&dcsmembrcsqui  font  fous  elle.  Ainfî  voyons  nousen. 
la  bouillie  vne  pellicule,  qui  fe  forme  des  vapeurs  qui 
montent ,  &  qui  font  puis  apres  condenfées  par  le  froid. 

La  cuticule  fe  forme  en  partie  dans  la  matrice  auec  la 
peau  ,& en  partie  dehors»  Da»s  lamatricâ}  car  i.  elle  y 
reçoit  les  premiers  linéaments ,  &  les  commencemens, 
de  mefrne  que  les  dents,  le  poil,  les  ongles,  nüfcetfis. 
%.  La  peau  feroit  moite  fans  la  cuticule,&ilcnexuderoic 
quelque  humeur,  aueccuifon,  cÔme  ilarriue  aux  efeor- 
cheurcs,  &  en  l’application  des  Vefîcatoires.  5.  L’expe- 
rience  monftre  que  la  cuticule  cft  quelque  peu  apparente: 
aux  auortons ,  qu’on  peutfeparer  par  quelque  liqueur  qui 
ait  la  vertu  de  l’enleuer.  Mais  elle  eftdans  la  matrice  fort 
tendre,  &  très. molle  ,  ébauchée  feulement,  àcaufe 
que  la  froideur  de  l’humeur  fereufe  ,  qui  enuironne  le 
foetus  i  n’y  cft  pas  aflez  grande.  Elle  reçoit  dehors  fa  per- 
feiftion ,  ôc  fon  aceompliitement  ^  du  froid  de  l’air ,  qui  la 
deftciche  ,  ôclacondenfedauantage  :  D’où  vient  que  la 
peau  de  tous  les  enfans  paroift  rouge  au  commencement. 

Sa  caufe  efficiente  interne  &  éloignée ,  cft  la  chaleur  in¬ 
térieure,  qui  pouffe  les  vapeurs  àla  fupcrficic  du  corps, 
de  la  mefrne  façon  que  la  chaleur  du  Soleil,  caufe  les  ex^ 
halaifons.  La  caufe  prochaine  éc  externe, c’eft la  froideur 
de  quelque  corps ,  comme  de  l’air ,  qui  l’efpaifTit,  &: 
lacondenfe.  Ainft  la  bouillie,  le  laid,  &  les  autres  vian¬ 
des  chaudes,  fecouurentd’vnc  petite  peau  en  fe  refroi- 
diftant.  La  feicheteffe  de  l’air  ambient  y  contribue,  en 
confumant  l’humidité  externe, &  en  reflerrant  toute  l’au- 
txc  matière.  Or  tant  plus  cette  vapeur  eft  terreftre  &,  vif- 


Lhre  premier.  jf 

queufc  ,  tant  plus  ce  qui  en  cft  engendré  en  deuient 
folidc. 

Son  'yy^^eeftdcdeffendrcla  peaui  C’eft  pourquoy  el- 
Iceft  vn  peui/»rtf ,  &  ncantmoinsforcw/^ce ,  &  tranfpa- 
tente ,  comme  les  pellicules  des  oignons,  de  peur  que  fî 
elleeftoit  plus  efpailTe,  ellen’empefchaftla  peau  de  bien 
feniir.  Le  trauail  la  rend  quelquefois  callcufe  aux  pieds 
&  aux  mains. 

Elle  cft  ,  Sc  plus  ferrée  que  la  peau:  D’où  vient 
que  les  puftules  aqueufes  paflent  la  peau ,  &  s’arreftent  à 
la  cuticule.  Elle  n’eft  pas  pourtant  trop  efpaifte ,  de  petu: 
qu’elle  n’empefehe la  tranfpiration  du  corps.  La  nature 
l’a  ainfi  condenfee,  non  feulement  pour  deffendre  les  par¬ 
ties  quelle  couurc ,  mais  auflî  de  peur  qu’il  ne  fc  fafle  vn 
trop  grand  écoulement  des  vapeurs ,  dujfang  y  des  efprits 
&  de  la  chaleur.  Car  elle  couurc  les  orifices  ,  &  les  ex- 
tremitez  des  vaifleaux.  C’eft  pourquoy  ceux  qui  n’ont 
point  cette  cuticule,  viuent  auec  douleur  &  incommodi¬ 
té,  comme  nous  en  auons  vn  exemple  remarquable  en  la 
perfone  de  Louis  Roy  de  Boheme  de  Hongrie  »  duquel  on 
dit  aufli  qu’il  blanchift  des  l’enfance. 

Elle  eft  blanche ,  &  par  confequent  d’vn  tempérament:  eeuleur: 
froid  & fec,  &  du  tout  prittée  de  fang. 

Elle  eft  vnique ,  n’ayant  iamais  efté  trouuéc  double, 
qu’vne  fois  feulement  par  Aquapendente. 

Quant  à  fa  connexion ,  elle  eft  fi  fort  adhérente  i  la  peau,  come- 

tandis  que  l’homme  eft  en  vie  ,  comme  fi  elle  luy  eftoit***"^- 
continué.  On  a  pourtant  remarqué  qu’il  y  a  eu  des  hom¬ 
mes,  quilaiffbient leur  cuticule,  comme  lesferpens  font 
leurs  defpoüillcs ,  ainfi  que  Félix  Platerus  le  dit  de  foy- 
mefmc.  Celle  du  eft  adhérente  à  la  chair,  &  non 

|)asàlapcau. 


Lime  'Premier. 


c’ejî 
^ut  Ptêu  ? 


Vicolomini 
tfl  réfuté. 


^elletflU 
matière  de 
Upeanfui' 
uant  G4~ 
lie»  ? 


h.iBote  efl 
refuié. 


chapitre  II. 

De  U  n^eau. 

Le  s  Grecs  appellent  la  Peau  Demdy  qui  fcmble  dc- 
riuerdc  Defmay  quifignifie  lien.  C’eft  lacouuerturc 
commune  du  corps:  ou  bien  ,  c’eft  vnc  membrane  tem¬ 
pérée,  engendrée  delà  femence  ,  par  vne  faculté  propre, 
afin  qu’elle  ferue  d’organe àTattouchement,  6c  de  deffen- 
ce  aux  parties  de  dcllbus. 

On  l’appelle  membrane  ,  non  pas  fimplement,  mais 
comme  vne  membrane  d’vne  condition  ,  6c  d’vn  tempé¬ 
rament  tout  paj:ticulier.  C’eft  pourquoy  Picolomini  a  eu 
tort  de  vouloir  que  la  peau  foit  fimplement  vne  membra¬ 
ne  delà  mefme  condition  que  les  autres.  Car  la  Peau  cft 
plus  efpaifte,.  elle  a  vncfubftance  propre,  ôc  cft  tempé¬ 
rée. 

Cliques  vnseftiment  ,  que  la  femencc  6c  le.fang  bien 
méfiez  enfemble,  font'la  matière  de  la  peau,  afin  qu’elle 
tienne  delà  nature  de  la  chair  ôc  du  nerf.  C’eft  pour  cela 
que  (jrf//V»dit,  que  c’eft  cômcvn  nerf  qui  a  du  fang.  Il  faut 
remarquer  qu’il  ne  l’appelle  pas  ny  nerf,  ny  chair,  mais 
comme  nerf,  efre.  Car  il  la  compare  auifià  vne  membra¬ 
ne  ,  parce  qu’en  quelques  lieux  clic  peut  s’eftendre  j  Elle 
a  le  fentiment  fort  exquis ,  Ôc  cft  blanche. 

.Arifiote  a  creu  que  la  peau  eftoitcompofée  de  la  chair, 
deflcichéeôcenuieillic.  Mais  fans  raifon,  puisque  la  peau 
(è  fepare  aifement  des  parties ,  qui  font  au  deflbus  d’elle, 
6c  qu’entre  la  chair,  ôc  lapeauil  y  a  de  la  graifle,  ôc  vne 
membrane ,  ç^c.  Fernel  eft  aufli  à  reprendre ,  lors  qu’il  dit 
que  la  peau  de  la  face  eft  vne  portion  plus  feiche  de  la 
chair  fubiacente, parce  i.  quelle  fc  peut  feparer  de  la  chair, 
a.  qu’il  s’y  fait  des  cicatrices  de  mefme  qu’ailleurs. 

Les  vnsdifent  qu’elle  fe  forme  des  extremitez  dilatées 
des  vaiflèa  ux,  ôc  fc  fondent  fur  ce  qu’elle  a  vie  ôc  fenti¬ 
ment 


Du  rventre  inferieur^  jjr 

ment  pair  tout,  &  que  ces  extremitez  y  vont  aboutir.  Mais; 
cclafe  peut  dire  aufli  de  toutes  les  parties. 

Les  autres  en  fin  voulans  qu’cllc  Ce  fafic  des  nerfs  leo 
plus  mois  qui  font  rcfpandus  lur  lafupctficic  du  corps,  ôc 
du  fang  qui  s’y  attache .  Mais  cette  opinion  n ’eft  pas 
meilleure  que  la  precedente. 

La  peau  cft  donc  compofée  de  la  fcmcncc  en  vne  quan- 14  mutitre 
titémcdiocrc,&d’vnpeudefang.quifert  àl'augmenter.  Ae  Ufem. 
La  femencc  neantmoins  femble  y  entrer  en  plus  grande 
racfurc.  Cair  la  peau  cft  blanche  naturellemét,  bien  qu  el¬ 
le  change  félon  l’abondance  de>s  corps  &  des  humeurs 
qui  font  au  delTous  d’elle  ,  prenant  la  teinture  de  l’hu¬ 
meur  qui  domine.  G’èft  pourquoy  les  fanguins  font  rouw 
ges ,  &  les  ideriques  font  iauncs  ou  noirs  ;  la  peau  eft 
pluftoft  rougc,fi  la  chair  eft  defibus,  &fî  lagraifle  y  efl^ 
elle  en  deuient  blanche. 

C’eftàl’efgarddela  femenee  que  lës  autheurs  difent 
que  la  peau  ayant  efté  bleflee,  ne  fc  confolide  pas ,  mais 
qu’ri  fe  fait  quelque  chofè  de  femblablè  à  la  peau  par  le 
moyen  du  fang  en  la  cicatrice,  quife  forme  d’vne  chair 
comme  brufiéc  &  dcifeichée.  f  On  a,  pourtant  remarque 
que  la  peau  des  enfans  eftant  blclTéc,  fc  rengendre ,  com¬ 
me  tcfmoigne  SpigeiiuSi  à  caufe  qu’elle  eft  humide  & 
remplie  d'vne  humeur  gluante.  ] 

Voila  pourquoy  puis  que  la  peau  cft  d’vne  fubftancc 
comme  membraneufe  (froideôc  feiGhc)(5c  charnue  (chau¬ 
de  &  humide  )  elle  fera  temperce  en  toutes  fes  qualité®: 
premières  &  fécondés  ,  afin  qu’elle  puiiTe  bien  iuger  de 
routes. 

Sa  caufe  cft  vnc  vertu  particulière  qui  engen-  S4  eattfi  ' 

dre  la  peau, que  l’on  peut  appelkr  cutifique,  comme  cette 
vertu  qui  forme  vne  partie  fimilairc  differente  des  autres 
cft  appelléc  offifique  en  l’os,  Sencruifique  au  nerf, 

Gcttc  vertu  eftant  cachée  &  comme  diuine,  on  ne  peut 
fçauoir  comment  elle  fait  les  nerfs  &  les  os,  (ÿ-c-  d’vno 
mcfme  màticre  delà  fcmcncc; 

Sau  aCiioH  ftélique  &  nccelTairc  à  tout  l’animal , 


ï5  Liun  Premier^ 

di’eftrerorgancdcl’attouchcmcnt.  Car  encore  que  tous 
lesoigaj^esdesfensfoient  parties difTimilaires,  ilyatou. 
tesfois  vne  partie  fimilaire  qui  eftia  principale  caufe  de 
Tadion ,  que  doit  faire  tout  lorganc.  Par  exemple ,  la 
main  eft  bien  l’organe  de  l’attouchement ,  mais  cette  par¬ 
tie  de  la  peau  qui  couure  la  paulfne  des  mains  &  la  plante 
des  pieds,  l’eft  principalement, parce  quelle  eft  fort  tem- 
pcréeàraifon  des qualitcz  premières,  &  par  confequent 
aufli  àl’efgarddesfecondes,  àfçauoirenmolleflejcndu- 
rctéjen  efpailTeur,  cn.tenuité,^^;. 

Son  vfagt.  Son  vfage  eft  de  couurir  le  corps ,  c’eft:  pourquoy  fafî- 
gure  eft  ronde, longue, pour  s’adiufter  aux  parties  qui 
fontfousellej  C’eft  pour  cela  aufli  qu’elle  a  efté  mife  au 
dehors,  C04nrae  auffi  parce  quelle  eft  comme  l’emondoi- 
ce  de  tout  le  corps.  [  Les  Phyfiognoraiftes  donnent  vn  au¬ 
tre  vfage  à  la  peau  marquée  de  lignes ,  qui  par  elles  &  les 
monticules  de  la  main, &  par  les  lignes  des  planètes  ôcles 
accidentaires  du  front,  fc  méfient  de  prédire  la  bonne  Sc 
mauuaife  fortune  des  hommes.] 

S.ej  perts.  Elle  eft  percée  en  diuers  endroits  pour  donner  entrée 
&fortieauxchofesnccefraires.  Ses  trous  font  les  vns  ap- 
parens  ou  fenfiblcs,  corne  la  bouche,  les  oreilles,  les  na- 
rines,^f.  les  autres  imperceptibles^comme  les  pores  qui 
fe  voyent  l’hyuer ,  lors  qu’on  dcfcouure  le  corps  tout  â 
coup. [Car  alors  la  cuticule  relftïmblc  la  peau  d’vne  oye 
plumée.  C’eft  parle  moyen  de  ces  pores ,  qu’vn  certain 
RoydesPetfes  (  s’ilfaut  adioufter  tby  àOribafe J  fc  fer- 
uoit  de  la  peau  des  homes  au  lieu  de  nos  chaflis,  ]  Ils  don¬ 
nent  fortie  aux  excremens  Si  aux  fuliginofîtcz,&  entrée  i 
l’air  d’alentour,  [mefmes  à  quelque  portion  du  fuc  des 
emplaftrcs  appliquez  extérieurement  dans  vne  longue 
abftinence  ,  fi  au  moins  nous  deuons  croire  les  Obfer- 
uationsde  Zacutus  Portugais.] 

Elle  eft  fixfois  plus  erpaifTc  que  la  cuticulc,&:  plus  min¬ 
ce  que  celle  des  autres  animaux,  [line  faut  pas  iugerdo 
rcfpaiffeurdc  la  peau,  parce  qu’elle  a ,  lors  qu’elle  eft 
^  s’cfpaiflit  beaucoup 


T>u>  Sentie  ïnferîeurl  jJ 

par  ce  moyen.  Elle  deuient  plus  legerc  apres  celi;  car  fc- 
lonl’obferuation  de  Lofelius ,  elle  ne  petb  cftantapprcftco 
que  4.  liures  &  demie  poids  de  marc.  ]‘Ellc  eft  molle, 

&  dVn  fens  exquis  j  mais  plus  molle  &  plus  rare  au  vifa- 
ge ,  à  la  verge  &  à  la  bourfc  :  Elle  eft  plus  dure  au  col ,  aux 
ïambes ,  aux  plantes  des  pieds ,  &  au  dos.  Celle  des  bouts 
des  doigts  tient  le  milieu  entre  la  dureté  &  la  mollefle.  La 
peau  delatefte  eft  fort  efpaifle  (tefmoin  Anftote  qui  eft 
cité  à  faux  par  Colomb  )  celle  du  col  l’eft  moins,  celle  des 
coftez  eft  déliée, d’où  vient  le  chatouillement  :  celle  de  la 
paulme  des  mains  ,  l’eft  dauantage,  &  celle  des  leures 
l’eft  par  delTus  les  autres,  Les  enfans  l’ont  plus  deliée  & 
plus  poreufe  que  les  adultes,  &  les  femmes  plus  que  les 
"“iîommesj  Elle  l’eft  plus  en  vn  pays  chaud ,  qu’en  celuy 
qui  eft  froid,  •&  en  Efté  qu’en  Hyuer,  d’où  vient  que  les 
peaux  efcorchées  des  animaux  retiennent  moins  leur  poil 
en  Efté  qu’en  Hyuer.  [Elle  eft  aulîi  fort  diuerfe  félon  la 
diuerfîtédesfubjcts,fe  trouuant  en  quelques  vns  d’vne 
denfiré,  &  efpaijOTeurfi  merueilleufe,  fi  nous  en  croyons 
FetmsSermus ,  que  deux  femmes  Negres  pouuoient  tou¬ 
cher,  porter,  contenir,  &  prefque  cfteindre  auec  leurs 
mains  des  charbons  ardents!*] 

Quant  à  fa  connexion,  elle  fefepare  aifement  des  par- S/i  ctnM- 
ries  qu’elle  couiire  aux  ventres  moyen  &  inferieur ,  aux 
bras  &  aux iambes,  mais  non  pas  ailleurs,  à  caufe  de  la 
membrane  charnue,  à  qui  elle  eft  liée  par  le  moyen  des 
fibres  ôcdesvailTeaux  ,  comme  à  la  plante  des  pieds,  &  à 
la  paulme  des  mains,  où  elle  eft  eftroitemcnt  attachée, 
afin  qu’elles  puiffent  empoigner  auec  plus  de  force.  A 
peine  aulîi  la  peut-on  fcparer  de  la  chair  du  frôt,&prefquc 
de  toutlevifage  ,  mais  principalement  de  celle  des  oreil¬ 
les  &  des  leures ,  à  caufe  des  tendons  &  des  mufcles  en¬ 
tremêliez,  &  particulièrement  de  celuy  qu’on  appelle  le 
large.Elle  eftmobileau  fcont,[& furie  derrière  delatefte 
en  quelques  vns ,  à  caufe  des  mufcles  particuliers,]  Se  im¬ 
mobile  par  tout  le  refte  du  corps. 

Lapeauareceu  des communs  pour  la  nouc- 
Ci} 


io  Ume^temier^ 

tirarejft  vie&lerennmcnt,  à  fçauoirdcux  veîttes  cutâ* 
nées  àlateile  ôc  au  col,  des  jugulaires  ;  deux  aux  bras ,  au 
Thorax ,  &auk  dos,  des  axillaires  ;  Et  deux  autres  desaif- 
nes  au  ventre  inferieur,  auxlombes,  &  aux  pieds,  qui 
paroiffentauec  pluficurs  rameaux  aux  femmes ,  apres  des 
eouches difficiles,  &  en  ceux  qui  font  variqueux.  Elle  a 
fCMeC^neres ,  &  biendeliées,  aux  temples ,  au  front ,  aux 
doigtSjàlabourfe,  &àla  verge.  Elle  ne  reçoit  point  de 
fjerfs ,  qui  ferpentent  par  fa  fubftance ,  mais  il  y  en  a  beau¬ 
coup  qui  vont  y  aboutir,  comme  a  creu  Galien.  lo.  Vejlin- 
gim  premier  Anatomifte  de  Padouë ,  aircurc  ncantmoins 
que  des  petits  rameaux  déliez  fc  traînent  pat  la  peau. 


CHAPITRE  IIi; 

Df  h  Graijfe. 

La  graifle  eft  vn  corps  fimilaire ,  qui  n’a  point  de  vie, 
faitdVn  fang  onébuenx,  efpaiffi  par  la  froideur  des 
membranes ,  &  quifert  poqr  la  deffence  detoutic  corps. 
Lsdiferen.  Les  Grecs  la  nomment  P/«?e/<r.  a  mal  traduit  ce 

te  entre  tnotpar  c’elVà  direfain  ou  fuif.  Caria  graifle  eft 

^  chaude  &  humide  ,  comme  Tair  de  la  nature  duquel  elle 
tient  beaucoup  ;  Elle  fe  trouue  dans  les  animaux  humi¬ 
des.  Lachaleur  la  fait  fondre  aiftfment ,  &  le  froid  la  fait 
prendre  auec  peine.  Elle  n’eft  pas  friable  ,  mais  lafehe  & 
molle.  Au  contraire  le  fuif  fc  fige  incontinent  ,  &  fe  ref- 
fout  difficilement , 

‘'Elle  it’efl  ;La  graifle  à  proprement  parler,  n’eft  pas  partie  ,  mais 
pas  partie.  humeur,  finon  qu’on  la  veuille  confiderer 

aiiee  la  membrane,  comme  Galien  fait  fouucnt. 

Elle  eftenrhommc,enrrelapcan&Ia  membrane  char¬ 
nue,  &  aux  beftes  fous  la  membrane ,  qui  meut  la  peau. 
Les  parties  à  qui  la  graifle  pouuoit  cftrcou  inutile,  ou 
c»”*”  incommode  en  les  empefehant  de  fe  plier  &  de  s’eftendre, 

n’en  ont  point  du  tout ,  comme  le  ccrucau  jlcs  paupières. 


Du  "centre  inferieur,  5ï 

la  verge,  labourfe ,  &  les  membranes  des  tefticules.  Elle 
cft  dure  commelt  fnif ,  5c  paxfeméc  de  fibres ,  5c  de  peti*- 
tes  veines  ,  principalement  aujt  pawLe^^vri  fc  meuuejnt 
auecplus  dc  force,  comme  en  la  paulme  des  mains  ,6#  ayx 
€eges  internes  des  doigts,  (  car  il  y-  a  U  beaucou  p  de  ten^ 
dons,  de  nerfs  &  de  vaHïèaux ,  quiontbefoin  d’eftrehu- 
medez  )  en  la  plante  des  pieds ,  6c  principalement  au  ta¬ 
lon.  Elle  cft  plus  molle  en  d’autres  parties,  defquclles 
Dousparlcrons  en  leur  lieu. 

[CaciîimFolm  a  eferit  nouuellemêt  que;la  mat'teredeU 
graijfe  eü  vn  fuc  ladlée ,  oulaportion  plus  graCe  du  chyle, 
ôc  que  les  os  s’en  nourrrlfent.  Toppofe  à  cette  opinion  ce# 
railons  i.  Que  ceux  qui  mangent  des  viandes  gralTes,  ne 
deuiennent  pas  gras  incontinent,  i.  le  chyle  n’cft 
pas  aftez  cui<ft ,  pour  fetuir  d  la  nourriture  des  parties. 

3*  Os?  les  enfans  deuroient  deuenir  gras  bien  toft. 

4-  Qulilfautneceffairemcntqucîc chyle  (échangé  dcqant 
qu’il  amuc  aux  parties.  5.  Ôlü  n’y  a  aucun  conduit  de¬ 
puis  le  mefentere  aux  extremitez.  Car  ce  fuc  n  cft  pas  fuc- 
cc  par  les  membranes,  comme  croit  ce  fçauant  homme, 
ny  porté  par  les  glandes.  Nonle  premier ,  i.  parcequ’el- 
les  font  trop  denfes ,  pour  pouuoir  fuccer  ôc  attirer  com¬ 
me  dcsÆlcts.  a.  Elles  paroiftroient  ttimidcs,  de  pleines 
de  cette  humeur  huileufe  en  la  diffGétion.  Non  le  (ècond 
I.  parce  que  les  glandes  ne  font  pas  continues  aux  parties 
grafles.  2.  qu’elles  ne  reçoiuent  pas  vnc  humeur  viilc, 
mais  les  excremens  ,  6c  que  mefmc  elles  abondent  en 
humeur  blanche  Ôcpituitcufe,ôc  non  pas  gralTe.  5.  Nous 
remarquons  que  plufieurs  animaux  deuiennent  gras  fans 

Il  cft  donc  vray  que  le  /k»g ,  fclon  le  commun  con-  Mais  U 
fentement  de  tous  ,  cft  fa  matière-  C’eft  ce  qui  a  fait 
dire  à  Arifiote  que  les  animaux  qui  n  ont  point  de 
fang  ,  n’ont  point  de  grailTe  ou  de  fuif  ;  Mais  c’eft 
vn  fang  efpuré  ,  ôc  parlSitemcnt  cuit ,  fubtil ,  aéré  & 
huileux.  [IlrelTcmblc  à  lafubftance  butyreufe  du  laiâ:,  ÔC 
ila matière  huileufc  de  la  fcmcncc,]  quoy  quen  difent 


Lture^remleP^ 

JPermléi  Colomb.  Lors  que  la  graiffe  fe  fait  de  ce  fang  huîJ 
leux ,  il  fe  dilTipe  beaucoup  de  chaleur.  D’où  vient  qu’^- 
tiflote  a  dit;  qae  ce  ^ui  eficofidettfe  par  le  froid  j  perd  beau¬ 
coup  de  chaleur ,  &  ailleurs  :  ^ue  les  matières  tiennent 
du  lieu  ou  elles  font. 

la  gfaifft  C’cftpoutqudyla  nature  de  la  graifle  eft  vn  peu  plus 
*fi  plus  fret,  froijje  que  \q  f^ng  -  Elle  eft  neantmoin  s  chaude  en  vn  de- 
gré  modéré.  Car  i.  eftant  appliquée  par  dehors  elledi- 
modirtmet  gere ,  rcfout  ôcdiffipc.  2.  Elle  eft  la  partie  plus  fubtilc  & 
thaude,  plus huileufe  du  fang.  ^.Elle  prend  feufort  afifénicnt.4.au 
dedans  elle  augmente  la  chaleur,  comme  la  coeffe  aide  la 
eoétion  du  veritricule,  çf’c. 

D’autres  cftiment  qu’elle  eft  froide  j  parce  qvijiriftote 
dit ,  Que  tout  ce  qui  fe  condenfe  par  le  froid ,  &  fe  reloue 
par  la  chaleur ,  eft  froid.  Or  eft-il  que  la  grailFc  fe  con¬ 
denfe  par  le  froid. 

Il  faut  refpondre  que  la  graille  eft  froide,  àl’cfgard  de  la 
chaleur,  qu'elle  auoit lors  qu’elle  eftoit  fang.  D’ailleurs 
\c.mdinc  Arifloie  nous  enfeigne,  que  ce  qui  fe  condenfe 
par  le  froid,  &  qui  ferefoutaifement  par  la  chaleur,  n’a 
pas  perdu  beaucoup  de  chaleur. 

S»  eaufe  S^  czüCe  efficiente t  ou  qui eft  ync  chaleur  tem- 
tgtetentt.  pcrée,& humide  ,  qui  eft  le  principe  de  toutes  les  co¬ 
dions.  La  caufe  efficiente  de  fa  condenfation ,  eft  la  froi¬ 
deur  des  membranes  (de  qui  elle  prend  fa  couleur  blanche.^ 
l’entens  vne  froideur  non  pas  fimplc  &  abfoluè' ,  mais  rcl- 
pcétiue ,  ou  par  c&mparaifon  ,  comme  i’ay  dit,  qui  eft 
ncahtmoins  fulfifante  pour  efpaiflîr  cette  partie  huileufe, 
qui  eft  comme  la  fucur  du  fang.  Tout  de  mcfme  que  lo 
plomb  fondu  fe  prend  aulîi-toft  qu’on  le  tire  du  feu ,  bien 
qu’on  leiette  en  vn  lieu  âlTez  chaud,  pourueu  qu'il  ne  le 
cemment  ^0“  tant  que  le  feu .  11  faut  remarquer  que  la  grailTc 
fe  fait  la  ne  fe  peut  figer  que  par  vn  certain  degré  de  froid;  car  tous 
graip.  effets  neprocedent  pas  indifféremment  de  toute  forte  de 
caufes.  Auflî  ne  s’engendre  elle  pas  en  toutes  les  parties 
du  corps.  ^  Galien  &c  quelques  autres  fçauans  perfonnages 
ont  ettime  que  la  graillé  fe  fait  par  le  moyen  du  froid  ,  de. 


T>u  Rentre  inferieur^. 

forte  que  ce  qui  eft  gras, Icger  &  fubtil  dans  le  fang,  quife 
changecn  nourriture  dans  les  corps  trop  chauds,  (c’efl: 
pourquoy. les  animaux  chauds  ôcfecs  ont  peu  ou  point 
de  graifle )  fe  garde  en  ceux  qui  font  plus  froids, fc  conge¬ 
lant  par  la  rencontre  des  membranes,  apres  qu’il  eft  forti 
des  veines.  Car  i.lefang  fe  coagule  decette  façon  hors  Vreuue  que 
des  vaiffeauxjàcaufcdc  la  rencontre  de  l’air  froid,  bien  lagruip/t 
que  fa  proprefroideur  interne  y  contribue  auffi.  P^r  le 

Z.  Arifiete  dit, que  tout  ce  que  la  chaleur  refout  dclique-^'^"'*'^* 
fic,cft  condenfé  par  le  froid,  comme  l'huile. 

3.  Les  animaux  plus  froidsfontplus  gras,  comme  ceux 
qui  font  chaftrez,les  fcmmes,&  ceux  qui  demeurent  long 
temps  oififs  fous  terre,  ll&font  tous  au0i  beaucoup  plus 
grasenhyuer. 

4.  Lagraiflè  ne  vient  qu’en  des  lieuxfroids,c6i1ieaux  T>'oh  vient 
membranes.  Ainfi  la  coefte  a  beaucoup  de  grailTc,  à  caufe 

dcfa  fubftance  membraneufe ,  6c  qu’elle  eft  elloignce  des 
vifccrcs  les  plus  chauds.  Car  eftant  couchée  fur  les  in- 
teftins ,  deflbus  la  poitrine  ,  &  parfemée  de  pliifieurs 
veines  &  artères  ,  elle  en  amalTc  beaucoup.  Il  miO:  à  Venteur 
aufsi  de  la  graifle  à  l’entour  du  cœur  ,  à  caufe  du  pe- 
ricarde  qui  l’enuironne  ,  quieftvnc  membrane  froide 
&  efpaiflc  ,  Sc  à  raifon  de  l’humeur  fereufe  qu’il  con¬ 
tient  du  diaphragme ,  qui  eft  en  bas ,  luy  feruant  com¬ 
me  d’efuantail ,  des  poulmons  qui  font  à  fes  coftez  , 
comme  des  foufflctSj  ôc  du  mediaftin,  (^ff.  les  Reins  font 
demefine  couucrts  de  graifle,  parce  qu’ils  abondent 
cxcremensfereux,  qu’ils  font  près  de  l’efpine,  &  qu’ils 
font  couuerts  des  inteftins. 


5.  Le  couucrcle  qui  eft  fur  l’eau  bouillante,  condenfe 
toutes  les  vapeurs  qui  montent  iufqucs  à  luy,  &  il  les 
change  en  eau  par  fa  froideur.  Ce  qui  n’arriucroit  pas  fi 
l’air  quil’enuironne  cftoit  extrêmement  chaud. 

Il  y  en  a  qui  eftiment  que  la  chaleur  eft  la  caufe  de  la  opinion  HT 
grailTe ,  parce  que  fa  matière  eft  chaude ,  qu'elle  s’enflam-  « 
meaifement,  &  que  rien  ne  fc  fait  dans  le  corps  que  par 
lcmoyendelacoaion,6cdelachalcur.  ^  ^  pi  iT 

graip. 


il  JJure  Premier, 

La  reCponfe  eft  aifée,  lî  onprendgar<îcâc«  quenouf, 
Ruonsdit,  car  nous  n’entendons  pas  la  froideur  fimple^ 
ment  ôc  abfolumcnt,  qui  caufe  les  auditez  ,.mftis  vne 
chaleur  foible. 

Ofinùn  D’autres  eftiment  que  refpaiiTeur  de  la  membrane  don- 

neâlactaifféfaconfiftanccjparccquelepropre  deccqui; 
eftdcnïc,  eftdtcondenfer. 

éftjîtl  II  faut  refpôndré  que  le  propre  du  froid  eft  de  conden- 
fer,queIac6ndenfationcftvn  effeft  du  froid ,  &  non  pas 
de  ce  qui  eft  denfe ,  qui  ne  peut  condenfer,  s’il  n’cft  affilié 
du  froid',  qùi  eft  vne  qualité  première  :  Autrement  vne 
membrane  déliée  feroit  vne.  graifle  déliée  ,  &i’cfpaiffeut 
dès  vâifîeiüx  deufoit  efpâifsir  la  matière  qu’ils  contien¬ 
nent. 

1.  Ils  nous  obiéélent  :  Qt^e  là  vapeur  qui  s?eleuc  de 
Jèàu  boiiillànte  ,  rencontrant  vn  couuercle  efpais,  fc 
changé  éti  eau:,  bien  qu’M  foit  extrêmement  chaud,  Ôc 
qu’en  la  diftillation  qui  fê  fait  parl’alcmbic,  l’àthalaifon, 
quifortde  kriiafiercdèdeirouS,  eftantarreftde  &  réflé¬ 
chie  par  vn'vérré  éfpaiS,lé  ednoertit  en  vne  fubftahce  plus- 
efpàifle.  Cé  que  nëusauôns  défia  dit',  peut  ferait  de  ref- 
ponfeàccla.  De  plus,  filés  vapeurs  qui  montent  par  l’c- 
bûllitidn,  font  renfermées  dans  le  vailFcau,  de  telle  forte 
que  riett  n’èn  puifife  fortir,  il  êfi  necclTaire  quedenouueU 
les  vapeurs  montans  fucceffiuemcnt  &  fans  cefié,  elles  re- 
preneht  leur  première  confiftance  ^  autrement  il  faudroit 
qu’il  fefift  pénétration  des  corps.  Mais  fi  elles  ont  quel¬ 
que  fortie ,  elles  retournent  ch  eau ,  à  caufe  de  l'air  froid; 
quienuironnelccouuerclcde  vefre.  G’eftpourquoyafin 
que  la  liqueùr  coulé  &  d  lbllè  plus  aifément  &  plus  abon, 
dâmmeht,  on  le  refroidit  fouuent  auec  dé  l'eau  froide. 
Aînfi  l’air  eftaht  froid,  les  vapeurs  chaudes  qui  font  dans 
vne  chambréife  changent  en  eau  contre  les  feneftres,  ce 
qui  h’arriuc  paiî  quand  l  air  de  dehors  eft  chaud. 

3.  Us  difént,  qu’il  y  a  des  parties  extrêmement  froides, 
commelécèrueaü.&  lés  méninges,  qui  n’ont  point 
de  graille.  Nous  réfpondons, qu’elles  font  erpaifles  aufsi. 

Fabm 


Dt^n^entre  inferieur,  2-5 

jpahmi  Pacius  vent  que  la caule  de  la  grailTejfoitla  fci-  9^!!*'^ 
chereffc  qu’elle  a ,  à  raifon  de  fes  fibres.  Au  contraire, 
i.lagrailFe  n’cft  point  feiche,  mais  humide,  i.  Elle  na  'fichereffe 
point  de  fibres  lenfibles,  comme  le  fang.  Vous  pouuca 
confulcer  là  defius  les  Controuer.  Anatomiques  de  feu 
mon  Pere. 

Quelques  Autheurs  modernes  cftiment  qu  ellcfe  fait 
par  vne  forme  particulière  deftinée  à  fa  génération,  qu’ils  forme  par- 
appellent  pinguifique,  comme  l’os  par  vne  forme  oflifi-  nculiere. 
que,^ff.  maisils fe trompent fansdoute,  I.  parce  que  la  . 
graille  ne  vit  pas.  i.  Qu’elle  n’a  pas  vne  dimenfion  par¬ 
ticulière.  3.  Que  le  fang  fe  change  en  la  moelle  gralTe 
^es  os, fans  le  fecours  d’ vne  telle  forme.  ] 

Qiwnt  à  la  forme  de  la  graifle ,  elle  n’cft  point  folide  S*  Forme. 
tandis  qu’elle  eft  contenue  dans  les  vaifleaux,  mais  liqui¬ 
de  &  fluide,  à  caufe  de  la  chaleur  qu’ils  contiennent. 

[La  graifle  de  fuihdomen  a  trois  veines  ,  à  fçauoir  l'a  Ses  Veines. 
marnmillaire  extérieure  qui  defeend,  l’Epigaftrique  qui 
monte  de  la  crurale  par  les  aifnes,  &  pluficurs- veines  qui 
Portent  des  lombes.  Il  y  a  quelque  apparence  que  les 
ventoufcs&lesfcarifications  attirent  par  ellesôt  par  cel¬ 
les  de  la  peau, les  humeurs  du  dedans, au  dehors. 

Elle  a  beaucoup  de  pctites^/4»^/«,quircçoiuent  les  ex^  Ses  Glm. 
cremens  du  corps.  ]  eies. 

SoviFfage  eft  i.  d’efchaufifêr  comme vn habit, de  con- 
feruer  &  entretenir  la  chaleur  naturelle ,  empefehant  par 
fa  vifeofîté  qu’elle  ne  s’efcoulc,  bouchant  lespafîâgcs  par 
fon  crpâiffeur  &  denfité,  afin  que  le  froid  ne  pénétré  l’hy- 
uer, ni  la  chaleur  durant  l'cfté. 

%\  Sur  tout  d’aider  la  cotftiondu  ventricule;  D'OÙ  vient 
que  la  co'éfFc  eftant  coupée,il  s’y  engendre  des  ventofîtez^ 

&  des  rocs, de  forte  que  pour  rendre  la  codion  bonne ,  il 
faut  couurir  le  ventricule  de  quelque  autre  chofe; 

3.  De  graifler  de  humcderlespartiesreiches,  coni« 
me  le  cœur, 

4.  De  rendre  le  mouuemcnt  plus  aifé ,  &  conferuer  les 
parties,  afin  qu’elles  ne  fe  defleichent ,  &  ne  fe  dilatent. 

.  D  . ' 


i  S  '  Lme  Premiery 

trop,  ou  ne  fc  rompent.  De  là  vient  qu’elle  conferue  les 
extremitez  des  cartilages,  lesioinmresdes  grands  os,  Se 
qu’elle  eft  couchée  fous  le  fiege  interne  de  quelques  liga- 
nicns,&  fous  quelques  vaifleaux  qui  vont  à  lapeau.  G’cft 
pour  cela  encore  qu’il  y  a  beaucoup  de  graiffe  dans  l’orbi¬ 
te  de  l’œil,  afin  qu’elle  ne  deuienne  fciche  ôc  aride  par  va 
mouucment  continuel.  La  veine  coronale  du  cœur  eft 
aufli  garnie  de  beaucoup  de  grailTc ,  pour  refîfter  au  mou¬ 
ucment  &  à  la  grande  chaleur  du  cœur. 

5.  Elle  fert  comme  de  coilîîn  &dc  rempart  contre  les 
«oups,Iesmeurtriireures&  les  comprenons.  Ceftpour 
cétvfage  que  la  nature  a  donné  abondance  de  graillé  aux 
felTes,  à  la  pauline  des  mains  &  à  la  plante  des  pieds. 

6.  Ellefe  change  en  aliment  en  vue  longue  abftinence 
du  boire  &  du  manger  :  Car  nous  nous  nourrifibns  de  ce 
qui  eft  doux  ôc  gras ,  [s’il  faut  s’en  tenir  à  l’authorité  de 
Salierty  Se  de  quelques  autres.] 

7.  Elle  remplit  les  efpaccs  vuides  entre  les  mufcles,  les 
vaifleaux  &  la  peau,  &par  ce  moyen  rend  tout  le  corps 
vni,  blanc,  mol  &beau.  C’eft  pourquoy  les  perfonnes 
tabides  &  les  vieilles  qui  n’ont  point  de  graifle ,  font 
laides. 


CHAPITRE  IV. 

ÎD^jr  Membranes  en  général. 

De  la  tJMemhrane  charmë,  Mem^ 

hrane propre  des  Mufcles. 

La  Membrane  charnue  eft  cnEhommc  placée  deflbus 
la  graiffe,&  aux  fi  nges,aux  chiens,  &  aux  brebis  elle 
dlimniediatcmcnt  apres  la  peau.  Mais  auant  que  nous 
en  parlions  en  particulier,  il  faut  difeourir  de  la  nature  de 
la  Mémbrane  en  general. 


Du  fv entre  inferieur.  if 

LcsMembranesont  cfté  appellécs  desGi'ccs  hymenes* 
rfcjyfowpjjc’eft  àdii'C,  tuniques  &Cme/iingeSy  dc  des  Latins 
tcgamenta^ccÇi  adiré  couuerturcs.  La  tunique  &  la  mem¬ 
brane  dans  vné  fignification  vafte,  fc  prenent  pourvne 
niefmechofe  dans  Galien,  &c  les  Anatomtftes,  Mais  pro¬ 
prement  &:cftroitementla  Memhane(don  eux  eft  celle  Différence- 
qui  couuue  vne  partie  qui  eft  dVne  grolTeur  confiderable,  entrcMcm  '. 
comme  le  péritoine,  la  pleure,  le  periofte,  le  péricarde,  & 
les  membranes particùlkres  des  mufcles. 

La  fe  dit  proprement  des ^ifleaux,  comme  Tunit^ue. 

des  veines ,  des  àrteres ,  des  vreteres ,  Wla  matrice,  dc  la 
veflie  du  fiel, &  d.el’vrine>derEfophagc  J  du  ventricule, 
des  intcftins,&  des  tcfticules.. 

Le  mot  de  Méningé  eft  attribué  paiticulicrement  aux  ^  Menin^ 
membranes  du  ccrueaU.  o 

La  Membrane  eft  vne  partie  fimilaire  qui  eft  large, pla-  Définition 
tc,blanche ,  &  qui  peut  fe  dilater ,  faite  d’vnc  fcmcnce 
gluante  &  aqueufe,  par  vne  particulière  faculté  membra- 
nifiquêjpour  conferuer  les  parties  en  les  couurant  comme 
vn  habit. 

Sa  Ftfrwff  Gonfifte  en  rcgaîité  dc  la  fupeificie  &  en  ce  Sa  Forme. 
qu’elle  eft  déliée,  Icgere  ,  de  peur  qu’elle  ne  les  charge 
trop,efpai0e  &  forte  afin  qu’elle  puiflefe  dilater. 

Son  -vfage  eft,  i.enreueftant  les  parties  de  lesdeffen-  Son  Vfagi. 
dre  par  fa  dureté  &  par  fon  efpaiffcur ,  &  d’eftre  Lorgane 
derattouchement  j  Car  c’eft  par  le  moyen  des  membra¬ 
nes  que  les  parties  fentent,  &  elles  font  fi  neeefiaires  que 
la  nature  en  a  donné  à  chaque  partie.  2.  Pour  fortifier  les 
parties.  ^.Pourcrapefcherquelefroidne  les  ofFcnce,& 
que  la  chaleur  naturelle  ne  s’exhale. 4. Pour  vnir  &  lier  les 
parties  les  vnes  aux  autres,  Ainfi  le  Mcfenierc  attache 
les  boyaux  au  dos.  Pour  fermer  les  orifices  des  vaif- 
feaux,  pour  empefeher  lcfitlx&:  le  reflux  des  humeurs. 

Comme  dans  la  vcflîe,à  l'implantation  des  vretetes,  dans 

les  ventricules  du  cœur,par  le  moyen  des  valuules.  combien  il 

Il  y  a  deux  fortes  dc  membranes,  les  vnes  cfpaiires& les  „ 
autres  déliées.  Entre  les  dcliéesjks  vnes  le  font  plus  que  tes  de  me- 

D  ij  hrants. 


Liure  Premier] 

les  autres  ,  comme  le  pciioftc  des  coftes  plus  que  la  plè¬ 
vre, le  perioftede  la  tefte  que  le  pericranc,  &  la  pie  quck 
dure  mere. 

La  CrAjfe  ou  efpaife  eft  vue  Membrane  charnue,  qui 
n’eft  pas  cfgale  par  tout, car  elle  cftplus  cfpailTe  au  cul. 
C’eft  de  cellc-cy  que  nous  allons  parler  maintenant. 

^tïU  en  Le  PaHnicffle  charnu, 0\.\h  Membrane  charnue ,  eft  ap- 
U  Mm-  pellée  des  vns  mufcle  membraneux,  &:  des  autres  pânicu- 
braneehar-  |gncrueux  8c  adipeux, (ÿ-c.  Il  eft  dit  charnu,  parce qu en 
quelques  endroits  il  le  change  en  chair  raurculeufé,  & 
qu’il  Icmble  vn  niiifcle  dans  les  animaux  qui  meuucnt 
toute  la  peau  par  fon  moyen  :  le  leur  eft  renforce  de  fibres 
charnues,  principalement  à  l’endroit  du  col,  parlemou- 
uement  duquel  ils  chalent  les  mouches.  Celui  de  l’hom¬ 
me  eft  immobile  partout,fmonau  front,  [refale  ScTal- 
uerda  rapportent  neantmoins  qu’il  y  a  eu  des  hommes 
quifronçoient  la  peau  àlapoitrine,audos  &:ailleurs,tout 
de  mefmc  que  les  beftes  de  voiture,  Ceux  là  auoient  fans 
doute  ce  pannicule  de  la  mefme.conftitution  que  ccluy 
des  beftes.]  Celuy  des  enfans  nouuellcment  nezreflcm- 
bleàlachair,àcaufe  qu’il  a  beaucoup  de  rang,&  ccluy  des 
adultes  à  yne  membrane,  à  caufe  qu’il  fefeiche  conti¬ 
nuellement.  Si  on  en  faifoit  vne  exade  fcparation  en 
quelque  perfonne  ,  on  trouucroit  qu’il  eft  compofé  de 
quatre  membranes  diftmdes.  [Spigelius  &  quelques  au¬ 
tres  auecluy  prenent  ces  fibres  membraneufes,  qui  (ont 
par  tout  entretiflues  dans  la  graifle,  pour  le  pannicule 
charnu.] 

itn  Vfage.  Sonvfaget^  i.  de  fortifier  les  parties  voifînes,  de  cou- 
urir& dcffcndretoutle corps,  d’où  on  peut  cognoiftrcfa 
Jtmatien,  parce  qu’il  enucllope  tout  le  corps. 

2.  De  contenir  &  d’embraficr  lagraifie ,  afin  qu’elle  no 
s’efcoule ,  &  ne  deuicnne  liquide  par  le  mouucment  xon- 
tinucl  des  mufclcs. 

3.  D’appuyer  lesvailTeaux  qui  rampent  entre  la  peau  & 

cette  membrane.  Car  il  cd  attaché  à  la  peau  par  plufieurs 
veines  ,  . &  peu  d’artcrcs,  par  les  rciettons  des  nerfs  ,  ôc  les 


Du)  Rentre  inferieur.  29 

'fibres  tnembraneiifcs,  &  aux  membranes  des  mufcles  qui 
font  dciTous ,  parles  fibres  plus  deliees.  Il  n’eft  donc  pas 
vray,  que  la  graifle  cftant  confumée  par  vne  longue  ab- 
ftinence,  la  peau  n’eft  pas  autrement  vnie  aux  mufclesjquc 
I  habit  au  corps.  II,  cft  cftroitement  adhèrent  au  dos,  com- 
meyne  membrane,  C’eft  pourquoy  on  dit  qu’il  yprend  ifinedt 
fonoriginc  j  II  cft  fi  fort  attaché  à  la  peau  ,  &  au  mufclc  Umembra- 
large ,  en  la  partie  anterieure  du  col  de  l’homme  ,  &  au  charmé. 
front,  q’uà  peine  en  peut-il  eftrc  fcparé,  &  qu’il  fcmblc 
cftrc  partie  de  ce  mufcle  large. 

Sa yàiper/Çaeeft  gliflante  du  collé  qu'U  touche  les  muf-  Sa  fuperfi- 
clcs  ,  à  caufe  de  l’humeur  vifqucufe  ,  qui  engraifle  les 
membranes,,  afin  que  le  mouuement  des  mufcles  nefoit 
empefebé.  Il  a  le  fentiment  exquis ,  d’où  viennent  les  friC" 

Ibns,  quandquelque  humeur  acre  le  pique. 

La  memhrAne  propre  des  mufcles ,  que  quelques  vns  ^em. 
cfoycntnaiftre  du  periofte,  &  d’autres  fibres  nerueufes  pre~ 
des  mufcles ,  eft  fort  déliée ,  &  eft  attachée  au  mufclc  pat  t** 
des  filamens  extrêmement  deliez. 

Sonvfageeft  i.  de  couutir  les  mufcles,  &  de  lesfcpa- 
m  des  autres.  1.  De  leur  communiquer  le  fentiment  de 
l’attouchement. 


CHAPITRE  V. 

Des  Mufcles  en  general. 

Le  nom  de  mufcle  vient  du  Grec  mys ,  qui  fignifîc  va 
rat ,  parce  qu’il  luy  reflcmblc,  lors  qu’il  cft  cfcorché. 
LcsLatinsrappellentXrfcrrf^^jC.  Lézard,  à  caufe  de  la 
rclTcmblance  qu’il  a  aucc  luy.  Lafigure  des  mufcles  eft 
neantmoins fi diuerfe,  qu’on  ne  peut  point  leur  en  alli- 
gner  de  certaine. 

Le  mufcle  eft  vne  partie  organique,  &  rinftrument  du 
mouuemcnt  volontaire.  Car  il  n’y  a  que  cette  feule  partie, 
quipuilfe  rcceuoirrinfluencc  de  lafaculcé  motrice. 

D  iq 


JO  Llureh'emkr] 

On  i’appclle  partie, organique  ,  parce  qu’il  eft  compo- 
ft  I.  dechair,  2  d’vne  partie  tendineufe,  (  qui  font  les, 
deux  parties  du  mufclc  qui  font  l’aftion.)  j.  De  veines  qui 
portent  la  nourriture.  4.  D'artercsquiconferuent  laclia* 
leur  naturelle  ,  5.  de  nerfs  qui  donnent  ic  fenriment,  & 
fur  toutlc  mouuemcnt.  Car  la  vertu  mouuante  coule  du. 
cerueau  dans  les  mufcles  parles  nerfsi  [6.  De  membranes 
qui  lecouurent.  7.  Et  enfin  de  graiifc  qui  l’humede ,  afin 
qu’il  ne  fe  defleichedans  vn  trop  grand  mouuement.  ] 

[Lès  mufcles  de  tout  le  corps  font  eftroitement  attachez 
entr’eux.  Ils  s’ouurent  neantmoins  lors  qu’il  y  a  des  vents, 
desferofitez,  ou  quelque  autre  chofe  entre  eux  ,  comme 
en  la  pleurefie  faufiè.  Vep^gim  nous  a  raconté  que  les 
mufcles  eftoient  fi  feparez  en  vn  foldat,  qui  auoit  efte 
fouetté  par  les  Turcs,  qu’en  pliant  vn  peu  le  corps,  ils 
fortoient  hors  de  leur  place.  ] 

Ses  Nous  diuifons  les  mufclcsen  deux  parties  ,,1’vne char¬ 

nue,  &  l’autre  tendineufe. 

La  eft  ou  vnic  oudiuifee. 

L'vme  eft  cette  partie  qui  paroift  toute  tendineufe > 
blanche  6c  dure,  foitau  commencement ,  foit  à  la  fin  ,  ou 
au  milieu  ^  ou  par  tout. 

Aucontraire,  celle  qui  eft  ((//«/yèV  eft  fendue  en  plufieurs 
menues  fibres  quiparoiftentàpeine ,  àcaufe  qu’elles  font 
cfpandu'és  dans  la  chair.  On  peut  neantmoins  remarquer 
ces  fibres  tendineufes  parmy  les  charnues,  en  lâchait  cui¬ 
te  de  pourceau, ou  d’vn  coq  d’Inde,  (fre-  Ainfi  en  quelques 
mufcles,  fur  tout  en  ceuxdcsiambes  d’v;i  coq  d’Indc,la 
partie  tendineufe  paroift  euidemment  entière  &  vnie,  de¬ 
puis  le  commencement  iufques  à  la  fin.  Qi^lquesfois  le 
tendon  en  l’homme  defeend  incontinent  apres  ion  origi¬ 
ne, meflé  auccla  chair.  D’autres  mufcles,  comme  le  Del’ 
toide ,  ont  le  tendon  vni  à  la  fin ,  &  diuifé  au  commcncc- 
menr.  D’autres  au  milieu,  d’autres  en  fin  n’en  ont  point 
du  tout. 

^ftèndm  fentiment ,  &  celiiy  d'ués^teape»’ 

àu  mufcit,  vn  corps  continu ,  dcpuislc  commencement  iuf- 


Du  njentre  inferieur.  51 

qucsâlafici  dumufcle,  d’vnc  nature  particulier®,  froid, 
fcc  &  engendré  de  la  fcmence ,  qui  cft  Ton  principe  de  ge- 
fieratioa,  comme  l’os  l’cft  celuy  de  difpcnfation,  duquel  il 
prend  fon  origine,  &  auquel  il  s’inferie.  Quelques  muf- 
«les  neantmoins  prenent  leur  origine  des  cartilages,  &  t^inci- 
d’autres  des  tendons ,  ôc  y  ont  leur  infedtion. 

Il eft appelle  tendon,  parce  qu’il  cft  tendu  comme  la  Powffwoy 
corde  d’vn  arc.  upptllé  te». 

On diuife auffi le  mufclc  en  commencement,  milieu, 

Sc  fin. 

commencement  i  «« eft  appelle  par  10  printipe 
Galien ,  &  les  autres  Anatomiftes ,  ligament ,  quand  il  eft  ou  U  te  fie. 
infenfible, &  pluspetitqueletendon,oulafindumu£cle. 

Orla  telle  des  mufcles  eft  le  plus  fouuent  tendineufe,  & 
rarement  charnue.  Ceft  pourquoy  on  la  peut  appcller  Le  principe , 
tendon auec vérité,  &auec  autant  de  raifon  que  la  fin,  ou  U  fin 
puis  que  le  plus  fouuent  la  tefterelfemble  à  la  fin  en  fub- 
ftancc ,  en  tenuité,  en  lucidité,  &  en  blancheur,  tendor^ 

On  dit  que  tous  les  mufclcs  meuuent  vers  leur  princi¬ 
pe,  &qu  ils  ont  vn  nerf  qui  s’infcrc,ouàlatcftc,oupres  »'*.■ 

du  milieu,  (&enqupIqucsvnsàlafuperfiGiedu  mufcle, 

&  én  d’autres  en  fa  l'ubftance,)  de  forte  que  le  principe  du  touchent  le 
mufcle  eft,  où  le  nerf  s’infere.  Ce  que  Galien  fuppofe,  principe  du 
comme  vnc  réglé  infaillible ,  &  dit,  que  fi  le  nerf  eftoit  in-  mufcle. 
feré  à  la  queue  ,  fon  principe  y  feroit  auffi.  (Mais  fean 
VValem  Médecin  trcs-fçauant ,  n  approuue  point  cette  Gnîien. 
xeigle  :  II  eftime  que  c’eft  la  mcfme  chofe ,  foitquelencrf 
s’infere,  ou  à  la  telle  du  mufcle ,  ou  au  milieu ,  ou  à  la  fin. 

I .  Parce  que  cette  reigle  rend  les  mouuemens  de  plufieurs 
mufcles  plus  difficiles,  a.  Qif elle  fe  trouue  faulfe  au  muf¬ 
cle  P eéloral,  &  quelquefois  en  d’autres  mufcles  du  Tho¬ 
rax, 8c  àe  ï Abdomen.  5.Qu]on  ne  peut  redre  aucune  rai- 
fon  de  cette  reiglejear  foit  que  le  nerf  s’infere  au  cômcnce- 
mentdu  mufclc  ou  ailleurs,  les  efpritsqui  coulent  par  le 
nerf  dans  le  mufclc ,  luy  impriment  le  mouuement ,  auffi 
bien  d’vne  façon  que  d’autre j  De  mefme  que  nous  voyons 
^uc  l^r  eft  poufl'é  auffi  bien  quelquefois  par  haut, 


Ijure  Premier^ 

quelques  fois  pai  bjis,  dans  les  inftrnmcns  pncumariqneijr 
4.  Parce  que  fi  cette  reiglc  fe  trouuc  fouuent  véritable, 
cela  arriue  par  accident,  àcaufeque  la  plus-part, des  mulv 
clesfc  meuuent  en  haut,  &  que  les  nerfs  vont  de  haut  en 
'  bas ,  c’eft'pourquoy  ils  ne  pouuoient  s’ingérer  plus  fcurc- 
ment  au  mufclc  que  par  haut.]  Quelques  mufclcs  reçoû 
uent  deux  raraeaux  des  nerfs,  corn  me  le  diaphragme,  & 
d’autres  cinq,  comme  le  mufcle  temporal. 

Le  miîUH  Le  milieu  eu  mufcle ,  que  l’on  appelle  le  ventre  ou  le 
du  mufcle.  corps,  cftprefquetoufiours  plus  gros  &  charnu,  le  ten¬ 
don  n’cft  au  milieu  qu’en  peu  de  mufclcs,  comme  en  vn 
certain  mufclc,  quiouurcla  mâchoire  inferieure ,  &  à  la 
fécondé  paire  des  mufclesdcroshyoidc. 

Dequoy  U  Lâfin  OU  la  ^ueHedu  mufcle  eft  appellée  des  vns  tendoi>, 
findu.muf  des  autres  coide,  ou  aponeurofe.  Elle  eft  tantoft  longue 
clt  eft  corn-  en  rond,  tantoft  large,,  tantoft  longue,  tantoft  courte  j 
n’y  en  a  qu^vnc,  &  quclquesfois  il  y  en  a 
les  uutres  plufieurs.  Ou  cftimc  communément  que  la  queuë ,  OU  le 
Krmtomi-  tendon  foit  compofé  du  concours  des  fibres,  des  liga- 
ftes,  ments,&  des  nerfsles  plus  déliés,  qui  s’vnifient  pour  faire 
vnmcfmc  corps. Car  ils  veulent  que  quandlcncrf  eft  ar- 
riué  au  lieu  du  mufcle, il  fe  fende  en  diuerfes  dechireurcs,à 
la  rencontre  dcfquelles  vont  celles  du  ligament,  qui  fe  di- 
uife  de  la  mefmc  façon.  Sur  ce  fondement  ils  eftablilfcnt. 

V.  Queletendon  afentiment,  &quelateftc  eftinfenfi- 
Si  lu.  itfte  blc  aufli  bien  qu’immobile.  Ce  qui  cfteuidennment  faux} 
quand  le  principe  tendineux  eft  piqué,  il  caufe 
ile  conuulfions  ,  &  des  cruels  lymptomes.}  de  mefmc 

quefilafindumufclel’cftoit.  D’ailleurs  la  tefte  du  mufclc 
ItnmtbtUî  ^y^ut  mouuement,  elle  doit  auoir  fentiment.  Or  il  eft  cui- 
dent  qu’elle  a  mouuement,  puis  que  le  mufcle  fe  referre^ 
&s’eftendàla  tefte  ,  fur  tout  lors  qu’elle  eft  charnue. 
a  u  fin  eft  a.  Que  la  queue  eft  plu  s  groffe  que  la  tefte  ,vcc  qui  fe 
^ueUtefle^  «ouuc  quelquefois  véritable  ,  mais  non  pas  toufioius, 

■  comme  au  biceps ,  &  en  d’autres . 

3.  Ils  veulent  que  le  tendon  eft  d’autant  plus  mol  que 
ce  qu  ils  appellent  ligament ,  ou  que  le  principe  du  muf¬ 
clc, 


ibi*  hf entre  inférieur  33 

fctc  i  qu’il  cft  plus  dur  que  le  ué^rf.  Au  contraire  le  tendon 
eft  plus  dur  que  le  principe ,  par  ce  que  fouuent  il  fc  chan¬ 
ge  en  la  nature  des  os ,  &  des  cartilages,  comme  aux  pieds 
des  oifeaux ,  ce  qui  n’arriue  iamaisau  principe.  De  plus  S<  Usntrft 
les  nerfs  n’entrent  point  dans  le  tendon.  Car  A<^tiapen-  entreitt  das 
dente  &  Riolan  ont  remarqué  en  plulieurs  difledtions, 
qu’eftans  entrés  dans  la  chair  du  mufelc ,  ils  s’éparpillent 
en  de  très  petits  rameaux,  qui  vont  dans  vn  certain  entre- 
làfferaent  membraneux  ,  &  fe  perdent  deuanr  qu^arriuer 
au  tendon.  En  troifréme  lieu  ,  comment  le  nerf  qui  eft 


mol,  pourroit-il  fe  mefler  auec  vn  corps  qui  eft  dur  î  Enfin, 
fi  ce  qu’ils  difent,  eftoit  vrày ,  il  s’en  fuiuroit  que  la  queue 
dumufcle  feroit  fans  fenti ment  aulîî  bien  que  la  tefte, 
puis  que  les  netfsne  vont  pas  à  la  tefte ,  car  le  nerf  qui  s’y 
inféré,  tend  en  bas,  &  non  pas  en  haut. 

L' action  dumufclet^  le  mouuementvolontaire. 


Lemufcleatroismouuemens:  le  i.  eft  la  contradion  So»  nSlion, 


vcrsla  tefte;  quand  ce  mouuementfefait,lemufcleop- 
pofé  fe  relafche.Le  2.  eft  celuy  par  lequel cftant  retiré,  il  fe 
tient  en  céteftat:  II  fait  ces  deuxmouuemenspar  foy-mef- 
me.  Le  3.  eft  la  relaxation,  apres  la  contradion,  qui  fc  fait 
par  accidét,  &  par  vn  autre.  D’où  vient  qu’il  y-a  toufiours 
des  mufcles ,  qui  fontoppofez ,  &  comme  Ancagoniftes. 

Or  l’effet  de  l’adion ,  ou  mouuement  du-mufele ,  qui  fe 
voit  aux  parties,  où  s’inferenticsmufcles,  eft  diuers, félon 
ladiuerfitédes  parties.  Ladeglution  fc  fait  en  l’Efopha- 
ge ,  &  la  flexion ,  &  extenfion  au  coude ,  cre-  mefmcs  ces 
mouuemcns  viennent  fouuent  les  vns  des  autres.  Car  ce-' 


pendantqueles  mufcles  duThorax  agiffent,  ils  le  dila¬ 
tent  ,  bc  le  referrent ,  attirent  l’air  par  mcfme  moyen,  chaC- 
fentlesfuliginofitez  ,  &  font  la  rcfpiration. 

Ce  mouuement  des  mufclci  eft  tantoft  appelle  volon¬ 
taire  ,  &  tantoft  animal ,  entant  qu’il  eft  oppofé  au  natu¬ 
rel,  &:  tantoft  fpontanée  aux  beftes.  Car  nons  pouuons  L<  })>ouue- 
cxciter ,  retarder ,  &:  arrefter ce  mouuement ,  comme  bon-  *”**** 
nous  femble.  La  volonté  de  l’homme,  ou  l’appefit  des 
beftes  en  ce  mouuement , reflemblc  à  vn  Efeuyer  .qui.pi- 
'  .  E 


Lluren^remier] 

^ue  m  cheunlMtnetfs  à  la  bride.  &  les  raufcles  au  chcuaî,! 

L'vfage  àctoütcs  les  parties  du  miifclc,  cft  femblablc 
À  ccluy  de  tous  les  organes  parfaits  lia  i.  la  partie  prin¬ 
cipale,  qui  fait  l’adion  parfoy.  mefinc ,  àfçauoir  lâchait 
fibreufe,[rut  tout  à  raifon  de  fes  fibres  •.  car  la  chair  cftant 
coupée  .(uiuant  leur  longueur,  fonmouucment  n*cn  cft 
point  offencé,  mais  quand  elles  font  bleflces ,  le  mouuc- 
racnt  Tefiaulfi.  Le  plusfouucnt,  c’cft  le  ventre  du  muf- 
dc,  qui  fe  rclTerrc  principalement.  C’cft  pourquoy  fi  vous 
coupeasdetraucrsicmufcled’vn  corps  viuant ,  ou  mort, 
foit  au  corn  mencemcnt ,  foit  au  milieu,  ou  à  la  fin,  il  fe  ra- 
mafle,  &  s’arrondit,  comme  l’eau  iettée  fur  terre.]  z.La 
partie  fans  qurl’adton  ne  fe  fait  pas,  comme  le  nerf;  car 
les  nerfs  cftans  offenccz  ,  le  mouuemcnt  du  mufclc  fc 
perd.  J.  Celle  par  qui  ellcfc  fait  mieux,  &  plus  ferme¬ 
ment  ,  commeles  tendons  &  les  fibres  tendineufes.  D’où 
vient  que  les  mufclcs,  qui  font  des  mouuemens  conti¬ 
nuels  ficvchcmens,  ont  receu  des  tendons  vnis,  gros  & 
apparens.  Car  ceux  qui  fe  meuucnt  feulement  euxmcf- 
uent  ”ifTe(  Comme  ceux  du  fondement ,  &  de  la  vclTic  ;  ou  ceux 
fins  de  fer.  quimeuucnt  auflî  la  peau  aucc  eux,  comme  ceux  desle- 
w  i  ures,  du  front,  &  delà  face ,  n’en  ont  point  d’appatens. 

La  plufpart  de  ceux  qui  meuucnt  la  bouche,  fe  termi¬ 
nent  vifiblement  entendons,  parce  que  le  mouucment 
vehement  d’vn  membre  pcfanc ,  le  demande  ainfi  :  U 
y  en  a  quimcuuent  quelqu’autre  partie  legerc,  comme 
ceux  de  la  langue, du  larynx  (defquels  les  vns  ont  des  ten¬ 
dons, &  les  autres  n’en  ont  point)  ceux  des  yeux,  des  tefti- 
cules,&  delà  verge.  4.  Les  parties  quiconferuentradion, 
•corne  les  veines,  les  artères ,[  les  mébrancs ,  &la  graifie,  ] 

CHAPITRE  VL 

Des  Mufclcs  de  t  Abdomen. 

^etrihUn  il  r  i  1  t  i  t 

tfldemuf-  T  tsmufclcs  de  1  abdomen  cGuupct  le  ventre  inferieur. 
desdel’ab-  X-i<74//V«cftinic  qu’ily  enaautant  que  de  fituations  de 


Du  'ventre  inferieur. 

leurs  fibres qui  font  droites ,  tranfuerfes ,  obliques ,  & 
ce!Ies-cy  ou  montent,  ou  defeendent  :  Par  ce  moyen  il 
en  trouue  huid ,  quatre  de  chaque  cofté;  à  fçauoir  deux 
©bliques,  defeendants  ou  externes ,  deux  obliques  afeen- 
dans  ou  internes,  deuxdroits,  &  deux  tranfuerfes.  Mafa, 

&  apres  lüy  F4//aj!><»x  en  onttrouué  deux  autres,  qu’ils^ 
appellent  Pyramidaux,  quelques  vnsles  nomment  Fallo- 
Syluim  Smeentunaux»  Et  ainfi  on  en  a  fait  dix. 
iufques  iey.  a  raifon  de  faire  plufieurs  mufcles, 

des  droits,  dcfquels  il  y  en  a  quatre,  le  plus  fouucnt  de 
chaque  cofté,  &  ainfi  il  y  en  a  feize  pour  le  moins ,  &  plus 
rarement  quatorze,  quand  il  n’y  a  que  trois  droits  de  cha^- 
que  cofté ,  &  quelquesfois  dix,&  huid , .  quand  il  y  en  a 
cinq  droits  de  chaque  cofté. 

Les  obliques  de fievdans,  ainfi  nommezà  caule  des  fibres^, 
qui  defeendent  obliquement  de  la  partie  fuperieurc ,  vers 
i’înferieurc ,  couurént  tout  l’abdomen  ,  qui  cft  de  leur 
cofté ,  à  caufe  qu’ils  font  fort  grands,  &  fort  larges. 

Ils  prennent  leur  origine  à  la  poidrine  de  la  partie  infc-  ie  prhmp» 
rieurc,  de  hC.  7. 8;  &  neufiéme  descoftes ,  douant  qu’el- 
les  fe  terminent  en  cartilages.  Ils  ont  en  leur  naiflance 
diuers  principes  triangulaires,  qui  reflcmblent  à  des  aile¬ 
rons  ,  qui  s’vniftcnt  apres  en  vn  corpS;  Ghàcun  de  c«s  ai¬ 
lerons  reçoit  vn  nerf,  des  entre- deuxdescoftcs.  Ils  naif- 
fent  aulïï  de  la  pointe  des  apophyfes  tranTuerfes,des  verte-* 
bres ,  des  lombes.  Par  ainfi  leur  principe  s’eftend  depuis  la 
fixiéme  cofte,  iufques  à  la  dernière  vertebre  des  lombes. 

Ils  finiflent  au  milieu  de  l’abdomen,  où  paroift  la  ligne 
blanche,  &:àros  du  penil,  en  vn  large  tendon,  par  lo  ^ 
Goncoursd’vne  infinité  de  fibres  obliques. 

Gr  h  ligne  blanche  autour  de  laquelle  fc  trouue  quel- 
quesfois  de  la  grailTe ,  n’eft  autre  chofe  qu’vn  concours  u  ligne 
des  tendons  des  mufcles  de  l’abdomen,  exceptez  ceux  desi/^»;^*  ?  . 
droits.  Car  les  tendons  des  obliques  s’yniflént  &  s’aflém- 
blent  de  telle  forte,  dVn  cofté  à  l’autre ,  qu’ils  compofent 
comme  vne  tunique ,  qui  couurc  tout  l’abdomen,  comme- 
fi  c’cftoitvnfeul  tendon. 

Eij 


Du  (Ventre  inferieur,  37 

Explication  de  la  première  Figure, 

Elle  monftre  les  mufcles  externes 
de  rAbdomcn. 

A.  Ah  cofl’/ gAHche)efi'v»e partie  du  nmfcle  oblique  de/ceu- 
dantifitué  en  fa  place. 

A.  au  cojîe' droit,  efi  le  principe  de  t oblique  def  rendant  hors 

Je  fa  fitaationi  comme  aujjî  l’mfertim  de  plufieurs 
nerf  Si  itrle  chemin  oblique  des  fibres.  ^ 

B.  les  mufcles  droitSy  dont  il  y  en  a  deux  au  dejfous  du  nonf 

bril  N-  &  vn  au  deffous. 

C.  La  partie  charnue ,  ou  le  ventre  de  t oblique  defcendant 

finit  icj^  &fon  tendon  ou  fa  fin  membrane ufe  y  com¬ 
mence, 

D.  le  trou  dans  le  tendon  de  ce  mufcle,par  ou  pajfent  les 

vaijfeaux  fpermatiques  vers  les  tefiicules  dans  la 
bourfe. 

E.  le  muftle  oblique  afcendant en  fafituation ,  auecfes  fi. 

bres  qui  vont  en  haut. 

F.  le, principe  charnu  des  mufcles  obliques  afcendans,  né de 

1‘ e/pi  ne  ou  appendice  (7.^..  de  Vos  ilion. 

G .  l'efpine  eu  Appendice  de  tes  ili on. 

H.  la  ligne  proche  de  laquelle  commencent  les  tendons  des 

mufcles  obliques  de  l’abdomeni  que  Spigelius  appelle 
demilunaire. 

I.  les  mufcles  droits,  quiparoijfentfous  les  tendons  du  muf- 

cle  oblique  af rendant. 

K.  les  produüioHS  du  péritoine  qui  enuelopent  bes  vaiffeaux 

fpermatiques  ,&  qui  dèfcendent  dans  la  bourfe. 

L.  les  trous  qui  font  a  la  fin  de  l’afcendant  du  droite 

peur  donner  fortie  aux  vai/feaux  fpermatiques. 

M.  les  glandes  de  f  aifne  decouuertes. 

N.  le  nombril.  j 

O .  la  liçne  blanche  de  tabdomenj. 

E  iij 


5  8  Jjtm  Premlcf] 

P.  les  cttijfes  près  des  parties  honteafesy 
Qi_la  verge. 

1. 1. 3*  4.  S‘  les  nerfs  ^ui  fortent  de  deJfoMS  chaque  cofie, peur 
difiribuer  dans  l'oblique  défendant . 

9 . 10 .  n .  1 2  •  les  quatre  cofies  inferieures, 
a,  les  fibres  de  l'oblique  afcendant. 

Elle  eft  blanche ,  parce  qu’elle  n’a  point  de  chair , 
s’eftend  depuis  le  cartilage  xiphoide  iufques  aux  os  du 
penil.  Elle  cft  plus  eftroitc  fous  le  nombril,  qu’au  deflus. 

Ces  deux  mufclcs  obliques  defeendans  font  percczj 
ï.  au  nombril;  2.auxaifnes  aux  hommes, afin  que  les  vaiC 
féaux  fpermatiques  puiffent  fortir,  &  aux  femmes  pour 
donnerpaflage  aux  deux  ligamens  ronds  &  nerueuxde  la . 
matricc,quiv  ont  fc  rendre  à  la  partie  honteufe  proche  du 
clitoris. 

Eneurd'A..  Aquopendente  a  cieu  autrefois  &  fouftient  encore  au- 
qutpendêtt  iourdhuy  vnc  opinion  contraire  à  lanoftre  touchant  l’o- 
uns*te(^^  riginedesobliques  defeendans,  que  Du  Laurent  a  pro- 
chmt  l'o-  poléc  depuis  comme  nouuelle  &  de  fon  inuention,repre- 
vigine  des  naot  tous  Ics  autres  Anatomiftes,  qu’il  dit  auoir  cfté  mife^ 
obliques  rablemeuc  trompezi  Us  cftiment  qu’il  vaut  mieux  appel. 
defeendans.  1er  CCS  mufclcs, externes  afeendans,  &  qu’ils  prenent  leur 
origine  àJa  partie  fuperieurc  de  l'os  pubis  &  del’osilion,, 

6  des  apophyfes  tranluerfes  des  lombes  ;  &  qu’ils  finif- 
fentaux  coftes.  Ce  qu’ils  confirment  encetteforte. 

Leur  rai.  j,.  Ils  maintiennent  quele  mufcle  doit  prendre  fon  oïL 
fon.  ginede  quelque  partie  qui  repofe  &  qui  foit  immobile,. 
Réfutée  comme  eft  l’os  dupenilàrergarddescoftes.Nousrefpon- 
^  '  dons  que  les  coftes  font  immobiles  à. tomparaifon  de  la 

ligne  blanche. 

1.  Ils  difent  que  le  mufcle  tire  vers  fon  principe,  &  que 
l’oblique  defeendant  tire  les  coftes  vers  le  penil ,  parce 
Rtffonfe,  qu’il  fert  à  la  refpiration.  Nous  refpondons  que  ce  muf- 
clc  n’y  fert  principalement ,  comme  nous  ferons  voir  aiU 
leurs. 

Noftrc  fentiment  qui  eft  cclüy  de  Galien  fe  prcuuc. 


Dti  yentn  infe/ieurl.  39 
il  par  rentrée  des  nerfs  qui  font  au  commencemcnc. 
2.  par  le  chemin  de  fes  fibres  qui  vont  du  commence, 
ment  vers  la  ligne  blanche.,  3.  Tout  le  monde  aduoüc, 
qu’il  y  a  vn  concours  des  tendons,  mefmesdes  obliques 
defeendans  vers  la  ligne  blanche.  Leur  fin  eft  donc  en 
cét  endroit.  4.  Par  leur  adion  commune  ,  dont  nous 
parlerons  cy  deflbus, 

[Leur  Vfage  félon  Topinion  de  ceux  qui  difent  que  l’os 
du  pend  eft  mobile,  eft  de  tirer  obliquement  en  haut  cet 
os  anonyme,  &  de  bailTcr  le  Thorax  obliquement.] 

Les  obliques  afeendans  ont  la  fituation  de  leurs  fibres 
contraire.  Ils  font  couchez  deflbus  immédiatement,  & 
font  triangulaires. 

Leur  du  coftédeîa  crefte  de  l’os  iliôn,  eft  char¬ 

nu,  celuy  des  apophyfes  tranfuerfes  des  vertébrés  dès 
lombes,  defquelles  comme  des  efpines  de  l’os  facré ,  il  re¬ 
çoit  des  nci’f  s, eft  membraneux. 

Par  leur  fin  charnue,  ils  font  vn  peu  adherens  à  chacu¬ 
ne  des  coftes  fau(îes,&  à  quelques  vnes  des  vrayes,  &  cel- 
le  qui  ne  l’eft  pas  fe  change  en  vn  double  tendon,  duquel 
vnc  partie  vaaudeffus  des  mufcles  droits,  &  l’autre  def- 
fous,  par  ce  moyen  le  droit  eft  enfermé  comme  dans  vn 
‘fourreau,  mais  il  fe  retinit  près  de  la  ligne  blanche ,  &  s’y 
mkic.  [RioUn  a  obfcrué  que  cela  arriuc  feulement  au 
delTus  du  nombril,  &  non  pas  au  deflous  ] 

Les  droits  font  ainfî  nommez  à  raifon  de  leurs  fibres 
droites.  La  commune  opinion  en  fait  vne  paire  feule¬ 
ment. 

Galien  a  voulu  auec  raifon  queleur  principe  foit  char¬ 
nu  à  la  poitrine,  naiflant  dufternon  des  deux  cofteZ  du 
cartilage  xiphoide,&  des  cartilages  des  quatre  fauftes  co- 
’ftes.  Ils  finiiîent  par  vn  tendon  à  l’os  du  penil.  Quelques 
autres  eftiment  au  contraire, qu’ils  ont  leur  principe  à  l’os 
du  penil, &  leur  fin  en  la  partie  fupcrieurc.  Mais  nousref- 
pondonsà  cela.  i.qucles  droits tcçoiucnt  Icsnerfscnia 
partie  fuperieure,  [àfçauoir  vn  rameau  de  ces  nerfs  qui 
s’inferoientdans  le  mufcle  oblique  defeendant,  &  les  au- 


Prtuanqr» 
fis  tnufclts 
Httijfent 
d'en  haut, 
ne»  pas 
d’e»  bas. 


'Le  Prineipe 
des  0  ni¬ 
ques  def. 
Cendant. 

Leuf  fin  ejl 
double. 


D'eh  naif- 
fent  les 
droits. 


'40  ÏJm  Premier; 

très  des  dctniers  du  dos  »  &  de  la  prcmicfe  paire  deslonÿ* 
bes.l  1.  le  mufcle  n’a  pas  accouftutné  d’auoir  le  principe 
tendineux,  ^  la  fin  charnue.  [D'autres  entre  les  moder¬ 
nes,  veulent  que  les  mufcles  droits  ayent  deux  principes 
&  deux  finsjàfçaunirvn  principe  &vnefin  àla  poitrine, 
&  l’autre  de  mefme  aux  os  du  penil.  L’opinion  nouuelle 
dclamobilitcdecétospubis(dc  laquelle  nous  parlerons 
en  fon  lieu)  leur  a  donné  ce  fentiment.  ]• 

Le  mufcle  droit  fc  trouuclcplus  louuentaucc  trois  in^ 
tcrfedions  aux  hommes  de  médiocre  ftaturc,  &  quel- 
quesfoisauce  quatre  en  ceux  qui -font  de  belle-taille,  qui 
frettues  ontl  abdomen  pluslong.  Nous  cftiraons  auec  Carptuôc 
fue  Us  Cafferius  qu’il  y  a  autant  de  mufcles  que  d’interfedtions. 
mufclts  I.  Parce  que  chaque  entre-nœud  a  vn  nerf.  i.  Sic’eftoit 
droits  font  yu  feül  mufclc il  ne  pourroit  pas  eftant  retiré  ôcracour- 
fu/teurs,  en  foy  mefme,  prefier  également  routes  les  parties'. 

5.  Il  n’y  auroit  point  dans  tout  le  corps  aucun  mufcle 
de  cette  force,  bien  qu’il  y  en  ait  neantmoins  plufieurs 
ibngs  qui  n’ont  point  ce  nombre  d’entrc.nœuds. 

Il  y  adcuxveines  coniointes  auec  autant  d’arteres,  en 
la  fuperficie  intérieure  des  droits. 

La  Supérieure  naift  de  la  veine  cauc  ,  qui  eft  fous  ks 
clauicules, de  laquelle  le  plus infigne  rameau  s’en  vaaux 
matnmelles-,  &  de  là  fait  fa  courfe  fous  le  mufcle  droit 
iufques  àla  région  du  nombril,  où  elle  fe  termine. 

Vneautre  qui  aux  femmes  fort  de  la  matrice,  &  aux 
hommes  de  la  veine.cauc,  vient  au  deuantde  ccllc  cy,& 
monte  vers  la  veine  fuperieure  fe  perd  le  plus  fouuenc 
deuant  cjue  la  toucher.  Q^elqucsfois  neantmoins  ces 
deux  veinesfe^ioignent  par  des  manifeftes  anaftomofes, 
c’eft  adiré  fe  touchent  par  leur  exteemitez.  C’eft  'pout- 
quoy  on  croit  qu’il  y.  a  grande  communication  entre  les 
mammelles  &  la  matrice,  ôi  entre  l’abdomen  &  les  nari- 
ries:  Car  nous  appliquons  les  ventoufes  a  l’abdomen  en 
1  hémorragie  des  nai  incs.  [Et  les  femmes  sôc  prouoquées 
Les  arteres..  de  Venus  en  maniant  leurs  mammelles.  ] 

é>  nerfs.  Les  droits  rcçpiuent  les  ancres  derepigaftrique ,  k^ 

nerfs 


Du  njentre  inférieur, 

îierfs  des  dernieres  vertébrés  du  Thorax. 

[VFfage  propre  de  ces  tnufcles  félon  RioUn  &  Sptge^ 
litis  conformément  à  leursprincipes,efl:  de  tirer  en  haut 
les  os  du  penil,&  le  Thorax  en  bas.  C  eft  pour  cela  que 
ceux  des  chiens  &  des  finges  atteignent  iufques  au  go- 
fier ,  parce  qu’ils  deuoient  feruir  à  courber  beaucoup  le 
Thorax.  ] 

Les  nmfcles  Pyramidaux  font  couchez  furies  tendons  ^ 
inferieurs  des  droits.  Ils  ne  font  pas  parties  des  droits.  miùiHx' 
comme  Fefale  &  Columhus  ont  eftimé ,  mais  ce  font  des 
mufcles  diftinds  &  feparez ,  comme  le  preuuc  FallopCy 
bien  que  par  des  raifons  dont  les  vnes  ont  beaucoup  de 
force, &  les  autres  font  bien  foibles.  Il  eft  euident  que  ce 
font  des  rhufcles  particuliers,  i  parce  qu’ils  font  cou- 
uerts  dVne  membrane  particulière.  2.  parce  que  leurs  fi*  rsx.. 
bres  font  differentes  de  celles  des  droits. 

Ils  prenent  leur  origine  parvn  principe  charnu,  &qui 
n’eft  gueres  large ,  de  l’os  externe  du  peml,  où  les  nerfs 
entrent  aufli:  Tant  plus  ils  montent,  d’autant  plusits  Leurvf*' 
s’eftreflilTent,  iufques  à  ce  qu’ils,  fe  terminent  par  vnc^f. 
pointe  au  tendon  du  mufclc  tranfuerfe.  l’ay  mefmes  re¬ 
marqué  quelqucsfois  que  ce  tendon  deuenu  ’grefle  6c 
le  rond  s’auancc  iufques  au  nombril.  [Riolan  a  trouué  que 
le  gauche  eft  plus  petit  que  le  droit,  &  quand  il  n’y  en  a 
qu’vn  feul,  il  a  trouué  plus  fouucnt  le  gauche  que  le 
droit.] 

Leur  vfage  eft  de  fecourir  les  droits  en  la  compreffion 
des  parties  fubiacentes.  De-là  vient,  que  félon  que  les 
tendons  des  mufcles  droits  font  plus  forts,  tantoft  il  n’y  a 
point  de  pyramidaux-,  (  ce  qui  arriuc  rarement  )  tantoft  ils 
font  robuftes,  tantoft  deliez  ,&  tantoft  il  n’y  en  a  qu’vn 
feul,  Baùhin  dit,  que  s’il  n’y  en  a  point,  alors  ou  la  chair 
qui  eft  coniointe  aux  teftesdes  droits ,  ou  la  grailTcjfait 
leur  charge.  D’autres  veulent  qu'ils  feruent  comme  de 
couuerturc  .aux  mufcles  droits . 

Fallope  eftime  qu’ils  feruent  à  comprimer  la  vcflie ,  pour 
faire  léntir  rvrinc,  fAryuapendente  veut  au  contraire, 

F  qu’ils 


45 


Du  oj entre  inferieur] 

Efclaircijfemenî  de  la  Figure 
Elle  monftre  les  mufcles  internes, 
de  l’Abdomen. 

A.  U  face  intérieure  charme  dumufcle  oblique  afcendanr, 

hors  de  fa  place. 

B.  le  tendon  du  mefmemdfcley  deuant  epu  il  paruienne  aux 

droits. 

G.D.  Taduplkature de  ce  tendon  j  dontlapartie  qui  efi  mar¬ 
quée  des.  lettres  D.  reuefioit  la  partie  intérieure  du 
mufcle  droit,  ^  celle  qui  efi  marquée  de  C.  reuefoit 
'  C  extérieure.  - 

E .  l'extrémité  du  mufcle  peélo.r  al, auec  la  peau  renùerfée, 

V.  le  cartilage  xiphoij"' 

Ç.H  les  vaijjeaux  appelle/^ammaires.  Q.  marque  la  vei^ 
ne.W.l'artere. 

I.  les  mufcles  droits  du  cofé droit,  hors  de  leur fege. 

K,  les  mufcles  droits  du  coflé gauche,  dans  leur  propre  fege. 

L. M.  les  rameaux  iliaques  de  la  veine  cdue,  df  de  la  f  aor¬ 

te.  L.  efi  l’aorte.  M.laveine. 

N .  l’anajlomofe  remarquable,  que  font  les  vaijfeaux  mam¬ 

maires  (ér  epigaftriques  s  vniffans  en  ce  lieu. 

O.  les  rameaux  de  ces  veines. 

P .  les  reiettons  de  ces  mefmes  arteres. 

Q^_^Le  mufcle  tranfuerfe  de  C  abdomen  aux  deux  cofiez,,  en 
leurftuation, 

R.  l’ extrémité  du  tranfuerfe  droit  qui  efi  encore  charnue  par 

haut,& qui  efi  en  bas  défia  changée  en  tendon. 

S.  la  tunique  du  péritoine ,  que  les  boyaux  haufient  en  ce 

lieu,  &  quils  rendent  inégalé. 

T .  files  mufcles  pyramidaux  en  leur  fituation  des  deux  cofiez,, 
V.  le  lieu  près  duquel  le  tendon  des  mufcles  pyramidaux  fie 

termine  le  plus  fouuent. 

X.  le  nombril 

X.  lejpine  ou  l’appendice  de  l’os  des  iles. 

F  ij 


44 


Lmre  Premier] 


Z.  leste^icuhsfepareT^e  la  bourfe  &  de  fei  autres  emt^ 
lopeSy  &  pendans  des  vaijfeaux fpermatiejues. 

<*.  lesfeparations  des  mufdes  droits. 

b,  le  tendon  des  mufcles  pyramidaux ,  qui  monte  quelque 

fats  iufques  au  nombril. 

c,  le  s  trous  des  tendons  des  mufcles  de  l'abdomen,par  ou  paf- 

fent  les  vaijfeaux fpermatiqnts  vers  les  tefltcules. 

d.  lesprodullions  du  péritoine  y  qui  condutjent  les  vaijfeaux 

fpermatiquet  iufques  aux  tefiicules. 

e.  les  cojles  du  Thorax.  ^  ^ 

/.  lapeau  du  ventre  inferieur feparée  ^  pendante  hors  de  fa 
place, 

qu’ils  fcleuentj&auffi  l’abdomen,  &Icpcnroinc  quicft 
deflous,  afin  que  les  parties  fubiacentes  ne  foycnc  trop 
prcffces.  OrCo/«w^»;  attribue  fauficment  à  que 

ces  mufcles  ferucntâTercélion  de  la  verge,  veu  que  c’eft 
l’opinion  de  Mais  ils  ne  peuucnt  auoir  cét  vfage, 

puis  qu’ils  ne  touchent  cette  partie,  &  qu’ils  Ce  trouuent 
aüffi  aux  femmes. 

Les  tr/tnf-  LestranfucrfesquifontplacezaudclTous  dc  tous,»4i/^ 
aerfes.  yê«fd’vn  certain  ligament,  qui  fort  de  l'os  facré,  &  qui 
couure  le  mufcle  facrolombairc ,  &  aulîi  de  la  cofte  infe¬ 
rieure,  &  de  l’os  ilion.  Ihfnijfent  par  vn  tendon  membra¬ 
neux  à  la  ligne  blanche,  &  s’attachent  par  tout  eftioitc- 
ment  au  péritoine ,  fmon  à  l’entour  du  penil.  Leur  vfage 
propre  eft  de prefler le  colon. 

l’aâion  L’adtion  commune  de  cous  les  mufcles  de  l’abdomen, eft 

de  7lldt]  I.  eft  de  retenir  &  de  comprimer  ef- 

me».  gaiement  les  parties  contenues  en  l’abdomen.  Car  ils  agil^ 
lent  tous  enfemble ,  aucc  le  fccours  que  leur  donne  le 
diaphragme. 

Vourquoy  il  ^a  I.  qui  fuit  l’autre,  eft  de  chafler  les  fuperfluitez.  Mais 
y  -  a  plu.  par  ce  qu’vn  feul  mufcle  n’eftoit  pas  fuffifant ,  pour  com- 
fieurs^  muf-  primer  tant  de  parties ,  comme  font  les  inteftins ,  la  ma- 
Àome»}  &lavelîie,  la  nature  en  amis  plufieurs  endiuets 

lieux ,  &  félon  diuers  angles  droits,  tranfuerfes  &  obli- 


Du  Rentre  inferieur. 

ques.  Chaque  partie  a  bien  à  la  vérité  vne  vertu  expultri- 
ce ,  mais  celles  qui  font  caucs ,  &  qui  font  chargées  fou- 
uent,  &  beaucoup,  ontbefoindufecoursdcces  mufcles, 
dans  l’expulfion  descxcremens ,  des  vers ,  de  l’vrinc,  du 
fœtus  ,&  delà  mole , 

Ce  font  leurs  vrayes  aétions ,  qui  fe  cognoilTcnt  par 
leur  ftruéture.  Mais  la  nature  fe  fert  aufli  quelquesfois  de 
CCS  mufcles ,  pour  les  mouuemcns  du  Thorax  j  lors  qu’il 
eftbefoind’vne  grande  &  violente  exfpiration,  comme 
dans  les  grands  cris,  &  à  la  toux,  Car  alors  ils  ferrent 
fortement  le  T horax. 

Xcur  vfage  eft  de  fomenter  Î4  chaleur,  é"  la  coBion,i 
caufe  qu  ils  font  d’vn  tempérament  chaud  &  humide, 
parce  qu’ils  font  fort  charnus ,  St  de  conferuer  &  défendra 
/«p4m«>nîefmes  quand  ils  repofent,  parce  qu’ils  font 
médiocrement  cfpais.  Ilsferucnt  aufli  à  h  grâce  du  corps'. 
D’où  vient  la  difformité  de  ceux  qui  font  ou  gras ,  ou  ny- 
dropiques,  ou  grefles ,  (^e. 

CHAPITRE  VII. 

Du  Teritoine. 

TOusles  mufcles del’abdomen^ftans  oftez,lc  péri¬ 
toine  feprefente  le  premier  à  la  veuë,  qui  couureSt 
cnuelope  tous  les  inteftins.  Les  Grecs  luy  ont  donné  ce 
nom  qui  deriue  d’vn  verbe,  qui  fignifieeftre  tendu  à  l’en¬ 
tour,  parce  qu’il  eft  tendu  à  l’entour  des  parties,  quifont 
entre  le  diaphragme  &  Icsiambes, 

Le  Péritoine  eft  vne  membrane ,  qui  enuelopc  les  vifee- 
resdu  ventrcinfericur. 

C’eft  vne  membrane  afTcz  deliee  à  la  vérité ,  &  molle ,  de 
peur  quelle  ne  pefe  trop ,  mais  forte  &  efpaijfe ,  afin  qu’el¬ 
le  pu  iffe  fclafcher,  &  s’eftendre  :  des  femmes  ef  plus 

efpaijfe  depuis  le  nombril  influes  aupenil,  afin  que  dans  la 
grofTefte  clic  puifte  fe  dilater  dauantage,  {Du  Laurent 
F  iij 


J^ottrquey  lé 
péritoine  efi; 
ainfi  nem- 


f'ejl* 


4  Lture  Premier  y 

eilimc  que  celle  des  hommes ,  principalement  de  ceux  qui 
fontfuiets  àryurongnecic,  eftpius  efpain'c  depuis  le  car¬ 
tilage  xiphoï  Je,iufqiics  au  nombril, à  caufe  de  reftomach. 
Cequiparoiftncantmoinsfortpeu  vray  fcmblablc  ,  veu 
qu’il  femble  que  la  partie  inferieure  le  deuroit  eftrc ,  aucc 
plus  de  raiCon,  afin  qu’elle  neferelafchaft  parla  pefantciir 
des  entrailles ,  lors  que  nous  fommes  debout.  ] 

Les  autres  veulent  que  le  péritoine  cft  fait  d’vne  fub- 
ftance  ligamcnteufe  &  ncrueufe.  D‘ autres  des  nerfs  feu¬ 
lement,  les  autres  des  feulsligamcns,  &  enfin  des 

méningés  du  ccrueau. 

Say?^«reeft  ouale,  comme  celle  d’vne  velîîe,oud’vn 
&  oblong.  Car  ilenuironne  toutle  ventre  inferieur,  & 

confequent  leur  longueur  ôc  largeur  font  égalés. 

Sa interne  eft  polie  ,  &  comme  enduite  d’vne 
Set  humeur,  à  caufe  des  imeftins  qu’il  touche ,  l’extcricure  eft 

fibreufe  ôc  rude  ,  afin  qu’il  s’attache  mieux  auec  les  muf- 
cles. 

Il  prend  fon  cr/^medel’cfpine.àlapremieie &troifié- 
me  vertebre  des  lombes,  où  le  péritoine  eft  plus  cfpais,dc 
forte  qu’il  nepeuten  eftre  feparé  ,  qu’on  ne  le  rompe. 
Saconnt-  H  eft  aiiflitres-cftroitement  attaché  ,  au  dia. 

xie».  phragme  (d’où  vient  qu’eftant  enflammé ,  les  hypochon- 
dres  fc  retirent  en  haut  hasiVoi  du  pend ,  &  ilion,  & 

far  deuaut  à  la  ligne  blanche ,  &  aux  tendons  des  mufcles 
tranfuerfes. 

Or  il  eft  double  par  tout  auec  C<i^y(7/ veut 

tp  oHble,  qug  toutes  les  membranes  ,  mcfmcs  la  pie-merefoyenc 
doubles  )  ce  qui  paroift  principalement  près  de  l'efpine.  II 
cft  fi  fermement  attaché  au  d. (Tus  du  nombril,  qu’on  ne 
peut  le  feparer  en  deux  :  mais  depuis  le  nombril  iufques 
au  pend,  il  eft  diuifé  manifeftement  en  deux  tuniques , 
efloignées  l’vne  de  l’autre  ,  que  leur  doublure  cft  ca¬ 
pable  de  contenir  la  vcflîe  ,  ce  que  peu  d’Anatomiftes 
ont  remarqué.  La  nature  a  lait  cela  pour  ces  vfages  :  i. 
afin  que  la  membranc.foit  plus  forte  ,  où  elle  eft  plus 
chargée,  a.  afii*quclesvailfeaux  vmbilicaux  qui  paflent 


*T>u>  nj entre  inferieur,  47 

U,  foyent  portez  plus  feurement  dans  le  péritoine  dou¬ 
ble. 

C’eftpourqitoy  il  s9l perce denant  au  fœtus,  où  eftie 
nombril.  Par  haut  il  a  des  trous ,  où  il  cfl:  adhèrent  au  dia- 
’phragme, pourdonner  paffageaux  vaiiï'eaux.  Il  efli:  Gui¬ 
dent  par  iàque  Fernel  a  creu  fans  raifon ,  contre  l’opinion 
de  Galiefî ,  que  le  péritoine  n’a  point  de  trous ,  puis  qu’il 
en  a  trois  :  le  i.  qui  eft  le  paiTage  de  la  veine  caue,  le  1.  ce-  ses  tr$ut. 
luy  du  ventricule,  le  3.  celuy  delagrandeartcre,  &  delà 
fixiéme  paire  des  nerfs,  par  le  diaphragme.  Par  près 
dufondement,  ducoldela  vîffie,  &  de  la  matrice,  &  des 
vailTeaux  qui  vont  aux  iambes  par  le  péritoine  ,  les  muf- 
cles  de  l’abdomen,  ôc  la  peau. 

Il  a  deux  produtiiom  oblongues,femblablcs  à  des  tuyaux, 
ou  a  des  canaux  lafches,qui  defeendent  aux  hommes  dans 
la  bourfe ,  par  les  trous  des  tendons  des  mufcles  obliques, 

&  tranfuerfes  :  Les  vailTeaux  fpermatiques  defeendent , 
&:remontcnt  parces  produdtions,  ou  didymes,  c.  gé¬ 
meaux,  comme  les  anciens  les  ont  appeliez,  qui  s’ou- 
urent  &  s’elargilTent  près  des  tefticules ,  pour  leur  feruir 
de  tuniques. 

Lors  que  fa  tunique  extérieure  fc  dilate,  &queTinte- 
rieure  (  quieft  fort  adhérente  à  l’autre,  linon  presdeTos 
pubis  où  elles  fc  feparent)  eft  rompue  ,  fe  fait  la  hernie,  ^ 
félon  que  quelqucboyaU  jOuTEpiploon,  oul’vn&l’au-  ^ 
crclcglilTent  par  là. 


Ptt 


Du  '\;entre  inferieur. 

Explication  de  la  Figure. 

La  furfacede  l’Abdomen  lors  que  le 
péritoine  cft  ofté. 

A.B.C.D.  quatre  portions  du  perimue  coupés  tournées 
en  derrière. 

E.  le  nombril feparé  du  péritoine. 

F .  l4  veine  qui  s’eftenddepuis  le  nombril iufques  aufoje. 

G .  l'entrée  de  la  veine  vmbilicale  dans  la  fente  dufoye. 

H.  la  portion  connexe  dufoye. 

I.  te  ligament  principal  de  Ceux  qui  lient  le  foye  até  dia~ 

phragme. 

K  t artere  droite  vmbilicale ,  qui  rampe  depuis  le  nombril,  le 
longdu  cofte'  droit  du  fonds  de  la  vefsie ,,  iufques  a  l’ ar¬ 
tere  iliaque. 

V artere  vmbilicale  du  cofié gauche, 
t  Ourague,  par  lequel  le  fœtus  iett^  t  vrine  du  fonds  de 
la  vefsie  dans  la  fécondé  tunique  dent  il  ejl  enuelopé. 

N.  le  fonds  de  la  vefsie. 

O .  l'attache  du  péritoine  au  fonds  de  la  vefsie. 

P.  la  partie  anterieure  du  ventricule  plus  grande  que  de 

couflume, parce  quelle  efi  en  fée. 

Q. -  t  Epiploon. 

R.  la  veine  é’t artere  enfembleauec les  nerfs  qui  fontefien- 

dus  au  fiege  droit  de  la  partie  inferieure  du  ventri¬ 
cule. 

S.  Us  vaîjfeaux du  cofié gauche  qui  emhrafient  te  fegegau^ 

che  du  fend  du  ventricule. 

T.  la  conionHion des  vaijfeauxdu  cofié droit  auec  ceux  du 

gauche. 

X.  Les  rameaux  des  veines.  &  des  artères  efparfes par  /’£• 

piploon. 

Y .  U  fiege  de  la  Rate. 

Z.  le  fiege  du  boy  au  colon. 

G 


San  vfage'. 


î«s  noms 
dîners. 


’50>  Lîure  Premier, 

U  reçoit  Tes  vaijfeaux  des  diaphragmatiques  qui  en 
font  proches  des  mammaires &dcs  epigailriqucs,&  quel¬ 
quefois  auflî  des  fpermaiiques;  &  fes  nerfs  dcliez  de  ceux 
qui  entri^nt  dans  les  mufclcs  de  l’abdomen.  C’ed  pour- 
quoyle  Péritoine  a  fentiment  contre  l’opinion  de  ceux 
qui  ont  précédé  Fefale  ,  que  l’experience  combat  aulli 
bien  quelaraifon, 

Vr/age  du  Péritoine  en  general  eft  le  mcfmc  que  ce- 
luy  des  membranes,  i.  De  contenir  les  parties,  &  de  faire 
des  connexions  en  diuers  endroits,  ('ar  il  couure  tous 
les  vifccres  du  ventre  inferieur,  &  les  fait  tenir  plus  fer¬ 
mement  en  leur  place.  Il  s’allonge  &  s’cdendpour  don¬ 
ner  vne  tunique  aux  vns  plus  déliée ,  félon  que  IVfage  le 
demande,  &  aux  autres  plusefpailTe,  comme  au  ventri¬ 
cule, aux  intcl^ins,  à  la  veflîe,  &  à  la  matrice,  L’Epiploon 
&  le  mefentere,  qui  font  deux  membranes  doubles ,  pre- 
nent  auflî  leur  origine  du  Péritoine.  Il  (é  change  aufïï  en 
canal,  pour  donner  paflage  entre  fes  deux  tuniques  aux 
vailTeaux  qui  doiuent  s’allonger. 

2,.  De  boucher  les  orifices  des  veines  :  On  verroit  par 
confequent  les  orifices  des  veines  du  foye,  s  il  n’eftoic 
couuertd’vne  membrane  ;[C’eft pour  cclaaulîi  que  ces 
parties  qui  ont  beaucoup  d’artcres,comme  la  Racc,reçoi- 
uent  du  Péritoine  vnctunique  plus  efpaifle.J 

- i -  . 

CHAPITRE  VIII. 

De  l'Epiploon. 

L’Epiploon  qui  eft  fous  le  Péritoine  eft  nommé  des 
Latins  Omentum,  qui  vient  d'eperimentum ,  c’eft  à 
ducjCouuerture,  des  Arabes  Zirbus ,  des  Latins-,  rete»  ou 
reticulnm»  vn  filé  de  pecheiir  ou  de  chalTeur ,  à  caufe  que 
fes  vailTeaux  errent  çà  &  là,  &  des  Gtccs  Epiploon  qui  vient 
d’vn  verbe,  qui  fignific  par  ce  qu’il  nage  lur  les 

boyaux. 


Du  fventre  inferieur.  5ï 

Or  il  efi;  dans  tous  les  animaux, au  fonds  du  ven-  Su  jîtuti. 
tiicule,  d’où  s’cftendant  fur  les  boyaux,  &  entrant  dans  tit». 
leurs  finuofitA,  ilvafinirfouuentauxvnsau  nombril,  & 
en  d’autres  plus  bas,  &  quelqucsfois  il  delcend  lufqu’à 
îosdupenil  ,  où  il  s’infere.  [Quelqucsfois  ilefteftroite-. 
ment  attache  à  la  matrice,  comme  Marcm  Anrelius  Seue- 
rinus .  homme  d’vn  rçauoir  exquis  l’a  trouué  à  Naples  en 
vnefolle,  ScieTay  veuàVenife  en  vne  autre  liéau  fonds 
de  la  matrice.  ]On  tient  que  quand  ilTe  met  entre  le  fonds 
de  la  veffie ,  &  de  la  matrice ,  il  preffe  l’orifice  de  la  matri¬ 
ce  ,  &  caufe  par  ce  moyen  la  fterilité  aux  femmes  ;  Et  fait 
aux  hommes  l’Epiplocelc,  quand  il  defeend  dans  la  bonr- 
fe,  [laquelle  fe  fait  plus  fou  lient  au  cofté  gauche  qu’au 
droit ,  parce  que  l’Epiploon  s’eftend  d’ordmaire  vers  le 
gauche. 

L’epipIoon  fe  trouue  alTcz  fouiient  fous  le  foye,  lai  (Tant 
lesinteftinsdefcouuerts,  11  ne  faut  pas  croire  que  la  ftrân- 
gulation  en  foit  caufe,  veu  qu’il  fe  trouue  en  fa  place,  dans 
ceux  qui  ont  cfté  cftranglez,  &  retiré  hors  de  fon  fîegc, 
en  ceux  qui  ne  l’ont  pas  efté.  L’opinion  à&Splegttti^^ 
plus  probable,  qui  veut  que  Icsinteftins  enflez  par  des 
ventofitez,  l’cn  ont  chalfé. 

Les  enfans  félon  KioUn ,  n’ont  point  l’cpiploon  fufpen- 
du ,  mais  il  s’eftend  en  bas  à  mefure  qu’ils  croifTent,  &  de- 
croifl:  en  fuite  fur  le  déclin  del’aage.  J 

11  a  deux  origines  diftinâies  du  péritoine ,  de  forte  qu’il  Se» origine. 
femblceftfele  péritoine  redoublé.  La  i.  eft  au  fonds  du 
ventricule.  La  i.  eâ  au  dos  ôc  au  colon.  Il  n’eft  point 
eonioint  à  aucune  autre  partie,  par  aucun  de  fes  princi¬ 
pes.  Parainfi  il  a  comme  deux  parois ,  ou  deux  membra¬ 
nes  déliées  &:  légères  ,  de  peur  qu’elles  n’incommodent 
par  leur  pefanteur,  parce  qu’elles  font  appliquées  Tync 
fur  l’autre  :  l’vne  externe  ou mteriettre ,  qui  eft  attachée  à 
la  membrane  extérieure  du  fonds  du  ventricule  ,  &  àla 

fiartie  caue  delaratte  :  L’interieure  ôc  fajlermrey  qui  eft 
iéc  au  boyau  colon ,  &  naift  au  dos  du  péritoine ,  fous  le 
diaphragme.  Il  y-a  vae  grande  cauité  entre  ces  deux  mem- 
G  ij  brancs, 


55 


T>ti  centre  inferieur, 

■  Explication  de  la  Figure, 

Lamembrane  inferieure  de  l’Epiploon  feparéedc  la  fu- 
pericurequi  eft  eftcnduc  furie  dcüant  du  Thorax  & 
furie  ventricule,  &  le  ventricule  qui  a  efté  tiré  par 
force  en  haut ,  hors  de  fonficge. 

a.  îe Jtege  pofierieur  de  la  membrane  fuperiettre  de  l'Epi- 
*  ploon. 

î).  le  ventricule  qui  paroifi  eleué  comert  de  la  membrane 

fuperieure  de  l'Épiploon-  ' 

c.  la  membrane  inferieure  de  l’Epiploon  :  Mais  U  partie 
eleuée  qui  eft  marquée  des  deux  c.  fuperieurs ,  eft  le 
hoyau  colon. 

à,  laRattequi  s'eleue  en  boJfeiCouuerte  de  l'Epiploon  f  é*  ■ 
les  vaijfeaux.qui y  font  attachez.- 
•e2  le  tronc  de  la  veine  porte- 
"f.  le  rameau  fplenique  de  la  veine  porte. 
g,  le  rameau  mefenterique  de  la  veine  porte. 

K.  l'arterevmbilicale  droite. 

L.  l’arterevmbilicale  gauche. 

M.  l’oura^Ci par  lequel  lefostHsiette  l’vrine  dans  la  fécon¬ 

dé  membrane. 

N.  la  vefsie. 

O.  le  péritoine  attaché  a  U  partie  anterieure  de  ta  vefsie. 

branes ,  où  quelques  vns  cftiracnt  fans  raifon ,  que  l’efprit 
naturel  eft  contenu. 

hti Figure  de  l’Epipîoon  eft  femblable  a  celle  delà gi-  iafgme. 
beflîered’vn  oifclcur;  car  fon  orifice  eft  ôrbieulaire  par 
haut ,  mais  il  eft  rond  par  bas. 

grandeur  eft  diuerfe,  car  comme  nous  auons  défia  îa  gran- 
^it,  aux  vns  il  ne  pafle  pas  le  nombril,  &  aux  autres  il  def-  ^e»r, 
cend  plus  bas.  [Riolan  a  remarqué  qûe  naturellement  il 
pefeà  peine  dcmi-liurc.  Vefde  neantmoins  «n  a  veu  vn  du 
joids  dccinq  liures.j 

G  >'}  L’epiploon 


55 


Z)/^  <ventre  infeneitr. 

Explication  de  la  Figure. 

L'Epiploon  dettaché  des  parties  adiacentcs,  Scfon  entiè¬ 
re  conftitution,  &  principalement  l’ordre  &  iafâte 
des  veines, des  arceres  &  des  nerfs  par  toute  fa  fubftîn- 
ce,&  le'S^glandes  que  lanawireluy  a  données. 

c.  le  cercle  ou  t orifice  de  l'Epiploon . 

(.  U  face  anterieure  de  la  mebrane fuperieure  de  P  Epiploon. 
g  la  face  anterieure  de  la  membrane  inferieure  de  l'Epi- 
fioon. 

h.  la  parti  e  memhraneufe  de  l'Epiploon^  qui  n'a, point  de  vei  • 
nesyd'  arteres,  nj  degraijfe. 

l .  les  vaijfeaux  de  lapartie  memhraneufe. 

Je.  lagraifie  qui  naifi'  &  qui  efi  adhérente  le  long  des  vaif- 
féaux. 

I»  le  tronc  de  la  veine  porte fartant  dufoj/e. 

m.  l’arterequi fe  va  rendre  a  la  partie caue dufo^e ,  ^kla 

veficuledu  ficlt  accompagnée  d'vn  nerf, 
le  principe  de  la  veine  qui  s' approche  du  fiegepofierieur  du 
pj/lore,&qui  a  v ne  artere pour  compagne. 
o.p.  I  artere  i  la  veine  &  le  nerf  auec  leurs  petits  reiettors 
qui  font  efiendusfurlefiege  droit  du  ventricule. 
q.  les  reiettons  de, ces  vaijfeaux ^  efpandus  par  la  membrane 
fuperieure  deC  Epiploon. 

r*  la  veincy  l  artere ,  vn  petit  nerf  qui  s'ejlendeht  au 
bojau  duodénum, au  commencement  duieiunum. 

1.  ladiuifiondela  veine  porte  en  deux  troncs  mefenterique 

&  fplenique. 

le  droit,  ou  le  plus  gros  tronc  de  la  veine  porte  qui  va  eU 
mefentere. 

U.  la  veine  qui  s’en  va  feule  au  fiege  pofierieur  du  ventri¬ 
cule. 

2.  la  veine  auec  l  artere  cjr  le  nerfefpandueparle fiege  droit 

de  la  membrane  inferieure  de  l'Epiploon. 
y.  la  veine  qui  va  auec  l' artere  a  la  partie  pofierieure  du 
.  ventricule. 


^6  Liure  Premief, 

K.  Upjüisgrojpeartere  du  mefenfere. 

Ç>.  le  ronc  de  l'artere» 

^  y.  ik  veine  ejitre  aftec t drtere  &  le  nerf, primipatemepa 

aHtnilieftdHjîege  de  lawembrAne  inférieure  de  l’JEr- 
piploon. 

U  veine  eflfansartere  qui  dtflrihue  quelque  peu  de 

branches  au  jîege  gauche  de  la  membrane  inferieure  de 
l'Epiploon. 

i>  tordre  &  la  continuation  des  veines,  des  arteres  y  &  des 
nerfs  dans  la  Ratte- 

l.  la  veine  qui  s  efiend  auee  îartere^le  nerf  iufques  au 
Jtege  gauche  du  fonds  du  ventricule- 
».  les  corps  glanduleux  adhèrent  à  la  membrane  inferieure 
de  t  Epiploon. 

6»  vneportion  du  corps  glanduleux,  qui  naifi  fous  le  bepau 

duodénum»  i 

vaif-  L’epiptoon  a  ceey  de  partieufier  par  defTus  les  autres 
féaux.  membranes  ,  qu’il  reçoit  plufieurs  veines,  &  arteres  [des 
rameaux  celia que  &  mefcntcrique,]quis’efpandcnt  par  fa 
fubftance,&  de  s  petits  nerfs, [du  rameau  coftal  de  la  fixié- 
n>c  paire.]  Il  a  beaucoup  de  gratjfe  a  caufe  de  la  quantité 
des  veines  qui  y  font.  Il  y  eft  auffi  parfemé  de  glandes  fans 
nombre,  qui  embeiucnt  les  humeurs  fuperftuès  &  grof- 
ficres.[On  remarque  que  cette  grailTe  eft  fouuent  fondue, 
en  ceux  qui  font  trauaillez  de  la  fieurc  hedique. 

C’eft  vnc  chofe  extraordinaire ,  quandil  fe  trouue  tout  * 
charnu,  comme  nous  l’auons  veu  à  IHofpitalde  Ltjde.  ] 

Son  vfage  eft  i.  d’aider  &  de  fomenter  par  l'abondan- 
cede  fa  grailTe ,  la  chaleur  du  ventricule  j  ic  veux  dire  de 
fon  fonds  :  Car  le  foye  fc  couchant  fur  luy ,  échauffe  fa 
partiefupericurej&’d’cntrctenirauflllachaleurdesm- 
tcftins,qui  en  ont  befoin,  à  caufe  qu’ils  font  parties  mem-  J 
braneufcs,&qui  n’ont  point  de  fang.  C’eft  pour  cela  que  | 
ce  Gladiateur  à  qui  auoit  coupé  l’Epiploon,  cftoit 
aifément  offencépar  lefroid,&  qu’il auoit  toufiours  fou 
ventre  couuert  de  laine.  L’Epiploon  eft  donc  comme. 

l’orcillcr 


Du  entre  inferieur,  57 

comme  l’oreiller  du  ventricule ,  &  luy  aide  pour  faire  la 
digeftiori.[Cc  (\\icForefius  rapporte  d’vn  ieiine  homme, 
de  quelques  autres  ,  qui  ont  vefeu  fans  incom¬ 
modité  ,  apres  qu  on  le  leur  a  coupe  ,  arriue  fort  rare¬ 
ment.] 

.1,  Scs  membranes  feruent  àfouftenir  les  rameaux  de  k 
veine,  &  del’arterc  qui  vont  au  ventricule,  au  duode- 
num,  au  colon  ,  &  à  laratte,  &  aulîi  ifaire.naillrek 
graifle. 

[j.  M‘  FFaleus  eftime  que  la  nature  a  donné  plus  de 
rameaux  d’arteres,  &  de  veines  qu’il  n  en  cft  befoin,  pour 
la  graifTe  feule  de  l’cpiploon,  ou  pour  la  nutrition,  SC 
qu'eftans  des  rameaux  de  la  veine  porte ,  ils  ont  efté  defti- 
nez^afin qu’il puilTeretournerplusdefang,  parle foyeau 
cœur,  &  que  le  foyc  en  puifTeperfedionner  dauantage.j 


CHAPITRE  IX. 

Du  Ventricule, . 


E E  ventricule fignifie  la mcfmcchofe,  que  petit ven^  %onmm. 

tre.  C’eftvne  partie  organiqaq^  fitucc  au  ventre  infe-  Sudefim- 
rieur,  immédiatement  dellbus  le  diaphragme,  ScTinllru- 
met  de  la  chylification.  [Paré a  remarqué  qu’il  eftoit  mon¬ 
te  quelquefois  au  Thorax,  par  lablelfeuredu  diaphrag¬ 
me,  ôc  Fefale  qu’il  eftoit  defeendu  de  fon  fiege,  à  caufede 
rcpiploon,qui  eftoit  creu  plu  s  que  d’ordinaire.] 

Maisfanaturellc_//r;/<?f/fl0eft  dans  l'epigafircy  qui  n’eft  s«*  fttua- 
point  enuironné  d’os,  afin  qu’il  n’y  ait  rien  qui  l’empefehe  tion. 
defe  dilater  aifement.  Il  eft  couché  immédiatement  fous 
le  diaphragme,  prefque  au  milieu  du  corps  &dci’efpine. 

Mais  fa  partie  gauche,  qui  eft  plus  grande  &  plus  ronde 
vers  le  fonds,  eft  fous  l’hypochondre  gauche,  pour  faire 
place  au  foye ,  qui  eft  au  cofté  droit  :  Par  ainfi  le  corps  fe 
tient  en  équilibré.  Il  s’eftreflit  peu  à  peu  vers  la  partie 
droite,  afin  que  Ig viande  tombe-U  infenfiblemcnt.  Cecy 


5S  JJurePremiery 

nôus  apprend  qu’il  faut  que  ceux  qui  veulent  dormir,  fa 
couchent  premièrement  fur  lecoftcgauche.iufquesàce 
que  ladigeftion  foitparacheuce,  depuis  fur  le  droit,  con¬ 
tre  l’opinion  commune. 

Combien  il  l’homme,  &  aux  animaux ,  qui  ont  des 

‘wn-  dents  aux  deuxmafehoires.  [  RioUtt  en  a  trouuc  deux  en 
tricules  l’hommc  par  deux  fois,  continusl’vn  à  l’autre ,  mais  en- 

.entx  oi-  trecoupez  d'vn  orifice  eftroit.]  QiKlques  oyfeaux en  ont 
féaux ,  é*  deux  :  l’vn  membraneux,  [que  les  Latins  nomment  ingln-^ 
ru^'^  &  lcs  François  laptfffl;#,]  qui  reçoit  feulement  les  ali- 

mens,  pour  les  ietter  dehors,  pour  faire  gorgée  à  leurs 
petis,  quifans cela mourroyent de  faim;  l'autre  eft  fort 
charnu,  &  plus  chaud,  &  a  par  dedans  vnemembritnc 
dure,  dans laquellcralimét dur eftreceu.  [PetrHsCujieÙHt 
en  adioufte  vn  troifiéme  en  quelque  vns,  qui  cft  aulfi 
charnu.]  Les  belles  quiruminent,  qui  portent  cornes,  & 
qui  n’ont  point  de  dents  qu’à  vne  mafehoire  ,  en  ont 
quatre  ,  que  les  Latins  nomment  Rumens  Retieulnm, 
Ùmafttm  &  Abomafum,  dont  Jrifiote  a  parlé ,  c’eft  à  dire 
le  lieu  deftiné  pour  reprendre  la  mangeaillc,  &  la  rcmaf- 
cher,lc  gras  boyau,  les  menus  bocaux,  la  panfe  ou  la  mu- 
lette. 

[Les  deux  premiers  font  deftinez  pour  garder  la  viande 
crue  j  le  troifiéme  rcçojpmmcdiatemcnt  de  la  bouche ,  la 
viande  quand  elle  eft  delice,  mais  fi  elle  eft  grolTicrc ,  clic 
coule  bicn-toft  dans  le  dernier,  apres  auoir  cfté  ruminée 
par  quelque  temps,]  . 


X)ü  (Ventre  inferkml  ^5^ 


Les  Figures  du  J^entrkulè, 


La  Tremiere  rcprcfcntc  la  face  anterieure  du  Ventricule. 
&  de  rOcfophage  ;  &  la  Seconde  y  la  pofterieure  de 
Tvn  &  l’autre.  Elles  font  marquées  de  mefmcs  lettres», 
maj^s  diftinguéespar  nombres. 


Hd  j 


^  d  Lmre  Premier] 

A.  (  Orifice  de  tOefofhage  qui  vient  delà  gorie- 

B.  depuis  A.  iufques  a  B.  la  defcente droite  del  Oefiophâge 

par  le  milieu  du fiegedes  vertebres  du  col ,  des  qua- 

tres  fuperieures  du  Thorax.  \ 

C.  t inclination  de  TOefophage  a  droite^fur  la  cinquiefme 

vertebre  du  Thorax ,  depuis  B .  iufques  à  C. 

D.  depuis  C.  vers  D.  le  chemin  de  l' O efoph âge  de  la  droite 

a  la  gauche  cheuauchantt  aorte  y  &  quipajfepar  le  dia-^ 
phragme  touchant  a  l'orifice  fuperieur  du  ventricule, 
marqué  de  G. 

E. B.  I.  Deux  amygdales. 

F.  F.  le  corps  glanduleux  qui  efi-  dejfous  l' Oejophage  ia  la  cin¬ 

quiefme  vertebre  du  Thorax. 

G.  l'orificefuperieur  du  ventricule. 

H.  l'orifice  inferieur  du  ventricule,  ou  le  pylore.  , 

I.  la partiefuperieure  du  ventricule. 

K.  la  partie  inferieure  du  ventricule. 

L .  L .  1.  lafaee  anterieure  du  ventricule. 

M. N.O.  la  face  poflerieure  du  ventricule.  par¬ 

ties  plus  eminentes  du  ventricule.  Mais  O.  monfire 
l'imprefsien  de  lapartie  du  ventricule  qui  s’appuye  fur 
lesvertebres. 

P.  le  boy  au  duodénum. 

QJR./tf  coduit  de  la  vefsie  du  fiélyau  boyau  duodénum, versK. 

S. z.  le  corps  glanduleux  né  fous  le  duodénum,  ^  qui  fou- 

fiient  fesvaijfeaux. 

T.  V.  /f  nerf  droit  dr  gauche  delà fixiefme  paire  qui  embraf • 

fe  l’Oefophage  &  le  pylore. 

X.2*  '  le  rameau  du  nerf  gauche  yqui  s' efiend par  lapartie  fu- 
perieure  du  ventricule  iufquau  foye. 

a,  i.  la  veine  &  l'artere  gafirique. 

b.  Z.  la  petite  veine  gaflrique  ,  qui  n  a  point  d'artere  pour 

compagne. 

C.  la  veine  &l' artere  gaflroepiploique  droite  accompagnée 
du  nerf. 

d.i.  la  veine  &l' artere  coronaire  fiomachique, rameaux  de 
lagrmde  gafirique. 


*T>u,  fventh  inferieur,  t 

r.  nJH  rameau  de  Ugrandegafirique^qui  va  au  pylore. 

f.  la  grande  artere  efr  veine  gafirique ,  accompagnée  ^ 

nerf. 

g.  les  rameaux  qui  viennent  du  vas  breuc. 


Il  y  a  deux  orifices  qui  font  tous  deux  eu  la  région  fu-  tnjiesi. 
perieure  du  ventricule. 

gauche  j  qui  eft  appellé  ordinairement  fuperieur ,  Sç 


Liure  Premier, 

pourquoy  quclquesfois  la  bouche  du  ventricule  fimplemênt  i  dé 
les  fympto-  quelques  VUS  l’cftomach  à  caufe  de  foncftenau‘é,&  par  le» 
mes  de  l’b-  anciens  le  cœur,  parce  quefcs  maladies  caufent  des  dcf- 
rifice  du  fjiHanccs  de  coïur ,  &  d’autres  fymptomcs  fcmblables  à 
cœur, tant  à  caufe  qu’il  a  le  fentiment  fort  exquis, 
Mables  k  que  le  cœur  fouffrc  auffi-toft  que  le  ventricule  a  du  mal, 
ceux  dst  àcaufe  de  la fympathie qu’ils  ont,  àraifon  de  leur  voifi- 
caeur.  ^age,  &  des  nerfs  qui  fortent  dVn  mefme  rameau.  Cet 

Le  gnuthe,  orifice  eftplüs  grand,  plus  efpais,  &  plus  ample,  afin  qu’il 
puifie  auffi  receuoir,  &  contenir  la  viande  dure,  ou  mef- 
me  à  demi  mafchée.  Il  eft  placé  vis  à  vis  de  l’onziémc  ver-^ 
tcbrc  du  Thorax.  Il  a  des  fibres  circulaires  charnues,  pour 
fermer  l’orifice  par  vn  inftind  naturel,  apres  auoir  icceu 
l’alimenr,  &  pour  cmpcfchcr  que  les  fumées  ne  montent 
au  cerueau,&  ne  caufent  des  maladies,  &  rendre  par  ce 
moyen  la  digefiion  plus  parfaite ,  de  mefme  que  pour  fai¬ 
re  cuire  la  viande,  nous  couurons  le  pot,  pour  retenir  les 
fumées  qui  en  exhalent,  ôt  afin  qu’c  nfe  couchant  diuer- 
fement,  les  alimens  ne  regorgent  à  la  bouche.  Le  boire 
& lemangerfontrcccusparcétorifice.Orilcftfîtuédans  ' 
la  région  epigaftrique,  plus  près  de  l’cfpinc  que  du  carti¬ 
lage  xiphoïde.  G’cft  pourquoy  quand  il  eft  malade, il  vaut 
mieux  appliquer  les  epithemes  à  la  région  pofterieure, 
qu’à  l’anterieure. 

te  dreit.  L'orifice  droit  >  appelle  communément  l’inferieur ,  eft 
prefquc  autant  efloigné  du  fonds  que  le  gauche.  11  eft 
plus  cftroit ,  &  demeure  fermé  iufqu’à  ce  que  la  digeftion 
foitacheuée,  c’eft  à  dire  que  laviandc  foie  changée  en  vn 
fuc  liquide,  femblable  à  la  crème.  Il  cftvn  peu  recourbé 
rempli  de  fibres  tranfuerfes ,  &  eft  enuironné  d’vn  cercle 
efpais  (que  quelques  vns  appellent  des  tuberofitez  glan- 
duleufes  )  comme  d’vn  mufcle  circulaire ,  ou  d’vn  Sphin¬ 
cter .  On  le  nomme  P  clore  y  c’eft  adiré  portier,  parce  qu’il 
laiffe  fortir  le  chyle.  Il  peut  s’eftendre  beaucoup ,  de  mel- 
mc  que  Icgauche.  Les  exemples  de  plufieurs  chofes  gref¬ 
fes  aualées,  qu’on  a  rendues  apres  par  haut,  ou  par  bas, 
«nfont  foy,_comme  des  anneaux  ÿor,  des  noyaux ,  des 


Du  \mtn  înferieuil 

petits  couteaux,  des  petites  pierres,  des  ferremens,  des 
grenouillas,  des  lézards,  des  ferpens,  des  anguilles  en¬ 
tières  ,  ^c. 

Le  ventricule  a  trois  fortes  de  fibres,  de  droite»,  d’obli-  ses  fibret 
ques  &  de  tranfuerfes,que  l’on  tient  feruir  à  rattra6tion,à  é>leur  vfit. 
la  rétention  &âl'expulfion.  Mais  l’opinion  de  ceux  quii’^« 
croyent  qu’elles  fcriient  à  le  rendre  plus  fort  &  plus  fer¬ 
me,  cft, peut-eftre, plus  vray femblable ,  tout  demefme 
que  la  toile  eftpius  forte,  quand  elle  eft  entretilfue  de 
plufîcurs filets.  Principalement,  puis  que  plufieurs  par¬ 
ties  comme  le  Foye,  la  Rate,  le  Cerneau,  les  Tcfticules,  le 
Poulmon,&  les  Mammelles,  attirent,  retiennent  &  chat- 
fent  fans  ces  fibres  :  [&  d’autres  comme  les  os&  les  carti¬ 
lages  n’attirent  &  ne  ckalTent  rien,  encore  qu’elles  a^ent 
des  fibres. 

Les  diuers  fentimens  des  autheurs  touchant  le  nornhe 
des  fibres  aux  membranes  font  qu’il  eft  incertain.  La  plus 
parteftimentquela  première  tunique  ou  externe  a  plus 
défibres  droites,& la  fécondé  plus  de  tranfuerfes.  Mais 
on  doute  fur  la  troifiefmc  ou  interne.  Galien  iAmceme» 
MmdinuSi  Syluins  Aquapendente  luy  donnent  feule¬ 
ment  des  fibres  droites.  Fefale  luy  en  attr  ibue  de  droites 
par  lacauitc,&  d’obliques  par  la  partie  extérieure, 
d’obliques,  feulement  ;  de  nous  auec  Fallefe  &  Dn  Lan* 
rem  guidez  par  l’experience  &  par  laraironrcconnoiftbns 
qu’elle  a  toute  forte  défibrés.] 

La  fnperficie  externe  du  ventricule  eft  polie ,  plaine  8c  fuptye. 
blanchcaftre.  L’interne  quandil  eft  ferré,  paroift  ridée  5c 
rougeaftre. 


1^4  îjtm  Premier^ 


Explication  de  la  Ftgure* 


La  première  figure  monftrc  le  ventricule  renuerfé  :  6^ 
l’autre  les  fibres  &  les  tuniques  du  ventricule. 

G.  îa  mheroftté cimlftirfi,  oit  tOefopha^^  efi mâche  ah 

tricule- 

H.  UPylorcc 


I)u>  \mm  inférieur 

T.  la  tfihercfué  circulaire  du  Pjlere. 

K.K.K./rf  mnit^ne  extérieure  du  veutricule  ue'eduperitoid 
ne  ,fepare'e  iej  du  ventricule  four  U  plus  grande  parti 
J.  1.  la  tunique  moyenne  du  ventricule  née  du  peritoincy 
parée  aujft  vn  peu  du  ventricule. 
m.  la  première  cfr  intérieure  tunique  de  l'efiomach  deliurét 
des  deux  extérieures  en  cét  endroit, 
ti.tx.let  fbretde  la  moyenne  tunique. 

O  .  O  ,  les  fibres  de  la  tunique  interne.- 

Il  a  trois  membranes  :  la  première  commune  Sc  externo 
qui  vient  du  péritoine ,  &  eft  la  plus  efpailTe  de  celles  qui 
Baillent  du  péritoine,  bien  que  d’ailleurs  elle  foit  aflez  dé¬ 
liée  [  laquelle  concourt  principalement  au  vomilTeraent, 
comme  P.  s’imagine.]  La  fécondé  plus  charnue, 

qui  cft  celle  du  milieu, &:  qui  a  efté  fortifiée  de  fibres  char¬ 
nues  pour  feruir  mieuxàladigeftion.  La  troifîefme  inter¬ 
ne  &  ncrueufejà  laquelle  les  vailTcaux  aboutilTent ,  &  qui 
eft  continue  à  la  tunique  de  l'Oefophage  ,  de  la  bouche 
&dcs  levres,  afin  que  rien  de  defagreable  ne  foitreceu 
dans  le  ventricule,  &  parce  auffi  que  la  préparation  delà 
viande  fe  fait  dans  la  bouche ,  c’eft  pourquoy  quand  il  y  a 
de  la  bile  dans  le  ventricale,la  langue  en  reçoit  fon  amer¬ 
tume,  &  en.porte  fa  couleur  iaune.  Et  en  efchange,la  bou¬ 
che  &  lalangue  communiquent  leurs  vices  à  l’Ocfopha- 
ge  ôc  au  ventricule.  Cette  tunique  cft  ridée ,  afin  qu’elle 
puilfc  mieux  fc  dilater.  Elle  a  ces  rugofîtez  à  caufe  d’vno 
croufte  charnue ,  qui  luy  eft  adhérente ,  afin  qu’elle  puifle 
fc  deffendre  mieux  contre  les  chofes  les  plus  dures  quL 
y  font  contenues.  On  tient  que  cette  croujie  naift  des  ex-  D'ch  vi-enr- 
cremens  delà  troifiefme codion  du  ventricule  :  Elle  eft  ^'*  crouSie 
fpongicufcj&ellcades  conduits,comme  des  fibres  ^our- 
tes,qui  vont  de  la  fuperficie  intérieure  à  l’cxtcrieure ,  afin 
que  la  partie  plus  fubtile  du  chyle,  puiirepcnctrer&  eftre. 
fticcéc  par  les  veines. 

La  fubftance  donc  du  ventricule  eftantmembraneufe. 

&  froide, eft  aidée  par  la  chaleur  desparties  . voifincs.  Cari 

■  ■  ■■■  L 


Si  Lim  Premier^ 

le  foyeeft  couche  fur  foncoftédroid  ,  &  fur  la  partie  du 
milieu ,  parce  qiùl  cft  cncorcs  couché  fous  la  follette  du 
ccEur.La  Rate  cft  à  fa  gauclicj  la  coeffe  pleine  de  graillé  le 
couurc  par  deuant  ;  le  pancréas  cft  au  defibus:  le  Dia¬ 
phragme, le  colon  &  les  troncs  de  laveine  caue&dc l’aor¬ 
te  laiioifinentaufli. 

S4  Conne-  Le  ventricule  cft  attaché  par  fon  orifice  fupericor  au 
xten.  Diaphragme  (  non  pas  à  l’efpinc  )  en  la  partie  gauchcj 
c’eft:  pouiquoy  citant  trop  plein,  il  caufe  la  difficulté  de 
refpircr ,  empefehant  le  mouucmcnt  du  diaphragme  5  Et 
enladroiéte,ilcftlié  par  l’autre  orifice  ou  pylore  au  duo¬ 
dénum. 

Il  y  a  au  Gofte  gauche  du  ventr  icule,  fous  le  diaphrag- 
me,vne  grande  cauité, renfermée  de  membranes ,  en  par¬ 
tie  du  ventricule,&  en  partie  du  diaphragme ,  &  de  rÉpi- 
plooui  C’eft  de  cette  cauité  que  parle  Hippocrate  en  l’A- 
phorifme  54.  delà  Sed.7.[Ctf/#a*  tjuiçm  de  la  pituite  ren¬ 
fermée  entre  le  diaphragme  &  le  ventricule,  &  j^uLen  reçoit’ 
uentdela  douleur,  fans  qu'elle  puijfe  trouuer  theminpem 
paÿer  dans  l'vn  ou  l'autre  ventre  ,Hs  font  foulageT^  (fr  gué¬ 
ris  ,  la  pituite  entrant  par  les  veines  dans  la  vefie.  ] 

Sa  Figure.  Sa  F/^«reeft ronde  enlong ,  &  femblableàcclle  d’vne 
^  cornemufe ,  fur  tout  quand  on  la  confidere  aUcc  le  duo¬ 
dénum  &  i’Ocfophagc.  Le  ventricule  eft  par  deuant  éga¬ 
lement  conuexe  ,  mais  par  derrière  tandis  qu’il  cft  caché 
au  corps:  il  a  deux  bolTcs, dont  la  droiéle  cft  plus  petite,  8c 
la  gauche  plus  graude,au  milieu defquclles  fo nt'  les  vertè¬ 
bres  du  dos,&  le  tronc  defeendant  de  laveine  caue  &  de 
l’Aorte. 

S«  Gran-  Sa^t'Wf»rcftfortdiuetrc,[Lcsfcmmcsrontcommu- 
dmr.  nement  plus  petit  que  les  hommes,  pourlailTcrairezdc 
place  à  la  matrice, quand  elle  croift  ]  Ccluy  des  grands 
mangcurs  & bons  beimeurscft  plus  grand ,  de  forte  que 
lots  qu’il  eft  plein  &  enflé,  on  le  peut  appcrceuoir par 
l’attouchement,  comme  s'ileftoità  nud  ôc  defcouuerr, 
parce  qu’il  eft  alors  fort  dilaté.  C’eft  pourquoy  le  ventri- 
xule. des  grands  bcuueurs  cft  plus  miacc  ,  Ôc  s’atténue 


Du  y^entre  inferteuf, 

quelquefois  fi  fort, qu’il  ne  peut  plus  fc  froncer  &  fc  rider, 

<l’ûù  luy  vient  vne  longue  foiblcire.[Ce  qui  airiue  fur 
tour ,  félon  l’obferuatiou  qu’en  a  faite  Monfieur  VvdUus 
en  CCS  vieillirdÿ  donc  le  vcnmculc  engendre  beaucoup 
dcfldtuofitezjlorsquildigcrela  viande,  lefquellcs  aufll’ 
occupent  fouucnc  plus  d’efpacc  que  les  viandes  aux  grads  ■ 
inangeurs.]C(7//i!w^»jveut,qu’eftâtdilatéiIpeutvcniriuf- 
qu’aunombriliôc  cftimc,qu’eftanttrop  plein,  , 

il  peutnvcfmealler  plus  loin.  Mais  celuy  des  perfonnes 
fobres  eftant  retire  &'  froncé,eft  efpaisy  &  eft  caché  fous  le 
fôye.  On  peut  cognoiftre  fa  grandeur,  i.  patcelledela 
bouche,  car  ceux  qui  ont  la  bouche  grande ,  font  grands 
mangeurs,  mais  aufli  hardis  &  de  grand  courage,  a.  Si 
féfpace,  depuis  le  cartilage  xiphoïde  iufques  au  nom¬ 
bril,  cftpluslong  quereftcnduéde  la  face  ou  de  la  poi¬ 
trine. 

[l\pefe  eftant  deiréichéauecrOéfophage, félon  robfcra 
nation  de  Lmfeliusy  deux  onces  &  deux  drachmes.  ]  ; 

Il  reçoit  beaucoup  de  vaiJfeaHx  y  à  fçauoir  de  la  Rate  les 
qu’on  nomme  vas  breue,(\m  s’ingcre,noa  pas  à  fon 
orifice, mais  aufonds,&:  là  fegliftant  entre  fes  tuniques,  il 
fe  traine  en  haut  vers  l’orifice  i  mais  il  difparoift  deuant  > 
que  l'atteindre;  il  eft  fi  grefle  en  quelques-vns ,  qu’il  ne  - 
peut  cftre  apperceu,  &:  quelqucs-autres  n’en  ont  point  du 
tout,  [  le  l’ay  veu  en  quelques-vns  diuisé  en  plufieurs  ra-  - 
meaux.  ]  Puis  donc  qu'il  s’inferc  au  fonds  ,  le  fang  acide  . 
qui  eft  porte- là,  neferuirade  rien  pour  caufer  l’appctic, 
comme  l’on  veut. D’autres  cftiment,que  l’excrcmcnt  me- 
lanchohquc  ,  qui  ne  pouuoit  eftretranfmué  dans  la  Rate,  iette,fsrtà 
eft  porté  par  ce  vaifieau  danslc  ventriculc,pour  aÿder& 
auanceiladigeftionpar  fa  vertu  afpre  &acide,&yarrc- 
fter  la  viande  autant  de  temps  qu’il  eft  neceflaire.  Mais  au 
contraire ,  cette  humeur  excremcntcufc  &  cftrangere  em- 
pefeheroit  pluftoft  la  digeftion. 

Il  reçoit  aufli  les  veines  de  la  porte, [à  fçauoir  le  rameau 
du  pylore,  le  gaftrique,  le  gaftrocpiploïque  droiét  &  gau¬ 
che, ]qui  porrcntlcfang  poutla  nourriture,  commedans 
■■■  lij.: 


iSiure  Vremkrl 

$i  Itvt».  Icfœtiis.  Parlàilcftaisédeiiigcr  que  le  ventricule  ne  té 

triculi  fe  noumt  pas  de  chyle,  mais  de  fang. 

Th  7e  lu  L  y  ^  veine  infigne  &  apparcntCjfa Cçauoir  la gaftei-, 

fan^i  *  c]ue,]qui  re  traine  far  le  fonds  du  ventricule,  mais  elle  n» 
le  touche  pas  tout  à  fait ,  de  peur  que  le  ventricule  ellanc 
trop  eftendu,cllc  vint  àfc  rompre.  Mais  elle  donne  beau¬ 
coup  de  rameaux  au  ventricule,  qui  félon  PiccolomimiC 
-^^«(«pew^/ew/^fuccent  la  plus  tenue  Scia  plus  fubtile  por¬ 
tion  duchyle,deuant  qu’il  arriuc  au  foye.  Et  certes  cette 
opinion  ne  manque  pas  de  raifons  pour  la  croire,  i.  Parce 
qu’autrement  on  ne  peut  rendre  raifon  de  ce  paflage  fi 
prompt,  qui  Ce  fait  en  ceux  qui  après  auoir  trop  beu,  ren¬ 
dent  incontinent  IVrine  en  abondance.  2.  Parce  que  fans 
eela,le  ventricule  feroit  en  danger  de  fc  rompre, lors  qu’il 
eft  trop  plein  de  viandes,  j.  C’eft  par  ce  moyen  que  le  vin 
odorant, les  boiiillons  &  les  autres  chofes  corroboratiucs 
rcftablilTcnt  les  forces  auec  vne  promptitude  merucil, 
Icufc. 

Vncpartic  du  méat  cholidoque  s’infere  en  quclqucs- 
vns  au  fonds  du  ventricule, [par  laquelle  mon  Côpatiiote 
V.SeuerinyZ  voulu  que  le  fiel  fut  porté  dâs  levé triculc  pour 
y  fondre  &diiroudrela  viande.jMais  c’efl:  alors  vne  er¬ 
reur  de  la  nature.  D’où  vient  que  ces  gens-là  font  fort  fu- 
jetsau  vomiiremcntde  la  bile,  car  ils  font  extrêmement 
biIieux,comme  ceux  que  Galie»yKefale,Ferftel.&c  Caferius 
ontremarqué.  Les  Grecs  les  ont  nommez  Picracholiano, 
c’eft  à  dire,  qui  rendent  la  bile  amcrc  par  haut. 

L’eftomach  a  auffi  receu  des  ancres  de  la  cœliaque 
pourluy  donner  la  vie,qui  accompagnent  les  veines. [Ce 
font  elles  qui  luy  portent  du  cœur  le  fang  pour  fa  nour¬ 
riture,  qui  remonte  après  par  les  veines  dans  le  cœur.  Cfi 
^HC  mus  aduertijfons  tey ,  fe  doit  entendre  de  mefme  ,  far 
tout  où  il  fera  parlé  des  arteres  ^des  reines.  Comme  eft 
plus  amplement  expliqué  dans  les  lettres  de  Monfietêt 
J^^/*//«jquifontàlafindccctouurage  ] 

Il  reçoit  auffi  des  nerfs  de  la  fîxicmc  paire,  à  fçauoir 
deux  aux  orifices  J  des  rameaux  qu’on  appelle  rccurrcns. 


Lu  ‘)>entre  inferieur. 

ijüi  en  remontant  en  ont  fourni  les  poulmons  &Ie  péri¬ 
carde  j  &  c^ui  font  couuers  de  deux  fortes  membranes ,  à 
caufe  qu’ils  font  mois  &  qu’ils  font  vn  long  chemin.  Ils 
s’entrecoupent  ainri,afin  qu’allans  obliquenaent  ils  foient 
conduits  plus  feurcment  :  le  droit  embralTe  la  partie  ante¬ 
rieure,  ô^gauche ,  de  l’orifice  du  ventricule:  Et  le  gauche 
la  partie  droite  &  pofterieure.  Or  parce  que  l’orifice  du 
ventriculCjCll  de  relie  forte  ennelopé  de  nerfs ,  comme  s’il 
n’eftoit  composé  d’autre  chofe,-  il  eft  extrêmement  fenfi- 
blcjcaril  eft  lefiegede  l’appetit  &  de  la  faim  animale, 
comme  l’expcrience  le  faitcognoiftreàceux  qui  preflez 
de  lafaim,fentent  froncer  ôc  refierrer  cette  partie  }  les 
nerfs  cniioyentaufllquclques  rameaux  en  basiufqucs  au 
fonds.  Il  fort  vn  reietton  du  gauche ,  le  long  du  fiege  fu- 
perieur  du  ventricule,  iufqucs  au  pylore ,  qu’il  cntrclalTe 
de  quelques  rameaux  &  va  à  la  cauité  du  foyc.  Deux  au¬ 
tres  nerfs  vont  aufli  de  la  fixiéme  paire  au  fonds  du  ventri¬ 
cule  ,  qui  s’allongent  des  rameaux  qui  font  auprès  des  ra¬ 
cines  des  coftes.  C’cft  pourquoyilne  faut  pas  s’eftonner 
fi  le  ccrueau  ayant  cfté  frappé  &  offcncé  ,1e  ventricule  eft 
trauaillépar  desvomilfcmens,  fur  tout  en  la  migraine,  & 
par  contre,  fi  le  ventricule  cftant  indifposé ,  la  faculté  ani¬ 
male  deuientfoible  Sc  languifiante. 

[La  digeftion  fe  fait  dans  le  ventricule  après  la  fermen¬ 
tation  des  viandes,  ce  qu’jffip/>ocrau  enCeigne  fouucntau 
liurc  de  l’anciene  Médecine ,  parce  que  la  feule  chaleur  du 
ventricule  des  animaux  n’eft  pas  fuffifantc  pour  fondre  les 
chofes  dures  &  groffieres , comme  les  os,  les  coquilles, 
6cc.fi  elles  n'ont  efté  découpées  auparauantpau  quelque 
autre  caufe.  P.  Seuerin  donne  cette  charge  à  la  bile,&: 
M.  d»  la  Chambre  auxcfprits.  RioUn  eftime  que  lesreftes 
du  chyle,  qui  prenent  la  nature  du Icuain,  en  font  la  caufe. 
La  plHjpart des doBes  attribuent  cette  fonétion  àrhameut 
melaRcholique ,  qui  eft  portée  dans  le  ventricule  par  le 
't/4^^'rtf»e,quipicqucfi  viucment  parfon  gouftafpre  les 
mclancholiqiies  qui  d’ailleurs  digèrent  bien ,  qu’ils  s’en 
plaignent  fouucnt.  Jem  WalUns  eftime  que  la  viande 

1 


lermentâ- 
tion  jui  fg 
f»it  nu  vé- 
tt'HuU. 


y  O  Lit*re  Premier  ; 

eft  premièrement  détrempée  par  bfaliuc&lebreimageÿ 
qu’elle  eft  aptes  coupée  Semife  en  pièces  par  l’humeur 
lübtile  &  acide  qui  eft  versée  par  les  arieres  de  la  rate 
dans  le  ventricule ,  &  qu’enfin  elle  fe  fond  parla  chaleur: 
D’où  vient  que  les  beftes  de  proye  font  le  chyle  fluide  en¬ 
core  qu’elles  neboiuent  pas.  Pour moy,  iene^oute pas  . 
que  les  excremensdela.troiflémecodion  quiiontadhe- 
rens  à  la  croufte,y  contribuent  quelque  chofe,  ôc  que  la  < 
concoélion  n’eft  pas  bonne, lors  qu’il  n’y  en  a  point  ;  ou  ; 
bien  lafaliue  qui  prépare  la  viande  à  la  bouche ,  nettoyc 
les  dartres,  &  tu'é  lés  fcorpioni.] 

VaBionAvL  ventricule  cftlâ  concodiôn,  qu’on  nomme 
chylification.  Car  il  eft  l’organe  de  la  première  coétion, 
qui  commence  &  fe  prépare  dans  la  bouche  ,fe  continue . 
au  fonds  du  ventricule ,  &  s’acheue  dans  les  boyaux  grc- 
Cemment  fles.  La  codion  ne  fe  fait  pas  feulement  par  la  chaleur 
fe  fuit  la  propre  du  ventricule, mais  aufli  par  celle  des  parties  voi- 
techen}  ^  ^  p^j.  yne  faculté  que  la  nature  a  empreint  dans  le 

ventricule  de  chaque  animal.  Qr  il  change  les  alimens  en 
vue  fubftance  blanche ,  qu’on  appelle  chyle ,  qui  porte  fa 
couleur ,  tandis  quel’vn  &  l’autre  orifice  eftant  bien  fer¬ 
mé,  ilfercfTerrepourembrafler  eftroitement  les  alimens 
qu’il  a  receus,  [  Mais  vous  trouuerez  plus  amplement 
toute  Pœconomie  de  la  concoétion  dans  les  lettres  do 
Vvalhus  que  nous  auons  défia  citées,  ] 

Son  vfage  eft  de  reccuoir  le  boire  &  le  manger  dans  fa 
grande  &  fpacieufe  cauitc.. 

CH  API  T  RE  X. 

Des  Jntejims  en  general. 

LEs  font  des  corps  oblongs,  ronds, concaues, 

diuerfement, entortillez, continus  depuis  le  pylore, 
iufques  au  fondement,  dcftinezpourrcccuoit  le  chyle  & 
les  excrcmcns  de  la  première  coélion,  - 


du  ^f entre  inferieur,  7t 

li’s  font  appeliez  Inteflms  par  les  Latins  du  mot  ifjtus  Pmraust 
qui  fignifîc  dedans ,  parce  qu’ils  font  logez  au  dedans  du  lesïntefhns 
corps.  C’eft  auflî  pourlamefmc  raifon  queles Grecs  les  f‘>»t  *i»fi 
nomment  [Quelques- vnsd’entr’eux les  appellent 

thôrdai^l&L  IesBatbares,chordcs:C’eftdc  là  queles  cor  des 
dcsinftrumens  deMufiqueont  efté  ainfi appeliez j  parce 
qu’elles  fc  font  des  boyaux  deflcichez. 

Lewi  grandeür  à  l’efgard  de  reftcndüedc  leurcauité, 

&de  répaifleur  de  la  fubftance  eftdiuerfc,  comme  nous 
dirons  ey-aprés. 

Tous  les  Inteftins  dèifcichez  pefentS^\oti  robfcruation 
de  LofelittSi  vnc  liure  de  Medccme. 

Ltm' longueur  palfe  pour  l’ordinaire  cnuiron  ûx  fois 
celle  de  l'homme  de  qui  ils  font. 

C’eft  pourquoy  la  nature  les  a  entortillez  de  plufîcurs 
•circonuolutîons  &  anfraâiuofitez  ,finon  au  commence- 
mcnt&àlafin,  pour  n’empefeher  leur  entrée Sefortic.  ^dUmeitf. 
L’vfagedefes  tournoyemenseft,  i.aifin  que  l’aliment  ne 
coule  promptement  deuant  que  la  coftionfoit  acheuée. 

1.  De  peiir  que  s’il  coüloit  incontinent^fa  diftribution  du 
chyle  n’eftant  pas  encore  faite  ,  nous  ne  fuffions  con¬ 
traints  démanger  trop  fouuent,  &  par  ce  moyen  empef- 
chez  de  vaquer  à  nos  âjfFaires.  C'eft  pourquoy  les  animaux 
qui  ont  les  boyaux  plus  droits^depuisle  vetricule  iufqucs 
4u fondement ,  font  d’autant  plus  goulus.  Ceux  au  con¬ 
traire  qui  les  ont  plus  entortillez  ,  font  beaucoup  plus  fo- 
’brcs.[C(*^r<?ia  remarquécelaen  vn  grand  mangeur,  qui 
n’auoit  qu’vn  boyau  feulement ,  entortillé  en  façon  de  k 
lettre  S.;]  g.  Afin  qu’il  ne  faille  lafcher  le  ventre  trop  fou- 
uent, comme  font  les  animaux  voraces,puis  que  les  exerC- 
mens  peuucnt  s’arrefteriong-temps  dans  ces  anfraftuo- 
^litez. 

Ils'font  y7/'«<rg^dans  le  ventre  inferieur  /dont  ils  rem-  tuation. 
■pliflentla  plu$.grandpartdelacauitc.Ilsfont/iea:.enfem- 
■blepar  le  mefentere,  Rattachez  au  dos  pas  fon' moyen  Ôc 
parrentremife  de  l’Epiploon,&;font  fouftenus  dansles 
cauitez  de  fos  Uion.  Leur  eft  mcmbraneiifc,  fiance. 


71  Lime  fremm] 

comme  celle  du  ventricule, afin  qu’ils  puiiTent  fe  dilate?- 
quand  ils  font  pleins  de  chyle,  d’excremens  &  de  vcnto*- 
fitcz.  Celle  des  gros,  cft  plus  efpai{rc,&  cela  d’autant  plus 
qu’ils  approchent  de  la  fin ,  comme  celle  de  la  fin  du  co¬ 
lon  &  le  boyau  droi£t. 

iLtHn  tmî.  Leur  fubftance  peut  eftrc  diuisée  en  mis  tuniejuts  :  la 
^uts.  Premitre  propre  &  interne, cft  ridée  dans  les  boyaux  gref- 

Ics ,  6ç  dans  le  colon  :  Elle  cft  eftendue  pour  faire  des  cel¬ 
lules,  autrement  elle  eft  aftez  nerueufe. 

Vne  certaine  comme  membraneuferenuironne 
iJcroufie  ^  qui  eft  engendrée  des  cxcremcns  de  la  troi- 

dansUsln-  fiéme  codtion.  i.  afin  que  les  orifices  des  veines  mefaraïw 
t0Hins,  ques  nefe  bouchent,  z.  depeur  quels  paflage  continuel 
du  chyle  ne  rende  durs  &  calleux  ces  orifices  auec  la  tuni¬ 
que  intérieure.  La  fécondé  auffi  propre  &  moyenne,  eft 
forte  &■  a  des  fibres  charnues.  La  rrwyîfiwe  commune  & 
extérieure  ,  cft  née  immédiatement  des  membranes  du 
mefentaire  [finô  We  celle  du  duodénum  &  du  colon  qui 
cft  adhèrent  au  ventricule,  prend  fon  origine  de  la  mem¬ 
brane  inferieure  dèrEpiploon]&  mediatemcntdu  péri¬ 
toine.  De  ees  deux  tuniques  propres,  l’interne  cft  fouuent 
offçnsée  en  la  dyftcnierie ,  l’autre  demeurant  faine  &  en¬ 
tière. 

Ils  n’ont  pas  feulement  des  fihres  tranfuerfes,comme 
on'croit  communément,  mais  aufli  de  toutes  fortes:  celles 
delà  tunique  interne  font  obliques,  &  celles  de  la  moyen¬ 
ne  ,  tranfuerfes.  Les  droites  qui  font  pour  la  deffenfe  des- 
tranfuerfes ,  font  en  petit  nombre  dans  les  inteftins  gref- 
lesjles  gros  en  ont  dauantagc,&  principalement  le  droiél,. 
quideqoit  eftrc  fort ,  à  caufede  l’amas  qui  s’y  fait  desex- 
cremens  durs. 

Leur  Graif.  Les  Inteftins  font  couuerts  degraijfe  par  dehors, &  par 
dedans d’vne  mucofité  qui  les  rend gliftans,  afin  que  les 
cxcremens  pafTent  auec  plus  de  facilité  ,  &  qucleur  fenti- 
mentfoit  plus  émoufsé, 

ViulpAux.  Lcm^vaiJ[saiix[ç\\à  fe  diftribucntprincipalemcnt  cn- 
trelaraembrane  commune  &  les  propres,  Çontks  veines 

laüéeSf 


Du  ^ventre  inferieur.  75 

ïa^eesy](\m  poitcnt  le  chylc  au  foy'e,[&:  quelques  autres 
rameaux  de  la  veine  porte,  [qui  félon  l’opinion  cômune, 
portent  le  fang  pour  la  nourriture:  Et  les  meres  qu’ils  rc- 
çoiuent  de  la  Coeliaque  pour  la  vie,  &  pour  les  garder  de 
pourriture  parleur  mouuement.  [Or /(•/<« eftime 
que  les  inteftins  ont  ce  grand  nombre  d’artercs  &  de  vei¬ 
nes,  I.  afin  que  les  excrements  qui  font  dans  les  vaificaux 
puifienteftre  defehargez  dans  les  inteftins,  comme  dans 
le  cloaque  du  corps ,  d’où  vient  qu’il  y  a  des  cxcremens 
aux  inteftins  du  fœtus,  encore  qu’il  ne  prenne  pas  l’ali¬ 
ment  par  la  bouche.  Z.  afin  que  le  fang  puifleeftre  porté 
par  la  veine  porte, &  par  le  foye  en  plus  graade  abondan¬ 
ce,  &  parce  moyen  perfedionné  par  le  foye.  ]  llsrcçoi- 
uent auflî des  delà fixiéme paire. 

On  diuife  ordinairement  tous  les  inteftins  en 
ttigros  ou  amples.  Car  bien  que  ce  ne  foitqu’vne feule 
continuation  depuis  le  pylore  iufques  au  fondement, 
route-fois,  parce  quelle  eft  diuerfc,à  raifonde  leur  grof- 
feur,du  nombre  de  leurs  anfraduôfitczjde  leur  fubftance, 
fituation, figure  &  office,  on  en  fait  plufieurs. 

Les  Grejlesc\m  font  ainfi  nommez,à  caufe  de  latenui-  Si  les  inten¬ 
té  de  leurs  membranes,  font  fitucZjpartieaudeftusdu  ^ins greÿer 
nombril,  &  partie  au  deftbus,  de  forte  qu’ils  occupent  la 
region  vmbilicale&  l’hypogaftre  au  rebours  des  chiens. 

D’où  vient  que  les  anciens  ayans  égard  à  leur  fituation  rutfoni 
aux  chiens,  ont  appelle  les  grcflesfupcrieurs,  &Ies  gros 
inferieurs.  Ce  qui  fetrouué  faux  en  l’homme,  qui  en  a 
plus  de  gros  au  deffus  du  nombril,  &  danatage  de  grefles 
audeffous,puis  queceluy  qui  eft  le  piuslong,eftenbas, 

&  le  ieiunum  qui  eft  court,  eft  au  deftiis.  Par  ainfi  tous  leS' 
grefles  font  en  la  moyenne  région ,  enuiron  le  nombril, 
t.  Parce  qu’ils  font  les  plus  nobles.  2.  Afin  qu’eftans  plus 
proches  du  centre  du  mefentere,ils  puifsé.t  en  rcceuoir  les 
veines  &  les  arteres ,  &  porter  promptemept  le  fang  au 
foye.  Les  inteftins  grefles, font  trois  ;  le  duodénum,  le  ie¬ 
iunum  &  l’ileon.  Ils  feruent  à,  perfedionner  diftri- 
bucr  le  chyle,  parce  qu’eftans  eftroits,  chaque  partie  du 
I  K  •  chyl* 


75 


Di*  <v entre  inferieur. 

Explication  de  la  Figure, 

Cette  Figure  reprefente  les  vifccrcs  de 
l’Abdomen  dans  leurs  ficges, 

A.  le  cartïhge  xipho'idede  tos  dufternon. 

B.  B.  le  pe  itetne  auec  le  diaphragme  lescofles  rompues, 

replié  en  dehors» 

C .  le  ligament,  qui  attache  lefoje  au  diaphragme. 

D. D.  la  partie  connexe  du  foye. 

E .  vne  portion  de  la  veine  vmhilicale  >  infer ée  anfoye. 

F.  F.  la  face  anterieure  du  ventricule  plein  de  viande. 

G.  vne  portion  de  la  Ratte  qui  panche  fur  le  douant. 

les  èoyaux  grefes. 

N .  P •  . S . T .  V .  X.  Çef  prefque  tout  te  chemin  du  colon. 

O.  lebojauCacum. 

N  ,  cette  partie  du  colon  OH  ejl  la  valvule. 

N.  P  •  chemin  du  colon  depuis  le  rein  droit  iufques  et  la  par^ 
tiecauedufoye, 

V.Q^le chemin  du  colon,  depuis  la  partie  cane  dufoye,  le 
long  du  fonds  du  ventricule  iufqua  la  Ratte. 

Q^R.  le  chemin  du  colon ,  depuis  la  Ratte  iufqua  Cos  du 
penil. 

K- S.  la  remontée  du  colon  vers  le  nombril. 

S .  T .  /4  redefeente  du  colon  vers  l'tntefiin  droit, 
y.  la  partie  plate  du  colon. 

X.  X .  les  cellules  du  colon  qui paroijfent  éleuées. 

Y.  le  commencement  du  reélum. 
e.f.  les  arteres  vmbdicales. 

g-  la  vefie  de  tvrine,  où  paroifi  f  <  connexion  anec  te  péri¬ 
toine. 

chyle  cft  touchée  par  leur  tunique  &  leurs  vaifleaux. 

Ecs^m  fontainfi  appeliez,  parce  que  leurs  tuniques  gros. 
lont  plus  efpaiircs  6c  contiennent  la  portion  cralï'e  du 
K  ij 


Lmr  vfa~ 
ge. 


Le  Duede. 
mm. 


Itiunit. 


\ 


Lkre  Premier, 

chyle.  Ils  font  dcftincz  pour  recueillir  &  retenir  quelque 
temps  les  excremens.  Ils  font  trois:  le  Cæcum,  le  Colon, 
&leRcdum.ils  font  fitucz  aux  collez  des  giefles,  &  le® 
enuironnent  comme  dVnecirconuallaiion ,  afin  de  faire 
place  aux  grelles,  &cmpefchcr  par  ce  moyen  qu’ils  ne 
fulTent  prclTcz  des  gros. 

l-'Vfage  de  tous  les  inteftins  cft,  d'ellre  comme,  vnc  ter¬ 
re,  d’où  les  veines  mefaraiques,[àfçauoirles  veines la- 
.ûées,  tirent  &  fuccent  le  chyle.  Ccluy  àt$  grejlesc^à^ 
cuire  le  chyle  dauantage ,  &  de  le  diftribuer.  Et  eeluy  des 
gros  cft  de  contenir  les  cxcremcns  du  chyle,  Icsvcntoû- 
tez  &  la  bile  qui  vient  du  foyc. 


CHAPITRE  XL 

Des  E^aux  en  particulier. 

Le  Premier  boyau  grelle  qui  cft  couché  fur  le  Pan¬ 
créas,  principalement  aux  chiens, eftappellé  iduode- 
»»wparlesLatins,ecphy(îspar  G aliène  dodecâda^jlon  par 
Hero^hile  iCommt  fi  fa  longueur  eftoit  de  douze  doigts, 
quoy  qu’auiourd’huy  clic  ne  fe  trouuc  pas  telle  en  nos 
corps ,  plus  petits  qu’en  ceux  des  anciens  [  linon  que 
peut-eftre  les  anciens  ayent  aulïi  compris  le  pylore  dans 
cette  mefure.  ] 

Il  »4/^du  pylore  au  collé  droiiftvers  refpine,  oufous 
le  ventricule,où  citant  attaché  aux  vertébrés  des  lombes, 
pardesligamens  membraneux,il  defeend  tout  droiél  fans 
faire  aucun  reply,&  fc  termine  ou  les  anfraéluofitez  com¬ 
mencent. 

Il  eft  flus  efpais  que  les  autres  grelles, & plus  cHroiél, 
afin  que  le  chyle  ne  coule  tout  à  coup. 

[Il  a  vnc  veine  propre  qu’on  appelle  Duodenique. 
Vne  artere  du  rameau  droid  de  la  Cæliaquc. 

Des  petits  nerfs  des  ftomachiques.] 

Lt  fécond dknômé  leinnnmip^tce  queloplusfouucnt 


Du  fv entre  inferieur.  y  y 

bnletîouitcvuidc,  principalement  aiixdifFedions  ji.à 
caufe  de  la  multitude  &  grandeur  deS  veines  mefarai- 
queSjà  fçauoir  des  veines  la£tées  ,pouryeftreen  nombre 
prefque  infini,  fnçcantcsincôtinentlaplus  grande  partie 
du  chyle,  a.  à  caufe  de  la  liquidité  du  chyle  qui  pafie.  5.  à 
caufe  du  voifînagedu  foye.  4.  à  caufe  de  l’acrimonie  de 
la  bile.  Car  le  méat  cholidoque  entre  au  commence¬ 
ment  de  ce  boyau  ,  ouàlafin  du  duodénum  ,  portant  la 
bile  dufoye ,  pour  exciter  la  vertu  expultrice. 

[Sa  membrane  interne  eft  plus  longue  que  Textericure, 
e  eft  pourquoy  elle  fe  fronce  en  plis ,  pour  retarder  le  chy¬ 
le  qui  paffe  par  là. 

II  prend  les  vemes  de  la  Mefentcrique  droide, qui  font 
aufli  communes  aux  autres  inteftins,  exceptéle  redum: 
ks4rteres  du  rameau  Mefenterique  fuperieur.Et  les  nerft 
du  rameau  de  la  fîxicfmc  paire,  qui  s’eftend  iufquesaux 
racines  des  coftes.] 

Le  troifiefme  nommé  par  les  Grecs  Iléon ,  qui  deriue  du 
verbe  I?///^I?4ic.entortiller,&  par  les  Latins  V’elvulmi  à 
caufe  du  grand  nombre  defes  circonuolutions ,  qui  fer- 
tient  à  retarder  la  viande, [c’eft  pourquoy  aufliilamoins 
de  plis.] 

Il  prend  foner/^m#  immédiatement  du  leiunum,  oà 
fort  peu  de  veines  Mefaraiques  s’inferent. 

Il  finit  au  Cæcum. 

Il  eft  jimé  fous  le  nombril  vers  les  Iles  &  les  hanches 
des  deux  coftez. 

S'i.longueHY^^  de  vingt  &  vn  empans, &  fa  largeur  dVn 
doigt.  Mais  la  longueur  du  leiunum  n’eft  que  de  douze 
ou  treize  empans  enuiron ,  &  fa  largeur  dVn  petit  doigt, 
finon  lors  qu’il  eft  enflc.Et  comme  l’Ileon  eft  fous  le  nom¬ 
bril,  ainfi  le  leiunum  prefque  tout  entier  prend  fa  place 
au  defius  du  nombril ,  auec  beaucoup  de  ces  circonuolu¬ 
tions. 

Il  n’y  a  que  l’Iléon  de  tous  les  boyaux  qui  puifle  tom¬ 
ber  dans  la  bourfe,  d’où  vient  la  hernie  inteftinale.  C’<ft 
diiiscétinteftin  qucfefaitlcVolvulus,  ou  paffion  Ilia- 
. .  .  '  K  iij  que. 


L4  hernie. 

Pnfsion 

ilin^ttey 


7  8  LiursPremter^. 


Explication  de  la  Figure, 


H.  le  ?jlore  lié  auec  vne  portion  du  ventricttlc^ 

I. K.  le  Duodénum- 

L.  le  commencement  du  letunum. 
t.cx.^J’Ileon. 

M.  la  fin  des  hoyaux  grejles- 
O*  le  Cacum. 

2.  le  méat  Cholidoque- 

que,  dans  laquelle  onrcndleplusfouucntics  exetemen* 
par  la  bouche. 


I)u  "S} entre  inferieur,  79 

[RtoUn  aremai-quéquelqncsfois  en  l’ilcon, trois  ap¬ 
pendices  membraneufcs  fcmblablcsau  Cæcum.] 

Le  premier  ^ros  boyau  eft  appelle  C^mm.  i.  àcaufeque  L«  j-m 
fon  vfage  eft  obfcui  6c  inconnu  aux  adultes ,  mais  que  hoymx. 
l’on  dit  feruir  au  fœtus  pour  receuoir  les  excrcmens.  z.  l-eQe-tum. 
Parce  qu'il  avnfeul trou,  d’où  vient  qu’il  cftappellé  wo- 
Carc’cll  vne  certaine  petite  appendice  en  for¬ 
me  d'vn  ver  oblong ,  qui  naillant  du  commencement  du 
Colon  &  de  la  fin  de  l’Ileonjpar  vne  fubrtace  affez  efpaif- 
fejfeioint  au  rein  droit  par  Icmoyendu  péritoine,  &efl: 
entièrement  détachée  du  mefentere. 

Stlonguenrc^  de  quatre  doigts,  fa  largeur y 
mais  fa  capacité  cft  forteftroite. 

Les  anciens  ont  entendu  par  le  Cæcum ,  vne  partie  2;*  Cecum 
ronde  &  propre  à  contenir,  au  commencement  du  Co-  desunciës. 
Ion ,  d’où  vient  que  Galien  a  dit  que  l’vfage  du  cæcum  eft 
de  recueillir  la  portion  du  chyle,  que  les  veines  mefaraï- 
quesauoient  laifté  palTcr. 

Le  feeondàcs  gros  cft  nommé  colon  y  du  verbe  grec  Ko-  Le  Colon. 
îaz,efihai  y  qui  fignifie  tourmenter ,  parce  que  c’eft  là  où  fc 
font  les  douleurs  delà  colique. 

Sa y;f«4r/o»eftdiuciTe,  car  fon  commencement  qui  cft 
rond  &  qui  a  plus  de  capacité,  naift  du  cæcum  dans  l’ilc 
droit,  prés  du  rein  droit, auquel  il  eft  adhèrent-,  de  là  il  re- 
biouffe  chemin  en  haut  fous  le  foye ,  où  il  s’attache  quel- 
quesfois  àla  vcflîe  du  fiel ,  duquel  il  prend  fa  coulcuriau- 
ne.  Il  pafte  plus  auant  de  trauers  fous  le  fonds  du  ventri¬ 
cule  ,  6c  à  gauche  il  eft  ioint  à  la  ratte ,  par  des  membranes 
déliées ,  6c  puis  au  rein  gauche ,  où  il  fait  des  anfraéàuofi- 
tez  fort  obliques,  qui  retardent  aifement  les  excrcmens 
Sc  les  vents,  &  delàs’cn  va  finir  tout  droit  au  Reétum. 

Parce  moyen  il  enuironne  prefque  tout  l’abdomen  ,& 
tantoft  il  monte ,  6c  tantoft  il  defeend  :  D’où  vient  ordi¬ 
nairement  à  ceux  qui  defehargent  le  ventre, qu’ils  ne  le 
vuident  pas  tout  d’vn  coup ,  mais  les  deieélions  fe  font  les 
vnes  après  les  autres,  afin  que  les  excrcmens  puiflent  eftre 
retenus  plus  long-temps,  ôc  ne  coulent  tous  cnfcmble, 

6c  qu’il 


Dti  fV entre  inferieur'.  8ï 

Explication  de  la  Figure. 

Elle  reprefcntc  les  gros  boyaux,  la  valvule  du  Co¬ 
lon  ,  &  les  tuniques  des  inceftins» 

M.  U  fin  des  intefiins  grefles* 

N.  le  commencement  des  gros  boymse* 

O.  le  Cétcum. 

*  le  boyau  dijfequé  pour  faire  paroifre  la  vahule> 
t  la  valuule  du  colon  de  la  Figure  tyua  voulu  Bauhiti. 

V,ds  'H. vers  P.  la  continuation  du  colonj  depuis  le  rein  droit j 
iufques  au  foye- 

versQ.»  la  continuation  du  colon  le  long  du  fond 
du  ventricule  >  du  foye  vers  la  Rate. 

R.  de  Qjym  R.^^  la  Rate  vers  l’os  dupenil  ioàparoiffent:^ 

fes  plis,  qui  retardent  facilement  les  excremens^  lés 
ventoftez,. 

S.  de  R.  vers  S.  le  retour  du  colon  vers  le  nombril. 

T.  de  S.  vers  T .  le  colon  defeendant  derechef  vers  le  ReUum» 
Y.Y.V.  le  fege  plat  du  colon. 

X. X.X.X.X.  les  cellules  du  colon  ejîeuees. 

Y,  le  commencement  du  ReÜum, 

a.  le  mufcle  fphinÜer  du  fondement. 

b.  c.  les  mufeles  releueurs  du  fondement . 

d'.  le  fege  du  Re^um ,  oà  il  s’attache  ordinairement  à  lai- 
verge  des  hommes,  &  *u  col  de  la  matrice  des  fem^- 
mes,  par  l’entremife  d'vne  fubfance  mufculeufe. 
b.  la  tunique  interne  des  inteflins. 
i.  la  tunique  moyenne  des  inteflins. 

K.  K.  vne  portion  du  mefentere  ,  qui  attache  le  ReBum  k 
l’es  facrum ,  &  luy  diflrihue  vne  troifiefme  tunique. 
I*.  L.  la  troifiefme  tunique  des  inteflins ,  qui  naifldes  mem^ 
branes  du  mefentere. 

&  qu’il  ne  foit  toufiours  befoin  dclafcher  le  ventre  •,  â 
quoy  feruent  auffi  fa  grandeur  &  fes  cellules. 

Car  il  eft  long  communément  de  huid  ou  neuf  pauI- 


s  2,  /Jure  /remleft 

;  mes  de  main  ôi  le  plusiargc&lcplus  ample  de  tous. 

Il  a  rcceu  des  cellules,  afin  que  fi  quelque  chofe  de  dur,' 
n’apeu  eftre  bien  digéré,  puille  y  eftee  retenu  &  cuit  pins 
long-temps,  &  eftre  enfin  enuoyé  au  foyc  par  les  veines 
■  tneraraïqiics,[à  fçauoir  les  laûées,]  qui  fe porter  en  grand 
nombre  au  colon;  &  afin  que  ces  cellules  nefe  deflient, 
6c  qu’eftans  ramaflees  en  foy ,  elles  facent  parinterualles 
de  grandes  &dc  petites  cauitez,  elles  font  entretiflliesd 
la  partie  fuperieure  par  le  milieu,  d’vn  cmün Hgâment  de 
la  largeur  du  doigt  moyen,  quepeud’Autheurs  ontdcf- 
crit.Il  a  au'lïi,  à  caufe  qu’il  eft  amplc,deux  forts, 

l’vn  en  haut,  &  l’autre  en  bas ,  afin  qu’il  foie  attaché  aux 
-  '  parties  fuperieures  &  inferieures. 

[bn  voit  par  dehors  le  long  du  colon  quelques  petites 
appendices  degraiffe,  depuis  la  rate  iufques  au  commen- 
.cementdu  redum, comme  RioUn  é'Spigtlius  ontremar- 
qué  :doni  rvfageeft  d’humeder  cet  intdftin,afin  que  les 
/cxcremens  coulent  plus  aifément.  ] 

L/t  Valuule  ,  Uy  a  au  commencement  du  colon,  vne  t;4/'y«/f,cfpâil^ 
ria  Colon.  ^ membrancufe ,  quia  efte  trouuéc par  Bauhin ,  qui 
regarde  en  haut  &  non  en  bas ,  comme  dit  Dh  LAurens'y 
car  les  excrcmens  montent  de  l’ileon  au  colon ,  &  ne  def- 
cendent  pas,à  caufede  lafituation.  Lagloircde  la  pre- 
micreinuenrion  de  cette  valvule,  femble  eftre  deue  à 
lomon  Aubert  Anatomifte  de  VVitemberg, comme. cela 
fe,  voit  clairement  vers  la  fin  de  Ton  appendice  aux  trois 
harangues  qu’il  a  miles  en  lumière;  Et  par  les  obferua- 
tionsde  5'c^tf«c/^»/liu.  5  t-ir.  de  \:l\coï\t  Far oIh s ^  que  l’a¬ 
natomie  auoit  rendu  célébré  en  l’Academie  de  Padouc  en 
l’an  1571.  s’en  attribue  1  inuention  àtxizwhBaHhin.  C’eft 
pourquoy  J?w/4»  eftime ,  qu’elle  luy  cftpluftoft  dcué  qu’à 
BAuhiij. 

Comment  troiiue  en  cettc  fortei  L’eauoù  le  fouftlc  ne  peut 

die  fe  paffer  dans  l’ileon,  par  le  Redum ,  fi  ce  n’cft  auec  violen- 

tfouMc.  ce  :  MaiS'i’eau  la  ruine  quelque  peu. 

Les  Autheurs  ncis’accordent  pas  quanta  fa  figure  6C 
)Op,mbrc.  CatXaaSîparlccdc-ceuxqui  ne  la  veulent  point 


Du  centre  Inférieur:  85  ' 

fcconnoillfc,  qu  elle  cft  vnique,  &  que  fa 

figure  rcfTcmblc  à  celle  dVnc  ongle.  Piccolomim  dit  qu’il 
y  en  a  trois  au  Cæcum,  qui  regardent  en  bas ,  comme  cel¬ 
les  du  cœur.  Nous  l’auonsfouucnt  cherchée  enpluficurs 
corps, à  Padoué,  ôcl’auonstoufîours  trouuée  vnique  & 
d’vnc  forme  circulaire. 

[ Nk-TnlpHs  homme  de  grade  pratique  &  expérience,  S/i  wayi  ■ 
a  forebien  reprefeftté  toute  la  ftruéture  de  cette  valvule: 
il  dit  qu’il  y  a  vn  cercle  duquel  pend  vue  membrane  lar¬ 
ge  de  deux  doigts,  &  formée  de  telle  forte  qu'elle  peut 
fermer  lafortic  del’ileonj  deuanr  lequel  ellccfl:  pendue, 
comme  vne  courtine  ou  vn  voile  lafehej  Or  lalargcur  de 
cette  membrane  pendante  eft  fort  inégalé,  car  du  cofté 
qu’elle  regarde  l  iléon,  elle  s’eftend  lafehement ,  &  eft  lar¬ 
ge  de  deux  trauers  de  doigts,  mais  tant  plus  elles'efloi- 
gne  de  là  ,  tant  plus  elle  s’eftreflit ,  de  forte  qu’elle  fe  perd 
entièrement  prés  du  milieu  de  l’inteftin  (car elle  va  iuf- 
ques  U)  &  finit  au  cercle  membraneux  qui  fepare  par 
dedans  l  inteftin  colon  du  cæcum.  Cette  largeur  inégalé 
fait  necefTairement  cette  forme  demy-circulaire ,  que  l’on  - 
voit  enl^  valvule  eftenduë  par  art,  comme  la  plus  petite 
figure  le  reprefente  naïfuement.  Or  cette  membrane  eft  t 
attachée  par  haut,  à  ce  cercle  fibreux  qui  borne  le  colon, 
mais  elle  eft  affermie  pat  deflbus,  ou  pluftoft  retenue  fer¬ 
mement  par  deux  petites  membranes  déliées  ,  qui  fortent 
des  deux  coftesducoftédecet  orifice,  par  lequel  les inte- 
ftins  grefles  fe  defehargent  dans  les  gros  il’vfage  de  ces 
liens ,  eft  d’empefeher  que  la  valvule  ne  chancelle ,  car  ils  ; 
l’attachent  â  l’ileon  :  mais  la  p,irtie  inferieure  de  la  vai«! 
vule  eft  ,cn  liberté.  ] 


DuinjtyitYî  InferiettY. 


Explication  de  la  Figure. 

^  La  Valvule  Inteftinalc. 

a.  VileoH. 

b.  le  CACum, 

c.  c.  c.  le  colon- 

d.  d.  d.  d.  U  valvule  fendante. 

e.  l’entre'e  de  1‘ iléon, 
i.  i.  le  colon  diuisé. 

g.  g.  la  tunicjHe  interne  du  colon. 

h.  h.  la  valvule  ejleuée. 

i.  le  commencement  de  Vtleon. 

K.  K.  K.  le  cercle. 

1.  fa  connexion  auec  t iléon. 

.  Son-y/rf^?eftd’empefcher  queles  cxciemcns  greffiers 
le  les  vents  ne  repaffient  &  dégorgent  des  gros  boyaux 
dans  les  greües,fur  tout  dans  vnc  puiflante  excrétion ,  ou 
mcfmc  lors  que  le  verttre  eft  conftipé>ce  qui  pourroit  çau- 
fer  le  vomifl'emcnt  des  matières  recales.  C’eft  pour  cela 
que  la  matière  des  lauemens  ne  peut  j  félon  lecoursdela 
nature,  paffier  dans  lesinteftins  grefles. 

[Le  Colon  tire  hs  veines  &  les  artères  fous  le  ventricuio 
de  rEpiploïquepoftericure.  Mais  au  cofté  gauche  ilala 
veine  hemorroidale,  &  l’artcrc  hemorroidale  de  la  mc- 
fenterique  inferieure.  ] 

Le  dernier  des  gro  s  eft  nommé  ReUumi^CAü^c  qu’il  LeKedtm. 
s’eftend  tout  droit  (  par  les  Barbares  longanon)  &c finit  âVL 
fiege  :  Car  il  va  droid  en  bas,  depuis  la  partie  fopcricure 
derosfacrum,  iufques  àl'cxtremité  du  croupion,  auf- 
quels  il  eft  attaché  fermement  parle  péritoine,  de  peur 
qu’il  ne  tombe-,  Il  eft  auffi  adhèrent  aux  hommes  à  la  ver¬ 
ge,!:  aux  femmes  au  col  de  la  matrice, par  le  moyen  d’v- 
nc  fubftance  mufculcufc.  D’où  vientla  fympathie  entre 
ces  parties,  tant  aux  hommes  qu’aux  femmes;  principale- 
L  iij 


D»  S%e.- 
l  e  S^hi»- 


Lkre  Premier, 

ment  entre  la  matrice  «kcét  inteftin  ,carrinicftin  eftant 
vlccré,  lesexcremens  fortenc  fouuent  par  la  partie  hon¬ 
te  ofe. 

Il  cft  long  dVn  empan  &  demy, large  de  trois  doigtsill 
eft  aufîî  gros  &  effais ,  &  ades  appendices  de  graiffe,  qui 
font  adhérentes  extérieurement. 

[Il  reçoit  les  <veines  du  rameau  hypogaftriqiic  de  la  vei¬ 
ne  cane. 

Qiuatre  tterfs  s’inferentà  fon  extrémité,  qui  rendent 
cet  inteftin  fort  fenfibic,  comme  cclafevoit  auxefprein- 
tes  qu’on  appelle  rcnefmes.] 

Sa  fin  s’appelle  jtege  ou  fondement,  qui  a  trois  mufcles, 
defquels  on  en  pourroit  peut- cftre  faire  cinq. 

Le  I.  cft  nommé  Sphincter»  parce  qu’il  ferre  le  fonde¬ 
ment.  Il  cft  circulaire  &  enuironne  le  fiegc,  comme  vn 
anneau  affez  large  ;  de  forte  que  fi  on  en  coupe  quelque 
partie  aux  fiftules  &  autres  maladies,  fou  vfage  ne  Ce  perd 
pas  pourtant  tout  à  fait, 

‘  Fa/lope  &  d’autres  aucc  Galie/f,  font  deux  mufcles  de 
ceux- cy,parcc  que  fa  partie  fupericurc  cft  plus  efpailTc,  &. 
l’inferieure  cft  attachée  infcparabicment  à  la  peau,dc  mef- 
me  qu’au  front  &  aux  paupières.  C’eftpourquoy  GMien 
a  appellccetiepartic ,  vn  mufcic.  peaufTaire ,  ou  vne peau 
charnue. 

Il  naifi  des  vertébrés  inferieures  de  l’os  facré ,  &:  enui- 
ronne  vn  long  cfpacc  du  fîcgc  par  des  fibres  iranfucrfcs. 

Il  eft  attache  par  dtuant.  i.  au  conduit  de  la  veffie ,  par 
des  liaifons  fibreufes.  a.àlavcrge,  donnant  à  fes  mufcles. 
leur  origine.  3.  au  Wdc  la  matrice.  Par  derrière ,  à  l’os  du 
croupion  qui  eft  deflbus.  Et  aux  cojîc 7  par  les  ligamens 
qui  fortent  de  l’os  facré,  vers  l’os  de  la  hanche.  Son  vfage 
cft  de  ferrer  le  fondement,  afin  que  nous  ne  foyons  obli¬ 
gez  de  rendre  lesexcremens  contre  noftre  volonté.  Com¬ 
me  cela  arriue,lors  qu'il  cft  paralytique  ou  blcfséiDe  mef- 
<nc  que  le  fphinélcr  de  la  vcftTic  eftant  blefte,  l’vrinc  couU, 
inuolontaircmcnt. 

II.  :&  III  Les  deux  antres  ont  leurs  infertions  à  la  par-. 


Bu  l>sntre  inferieur.  8  7 

tic  rupcrieurc  da  fphiiidcr  fort  impliquées  aucc  elle.  Ils 
font  appeliez  les  releuenrs  dpi  parce  que  leur  vfage  cUt  rele- 
cftdc  retirer  en  haut  le  fiege  dans  fon  lieu,  après  l’excrc-  «««r/  </« 
tion.fur  tout  quand  clic  s’eft  faite  auec  des  grands  efforts. 
D’oùvicntque  lors  qu’ils  fontaffoiblis  ou  paralytiques, 
tantoft  le  fiege  fe  retire  auec  peine,  &  quelques- fois  il 
demeure  pendu  dehors. 

Ces  mufcles  font  fous  la  veflie  larges  &  deliez  ,  & 
prenent  leur  origine  des  ligamens  du  penil ,  de  l’os  facré 
&  de  la  hanche  5  c’eft  pourquoy  ils  fc  portent  en  bas,  vers 
les  parties  droite  &  gauche  du  fiege,  qu’ils  enuirpnnenr. 

Or  ils  ont  vne  certaine  portion  particulière  &  diftinde,, 
adhérente  à  la  racine  du  penil  &  au  col  de  la  matrice, dont 
on  peut  faire  vn  troifiéme  mufcle  diftinddes  autres. 


CHAPITRE  XIL 

T) U  ^!MefentcŸe. 

Le  Mcfentcre  eftainfi nommé,  parce  qu'il  eft  auimi-  Le  nàm  iu 
lieu  des  inteftins  j  non  pas  ainfi  que  veut  Oceràn,  Mefentite. 
comme  s’ilcftoit  vninicftin  môyen,  mais  parce  qu’il  lie, 
embra(re  &  cnuclope  les  intcflins,com  me  vn  cercle  &  en 
rond  lileftaufli  appelle  Mefar^to»  t  Ga:^  l’a  traduit  dans 
Arifiote  par  Laths- 

li  eft  ■t/»/^«e,quoy  que  d’autres  le  diuifent  en  mefaraton 
'OU  raefentere,  &  mcfocolon.  Celuy  là  eft  au  milieu  du 
ventre,  &  lie  les  boyaux  grcAes  :Celuy-Cy  quiattachele 
colon  à  droide  &  à  gauche,  eft  adhèrent  au  Redum  par 
fa  partie  inferieure. 

Sa  Figure  eft  prcfque  circulaire  ,•  il  eft  cftroit  en  foU 
commencement- mais  en  fon  progrez  vers  la  circonféren¬ 
ce,  il  dégénéré  en  plufieurs  plis  ,[pour  rcfTcrrerla  lon¬ 
gueur  des  boyaux.  Car  vn  empan  du  Mefcntereen  cm- 
brafté  danis  vn  petit  efpace  plus  de  40.des  inteftins. ]Il  dc- 
ttient  oblong  aux  coftez,.princ}p;dement  au  gauche,  où  il  ' 

dcfcentl 


Du  Ventre  inferieur^ 

/  .  -1  ’ 

Explication  de  la  figure, 

litfremtere  figure  reprcfcnre  le  Mefentere ,  commeil  pa- 
roift  dans  le  corps ,  tous  les  intcftrns  grefles  cftans  let- 
tez  aux  coftez. 

La  fécondé, U  mefentere  arraché  du  corps. 

A.  Bé  C-  D.  lés  portions  du  péritoine ,  iettees  aux:  cefietben 
dehors, 

‘E.'E.'È.les  hyaux grefés- 
Fi  le  C(tcum. 

G .  G .  G .  /tf  Colon  qui  enuironne  les  grejles’, 

H.  le  commencement  Re^um, 

I .  la  vejfie  de  l'vrine ,  où  ef  le  péritoine  j  efi  adhèrent",  fur 

tout  en  cette  partie ,  .ou  Jl  luj  porte  me  fécondé 
tunique, 

le  centre  du  mefentere-i,  cette  partie  du  dos ,  ou  il 
prend  fon  origine  des  membranes  du^peritoine ,  qui 
attachent  en  ce't  endroit  aux  vertébrés ,  la  grande 
artere  &  la  veine  cauci' 

L.  L.  la.  pim  grande  glandule  du  mefentere,  nommée  par 

Alellius ,  PancreaSy  ou  toutes  les  veines  ladies  font 
attachées. 

M.  M.  les  glandes  qui  font  entre  les  vaijfiaux  qui  vont  auX'- 

inteftins. 

N.  N.  O.  0.0.  lapante  du  mefentere  qui  attaché  au  dos 

les  intefiins  grejles. 

partie  du  mefentere  qui  s'attache  au  colon ,  depuis  lé 
rein  droid ,  iufques  au  foye. 
membrane  de  L'Epiploon  inferieur,  qui  tient  iey  la 
place  du  mefentere,  liant  au  dos  vue  partie  du  colon, 
qui  efi  efiendus  au  fonds  du  ventricule  > 

S.  la  partie  du  mefentere ,  qui  attache  le  Colon,  qui  j’e- 
jlend  depuis  la  Ratte  iufques  au  Redum. 

S*  T.  la  partie  du  mef  .i"tere  qui  lie  le  redum  au  dos. 
y*  les  deux  membranes  du  mefentere  feparees  auec  les 

M. 


]jme  Premier^ 


OKgîes,  entre  lep^uelles  pajfent  les  vttijfe^nx 
la  graijfe  &  les  glandes  font  contenues» 

X.  'la  première  membrane  du  Afefentere» 
y.  la  fécondé  membrane  du  Mefentere» 

defceud  iufqucs  au  dioift.  D’où  vient  qiie  G^ù'e^  a  fait 
mefentei'eSjlc  dïoid,le  gauche  &  le  moyen.  ^ 
r«»-  [Sàgrandeur  du  centre  à  la  circonférence, eft  d’vn  em- 

pan,& fa  longueur  &circonfcrence  de  trois  aulnes,  ] 

ipne.  Il  prend  fon  origine  à  la  première  &:  troifiefmc  verte- 
h?:e  de,s  lombes  [ce  qui  eft  cau-fe  ^  commelon  croit,  ds 


Du  yentre  înfermrl  pï 

cette  grande  corrcfpondance  des  lombes  &  des  inteftins] 

©Liles  fibres  membraneufesfortent  du  péritoine,  qui  fc 
changent  en  de  fortes  membranes ,  entre  lefquellcs  fc  di- 
ftribuent  les  veines  msfaraiques  très- déliées  &  en  très- 
grand  nombre  ,  deuenans  peu  à  peu  plusgrandes&en/*^'*"^* 
plus  petit  nombre.  [Mais  nous  en  parlerons  plus^aulong 
au  Liuret  i  .chap.  j-jCequcnousvenons  dediredesvci- 
nes  jfe  doitentendre  des  ancres.  Il  reçoit aufli  des 
de  ceux  de  la  fixiefmc  paire ,  qui  s’eftendent  aux  racines 
des  coftes,.  &  de  ceux  qui  viennent  des  vertebres  des 
lombeSk 

Il  eft  parfemé  àt  glander  i  pour  remplir  les  efpaces 
conferuer  la  chaleur.  [La  plus  grade  eft  à  fon  origine,  que  des. 
jijfêlhm  après  Fallo^e  appelle  Pancréas  :  Il  cftime  auec 
beaucoup  dè  vray-femBlance,  que  les  veines  ladees  pre- 
nept  leur  origine  de  cette  glande,parce  qu’elles  s  y  aftem- 
blent  &  s’y  vniffent  toutes,  &  delà  fediftribuent  en  bas 
&  en  haut  vers  le  foy  e.  D’ailleurs  fa  couleur  eft  fcmbla- 
ble  à  celle  de  ces  veines,  qui  ont  cela  de  particulier,  qu’cl- 
lesfont  entrelaftces  par  tout  fon  corps,  par  des  merueil- 
leuxentorrillcmens  &  anfraduofîtez; 

Il  eftenuironné  de  graijfe  comme  l’Epiploon, qui  s’y  %a  gra'tjfe* 
concrée  &  amafle  dufang  gras  qui  coule  &  exude  des 
vaiireaux,&  qui  eft  retenu  par  refpaiireurdes  membra¬ 
nes.  Son  vfage  eft  de  conferuer  la  chaleur  de  ces  parties,. 

&  d’aider  en  quelque  façon  à  la  préparation  du  chyle.  ] 

L’vfage  des  glandes  eft  i.defouftenirles  diftriburions 
de  la  veine-porte  &  de  la  grande  artere.  C’eft  pourquoy  des  glddes-, 
les  plus  grofl’es  glandes  font  aux  enuirons  du  centre  du 
mefentere,  parce  que  la  diftribution  desplus  grands  vaif- 
feaux  &  plus  preifez,  fe  fait  là.  Au  refte  fi  ces-glandes 
ont  quelque  feirrhe,  tout  le  corps  en  deuient  maigre  & 
deffait,  parce  qu’elles  preftent  &  occupent  les  diuarica, 
tions  des  rameaux  de  la  veine  porte,  &  rendent  par  se 
moyen  le  paflage  de  l’aliment  moins  libre.  2.  D’humeder 
les  inteftins, [par  le  moyen  des  humeurs  qu’elles  fuccent 
jdes  parties.  Sfi^elm  n’approuuepointcct  vfage  ,  parce 


fDtihUfen- 

tere. 

.Des  mem- 
brmes. 


:L4ful>Jlan. 
ce  du  Pan- 
(reds. 


Situation. 


Vatjfeaux, 


’Lmre  Premier, 

qu’il  y  a  des  animaux  qui  Tant,  auoir  ces  glandes ,  ne  laif- 
Xent  pas  délire  gras,  &  d’autres  au  contraire  font  mai¬ 
gres, cneorc  qu’ils  enayent.  Mais  cette  raifon  ne  rcnucrfc 
pas  nofirc  fentimcnt,  parce  que  ccux-llontvnfuc  très- 
bon  qui  n’a  pas  bcfoin  d’cftre  purifié ,  &  ceux-  cy  en  ont  fi 
peu  qui  foit  bon  &  nourrifiant,  que  ccs  glandes  ne  le 
peuuent  purifier  autant  qu’il  faut.] 

Vvfage  du  mefentere  eft  d’eftre  le  lien  commandes 
inteftins,  afin  qu’ils  foyent  attachez  aux  vertébrés  des 
lombes:  &  ccluy  de  fes  deux  membranes,  eft ,  afin  que  les 
vailfeaux  pafians  entre  deux ,  comme  par  vn  chemin  plus 
afleuré,  aillent  fe  rendre  aux  inteftins. 

CHAPITRE  XI  IL 
Du  ^(increcvs. 

Le  Pancréas  fignifie  en  noftrc  langue  tout  charnu.  H 
eft  pluftoft  tour  glanduleux,  lafche  &  informe, [long 
de  trois  ou  quatre  doigts,  rcueftu  d’vne  membrane  déliée 
que  luy  donne  le  péritoine], &  qui  lèmble  dans  vn  corps 
fort  gras, comme  vne.grailfe,  qui  eft  nommée  de  quel- 
ques-vns  vne  graifie  &  humidité  boüeufe.  Les  autres 
rappellent  Callkreas ,  &  auffi  LuBes ,  àcaufe  de  la  blan¬ 
cheur  &  moUclTe. 

Sa JîtMaùm  eft  fous  la  partie  pofterieure  du  fonds  du 
ventricule  ,&  fous  le  duodénum  &  la  veine  porte, iufque« 
aux  régions  du  foye&:  de  la  rate. 

Il  ndifiàh  première  vertébré  des  lombes.  'Son  paren¬ 
chyme  eft  blâme  au  railieurfes  veines  fontfle rameau fplc- 
nique ,  ]  fes  arteres[  le  rameau  gauche  de  l'artere  cœlia- 
que:]fes  nerfs  [qui  font  ceux  de  la  fixiemc  paire  qui  vont 
au  ventricule  &  au  duodénum.]  Il  a  auffi  des  glandes. 

^  [llaoLitreccs  vailTeauXjvn  autre cWwr membraneux 
d’vne  conftitution  particulière,  cftendu  le  long  du  pan- 
creas  tantoft  obliquement  U  quclqucsXüis  en  droiteii- 


Dti  'ventn  inferieur,  ps 

■gnciqui  n’a  point  eftédefci  it  iufques  icy  par  aucun  des 
^natomiftes  ,  &  qui  a  cfté  dccouuect  premièrement  i 
Padouë  l’an  1^42-  en  noftre  prefence  par/o.  Georgius  Fir- 
ptngf*s  Anatomiftc  fort  diligent.  Ce  canal  a  vne  infigne 
capacité  &  les  parois  fortes.  Il  eft  d’ordinaire  vnique, en. 
cote  qu’il  l’ayc  aufli  remarqué  double, entendus  tous  deux 
paralellement  -,  fon  orifice  eftouuertpar  vne  grande  ou- 
uerture  dans  le  duodénum ,  prés  de  1  entrée  du  méat  cho., 
lidoque,  auec  lequel  il  eft  ioint  quelqucs-fois  par  vn 
mefme  orifice,  mais  le  plus  fouuent  conioint  par  vn  cercle 
voifin  different ,  ainfi  que  ie  l’ay  trouué  ^yxQc  Virfmgus, 
La  valvule  qui  eft  au  deuant  de  la  fortie ,  regarde  en  de¬ 
hors  &ne  laitfe  point  entrer  la  fécondé  par  le  duodénum 
dans  ce  nouueau  canal.  De  là  ilfe  trainc  partout  le  corps 
du  pancréas,  réfpandant  des  deux  cofteît  vne  infinité  de 
petits  rameaux,  iufqu’à  ce  qu’il  fe  termine^  h  rate  par  va 
chemin  tout  droit  &infenfiblcmcnt;par  des  petites  bran¬ 
ches  fort  cftroites  &  bien  arragées.  Or  il  n’entre  pas  dans 
la  rate,  encore  que  ’Folius  m’ait  afleurc  qu’ill’a  remarquéj 
ilfemble  qu’il  ne  doit  pas  y  entrer,  parce  que  ces  rameaux 
fe  perdent  également-,  deuant  qu’ils  touchent  la  rate,  & 
cette  cauitéqui  eft  eminente  vers  les  inteftins,  difparoift. 
'On  ne  voit  aucune  humeur  dans  cette  capacité  ,  mais 
quand  on.y  metlafonde,e{ie  enfort  le  plus  fouuent  teinte 
de  couleur  iaunc  &  bilieufc,  &  fes  parois  ont  la  mefme 
-teinture,deforte  qu’il  fcmblc  qu’ordinaircment  il  y  ait 
de  la  bile,  ce  que  noftre  rmylean  Van  iïbrw  a  veumani- 
feftement  à  V  enife,  le  vailfeau  de  la  bile  eftant  plein  dans 
-vné  diarrhée  bilieufe. 

L'vfage  de  ce  nouueau  canal  n’eft  pas  de  porter  le  chy¬ 
le  du  duodenumà  la  rate,  1.  parce  qu’il  ne  touche  pas  à  la 
rate.  2.  La  valvulé  empefehe  l’entrée  du  chyle.  Nyaufli 
de  tranfporter  la  melancholic  de  la  rate ,  à  quoy  font  de- 
dlinéeslescapfules  atrabilaires:  mais  comme  iecôicélure. 

1.  De  purger  la  bile  faite,  ou  dans  la  codion  du  pan¬ 
créas  ,  ou  dans  la  rate ,  car  l’vn  l’autre  font  tenus  pour 
des  foyes  fubfidiaires.  2,  De 

M  iij 


IJure  Premier  y 


Du>  fv  entre  inferieur. 


95 


Explication  de  la  Figure, 

I  llereprefcnte  le  Pancréas  diflTeqné,  félon  les  Figures  de 
F virfungus ,  Sjlmm ,  &  Fvdms. 


h^h.k.U  partie  fuperieare  dn  Pancréas  dijfequé. 

B. B.  B./4  partie  inferieure  du  Pancréas  dijfequé. 

CGC.  le  conduit  nouueau  du  Pancréas. 
dddddd./«  petits  rameaux  de  ce  conduit¬ 
es  e.  la  veine fplem  que  ,  qui  a  aujji  vne  infinité' de  petits  ra¬ 
meaux  ,  qui  ne  font  pas  reprefentez.  icj -pour  éuiter 
la  confufion- 

iîî.  l'Artere  fplenique  qui  a  aujft  vne  infinité'  de  petits 
rameaux  qui  ne  font  pas  reprefentez,  icy- 
g  g  g.  vne  portion  du  duodénum. 

h.  h.  le  méat  cholidoque  inféré  au  duodénum. 

i.  l’orifice  de  ce  méat  cholidoque. 

K.  P  orifice  du  conduit  du  Pancréas. 

1. 1.  la  partie  ca'^e  de  la  Rate. 

rn.in,  l'infertion  des  vaijfeaux  fplenique  s  a  la  Rate. 

N .  vn  rameau  de  tartere  cœliaque  fom  le  Pancréas. 


2.  De  rcceuoir'îes  cxcremcns  du  fang  arterieux  da 
eœurôi  delà  rate  paries  i-ameau'xvoifuis de l’artere cœ¬ 
liaque. 

3.  De  purger  l’excrement  du  chyle  préparé  &  feparé 
parle  pancréas  dans  leduodcnum ,  comme  eftime  Fortu- 
nius Licetus &i.  lo.Fcfiingius,  encorequ  on  n’aiamais  vea 
du  chyle  dans  ce  conduit  ou  quelque  cxcremcnt.] 

Qithsvfages  de  tout  le  pancréas  font ,  i.  d’appuyer  les 
vaifléaux  qui  pallent ,  comme  les  rameaux  de  la  veine 
porte,  de  l’artere  cœliaque  &  des  nerfsifur  toutle  rameau 
fplenique.  2-  D’aider  la  digeftion  du  ventricule  ,  quife 
fait  par  le  moyen  du  chaud  &  de  l’humide.  3.  il  fertaa 
vcntriculecomme  d’oreillcr;[d’où  vientque  s’eftant  pe- 
i^riEé  en  vne  certaine  vieille  femme. Romaine ,  illuy  cauia 


5,(5  Premier  y 

touslcsiours  des  vomiflemens,  &  bien- toft l’atrophie  gc, 
la  mort ,  comme  tefmoigne  MonjteHr  Pancirole  en  fes  ob*. 
feruations.  4.  De  fuccer  le  fang  fercux  qiii  pafTc  ,  &  le 
purifierpar  le  moyendes  glandes.  5  De  faircl  office  de  la.' 
Rate  alfedée  dans  les  corps  valétudinaires  &  melancho- 
liqucs,  comme  Riolan  enfeigne par  Tcxcmplc  de  rilluftrc 
PrefidentdcThou,  quiauoitle  Pancréas  auffi  grand  & 
auffi  pefant  que  le  f^oye.  Il  cftoit  toutefois  tout  fcirrheux, 
mai'slefoye  cftoit  endurcy,  rond  &:  plein  dVne  pituite 
femblable  au  plaftre  :  la  Rattc  eftoit  fi  petite ,  qu’à  peine 
pefoit  elle  vue  once.] 


GHAPITRE  XIV. 

Dt^foyev 


I  Vfques  icy  nous  auons parle'  des  organes  qui  font  dé*.- 
putez  àla  première  codion  ouchylification.  Il  nous  ; 
faut  maintenant  difeourir  de  ceux  qui  feruent  en  quel¬ 
que  façon  que  cefoit  à  la  fanguification  :  Entre  lefquels  ; 
le  foye  eftfans  doutele  premier  &le  principal. 

Le  foye  eft  vue  partie  organique ,  quia  fonfiege  dans  . 
le  ventre  inferieur  immédiatement  fous  le  diaphragme, , 
[au  cofté  droidj]  qui  eft  l’organe  de  la  fanguificationjôc  le 
principe  des  veines. 

Les  Grecs  le  nomment  héfar,  d’vn  mot  qui  lignifie 
difette, parce  qu’il  fubuient  à  la  ncccffité  des  parties ,  ÔC 
Veurquoy  Latins  lécur,  comme  qui  diroit  iffxta  cor,c‘e9L  à  dire,  . 
il  efl  le  prés  du  cœur.  Il  eft  appellé  le  prweipe  des  veines  t  parce 
pincijte  des  que  les  racines  des  deux  plus  greffes  veines,  la caue  &la 
Te  ’mmbre  7  cfpatfes,  comme  les  racines  en  terre. 

Il  n’y  en  a  qu’vn  ordinairement,  &  rarement  deux: 
Mais  il  arriue  plus  rarement  qu’il  n’y  en  ait  point  du  tour, 
[commeon  a  remarquéçn  Mathias  Oithclius.j 


lExplîCstm 


Bm  ventre  inférieur.  97  . 


ExflicMian  de  la  Figure-.- 


la  partie  conu  exe  du  foyç  aucc  le  tronc: 
de  la  veine  cauco- 

A.  A-  U  partie  connexe  faperieure  é’pofierieftreda  foyes 

B.  B;-  fa  partie  comexe  inferieure  &  pofierieure. 

G,  la  veine  cane  aX endroit  où  elle  perce  le  diaphragmes,' 

&  luj  difinbui  . les  veines  phreni^ues. 

D.E.  le  tronc  de  la.veine  caue^  comme  il  efi  adhèrent  àU’ 
partie  pofierieure  du  foje. 

F;.  G.  les  ligamens  qui  attachent  le  foye  au  diaphragme. 

H.  vne  portion  de  la  leine  porte. 

!•  la  fmuoftte'  du  foye  à  l' orifice  gauche  du  ventricule. 

S&fituation  cft  au  ventrcinferieur  fous  le  diaphragme 
(ce  que  Hippocrate  &  airifiote  ont  bien  feeu  )  prés  des  co^  t/pss 
ftes,&  pourlaplus  grand’ part  aThypochondre  droit,  du¬ 
quel  il  cft  efloigné  d’vn  trauers  de  doigt,  afin  quefon 
raouuement  ne  loir  empefehé  :C’cft  pourquoy  la  tumeur 
du  foye  caufe  la  difficulté  d’halcinc.  Celuy  dcsoyfcaux 
cft cfgalcmentfituéà  l’vnôc  l’autre  cofté,  commcill’cft 
ptefquc  auffiauxcf?/r«/  qui  ont  la  Rate  grcfle  5c longue. 

N .  Sa  fitua-  ■ 


^  T)i*  of entre  Inferieur, 

Explication  de  la  première  Figure, 

Elle  reprefcnte  la  partie  eaue  du  foye. 

A.  le  foye  couuertde  f4  tumejue  &  fhreux  en fa  partie  cafte» 

B.  la  veine  porte  &  fa  for  tie  de  la  partie  caue  du  foye. 

G.  Veux  troncs  de  la  veine  caue  prés  de  la  pa  nie  cenuexe 
■  du  foye. 

D.  Ùtfortiedela:veine‘Vmhilicaledufoye: 

B .  la  vejfie  du  fet fituéeen  la  partie  caue  du  foye. . 

F.  le:  méat  choUdoryue  nommé  cyjHqHe. 

G.  .  l'autre  canal  de  la  bile,  nommé  hépatique: 

H.  tartere  qui  vient  du  rameau  caliaque  a  la  partie  caue 

du  foye. 

I\  vn  rameau  de  cette  artere,  qui  entre  dans  le  foye., 

K.  -y»  autre  rameau  de  la  mefme.  artere ,  qui  va  k  la  vejf  e 

du  fiel. 

L .  vn  nerf  de  la  fixiéme paire  du  cerueau  >  qui  fe  porte  au 

foye  O.. 

M .  le  petit  lobe  qui  s’efiend  iufqua.  l’Epiploon,  pa r  lequel 
'  le  foye  efiant  plein  d‘ eau,  fe  vuide  quelques- fois. 

les  eminenees  du  foye  >  qu  on  appelloit  anciennement 
portes. 

A.  le  fonds  de  là  vejfie  du  fiel,  qui  s’efieue  hors  du  foye-. 
à.  le  canal  commun,  qui  fe  fait  de  l' affemblage  des  ra*- 
meaux.du  conduit  hépatique. 

Explication  de  la  fécondé  Figure^ 

Le  foye  fcparé  de  fon  parenchyme. 

A.  vne  portion  de  la  diine,  caue. 

B*  le  tronc  de  la  veine  porte ,  qu*  fort  du  foye. 

G.  la  vejfie  du  fiel. 

0.  la  veine  vmbilicale  qui  aboutit  au  rameau  de  là,  veini 
porte. 


.ZnfiMt. 


Dmfiin. 


1 0  0  Uurs  premier^  % 

E.  rt^refente  les  rameaux  de  U  Verne  porte>  ' 

F.  les  rameaux  de  la  veine  cane ,  ^ui  fe  joignent  anec  ceux 

de  la  forte. 

G.  les dnatomofes  des  rameaux  de  la  veine  caue  de  la 

forte. 

H.  les  veines  nommées  cafillaires ,  farce  qn  elles  font  fort 

déliées- 

Sa  fitaationTe  change  rarement  aux  hommeSyàe  Cotte  que 
iefayefevoyeau  cofte  gauche  ,&  la  Rate  au  droiâ:.  Oni 
(e  couche  doucement  ïur  la  partie  du  ventricule  ante¬ 
rieure  &  fuperieure.,  ôc  principalement  fur  la  droite: 
Q^Iqucparties’eftcndaufîîà  la  gauche.  Quelques  vns 
€Û'\mtmqu./4rifioten’iL  pas  lèeufa  fituation,  parcequ’il  a 
àith^perde  to  dUz.omAy^c.  qu’ils  traduifent , le  foye  eft 
iîtuéaudefîusdu diaphragmcj aulieu qu’il  fautinterpre- 
ter  ces  paroleSj  outre  ou  au  delà  du  diaphragme  ,oar  c’eft 
ee  que  fignific  /j^y?er,  quand  il  eft  auec  l’accufatif ,  au  lieu 
qu’auec  le  génitif ,  il  fignifie  deftus  ou  au  delîus. 

Orparce  qu’il deuoit faire  place  au  diaphragme,  il  a 
receula j^/ÿrerupcrieure&  extérieure  aflez ronde,  con¬ 
nexe  ou  bofliië ,  cfgale  &  polie,  où  eft  aufîi  par  derrière 
vne  finuofité  oblonguc pour  le  paflage  de  la  veine  cauco 
Etàcâufc  du  ventricule  fa  partie  &  infcricuro 

e^caue-  C’cftpourquoy  cette  partie  eft  appellée  caue,  & 
eft  auffi  plus  inégalé,  ayant  deux  lînuofitcz,!’ vne  à  droidc 
pour  la  veffie  du  fiel,  l’autre  à  gauche ,  pour  le  paffage  du 
ventricule.  Or  le  foye  eft  à  droiû  rond  &  ample,  &  à 
gauche,  eftroid  &  pointu. 

Q^elques-vns  diuifcntle  foye  en  panie  droiSle 
ehe,  au  milieu  defquelles  eft  vne  petite  fifture,  où  la  veine  ' 
vmbilicale  cntre.il  eft  pour  l’ordinaire  tout  d’vne  pièce 
en  l’hôme.f  Mais a  remar qué  icy  vn  certain  pe¬ 
tit  lobe,  dont  la  chair  eftoit  plus  molle  que  celle  du  refto 
dufoye,quieft  enuelopéd’vnc  membrane  fubtile  &  dé¬ 
liée  ,  quis’eftend  iufques  à  l’Epiploon ,  &  quifertquel- 
•qucfois  i  cuacuer  l’eau  dont  le  foye  eft  tcmply.  Quaf-t  ît 


Du>nj entre  inferieur.  I  o  r 

ccluy  Hes  beftes ,  il  c(l  diuisé  en  plulieurs  parties ,  qu’on 
appelle  lobes  ouaiflevons  ,qui  couurcnt  8c  embralTent 
comme  l’on  dit,  le  ventricule  ,  comme  fi  c’eftoientdcs 
doigts.  C’eft  donc  fans  raifon,  que  G’4//(î«  a  voulu  quele 
-  foye  de  l’homme  fut  diuisé  en  lobes ,  ce  que  Fernel  a 
neantmoins  remarqué  vne  fois  :  Si  ce  n’eft  que  nous  di- 
•fions  pour  la  deffence  de  qu’il  a  entendu  certaines 

tuberofitezdu  foye ,  qui  fe  forment  des  troncs  des  vei-  èes  aux 
nés }  (ÿ'C  1  hommes. 

Il  eft  fort  gros  efr  grand  en  Thomme ,  aüfîi  bien  que  le 
>eerucau,  non  feulement  pour  la  nutrition,  comme  aux 
*bcftes ,  mais  aufli  pour  la  formation  des  cfprits  animaux> 

•qui  fediflipent  fort  fbuuent  (  &  qui  s’engendrent  des  vi¬ 
taux,  &  ceux  cydü  fang)  àcaufedes  diuerfes  &  infinies 
ffondions  qu’ils  ont  en  l’homme.  Il  eft  neantmoins  beau¬ 
coup  plus  grand  en  ceux  qui  font  d’vn  tempcrament 
I  froid, &  qui  font  timides  &  gloutons,  afin  quela  chaleur 

du  Cœur  s’augmente.  l’ayveu  en  ceux  qui  font  morts  ta- 
bides  jde  foye  quelqiies-fois  fort  grand ,  Se  mefmc  qua¬ 
tre  ou  cinq  fois  plus  grand  qu’iln’eft  d’ordinaire, &  quel- 
ques-fois  fortpctit.il  y  en  a  qui  l’ont  trouué  fort  petit, & 
d’autres  n’en  ont  point  trouué  du  tout.  La  Rate  cftant 
alors  plus  grade  ôc  plus  robufte,fairoit  fon  office.  [Rhajts 
Se  Ameenns  mefurent  la  grandeur  delà  Rate  par  la  lon¬ 
gueur  des  doigts.  ] 

Ileftenuclopé  dVne  membrane  déliée  quinaiftd’vnc 
dtsmembcancs  des  veines,  qui  prend  fon  origine  du  pc- 
litoine. 

Il  eft  attaché  par  trois  forts  ligamens.  lA l'abdomen  Connexion 
-parla  voine  vmbilicale^  qui  fcfcichc  après  l’enfantement 
aux  adultes,  8c  fc  change  en  ligament,  afin  que  le  dia¬ 
phragme  ne  pende  ,  Se  ne  tombe  pas  trop  en  bas.  2.  Par 
éattt  au  diaphragme  du  cofté  droid ,  par  vn  ligament  lar¬ 
ge,  membraneux  Se  délié.  Se  neantmoins  robufte,  qui 
vient  du  péritoine,  qui  couure  le  diaphragme,  Se  qui  eft 
nommé fufpenfeuu.  3.  lleft  auffi  attaché  au  dia¬ 

phragme  ,  du  cofté  gauche.par  vn  autre  ligament  oblong, 


j  oz  Lîure  Premier,. 

^  très- fort ,  qui  vient  du  péritoine  :  Et  par  darrUre  ^iïf^i 
où  pafle  la  veine  cane ,  &  eft  adhèrent  au  péritoine  par  la 
partie  conucxc. 

Uhfiantt.  Sa/«^/4m  eft  roiigc[,&  ^uelqucs-fois;  blancheaftre, 
comme afort  bien  remarque  Gordon»  quand  il  eftpriué 
de  rang  ,  ouqidl  aeftécuit.]Ellc  eft  molle  ^.parfemée  de 
vailTeaux ,  &  reflemble  à  du  lang  caillé,  d’où  vient  qu’il 
eft  appcllé  parenchyme, c’eftà.dirc,affufion,  parce  qu’elle 

s'efpand  entrelesvailTeauXjScremplitlescrpacesquifont 
cntr’eux.[Il  fe  corrompt  neantmoins  auec  peine  :  Car 
Miolan  a  remarqué,,  qu’vn  foyc  s’eft  conferuéde  foy  meF- 
me ,  &  fans  aucun  foin ,  vn  an  entier,  fans  fe  pourrir.  Sa 
fubftance  eft-fort  femblableàcelle  d’vn  foyedebœuf,  de 
forte  qu’eftantcuiâ:,  il  alamcfmeconfîftance,  la  mefme 
couleur,  &  le mefmegouft de  l’autre.  Par confequentla 
chair  de  l’homme  reflemble  bien  plus  à.  celle  de  bœuf 
qu’àicelle  deporceau.] 

Lc-foye  eft  rouge  quand  il- eft  fain ,  il  eft  fort  pafte  en 

Goülear.  quelques  malades, commeauxhydropiques,commeau{5; 
la  Rate  &  les  Reins. 

V:»}.^eAux.  Les  'vaijfeaux  du  foye  font  les  racines  de  la  veine  porte 
&  de  U  cane  i  auec  quelque  peu  d'arteres  déliées  entre- 
deux,  [comme  il  paroift  d’abord,raais  qui  font  fans  nom.* 
brc.felonl’obferuation  de  Jean  flTaUuS  i  fion  les  cher¬ 
che  foigneufement  ]  qui  paroiflent  plus  blanches ,  qui 
viennentdela  cæliaque,  ,&font  difperfécs  dans  la  partie 
caue  du  foye ,  au  lieu  que  la  conuexe  eft  efuentée  parle 
mouuement  du  diaphragme.  Elles  paroiflent  diftinétes* 
lorsque  la  chair  oùleparenchymedu  foye  eil  ofte ,  &  oUi 
voit  comment  ellesfe  portentdans  ordre  deçà,  delà,  iet-»' 
tans  entt’elles  des  petites  branches  ,  qui  fc.vont  rendre 
après  à  vn  mefme  conduit ,  pour  defehargeria  bile  à  la 
yefliedu  fiel,  Orils’vnitaueclesracines  de  la, veine  por¬ 
te  ,  afin  que  le  fangs’y  puifle feparer de  labile.  Au  refte 
les  racines, de  la  veine  porte  font  elparfes  deçà  dclà,ea 
plus  grand  nombre  dans  la  partie  inferieure  du  foyc,  mais, 
il  y  en’a.pcu  dans  lafupcriçure  :  Et  au  contraire  les  racines. 


Du  ^tenm  inferieur.  j03 

,2e  la  veine  caue  font  en  plus  grand  nombre ,  dans  la  par¬ 
tie  fupciicure  &  connexe ,  mais  il  y  en  a  peu  dans  lapartie 
a  quelques- fois  remarqué  icy  vn  certain 
tronc  de  veines  ladfées.] 

Il  faut  paiticulicrement  remarquer  les  AttAflomoJes 
ou  éôiondions  des  racines  delà  veine  caue  ^  delaportc. 

Car  fans  nousarrefter  àccux  quinienttout  à  faitlesana- 
ftomofes  de. ces  veines ,  ou  qui  pcnfentqü’on  n’en  peut 
auoir  qu’vnecognoifi'anccfortobrcure  jilefteuidentque 
celuy  qui  les  cherchera  foigneufemenr,  trouuera  que  ces 
racines  s’vnilTent  tantoft  tranruerfâlemcnt,de  forte  que 
i'vneeft  couchée  furrautre  prcfque  par  le  milieh  ;  tantoft 
ks  extïemiteiz  d’vne  v^inc  touchent  celles  de  l’autre, 

[comme  cekarriue  d’ordinaire}  car  encore  que  les  veines 
feioignent  aifez  fouuent  en  d’autres  maniérés, 
axoutes-tfois  remarqué  en  les  foüftlant ,  que  l’vne  cft  fore 
wrement  ouuertedans  rautre:]Quelquc-fois  les  extre- 
mitezde  l'vne  touchent  le  milieu dei’autre,  &  quelque¬ 
fois  elles  ne  fe  touchent  point  mutuellement  jpcut-eftrc 
quecelaarriuelà  oti  les  rameaux  du  foye  feruent  feule¬ 
ment  à  la  nutrition.  j4»/>ï'»aducrtit  qu  ilfaut  principale¬ 
ment  remarqucrvncanaftomofe  considérable,  qui  fem- 
'ble  vn  canal  ou  conduit  commun  &  continu  depuis  les 
racines  de  la  veine  porte,  iufquesàceilcsde  la  caue, qui 
peut  rcceuoir  vne  aflez  greffe  fonde. 

Lefang  peut  donc  palier -par  ces  vnions  des  racines  de 
la  veine  porte  &  de  k  caue;  c’eft  par  elles  que  paffent  les 
bumeurs peccantes, dors  que  nous  euaCuons  l’habitude 
du  corps  par  les  purgations. 

[Il  faut  auffi remarquer  les  anafiem^fes  qui  ieignent  le-s 
pentes  veines  de  la  veâie  du  fiel,  aux  rameaux  de  la  veine 

Votigtna 

<Les  racines  de  la  veine  porte  fereduifent  peu  à  peu  en  des  %emf. 
plus  petit, nombre,  refont  plusgroffes  vers  la  partie  infe¬ 
rieure,  iufqucs  à  ce  qii  ollcs  fe  changent  en  vn  tronc 
qu’on  nommeU-i/dw  forte-  Les  racines  de  la  caue  s’af- 
iembleiu  auflkn  smrcnCy  enk  partie füpcricute  &  anie- 


U4-  Lhre  Premiery 

ncure ,  ciiiifcdiuireincontinçnt  proche  du  foyc,  en  deux  , 
grands  rameaux,  àrçauoirenl’afccndant  &  dcfcendant, 
C’eftpourcela  qu’on  dit  ,que  la  veine  cauc  naift  de  la 
partie  fupericiire  &  connexe  du  foye,&  la  veine  porte  dô 
la  partie  cauc 

Lefoye  reçoit  deux'‘«?)^ide la  fixiéme  paire,  Tvn  dui 
ftomachique ,  6c  l’autre  du  coftal ,  qui  font  feulement  ef- 
pandus  par  fa  tunique,  de  non  pasdansfafubftancc  (com¬ 
me  Fefde  a  creu  )  afin  qu’il  n’euft  point  de  fentiment  au. 
dedans  du  parenchyme,dans  vn  fi  grand  nombre  de  mou- 
uemens  des  humeurs  :  D’où  vient  que  Ics'.doulems  n'y, 
font  pas  fi  - picquantes  &  aigues ,  mais  pluftoft  pelantes» 
[Riokn  a  neatmoins  remarqué  que  deux  petits  nerfs  bien 
Le  ;,^«j/4remarquablcsentrentaueclav^ncpottc,danslafubftân- 
wafiefe,  é’ cemefmedu  foyo.] 

U  Cfmfe  ef-  L’ASiion  du  foye  eft  la  fanguification.  Car  le  foyc  fait 
fictete  déjà  fmg  du  chyle  attiré  par  Ics  .veines  mcfaraïques,[  à  fça- 
tîon^Sur.'  «oirlcslaûces,]  danslesramcaux  dt  la  veine  porte,  çom- 
^tioy  il  faut  me  dans  fon  propre  laboratoire.  Le  parenchyme  du  foyc  - 
emfulterles  n’eft  pas  fculcinenr,çomme  quelques  vnseftiment,  l’ap-. 
Conmuer-  puy  &  le  fouftien  des  vailfeauXjmais  aulTila  caufe  efficient 
tom  ^e”  fanguÆcatioji.  Or  le.  foye  fait  enferablc auec  le- 

Vkutheur.  fangl’efptit  naturel. 

Comment  La  fanguification.  fe  fait  donc  en  cette  forte  ;  la  partie 
fe  fait  la  plus  grofficre&  parconfequent  la  plus  mutilé  du  chyle 
làitdansle  ventricule,  .&  qui  s’eft  en  fuitcperfcâionné: 
dans  les  boyaux  grcflçs,ic  vuide  dans  Icsgros,  depuis  par 
le  fondement:  Mais  la  partie  plus  loijablc&  plus  fubtile, , 
cft  attirée  par  les  veines  mefata'iques ,  qui  (ont  difpcrs'e'es  - 
dans  les  inteftins,où  en  palfant ,  elle  fe  change  vn  peu,  6C 
par  la  force  qu’elles  reçoiucnt  du  foyc,  elles  luy  donnent 
la  première  teinture  du  fang  ,  &  prend  alors  le  nom  de 
chyme  ou  de  fuc,  Auflî-toftquc  ce  fiic  aborde  au  tronc 
de  la  veine  porte  ,1a  Rate  en  attire  à  foy  la  partie  plus  . 
craffe  par  le  rameau  fplcniquc.  Gc  qui  rcftedeplusfub- 
îil ,  continue  fa  courfe  par  le  tronc  de  la  veine  porte ,  iuf- 
ques  à  fes  racines  qui  font  cfpanducs  datw  la  partie  caue 

dufo^e^ 


üiA  rvtntre  inferieur.  m 

^ufoye-,  Elles  font  le  véritable  lieu  où  fc  fait  lafanguifî- 
£ation,Ôc  le  parenchyme  du  foyc,  ou  fa  fubftance  rouge 
en  eft  comme  la  caufe  cjOScicnte,  qui  change  la  matière 
fur  laquelle  elle  trauaillc.cn  \nc  fubftance  qui  porte  la 
couleur  rouge  du  foye.  Or  cette  vertu  &  cette  qualité 
aftiue  delacliair  du  foye,  pénétré  facilement  la  tunique 
des  racines  de  la  veine  porte ,  parce  qu’elle  eft  tellement 
deliée  en  cctendroit,  qu’vnc  partie  du  fang, lors  qu’il  eft 
acheué-,  coule  par  fes  pores  dans  la  fubftance  du  foye- 
pour  fa  nourriture  :  le  refte  Ce  va  rendre  par  des  anafto- 
mofesdans  les  racines  de  laveinecauc,  oùlefangs’cla- 
boure  ôc  fe  perfeâionne  dauantage.  Cependant  labile, 
commci’ay  defiadit,cftfeparéedu  fang  parcesreiettons 
quiaboutiflentàla  veflie  du  fiel  &  au  méat  cholidoque. 
L’humeur  fereufe  eft  retenue  quelque  temps ,  afin  que  le 
fang  coule  plus  facilement  par  tout  :  Apres  qu’elle  luy  a 
feruy  de  véhiculé ,  elle  eft  chafsee  dans  les  Reins  (  auec  le 
fangfercuï,  qui,  félon  le  fentiment  àeGalten  ,nefccuic 
pas  dans  les  Reins  ;  mais  comme  cette  humeur  eft  vnex- 
crement  du  foye ,  le  fang  fe  fepate  de  la  ferofité  dans  les 
Reins)  de  là  elle  coule  par  les  vreteres  dans  la  veftie ,  d’où 
vient  i’vriue.Yne  partie  des  ferofîtez  va  àiapeau ,  &  fort. 
&:  s’exhale  par  les  fueuçs  éepar  les  tranfpirations  im. 
perceptibles.. 


chapitre  XV. 

Bes  Re/èruçirs  de  ta  htle ,  d  fçauoir  de  la  yefk 
du  fiel  y  du  méat  cholidoque,. 

La  nature  a  bafty  dans  la  partie  droiûe  Sc  cauc  du  foye 
deux  canaux, pour  rcceiioir  l’vne  &raimc  bile,  la 
fubtilc&  lagiofliete-,  l’vucftla  vejfie  dufiel  .,  &  l’autre  le 
Mnal de  U  bile ,  qui  font  nommez  les  méats  cholidoqueSi 
GaUë  a  lecognuccla,  lors  qu’ildit, qu’il  eft  de  deux  fortes . 

/  O  d’excrc- 


DuwMre^mferimri  loy 

Explication  des  fgures, 

Jji^fremiere  figure  rcprefcntc  là  Vcflîe  du  fiel ,  comme  eî- 
*  le  eft au  corps ,  auec  les  parties  voifincs .  La  fecmdfhA 
monitre arrachée  du  corps.' 

H*  H‘  i*‘  vfte  partie  du  péritoine  temerfe  auec  lès  cofles.  * 

I.  K  i.  la  partie  cane  da  fpye. 

L.  1.  vnepetitepmion  dùftege  de  Uparti'ecomexedùfoye. 

M-  !•  Idfijfnre dsi^foye  , ppttr donner  enme  ala  veine  vmht- 
licalè>' 

H.  N .  I.  les  inejgaliie^  qui  font  a  lu  partie  cartednfoje  .près 
de  torigine  delà  veine  porte. 

O.  I.’  le  ligment  dufoye  y sü  attache  là  partie  gauche  au 
diaphragme. 

I.  v»e fmojtté  dufoye,  pourfaireptace  au  ventricule. 

P’.  Qvi>  le  ventricule  prejfe  au  cofé  gauche. 

R.  I.  l’brif  ce  gauche  du  ventricule  y  auec  les  vaijfeàux  qui 
temhrafent. 

Sii  ^.V'orifce  droit  du  ventriculèy  Oit  lèpyloteioint  auduo~ 
denum^ 

T*  I .  vn  nerf  qui  s 'inféré  à  la  cauite'  du  foye ,  qui  vient  dee. 
nerfs  qui  entrelaffent  l’orifice  du  ventricule. 

V,i.  lavefiie  du  fiel. 

X.  X.  2.les  conduits  de  là  vefite  du  fiel,  qui  font  difperfezi 

dans  le  foye, entre  les  racines  de  la  veine  porte,  ^  de  la  - 
caue. 

Y,  1,  les  racines  de  là  veine  porte.  Z.  2^: celles  delà  caue  dans  ' 

lefoye. 

a;  Z .  /c  concours  dès  conduits  de  là  bile  en  vn  rameau.  • 
l.lecol  de  la  vefsie  du  fiel,  auquel  le  méat  de  labile  s'ine- 
fe're. 

le  conduit  commun  al'vn  ç^ràtautrciqui  va  au  duo^ 
denum. 

à\  t~4e duodénum  ouuert, pour f (tire  voir  Cinfertion  ducon’' 
duit  commun. 

O  ij 


LiurePrmttrl 


c.  1.  famre^m  vak Updrtie  cAne  dfi'foje,  &k  U  vtfsie  dtt 

fiel. 

i.  Z.  le  tjerf  dufoye^  &  de  îa  vefsie  du  fiel ,  vient  dn  m- 

meau  cofialde  la fixieme paire. 
q.  1.  les  veines  cyfi:i(^ues  q$si  viennent  de  la  porte. 

h.  tronc  de  U  veine  porte. 

i.  i.  fi  le pancréas  adhèrent  an  duodenam. 

K- 1*  m.  1  •  le  Mtfenttre  :  mats  K.  monfire  la  dijfrihsition  dse 
tronc  droit  de  la  veine  porte  dans  le  mefentere . 
n.i.  vne  veine  tffii  sedendAfifiegepefierieur  duReSlsem» 
i.  vnepartte  du  fonds  de  lavefste  detvrine. 
p  i  le  rein  droit  ^'junert  d’vne  membrane  remplie  de graiffe» 
q.  1  rvretere  droit,  depuis  le  rein  infijnesaPa  vefiie. 
ï.i  la  veine  ^  Tartere  fpermatitpne  droite. 
f.  i.  le  vaijfeati  porte  la  femence  du  tefticule  drûiU> 

d’excrcracns  bil'ciix ,  dont  le  foyc  fe  dcfchargc  ,  l’vn  puf 
&  fans  aucurnncflangej&:  l’autre  crade  &  mcflé. 

'  La  r>j|7;<?oula^o»r/f  cluficl  ,  nommée  des  Grecs  Kj'/rf 
'  Midochos ,  cft  vn  vailTeau  oblong ,  quelque  peu  rond. 


Du>  \entre  mferieuf.  jûp 

c^cftHire,  delafiguiedVnc  poire,  ooncaue,  Scquieft 
Æouucftd’vnc double  mcmbraned’vnc  qui  vient  du  péri-  ffim- 
toine,[  qui  cftcelle-li  mefmc  qui  couurc  la  foyc,]&:  qui  ^^*'**^‘ 
eft  fans  fibres,  l’atrachc  au  foyc,  &c  rcueft feulement. cette 
partie  quipend  hors  du  foye.  L  autre  eft  propre  &  plus 
cfpaid'e  &  plus  forte,  à  caufe  qu'elle  eft  compoféc  de  tou¬ 
te  forte  de  fibres. Elle  eft  enuironnée  dVne  certaine  crou- 
ftc ,  qui  le  forme  des  excremens  de  la  troifiéme  codion, 
pour  ladeffendrc  contre  l’acrimonie  de  la  bile.  Cette  vcf- 
fie  eft  petite,  à  l’cfigard  de  la  Rate  &  dics  Reins.  [Elle  a  *' 
prefqucdeuxtrauers  de  doigt  de  largeur.  Ncantmoins 
on  a  remarqué  que  tant  plus  vn  homme  eft  bilieux,  d’au- 
itant  plus  eft  elle  grande.]  ' 

OnladiuifeenfondsSc  cncol. 

Le /Wj  eft  rond,  placé  en  la  partie  inferiéuré  dufoyé,  Confonds, 
quand  il  eft  enfa  naturelle  fituation,  &  eft  teind  delà 
Couleur  iaune  de  la  bile,  bien  que  quelqucsfois  il  foit 
noir.,  àfçauoir  lors  que  la  bile  eft  bruflée  pour  auoir  efté 
trop  long-temps  retenue. 

Le  CJp  lus  dur  que  le  fonds, regarde  en  haut,  s’allonge  if 
èc  s’eftreffit,  iufqucs  à  ce  qu’ilfe  châge  en  vn  canal  eftroit 
^  fort  délié,  qui  va  aboutir  au  conduit  commun ,  quife 
rend  aux  inteftins.  On  remarque  au  col  vne  fînuofité  par¬ 
ticulière,  &  des  petites  membranes  ou  valuulcs,  àfçauoir 
quelquesfois  deux  ,  &  quclqucsfois  trois,  qui  empef- 
chentquelabile  ne  retourne. 

La  veific  du  fiel  a  reçeu  plufieurs  conduits  fort  déliez, 
qui  ont  vn  grâd  nombre  de  petits  rameaux  difpcrfez  dans 
le  foye  entre  les  racines  de  la  veine  caue ,  &  de  la  porte, 
qui  s’vniflans  apres  en  ynconduid,  portent  la  bile  toute 
pure  dans  la  veflic,quila  defeharge  chaque  iour  dans 
l’inteftin,  &s’en  remplit  derechef ,  &  ainfi  confequem- 
ment.  [  Contre  l’opinion  A'Arnif(ttis  que  lavcficulefc 
remplit  de  la  bile,  qui  eftantempefehée  parle  chyle  de 
■dcfccndrc  pai  le  méat  cholidoquc  aux  inteftins ,  regorge 
danslaveficulc.  Carj’ay  veu  fouucnt  monftrcrà  Mon- 
ficuri^^4/<e«/,  qu’en  preffanc  fort  légèrement  la  vcficulc 
O  iij 


ji9  Liun  Premier^ 

aueclà  main, labile  degorgeoit  aifement  dans  les  inte^ 
fti-ns,  encore  qu'ils  fuflent  pleins  de  chyle.] 

%ts  vjtîf-  Elle  a  reccu  deux  déliées  pour  la  nutrition.  Elle 

f^Àux.  ne  fc  nourrit  donc  pas  de  la  bilej  comme  veut  Ionhertl.%. 

caeliaquc  luy  diftribue  aufli  des  arteres  fort  petites.  EIIcn 
prend  vn  petit  nerf  fort  delicd’vn  petit  rejettonde  la  fi-. 
xiémcpaitCj  qui  fe  trame  fur  la  tunique  du  foye. 
ïi»  vfage.  Sonvfage  eft  de  rcceuoir  labile  jaune. cxcrementeufe 
toute  pure,  &  laplus  fubtile  (  non  pas  vn  excrcment  méf¬ 
ié  auec  le  fang',  comme  les  Reins  )  la  retenir  quelque 
temps,  [  pour  empefehe^,  corne  ilfembie,  les  parties  voi* 
fines  de  la  putrefadion ,  ]&  la  chalîer  puis  apres. 
te  mext  referuoir  de  la  bile  eft  le  canal  eu  le  méat  choli^ 

thilUeatte  fetrouuc  mefmeen  cesanimaux  qui  n’ôt  point  • 

de  veffîe.]G’eft'vn  vaiflcauoblong.,  deuxfois  plus  large 
que  le  col  de  la  veflie  du  fiel ,  qui  s’en  va  tout  droit  du 
foye  [  quel  que-fois  il  fe  diuiie  en  deux  petits  rameaux 
qui s’vnilTent  incontinent  en  vn5C©mmC;RioA^H^arcmar' 
qué]pârle  canal  commun  dans  Eintcftinf  non  pas  dam 
la  veficulc  i  comme  Fallope  n  eftîmé)  qui  reçoit  la  bile 
groffiere:[cequc  l’on  peut  voir  clairement ,  fi  on  fouffle 
dans  le  canal  après  l’auoir  ouuert,  car  l’intcftin  enfle  $c 
non  pas  la  veflie.  Et  a  remarqué  que  quelques- vns  < 

font  morts  de  la  diflenterie  bilieufe,  quiauoient  le  col  > 
de  la  veficulc  bouchéy  &  le  méat  cholidoque  fort  ample 
&  dilaté,][G’cftcc  que  a  reconu ,  qui  veut  aufli  que  ■ 
îabiléfoit  chalTée  du  foye  droit  auduodenum  :  Nous  dc- 
uons  à  Fallope  iptés  G'4//e«>lâ,veriiable  defeription  de  ce  - 
conduit  delà  bile. 

te  canal  Le  conduit  ou  canal  commun,  naturel ,  qui  fc  va  rendra 
femmun  au  commencement  du  ieiunum ,  ou  fur  la  fin  du  duode- 
^turc ,  eft  compofé  des  cols  du  méat  cholidoque  &.  de  la 

veflie  du  fiel,  &  s  infcreobliqucmei  [  delà  longueur  d'vn 
doigt,  ]entre  l’vne  &  l’autre  tunique  del’inteftin,  &  raef- 
me  quclqucs-fois  fendu  en  deux  ayant  des  petites  mem¬ 
branes  lafehes  de  la  tunique  interne  &  moyêne  des  inte- 
pofees  audeuant  de  fon  orifice,  Qtjandil 


Du^^entre  infemiir.  lit 

,  «  a  ’aîjondancc  de  bile  ,  comme  en  ceux  qui  font  dVno 
.  ^mplcxionbilicufe,  elle  fe  dégotge  dans  le  ventricule, 
lors  qu  cftans  à  icunjils  font  tourmentez  de  mal  de  vêtre. 

Ce  conduit  s  en  va  quclqucs-fois,  mais  rarement  au  Contre  u.»,- 
‘fonds  du  ventricule,  où  il  verfe  U  bile.  D'où  vient  le  vo-  tHre, 
Grecs  ont  appellé 

,  jPicrw/?5/i4»«  J  c'eft  à  dire,  picrocholes  par  haut  [Ce  qui 
arriue  auffi  rarement  au beftes  de  proyc, comme  a  remar¬ 
qué  Urgentèrius  i  &  aux  chiens  auflî  félon  l’obferuation 
àtioannei  Fvdms  ôc  contre  le  fentiracc  d^Akjikî^'  ]  Mais 
fl  le  conduits’infcreàla  fin  duieiunum  ,  les  deiedions 
font  toufiours  bilieufes ,  &  ceux  qui  les  ont,  font  appeliez 
ff  imthdicathi  c’eft  à  dire,  picrocholes  par  bas. 

fCeluy  à  qui  M-  A.  Seuerinm  tronua  à  Naples  en  h 
dificquant,Ieclîolidoque  implanté  au  colon,  deuoit  eftre 
;  fuictàccsdeicdions  bilieufes.  j 


.CHAPITRE  XVI. 
33f  U  %ate. 


La  Rate,  comme  fi  c’efioit  vn  autre  foyc  ,c(lfituceà  t*ftm 
l’hypochondre  gauche  vis  à  vis  du  foyc,  fous  le  dia-  rw». 
phtagme,  entre  les  colles  ôc  le  ventricule  ,  auxvns  plus 
haut,  &  aux  autres  plus  bas,  mais  en  tousiléft  plus  pro¬ 
che  de  la  partie  pofi-erieure,  ou  du  dos ,  puis  qu’elle  s’ap. 
puye  for  les  . vertèbres,  &  les  faulTes  colles , -de  manière 
qu’on  ne  peut  l’appcrccuoir,-par  rattouchement,  finon 
lorsqu’ellant  enflée,  elle  s’approche  vers  l’abdomen.  El- 
lechange  rarement  cette  fituation, pour  prendre  la  place 
düfoyeaucoftédroit,& donner  aufoye  le  gauche. 

II  n’y  a  qu’vne  Rate  le  plus  foiiucnt,  &  rarement  deux 
qnine  font  pas  de  mcfmc  grandeur  (  comme  Arifiote^ 
remarqué  au  4.  liure  de  la  génération  desanimauxehap. 

^^SiC  Pof!hius  à  Montpelicr)  [  &  P^ncirolus  à  Rome  ]II 
arriue  plus  rarement  qu’il  y  en  ait  trois  inégalés  couchées 

lesvncc 


lia  Lme  Premlsr^ 


Explication  de  la  /.  Figure: 


Les  diuerfes  faces  de  làRate  arrachée  du  corps  fonemoni* 
ftrées  1.  l’anterieure, auec  vue  portion  de  l’Epiploon, 
&auecfes  vaifleaux.  a,  La  région  cane  delà  Rate, 
3.  Sa  partie  conuexe. 

A.  le  cofiegmehe  de  UR4te,  carié  droit  efi  kycounert  de  l'E^ 

piploo»» 

B.  B .  X4  Membrane  inferteure,  de  l’Epiploon  tpui  conduit  les  ■■ 

vaijfeaux  a  la  Rate. 

C  C.  la  Membrane  fuperieure  de  f  Epiploon ,  fur  laquelli^ 
lés  vaijfeaux  font  porter  au  ventricule. 

D.  lapaniefuperieure  de  là  Rate, 
i..  là J>artie  inferieure  de  la  Rate. 

B.  lè  cojle  droit  de  la  Rate-  G.  le  gauch'e. 

H*  H.  la  ligne  blanche  a  lapartie  caue  de  la  Rate,  ou  lès  vaifr 
féaux  s" infèrent. 

lesvncs  fur  les  autre»  (comme  FalloppeaohCcmé)  &  Is 
rarement,  qu’il  ne  s’en  trouue  point  du  tout, comme 
Jlote  le  rapporte  au  lieu  que  j’ay  allégué,  &  Du  Laurent 
apres  luy,  [comme  auffi  Séhenekius  de  Mathias  Ortclius, . 

UHollitf' 


D«  ytnm  inférieur,  *  îîj 

BcffoUier  d’vne  fille.]  Ce  qui  eft  contrerordre  de  la  natu  ¬ 
re,  qui  mefurefcs  biensauec  tant  de  proportion  &deiu- 
ilefif,  i^u’eUe  n  èll:  ny  prodigue  fans  belbin^nyaiiare  en 
ce  quicd  neceflaire. 

L’opinion  du  vulgaire,  qui  pcnlè  qu’on  peut  l’arra-  Si  c» peut 
cher  à  ceux  qui  courent  fort  vifte,  mefmcs  fans  au- 
Gun  danger  delà  vie  ,  eft  par  confequent  faBuleufc  & 
chimeriqüe , principalement,  puis  que  perfonne  n’aia- 
mais  veu  ce  qu’on  dit ,  &  qu’aucun  Autheur  n  en  a  ia- 
mais  parlé,  ôc  que  cette  erreur  populaire  eft  venue  fans 
doute  de  cette  vieille  opinion  à’ Erajtfirat&,  quia  creu  que 
la  nature  auoit  créé  la  Rate  en  vain,&  fans  neccflité, 
te  débité  cette  mefme  marchandife  dans  la  boutique  de 
fon  marchand.  Mais  les  irifeétes  n'ont  point  de  Rate. 

C’eft  pourquoy  ce  dire  commun  n’eft  pas  véritable ,  la 
mouche  mejhte  a  vneRdte- 

Elle  n’eft  pas  grande  que  le  foye ,  mais  affez  groffe  &  'Pourqmj 
grande  en  l’homme, pour  rompre  ,  &  digerer  l’humeur 
qui  fe  fond  5c  fe  cuiét  auec  peine.  [^Sa  lôgueur  eft  prefque  , 

de  fix  doigts,  fa  largeur  de  trois  fon  efpailFcur  d’vn 
doigt.  Elle  nefetreuuc  point  de  cette  grandeur  en  au¬ 
cun  autre  animal.  ]On  croit  que  ceux  qui  ont  naturelle, 
ment  plus  de  fuc  melancholiquc,  l’ont  plus  grande ,  croif- 
fantayfement,  àcaufe  qu’elle  eft  d’vne  fubftancerarc  de 
lafche ,  à  mefure  que  ce  lue  y  entre'en  abondance.  Quand 
elle  groffit,  le  corps  diminue,  &  perd  fa  fleur,  ôc  fa  vi¬ 
gueur  ;  Car  elle  attire  trop  de  chyle  à  fey,  &  en  laifle  trop- 
peu  au  foye.  G’eft  pourquoy  l’Empereur  Traian  a  ap- 
pellé  le  Fifc  la  Rate, parce  que  comme  la  richelTe  de  celuy- 
la  eft  la  pauureté  du  peuple}  ainfi  l’accroiflement  de  ccllc- 
cycaufe  la  diminution  du  corps. 

Sa  figure  eft  le  plus  fouuent  oblonguc  ,  comme  celle 
d’vne  langue  de  bœuf,  d’où  vient  que  quelques-vns 
l’ont  nommée  •vifcus  Unguofum-.c't^  à  dire,  vilcere  fait 
en  forme  de  langue.  Elle  eft  vn  peu  conucxepar  dehors 
vers  le  cofte  gauche ,  5c  au  diaphragme  :  Elle  reçoit  queL 
quesfois  des  irapreffions  des  coftes ,  ôc  eft  cauc  du  tofté 

2 


h  4  *  Liurt  Premier] 

droit, icaufc  du  vtntricuicqui  cftadiaccnt,&  où  elle  ^ 
pat  le  milieu  de  fa  longueur, vne  ccrtaime  ligne  blanche^ 
qui  a  quelques  tuberofîccz,  &:  qui  reçoit  les  veine»!  &  les 
artères  auec  l’Epiploon.  Elle  a  quelqucsfois  contre l’or^ 
dre  de  la  nature, des  figures  diuerfes^&fe  trouue  parfaite- 
mentronde  triangulaire,  pointue,  arpre& rude  ,à  caufe 
de fescmincnccs, coupée  en  deux,&c.  comme  PiccoU^ 
mini  a  fort  bien  remarqué. 

CiuUtir  au  foetus  cft  rouge,  comme  celle  du  foyc ,  i 

caufe  qu’elle  fe  nourrit  du  fang  pur  delà  mcrevEUe  eft 
fioiraftre  aux  adultes ,  à  caufe  du  fuc  groifier ,  dont  elle  fe 
nourrit:  &  en  ceux  qui  font  plus  auancez  en  aâge.cllc 
approche  de  la  couleurliuide.  Mais  elle  prend  contre  na¬ 
ture  diuerfes  couleurs, iiuide, cendrée,  &c.  Selon  l’hu¬ 
meur  qui  prédominé, [les belles,  qui  ont  beaucoup  de 
chaleur, l’ont  aufli  plus  noire  qucl’hommc,mais  cclledcs 
porceaux  eft  plus  blanche.] 

Comenh»  £^l®cft  attachée  au  péritoine  par  des  membranes  dc- 
■  *  ‘  liées  qui  nailTent  de  luy ,  à  l’Epiploon ,  au  rein  gauche,  &C 

quclquesfois  au  diaphragme,  [contre  le  fentiment  de  Fcr- 
ttd  qui  le  oie,  qu’on  ne  fçauroit  exeufer ,  finon  qu’on  die 
qu’il  a  entendu  le  centre  du  diaphragme,  auquel  elle  n’cft 
point  attachée,  quoy  <\\xc  RtoUn  foufticnne  le  contrai¬ 
re.]  Mais  elle  cft  liée  par  fa  partie  caue  àla  membrane  fu- 
pcricurede  l’Epiploon,  dont  il  reçoit  auffi  vne  fimple  tu- 
Tmiç[ue,  ^  deliéc,[  qui  eft  neantmoins  plus  efpailTe  que  la 

membrane  du  foye,  qui  s’endurcit  le  plus  louuent  en  ceux 
quivieilhflcnt.j 

’SulfiAnce.  Sz'ffihfiAnee  ou  parenchyme  rcffemblc  a  vn  fang  noir* 
cfpais  •&  condenfé. 

VAiffeAux.  a  toute  forte  de  vai  fléaux,  à  fçauoirvn  tronc  côfi- 
fVelnts.  Jetable  de  la  veine  porte  ,  qui  eft  nommé  le  rameau  fplc- 
nique^fituébicnioinau  deflbus  du foÿe,  quifeva  rendre 
tranfucrfalementà  la'Rate,ôc  qui  porte  le  fuc  plus  grof* 
fier  du  chyle  (non  pas  l’cxcrcment  melancholique  du 
foyc,  veu  qu’il  ne  le  touche  pas.)  Ce  rameau  a  vu  grand 
pombredepetisrejettons  ,  qui  cftans  déliez  comme  de* 


3u  entre  inferieur.  Uf 

fibres,  fe  perdent  dans  la  Rate,  horfmisdcuxquicn  for. 
tent[qnclques*fois.]LVneft  appelle  vas  h  reste  ,c\ui  entre 
dans  le  ventricule,tantoft  aucc  vne  feule  blanche ,  &  tan- 
toftauecplufieurs,[quile  plüsfouuent ,  félon  l’obferua-^ 
tion  de  Fvalkus,  eft  vn  petit  rameau  de  la  veine  fpléni- 
que,  qui  eftant  venu  à  l’efpace  entre  le  ventricule  &  la  Ra¬ 
te, fe  diuife  en  deux  petites  branches ,  dont  Tync  va  à  là» 

Rate,  &  l’autre  au  ventricule.  ]Q^lques-vns  veulent  que 
cevailRau  dégorge  le  fang  acide,  pour  exciter  Tappetit, 
ou  pour  fortifier  le  ventricule, quieft  vuidé  puis  aprespar 
lèsinteftins.  L’autre  va  au  fondement,  &  engendre  les 
veines  hemorroïdalcsinternes.  [i74r»«»jaeftimé  qucle 
fuc  eft  porté  par  le  premier,  du  ventricule  à  la  Rate,  &  des 
inteftinsparle dernier,  Dequoynousparlérôs bicn-toft.] 

Elleaplufieurs  groftes  arteres  delà  cæliaque,tout  au-  Artères:- 
trementqueièfoye.i.  pour  entretenir  la  vie  Sc  la  chaleur 
naturelle,  z.  afinqucle  fang  groflîer  puifteeftre  changé 
pluspuiftamment.  5.  afin  que  là  Rate  foit  nettoyée  &  pu¬ 
rifiée.  Or  il  faut  principalement  remarquer  les  frequen¬ 
tes  anaftomofes  des  arteres  de  la  Rate  auec  fes  veines ,  &  Anaïîme^- 
fur  tout  vne  fort  remarquable  deuant  l’entrée  des  vaif-^^^^^®^ 
féaux  dans  la  Rate  :  les  autres  fe  font  au  dedans. 


LaRâte  reçoit  aufli  des  petit  nerfs ,  duramcau  coftal 
gauche  de  la  fixiéme  paire,  qui  font  plus  difpetfczdans- 
la  tunique  que  par  îà  fubftanee.- 

Geux  quifuiuent  l’opinion  commune,  attribuent  à  la»> 
Rate  lïois  aRiont,  i.d’attiicr  du  foyc  l’humeur melancho- 
lique  excremcntcufe&  boüeufc.  a.  d’enfeparer  l’excrc- 
ment  melancholique  ,  afin  qu’elle  fe  nourrifte  de  bon» 
fang. }.  de  lc  dcfgorgcr  apres  qu’il  eftfcparé,danslcvcn- 
tricule&lcsinteftins.  Onditaufti  que  l’aliment  delà  Ra¬ 
te  eft  clabouré  &  rompu  par  les  art  ères ,  afin  que  fa  chair,, 
qui  eft  fpongieufe  &  lafche  fepuiffe  nourrird'vn  fang 
vaporeux  &(ubtjl.  Les  conduits  par  oùon  croitque  la» 
Rate  jette  dehors  rcxcrement  mclancholiquejfontle-y^i 
&  la  veine  hemorroidalc.  Ils  veulent,  enfin  que  la» 
Rate  foitlc  tcccptaclc  de  l’cxcrement melancholique,  on 

P  „ 


Dm  ventre  inferieur,  I17 

La  Figure  /. 

Elle  l'cprcfeiitc  la  Rate  toute  entière. 

A.  îa  partie  cane  de  U  Rate m  entrentUsvai^eaux. 

B.  le  rameAft  /pleni^ifie  delà  veine  perte  <^i  approche  Jrfrf 

U  Rate. 

C.  le  rameau  /pleni^ue  de  l’artere  Caliaque  >  qui  và\tor~ 

tueufement  À  la  Rate.  ' 

Ti.'vne  certaine  ana^omoje  de  t artere  &  de  la  veine  fple~ 
nique ,  deuant  que  l' vue  l’autre  entrent  dans  la  Rate-, 

E  le  rameau  hemorrdi  lai  de  la  veine  fplenique. 

F.  quelques  arteres  qui  defeendent  au  pancreae. 

G  le  pancréas- 

b.  la  diuifion  du  rameau  fplenique  en  deux  rameaux\f»- 
pierieur  &  inferieur^  deuant  qutl  entre- 

La  Figure  z. 

W ne  portion  de  la  Rate  defpotiillée  de  fa  tunique. 

Â-  le  parenchyme  de  U  Raté  defcouuert ,  qui  menfire  les 
peres  de  fa  fubfiance. 

K  vne  portion  de  la  Rate  encûreceuuêrtede  Jhnenuelope. 

C,  vne  portion  de  la  tunique  de  la  Rate  feparee  du  pOe 
rtnehyme*  ^ 

La  Figure 

A.  vne  portion  de  la  Rate  coupée  par  le  milieu  qui  monfire  lei 

vatfeaux  qui  font  efpandus  dans  fa  fubflance. 

B. ,  les  orifices  ounertsdes  arteres  coupées  tranfuerjalement. 

La  Figure  zf. 

Les  veines  &:  les  arteres  cfparfcs  dans  la  Rate ,  Bifeparées 
du  parenchynte. 

A.  laveine fplenique, 
i  artere  fplenique- 

P  iij 


ri  8  hlure  *Tremltr^ 

C-  Vanafiomofede  Cvne  dr  l'antre. 

D .  les  veines  &  les  arteres  difie  rfe'es  en  vm  infinité' de  petites 
hanchesi 

’E.làdiuifionde  làveifiet  &detartere,  deuant  cju  entrer  en 

detix  rameaux  [uperieur  &  inferieur- 
F .  les  vaifie  aux  fort  delie:^  comme  des  cheueux,  au  fouets  lès, 
plus  grands  rameaux  fe  difiribuent  enfin  a  tentour  du 
circuit  du parenehyme.i 

de  la  lie  du  üing ,  qui'  en  a  eft’é  feparée  dànsic  fbye  ;  Dè 
niefme  que  là  veffie  dli  fiel  reçoit  là  bile  jaune,  &  que 
pour  cette  caufe  la  Rate  eft  mife  à  l’Oppofite  du  foye. 

$i  î»  Rate  Pournousinous  nions  quela  Rate  foit  défiinee  feulement' 
refoit  l'ex- pourreceuoir  les  excremens- 

eremet  mt-  ;^os'raifbnsfont:  i,  Il  n’ÿ  a  point  dans  là  Rate  aucune 
^du^folT*  cauité  ample  pour  les  rcccuoir,  comme  nous  envoyons.; 
**^'^*'  àJaveiîîedu  ficl,dans.les  rmuofitez- membraneufesdes- 
rcins>  &  àla  veffic. 

2-  Si  elle  cftoit  le  receptaclè  dé  quelque  excremenr,; 
pourquoy  n’eft-elle  pasfîtuée  en  vn  lieu  plus  bas,  pour 
rcceuoir  plus  commodément  cét  exetement  pefanr^ 
comme  les  autres  réceptacles  ? 

FoihU  rai-  3*  Rondelet  y  qui  nie  que  la  Rate  foit  le  referuoir  déThui 
fin  de^Ren-  meur  mckncholique,  apporte  cette  r  aifon ,  qu  e  cett  e  hui- 
delet.  meur,  lors  qu’elle  eft  naturelle ,  eft  toute  employée  pour 

les  parties  ofleufes ,  &c  celles  qui  font  dures  &  feiches ,  ôc 
que  comme  elle  eft  en  nous  en  tres-peiitc  quantité,  lana- 
tureneluya.pasdcftiné  aucune  partie  pour  la  rcccuoir, 
non  plus  qu’aux  cxcrcmens  du  fang ,  qui  s’en  vont  parles 
fueurSj  &parlatranfpiration  infenfible.  Nous  cftimons 
neantmoins  que  cét  argument  n’a  pas  beaucoup  de 
force> 

4.  Pourquoy  les  petites  branches  de  ce  réceptacle,  ou 
au  moins  du  rameau  fplcnique,  ne  font-  elles  pascfparfds 
danslafubftance  du  foye ,  demcfme  que  lavcfliedufici; 
reçoit  des  petits  rameaux  qui  font  difperfcz  dans  le; 
£oych  .  '  ■  ■■  ' 


Du  ra entre  inferieur»  it  f 

fÿ  poarquôy  ny  a-ilpoint  quelques  condaits  qui  por- 
itentdufoyecefuc? 

6.  Aucune  partie  ne  fc  peut  nourrir  d’vn  excrement, 

■quoy  queO/««»^«j  die  qu'aucune  partie  ne  s’en  nourrit, 
excepté  la  Rate. 

7.  C'eftvne  trop  grande  abfurdité  que  l’excrcment  doi- 
ue  defgorger  dans  la  veine  porte,  &  puis  apres  dans  le 
rameau  fpleniquc. 

8.  Elle  receuroit  les  excremens  par  les  mcfmes  conduits, 
par  où  elle  les  vuideroit. 

9.  Le  plus  ferme  appuy  de  noftre  opinion  eft,  quc^la  5.^^ 
îRatene  peut  cftre  le  réceptacle  de  l’excrement ,  parce  4^ 
qu’ellea  vn  fécond  organe  de  la  fanguification,  commtfangcem- 
mous  l’allons  prouuer  :  Car  nous  epmons  que  la  fait 
vnfang  plus  groiîler  :  mais  louable,  de  la  partie  la  plus 

crafTc  du  fuc ,  qui  eft  attirée  par  le  rameau  fplenique  par 
vne  faculté  naturelle. 

Cclaparoift  parlareffemblance  de  fa  ftrudure  aucci® 
foyc.  Car  comme  leibyeeft  vn  vifeere  charnu  couuert 
d’vne  tunique ,  pourueu  deplufieurs  vaifleaux,&  dont  la 
diair  eft  comme  du  fan  g  rcfpandu:la  Rate  eft  pareille¬ 
ment  vn  vifeere  à  . qui  la  nature  a  donné  vne  tunique  & 
pluficürs  vaifreauxdiuerfcment  impliquez,  dont  la  chair 
propre  eft  comme  vn  fang  efpandu  ôc  congelé. 

'i.  Il  y  a  vne  infinité  d’entrelaftemens  &:  d’anaftomo- 
fes  dans  la  Ratc.<Or  il  n’y  a  iamais  des  entre  laftemens  que 
pour  vne  nouucllc  élaboration ,  comme  cela  fe  voidau 
cerueau,  aufoye,  auxtefticules,.aux  mammclles , 

3.  Cclaparoift  par  la  fituacion  du  rameau  fpleniquc, 
qui  eft  loing  au  deflbus  du  foye,  &  qui  vient  du  tronc  de 
la  veine  porte, ou  vne  partie  du  fuc  ou  du  chyle  qui  a  def- 
ja  quelque  difpofition  de  fang ,  eft  attirée.  Par  côfequcnt, 
fi  elle  y  reçoit  la  matière, d’où  le  fang  fcfait,  pourqnoy 
la  Rate  ne  fera-  elle  pointde  fang  ? 

4.  C’eft  la  couftume  delà  nature  ou  de  doubler  les 
parties  du  corps,  donnant  à  chacune  fa  place  &  fon  rang., 

cela  fc  void  aux  reins,,  aux  tefticulcs  ,.aux  poul- 


11 0  Lhre  Premier, 

mons,  aux  mamelles,  aux  organes  des  fens,  Stc.  Ou  fi  elle 
en  fait  qui  foit  vnique ,  elle  la  place  alors  au  milieu ,  com¬ 
me  le  cœur,  le  ventricule,  la  matrice,  la  vcflic,  le  nez,  U 
langue,  la  bouche,  &rc.  la  rate  par  confequentdoit  cftre 
le  frere  gemeau  du  foyc. 

5.  Les  maladies  de  la  rate, auflî  bien  que  celles  du  foyc, 
.  blellèntla  fanguification. 

«j.Lafituation  dufoye  change  quelques-fois,  de  forte 
qu’il  eft  au  cofté  gauche ,  &  la  rate  au  droit. 

7.  La  rategrojÉîr,  lors  quelefoye  manque  ou  diminue, 
Belledonne  fecoursau  foy  e,  comme  il  eft  manifefte  par 
plufîeurs  exemples.  D’où  vient  qu’on  a  fouuét  trouué  aux. 
difleâions  la  rate  plus  grande  &  plus  rouge  que  le  foyc. 

8.  Il  n’eft  pas  vrayfemblablc  qu’vn  fi  grand  nombre 
d’arteres  entre  dans  la  rate  à  caufe  des  excrcmens  ;  il  eft 
bien  plus  croyable  que  c’eft  pour  cuire  le  fang  plus  grof- 
fier,  &  pour  l’attenuer  par  leur  chaleur,  furmontant  la  re- 
fiftance  de  fon  efpaiffeur. 

5).  La  Rate  eft  rouge  dans  le  fœtus,  comme  le  foye„ 
pourlaraifon  que  nous  auons alléguée. 

10-  Les  maladies  du  foye  &  de  la  Rate  font  prcfque  fem- 
blables. 

11.  EtlcsvicesdervneB  de  l’autre  fe  guerilTcnt  pref- 
qucparmefmcs  remèdes. 

iz.  Silesauthoritez  ont  quelque  poids  .  Nous  auons 
’Ariflote  quiauliu.  3.  desparties  des  anjm.  chap.  y.pro. 
nonce  ainfi  en  noûrefaueur:  Qiie  le  foyc  B  la  Rate  ont 
vnc  nature  femblable  ,  &  parciricment  que  la  Rate  eft- 
commevn  foye  baftard,quequandla  Rate  eft  petite, le 
foye  fe  fend  en  deux,  &  que  toutes  les  parties  font  pref- 
qae  partagccs  en  deux  dans  le  corps.  Platon  nomme  la 
Rate  le  portraiû  naturel  du  Foyc.  D’autres  l’appellent  le 
vicahedufoye,  &  le  foye  gauche,  Scc.r^mheur  du  U- 
^^^del  Ffage  de  la  refpihation.z  confirme  la  racfmc  chofe,, 
aufli  bien  qa  Jphrodifeus ,  ^reteus,  &  les  autres.  Ptcolo- 
mtni  donne  vn  autre  vfage  d  la  Rate,  c’eft  de  faire  plus, 
grande  abondance  de  fang.  " 


On  de- 


Du  \en  tre  inferieur,  1 1  ï 

On  demande  pour  quel  vfage  U  Rate  fait  ce  fang? 

Les  vns  eftimciu  que  c’eft  afin  que  tout  le  corps  s’en 
fiourri(re,auffî  bten  que  de  celüy  du  foyc,  &  pour  donner  Us  pmhs 
recours  au  foye.  u  R4tefms 

Màis  nous  eftimons  que  cela  ne  fe  fait  que  dans  vnc 
grande  neeeflke,  lorsque  léfoyc  manque,  ou  qu'il  eft 
mal  alFedé, 

Et  croyons  que  Rate  cft ordinairement  Torganequi 
fait  lé  fang, pour  nèurrirles  vifeeres  du  ventre  inferteur». 
comme  le  Ventricqle.les  boyaux,  l’Epiploon,  le  Mefcnte- 
re,  le  Pancréas^  Que  la  Rate  raefraefe  nourrit  do 
quelque  portion  de  ce  fang„,  rcnuoyantcc  qui  relie  aux 
parties  que  re  viens  de  nommer.  Et  que  le  foye  pouruoit! 
de  (àng  aux  autres  parties,  du  corps.,  6c  principalement 
aux mulcukul'es.  Nos raifons font:.. 

1.  Parce  que  les  vifeeres  du  ventre-  inferieur  rcçoiuent 
îéur  nourriture  de  la  v.cine rplcnique,  ou  des  rapeaux  qui 
en  fortent,  ou  de  ceux  qui  en  font  voifins ,  à  fçauoir  des 
feuls.  rameaux  de  là  veine  porte  ,  &  non, pas  de  la  veine 
cauc. , 

2.  Parce  que  ces  vifeeres  eftans  plus  grolfiers  ,.plus  fa- 
les,  6c  plus  terr cftres ,  qu'aucune  autre  partie  du  corps ,  il  : 
a.efté  neceffaire  que  la  Rate  leur  fournift  ce  fang. 

3.  G'cftpourquoy  le  foyeeft  plus  grand,  parce  qu’il; 
fait  du  fang  pour  tout  le  refte  du  corps,  &  la  Rate  plus  pc- 
tite^parce  qu’elle  ne  fanguific  que  pour  le  ventre  inferieur» 
l^tilcmcnt,  linon  quand  la  neceffité  l’oblige  de  fccourk  v 
le  foye. 

4.  La  Rate  des  chiens  eft  grefle  &  longue,  parcequc: 

Ics  parties  6c  les  vifeeres  du  ventre  inferieur  font  plus  pe¬ 
tites  au  chien,  &  ont  moins  de  plis  &dedcllours  qu’en  . 
l’homme. 

,5.  La  différence  qu’il  y  a  entre  la  gra’lfc  des  parties  . 
ntufculeufcs ,  ou  celle  qui  s’engendre  aux  parties  qui  fe 
HourrilTent  de  la  veine  caiie,&;:  lagiaiire  bourbeufc,qui  » 
le  pourrit  ailément  au  ventre  inferieur,  comme  à  l’Epi- 
ploon, aux  jmcftins,  au  mefeutere,  .6cc,  Dîoii  naifieitc " 

CL 


•izz  LlureVremlers 

tant  de  fortes  de  corruptions  au  tourduMcrenfere  :  'Ec 
d’autant  plus  l’humeur  ell  crallë  (comme  eft  la  graiflo 
boüeufe  )  d’autant  pluftoIleHe  fe  corrompt.  De  forte  que 
lagrailTc  boueufe  fe  gafte  plurtoft  que  la  grailfequi  eft 
aux  parties  m'ufculcufes,  Ainfile  fang  de  la  Rate  eft  plus 
-difpofé à  la  pourriture  queceluy  du  toye.  Ccluy  dufoyc 
plus  que  ccluy  du  ventricule  droit  du  cœur.  Ccluy  des 
-arteres  l’eft  moins  ,  &  enfin  les  efprits  moins  que 
tous. 

6.  La  plus  forte  déroutes  nos  raifans  eft ,  que  là  où  il 
fe  trouuevne  partie  qui  ala  fubftancc  desvifeeres,  il  y  a 
Jades  veines  qui  viennent  de  la.portc  ou  des  rameaux  de 
la  rate  :  Et  la  où  il  fe  trouue  quelque  partie  charnue  muf- 
culeufe,  il  y  a  là  des  veines  qui  prennent  leur  origine  de 
la  eaue,  comme  cela  fe  void  au  redum ,  dans  lequel  la  na¬ 
ture  a  mis  deux  fortes  de  veines ,  à  caufe  de  fa  fubftance 
•double  :ies  veines  hcmorbr'dales  externes  qui  nailTcnt  de 
la  caue ,  font  en  la  partie  mufculcufe  de  l’inteftin,  &  celles 
qui  viennent  delà  veine  porte,  font  en  la  fubftance  vu- 
feereufe  ou  inteftinalc. 

Si  laRate  [Qu^Jques-vns  des  Modernes  difcourcntâutrcmêt  de 
Attire  l’hu-  delaRatc.  Hieronymns  Reufnerus  dans  Ion  traité 

tneur  fe-  du  Scorbut ,  fuiuant  Ics  fentimens  à’ Hipfocrate,t^\Tat 
reufti  que  la  Rate  n’attire  que  les  parties  plus  (ubtilcs  &  plus 
aqueufes  du  chyle  qu’elle  conuertit  envn  fang  aqueux, 
fon  opinion  eft  en  partie  vraye,  &en  partie  faulfe:  Elle 
eft  vraye,  entant  que  les  parues  plus  dehees  du  chyle  ferl 
uent  comme  de  véhicule,  pour  porter  les  plus  grofsieres: 
Elle  eft  fauffe ,  cnlant  qu’elle  ne  veut  pas  que  la  Rate  at¬ 
tire  aucune  partie  craflè,  bien  que  les  obftruiftionsde  la 
Rate  ,  l’opiniaftreté  de  la  fièvre  quarte  ,  qui  vient  delà 
cralfedes  humeurs,  la  fuperficie  de  la  Rate  que  ces  hu¬ 
meurs  crafles  rendent  inefgale,fa  faueur  afpre,  &  plu- 
fieurs  autres  chofes,que  vous  trouuercz  dans  les  Contro- 
si  elle  Prt-  Anatom.  de  rAutheur,monftrent  le  côtrairc.f’/'4«- 
pare  le  {a»]  Poiéleuin  au  liurct  de  la  Rate ,  Càrolus  Pifo  en 

arterieux}  ^®*  iïialadies ,  qui  n’ont  point  efté 


Du  entre  inferieur.  i2> 

îoarqiises  iufquesicy  ,  qui  viennent  d’vn  dejltordemcnr 
fereux  ,  &  (tÆmilms  Partfanus  en  fa  fubtil.  Microcof. 
veulent  que  la  Rate  foit  comme  vn  autre  laboratoire  du- 
fang,&  quelle  fait  le  fangarterieux  pour  le  ventricule 
gauche  du  cœur ,  comme  le  foye  pour  ledroit.  Maisilcft' 
âfé  de  réfuter  cette  opinion. 

I.  Parcequ’iln’y  aaucun'chemin  paroùcefàng  puilfe' 
s’aller  rendre  au  ventricule  gauche  du  cœur ,  puis  que  les 
valvules, qui  font  i  l’cmboucheure  de  l’Aorte  en  ferment' 
Icpaifage.  2.  Il  fe  fêroit  vn  medange  dangereux  des  fucsi 
dontl’vneft  parfait,  &  l’autre  imparfait,  file  cœur  rece- 
uoit  lefang,  de  diftribuoit  les  efprits  par  vn  mefmc  chc- 
min,& en  vnmefme temps.  3.  Plufieurs  chofes  animées- 
viuentfans  Rate , qui neaiitraoins.engcndrent  des  efprits- 
vitaux. 

Menfteur  de  la  Chambre  en  fes  Nouuelles  coniedurej 
furladigeftion,  eftime  que  la  Rate  préparé  les  efprits  qui' 
feruent  à  la  digeftion.  Je  croirais  •volo>ftierSiêiii-i\,^He  fa 
frincif  ale  fonltion  ejl  de  f  reparer  ces  efprits  quidoinent  dif- 
foHdreleSalimens'y  Garce  grand  nombre  d’arteres  qui  font' 
éfpanduës  dans  Ja  fubfiance ,  &  dont  il  y  a  mefme  desra¬ 
meaux  y  qui  par  vn  priuilege  particulier  s’ vnijent-  auec  leS' 
veines ,  &  ne  font  quvn  corps  auec  elles ,  font  vraifembla- 
blement  ingerquily  a  quelque  chofe  de  bien  délicat  »  &  de 
hienfubtilquis  apprefle  ùdedansy  é'qtti  efi  ajfèure'mentde- 
fitnepourf  Efiomaeh,  veu  le  voifinage»  &  la  communication 
qu’ils  ontenfemble.  La  qualitémefme  du  fang  qui  coule  en  ces 
parties  y  fait  penfer  qu’il  ef  employé  a  quelque  autre  chofe- 
qu’k  leur  nourriture ,  &  quefiant  tout  plein  ^  tout  beüillant  ' 
d' efprits ,  qui  ont  eflé tirez; des  alimens ,  la  nature  qui  les  veut  • 
mefnager  auparauant  qu’ils fe  dijfipent»  ou  quilsperdét leurs  ' 
forces  y  les  enuoyepromptement  dans  la  Rate, afin  de  les  méfier  ' 
.auec  ceux qu  elle  revendes  arteres»  pour  feruir  puis  apres  k- 
la  dijfelution  des  viandes  ;  car  efians  vn  peu  plus  grojfiers' 
que  ceux  qui  ont  efiérafinez;  par  tant  de  coébions  &  dedige-* 
fiions  y  le  rapport  quilsdoiuent  auoir  auçc  les  alimens»  en  eft 
plus  iufity  ér  leur  vertu  pim  efiicace-  Cefidonc  dans  la  Raae  <• 


rr24  Llwre  Premier] 

que  ces  ejprits  fe  f  ermeutent  &  fe  purifient,  comme  le  vin  qui 
boultdans  les  tonneaux.  Mais  ccttc  opinion  qui  paroifti 
la  vérité  fort  belle  &  trcs^ingcnieufe,  &  qui  cft  expliquée 
auec  beaucoup  de  grâce ,  a  fes  difficultcz  qui  la  rendent 
moins  probable,  i.  la  matière  quieftreceu'é  dans  la  Rat© 
h'eftpas  propre  pour  cftrc  changée  en  cfprits.  i.  le  lieu 
n  a  pas  allez  dcchaleur  pour  les  rafiner.  3.1afubftancc  de 
la  Rate  eft  trop  rare  &  trop  fpongieufe.  4.  les  cfprits  que 
le  cœur  diftribuë  pour  nourrir  &  viuifier  les  parties  infe¬ 
rieures  par  l’Aortc/emblcnt  cftre  fuifii^ns  pour  cela.] 

X  opinion  des  anciens  qui  eftimoient  que  la  Rate 
ondit^q^  qucIquc  façon  rcccuë, 

î»  Rate  efi  à  fçauoir  entant  quelle  attire  à  foy  la  plus  grolîicrc  partie 
;:le  fie^e  An  du  fuc,&  en  fait  du  fang ,  afin  que  ce  qui  refte  &  qui  doit 
.  cftre  elabourc  par  le  foye,  foit  plus  rafiné  &  plus  fubtil. 
Carileftvray  que  les  animaux  les  plus  gais  &  gaillards 
ont  la  Rate  plus  grande,  &  les  plus  luxurieux, ont  plus  de 
foye:  les  plus  doux  Sc  ies  plus  paifîbles  ont  moins  de  fielj 
les  plus  timides  Sc  qui  ont  moins  de  courage,  ont  yn  plus 
grand  cœur;  Et  ceux  qui  ont  la  voix  plus  grande  Scplus 
forte, ont  plus  de  poulmon,  C'eft  ce  qui  a  donné  lieu 

à  ces  vers. 

Le  caurnom  efi  donné  pour  le  raifinnement- 
Le  poulmon  pour  U  voix ,  le  fiél  efi  finfirument 
De  cholere ,  du  ris  U  rate  ^  de  la  ioye> 

De  l’amoureufe  ardeur  le  principe  efi  au  foye. 
iCemmt  tU  Laratedonc  faitdufang  pour  la  nourriture  des  vifte- 
le  res  du  ventre  inferieur  ,  Sc  la  partie  cxcrcmcntcufc  qui  ne 

txertmem  pem  pa$  cftre  furmontéc  par  la  force  de  la  rate ,  fc  purge, 
*  'ficllecftfubtile  &aqueufiî,  1.  paries  arrêtes  non  feule¬ 
ment  dans  lesinteftins,  maisauffi  dans  les  reins  parles 
emulgentcs.  (  D’où  vient  qu’aux  maladies  do  laratc  les 
■vrines  font  fouucnt  noires,  Sc  qu’on  fc  fert  alors  de  di- 
vretiqucsjSc que  les  rateleux Scies melacholiques abon¬ 
dent  en  ferofitez ,  comme  Hippocrate  Sc  Galien  l’ont  enfei- 
gne,  caril  faloit  que  la  ferofité  fuft  le  véhicule  de  l’hu¬ 
meur  la  plus  greffier  c.  C’eft  pour  cela  que  ceux  qui  ont 


Dtinj entre  inferieur,  115 

U  fievrequittc/ucnt  &  pifTent  abondamment  )  &  lors 
quelle  eft  en  trop  grande  abondance  par  les  veines  hé¬ 
morroïdales.  2.  par  le  ventricule  (doit  vient  la  grande 
abondance  de  faliuc  que  nous  voyons  au  feorbut  5c  en 
lafievre  quarte  ,i  qui  Galien  attribué  le  crachement  pour 
vndc  fesfignes.  C’eftpourquoy  les mclancholiqucs font 
d’ordinaire  grands  cracheurs  )  non  feulement  par  le 
moyen  du  vas  breue  .maisauflî  des  autres  parties  voifi- 
nes.  Si  elle  eft  craiTe  &  terreftre ,  elle  fc  vuide  droit  par  le  _ 
iîege  (5cnon  par  le  moyen  du  ventricule.) 

Car  I.  la  melancholie  rend  noirs  les  excrcmcns , comme 
enfeigne  (74//V».  a-  Elle  fc  porte  en  bas  parfon  propre 
poids.  3.  L’euacuation  del’humeur  noire  pat  les  veines 
hémorroïdales  internes, guerift  dermaladies  mclancholi- 
ques  prefentes  ôc  prèferue  de  celles  qui  pcuuent  aduenir, 
comme  l’enfeigne  en  pluhcnrs  endroits  le  vénérable  âç 
diuin  vieillard. 


[Voila  les  fentimensque  nous  auons  tenu  iufque  icy.  La  plus  ^e. 
Mais  nous  auons  ouy  enfeigner  au  célébré  Ieant^F’alms^if‘*l’l*  "1**” 
•qu’il  n’a  iamais  remarqué  aux  düTcdions  des  corps  viuas, 
que  les  humeurs  fc  portent  à  la  rate  par  le  rameau  fplcni- 
que  de  la  veine  porte:  d’où  il  concluoit,  qu’il  n’eftoit  pas 
raifonable,  ou  que  la  melancholie  fut  portée  du  foye ,  ou 
le  chyle  par  leramcau  fplenique  dans  k  rate ,  5c  par  con- 
fequent  que  la  rate  ne  reçoit  pas  du  foye  l’cxcrement 
mclancholiquc ,  &  que  le  fang  ne  fc  fait  pas  de  la  melan¬ 
cholie  ou  du  chyle  dansla  rate  :  mais  qu’aucontrairc  U 
auoit  toufîours  remarqué  que  tout  Icfang  fc  portoit  con¬ 
tinuellement  auec  aftczde  vitefle  Ôc  d’impetuofitcdck 
rateaufoycjcommeauflî  ccluy  de  la  veine  hémorroïdale, 
du  vas  breue  ôc  des  autres  veines  qui  feioignent  au  ra- 
meaufplenique:ôc  qu’iln-y  auoit  aucun  autre  mouuemét 
des  humeurs  vers  la  rate,  que  par  le  rameau  fplenique  de 
Tartere  cœliaque  5  &  pour  cette  caufe  que  la  rate  ne  reçoit 
point  naturellement  d’ailleurs  quelque  matière  qu’elle 
change  que  de  l’artcrc  cœliaque . 

Or  illuy  fembloit  plus  vrayseblablc  que  le  sag  qui  dc- 
Q.iij 


Liure  Premier^  i 

uoit  efti'c  pl’’  raffiné, çftoit  diffiaud  par  la  chaleur  dii  cœu^; 
6c  corne  il  eft  chafle  du  cœur  par  les  artères  cæliaques  dans 
larate ,  que  toute  cette  malTe  dufang  n  eftoit  pas  retenue 
■par  la  rate  ,  mais  feulement  la  partie  acide  du  fang  qu’on 
peut  appcllcr  mclancholie,  comme  la  veffic  retient  feu- 
Icment  la  biletDel'a  mefme  façon  que  par  les  diftillations 
chymiques ,  l’humeur  acide  ell  feparée  des  efprits: 
cette  humeur  acide  eft  perfeétionnec  par  la  Rate ,  qui  en 
deuientacide  ÔC  noiraftre.  Qi^elle  fe  mefle  en  fuite  auec 
lefangdanslesvaiffieâuxjôcaueclc  chyle  au  ventricule, 
lefquels  elle  fubtilife ,  c’eft  pourquoy  les  obftrudionsde 
la  rate  font  caufes quM  s’amaffe  au  corps  des  humeurs, 
groffiçres ,  non  pas  parce  qu’elles  ne  font  pas  attirées  par 
la  rate,  qui  ne  s’y  trouuent  pas  auffi  natutellement ,  mais 
à  caufe  que  là  rate  ne  peut  pas  communiquer  cette  hu'^ 
meur  acide  dilToluante  &  atténuante  au fâng  ou  au  chyle; 
Q^e  tout  ce  qui  eft  inutile  de  cette  humeur  pour  la  nour* 
riture,  eft  euacué  auec  les  ferofitez  par  les  vrines.  Car 
les  chofes  acides,comme  le  vinaigre, ôc  l’efprit  de  fouphre 
fcmeflenitaifémcnt  auecI’eau,6Côn  peut, en  diftillantl’v- 
rine,  tirer  derechef  cette  humeur  acide,  j 


CHAPITRE  XVIL 


Des  Pleins. 

Trois  fortes  T  E  fattgfe  purifie  de  trois  fortes  d’excremens  :  la  bilè 
d'excremês  X-/fubtiles’en  vaàlavcffiedufiel ,  labilccraffie  aumeat 
dufang.  cholidoque,6cla  ferofîté  aux  Reins.  Or  parce  que  nous* 
anons  parlé  des  referuoirs  des  deux  premiersiilnous  faut 
maintenant  traiéter  du  troifiéme. 

Iivmelo-  Reins  font  ainfi  nommez  du  verbe  grec  Rhei»  qui 

gte,  ^  fignifie  couler  ,  à  caufe  que  la  matière  de  l’vrine  coule 

pareux,lesGrecsles  appellent iVefiW de qui 

lignifie  vriner,  c’eft  à  dire,  vrinatcurs. 

Ils  font  deftx^Ÿ^nce  qu’entre  tous  les  cxcremcnsila 


Kombrs. 


Du  «ventre  inferieur.  J37 

ferofitécftlaplus  abondante,  &  furpaïTervne  &  l’autre 
bile  excremcnteufe.à  caufe  du  fang  dont  ildoiteftre  le 
-véhiculé  ,iufqu’à  ce  qu’il  arnueaux  plus  grofTcs  veines 
quifortent delà  veine  cauej  EtafinquervneftantafFe- 
.âé,râutre  P uilTe  attirer  l’humeur  fereufe.  [Car  ie  n’eftime 
*  pas  véritable  ce  que  dit  Seaermietm  >  que  l’vn  eftant  ma¬ 
lade,  l’autre  ne  fer  t  point  à  l’euacuationde  l’vrine;  Puis 
que  le  contraire  paroift  enceuxdontl’vn  ou  l’autre  Rein 
feulement  eft  bouché  d’vne  grofle  pierre  ,  ou  confumé 
d’vn  vlccre:  E  t  il  arriue  le  contraire  de  ce  qu’il  penfe'dans 
-les  autres  partiesiV n  œil  eftant  blefsc,  l’autre  void ,  &  vn 
lobedupoulmon  eftant  confumé  d’vncofté, l’autre  fait 
larefpiration,fînonqueles  deux  parties  foient  affedées 
par  vne.caufc  commune.  Nous  ne  voulons  pas  pourtant 
niet  qnc  ce  BeueroHicius  dit,  n’arriue  quelques- fois, 
puis  que  RtoUn  tcfmoigne  que l’experience  en  a  efté  faite 
fur  le  corps  du  Prcfidentde  Pibracy  èc  qu’il  a  remanjuc 
.plus  d  vue  fois  ^  conformément  k  f  adttis  ^uil  en  a  troaué 
dans  Forefius^  qHeparl’obfiruÜiondévndes  reins  ^l' autre  de¬ 
meure  inutile  ,  cela  mefme  efi  authorisé par  le  fçauanè 
Duret  enfon  commentaire  fur  les  Coa^ues-  pag.  535) .  Il  croit 
que  la  correfpondance  de  ces  parties  en  efi  U  caufe é\ 

Ilfetrouuerarementvnique,  &  alors  il  eft  grand,  ôc 
placé aumilieu,  pour  mettre  le  corps  en  équilibré,  qui 
n’yferoitpasautrementiEtplusratement  cntrouue-on 
-trois  ou  quatre. 

Leur  fituation  eft  fous  le  foye  &  la  Rate  ,  où  ils  font  ftuit- 
couchez  fur  les  mufcles  lombaires  de  l’efpine  entre  les  tion, 
deux  tuniques  du  péritoine ,  aux  coftez  de  la  veine  cane, 

Sc  delà  grande  artere.[Ilyades  gros  nerfs  qui  font  ca¬ 
chez  fous  eux,  d’où  vient  que  la  pierre  eftant  dans  les, 

Reins  ,1a iambe  du  mefme  cofté  deuient  engourdie.  Ce 
que  Cabrol  a  remarqué,  qu’ils  font  couchez  mefme  fur 
l’cfpine  des  lombcs,eft  fort  rare.]  Ils  ne  sot  pastoutàfak 
■àl’oppofîtel’vnde  l’autre,  afin  que  l’attiaélion  de  l’vn 
n’empefehaft  l’attraétion  de  l’autre,  &  qu’aucune  partie 
de  lafcrofuén’echapaft.Mais  le-droit  eftp/»j  bas  en  fhorn^ 


Qvil  Rtin 
hMt  ? 

Gunitm. 

Sufirfieit. 

ÇiuUitr. 


ï2,S  iMre  Premier^ 

ttfCi  pour  faire  place  au  foye,foüsIequclilcft  placé  iiu- 
mcdiatcment,  &  touche  de  fon  extrémité  la  troifiétne 
vertcbre  des  lombes;  Il  luy  arriucaufli  rarement  d’eftre, 
plus  haut  que  le  gauche ,  que  de  luy  cftrc  cfgal  en  fitua- 
tion.  Le  gauche  eftlcplus  fouuent  en  partie  fous  la  Rate, 
&  rarement  au  deflfus  d’elle  :  la  Rate  au  contraire  ,  dans* 
les  beftes  tend  plus  en  bas ,  &  .le  Rein  droit  plus  en  haut. 
C’cftpourquoy  la  nature  a  donné  vnc  finuofité  à  leur 
foyc,âcaufe  du  Rein,  qu’cllè  n’a  pas  donnée  à  l’hom-, 
me. 

Ils  font  le  plus  fouucnt  à'vne  grandeur  cfgale  ,  mais* 
nonpastoufiüurs.  Leur  longueur  eft  prcfquc  de  quatre 
vertebresj  leur  largeur  eft  fouucnt  de  trois  doigts  [&  leur 
efpailTcur  d’vn  poulce  ;  le  droit  eft  neantmoins  toufiours 
plus  grand  que  le  gauche  ]  Mais  leur  grandeur  n’cft  pas 
toufiours  proportionnée  au  corps. 

Leur  fuperficietü  polie ,  &  gliflânte  comme  celle  du 
foye.  Il  eft  bien  rare, &  contre  l’ordre  de  la  nature,  quand 
elle  eft  incfgale  en  l’homme  ,  comme  s’ils  eftoyent  cora- 
pofez  de  plufieuis  reins  ou  glâdes ,  [ce  qu’on  trouue  fou. 
uent  au  fœtus, tandis  qu’il  eft  dans  la  matriçe:]Et  prefquc . 
toufiours  aux  bœufs,  &auxours. 

Leur  couleur  eft  rouge  ,  obfcurc ,  rarement  vifue 
cfclatantc.  Ccuxdes  malades  ont  diuerfes  couleurs, com* 
me  auffi  le  Foye  &  la  Rate, 

LcurF/^«rtf,fi vous  auezcfgard  à  leur  furface  plate,\, 
rcflèmble  àcelle  d’vn  phafcole,  &  de  la  fueille  de  cabaret:  ; 
Elle  eft  extérieurement  au  dos  ou  aux  Ifles  connexes  dc 
ronde:  Et  pat  basàfa  partiefupcrieure  &  inferieure  ca- 
uc  au  milieu.  [  Hippocrate  les  copare  à  des  pommes  larges 
{ans doute  rmais  à  mon  aduis,  il  a  entendu  par  le  mot 
tneloifii  lareflemblance  des  reins  auec les  autres  beftes,  & , 
non  pas  des  pommes.] 

Ils  font  attache^  aux  lombes  &  au  diaphragme  par 
vnc  membrane  externe, qui  vient  du  péritoine ,  à  la  veine  • 
caue,&  à  1  Aorte  par  les  emulgentes ,  &  à  la  veflie  par  le . 
moyen  des  vreçeres.Lc  Rein  droid  eft  attaché  au  caecum. 


Du  rventre  inferieur, 

5^  quelques  foisaufliaufoye,&legaucheàlaRatc  &aii 
Colon.  C’eftpourquoy  les  douleurs  nephritiques  s’irri¬ 
tent  par  labondancc  des  venrofîtez  &  des  exaemens. 

Ils  ont  double  membrane  :  la  première  interne  prochaf- 
ne  &  propre ,  fans  graiiïe ,  &  fans  veines ,  &  fort  délicate, 
qui  vient  de  la  tunique  externe  &  commune  des  vailTeaux 
quientreiit,  lorsqu’elle  fedilate^^carla veine  entre auec 
vne  tunique  feule)  qui  s’attachant  eftroitement  à  la  chair, 
la  rend  plus  compacte  &  plüs  ferrée,  &  eftant  réfléchie  au 
dedans, accompagne  les  vaiffeaux,  va  aux  ventricules ,  & 
les couure : externe,  qui  vient  du  péritoine, n’efl: 
pas  fl  eftroitement  adhérente ,  d’où  vient  qu’elle  eft  nom¬ 
mée  la  Car  elle  eftleurenueloppe,& leur 

couuerturc,  parce  qu’elle  cftenuironnée  de  beaucoup 
de  graifle.pour  laquelle  elle  a  receu  la  veine  nommée  adi- 
peufe;  Defortc  que  les  reins  ne  paroiftentpoint  en  ceux 
qui  font  fort  gras.  C’eft  pourquoy  on  appelle  fcrutatcur 
des  Reins,  ccluy  qui  fçait,  &  qui  pénétré  les  chofes  ca¬ 
chées.  Oc  la  graifle  leur  eft  donnée  ,  pour  conferuer  la 
chaleur  des  Reins  contre  l’abondance  des  ferofitez,  & 
pour  deffendre  les  vaifleaux. 

LcnxfHbfiance,  ou  leur  chair  eft  dure,  ferrée  &  denfe, 
prefque  comme  celle  du  cœur ,  mais  non  pas  fl  fibreufe, 
parce  qu’il  a  les  fibres  des  vaifleaux.  Mais  la  graifle  eftant 
oftéc ,  on  voit  aux  deux  coftez  de  la  cauité interne, vne 
fubftancelafche,  incfgale  &  cauerneufe. 

Ils  ont  comme  deux  ventricules^  l’extericur  en  la  partie 
cauc ,  que  Fallope  nomme  la  porte  ,  par  où  entrent  les 
vaifleaux  emulgcns.  Ils  y  entrent  d’abord  partagez  en 
deux ,  &  incontinent  après  diuifez  en  quatre  le  plus  fou- 
uent,  ils  s’efpandent  par  toute  la  fubftance  des  Reins,  iuf- 
qu’à  ce  qu’ils  fe  changent  en  des  vaifleaux  capillairestres 
déliez.  L’interieur  n’eft  autre  chofe  que  la  cauité  ample 
de  l’vretcre, c’eft  à  dire,  la  cauité  mébraneufe,  qui  eft  faite 
desvrctercs,  qui  s’eftendent  ,&  fe  dilatent  dans  la  cauité 
du  Rein.  Orlesvreteres  ne  Ce  fubtilifcnt,&  ne  fc  rendent 
pas  déliez  dans  leur  continuation ,  comme  font  les  autres 
R  vaif- 


Veytz  tut- 
thAnt  ces 
mtmbtanes 
la  figure 
precedente, 
eb*  Its  deux 
fusumtts. 


Q^ù'ejl-ttr 

que  fer  ut  a- 
teur  det 
Keins} 

îubfianu* 


Vê/tfUuUt, 


Du  ventre  inferieur,  iji 

Exflication  de  la  figure. 

*  tmB* 

Ellereprcfcntc  les  parties  de  l’Abdomen,  qui  fciuent 
l’cxcretion  de  rvrine,  &  à  la  génération. 

A.  A.  VMeportion dfi  Diaphr4£vte  eoauerte  duperitmi) 

repliée  en  haati  mec  quelques  cofies. 

B .  B.  fiege  cme  dît  foyè  ,  qni  efi  vn peu  ejleue'. 

C.  le'hgamentgAHche  dufoje,  par  lequel  il  efi  attache  au^ 
diaphragme- 

D-  laveine  ombilicale.'. 

E.  onejlnuojîtédufojey  pour  faire  place  au  ventriculéi' 

F.  {Orifice  fuperieur  du  ventricule. 

G.  les  eminences  qui  paroijfent  aufeye  ,  oii  fort  la  veine 
porte. 

H.  la  vejfie  du  fiel. 

U  la  mine  porte  coupe'e  ^&fes  r.ameau)e  qui  vont  a  U  vep 
fie  du  fiel. 

K.  vn  nerf  dufoye ,  qui  vient  du  fiomachlque. 

L  l’artere  commune  an  foye  &  (i  la  vejfie  du  fiel.  * 

M'  Je  nerf  commun  au  foye  ^ala  vejfie  du fiel ,  qui. vient  du 
cofial  droit- 

N  le  canal  dé  la  bile  qui  va  aux.  intefiinsy  coupé, 

O.  la  région  antérieure  &  cane  de  là  Rate. 

P.  la  ligne  de  la  Rate  t  ou.  s' infèrent  les  vaijfeaux  fpleni^ 

ques. 

^le  tronc  de  la  veine  cane. le  tronc  de  l'Aorte. 

S.  ParterecaUaque  coupée.  .  .  .  i 

U.  y ^  les  Reins couuerts- deleur  tunique grafiï.’ 

.  la  veine adipeufe  des  deux  cofie^ 
a.  b.  lis  veines  (Jr  arteres  emulgentes  des  deux  coflet^ 
c.  c.  d .  d.  /w  vréteres  depuis  les  R  eins ,  iufques  a  la  vejfie.  ■ 
^-(-Jes  veines fpermatiques  de  deux cofiez.. 

%-%.les  veines  qui  fartent  des  fpermqtiques  vers  le  péri* 
toine. 

i*  les  arteres  fpermatiques  des  deux  cofiez, . 

R  ii 


j^2  LlurePremîery 

K.  farteyâ  mefenteri^He  inferieure, 

\.  commet  Aorte  monte  fur  la  i>elnecaae,  U  diuijton  tlt 

(vne  ^  t autre  en  rameaux  iliaques.  * 

in.  m.  tartere  lombaire  qui  va  aux  lombes  ^  é'  auferi^ 
toi  ne. 

n.  l'artère  facre'e  fqtti  approche  des  trous  de  l'os  facrum, 

O,  vnepartte  du  reUum  qui  efi  liée, 
f.la  vejfie  de  l'vrine. 

q.  vne  portion  du  vaifeau  qUi  porte  la  femence. 
x.C.lapeau  qmeeuure  la  verge  la  bourfe  repliée  en  cét 
endroit. 

C.  le panicule  charnu ,  qui  efi  fous  la  bourfe ,  é"  qf*i  couure  les 
tefiicules. 

U.  la  tunique  propre  du  tejîicule,  auec  fes  vaijfeaux ,  qui 
vient  du  péritoine. 

X.  vnepartiede  la  verge  efearchée  qui  pend. 

taiffcaux:  mais  ils  ont  les  extremitez  dcleurs  rameaux, 
qui  font  comme  des  tuyaux^  [au  nombre  dchuiâ:  ou  dix 
pour  l’ordinaire, ]larges,ouucrtes,&  quircçoiuent  quel¬ 
ques  caruncules. 

Caruncu.  Caruncules  font  comme  des  glandes ,  moins  colo- 

Ut.  rècs ,  &plus  dures  que  l’autre  chair.  [C^rp»/ en  cftle  pre- 
micr  inucntcur],  quoy  que  Rondelet  s’en  attribue  l’inuen- 
îion ,  &  les  appelle  produdions  mammillaires.  D’autres 
les  nommer  caruncules  mammillaires,  [parce  qu’elles  ref- 
femblcm  fort  aux  mammellons.  Elles  font  de  la  grolfeur 
d’vn  pois ,  vn  peu  larges  par  haut,  &  connexes  par  bas.] 
Leurs  trous  font  fi  e>ftroits ,  qu’à  peine  laiffcnt-  elles  paffer 
vn  chcucu.  On  peut  remarquer  ces  petits  canaux, fi  on 
coupe  les  reins  félon  leur  longueur.  Ces  trous  deuoient 
cftre fort  fubtils,  afin  que  le  fang  qui  eft  necclfairc  pour  la 
nourriture  des  reins,  ne  s’ecpulaft  auec  la  ferofitc&  labi- . 
Icdanslcs  vrctercs.  Ce  qui  arriuc  lors  que  les  Reins  font 
mal  affe^cz ,  ou  que  ces  petits  conduits  font  trop  ou¬ 
verts  &  trop  grands.  Ils  ont  des  vaiffeaux  de  toutes  for- 
îcs-.quant  àleuis  veines,  ils  les  reçoiuent  de  lacauc^ 


Du  <7jentre  inferieur,  lU 

I.  Les  veines  AppeWécs  Emnlgentes,^ czvi^càc]cmo&~  V fines. 
ce, font d’vne grandeur  confidcrable,àcaufe  de  l’abon¬ 
dance  de  la  ferofité,  dans  lefquelles  Bauhin  dit  qu’on 
peut  remarquer  des  valvules,  qui  empefchent  le  retout 
de  l’humeur  fercufe  dans  lacaue[  Mais  il  fc  trompe:  car 
par  leur  partie  plus  large,  elles  regardent  la  veine  caue,  & 
les  Reins  parla  pointue  &  plus  eftroite ,  félon  l’obferua- 
tion  à'HarHeiuiy  de  forte  que  quelque  chofe  peut  aifemêt 
retourner  des  reins  par  les  Emulgentcs  dansla  circula¬ 
tion.]  Elles  fc  portent  en  bas  à  la  partie  caue  desReins  par 
vn  conduit  court  &  oblique ,  tout  demefme  que  les  arte-  Artereî. 
res  emulgentes ,  qui  font  fort  grandes  ;  Celles -cy  viennent 
du  tronc  de  l’Aorte  aux  Reins ,  non  pas  tant  pour  leur 
fournir  la  chaleur  vitale,  qui  refifte  au  froid  ,  que  pour  fc 
defeharger ,  èc  fe  purifier  de  la  ferofité ,  qui  eft  contenue 
abondamment  au  fan  g  artcriel.  [Car  quand  ces  vailTeaux 
ensulgens  partagez  en  deux,  font  entrez  dans  la  partie  ca¬ 
ue  du  Rein ,  l’vn  &  l’autre  rameau  fe  foubdiuife  inconti¬ 
nent  apres  en  quatre  ou  cinq  plus  petits,  ceux  cy  en  d’au¬ 
tres  plus  déliez ,  qui  fc  changent  enfin  en  des  petites  vei¬ 
nes  &  arteres  capillaires,  qui  finiffent  aux  fommitez  des 
caruncules,  ou  elles  refpandent  la  ferofité»  afin  qu’elle 
defgoute  dans  les  tuyaux  des  vrctercs  :  les  emulgentcs 
ncantmoins  rie  s'ouurent  point  en  aucun  endroit  aux 
tuyaux  des  vrctercs.  Car  foufflant  dedans,  &  y  mettant 
de  l’eau ,  le  fouffie  &  l'eau  coule  bien  par  les  emulgentcs, 
mais  non  pas  parles  vretcrcs.] 

2.  Les  Adifettfes  :  la  droite  qui  vient  de  l’Emulgente, 

&  fort  rarement  du  tronc  delà  caue  ,1a  gauche  toufiour$ 
du  tronc,  quifont  produites  iufques  à  la  tunique  exte- 
ticurc  ,&  portentlcfang  pour  la  graille.  Les  Reins  n’ont 
pas  bc  foin  d’autres  vaiflèaux  pour  la  nutrition,  comme  la 
veflîe  du  fiel ,  &  celle  de  l’vrine ,  parce  qu’ils  n’attirenc 
,  pas  comme  elles  vn  excrement  tout  pur. 

Ilsontd’vn  &  d’autre  cofté  vn  mit  nerf  qui  vient  du 
fiomachi^ue ,  qui  fc  difttibuë  dans leur  membrane  propre;  .yomif- 

D’où  vient  la  fympathie  du  ventricule ,  &  des  reins,  qui 
R  iij 


154  Llure  Premier^ 

que  U  ckI-  caufe  aux  Nephritiqucslcs  fouflcucmcns  dcrEftomach,' 
tul  tfi  aux  ^les  vomilTcmens. 

Ktins?  quelques  rejetions  de  nerf  près  des  Princi* 

pesdesarteres  ditnicfenterc  ,  dont  vne  partie  entre  dangr 
la  partie  caue  des  Reins,  auec  les  arreres  emulgentes  ,& 
fe  diftribuent  dans  leur  fubftance.  De  -là  viennent  les  plus, 
violentes  douleurs grauatiucs  ou  pefanres  des  Nephriti- 
f  ««.  Mais  elles  font  beaucoup  plus  aigues  quand  la  pier¬ 
re  entre  dans  les  vreteres  cftrûits  &  fort  fenfibles. 
talt’  uSu.  C  'eftlà  la  véritable fimÜPtre  des  Reins  en  l’homme,  Eî- 

redîiKetns  Iccftbien  differente  enceuxdesc^/V»j,  qui  ont  d’autres. 
chie»,  cauitez ,  au  lieu  qu’en  ceux  de  l’homme ,  il  n’y  en  a  point 
d’autres  que  celles  qui  fe  forment  des  cmulgentcs ,  &  des 
vreteres  diuerfementdiuifées. 

L«  crthle  Le  cri'^le  bénit  des  anciens  eft  vn  fonge  fait  à  plaifir. 
desanciês.  Car  ils  ont  fein<St  qu’il  y  auoit  dans  les  Reins  deux 
I  cauitez  félon  leur  longueur  :l’vne  fuperieure,  dans  la- 
1  quelle  les  emulgcntesrefpandoient  le  fangfereuxj  l’autre, 

inferieure,  qu’ils  eftimoient  eftre  feparéede  l’autre  par. 
vne  membrane  tranfuerfe,  &  eftre  perçue  de  trous  fort 
eftroits  comme  vn  crible  :  .G’cft  pourquoy  ils  l’ont  appela 
lec  couloir  &  crihmm  benediBHm.y  par  où  ils  ont  voulu 
que'ia  ferofîté  coulaft  dans  les  vreteres, au  lieu  que  le  fang 
îoihible  demeure  pour  la  nourriture  des  Reins,  refahk 
^  ’  mocque  auec  raifon  de  ces  fonges  des  anciens ,  mais  il  fc 
trompe  lay-mefme  ,,  lors  qu'il  veut  que  les  Reins  de 
l’homme  ayent  des  cauitez  femblables  à  celle  des  reins 
des  chiens ,  &  qu’il  deffend  découper  les  reins  de  l’hom¬ 
me  &  de  la  brebis,  à  caufe  delcurgraiffe. 

Quant  à  leur  vfage ,  Erajtfirate  &  les  fe^ateurs 
Erreur  ^Itpittde  y  cftiment  que  la  nature  les  a  créez  en  vain. 
d'Ariflete,  jf?<»?i?mefme  dit  quelques  fois  qu’ils  ne  font  aucunement 
neceffaires..  Il  eft,  certain  neantmoins ,  que  leur  vfage  eft 
d  attirer  parles  emulgentcs  le  fang  fcreux,afin  qu’ilfe  pu- 
Cotnment  ^^^^’^Lefengfereux  entrant  donc  par  CCS  vailfeaux  j  ilcfl: 
fifnt  iv-  porte  par  les  rameaux  des  emulgcntes,qui  fediftribuent 
mt?  'partoute  lachairdes  Reins,  Sc  fe  changent,  enfin  en  de-ji 


Bu  V  en  tre  inferieur,  1 3  5 

-conduits  foct  déliez,  afin  que  l’humeur  fereufe  coule 

•  firoiétdans  la  chair  des  reins.  Mais  la  partie  fanguineSc 
louable  demeure  pourk  nourriture  des  Reins,  &la  fe¬ 
reufe  Siaqueufecoule  parles  trous  des  caruncules  mam- 
millaires  dans  les  rameaux  des  vretercs  qui  s’vnificnt 
pour  faire  vnecauité  ample, ou  vnvretereeftendu  ,  où  la 
ferofitéeft  refpandue,  &  par  les  vretercs  dans  lavelTie, 
d’où  vient  l’vrine.  Or  parce  que  l’vrine  iaunic,  on  croit 
qu’vnc  portion  de  la  bile  iaune  qui  n’a  point  efté  attirée 
par  îavclfiedufieljcoule  auecla  ferofité,  afin  que  labile 
nettoye  &  irondifieks  vretercs  commelcs  intedins. 

[Olhafus,  Semertus,  Olmi  VvormiHS  attribuent  aux  Sites  reint 
Reins  la  préparation  de  la  femence ,  parce  quç  les  Reins  préparent 
chaudsrendent  Icshommcs  plus  enclins  à  la  luxure,  femence* 
les  froids  au  contraire  les  en  deftournent:  Que  les  reins 
des  animaux  vénériens  ont  l’odeur  &  le  gouftde  lafc- 
mencc,  que  n’ont  pas  ceux  des  chaftrez:  Et  qu’en  la  Go¬ 
norrhée  qui  vient  de  l’abondance  de  la  femence ,  on  ap¬ 
plique  aux  reins  des  mcdicamens  refrig.eratifs  auccfuc- 
-cez.  Cesraifons  méritent  certes  d’eftre  confiderées,quoy 
-qu’on  puifl’edire  que  les  reins  ont  peut.eftre  cette  odeur 
&  cette  faueur, parce  que  la  matière  de  leur  nourriture  eft 
femblable  à  celle  de  la  femence,  qui  cft  portée  en  vn  lieu 
voifin:  Et  que  quand  les  reins  font  chauds  ou  froids,  les 
lieux  voifîns  par  où  pafle  la  femence ,  s’efehauffent  ou  fo 
refroidilTent  ,  où  elle eft  altérée,  &  par  confequentla  fe¬ 
mence  rcfpond  àla  conftitution  des  reins.  Car  lean  Wtt- 
Uw  cftime  que  la  circulation  du  fang  cft  contraire  à  cét 
vfage;  parce  que  le  fang  n’eft  point  porté  des  reins  aux 
tcfticules,  par. les  veines  emulgentes  &  fpermatiques, 

•  mais  feulement  de  l’aorte  par  lesarteres  fpermatiques. 

attribué  aux  Reins  quelque  forte  fignifica-  S'ils  enge- 
tion,i.  Parce  qu’ils  ont  vn  parenchyme  ôc  beaucoup  de  ^retst  d» 
vaifleaux.  Ce  parenchyme  neantmoins  leur  peut  auoir/’*'*^- 
cfté  donné  pour  empefeher  que  les  vaiftcauxnc  s’entor- 
tillaflent  j  &ce  grand  nombre  de  vaifleaux  pour  vuidec 
abondamment  la  ferofité  ,  de  forte  qu’elle  coulaft  fans 


1 


Jjure  Premier,, 

beaucoup  de  Hing ,  par  vn  grand  nombre  de  petites  por- 
teletresdans  lescaruneules.  i.  Parce  que  les  Reins  des 
perfonnes  faines, font  rouges, clairs  &  folides,  au  lieu  que 
ceux  des  malades  fe  trouuent ,  félon  l’efpece  de  la  maU, 
die,  tantoftobfcurs  &  noiraftres,  &  rantoft  blanchaftres, 
qiielques-fois  lafehes  &  fragiles,  &  comme  pourris,  Sr 
quelques- fois  durs  &  arides.  Mais  cela neantmoins  leur 
peut  arriuer  de  ce  que  les  Reins  ont  efté  malade?,  comme 
quelques  autres  parties,  ou  bien  de  ce  que  la  maladie 
ayant  blelTé  ailleurs  la  codion,  ils  n’ont  peu  fe  nourrir  de 
bon  fang.  3.  Parce  que  les  veines  des  graucleux  font 
crues  :  maison  en  rend  communément  vne  autre  raifon, 
c’eft  que  Jes  Reins  eftans  bouchez ,  il  n’en  fort  que  ce  qui 
eftdc  plus  fubtil.4.  Parce  que  ceux  qui  ont  le  calcul, en¬ 
flent  &  pallifTent  ,  comme  s’ils  auoient  la  leucophlegma- 
tie.  Mais  cela  peut  facilement  arriuer,  ou  de  ce  queles 
Reins  eftans  foibleSjils  n’attirent  pas  aftczlafcrofité,  ou 
qu’eftans  bouchez  elle  ne  peut  cftre  chalîée  comme  il 
faut:fi  quelqu’vn  neantmoins  auoiiant  cette  circulation 
du  fang,  veut  alTeurcr  que  le  fang  reçoit  vnpeu  plus  de 
changement  dans  les  Reins  ,  que  dans  vn  firaple  vaiC- 
feaujie  ne  voudroispas  contefter  contre  luy] 


CHAPITRE  XVIII. 

Des  Cap/ltles  ou  Boëtes  Atrahilaires, 

La  plufpart  ne  tiennent  conte  de.ces  vaiflcauXj&ne  les 
remarquent  pas,  encore  qu’ils  fe  trouuent  toufiours 
en  tous  le  s  corps,  quoy  que  Picolomini  afleure  le  contraire, 
il  ne  faut  pas  dire  que  ces  capfulesfe  forment  des  fuper- 
fluitez  de  la  matière ,  comme  vn  fixiéme  doigt. 

Leurpre-  Berthelemy  Eufiachius  le  premier  qui  a  trouuc  ces 
mier  in-  corpufcules ,  qui  en  fait  mention  fous  le  nom  de  glandes: 
He;ittur.  Picolomini  &  Bmhin  en  ont  parlé  après  luy.  Cajferius  les 
appelle  Reins  fuccencuriaux,  &c  nous  Capfulés  atrabilai¬ 
res  ,  à 


I)u  \> entre  inferieur',  jj7 

res,  acaurcdelyfage  que  nous  leur  attribuons. 

Orccscapfules  fontfituécs  de  telle  forte  qu’elles  font 
couchées  dehors  fur  la  partie  fuperieure  des  Reins,  par 
laquelle  ils  regardent  la  veine  cauci 

]_cmnûmhe  eft  pareil  àceluy  des  Reins.  Car  chaque 
Rein  a  fa  capfule,  qui  eft  couchée  fur  luy. 

tenx grandeur  n’eft  pas  toufiours  efgale  :  le  plus  fou*- 
uent  ia  droite  eft  plus  grande  que  la  gauche,  &  quelques- 
fois  aulfi  la  gauche  que  la  droite. 

[Elles  font  prefqueauffi  grandes  que  les  Reins  aufœ- 
rus-,,p'eiit-cftre  à  c'aufe  qu’elles  font  alors  plus  humides, 
à  la  longue,  comme  la  melancholie  s’augmente ,  elles  s’e- 
ftreflîffent^Ie  les  ay  remarquées  vne  fois  en  vn  adulte, 
deux  fois  plus  grofles,  à  caufe  de  l’abondance  del’arre- 
bilc,auliciique  d’ordinaire  elles  ne  font  pas  plus  grofles 
qu’vnegroflè  noix  vomique. J. 

Elles  ont  au  dedans  voocauitéy  où  l’on  trouue  vrie  cer¬ 
taine  humeur  féculente  &  noire  qu’elles  contiennent. 

[Deforteque  les  parois,  internes  font  teintes  de  cette' 
noirceur  ]: 

Leur  Figure  8c  leur  fitbfiance  eft  femblablc  à  celle  des 
ceins,  finon  qu’elles  fontvn  peu  plus  lafches  &  plus  mol¬ 
les,  de  maniéré  qu’elles  femblent  comme  des  petits  reins 
couchez  fur  les  grands.  C’eft  pour  cela  peut-cftre  que 
Caferius  les  nomme  reins  fuccenturiaux  :  Icurfubftance 
eft  plate  comme  vn  gafteau,  &caüe  feulement  par  de7 
dans  ,  ôcleur  figure  eft  longue  en  quarré.  [  Par  fois  elles 
font  triangulaires ,  8c  rarement  les  trouue-  on  de  mefme 
figure.  ] 

Elles  font  fi  fermement  attachées^  la  membrane  éxter 
rieure  des  reins,  où  elles  font  couchées,  que  ceux  qui 
font  moins  exaéts  &  diligents ,  ayant  ofté  les  reins ,  les 
laiffen rattachées  à  la  membrane  du  diaphragme.  D’où 
vient  queplufieurs  ne  les  remarquent  pas. 

Elles  ont  àcsvaijfeaux ,  à  fçauoir  des  veines  &  des  artè¬ 
res  qui  viennent  du  milieu  desemulgentes.  Tantoft  le 
■ffinleur  fait  part  d’Wc  veine,  ÔC  tantoft  la  veine. caue 


Vaijfeaar, 


Vf*gt‘ 


jjS  Tjure  Premier^ 

d’auprcs  du  foy e  luy  en  diftribuë  vne  branche  ;  quélques- 
folsdeTadipcufe,  &  quelquesfois  elles  en  reçoiucntdç 
tous  CCS  endroits. 

CesCapfulcs  ont  des  Nerfs  ^  car  quelques  rejettons 
des  nerfs  meflez  enfcmble  forcent  desenuironsdes  prin» 
cipesdes  arteres  du  mefenterc,  dont  vne  partie  s'en  va 
aux  reins, &  à  ces  capfules  qui  font  fur  eux. 

Leur  vfage  a  efté  inconneuiufques  icy.S’il  nous  eft  per¬ 
mis  de  dire  nollre  conieiSture  ,  apres  enauoir  attendue- 
ment  confîderé  la  ftrudl:ur.c ,  &  les  conduits  j  Nous  dirons 
qu’elles  font  deftinées  pourreceuoir  l’humeur  bilieufe, 
craire&excrememeufe,  dont  le  fang  fait  aufoycouàla 
rate,  ou  dans  l’vn&:  l’autre,  &fur  toutcelufr  que  nous 
auons  montré  fe  faire  dans  la  rate, n’a  pas  efté  en  core  bien 
purifié, &  que  là  elle  eft  gardée  &  furraontéc,  n’ayant  peu 
pénétrer  les  conduits  eftroits  des  reins.  Il  ne  fautpass’c- 
.ftonnpr  qu’vnechofepçfante  monte, puis  que  cela  arri- 
îie  fouuent  en  noftre  corps,  par  la  force  delà  faculté  ex- 
‘pultriçe  ou  attirante  d’vne  partie. 

[  Et  mcfme  l’attraélion  deuient  plus  véhémente  dam 
les  inftrumens  pneumatiques  par  vne  fituation  plus  ef- 
leuée,  ]  C’eft  de  là  peut-eftre  que  les  vrines  font  noires, 
lors  que  cette  humeur  s’alTemble  en  trop  grande  abon¬ 
dance  dans  ces  capfules.  le  ne  doute  pas  quelles  ne  fiaient 
fouuent  les  fources  de  quelque  caufe  morbifique,  fur  tout 
de  lamelancholie,  dont  les  mclancholiques  ne  fentent 
point  la  douleur,  parce  que  les  nerfs  font  trop  deliez,  ÔC 
que  l’cfpaifteur  des  humeurs  en  efmoufte  le  fentiment. 

Spgelim  i  que  cet  Unatomifie  de  Kofihoch(n\x.  entière¬ 
ment  )  attribue  à  ces  capfules  d’autres  vfages ,  i.  afin 
qu’elles  rcmplilfent  l’efpace  vuidc  qui  eft  entre  les  reins 
&  le.  diaphragme,  a.  afin  qu’elles appuycntl’eftomachà 
l’endroit  ouileft  au  dcfliis  des  veines  &  des  arteres  emul- 
gentes.  Maison  peut  rcfpondre.  I.  Q^e  la  nature  qui  ne 
fait  rien  en  vain,  ny  au  hazard,nefemblc  pas  auoir  voulu 
employer  vne  partie  noble  &  animée  pour  remplir  feule¬ 
ment  vn  efpacc ,  ce  qu’elle  pouuoit  faire  en  rendant  le 


Bu  V en  tre  inferieur^.  i j  9. 
invn  peu  plus  grand,  i.  Queccs  capfnles  eftans  fi  dé¬ 
liées,  feroient  des  fouftiens  trop  foibles  pourlcventricu- 
le,&<iue  fi  elles  auoient  cet  vfage,  elles  ne  feruiroient 
pasfeulenicnt  pour  luy ,  mais  auffipour  les  autres  parties 
voifines. 

[  Vejliffgm  rencontre  mieux ,  quand  il  dit  qu’elles  ai- 
den  t  à  l’atttaélion  de  rhiimeur  fereufe:  ce  que  i’interprete 
volontiers  de  lamelancholic ,  parce  que  ie  fçay.bien  qu'Ü 
n’eft  pas  contraire  ànoftre  opinion.  ] 


chapitre  XIX. 

Des  Vreteres. 

LEsVretercs  OU  les  conduits  de  rvrmc,font  des  vaif- 
fcauxoblongs,  ou  des  canaux,  qui  fortans  des  reins* 
en  portent  l’vrinedans  laveiEc  oùils  s’inferent. 

Il  y  en  a  deux  d’ordinaire ,  vn  de  chaque  cofté ,  quel- 
quesfois  deux ,  Ôc  mefmes  d’auantage ,  qui  s’aflemblent 
neantmoins  deuant  leur  infertion  ,  [ainfi  que  Charles 
Mftieme  l’a  remarqué  en  quelqueiu  jet.  Mais  Riolan  a  veu 
dans  le  corps  d’vn  verolé  deux  vreteres  de  chaque  cofté, , 
inferez  en  diuers  lieux ,  dont  l’vn  s’alloit  rendre  prés  du 
col  de  la  veflîe,&  l’autre  au  fonds.  Salomon  Alberms  en 
arcmarqué  trois  au  cofté  droit,  &  vn  feul  au  gauche. 

Nous  auons  remarqué  aflczfouucnt  cette  diuerfitéj 
comme  nous  le  rapportons  dans  nos  JtUfioires  Anatomi- 
fues plus  rares.] 

Leur  fituatien ,  à  l’cfgard  du  corn menccment,du  milieu  Situathni 
&  de  la  fin,  occupe  vn  grand  nombre  de  parties.  Leur 
principe  eft  aux  reins ,  &  fc  forme  de  neuf  ou  dix  tuyaux,  , 
ou  petits  canaux  qui  rcçoiuent  chacun  àleurs  orifices,  ces 
caruncules,dont  nous  auons  parlé, comme  auftiaux  en¬ 
droits  du  milieu,  oùilsfetrouucnt  percez.  Gr  ces  tuyaux 
fereduifent  en  plus  petit  nombre  de  rameaux,  &  plus 
fçauoir,  ordinairement  en  trois,  qui  fe  diftri- 


:[49  Liure  Premier] 

buentdans  k  région  haute,  moyenne  &  baffe  du  rein,'' 
Ceux-cy  s’afTcmWcnt  apres  en  vn  ample  canal  qui  fore  de 
la  partie  cauc  des  reins.  Leur  mliett  eft  tout  le  canal 
oblong,  qui  eft  couche  fur  les  mufcles  des  lombes ,  entre 
les  deux  membranes  du  péritoine,  aufquellcs  s'attachent 
lesvretcFcs,  &parhaatauxrcins,& parbasàla velfie,  à 
la  fubftance  intérieure  de  laquelle  ils  font  continus  ,de 
forte  qu’lis  nepeuuenten  eftrc  arrachez,fansfcdcfchirer. 
Leu  rfitt  eft  là  où  ils  s’implantent,  fe  portans  obliquement 
de  la  largeur  d’vn  doigt  entre  lamcmbranc  propre  de  la 
velîîe,  de  'le  mafcle  qui  l’enuironne  près  du  col  de  la  vef. 


Voufiiuoÿ 
i'vrine  ne 
vemtntt 
point  vers 
les  emul- 
genttst 


Grandeur. 


Wigure. 

lA.emhrA‘ 
nés.  . 


Vaîpatfx. 


fie,  &  à  fa  partie  poft^rieurc.  La  nature,  pour  empefehet 
que  I’vrine  ne  remonte,  ne  s’eft  pas  contentée  de  rendre 
leurinfertion  oblique,  elle  a  mis  là  où  elles  s’implaritent 
deux  petites  membranes  tranfuerfes  comme  des  valvu¬ 
les,  &  comme  ces  peaux  qu’on  appelle  cfucnioirs/qui 
font  deuant  les  trous  des  foufBcts.à  vn  de  leurs  codez, 
qui  ferment  l’entrée  des  vreteres.  C’eft  pourquoylavef- 
fie  eftant  enflée  &  liée  cftroiteraent  au  -col ,  n’enuoye 
point  aucun  vent  aux  vreteres. 

Pour  h  grandeur  des  vreteres,  ce  font  des  vaifleaux 
oblongs,  cfpais  &côncaues,  larges  comme  vne  paille. 
Mais  nous  auons  fouuent  remarqué-  aux  graueleux  dilTe- 
quezjque  deux  doigts  peuuêt  entrer  dans  leur  cauité ,[ 
qu  elle  cft  mcfmc  auffi  grande  que  celle  des  intellins.] 

Quant  Hcwt  Figure,  ils  font  ronds  en  long, comme  des . 

canaux, &  vn  peu  obliques, comme  lalettrc  S. 

Ils  ont  vne  membrane  double  :  l’vne  commune  ,  qui 
vient  du  peritoinc,6c  quiles  rend  forts  &  robuftcsjl’autrc 
propre ,  qui  eft  continue  &  femblable  à  la  fubftance  inté¬ 
rieure  delà  vefiîc  blanche,  (c’eft pourquoy  quelques  vns 
[comme  Ce/yî«,]les  nomment  veines  blanches)fansfang, 
ncrueufe,erpai{re,fortc,&  qui  a  des  fibres  droites  ôc  obli¬ 
ques,  afin  qu’elle  puifle  fe  dilater. 

Les  parties  voifines  leur  fourniffent  des  veines  oc  des 
arteres  defliées. 


La  fixiémc  paire  des  nerfs,  &  la  moiielle  des  lombes» 


Du><~u entre  inferieur.  141 

leur  diftribiient  des  nerfs ,  qui  rendent  leur  fentiment  ex¬ 
quis,  ôtcaufenc  de  grandes  douleurs ,  lors  que  le  calcul 
palTe. 

Leur  /^^eeftde  feruirde  canaux  par  où  IVrine  ayant 
çftéleparée  du  fang  dans  les  Reins,  foit  portée  dans  la 
veflîe,  &quelques-foisauiîlle  fable  &  la  pierre.  L’vrinc 
donc  coule  dans  la  veffie  par  vn  conduit  manifefte,  qui 
cftant  incognu  i  jifclepiades,  il  a  voulu  que  Phumeurfe- 
reiife  fut  portée  dansla  veflie,  d*vne  façon  8c par  vn  paf- 
fage  imperccptible.comme  fi  elle  fc  refoluoit  auparauant 
en  exhailaifon ,  qui  tranifudoit  &  fe  changeoit^çés  en 
-vnc  humeur  femblableàlapremicre.^^r^ff^aünuaullîi 
cette  tranlRidation. 

CHAP.ITRE  XX. 

De  la  ajefie  de  l’Wine. 

CE tte  veffie  eft  logée  dans  Phypogaftre,  cntrcles  deux 
tuniques  du  péritoine, en  la  cauité  qui  fe  forme  de 
Fosfacréj&dcceuxdes  hanches  &:  du  penil  :  Elle  eft  aux 
hommes  fur  le  rcétum,  Seaux  femmes  entre  le  col  de  la 
matrice  &:  l’os  pubis. 

Si  grandeur  eft  diuerfe:  [car  tant  plus  les  poulmons 
font  grands,  d'autant  plus  cft-elle  grande,  de  forte  que 
les  animaux  qui  n’ont  point  de  poulmons ,  n’ont  pas  auf- 
ftde  vclfie.Elîecftauflîdiuerfe,  jfclon  qu’elle  eft  diuerfe- 
menteftenduë:  car  eftant  pleine, elle  s’efleuc  quelques- 
fois  dans  le  ventre,  de  forte  qu’on  peut  l’apperceuoir  par 
rattouchement,  &  quelquesfois cftant vuide, on  a  peine 
de  la  teconnoiftre  incontinent  aux  difledions ,  à  caufe 
qu^elle  eft  fort  petite ,  comme  vne  poire  vn  peu  grofle. 


Vf^se: 


Erreur 
d'Afclepia^ 
des  de 
Vnracelft^ 


Situntîonl 


Grandeur. 


Du  y^entre  inferieur^ 

Explication  de  la  Figure. 

Elle  reprefente  la  veSI,&  fur  tout  Icj^arties  deftinécs 
à  la  génération. 

a.  a.  VHâ  partie  dffpiri  toi  fie ,  é"  du  Diaphragme  reiette'  en 
haut)  é"  en  dehors,  les  coflesefiamrompms. 
b',  b.  la  partie  connexe  dnfoye> 
c.c.  vne  petite  portion  de  lapartie  cane  dnfye. 
é-c.  le  ligament  droit  gauche  dufoye. 

f.  le  tronc  de  la  veine  porte  coupé. 
g-  le  tronc  de  la  veine  cane. 

le  tronc  de  l’aorte. 
i.  la  veine  adipeufe gauche  coupée, 

X’tartere  câliayue, 

\.la  veine  adipeufe  droite ,  coupe'e. 

m,  n.  les  vetnescérles  arteres  emul^eutes. 

O.  O.  p.  p.  U  bande  des  reinsfeparee  d'eux. 
q.  q.  les  vreteres. 

t.  U.  la  veine  fpermatique  droite ,  qui  fort  de  la  veine  tant 

prés  de  U. 

'^■yAe  s  deux  origines  de  la  veine  fpermatique  gauche  x.  de 
l  emulgente,y.  du  tronc  mefme  de  la  veine  cane. 

«.  l  origine  des  arteres  [permatiques- 
Çi.les  rameaux  de  la  veine  fpermatique  qui  vont  au  péri- 
toine. 

y  le  paffage  des  vaijfeaux  fpermatiques par  les  produélions 
du  péritoine- 

VI.  l'vnion  de  la  veine  (fr  de  l'artere  fpermatique ,  ^  le  com¬ 
mencement  du  corps  variqueux. 

«•  I  infertion  du  corps  variqueux  au  tejlicule, 
e-le  t ejlkule  couuert  de  l'enueloppe  inte  me. 
le  commencement  du  vaijfeau  deferenty  ou  qui  porte  la  fe- 
mence  de  l  Eptdidyme ,  qui  efiicj  recourbé  ff»i.  dé  où  il 
monte  a  k. 


J  LlureH^rmler^ 

f.  lavejfie  de  Vvrine  couchée  furie  ReBnm  *. 

'Ç  les  glandes  profates,  où  shfereniles  vaiJfeAUX  deferent* 
f.  lemufcle  JphinHerde  la  vejfie. 
a.  T- les  deux  corps  de  la 'Verge-  ^ 

ç.  X'  l^ première  m  extérieure  enmoppe  du  tefiicuh  pi 
ejl  propre. 

4.  lemufcle crentafier du  tefiicule. 

«I.  le  feptie'me  mufcle  de  ceux  qui  meuuent  la  cUîJfe, 


^gure. 


Ctmtx'm. 


Sa  figure  eft  ronde  en  long,  afin  que  fa  capacité  foie 
grandeiEllc  a  ordinairement  vne  feule  cauité  au  dedans, 
&  rarement  deux  feparées  par  vne  membrane  comme 
par  vne  clofturc.  [Felcherus  Coiterus^riz.  trouuédcuxcn 
vne  fille  de  55.  ans  ,  deCaJp-  JBauhinen  vn  homme. 
phael  Thoriui  en  deferit  deux,  qui  ontefté  trouuéss  au 
corps  du  grand  Cafaubon  -  la  nature  ayant  ainfi  voulu  le 
rendre  admirable  à  la  pofterité ,  par  vne  particulière  con- 
ftitutiondefon  corps,  aufli  bien  que  par  les  rares  qualitez: 
defon  efprit.]  Elle  s’eftrelîit  peuà  peu  depuis  le  fonds, en 
vncolforteftroit,  ayant  parce  moyen  deux  parties,  le 
fends  &  le  coh 

tcfcwdsefi-attache'aupQïkointôcm  nombril,  par  le 
ligament  qui  eft  entre-deux  ,  qu’on  appelle  l’vraquc ,  & 
par  les  deux  artères  vmbilicales  defleichces  ,  afin  que 
l’honime  marchant  tout  droit,  le  fonds  ne  fe  couchefuï  le 


col.  [C’eftà  caufedecetteliaifonqu’ily.  agrandefympa- 
thic  entre  la  veffic  &  le  nombril.  ]Le  coi  de  la  velfie  eft  at¬ 
tachée  zux  femmes  au  col  de  la  matrice ,  &  aux  os  voifîns 
des  hanches, &  aux  hommes,  au  Redum. 


iuhfiAnce.  Sa y»^'/?<t«ce,eftenpattiemembianeufe,pour  auoirplus 
de  force,  &  pour  eftre  plus  propre  à  rcxtenfion& àla 
corrugation,  &  en  partie  charnue  pour  le  mouuement. 
Ca*r  elle  a  deux  membranes  vn  mufcle  qui  enucloppe 
toutela  veflîe ,  que  tous  les  Anatomiftes ,  cxceptéy^^»4- 
pendentCi  veulent  eftre  fa  troifiéme,  tunique,  &  non  pas  vn 
mufcle. 


La  première  membrane  eft  l’extcricure  &  commune 


Bî^  fventre  inferieur.  145 

mji  vient  dn  péritoine  ,  &  eft  forte  &  cfpaiffe. 

^  L’autre  eft  interne  &  propre,  qui  eft  déliée  d’vn  fenti- 
jtient  fort  exquis,  entrctiffii'é  de  toutes  fortes  de  fibres, 
afin  qu’elle  puilFe  fe  dilater  beaucoup  &  s’èftreffir.  Ceft  ” 
pourquoy  elle  cftcouucrcc  d’vner^‘(?»/tf  charnue^ou  com-  erouBe 

nie  d’vnc  tunique  ridée  qui  fc  forme  des  excremens  de  la  de  U  ve{~ 
troificme  codion ,  afin  que  la  tunique  interne  ne  foit  of-  fi*' 
fencéc  par  l’acrimonie  de  l’vrinc. 

Celle  qui  eft  au  milieu  entre  la  tunique  propre  &  l’ex¬ 
terne  commune ,  eft  appellée  des  vns  la  fécondé  membra¬ 
ne  propre ,  qu’ils  veulent  toutes-fois  eftre  efpaifle  ôc  ren¬ 
forcée  des  fibres  charnues. 

Mais,  à vray  dire,  c’eft  pluftoft  vn  mufcle qui enuiron-  ‘ 
ne  toute  la  veftie,  parce  qu’il  a  euidemment  des  fibres  sphincter 
charnues  inférées  au  commencement  de  la  veflie  :  De  for-  de  U  vept 
te  qnc  comme  ce  mufcle  circulaire,  nommé  fphinder,fer-  ip  ** 
re  la  veffie ,  afin  que  l’vrine  ne  coule  contre  noftre  volon-  ^ 
té,  ainfî  ce  mufcle  fert  à  l’excretion  de  l'vrine ,  lors  qu’en 
s’eftreffiflantil  ferre  la  veffie.  C’eft  le  fentiment  d’^^«<l- 
f  ehdente  mon  maiftre. 

[  FFalms  fait  voir  la  vérité  de  cela  aux  chiens  viuans  en 
faifant  vne petite  ouuerturè  àla veffie, après auoir coupé 
tous  les  mufcles  de  l’abdomen ,  de  laquelle  l’vrine  fort 
auffiloinque  par  la  verge,  lorsqu’ils  fonifains.  Nousno 
voulons  pas  pourtant  mer  que  les  mufcles  de  l’abdomen 
ne  feruent  auffi  à  l’excretion  de  l’vrine.  ] 

Elle  a  trois  trom  :  deux  vn  peu  deuant  le  col ,  où  s’infc- 
rent  les  vreteres,  dont  nous  auons  parlé  cy-delTus,  le 
troifiéme  au  col  pour  la  fortie  de  l’vrine. 

Or  le  co/ de  la  veffie  eft  la  partie  phiseftroite,paroù 
Ivrinefort.  Le  col  ejl  aux  hommes  ^UxsoblongieflroitSiCvrx 
peutoriu,  parce  qu’cftantcouché  fousie  corps  delà  ver¬ 
ge,  fous  les  os  du  penil,  il  fe  porte  du  fondement  à  l’origi¬ 
ne  de  la  verge,  qui  a  deux  glandtsàfa  partie  poftcrieurc, 
qu  on  appelle  Profiates  :  U  tft  court  &  large  aux  femmes, 
attendu  droit  en  bas,  &  inféré  par  haut  au  col  de  la  ma- 
îticc.  Le  col  eft  charnu  en  l’vn  &  l’autre  fexe  [  c’eftpour. 


Liure 'Premier^ 

Zemufcîè  quoy  eftant  bleffé  il  fe  reiinit  fans  peine,  au  lieu  que  Içj 
i^hincter.  autres  playes  de  la  veflie  font  mortelles  ]  il  cft  tjifu  dç 
beaucoup  de  fibres  fur  tout  de  tranfuerfes  quiferrent  1® 
col  de  la  veflie,  afin  que  l’vrine  ne  s’efcoule  pas  contre 
noftre  volonté  :  Et  ce  mul'cle  circulaire  eft  appellé  fphin- 
â:er,  à  caufe  decét  vfage  5  Quand  il  fe  refroidit ,  ou  qu’fl 
eft  oftencé  par  la  paralyfie,  ou  par  quelque  autre  maladie, 
l'vrine  coule  contre  noftre  volonté. 

QMnt  aux  vaijfeaux  de  la  veflie, elle  a  les  veines[hypo- 
’  gaftriques  qui  s’inferent  aux  coftez  de  fou  col,  &  qui 
eftans  diuerfement  diftribuées  dans  la  veflie,  s’vniflent 
cnfemblc ,  &  auec  les  arteres ,  &  font  ouucrtes  par  des 
•  u'ous réciproques ,afin  quele fang  fe  porte aifement  d  vn 
lameau  dans  vn  autre,  comme  a  remarqué 
pour  la  nutrition,  parce  qu’elle  attire  l’vrine,  qui  cft  va 
pur  cxcrement ,  dont  elle  ne  peut  pas  fe  nourrir. 

Sts  Arteres  viennent  de  l’hypogaftrique  aux  hommes,' 
aux  femmes  des  vaifleaux  qui  vont  au  col  de  la  ma¬ 
trice. 

Elle  reçoit  des  gxos  nerfs  de  la  fixiéme  paire,  &  delà 
moüelle  de  l’os  facrc. 

Son  vfa^^e  eft  de  contenir  l'vrine,  comme  vm  pot  de 
chambre,  &  aufli  les  pierres,  &  le  fable,  &  puis  de  les 
ietter  dehors,  lors  qu’il  cft  temps. 


CHAPITRE  XXL 

Des  ydjjeaux  ffermaticjues  Preparans 
de  thomme. 

NOus  auons  veu  iufques  icy  les  organes  qui  feruentà 
la  nutritionill  nous  faut  maintenant  confiderer  ceux 
de  la  génération  ,  qui  font  faits  dVne  façon  aux  hommes, 
,&d’vne  autre  aux  femmes. 

Lespremiers  quipaioiflént  en  l’ho m m e, font  les 


Lu  '\>entre  inferieur.  .  147 

feAttx  fier  manques  doubles,  c  cft  à  fçauoirdeux  veines  v  4$ féaux 
tpermatiques ,  ôc  deux  arteres.  ffermati. 

La  veine  droite  fon  origine  du  rronc  delà  veine  & 

caue,  vn  peu  plus  basque  l’origine  de  l’E  mulgente,  &  la 
'  gauche  de  l’Emulgente:  Car  il  faudroitaurtemen't  qu’ci.”*' 
le  marchaft  fur  l’Aorte, ce  qu’elle  ne  fçauroit  faire ,  fans  fc 
mettre  en  danger  de  fe  rompre,  [ou  pluftoft,  fans  que  le 
cours  du  fang  qu’elle  contient, ne  fuft  arrefté  &  empef- 
ché.jC’cft  pourquoy  elle  fort  plus  raremcntde  la  veine 
eaue,  &quelquesfois  de  l’vne  &l’autre. 

Les  deux  arteres  fperraatiques  viennent  de  l’aorte, 
[prefqueàdeuxtrauers  de  doigts  de  diftanccs  descmul- 
gentes.] 

Pour  hwï grandeur  i  ces  vaiffeaux  font  plus  grands  aux  Grandeur. 
hommes  qu  aux  femmes  :  Et  les  artères  font  plus  am¬ 
ples  que  les  veines,  parce  qu’il  falloir  beaucoup  de  cha¬ 
leur  &  d’efprit  vital  pour  ta  femence;  Quelquesfoisvne 
artere manque,  & quelquesfois  toutes  deux, comme  il 
arriue  peut-eftre  aux  perfonnes  fterilcs. 

Ces  vaiffeauxfontvnpeu  cEoignez  lesvns  des  autres,  v«ye%Jaji^ 
&  s’eftendent  obliquement  fur  les  vreteres  iufques  aux  gure  pre~ 
aifnes  ,  mais  dans  leur  marche  ces  veines  &  ceslrteresfe  ff^tttte. 
joignent  par  vne  infinité  d’anaftomofes,  &  font  attachées 
par  vne  membrane  qui  naift  du  peritoinc,&  fc  portent  en 
fuite  à  la  façon  des  fléaux  ou  tendrons  des  vignes  au  com- 
mencementdu  tefticule. 

Or  cét  cntrclaflcmcnt  cft  appellé  de  quclqueVvns 
corps  variqueuxy  pampiniforme, pyramidal,  &c.[D’autres 
diftingueni  ainfî  ces  vaifleaiix:a«fiî  toft  que  les  vaifleaux 
pr  eparans  d' vn  principe  eûroit ,  fc  dilatent  comme  en  vno 
pluslarge  bafejonles  nomme  pyramidaux,  &lors qu’ils 
s  entortillent  diueifement  deçà  delà,  comme  desflcaux 
de  vigne,  deuant  qu’entrer  dans  les  tcfticulcs ,  illcs  faut 
appellerPampiniformes.  ] 

Au  refte  ces  vaiffeaux  ne  percent  pas  le  péritoine, com¬ 
me  aux  chiens, mais  fc  portent  entre  fa  doublcure  auee- 
petit  nerf  de  la  fixiéme  paire,  &:  le  mufcle  cremafter. 

'  “  T  ij 


s4S  Lture  Premier,  1 

CesvaifTcaux  preparans  de  la  génération  ne  fc  chati!^ 
gent pas, comme plufieurs  pcnfent,  lorsqu’ils  touchent 
letefticule ,  cndefcrens,  comme  fi  ces  vailîeaux  eftoietit 
continus  aux  autres  :  Mais  ils  penctrentla  tunique  pro¬ 
pre  du  tcfticulc ,  &  fc  diftribuent  &  fimlTenc  dans  fa  fub-  * 
fiance. 

Leur  vfage  eft  de  charrier  le  fang,  &  IVn  &  l'autre  efprit 
aux  tefticules ,  &  de  les  préparer  dans  ces  diuers  entrelaf, 
femens  par  la  force  &  la  vertu  qu’ils  reçoiuent  des  tefti- 
culcs:cequi  fefait  ,  lors  que  le  fang  vénal  &:  l’artericlfc 
meflent  exaélement  ^  tandis  qu  ils  arrcllent  dans  ces  laby, 
rinthes  anfradueux. 


CHAPITRE  XXIL 

Des  Tejîtcules. 

LEs  Teflicttîes  font  ainfî  appeliez ,  parce  qu'ils  font  les 
telmoins  delà  virilité  &  de  la  force  dvnhomme: 
[Ceux  qui  nenauoient  pas,  n’eftoient  receiis  en  tef- 
ïnoigna|tàla  Cour  de  Rome.  ]  Les  Grecs  les  nomment 
didy  nitC’cfï  à  dire  gémeaux,  parce  qu  ordinairement  ils 
nmhre,  font  denx-  Il  arriuc  fort  rarement  qu’il  n’y  ait  qu’vn  gros 
tellicule  fcul, [comme tcfmoigne  de  Sylla  &  de 
Cotta  ]Il  eft  encore  plus  extraordinaire,  quand  ils  font 
trois, [comme  cela  s’eft  veu  en  Agathocles  Tyran  de  Sicile, 
&  en  quelques  familles  des  Coieoni  àliAxc. 

A  Bergame  &  d’autres  à  Paris ,  comme  remarque  Fer^ 
ml.  Ce  qui  eft  particulier  àyne  certaine  famille  fortillu- 
ftre  en  Allemagne.  ]  On  en  void  aufli  quatre ,  ce 
a  remarqué  en  partie . 

[  Et  RioUn  le  pcrc  û  petits  qu’ils  efioient  ftcriles.  ] 
VoUr^uoy^  Us  fo  nt  fituez  en  l’homme  hors  de  l’abdomen  fous  le 
les  font  7e-  ^  racine  de  la  verge  dans  labourfe ,  i.  à  caufe  de 

hors  MHx  l^cnaftcté,s  il  en  faut  croire  Ariflote'.  Car  les  animaux»; 
hommes?  dont  les  tefticules  font  cachez  dans  le  corps,  font  plus 


Du  ^ventre  inferieur,  jfç 

I^fcifs,  s’accoü  plent  plus  fouuent,  &  font  plus  de  portées 
&  de  petits.  1.  afin  que  le  conduit  eftant  plus  long,  &  la 
femences’y  arreftant  plus  long,  temps,  la  préparation  de 
la  Ictnence  fe  filt  mieux  [  3.  LAurembergitts  eftinae  que 
c’eft  afin  qu’il}  fulTent  plus  proches  de  cette  partie  exté¬ 
rieure  où  ils  deiioient  engendrer.  Mais  à  dire  vray  ,ce 
voifinagene  fertde  rien  àla  génération ,  mais  feulement 
ccluy  du  membre  vinl.  Et  nous  ne  voyons  pas  que  la  na¬ 
ture  obfcrue  cela  en  pluficurs  animaux  qui  engendrent 
hors  deux  mcfmes. 

MAn.Rolandmvs\ov)S\xc^2Lt  deüx  Hiftoires ,  Paré  par 
vneTeule,  &  Riolan  par  vnc autre  femblablc  ,  que  les  re- 
fticulcsfe  font  quclquesfois  tenus  cachez  dans  la  cauité 
de  1  Abdomen  lufqucs  à  l'aage  de  Puberté.  Que  fi  le 
membre  Viril  eftauffi  caché  en  ceux-là,  ilfe  peut  faire  par 
fois  vn  changement  apparent  de  fexe.] 

Ils  font  communément  aux  hommes  de  hgrofeur  d’ vn  GtAndeur. 
petit  oeuf  de  poule.  Ceux  des  hommes  font  plus  gros  que 
ceux  des  femmes. 

Leur  figure  c(l  ronde  en  long  ,  ou  ouale.  Elle  varie  Figure, 
quclquesfois,  à  caufe  des  vaifleauxvoifîns  qui  s’enflent 
plus  ou  moins,  d’où  vient  que  quelques-vns  difent  que 
le  tefticule«[r<7^>cft  plus  varit|ucux.  On  croit  aulTi  qu’il 
cft  plus  chaud,  &  que  lafemence  qu’il  contient  eft  mieux 
cuite,  l’appelle,  à  caufe  de  cela  arrhenogonos  : 

c’eft  à  dire,  qui  engendre  le  mafle,  parce  qu’il  reçoit  des 
grosvai(reauxlaveinecaue,&la  grande  artere, vnfang 
éc'vnefpiitplus  pnr&plus chaud.Oneftimequele  gAu^ 
ûe  contient  vne  femence  plus  froide,  plus  fereufe,  &  plus 
foiblc,  parce  que  le  plus  fouuent  la  matière  en  cfl  portée 
de  rfimulgentc.  C’efl  pourquoy  Hippocrate  le  nomme 
Thiljgouos yCClïi  dire,  qui  procrée  les  femelles.  D’où 
vient  aufli  qu’on  dit  ordinairement  que  la  femelle  s’eri- 
, gendre  à  gauche,  &  des  parties  gauches,&  le  mafle  à  droit 
&des  parties  droites.  Et  Hippocrate  dit  :  La  femme  a  aufsi 
bien  cjue  l'homme  v»e  femence  virile  efi  féminine  :  c’ett  à 
dire,  plus  chaude  ôc  plus  froide, 

T  ii) 


ISO  Liure  Premier, 

Mais  le  tefticule  gauche  cft  enfemble  plus  enflé  de  fc- 
mcnce,  plus  plein  &’fourny  d’vne  plus  grofle  veine,  flg- 
forte  qu’il  fcmblc  que  la  nature  tende  plus  àla  génération 
i'hrflote,  <1^5  femelles  que  des  mafles.  Arifiote  a  par  confequent 
dit  mal.  à  propos  ,  que  la  nature  fe  propofe  toufiouis  prin^ 
cipalementla  génération  des  malles,  comme  l’ouuragela 
plus  parfait, -Et  qu’elle  ne  fait  des  femelles  que  lors  qu’el¬ 
le  eft  empefehée  d’engendrer  des  mafles  :  Cette  faulfe 
creance  a  aueuglé  ce  grand  homme  de  telle  forte,  qu’il 
confideroit  la  femme  comme  vn  monftre  de  la  nature.. 
Si  la  natu-  Mais  fans  nous  arrefter  à  vne  opinion  fl  extrauagantc,  if 
re  tend  ^  femble  au  contraire  ,  qu’elle  foit  plus  empreflee&plus 
toHficms  a  foigneufe  de  la  génération  de  la  femme  que  de  l’homme, 
tiin  du  pour  les  raifons  que  nous  auons  touchées  ;  lointqucla 
majiti  nature  ne  regarde  pas  touflours  ce  qui  eft  meilleur ,  mais 
ce  qui  eft  plus  ncccflaire, comme  eft  fans  doute  la  femme,, 
dont  plufieurs  fuflîfent  pour  Vn  feul  homme  :  Car  du 
tempsqu’elles portentlefœtus, elles  font  inutilcs:Adiou- 
ftez  à  cela  que  leur  vie  eft  plus  courte  que  celle  des  hora. 
mes  ,  &  n’ont  pas  tant  de  temps  pour  trauailler  à  la  géné¬ 
ration  que  les  hommes.  Mais  nous  auons  traité  plus  au 
long  cette  queftion  en  nos  Contreuer.  Anat.n.desPamts. 
Tegumtns.  tegumens  ou  enucloppes  des  tefticules  font  les  vns 
communs, & les  autres  propres. 

Ceux  qui  font  aux  autres  parties  ,  &  qui  leur 

ont  cfté  donnez  pour  les  deffendre  des  iniurcs  du  dehors^ 
font  deux. 

Le  composé  de  la  cuticule  Sc  delà  pcauplu^ 

defliee  qu’ailleurs ,  eftappcllé^cm»*»  ou  Scortura,  qui 
!,«  hmfe.  pend  dehors  comme  vn  petit  fac  ou  vne  bourle ,  &  qu’on 
peut  apperceuoirparatrouchement.il  eft  mol&cüài, 

fans  graille  ,  afin  qu’il  puifle  fe  dilater  &  fc  froncer  plus 
aisément, &  parce  que  la  matière  huyleufc  delà  grailTc ,  fe 
change  en  femence  dans  les  tefticules.  [lly  a  àfa  partie  in» 
Vourquoy  indigne  qui s’cftendant  tout  de  fonlong,  ledi- 

elle  eft  fans  partie  droiétc  ,  ôc  en  partie  gauche,  qu’on  appclV 

gratjfei  Ic  SHtHre.'\ 


Du>  rventre  inferieur.  ist 

Le  féconde^  fait  du  pannicule  charnu,  qui  cft  airflîcn 
cct  endroit  plus  délié  qu’aillcurs  •,  il  cft  plein  de  veines  & 

<l’arteres ,  &  s’appellent  i)4r/w.  Les  autres  comprenent 
ce  tégument  fous  le  nom  de  Scrotum- 

Les  tuniques  ou  enueloppespropr^^  font  trois  de  cha¬ 
que  cofté  qui  enueloppentchaque  tefticule. 

Lipremiere  tunique  propre  eft  nommée  Elytmde,^Sit'‘  Troprfi, 
cequellercffemblc  àvne  gaine,  &  par  d’autres 
àcaufe  de  fa  forme  entortillée.  Elle  eft  déliée,mais  forte, 
parfemée  de  veines  ,&  naift  des  produdions  dp  péritoi¬ 
ne.  Elle  eft  adhérente  au  Dartos,par  le  moyen  de  beau¬ 
coup  de  fibres  membraneufes  ,quc  d’autres  ont  compte 
pour  vne  tunique  particulière.  [  D’où  vient  qu’elle  eft,  af- 
pre  &  rude  par  dehors ,  &  polie  par  dedans.  ] 

La  fécondé  eft  l’jErjf/jrwWe,  c’eft  à  dire  rouge,  qui  eft 
garnie  de  quelques  fibres  charnues ,  &  qui  eftcouucrtc 
par  dedans  immédiatement  de  la  première.  ♦ 

La  troifiéme,  dernière  &  inferieure ,  couvreimmedia- 
tement  la  fubftance  du  tefticule,  &  femble  la  refterrer ,  & 
eft  appellée  Albuginenfe-,  {  &  par  d’autres  nerucufejparce 
qu’elle  eft  blanche ,  efpailfe  &  forte  j  elle  naift  de  la  tuni¬ 
que  des  vaifleauxfpetraatiques, 

La des  tefticules  cft  glanduleufe,  blanche, 
molle,  lafehe  &  fpongieufe,  à  caufe  du  grand  nombre  des 
vaiflcaux,qui  y  font  difperfez ,  &  enfin  cauerneufe,  quoy 
qu’elle  n’ait  point  de  cauité,  non  plus  que  le  Foyc  &  la 
Rate. 

Ils  ont  toute  forte  de  vaifeaux'Xcs  u ei>i es  Scies  aneres  Vatffemx. 
desfpermatiqaes:&  vn«ÿr/mcdiocredelafixiéme  paire, 

Sc  quelqucsfois  deux  de  la  vingt-vniéme  paire  de  la 
moiielle  fpinale ,  conioints  aux  vaifteaux  fpermatiques, 

[qui  font  portez  auec  eux  parla  produdion  du  péritoi¬ 
ne, ]8c  qui  font  efpars  dans  les  tuniques. 

Ils  ont  vn  mufcle  de  chaque  cofté,  qui  naift  d’vn  fort  li¬ 
gament  qui  eft  à  l’os  du  penil  ,  oùles  raufcles  tranfuerfes 
de  l’Abdomen  finitlénr,  defquels  ils  femblenteftre  com- 
meparties. Orils  fortent  parlaprodudiondu  péritoine. 


iy2  Lîure  Premier, 

&  s’attachent  anx  commencemens  des  tefticules.  OnTes 
V'vfagedes  nomme  Cremafiere s  ou  rulpenfeurs  :  Car  ils  tiennent  les 
mufdes  des  tefticules  fufpcndus,  afin  qu’ils  ne  tirent  pas  trop  les  vaif- 
tepicftl  s.  féaux  fpermatiques.  Ils  retirent  auffi  les  tefticules  en  la 
copulation ,  afin  que  le  canal  feminaire  eftant  accourcy,la 
femence  foit  portée auecplusde  vifteflè  &de  facilité.  II 
paroift  clairement^  fur  tout  en  quclques-vns  qui  retirent 
&  laiftent  aller  les  tefticules  à  leur  volonté ,  que  ces  muf- 
cles  ont  vn  mouuement  volontaire ,  quand  ils  font  plus 
forts  que  de  couftume ,  de  forte  qu’ils  ne  contiennent  pas, 
feulemcntlcs  tefticules  J  mais  les  mcuuent  aufti  d’vn  lieu 
en  vn  autre. 

1*  cAiife  L^fage  des  tefticules  eft  de  faire  lafemence  aiieç  leur 
efficiente  de  chaleur  &  leur  force feminifiquc.  Car  la  caufe  efficiente' 
h  femence.  Je  la  femence  eft  le  parenchyme  propre  des  tefticules, 
foit  à  caufe  de  leur  tempérament  chaud  èi  humide,  ou  à 
raifondÜeurproprietéfpecifique, puisqu’il  ne  fe  trou- 
ue  point  dans  tout  le  corps  aucune  chair  femblable  à  k; 
leur.  Or  ils  changent  le  fang  qui  a  efté  bien  préparé ,  en- 
femence  pour  la  conferuation  del’efpcce  ;  Et  ce  qui  refte,. 
feconuertit  en  la  nourriture  des  tefticules.  Ce  n’éft  ny  ..j 
fion^ne^fe'  eouftumede  la  nature ,  de  faire  la  femence 

fait  point  d’engendrer  des  animaux  parfaits  fans  les  tefticules,  ' 
fanstefii-  ^ui  impriment  àJa  femence  la  formé  ôc  la  couleur  qu’elle 
fHles.  ^.[  SmettHs  en  fes  Meflanges,  Fontanus  en  fa  Phyf.  Ca- 
Itrolylîofmamusdeh  Gêner .  &  d’autres  monftrent  que- 
quclques-vns  ont  engendré  fans  tefticules,  quoy  que  ce 
foit  contre  laloy  ordinaire  de  la  nature. ]Or  le  lieu  où  fe 
fait  la  femence,  n’cft  pas  quelque  cauité  ample  du  tefticu- 
le,  mais  les  vailïeaux  fort  dcliez  qui  y  font  formez,  &  qui. 
fontcouuerts  d’vnc  tunique  fubtile,  comme  aefti- 
me  fortiudicieufement.  [Cafp.  HofntAnms,C<efar,Cremo- 
nw..4dr.  Spigelitis^pxes  Ariflote  ^  femblent  auoir  voulu 
chaftrerlanature,  en  oftant  aux  tefticules  la  génération 
delaferncnce  ;  parce,  difent-ils ,  que  la  matière  de  la  fe* 
meneen  entre  point  dans  les  tefticules,  &  qu’on  n’en  y 
itouueiamais.  lis  nefont,àleur  aduis,que  le  réceptacle 


Du  Rentre  inferieur.  153 

^erhumcur  fereufe  qui  coule  aiicc  !a  feir.ence,  ce  qu’ils 
de  leur  fubftance  glandulcufe ,  &  de  la  grof. 
feurdutefticnie  gauche.  Mais  en  ^a  caufecics  tefticules 
nous  ne  deuons  point  prendre  d’autres  tefuioins^ny  d’au¬ 
tres  lUges  que  les  tefticules  mefmes,  qui  ont  fait  voir  fou- 
uent  qu’ils  fçauent  faire  de  la  femence ,  comme  tcfmoi-  - 

gncnti)o</o>ie(?Obf.  35).  Hofmannus  de  la  Gen. 

Caypf^s,  &  Riolaft.  Ridant  mefme  lemalqué  qu’elle  ne 
peut  aller  aux  vaifleaux  deferens  que  par  le  tefticule.  . 
Quant  au  tcfticulc  gauche,  nous  auons  défia  rendu  rai- 
fon,  pourquoy  il  eft  plus  gros  que  le  droit.] 
Ilfembleanfliqut  les  r(?/iVi</«  augmentent  k  chaleiit 
&  la  force  aux  hommes, comme  cela  fc  voit  aux  chaftrez, 
quichangent  de  tellefortc,  qu’ils  prennent  l’habitude,  , 
letemperament  ,&:l’humein  des  femmes.  Et  certes  il  y  ■ 
a  grande  correfpondance  entre  les  te  fticules  5  les  pat  îles 
fuperieureSj  &  fur  tout  auec  le  cœur.  Car  ;  otnvvuyorrs 
que  les  cpiihemes  cordiaux  eil:ans  flpp’xquez  aux 
tefticules  ,  lors  qu’il  arriuc  quelque  dcfn-illaPCf-  ;  font 
autant  d’effet  que  s’ils  eftoient  mis  (ur  ir  cœur  [1 1  eft  bien 
difficile  d’en  pouuoir  dire  la  caule  facchh/au  Df-iL^.a- 
rtfis ,  Hofmanttus  iknticnt  que  cela  vienr  d>.  -liions  de  . 
l’efpritjiointcsaux  defreiglemens dclaconuoicih  .  xais 
fl  cela  en  eftoitla  caufe,  d’où  vient  que  les  Eunuques  font 
lafeifs,  de  qu’ils  font  fi  paffionnement  amoureux  des  (em- 
mes,  &  qu'ils  fontneantmoins  fiiiets  a  lacholerc  &  aux  ; 
autres  paflions  de  l’ame,  quoy  qu’ils  n’ayem  pas  l’habi¬ 
tude  &  la  force  des  hommes.  Il  femble  que  Galien  a  eftU 
mé  qu’vn  cfprit  s’engendroit  dans  les  tefticules ,  qui  de  la  « 
s’efpand  par  tout  le  corps.  MâisiIn’ya  pointd’app<trence 
,  que  les  corps  glanduleux  ,  comme  font  les  tefticules, 
fuient  propres  pour  la  génération  d’vn  efptit  chaud  tioint 
que  les  tefticules  n’ont  point  de  chemins  pourdiftribucr 
t^dt  efprit  nouucau.  C’eft  pourquoy  ie  ne  puis  auifi  ap- 
ptoiuier  l’opinion  de  )  qui  croit  que  ces  efprits 

s’engendrent  pas  à  la  vérité  dans  les  refticulcs,  mais 
^uc  les  vitaux  s’y  aflemblent  en  plus  grande  abondance,. , 


154  Liure  Premier , 

afin  que  de  là  ils  aillent  fcrcfpandre  par  tout  le  corps  :Ie 
fcntimenc  de  Th.  à  Fega  eft  fans  doute  plus  vray-fembla. 
ble,qu’vn  certain  airfeminal  s’efleue  en  la  génération 
de  la  femencc ,  quiSonnece  changement  au  corps  Les 
animaux  qui  n’ont  point  cité  chaftrcz,ont  vne  certaine 
mauuaife  odeur  de  femcnce,  que  n’ont  pas  ceux  qui  i’ont 
efté.] 


CHAPITRE  XXIII. 

Des  Vaijjcaux  deferens  ou  Ejaculatoires  ^  des 
Parajiates  ,  des  ^^ejîcules  feminaireSy 
des  Projiates. 

Voyez,  U  ^JOus  auons  parlé  cy  deffus  des  vaifieaux  rpermatî. 
figure ,  q^e5  preparans ,  qui  finiffent  aux  tefticulcs  aufqucls 

fetge  i4z.  jjj  portent  la  matière  pour  la  femence. 

Maisil  y  a  d’autres  vaifleaux  qui  commencent  aux  tc- 
fticules ,  &  qui  finiflent  à  la  racine  du  membre  viril ,  où 
ils  portent  &  icttent  la  fem'encc  qui  a  efté  auparauant  fai¬ 
te  au  X  tefticules .  Ces  vaifteaux  deferens  font  deux ,  vn  de 
chaque  cofte. 

Les  fttr/i-  Or  nousdiuifons  ces  vaifteaux  en  commencement, mi- 

lieu  &  fin. 

On  appelle  le  cemmencement  P arafiateSt  comme  quidi- 
roirqui  fc  tiennent  fupcrficiellement  aux  tefticules:  Et 
auftîrorpr  votritjitteuXiOyivartcifcrmeSy  parce  qu’ils  font 
entortillez  en  formes  de  varices.  [Galien\csnô\nt  Epidi- 
dymidés ,  parce  qu’ils  font  couchez  fur  tefticules ,  d’autres 
neantmoins  Icsdiflingucnt  parvn  vfage  particulier,  en 
forte  que  les  epididymespicparcntlafemence,  &lespa- 
raftates  la  peifedionnentdauantage.  ]  Ce  font  des  corps 
oblongs  mis  contre  les  tefticules,  blancs,  efpais,  &:  ronds 
en  long,[  vn  peu  plats  ncantmoins,ôcfolides,]qui  s’eftref' 
üftentpeuàpcu. 


Du  ventre  in ferleuf,  jrjj 

Q^ant  à  leur fubltmce ,  elle  cft  moyenne  entrelcs  teftû 
cules  &  les  /ailfcaux  deferens.  Car  elle  eft  plus  molle  quo 
celle  de  ceux-cy,&  plus  dure  que  celle  de  ceux-là,  patcq 
qu’ils  font  glanduleux  &  fongueux  par  dedans,&  mem¬ 
braneux  par  dehors. 

Spigelius  auec  quel  ques  modernes  eftirne  contre  l’opi¬ 
nion  commune,  qu’ils  naijfem  des  vaifleaux  fpermati- 
ques  par  continuation  ,  de  l'orte  que  les  vaifleaux  prçpa- 
ransjîes  paraftates  ,  &les  vaifleaux  deferens  (oient  con¬ 
tinus,  &  qu'on  ne  leur  impofe  des  noms  diuers.qu’i 
caufe  de  leurs  diuerfes-  fondions ,  &  de  leur  differente  fi- 
tuation. 

[  Mais  VFaIaus  eftime  qu’il  efl:  plus  conforme  à  l’autop- 
fic  de  dire  que  ces  vaifleaux  ne  naiflent  pas  des  preparans, 
mais  qu’ils  fe  meflent  &  s’attachent  pluftoft  auec  eux,& 
s’ouurent  vers  eux  :  Et  cela,  comme  il  penfé,  afin  quels 
fang  qui  efl:  pouffé  par  les  arteres  préparantes  ,  puifTe  laif- 
fer  la  matière  propre  pour  la  génération  dans  les  petits 
rameaux  du  vaiflèau  déférent:  Et  l’autre  partie  du  fang 
qui  n’cft  pas  propre  pour  la  nutrition  &  la  génération  de 
lafcmence,  efl:  verfé  par  d’autres  Anaftomofes  dans  les 
veines,  &  retourne  au  cœur  par  la  circulation.] 

Ils  naiflent  au  refte  des  tefticules  par  des  petits  tuyaux 
deliez ,  oupar  vn  nombre infiny  de  fibres  blanches,  fans 
qu’il  y  ait  aucune  communion  du  vaiflèau  déférent  auec 
les  veines  &  les  arteres  des  tefticules,  comme  la  difTedion 
lcmonftrc,au  rapport  de [mais  ils  font  attachez  à 
la  tunique  interne  des  tefticules ,  encore  qu’ils  en  ayenc 
vne  propre.] 

^'Vfage  des  paraftates  eft  de  perfedionner  &  d’achc- 
«erlalemcnce,  par  la  vertu  qu’ils  reçoiuentdes  tefticu-  Vemjuty 
les;Ettandisquelaferaence  y  arrefte  ,ilarriuc  que  les  ai-  en  ne  [tnt 
guillons  de  la  luxure  ne  font  pas  fi  forts  ny  fi  frequens.  Igurs^ltssi-^ 

Le  Milieu  cftappcllé  fimplcment  les  vaifleaux  ciacu- 
btoires ,  ou  les  vaiflTeaux  fpermatiques  deferens ,  parce  u  luxurt. 
qu’ils  portent  la  fcmencc  des  tefticules  &  des  corps  vari- 
queux  dans  les  vcficulcs  fcminaircs  ;  Car  on  voit  qu’ils 
V  ij  conticn- 


Dti ‘U efUre  inferieur,  ■  js7 

Explication  de  la.  figure. 

I.C5  parties  qui  feruent  à  l’excretion  de  rVrine,  &alA 
Génération  aux  hommes  font  rcprefehtées  ;  la  pre¬ 
mière  figure  mouilrelcur  face  anterieure, &  lafecon- 
de  la  poltericurc.  Elles  ont  des  lettres  communes,  û 
elles  ne  font  marquées  autrement. 

A.  B.  iJapaniemtèricuredii  tefiiade droit. 

C.  C .  P .  D.i,  U  veine  &  tartere fpermâtiqHe  qui  efl cm- 
pe'elaoù  elle  fort  du  péritoine.  C  marque  le  commen- 
cernent  du  corps  variqueux.  D.  en  monjirelabafe. 

E.  E.  2.  le  commencement  duvaijfeau  defereni, 

F*  F .  2  ■  /(?  replj  du  vaiff de  feront^  le  long  du  fege  inf trieur 
du  tejitcule. 

G.  G.  2.  vnç portion  du  vaijfeau  deferent  qui  monte  eu  haut, 

ou  ilcejfe  d'efire  adhèrent  au  tefiicule. 

H.  i.la  fuperfiaeporeufe  du  vaijfeau  déferont  ou  du  parafa- 

te,  qui  efl  adhérente  atenueloppe  du  teflicule. 

I.  2  la  partie  connexe  du  paraflaîe  qui  n’efl point  adhérents 

a  ïenueloppe  du  teflicule. 

X.  M.  i.\.. la  partie  anterieure  du  teflicule.  M.  la  pofle- 
rieure  qui  efl  des  deux  cofle^auec  fon  enueloppe  inté¬ 
rieure  &  le  corps  variqueux. 

N.  N.  2.  le  premier  meflange  des  vaifledux  Jpermatiques. 

O. 0.1.  la  bafe  du  corps  variqueux  ctr  fin  infirtion  dans 

l’enueloppe  intérieure  du  teflicule. 

P.  i.  le  teflicule  couuert  encore  de  l'enueloppe  interne ,  qui 

monflrela  région  fuperieure  dans  laquelle,  s'infiroit  le 
corps  variqueux.  Car  les  petits  trous  du  corps  vari¬ 
queux  paroijfent  icy. 

S.  J,  la  tunique  interne  du  teflicule  quienefl  fiparée 
pre's  de  R-  mais  qui  le  couure  en  S. 

T.i,  /?  teflicule  coupe' par  le  milieu. 

^.Y.i.la  diflributmdes.vaijfeauxdansfafubflanee‘ 

V  iij 


Du  '\>entre  inferieur.  is^ 

l.i.  3;  4.'  ^■îescoftex.du  Rem.  6.-].  %.U  camtédu  Rein ,  oà 
lés  vaijfe'aux  s  infèrent  ah  Rein. 

g.  g  U  veine  cane  coHpée  ah  dejfont  du  foye. 

h .  h.  t Aorte  coupe'e  ah  deffont  du  dtAphrAgme. 

k  l’Artere  ultAcjue.l  la  veine  Adipeufe  droite,  o.  U  gauche. 
in.  n.  la  veine  ^  l’artere  emulgente. 
q.t.  le  conduit  des  vreteres  ,  iu/ejnes  a  r.  infereüi^dans  la 
veflte. 

t.  VL  lave  ne  Jpermatiifue  droiSle.  x.  la  gauche. 

A.  les  arteres  fpermatiques  elles  fartent  de  l'aorte. 

$,  les  branches  que  les  vetnes  fperneatiques  difiri huent  (tu  pe^ 
riioine. 

J[.t.le  corps  variqueux- 

^.le  tefitcule  couuert  d'vne  enueloppe. 

».  §  i  l'Epidtdjme  ou  le  parafiate. 

K.  A.  ft.  la  continuatton  du  v  ai ffeau  déferont . 

If  la  veffie  de  l’vrineouuerte  en  la  première  figure  ye^fiapar-.. 
tie  pojUrteure  en  l'autre. 

|.  les  veficules  feminaires  ouuertes  en  la  première  figure  y  tuf- 
ques  a  la  verge. 

«.  I.  lecoldela  veffie. 

1.  lemufcle  fphtnBer  de  U  vejfte. 
f.  T.  deux  corps  qui  font  les  parties  principales  du  membre 
viril. 

V.  V.  les  veines  &  arteres  qui  vont  au  membre  viril ,  &  au 
col  de  la  veffie. 

?.  le  conduit  del'vrine^  qui  efi  plus  grand  au  balanm. 

contiennent  vne  humeur  blanche ,  voire  mefme  on  trou- 
ue  fouuent  les  paraftatcs  pleins  de  femcncc. 

Leury«^y?4w«eft  blanche  &  nerueure:leurfigureron- 
dc  en  long, &L  leur  (;4«/«obfcure,  parce  que  la  femence 
coule  &  pafl’e  aisément  à  caufe  des  efprits  dont  elle  eft 
pleine. 

Leur  fituation  eft  en  partie  dans  la  bourfe ,  &  en  partie 
dans  la  cauiié  de  l’Abdomen  au  dcftiis  del’os  du  penil. 
Car  ils  fe  portent  en  haut,  ôc  s’attachent  auxvaifleaux 


^(^0  Lhre  Premier^ 

prcparans  parvnc  membrane  ddicc ,  s  anancentiuf,* 
ques  aux  lies  &  à  l’os  pubis ,  qui  pour  cette  raifôn  à  vnc 
cauitcfupcrficielle.Puis  rerccourbanscn  bas,  fe  trainent 
fur  les  vreteres ,  &  fe  dilatent  des  deux  codez  fous  la  paf. 
tie  podericure  de  la  veflie ,  fur  le  re(d;um  près  du  col  de  I4 
velîicjlàoùcd: 

Leur  ces  vaifleaux  dilatez  font 

Pluficurs  ‘vejtcules  femmaires  comme  des  petites  cellu¬ 
les  aux  deux  codez,  qui  pourroient  pafler  pour  vue  feule, 
grande, groire,&  anfradueufejpuis  que  l’vne  fe  rend  dans 
l’autre.  [  On  ne  fçauroit  mieux  les  côparcr  qu’à  vne  grap¬ 
pe  de  raifin,&  leurs  cellules,  qu’aux  cauitez  des  grains  de 
grenade,  dont  elles  imitent  parfaitementl’ordre  &  la  fi¬ 
gure.]  ale  premier  deferitees  veficulcs,  &  après 

juy  Fallope.  Les  veficules  nerueufes  font  fiméestmxt  les 
ligamens  de  la  veflie  de  l’vrine  &  du  Redum  ,  aux  codez 
desvailTeaux  deferens  ,  vnpeu  deuant  que  ces  vaifleaux 
deuiennent  plus  gros,  &  qu’ils  s’vniflent. 

Leur  vfage  ed  de  contenir  &  de  refetuer  laferoence 
elabource  pour  la  copulation ,  de  forte  qu’elle  peut  mef- 
me  edre  fuffifante  pour  plufîeurs  fœtus.Par  ainfi  il  ne  faut 
pas  s’edonner  de  ce  Arifiote  a  proposé  qu’va  Taureau 
nauaTeu  ^  auoit  couppé  les  tedicules  ,  engendra  neant- 

engendrer,  Hioins  puis  après.  EncoFC  qu’il  y  en  a  qui  attribuent  cela 
apres  suoir  aux  Proftatcs  ,  comme  Piccolomim  &  Columbus.  Or  la, 
efié chape'}  femence  peut  ejdreramaflee  dans  ces  cellules  depuis  plu- 
fieursmois,  &  félon  la  multitude  de  ces  veficules,  la  fc- 
mcnce  peut  edre  iettée  en  plufîeurs  copulations, mais  non 
pas  toute  en  vne  feule. 

S'il  y  a  de  Q^and  nous  n’aurions  pas  l’authorité  de  Fallope,  de 

h  femence  Platerus,  àc  Du  Laurem.d'A^f(apefjde»te,&c  de  Caferiust 
dam  les  ^  (-çjte  expérience  nous  afleure  que  ces  veflculcs  contien- 
vejicu  es.  femence  ;  fl  ôn  les  pieflc , elle  fort  incontinent  au 

conduit  de  la  verge ,  comme  le  laid  coule  de  la  mamelle, 
&  l  vrine  de  la  vedie  &cc.  mais  fî  vous  comprimez  lespro- 
aùx\7oL-  doigts  fans  preflTer  les  veficules,  il  ne  fort 

usi  rien  du  tout. [Or  il  y  a  vnc  caruncule  qui  bouchant  le  trou 

empef- 


Dti  "ven  tn  inferieur.  1 6 1 

^pcfchc  qu’elle  n’en  coule  continuellement  dans  l’vré- 
liiic.  Les  Authcurs  modernes  y  ont  trouué  le  ficge  perpé¬ 
tuel  de  la  gonorrhée  virulente  parvn  abfcez  manifefte, 
lequel  dure  fans  doute  en  cet  homme  de  Padoue,  qui eft, 
malade  de  la  gonorhée  depuis  plus  de  trente  ans.  ] 

Après  que  ces  vaifleaux  deferensont  faitles  vclîcules 
féminaires  ,,ils  s’vnilTent  en  vn  petit  conduit ,  qui  va  aux- 
proftates. 

Or  les  Irofiates  font  des  glanduîcs ,  qui  font  ainfî  ap- 
pellées  des  Grecs ,  parce  qu’elles  fe  tiennent  deuant. 

Leur  fftuatiûn  eft  à  la  racine  de  la  verge  fur  le  mufclc 
fphinéler,  ou  le  mufcle  de  la  veflle ,  aux  deux  coftez  de  fon 
col.  les  appelle  Paraftares  ,  corps  glan¬ 

duleux,  Fallofe  glanduleux  affiftant  ;  &  d’autres,  les  petits 
teftîculcs ,  pour  les  diftinguer  des  tefticules.  Ils  font  plats 
par  deuant  &  par  derrière,  &  ronds  aux  coftez. 

[ Ils  font  prefque  de  la  grejfeur  d  vn  gland.  ] 

Leur  fukfiance  eft  Lpongieufe ,  mais  plus  dure  &  plus  : 
tlanche  que  celle  des  autres  glandes }  leur  membrane  eft 
aufli  plus  cfpaifle  ;  Et  cela, afin  que  l’humeur  huileufe  qui 
pénétré  ayfcmcnt,n’exfude  &  ne  s’efcûule.  Or  parce  qu’ils 
ontlefentimcnt  délicat,  ilscaufcnt  ces  chatoiiillemens 
voluptueux  &  deheieux  ,  que  l’on  fent  en  la  copulation. 
Ces  glandes  regardent  par  certains  pores  dansl’Vrethre, 
[quiparoiflentmariifcftemcnt  enceqxqui  font  morts  de 
la  gonorrhée,&  qui  luy  feruent  fouuent,  eftans  dilatez, de 
fiege&dcliét.] 

Leur  vfage  eft  de  contenir  l’humeur  huyleufe ,  grafle 
&gliirante,qui  eft  exprimée,  quand  il  eftbcfoin,  pour 
graiflcr  le  conduit  de  rvrinc,  &  ledefFendreparcemoyen 
de  l’acrimonie  de  la  femencc  ou  de  l’vrine,  afin  qu’il  ne  fc 
dc(feiche,&  ne  fc  defttifle,&  qu’il  demeure  gliffant. Nous 
nedcuonspasreuoquer  cela  en  doute,  puis  que  dans  le 
coït ,  cette  humeur  fort  promptement  auccla  femencc. 

C’eftce  qucG’4//e»avoulu  ,  quandil  a  dit  qu’ils  conte-. 
®^yent  quelque  humeur  fcmblable  à  la  fcmcnce,  mais 
^ancoup  plus  fubtile  ,  dont  l’vfage  fait  d’exciter  aux  ^ 


jët  Llure  Premier, 

combats  de  Venus,  &:  de  donner  du  plaifir  dans  cette  at^ 

taque. 

Cependant  Spigelius^S:  quelques  autres  cftiment  qu’üs 
contiennent  la  icmence:  D  autres,  comme  Du  Lauretrs 
veulent  quMs  contiennent  l  vnc  &  1  autre:  Car  il  croit 
que  les  proftates  efpaiffiffent  la  femence  ,&  engendrent 
l’humeur  tenue  pour  exciter  le  chatoiiillement. 

LesVrojiit-  ■  D’autres  penlcnt  qu’ils  feruent  à  la  génération  delà  fc- 
tes  n’en-  n,cnce  :  Si  cela  eftoit,  les  chaftrez  pourroient  auffi  en, 

gendrët  pas 
h  femence. 

comme  les  femmes,  parce  que  les  tefticules  &  ces  vcficu- 
lesfeminaircs  font  hors  la  cauitc  du  péritoine  ,  &  font 
feparées  par  vne  clofture  membraneufe.  ] 


CHAPITRE  XXIV. 

Du  .Lemire  firil. 

Le  Jifemhre  viril  ou  génital  cft  appelle  communément 
parles  Latins  parce  qu’il  pend,  &  auffi  rtrga, 
Colis, ^c.  Onluy  adonné  plufieurs  autres  noms  que  la 
bien  fcancc  ne  me  permet  pas  de  rapporter.  PUton  en 
^  fonTiméçjle  compare  à  vn  animal  parce  qu’il  a  rcceu  de 
U  nature  vne  vertu  qui  luy  donne  le  defir  d'engendrer.  Il 
cft  certain  ncantmoins  qu’il  n’eft  qu’ vne  partie,  &  l’orga¬ 
ne  de  l’animal, &que  le  defir  d’engendrcr,acfté  empreint 
aucerueau. 

Situation.  Il  cft  fitué  aux  racines  de  l'os  pubis,  afin  que  la  copula¬ 

tion  fc  peuft  faire  plus  commodément, &  qu’il  ne  donnai!: 
aucun crapefchcmcnt  aux  autres  parties.  11  eft  placé  au 
milieu  ,  parce  qu’il  eft  vnique  en  nombre.  Vn  certain 
homme  neantmoins  qui  fuft  diflcqué  à  Bologne  ,  en 
auoit  deux.  [Iules  Ohfequent  dans  les  Pro  diges  dit  la  mef* 


gendrer. 

[Les  hommes  nefontpas  fi  cruellement  tourmétez  des 
cruelles  vapeurs  qui  s’efleuent  delà  remcncc  corrompue. 


Dunjentre  inferieur.  163 

^cchofeci’vn  garçon.  Vn autrçnommé  Anne  qui  alloit 
n’aguercs  par  r^alie,  n’auoit  point  de  verge,  &  au  lieu 
d’elle  portoit naturellement  vne  efponge  fongueufe fous 
Je  nombril  pour  l’excretion  de  Tyrine.] 

Q^antàfa  jÇ^»re,il  eftrond  en  long ,  mais  non  pas  exa-  Fisurti 
dlement,parcc  qu’en  la  paitiefuperieure  qu’on  appelle  1© 
dos  de  la  verge ,  il  efl:  plus  large. 

Sa^rWe«rquiconfifteengroireur&  longueur,  eftdi-  GruntUml, 
uerfe,loit  à  l’efgard  de  refpcce  humaine ,  foit  à  l’efgard  de 
chaque  indiuidu.  Quant  itefpece  >  l’homme  l’a  aufli  grand 
qu’il  eftoitneceflàire  pour  la  génération.  Il  eft  vrayqu’à 
proportion  de  ceux  de  beaucoup  de  belles  ,  il  eft  plus 
court ,  parce  que  la  copulation  des  hommes  fe  fait  d’vne 
façon  bien  differente  de  la  leur,  Qj^ntaux  indiuidus,  la 
diuerfité  y  eft  fort  grande.  Gar  il  eft  d’ordinaire  plus 
grand,  I.  aux  petits  hommes.  2.  enceuxquis’abftiennent 
ducoitjs’il  en  faut  croire  Galien.^.  Si  les  vaifleaux  vmbi- 
licauxne  font  pas  attachez  proche  du  nombril  aux  petits 
enfans  5  car  autrement  la  veflie  &  les  parties  voifincs font 
plus  retirées  en  haut  à  caufe  de  rOuraque,[  encore  que 
SpgeliHs  tient  le  cotraire  de  tout  cela.]  Il  y  a  quelques  na¬ 
tions  que  la  nature  a  fauorifez  d’vn  plus  gros  membre 
que  les  autres ,  comme  les  Ethiopiens. 

il  eft  composé  de  la  cuticule ,  de  la  peau ,  du  pannicul® 

€harnu,& delà  fubftance  propre. 

Ileftfans|r<i//^,  mefmccnceuxqui font Icsplusgros.  Four^uo'j 
Gn  demande  pour  quelle  caufe  on  n’y  en  trouue  point, ny  U  verge 
à  l’entour  de  luy  :  Quelques- vns ,  comme  Du  LaurenSy 
eftiment  que  c'eft  afin  quelle  n’en  empefehaftpasl’ere- 
âionparfa  mollefle;  Mais  cela  ne  feroit  pas  à  craindre,. 
puis  qu’il  fc  drefle  &  fe  tient  roide  tandis  que  les  corps 
du  membre  viril  font  enflez.  D’autres  difent  que  c'eftafin 
quelagrailfene  le  bleffaft  &  ne  l’incommodaft  par  fon 
poids ,  &afin  qu’il  ne  deuinttrop  gros.  Mais  s’il  y  auoit 
peu  de  graiffe  ,clle  ne  pcferoitpas&ncle  grofliroîtpas 
|rop.  Ea  plus  vray-femblable  opinion  eft,  que  ce  mem¬ 
bre  n’a  point  de  graifle ,  de  peur  que  fe  fondant  pat  la  fri- 
X  ij  ^lion,. 


'Liurs  P-mnhr,y 


Dtt ‘-ventre  infcrletir.  Î65 

Explication  de  la  Figure^ 

Ces  quatre  figures  reprefentent  la  verge,  Tes  muf- 
cles ,  &  fcs  parties  voifines  ,•  elles  ont  les  mefmes 
.lettres.,  finonquil  fok  marque  autrement. 

AB.  Us  carps  nemeux  ejüi  co»jîitue»t  le  membre  virile 
•C.  C.  1. 4 .  l' origine  des  deux  corps  de  U  verge, 

Y),  le  gland  dtt  membre  viriU 

£ .  E .  3 .  U  fubftaneefpongieufe  &  ronge  des  corfs  de  U  verge» 

G.  (vreîhre. 

H.  I.I.2.  la  première  paire  des  muf clés  du  membre  <jut  fout 

en  lai.  figure  en  leurfituatiouj  en  U  i.  ils  pendent  ^ 

de  leur  principe. 

l'KtL.  I.  i.  la  fécondé  paire  des  mufcles  delà  verge  entière  en 
la  1-  figure  &  qui  pend  de  l'in fertion  en  la  i. 

M.  I.  i.le  mufcle  Jphinlhrdufiege. 
ît.  4r- lemujele  fphinlîerdela  vejfte. 

O.  O.  Z.  la  membrane  qui  occupe  les  trous  des  os  pubis. 

P.  t.vn  ligament  rond  en  long  qui  vient  de  la  hanche  a  dâ 

tefie  de  là  cuijfe. 
le  corps  de  la  vejjie» 

R.  4.  les  Projlates. 

S.  S.  4.  les  portions  des  vreteres. 

T.  T*  4  /<?J  portions  des  vaijfeaux  deferens. 

dion, ëUctfémouflâft  le  fentiment,  de  ne  üiminuaft  1« 
plaifîi*. 

Sa  fubfiance  piopiîcïï  e&i  pas  offeufe  comme  au  chien, 
au  loup  ie  au  renard  i  mais  elle  eft  particulière  &  propre, 

&  telle  qu’il  n’y  en  a  point  de  femblable  en  tout  le  corps. 

Or  il  y  a  quatre  parties  propres  au  membre  viril ,  l’vre-  fl/stuml. 
thre,  le  gland,  &  les  deux  corps  nerueux.  bre  viul. 

L'vrethre  ou  le  conduit  de  l'vrine  eft  vn  canal  nerueux,  L'Vrtthr*. 
qui  eft  toufîours  de  la  mefme  grandeur  depuis  le  col  de  la 
IÇffie,  où  elle  s’attache ,  quoy  quelle  n’en  nailTcpaSjôc 
X  ü) 


i66  Liure*Tremltrj 

neluy  foie  pas  continue,  comme  fi  c’eftoit  yn  col  long,' 
iufques  à  l’extrémité  du  membre  viril, fmon  là  où  le  gland 
fc  ioinr  aucc  les  corps  nerueux:  car  là  il  a  vne  petite  cauer- 
ne  fuperficielle ,  où  quelques  -  fois  rhumeur  corrofiue  qui 
s’amalTe  de  la  gonorrhée ,  ou  d’ailleurs, fait  vne  vlcerc ,  ôc 
caufevne  douleur  infupportable. 

[Il  y  a  des  porcs  à  fon  commencement  par  où  nous 
allons  dit  que  lafcmence  découle.  Il  y  a  auflî  vne  petite 
membrane,  quieft  tendue  à  l’entour  comme  vne  valvule,, 
afin  que  kfemence  ne  coule  dans  la  velTie.] 

Les  corps  de  la  verge  cmbralTent  &  contiennent  l’vre- 
thre ,  fous  lefquels  cUe  eft  placée ,  &  fe  recourbe  enfem- 
blc  auec  eux,  &:  puis  s’eftend  iufques  au  gland ,  traçant  & 
marquant  par  ce  moyen  la  figure  de  la  lettre  S. 

•  Or  l’vrethrc  a  vne  membrane  double,  &  outre  cela 
vne  fubftance  propre. 

L’vne  des  membranes  eft  interne  &  deliée,  qui  couvre 
auffi  le  gland  [qui  naift  de  la  membrane  deliée,  quienue- 
loppe  les  nerfs  du  membre  viril.]  L’autre  eft  extérieure  & 
plus  charnue  &  tiflue  de  fibres  tranfuerfes, le  milieu  de  la 
fubftance  propre  eft  lafehe,  fpongieux  &  noiraftrc  ,afin 
qu’il  puille  fe  dilater  auccles  corps  nerueux. 

Vvfage  dervrethre  eft  de  feruir  de  conduit  commun 
àl’vrine,  àlaferacnce,  &  à  l’humeur  huylcufe. 

L«  glaX  de  Le  GUnd  ou  la  tefte  du  Membre  viril  eft  la  partie  cx- 
la>  verge,  tréme  ouïe  bout,  vn  peu  rond  ou  pointu,  poli,  enuironné 
d’vn  cercle  comme  d’vne  couronne. 

La  chair  en  eft  plus  fenfîble  &  plus  ferme  qu’en  aucun 
autre  endroit  du  membre  viril,  éSccouucrtc  d’vne.  peau 
fort  deliée. 

Il  eft  md,  &  d’vnfentiment  fort  délicat ,  afin  qu’ilfoit 
plus  fufceptible  du  chatouillement  :  les  vns  l’ont  plus 
pointu,  &  les  autres  beaucoup  moins. 

Lànatureluy  adonné  vnecouuertiirc,  que  les  Latins 
nomment  qui  fignifie  couper  &  rc- 

trancher,  [parce  que  les  Hébreux  ôcles  Turcs  le  coupent,, 
«  ou  vient  qu  on  les  appelle  Circoncis ,  ôc  fans  prepuce, 


entre  inférieur-.  167 

Iran  Vejling  us  m’a  dit  auoir  veu  que  le  prépuce  • 
croift  (oimentauxenfans  parmy  eux, pointu  commevne 
quci  ë  ]  Le  prepuceeft  lié  par  bas  au  gland  par  le  moyen  • 
d’vne membrane,  ou  d’vn  lien  qu’on  appelle  le  frein, 

[quife  termine  au  trou  du  balanns.  Qnelques-vns  efti- 
menr qu’il fc  forme  des  extrcmitezlcs  nerfs:  ’EiCharles 
dcrallcmblagedes  tendons  des  mufcles,  &  du 
nerf  du  membre  viril.  ] 

Les  deux  corps  nerueux  qtiifontvn  de  chaque  codé.  Corps  mr- 
compofent  l’autre  partie  du  membre  viril,  qui  cftkplus"^^’ 
grande  :  toute  leur  fubftance  eft  comme  vnc  artere  fort 
efpaiffe  remplie  d’vne  chair  fongueufe. 

Car  fa  fubftance  eft  double  :  la  première  extérieure,  eC 
paiffe,  durc&  nerueufei  l’autre  interne,  fongueufe,  rare 
ôteauerneufe, tirant  du  noir  furie  rouge.  C’eft  ce  qui  a 
fait  dire  à ,  qu’elle  fc  remplit  de  beaucoup  de  fang 
noiraftre  comme  vil  boudin. 

Or  cette  fubftance  eft  fpongieufe ,  afin  qu’elle  puiflefc 
remplir  d’efprit  &  de  fang.  Q^ndcelaarriue,  la  fubftan¬ 
ce  ncrueufe  en  eft  plus  tendue, &:  empefehe  que  les  efprits  ,  . 

ne  fe  diflipent  promptement  :  C’eft  pour  cela  aufli  que  le  ® 
membre  viril  fe  drefte&  feroidit  non  feulement  pour  de 

coït ,  afin  qu’il  puifl’c  ietter  la  femence  droit  &  fort  loing,  U  verge} 
àl’orificede  la  matrice,  après  qu’il  eft  entré  dans  la  fente 
de  la  femme. 

Ces  deux  corps  naiflent  des  parties  inferieures  des  os 
pcnil,  comme  d’vn  fondement  ferme  &  inelbranla- 
blc,  [où  ils  font  attachez  par  deux  ligamens ,  dont  l’vn  clt 
àla  commiflure  des  os  pubis ,  &  l’autre  s’eftend  d’vne  des 
tuberofitez  de  l’os  ilion  iufques  à  l  aurre ,  où  en  fortant 
ils  fe  diuifent  pour  faire  place  à  l’Vrethre ,  &  puis  fc  trai- 
nenten  haut,]&  s’vnilTent  enuiron  le  milicude  Ids  pu- 
t>is,[côme  les  deux  cornes  de  la  lettre  y.]  Ces  deux  corps 
ne  demeurent  pas  neantmoins  en  leur  entier^mais  ils  per¬ 
dent  prefquc  la  troifiéme  partie  de  la  circonférence  de 
leur  fubftance  nerueufe.  Ils  font  neantmoins  lèparczpar 
le  moyen  d’vnc  clofturc  membraneufe  [compofee ,  non 


jàs  Lture  Fnmiery 

pas  d’vne  double  tunique  ,  comme  à  l’origine  dtr  cej 
corps  :  mais  dVne  feule  membrane  ]  fort  deliée&  tranf_, 
parente,  qui  eft  renforcée  de  fibres  nerueufes,. qui  font, 

arrangées  comme  lepeigne  d’vn  tiflerandi 

Il  entre  dans  la  verge  de  chaque  forte  de  vaiirsaux,[  les 
nerfs  ]  les<y«««&  les  arteres  i.  ^\\xüc\xxs externes  &  cu- 
tanées[  qui  y  viennent  de  là  hotcufc’,]  &  puis  les  internes 
qui’rontdifperrées  dans  fon  corps.  C’eft  donc  (ans, raiforv 
que  quelques- vnsdisêt  qu’il  n’a  point  de  veines.  Il  a  aulîî 
deux  internes  fortreraarquablçs,  quinailTcnt  de 

bhypogaftrique,  &  qui  s ’inferent  au  commencement  du 
lieuoùfefaitl’vniondeces  deux  corps,,  &quife  diftri- 
buentlelong  delà  verge.  Mais  au  milieu  où  cette  paroy 
entremoyenneeft  plus  delice,  elles  diftribuent  deçà  de-là 
des  petits  raraeaux  cntre  les  fibres, à  fçauoir  l’artcrc  droi. 
te  au  corps  gaucKe,  &  la  gauche  au  droit,  qui  portent  l‘ef. 
prit  pour  enfler  &  pour  drefler  le  membre  viril.  Les  nerfs 
■viennent  aufli  de  la  moiielle  de  l’osfacré  s’yefpandre, 
dont  ily  en  a  qui  font  externes  &  cutanées ,  &  les  autres 
fontinternes-[&  plus  remarquables, qui  montent  par  le 
milieu  de  la  bifurcation,  &  de-là  fe  diftribuent  dans  les 
mufclesjà  tout  le  corps  &  au, gland,  ]  afin  que  le  feniiment 
&  le  plaifir  en  foit  plus  exquis. 

Le  raembr&vinl  a  aufïï  deux  paires  de  mufeîts, 
ZesmufeUs  ed  plus  courte  &  plus  cfpaifle,  qui 

Ellcvient  nerueufe  de  i’apophyfc  delà 
hanche.fous  le  principe  du  membre  viril ,  &  va  charnue  à  . 
fes  deux  corps ,  aufquels  elle  s’inferealTcz  proche  .de  Tot 
rigine. 

Son  vfa^e  eft  de  drefler ,  flefehir  &  fouftenir  le  membre 
viril  en  la  copulation. 

fécondé  paire  qui  dilate  l'Vrethre ,  eft  plus  longue: 

[  mais  plus  grefle.  ]  Ces  deux  mufcles  charnus  naiflent 
dufphinétet  dufiege,  Ic.long  du  membre  viril ,  &  puis 
gliirent  par  deilbus ,  &  s’inlerent  aux  coftez,  de  Tviethre 
vers  le  milieu. 

Son  vfage  eft  de  dilater  la  partie  inferieure  de  T vrethr o 

envrinant': 


Du  *v entre  inferieur. 

en  vrinant,  nuis  fur  tout  en  la  copulation,  lors  que  les  ' 
corps  <lu  membre  viril  font  remplis,  afin  qu’elle  n’empef- 
chelafortiedélafemencc.  G'cft  entrc  ces  mufcles,  qu’eft 
le  fieu  d’où  les  Chirurgiens  tirent  ordinairement  la 
pierre. 

Vvfage  àn  membre  viril-  eft  pourle  coït, dont  l’hom-  Coït; 
mène  peut  s’acquitter, fans  Ton  eredionôc  rexcretiondc 
lalcmcnce  quHafuit.Caril  iettelafemence  droit  àl’orifî- 
ce  de  la  matrice, où  après  qu’il  s’eft  mefle  auec  la  femencc 
dclafemme,&quela  matricel’a  attiré  &  bien  retenu,  on 
dit  que  la  conception  eft  faite.  ^ 

Son  fécond  eft  pour  defebargerr  vrine  ,  pour  le¬ 
quel  on  ne  peut  pas  dire  neantmoins  qu’il  aye  efté  fait,, 
puis  quelcs  femmes  vuident  fvrine fans luy. [Les  Arabes 
confiderans  ces  deux  vfages ,  luy  ont  donné  deux  con¬ 
duits, commetcrmoigneFVyù/f,  quia  remarqué  en  quel- 
qu’vn  vnc  conformation  kmblable  à  celle  dont  ils  par¬ 
lent.  * 

Le  gland  n’eft  pas  pei  çé  en  quelques-vns  à  la  partie  an»' 
terieure,  comme  il  deuoit  tftie ,  mais  à  rinferieure ,  com¬ 
me  C-  Hofmannus  l’a  remarqué  après  Arifiote  ôc  F'aalttSi 
qui  ne  peu  tient  piflcr ,  s’ils  ne  foufleuent  la  verge,  ou  s’ils 
ne  font  aflis.  Quelques  autres  ,  comme  il  arriue  plus  fou¬ 
lent, l’ont  trouée  à  la  partie  fupcrieurc.Les  vns  &  Ies  au~ 
tks  nç font  pas  bien  propres  à  la  génération.  Par  foisilv 
n’eft pas  percé, comme/v/w  a  remarqué.] 


CH  APIT  RE  XXV. 

T^es  farties  des  femmes  (jui  Jeruent  â  la  gene^^ 
ration^  ^ premièrement  des  wijfeaux^ 
ÿermatiijues  preparans. 

ENtre  les  parties  des  femmes  qui  fcruenc  à  la  généra¬ 
tion, il  y  en  a  quelqiies-vncs  qui  rcfTemblcnt  en  quel-» 


x7a  Lmt  Premier  i 

que  façon  â  celles  des  hommes  ;  comme  les  vaifTeaur 
.  fpermaciques ,  les  tefticules  ÔC  les  vailTeaux  deferens: 
'^mitaleT^  mais  ily  en  a  d’autres  qui  font  tout  à  fait  differentes,  com- 
^dTsfemmis  nie  la.matricc  auec  l’orifice  du  fonds  &  fon  col ,  l’hymen, 
font  tout  à  les  caruncules  appellées  myrtiformes,  à  caufe  qu’elles  rcf. 
fait  diffe.  fcmblent  à  la  feuille  de  myrte ,  la  nature  auec  les  levres, 
^7/**/*  le  clitoris  &  les  raontagnettes. 

^hommes  croire  auec  GdUen,  Picolomiuy,  FaUû^ 

&  les  autres,  que  ces  parties  génitales  des  femmes  ne 
foyent  differentes  de  celles  des  hommes.,  que  feulement 
defituation.  Cette  opinion  a  efté  mife  en  crédit  par  ceux 
qui  ont  crcuquela  femme  eftoit  feulement  vn  homme 
imparfait,  qui  à  caufe  de  fa  froideur,  n’auoit  peu  pouffer 
dehors  les  membres  de  la  génération  ,  qui  fortent  en 
l’homme  par  la  force  d’vne  plus  grande  chaleur. 

Mais  vn  expert  Anatoraifte ,  &  tout  homme  qui  pren¬ 
dra  la  peine  de  conférer  ce  que  nous  dirons  auec  ce  qui 
précédé ,  verra  affez  manifeitement  que  ces  parties  des 
fcmmes,font  differentes  de  celles  des  hommes ,  non  feu¬ 
lement  en  fîtuation,  mais  en  toute  leur  ftruâ:ure,en  nom¬ 
bre  ,  en  fuperficic ,  en  grandeur ,  en  cauité,  en  figure, en 
oÆce  &c  en  vfage. 

Et  certesl’crreur  de  ceux  qui  tiennent  le  contraire.pa- 
roift  affez  par  la  diuerfiré  de  leurs  coniedures.  Carlesvns 
comparent  la  matrice  àlabourfe ,  &  les  autres  au  gland 
La  c«mp»-  du  membre  viril.  QuelqUes-vns  veulent  que  le  col  delà 
»aifon  de  la  matrice  rcffcmble  à  la  verge,  $c  les  autres  le  clitoris.  Mais 
ll^matriee  Opinion  fe  deftruit  par  fa  propre  foibleffc, 

\efi  ridieuU.  nousatnufer  à]a  réfuter ,  nous  venons  à  l’explication 
des  parties. 

Les  vaif-  Les  vaiffeaux  fperraatiques  preparans  des  femmes  en 
féaux  pre-  nombre,  en  origfiie ,  en  office,  &c.  reffembient  à  ceux 
hommes.  Il  nous  faut  raonflrcr  maintenant  en  quoy 
ils  different.  ,  ^ 

Ils  different  premièrement  en  grandeur.  Ceux  des  fem¬ 
mes  font  plus  courts ,  à  caufe  qu’ils  ne  font  pas  vn  fi  long 
'  iChemin ,  mais  ils  ont  vn  plus  grand  nombre  d’anfradtio* 


Du  rventre  inferieur,  iji 

ficez  qui  conftituent  le  corps  variqueux ,  afin  que  lafc- 
mence  s’y  arreftant  afiez  long-temps elle  puilTcy  eftrc 
préparée.  Ils  difFerent  auflî  en  infertio»)  car  ceux  des  fem. 
mes  ne  fe  portent  pas  tous  entiers  aux  letticules ,  mais  ils 
fedillirent  au  milieu  du  chemin,  dont  la  plus  grande  par¬ 
tie  va  au  tefticule ,  où  elle  fait  le  corps  variqueux ,  la  plus  - 
petite  aboutit  à  la  matrice,  fediftnbuantàrescoftez,& 
fur  tout  à  la'partie  fuperieure  du  fonds ,  pour  la  nutrition 
de  la  matrice  &  du  fœtus ,  6c  afin  que  quelque  partie  des 
mois  fe  puifle  vuider  par  ces  vaifleaux  en  celles  qui  ne 
font  pas-enceintes. [  Car  le  plus  petit  rameau  fe  fend  en 
trois  branches  au  defibus  du  tefticule ,  dont  l’vne  va  fe 
rendre ,  comme  il  a  efté  dit ,  àlâ  matrice , l’autre  fe  diftri- 
buë  au  vaiffeàu  deferent, ou àla trompette  delà  matrice 
&  au  ligament  rond ,  6<:  la  troifiéme  fe  trainant  le  long  du 
collé  de  la  matrice  fous  la  membrane  commune  ,  finit 
prés  du  yriy  coldela  matrice , s’abouchant  mcfme  auec 
les  veines,  hy  pogaftriques.  ]  C’eft  pour  cette  caufe  que  ces 
vailTcaux  ne  fortent  pas  aux  femmes  hors  du  péritoine,  & 
qu’ils  ne  touchent  pas  l’os  pubis ,  parce  que  les  tefticules 
&  la  matrice  font  logez  au  dedans. 

Ces  veines  6c  ces  arteres  fpermatiques  font  impliquées 
par  plufieurs  anaftomofes  admirables  pour  la  prépara¬ 
tion  de  lafemencc  [voire  mefmc  les  veines  reçoiuentlcs 
arteres  hypogaftriques  de  la  matrice,  fuiuant  l’obferua-- 
tion  à'Arantim  ôc  de  Riolati, 
le  me  fouuiens  neantmoins  qu’vne  femme  qui  auoit 
cudesenfans  mafles,n’auoit  point  d’arteres  6c  Fr,  Sa»-’ 
cèe*  raconte  qu’elles  eftoient  pétrifiées  en  vne  femme  de  ' 
Thouloufe.  ]  . 


CHAPITRE  XXVI. 


Des  Tefticules  des  femmes.  de  s  femmes- 

^  ^  font  dtfe. 

Vànt  aux  Tefticules  des  femmes ,  bienqu’ilss’ac-  rentes  de 
cordent  auec  ceux  des  hommes  en  vfagc,ils  font 
Y- i)  néant- 


Dti  \fentre  inferiem  J7i 

Explication  de  la  Figure,  ^ 

Elle  reprefcnte  k  matrice,  les  vaiiTeaux  qui  feruem  à  la 
génération, la  veflie  6c  les  mammelles. 

A*  K  •  les  veines  des  mammelles  qui  naijfent  de  celles  <fHi  vent 
à  la  peau  ejm  eemre  le  haut  d,e  l’efpanle- 
-B.  lesvetnes  des  mammelles ,  ejtti  viennent  de  celles  ^uis'f' 
flendentparl'aijfelle  wf juesà  U  main> 

C4e  corps  principal  delà  mammelle- 

D.  D.  les  glandes  &  la  gratjfe  qui  font  parfemtes  detou{t$ 
partsdansle  corps  de  lamammeUe. 

E.  F.-G.  H.  le  péritoine  qui  ejl  replie' par  haut  é^parhat. 

I.  K.  les  vaifeattx  mammaires  quidefceudent  du  goferfes^" 
l’os  delà  poitrine^ 

lapartie  connexe  du  fo je.  M-  la  caue- 
.  vneportion  de  laveinevmhilicale>  04a,  veine  porte  qui 
efiicycoupe'e. 

VJaveine  caue,  Aorte • 

"K.l’Artere  caliaque.  S*  la  veine  adipeufe  gauche. 

T .  V .  /w  arteres  les  veines  emulgentes . 

X.  la  veine  adipeufe  droite.  Y.  Z  •  les  reins. 

^.^.\>c,c.lesvreteres. 

d.  d .  e .  îetveines fpermatiques. 

f.  le  lieu  de  tAorte^  d' ou  les  Veines Jpermatiques  forcent. 

%.h.  les  arteres  f>ermatiques. 

i*  k;  la  partie  anterieure  du  fonds  delà  matrice. 

’  i  1. 1 orifice  du  fonds  delà  matrice  ejl  iey,  é'ie  col  de4a  matrice 
J  commence. 

^lereüum. 

a.n.  vmportion  de  la  veine,^  de  Tartere  fpermatique  qui 
'Va  A  la  matrice. 

■V.  les  veines  &  les  arteres  fpermatiques  qui  s'vnijfent ,  ^ 
qui fentîe Corps variqueuX’  O.p. 

%  les  petits  vaijfeaux  fartent  du  corps  variqueux  vers  les 
membranes  qui  ioignenfle  tejlieule  au  péritoine. 

Y  iij 


Premier^ 

r.  la  face  anterieure  du  tefiicule. 

f.  le  commencement  du  vaijfeau  deferent> 

’  t.  le  recourhement  duvaijfeau  qui  forte  la  femence,  ^ 
progrez,  a  U  matrice. 

"Si.x.  le  col  de  la  matrice. 

y  .  le  col  de  la  vejfte &  fin  muf  île  contigu  -,  qui  sinfire  au  col 
de  la  matrice  en  ^ 

A.f,.  lapartiepofterieure  du  fondsdela  vejfte  ou  font  aujfi  /« 
rameaux  de  ces  vai féaux  qui  font  contre ti fus  dans  la 
matrice. 

f.  l'orifice  du  col  delà  matnce. 

n.Jes  vai  féaux  qui  defcendentdes  iliaques  a  la  cuife* 

ncantmoins  d^fFerens  d’eux  en  beaucoup  de  chofes: 
Vourquey  i.  En  fituation  qui  cft  au  dedans  de  la  cauité  deTabdo- 

hs  tefttcu-  men,dela  largeur  de  deux  doigtSjau’deffus  du  fonds  de 
mes’fonT'  en  celles  qui  ne  font  pas  enceintes,  [à  laquelle 

logez  au  attachez  par  le  moyen  desligamensfuperieurs,] 

dedans^  afin  qu’ils  foient  plus  chauds  &  plus  féconds,  puisqu’ils 
font  deftinez  à  l’élaboration  de  la  matiere,de  laquelle  feu¬ 
le  l’homme  deuoiteftre  engendré,  lafemencede  l’hom¬ 
me  qui  feiointauec  elle, feruant  de  caufe.cfficiente,&  non 
pas  de  matière. 

a.  En  ceux  des  femmes  eftâs  plus  petits.  [Car 

à  caufe  de  l’accroilTement  de  la  chaleur,  ils  s’etrcffilTent 
depuis  14.  ans  ,  au  lieu  qu’ils  cftoient  auparauant  plus 
tumides  par  vn  fuc  blanc. 

3.  Ln  h  fuperficie  externe  qui  eft  plus  inefgalc  en 
ccux-cy. 

4.  En  la  Figure  qui  n  eû  pas  fi  ronde,  mais  large  Ô£  pla- 
se  par  la  partie  anterieure  &  poftericure.  Les  tefticules 
font  auffi  plus  caues  par  dedans,  &  plus  pleins  de  l’hu^ 
meur  fpermatique. 

5 .  Enfulffiancci  que  quelques- vns  eftiment  eftre  plus 
dure  qu’elle  n’eft  pas  aux  hommes,  mais  à  dire  le  vray,  elle 
cftplus  molle,  commed’autres  croyent.  Sivouslalipa- 
rczdefa  membrane  ,  elle  paroift  composée  d’vn  grand. 


Du  rv entre  inferieur.  jjr 

-oonibre  de  glandes  &  de  veficulcs. 

(î.  En  Tempérament  que  l’on  tient  ordinaitement 
plus  froid  ,  &parconfcqucntlafemence  contenue  dans 
lestefticules,  eft  plus  deliée&  plus  aqueufe. 

7,  ^megumens.  Car  ils  ne  font  couucrts  que  d’vne  feu- 
letunique,  parce  qu’ils  font  d’ailleurs  logez  dansvn  lieu 
caché: Elle  eft  cftroitement  adhérente,  &  eft  nommée 
Dortospàt Galien.  Au  refte,  les  tefticules  font  couuerts 
du  péritoine  iufques  à  la  moitié,  où  ilsreçoiuentles  vaif- 
feaux  fpermatiques. 

[8.  En  cennexion.C&t  ils  font  attachez  à  la  matrice  par 
deux  conduits,  l’vn  eft  manifcfte,&  l’autre  plus  obfcur, 
parlefquels  lafemence,  &  non  pasvne  humeur  fereufe 
eft  refpanduë  en  la  copulation.  ] 

Leur  vfagi  eft  de  labourer  la  femcnce ,  comme  la  raifon, 
Sclëxpericncele  tefmoignent.  Et  ie  m’eftonne  <\\\‘Ari- 
pte  ait  ofé  dire  le  contraire  en  quelques  endroits,  & 
quclques  autres  Anatomiftes  après  luy,  qui  veulent  qu’ils 
ne  foient  que  des  glandes  deftinées  pour  reçeuoir  l’hu¬ 
midité  quidoit  eftre  en  abondance  dans  la  matrice.  [Cre^- 
mnin  a  efté  de  ce  fentiment  :  Mais  certes ,  fi  la  nature 
n’eut  eu  d’autre  defléin  que  d’arroufer  la  matrice,  elle 
n’eut  pas  fait  vn  fi  grand  appareil,  puis  qu’vn  fculvaif- 
feau  portant  doucement  cette  ferofité,pouuoit  eftre  fuffi- 
fant,  &  mefmes  les  pores  feuls,  comme  nous  voyons  que 
cela  fe  fait  pour  porter  l’humeur  vifqueufe  au  gc- 
noiiil.] 


CHAPITRE  XXVII. 

Des  '^aijj'eaux  deferens. 

IL  n’y  a  point  d’Autheur  iufques  icy  qui  nous  aye  def- 
crit  au  vray  les  vaifleaux  qui  portent  la  femence ,  corn" 
tne.cclafe  peut  voir, fi  on  conféré  la  defeription  que  nous 


j:76  Llure  Premier, 

allons  en  donner  aucc  celle  que  ceux  qui  en  ont  elctitjjcn 
ont  faite. 

Ces  vâiffeaux  deferens  font  des  conduits  impercepti. 
blesdelafemcnce,  qui  font  d'ailleurs  femblâbles  auxdt, 
fcrens des  hommes  ,  àrefgard  de  leur  figure,  &c  deleuj 
fubftance.  Mais  ces  vaiflcaux  naiflent  du  fonds  delarna- 
uice  par  vnc  extrémité ,  &c  ne  paruiennent  pas  par  l’autre 
auxtcfticules:,  ou  àqueiqueautre  partie.  Ceftpourquoy 
auflî  ils  ne  font  point  ouuerts  par  cette,  autre  extrémité, 
mais  font  bouchez,  de  s'il  faut  ainfidire,aueugles,  com. 
merînteftin  cæcum  ,  &  comme  vne  appendice  de  la  ma¬ 
trice.  [Mais  ils  ne  fe  ferment  que:  par  le  moyen  des  bords 
&  des  franges  de  cette  extrémité  qui  cft  defchiquetçe, 
comme  fi  elTeauoit  efiié  rongée  des  vers  qui  tombent, les 
vns  furies  autres,  ] 

Gesvaiflcauxfont  deux  ,vn  de  chaque  cofte. 

Quanta  leuryi>«4//o»jils  enuironnent  les.tefticulcs à. 
demy  ,mais  ilscnfont  eûoignez  par  tout  :  Ilsfotit  feule¬ 
ment  attachez  par  des  membranes  tres-dehées ,  qui  ref- 
ferablent  aux  ailes  des  chauues-fouris,  dans  iefquelles. 
plufieurs  veines  &  artères  s’efpandcnt,  qui  vont  des  tefti- 
cules  dans  ces  conduits,,  &  qui  des  tefticulcs  portent  icy, 
lafemcnce.  , 

Ils  font  d’vnc  fu^fiaace  nerueufe,  blanche,  efpaifrc  & 
dure. 

Quant  iJeurjî^^re  Us  font  longs  en  rond,&  caues  com¬ 
me  les  vaiffeaux  deferens  des  hommes,  [lis  ont  trois  ou 
quatre  cellules  pleines  de  femence  blanche.] 

Leur  continuation  n’elt  pas  droite,  mais  tortueufe,  parce 
que  lecheniin  dcstefticules  àla  matrice  eft court.  Oril 
falloir  que  leplaifirfuft  déplus  longue  duree, lors  que  la. 
femence  fe  lettc  en  abondance  des  tcfticules  dans  les  cor¬ 
nes  de  la  matrice.  Et  commclcs  veficulcsfcminaires  fer- 
uentaux  hommes  pourgarder  la  femence ,  ces  Conduits 
ampcrceptiblespeuucntleruirà  la  mclme  chofe  aux  fem¬ 
mes,  vcuqu  elles  s’accouplent  fouuent,  &  iettcntla  fe- 
Sîence,  Car  ils  font  tellement  attachez  aux  tcfticules  par 


Larventre  InfeYieuf.  177 

^es- petits  membres ,  qu’ils  en  luccent  aifément  par  lo 
itioyen  des  vaifleaux  qui  en  viennent, comme  par  des  ver- 
nes  mefaraïques  la  femence  qu  ils  ont  cuite,  ôc la  gar¬ 
dent  pour  rvfage. 

Ils  font  rfwp/ei  depuis  leur  origine  iiifques  aux  fonds  de 
la  matrice, &  comme  iis  s’allongent,  ils  s’eftieffilTent  fur 
lafin,quoy que  leur  extrémité  fort  large  quelque  peu. 
l’ay  dit  depuis  leur  origine,  encore  qu’il  n’importe  pas, 
quandondiroitque  c’eft  le  lieu  de  leur  infertion. 

Or  Galien  t'ÜLisxit  que  ces  vailTeaux  s’inferent  feulement 
aux  coftez  de  la  matrice  qu’on  appelle  les  cornes,  &  pref- 
que  tous  les  plus  experts  Anatomiftes  après  iuy  ,  qui  af- 
-feurent  qu’ils  n’ont  peu  defcouurir  aucune  autre  infer¬ 
tion,  &  raefme  Gdknticn.  reconnoift  point  d’autre.  Mais  - 
Dm  Laurens  le  vante  d  artoir  trouue  quelque  autre  cojï-  infertion 
duitquine  va  pas  au  fonds  comme: l’autre,  mais  au  col  nouuelledet 
delà  matricctdc  forte  que  chaque.vailTeau  deferent  eft  di-  vaijfeaux 
uisé  en  deux  pai  tics.dont  l’vne  eft  pluscourtc  ,  mais  plus  df. 
ample,  qui  s’inferc  au  milieu  de  la  corne  de  la  matrice  qui 

eft  de  fon  cofté  ,  &  quela  femence  eftant  parfaitement 2*;»- 

cuite, fc  verfe  là:Et  l'aurre  plus  cftroite  &  pluslongue,  qui  rens. 
fc  traine  le  long  des  coftez  delà  matrice, au  dèffôus  de  l’o¬ 
rifice,  au  commencement  du  col.  Or  Fki'o/w  fait  auffiv 
mention  de  cetteautre  partie  ^  Ac  dit  qu’elle  eft  fi  petite  en 
celles  qui  n’ont  jamais  conçeu ,  qu’elle  ne  peut  eftre  re¬ 
marquée  que  par  vn  Anatomifte  fort  habile,  mais  qu’cllo 
eft  fortlarge  aux  femme?  enceintes.  [  Rielan l’a aufli  ob- 
feruée.]  Si  cela  eft  viay, les  femmes  enceintes  ietterôt  fans 
doute  la  femence  par  ce  rameau,  &  rcceuront  plus  de  plai  femmes  *»- 
firàcaufcde  la  longueur  du  chemin,  de  forte  qu’il  n’eft  «t- 
pasbefoin  qu’elle  paffe  par  la  matrice,  Qi^c  fi  au  contrai- 
re  cela  n’cft  p.as,il  ne  faut  pas  trouuer  fiabfuide  que  lafè- 
^iéce  vienne  de  la  matrice, encore  que  le  fœtu  s  y  foit .  Car 
fon  orifice  n’cft  pas  fi  exactement  fermé  apres  la  conce¬ 
ption, comme  tous  le  difent  d’vn  commun  confentementj 
puis  que  les  exemples  de  diueifes  fupetfctauons  moïv» 

«rent  le  contraire.  . 

Z 


Lîttn  Premiery 

Failâpe  fefhblc  en  quelque  façon  auoir  bien  dcfcrît  ces 
vailTeauxdefcrcns.rous  le  nom  detroinpcttes;Mais  fi  l’oa 
prend  la  peine  de  comparer  fes  fentimens  auec  ce  que 
nous  en  auons  dit, il  paroiftra  clairement ,  ou  qu’il  n’en  i 
pas  eu  vnc  parfaite  cognoiffance,  ou  qu’il  en  a  dit  des 
chofes  qui  ne  leur  conuiennent  pas. 
ï»  fiuel  porter  la  feméncc  des  tefticules  à  U 

lieHhfe-  matrice ,  fur  tout  en  la  copulation ,  où  clleeft  versée  par 
menceeji  Icscorncs  delà  matrice  dans  fa  caui  té,  &c  coulant  danslc 
njtrsée  dans  co\  pat  l  orifice  qui  cft  ouuert  ,  va  rencontrer  celle  de 
la  c»fuh-  l'homme  ;  ou  bien  elle  peut  fe  ictter  dans  le  col  par 
quelque  autre  chemin  cftroit ,  s’il  y  en  a  aucun.  Il  y  a 
donc  apparence  qu’en  la  copulation  (foitquececonduit 
fe  trouue  oii  ne  fe  trouue  pas  )  la  femence  de  la  femme  cft 
efpanduë  dans  le  cqI,&  qu’elle  rencontre  celle  de  l’hom¬ 
me  ,  lors  que  celle  de  la  femme  veut  fortir  pat  l’orifice  de 
;k  matrice  qui  cft  ouuert, ou  qu’elle  entre  par vn autre 
chemin  plus  eftroit. 


CHAPITRE  XXVIIL 

De  la  M atrice  en  général. 

Sfnltymt.  T  Es  Latins  ont  nommé  la  Matrice,  Fterus,  de  Vter  qui 
j^fignifievn  ouairCjà  caufe  de  facauité.[C’eft  en  cefens 

3 UC  TAcite  àÂtfFterm  d’vn  nauire.  Ijidore  dit  que  le  mot 
vient  de  ce  qu’il  t^vtrmqne  vnnst  c’eftàdirc, 
■vnique  des  deux  coftca.Dans  les  &  mx  hfiittftis, 

elle  eft  appellée  ventre  dans  vne  fignificaiion  plus  vafte.] 
Onlanomm^auifi  MAtript,  /cri,  les  lieux.  Ils 

nômmoient  celle  des  autres  animaux  &:  principa¬ 
lement  celle  de  la  ttuye ,  que  les  Anciens  Romains  te* 
noient  pour  vn  morceau  délicieux  ,  comme  tcfmoignc 
^Ihu.  Sur  quoy  onpeut  confuher  PlntAr^At  >  & 
enks  Lettres. 


Du  "Ventre  inferieur.  179' 

Sa  ftuAth»  eft  dans  l’hy pogailrc ,  ou  en  la  partie  infc-  Vourqmy 
rieuredn  bas  ventre,  dans  la  cauité  qu’on  nomme  le  baf.  l*m»tric€ 
fin  qui  fc  forme  de  l'osfacré  &  des  os  des  Iles.  G’eft  pour-  f 
quoy  cebaflîn  eft  plus  ample  aux  femmes,  d’où  vient  auffi 
qu’elles  ont  les  feftes  plus  amples  &  plus  grolTes.  Or  il  a  *  ^ 
fallu  qu’elle  eut  cette  ricuation,afin  que  la  matrice  peuft  fc 
dilater  félon  la  grandeur  du  fœtus ,  &  afin  auflique  l’én» 
fant  peuft  fortir  plus  commodément» 

La  matrice  eft  placée  au  milieu,  fans  pancher  d’vnco- 
fté  ny  d’autre,  finon  quelques-fois  quand  les  femmes 
font  enceintes  d’vn  fils  ou  dVne  fille.  Car  alors  elle  occu¬ 


pe  plus  le  droit  ou  le  gauche. 

Elle  eft  entre  le  Redum  qui  eft  delTous ,  &c  la  veflie  qui 
eft  couchée  deflus, comme  entre  deux  oreillers.  Les  hom¬ 
mes  ont.  ils  pas  bien  raifon  d’eftre  fi  orgueilleux  &  fi  fu- 
perbes ,  eux ,  dis-ie ,  qui  naiflent  parrny  les  ordures  &  les 
cxcremcns? 


$9igrmdeur  àrefgard  de  la  longueur,  largeur  &  cfpaif-  s«  grm* 
feur  eft  diuerfe,  félon  laconftitution  des  corps ,  félon  l'aa- 
ge&lesadions  vencriencs.  . 

Sa  longueur  tn  celles  qui  font  de  moyene  taille,  &  qui 
s’adonnent  aux  exercices  de  l’amour  ,  depuis  la  partie 
honteufe  iufques  à  la  fin  du  fonds, eft  ordinairement  d  on¬ 
ze  doigts,  &  celle  du  fonds  de  trois, 

La  largeur  du  fonds,  eft  de  deux  ou  trois  doigts ,  parce 
qu’en  celles  qui  ne  font  pas  enceintes, lalargeurdufonds 
&  du  col  eft  efgale.  De  U  on  peut  aifément  coniedurer 
quelle  eft  fon  amplitude. 

Elle  eft  petite  aux  filles  qui  ne  font  pas  en  la  force  de 
l’aage  &  plus  petite  que  la  veflie  :  Elle  eft  plus  grande  en 
celles  qui  font  arrivées  à  cet  aage,&  neantmoins  aflfez 
petite,  mais  plus  efpaiflc, fi  elles  s’abftienncnt  delà  copu¬ 
lation,  comme  celle  des  vieilles.  Mais  elle  eft  plus  grande 
en  celles  qui  ont  fouuentconceu,  &  qui  ont  cfté  groflèsi 
de  forte  qu’on  peut  prefque  la  prendre  au  ec  la  main,  fi- 
®onlors  qu’elles  font  enceintes.  Car  alors  elle  groflTit  de 

plus  en 
Z  ij 


H  > 


Dti  Rentre  inferieur^  jSt 

Explication  de  la  Jîgure, 

01e  mondrc  la  fituarion  narurélle  de  la  matrice  &:  de  la 
veflîe ,  aucc'les  parties  voifi^es. 

C.  D.  le  fege  interne  duperitoine  refiechy. 

E.  £•  vne partie dtt  mefentere  quihintles  inteftins  grejles  an 

dos. 

F.  F.  G .  G.  les  membranes  du  mefentere  (pui font fepare'es  les 

vnesdes  autres,  à fçauoirV.  de  G.  tordre  ^  la  con¬ 
tinuation  des  vaifeanx,^  des  glandes  qui  efientr  elles. 

H. .  H.  vne partie  du  mefentere  qui  contient  le  colon  au  cofie 

gauche. 

I.  vnepartie  du  mefentere  qui  conioint  le  colon  msc  t Ikon 

au  Cofie'  droit. 

K.  le  ReBum  coupé. 

L.  le  fonds  de  la  matrice  entier  ,fans  qu'on  en  ait  rien  fe- 

paré. 

M-  le  tefiicule  droit ,  qui  efi  encore  s  couuert  d'vnligamenU 
qui  natjfant  duperitoine,  conduitUs  vaijfeauxfperma~ 
tiques. 

N.  le  tefiicule  gauche  defcouuert  de  et  ligament. 

O'O.  CXXî^le  ligament  qui  fartant  du  péritoine  attache  au 
dos  les  tefiicules  auec  les  vatjfeaux  fpermatiques  ^  dr 
ceux  qui  embrajfent  la  partie  plus  ejljeuéede  la  matrice, 
•qui  consent  aujfi  la  matrice,  ^  qui  auec  le  ligament  du 
cofté  oppofite  confiitué  la  fécondé  tunique  de  la  matrice, 
P .  les  fibres  charnues  qui  fe  gUfientdans  ce  ligament ,  qut  fe~ 
Ion  refalefontle  mufcledroiU. 

S.  le  col  de  la  matrice  couuerte  encore  de  cette  membrane 
qui  C attache  au  péritoine  ,  la  dt fiance  entre  R.  &  S, 
marque  la  largeur  du  col  &fes  rides. 

•  la  face  pofierieure  de  la  vejfie. 

•  le  nombril.  X.  ^ne  partie  de  la  veine  vmbilicale,quiefi 
réfléchie  en  bas. 

l’ouraque.  ZZ.  les’arteres  vmhilmles.  ' 

Z  iij 


i8i  LmrepPrmier, 

plusenplus,  &au  Iieuqiiedeuantl3gro(re(re,fonfon<îs 

ne  palïbit  pas  le  comn^eoc^raent  de  l’os  fàcré,  ellcs’e- 
ftend  après  iufqucs  noibbril ,  &c  mcfmes  au  delà ,  de 
manicre  qu’elle  fe  couche  fur  les  inteftinsgrefles. 

L'ejpaifenr dch  mumce  n’eftpas  moins  diiierfe  ;  Car 
celle  des  vierges  eftd’vnefubftance  deliée,  celle  de  plus 
aagécseft  plus  cfpailTe,  &  celle  des  femmes  deuient  ef- 
paiflTe,  tant  plus  elles  portent  des  enfans.  Lors  que’les 
mois  coulent,  elle  s’efpaiffit,  &  quand  le  temps  de  leur 
purgation  approche ,  fa  fubftance  paroift  enflée  &  efpaif- 
îiUmx-  Galien  s  quelques  autres  Anatomiftes  efti. 

trice  de-  ment  quc  la  matrice  des  femmes  enceintes  deuieut  plus 
uient  deliée  mincc,  à  mefure  quelle  fe  dilate ,  &  quefon  efpaifleur  fe 
(tux  ftm-  conuertit  en  longueur,  comme  parle  Galien.  Mais  nos 
’  yeux tcfmoignent  le  contraire, aujfïï  bien  que  l’a^ithorité 
'ErrtuY  de  [àtSjluitisA^MundellusChirurgien  de  ParisA'A^Ayititts,'] 
GaUe»  é'  de  FarolusA^  PlatemSydc  Bauhin  ,  de  'HeurnïmAt  Roufet 
de  refale,  ^  jg  Laurens.  Çar  depuis  le  premier  iour  de  la  con¬ 
ception  elle  croift  en  toutes  fes  dimenfions  iufques  à  l’en¬ 
fantement,  &  comme  elle  deuient  plus  ample,  elle  de- 
uient  auflî  peu  à  peu  plus  efpaifle  &  plus  molle ,  de  forte 
qu’aux  derniers  mois  fa  fubftance  eft  efpaifle  de  deux 
doigts  ;  Et  alors  la  matrice  femble  perdre  fa  fubftance 
membranciife  :  car  elle  deuient  rouge,  fongueufe ,  fpon- 
gieufe,  &  percée  de  trous  comme  vnc  pierre  ponce ,  &  fe 
peut  diuifer  en  des  efcorccs  :  Ce  qui  arriue ,  à  caiife  de  la 
grande  affluence  du  fang,  ou  des  cfprits  pour  le  foetus. 
[Quant  à  ces  deux  opiniôs,  A.  Falcoburgius  âlime  que  la 
fubftance  dé  la  matrice  deuient  en  effed  plus  deliée, com¬ 
me  ill’a  remarqué  en  ladifleéàiondes  femmes  enceintes, 
mais  qu’elle  femble  plus  efpaifle,  parce  que  le  foyc  vterin 
luy  eft  tres-eftroitement  attache',  &  que  c’eft  ce  qui  a  peu 
tromper  plufieurs.  Mais  Nicol.  Fontanm  dit  qu’il  a  fc- 
paré  en  vnc  matrice  d’vne  femme  enceinte,  le  foyc  vterin 
de  la  membrane,  &  qu’il  a  trouué  la  membrane  fort  cf- 
paifle  :  ]  Or  la  fubftance  delà  matrice  eft  fort  efpaifle  cn- 
uiron  l’orifice  interne  qui  eft  eftroit,  D.’où  vient  cette 


Du  ventre  inferieur.  iS) 

jyjçrucillcufc  dilatation  en  l’enfantement, 8^  puis  fa  con- 
ftri<îfion. 

Si  figure  cft  ronde ,  félon  le  fentimentdcsvns,  &  félon  5/i  vr/je 
ccluy  des  autres ,  elle  rcflemble  a  vne  poire.  Mais  quoy  f^sure, 
qu’elle  approche  de  la  figure  ronde ,  afin  qu’elle  foit  plus 
ample,  nouseftimons  ncantmoins  âucc Sora»us  &  Pallo- 
^^quefonfonds  peut  cftre comparé  à  vne  ventoufe,  par¬ 
ce  que  le  fonds  s’cftrcfiit  tout  droit  en  bas ,  que  fon  col 

relTembleàvn  canal  long  en  rond. 

Elle cft  attachée  par  le  Col  &  par  le  fonds. 

Le  col  eft  attaché  par  fa  fubftance  &  par  les  membra¬ 
nes,  &  le  fonds  par  des  ligamens  pai  ticulicrs. 

Le  col  eft  adhèrent  par  la  partie  anterieure  à  la  vcflîe  de 
l’viine ,  &  aux  os  pubis,  parle  moyen  des  membranes  qui 
viennent  du  péritoine  &  à  l'os  facré,  &  au  Reélum  auec 
quelque  graifle,  par  la  partie  pofterieure ,  mais  prés  delà 
partie  honteufe,  il  eft  conioint  aueclefiege.  Il  eft  attaché 
lafchemcnt  aux  coftez,  &  au  péritoine  parles  membea- 
^nes. 

Le  fonds  n’cft  pas  attaché  pat  la  fubftance,  mars  il  cft 
libre,  parce  qu’il  deuoit  fe  mouuoir ,  comme  nous  dirons 
lors  qu’il  fera  parlé  de  fon  aélion.  [  D’où  vient  qu’vnc  * 
Vénitienne  eft  morte  de  douleurs  de  matrice  qui  eftoit 
attaché  par  l’Epiploon  ;  ]  Mais  il  eft  attaché  au  collez  par 
deux  paires  de  Itgaments ,  dont  l’vfagc  cft  de  tenir  la  matri¬ 
ce  fufpenduë. 

Lapremiere  efi fuperieHre  ,large  &  membraneufe ,  qui 
naift  Gommel’on  tient,  des  mufclcs  des  lombes, &  finit  au 
fonds  de  la  matrice  prés  des  cornes.  Elle  eft  molle  Ôc  laf- 
che,  afin  qu’elle  puifie  s’eftendre  &  s’eftreffir.  jireteuih 
compare  aux  ailles  des  Chauueflburis.  Lefonds  eftatta»- 
chéauxosdesilcsparlcmoyen  deccttcpairc.  Mais  par¬ 
ce  qu’elle  eft  entrctilfuc  de  fibres  charnues,  ce  n’cft  pas 
Pçut-cftrc  fans  raifon  que  Fefiale  &  Picmlomini  la  mettent 
au  nombre  des  mufclcs.  [Or  ces  deux  ligaments  condui. 
fent  les  vailTeaux  preparans  ôc  deferens ,  &  contiennent 
auffi  les  tefticulcs.]  Cette  paire  de  ligamens  ou  de  mufclcs 


lAtmlrnr 

nef. 


■iJjf.  Urne  'Premier, 

ferelafchc  quelqucsfois  (comme par  quelque  violence^ 
par  vn  mauuais  accouchement ,  &  la  pefanteur  dn  fcEuis^ 
&c.  )  de  forte  que  le  fonds  de  la  matrice  tombe  dans  1^ 
fenrejecoleftanr  parfois  renuerfé,  &  quelquesfois  on 
le  coupe  ,  lors  qu’il  pend  en  dehors  :  mais  quand  cela  ar- 
riue,  il  faut  de  necefllté  que  le  col  fe  deftache  auffi.  . 

Vautre  faire  efl  inferieure ,  ronde  comme  des  vermjf- 
feaux,  rougeaftre  comme  desmufcles ,  &  caue  fur  tout  d 

la  fin.  Celle  cy  naift  des  cofteadu  fonds  de  la  matrice,  Sc 

louchant  au  commencement  lesvaifieaux  deferens,  elle 
-monte aux aifnes,  &  comme  les  vaifleaux  fpermatiques 
aux  hommes  ,  ainfî  ces  ligaments  aux  femmes ,  pafiTcnt  par 
les  produétions  du  péritoine, &  par  lestendons  des  muf- 
cles  obliques  defcendans.,&  làfc  perdent  dans  la  grailFe, 
ou  dans  les.  membranes  des  osprésdu  Clitoris,  [auquel 
ils  font  attachez ,  &  degenerent  apres  en  vne  produdion 
large  &  nerueufe  :]  C’eft  là.  où  commencent  deux  au¬ 
tres  mufeks  dcliez  &  larges,  qui  reueftent  toute  la  face 
interne  des  levres  que  certaines  femmes  font  mouuoir 
parleur  moyen.  [La  partie  qui  refte  du  mufcle  precedent, 
s’eftcndpuis  après  iufques  au  genoüil  dans  la  membrane 
du  dedans  de  la  cuifle .  C’eft  par  ces  ligaments  que  les  hu¬ 
meurs  excrcmcnteufes  de  la  matrice,  font  portésquel- 
qaesfois  dans  les  glandes  des  aines.  a  remarqué 

en  vne  femme  qui  eftoit  morte  pour  s’cttrc  trop  adonnée 
âla  copulation,  que  ces  ligaments  proche  de  la  matrice, 
cftoient  pleins  de  fcmcnce.] 

La  fubftance  de  la  matrice  efi  membraneufe,  afin  qu’el¬ 
le  puifle  fe  dilater  &  fe  reftreffir,  félon  qu’il  eft  befoin.  Car 
elleeft  Gompofée  de  pluficurs  membranes  qui  font  vne 
infinité  de  petits  tuyaux  ÔC  de  finuofitezqui  paroilTcnt 
manifeftement  aux  femmes  enceintes ,  &  qui  encore 
qu  elles  foient  en  grand  nombre ,  font  couucrtes  néant- 
moins  d’vnc  membrane  commune  &  propre, 

La  Commune  eft  redoublée  &  adhérente  aux  deux  co* 
ftcz:Ellenaift  du  péritoine  &  eft  extrêmement  efpaiflé& 
fotic:£EUe  eft  polie  de  tous  coftcz,finôlàoù  les  vailTcaux 

fp  crma- 


Du  'Rentre  inferieur^.- 

jpjftnatiques,  entre  dans  les  ligaments  ou  cnfôrtent.j 
^  La  Propre  &  interne  eft  auffi  double ,  quoy  qu’on  ne  le 
puide  pas  remarquer  aisément,  àcaufede  leur  eftroite^ 
iiaifon ,  finon  aux  exulcerations. 

Or  entre  ces  deux  tuniques  il  y  a  des  fibres  charnues, , 
femblâbles  à  celles  qui  fe  trouuent  au  ventricule  ,  que 
d’autres  appellent  la  fubftance  propre ,  &  loparcnchymc 
de  la  matrice  ,  qui  feruent  pour  r'efchaufFcr.  Mais  ces* 
membranes  ne  font  pas  toufiours  d’vne  mefme  efpaif- 
feur,  comme  nous  auons  dit  de  la  grandeur. 

Les  vaijfeaux  de  la  matrice  font,  les  veines,  les  artères,'  yaijfeftmi 
&  les  nerf  s. 

Lcs-y«>«  &  Iesvj?'/'^r«vO'nt  de  compagnie;  les  veines 
ncantmoins  qui  font  plus  grofles  que  les  arteres ,  fe  por¬ 
tent  entre  les  tuniques  de  la  matrice,  [&  verfent  leur  fang 
dans  ces  petits  tuyaux  membraneux  de  la  matrice,  &  non 
pas  dans  fa  cauité  interne.]  Elles  font  de  deux  fortes:  Les 
vncs  quinailFent  d’en  haut ,  &  les  autres  d’erabas.  Car  ii 
fâlloitque  le  fang  y  vint  des  parties  fupcricurcs  &  infe¬ 
rieures,  c’eft  à  dire,  àé  tout  le  corps, afin  que  tout  le  corps 
fe  purgeaft  durant  les  mois  quele  foetus  fe  peuft  nour¬ 
rir  pendant  la  grolTclfc.  Celles  qui  wiennem  d'enhautfCe 
trainent  par  tout  le  corps  de  la  matrice,  mais  fur  tout  par 
le  fonds:  Elles  font  des  rameaux  qui  vicnnent  desfpef- 
matiques,  deuantquelesvailfeaux  préparas fcfaircnt,[  & 
aulfi  du  rameau  hémorroïdal  ;  D’où  vient  cette  grande 
fympathic  de  la  matrice  &  de  laRatc.]  Les  boutsdes  vei-  Vourquay 
nés  du  cofté  gauche  fe  ioigncntaucc  ceaxducoflc  droit,  Us  veines 
afin  que  la  partie  droite  eüani  auffi  picquée  &  irritée 
pât l’humidité  fereufereflente  le  plaifîr.  G’cltp»r  ceux  cyy,  ioigntnt 
que  coule  le  fangracnftruel  en  celles  qui  nelont  pas  en-  ^uec  les 
ceintes.  Les  veines  qui  viennent  qui  montent, 

nailFent  des  rameaux  hypogafiriques  delà  veine  caue ,  & 
font  plus  grandes.  Elles  fe  trainent  pat  le  col  de  la  matrix 
ce,  &  par  la  partie  inferieure  du  fonds,  où  elles  fe  ioignent 
tout  aucc  les  fuperieures.  Car  il  s’y  vnit  dehors  &  dans 
f^fubfiancc  de  U  matrice  mefme ,  des  vaiffeaux  fort  lar-- 
'  Aa. 


i86  Lime  Premier^ 

If5  mafia-  g^s.  Mais  CCS  anaftomofcs  paroilTcnt  mieux  en  celles  qui 
ont  leurs  mois, &  en  celles  qui  sôreneeinccs.  [Onlespeui 
mjttmtk  aisément  remarquer ,  fi  dans  les  corps  morts  on  en  enfle 
quelqu’vnc.  Car  elles  s’enflétaufli  toft  qü’on  y  fouffle  de¬ 
dans.]  Les  orifices  de  ces  veines ,  ou  pluftoftde  ces  petits 
tuyaux ,  entrent  dans  lacauité<lu  fonds ,  que  l’on  appelle 
acctàbles  &  cotylédons,  qui  baaillcnt  &  s’cntr’ouurent 
lorsque  les  femmes  ont  les  mois  ,&  quand  Icfoyedela 
matrice  (les  vertoeils  aux  beftes  )  fc  ioint  à  eux ,  puifantlc 
fang  pour  le  fœtus.  Et  parce  qu’il  y  a  des  rameaux  qui 
viennent  de  ces  viîines  au  col  de  la  matrice,  les  femmes 
Vitr  quels  enceintes  pléthoriques  puuent  vuiderpar  eux  leurs  pur. 
shemtns  gâtions  durant  les  premiers  mois ,  lors  qu’elles  ont  plus 
■  coulem  Us  ^’eft  bcfoin  poiu*  la  nourriture  du  fœtus. 

7"mmts  fang  vienne  de  la 

^em^nus  ?  matrice ,  parce  que  cela  ne  fe  pourroit  faire,  que  le  fœtus 
ne  fuft  eftouffé ,  &  il  pourroit  arriucr  que  la  femme  auor. 
teroit  par  vnc  trop  grande  ouuctturc^e  l’orifice  interne. 
lagrMdeur  Or  ilfautrcmarqucr  queks  veines  delà  matrice  s’en- 
des  veines  fient  de  telle  forte  durant  la  groflefie ,  &  fur  tout  prés  du 
de  la  ma-  temps  de  l’cnfantcmcnt,qu’ellesdcuicnnent  auflî  groflès 
veincscmulgentcs ,  ou  que  la  moitié  de  la  veine 
«ue.  , 

Les  wer/j  viennent  en  aficz  bon  nombi  e[des  paires  des 
nerfs  de  l’os  facrc-&  de  la  fixiéme  paire  du  cerueaujvets 
le  col  de  la  matrice,  &  les  parties  qui  font  aux  enuirons 
des  parties  honteufes,  pour  donner  le  plaifir,  &  aufliveis 
la  partie  inferieure  du  fonds.  C’eft  pour  cela  qu’il  y  a 
grande  fympathie  entre  le  ccrueau  &  la  matrice.  Ceux 
qui  vont  à  la  partie  fupericurc  du  fonds,  font  en  plus  pe¬ 
tit  nombre,  &  font  impliquez  l’vn  dans  l’autre, en  forme 
d’vn  filet. 

A^ien.  ^'aÜion  de  la  matrice ,  &  fon  vfage ,  cft  d’attirer  &  de 
retenir  la  femcncc  de  la  femme  quiett  fortiedestcfticules;, 
&  celle  de  l’homme  qui  y  a  efté  defehargée  par  la  verge. 
L’vne  &  l’autre  femence,  dis-ic,cft  attirée  au  fonds, y 
cft  retenue, confcrucc  &  fomentée,  après  quoyfefaitla 


Du nj entre  inferieur.  187 

conception.  Car  la  matrice  relTemblc  à  vn  iardin  ,  ou 
I  vn  champ  qui  reçoit  la  fcmcnce  ,  qui  la  conferue  & 
qui  luy  fournit  la  nourriture  G’eft  pour  cela  auflî 
qüJrifioff  l’appelle  le  champ  de  la  nature.  Car  elle 
eft  le  champ  ,  le  lieu  Sc  le  fuiet  où  fc  fait  la  généra¬ 
tion,  elle'donricaufli  l’alimeiit  &  la  matière  de  laquelle 
elle  fc  fait.  Mais  la  fubftanccfpiritueule  de  la  femence  de 
l’homme  ell  I’architc(9:e  qui  acheucce  merueilleux  ou- 
vrâge.[f4^-  attribue  à  la  matrice  la  faculté  confor- 

matrice,  &  Hamems  auffi,qui  ofte  cette  vertu  àla  femen¬ 
ce, mais  il  femblc  quc  c’eft  fans  aucune  raifon.  Carr.  nous 
voyons  que  les  œufs  &  les  graines  germent  fur  les  plan¬ 
chers,  fanslefecours  d'aucune  matrice.  2.  Si  cette  opi¬ 
nion  eftoit  véritable,  les  membres  externes  fe  formeroiêt 
pLuftoft  que  lesinternes.  5.  H  s’enfuiuroit  encore  que  le 
pcrenccontribucroitrienàda  conformation  du  fœtus. 

4..  Etquon  nc  pourroit  rendre  aucune  raifon  de  laref- 
fcmblance  du  fœtus ,  tantoftauccle  Pere  ,  &  quelquefois 
aaccla  mere.  Auicenm  &  Paraeeljh^n  contraire  eftiment 
que  la  génération  fe  peut  faire  fans  la  matrice.  Mais  ie  ne 
penfe  pas  que  perfonne  foit  alTcz  facile  pour  adioufter 
roy  à  leur  creance^  fî  ceux  qui  tiennent  l’opinion  de  ces’ 

Autheurs  nefont  voir  l’cxpcriencc  de  ce  qu’ils  difent.  Ce 
qui  eft ,  comme  nous  croyons ,  au  deffus  de  leurs  forces  ^ 
&dcleurinduftcic.  J  le  mmut 

On  donne  à  la  matrice  vne  autre  ââ:iort,àfçauoir  vn  ment  de  la 
■certain  mouucment  naturel.  D’où  vient  Popinion  de 
SlatoMy.qai  a  voulu  qu’elle  fut  vn  animal ,  &  cellé  SArg^ 
ttus  qui  a  penfé  que  la  matrice, à  caufe  de  Ton  mounementj; 
eftoitcommevn  animal  dans  vn  autre  animal.  Cardans 
licopulation  &le  deftr  de  côeeuoir,  elle  fe  meut  tantoft; 
en  haut,  &  tàntoft  ch  bas,&  baaillc&s’ouüre  après  le. 
înembre  viril,  comme  fi  c’eftoitvn animal.  Ellefe  mçiit^ 
I^rcillementen  baspour  l’expulfion  du  fœtus  &  de  Par-- 
‘^iercfaix,&  quclqucsfois  aucc  fi  grande  impctuofitéj. 
quelle  tombe  dehors. 

iointà.  cela  que  les  bonnes  odeurs  la  fent  mouuoir^ 

A  ai; 


î8  J  Lime  Tremiery 

qu'elles  luy  agréent  &  luy  donnent  du  plaifir:  Au  Iwà 
qu  elle  cramd  &  qu’elle  fuit  les  puantes  comme  le  Cafto, 
reum&raffa  foetida.  C’cftcequiafaitdire  à^rij?off  que, 
rodeuvd'vne  chandelle  efteinte,  eft  capable  de  faire  bief- 
fer  les  femmes  enceintes. 

Vourqttoy  Maisi  vray  dire,la  matrice  ne  flaire  pas  les  odeurs, fous 

Us  chofts  pg(pe(.g  d’odeur ,  mais  elle  eft  affedée,  à  raifon  de  la  ma- 
*ttsfont^~  tiere  fort  fubtilc ,  qui  eft  coniointc,& des  vapeurs.  Delà 
tnoHssoir  la  mefmc  façon  que  les  chofes  odoriférantes  recréent  & 
■motrice,  &  refiGÜilTcnt  tous  les  cfprits ,  non  pas  à  raifon  de  leur 
fielltfent  Q^gur,  maisà  ca^fc  de  la  vapeur  quil’âccompagnc,agrea- 
Us  edtftrsi  jjigaiixefprits.  D’où  vient  que  les  parties  génitales  font 
pluftoft  affedées ,  parce  qu’elles  ont  le  fentimentfort  vif: 
Et  parce  que  les  chofes  odoriférantes  portent  auec  elles 
des  vapeurs  bonnes  &  agréables,  &âu  contraire  celles 
qui  font  puantes, en  ont  de  vilaines  &  mauuaifes ,  c’eft 
pourquoy  cclles-cy  rcndanslesefprits,dontlamatricceft 
remplie,  plus  impurs,  elle  les  fuit,  au  lieu  que  les-aucrcs 
larefîoüiffenc. 

Vourqmy  Mais  on  trouue  des  femmes ,  qui  ayans  la  matrice  mil 
Us  btnnts  afledéc,font  fuiettes  à  lapaflion  hyfteriquc ,  lors  quelles 
tics  bônes  odeurs, au  lieu  que  Içs  puantes  les  guc- 
riflent;  Parce  quela  nature  eftant  irritée  par  cclles-cy,  elle 
chafle  &  iette  dehors  la  matrice  de  la  maladie,cnfemble 
auec  ces  vilaines  vapeurs  :  Au  lieu  que  les  autres  refueil> 
lent  &excitent  das  la  matrice,  les  mauuaifes  vapeurs  qui 
s’y  tenoient  cachées  auparauant,  de  forte  qu'elles  mon¬ 
tent  au  diaphragme ,  au  cœur  .,  au  ccrucau  ,  ôcc.  D’où 
yient  la  fuffocation  (le  matrice. 


CHAPITRE  XXIX. 

Du  Fonds  de  la  Matrice  de  fin  Orifice. 

NOUS  auons  confideréiufques  icy la  matrice  cngC' 
ncral,  &  fes  parties  fimilaires  II  faut  maintenant  U 

diuifcr  en  parties  diffimilaircsquifontle/oW/jle 


quelques 

femmes} 


Veyez  îst 
figure 


Du  tre  Inférieur^,  1 8  ^ 

fa  fente  hoHteufe  auec  fcs  parties  voifines. 

Le  Fonds  cil  vne  partie  de  la  matrice,  en  montant  de 
l’orifice  interne  de  la  matrice  iufquesàlafin.  Nouslcdi- 
uifonsenla partie eftroittc inferieure,  &  enlafuperieure 
qui  eft  ample,  à  laquelle  nous  adiouttons  vne  ttoificme, 
àfçauoirrorificc. 

’Veftroite  inferieure  >  eft  entre  l’orifice  de  la  matrice ,  &  £«  etl  dt  t* 
fonaroplitufie  qui  commence, &  peut  eftre  appelléelewf 
fo»rr,pour  ladiftinguer  du  vraycol,  &  plus  long.  Qztilus  touft., 
deuant  que  l’amplitude  du  fonds  commence,  il  y  a  entre 
elle  &  l’orifice  interne,  comme  vn  autre  col  ou  canal  plus 
cftroit  que  l’amplitude  du  fonds,  qui  fetrouue  auxfera- 
mes  &  aux  beftes  .  Fallope  eftime  que  cette  partie  a  efté  ap- 
pellce  le  col  par  les  anciens ,  comme  par  Cdlten»  Svra- 
ms  i  &c.  Selon  Pipeau  cette  partie  eft  de  la  longueur 
d’vn  poulce.  Nous  l’auons  trouuéen  vne  biche  longue  de 
cinqtrauers  de  doigts. 

Sa  cauitén’cft  pas  ample,  mais aflez grande  pour  don-  Vne  des 
ner  entrée  à  vne  fonde  aftez  grofle,  ou  à  vne  petite  plume . 
Elleeftafpre  &  ridée,  afin  que  la  femcnce  qui  a  efté  atti-^*'"' 
ïée,  ne  s'écoule,  comme  il  arriue  à  quelquesfemmcs  fte- 
riles,quiont  cette  partiegliftantc,  àcaufe  des  mauuaifes 
humeurs  qui  y  font. 

ample  é’fuperieure  eft -principalement  nom-  Le  fonds, 
méc  le  Fonds ,  &  eft  appellée  proprement  la  matrice.C’eft 
la  partie  principale  pour  laquelle  toutes  les  autres  ont  efté 
faites.  Elle  eft  aufli  plus  ample  &  plus  large  que  les 
autres. 

Sx  jïtuation  eft  plus  haut  que  l’os  du  penil ,  afin  qu’elle 
puifle s’y  dilater. 

Elle  n’a  enlafcmme  qu’vue  Iculecauité,  fans  aucunes  lln'y  » 
cellules,  dont quclques-vnsluy ont  fauffement attribué 
fept.  Elle  eft  ordinairement  partagée  en  deux  aux  beftes. 

Ceft  pourquoy  on  appelle  ces  dcuxpartics  de  la  matrice^*  U^fem- 
des  beftes,  deux  cornes ,  encore  que  la  forme  des  cornes 
ne  fe  voye  pas  en  toutes  les  belles  :  mais  bien  aux  vaches, 
aux  biches,  aux  brebis,  aux  chèvres, &c.  Les  Anatorai- 
Aa  iij 


r9  O'  Lîure  'Tremler , 

7ourqu<>y  ftcs  ncantmoîns  ont  attribué  des  cornes  à  la  matrice  dè  I3 
done^  des  fgtnme ,  à  caufe  de  quelque  tuberofîte  qu’elle  a  aux  deux 

ternes  À  h  goftez  du  fonds,  làoùles  vaiflcauX'defcrens  s’inferent, 

Ufmmti  matrice  de  la  femme  eft  fort  rarement  partagée  eu* 
deuXjComme  celle  des  bcftes,[ainfî  que 
Sjlmm & RioUn  l’ont, remarqué  en  quclques-vncs.]  ’ 
Ellefe  diuife  neantraoins  en  partiedroite,  &  en  partie 
gauchedesmafles  s’engendrent  pour  le  plus  fouuent  eu 
ladroitc,&  les  femelles  en  la  gauche,  Éippocrate  &c  Ga- 
//e^tefmoignentqu’darriue  rarement  le  contraire. 

lapartie  droite  &  lapartie  gauche  font  diftinguces  par 
vnc  ligne  ou  future,  qui  eft  fort  peu  emincntQtqn  ^ripte 
appelle  Médiane  ou  moyenne. 

Sayw^erjîw  extérieure  eft  polie  &  e{gale,,&  comme 

enduite d’vnehumcuraqueufc. L’interne  eft  parfeméeds 

bèaucoup  de  pores,  qui  font  des  orifices  par  oùdurantla 
grofTcfrejlefangfort  ayfément  des  veines  delà  matrice 
pour  la  nutrition  du  fœtus. 

Sonvfage  eftdereceuoirlafemenccjde  contenir  le  fœ*. 
tus,  de  le  nourrir,  ôcc. 

VQrlfice  L'Orifice  oh  U  bonche  interne  de  la  matrice  eft  oblongî 
mtrne.  tranfueric  &  fort  eftroit  (  mais  quand  U  s’ouure  il  deuient 
orbiculairc  &  rond:  C’eft  pour  cela  peut-eftre  que  Icsi. 
Sages  femmes  Allemandes  l’appellent^/V  Rofe,  la  RQre,& 
les  Pt&nqoiÜcs\c  couronnement  de  la  mere)  comme  le  trou 
du  gland  du  membre  viril  ,  afin  que  rien  de  nuifible  n’y. 
entre,  &  quelafemcnce  attirc'en’én  forte  pas  ayfément. 
[S’il  arriuc  quelquesfois  qu’elle  forte  hors  de  la  vuIuc,oii: 
qu’elle  ferenuerfe,  clic,  reptefentc.  parfaitement  le  mu^ 
feau  d’vnc  tanche.] 

Si  fa^r«4r/o«  vient  a  changer,  de  forte  qu’il  ne  regardé 
pas  au  milieu  droit  vers  de  fonds  ,  on  croit  que  l’homme 
i>’y  peut  pas  jetter  droit  lafcmencc,  &  qu’elle  s’efcoule. 
au  heu  de  feruirde  niaticre  i  la  conception.  Q|iand  cét 
arriuc  rarement,  la  fterilité  eftin- 
tM^deh  curable5pmmeauiri  s’il  eft  affedé  de  chancres,  defeir- 
feriliti.  wes,  d  obftruélion^  de  calloûté  ,de  trop  de  graille,  &fur 
’  ‘  to.uî. 


B»  wmtre  inferleitr*  t 


Explication  de  la  Eigute. 


Elle  mctdcuant  îesycüx  î’orificc  de  la  matrice,  les 
tefticulcs  ic  le  ligament  large. 

A.  le  fonds  de  U  matrice  comertde fes  membranes. 

3.  B.  le  eôlde  U  matrice  rennerfee  en  ham. 

C.  D.  la  partie  dn  fonds  de  la  matrice  ^ui  reffemhle  au  gland 
du  membre  viril,  qui  s” efleue  vers  lapartie  fuperieure  du 
coldela  matrice,  au  milieu  de  laquelle  fe  voit  l’orifice. 

E. E-  leligament  qui  attache  la  matrice  auperitoint  i  &  qui 

contient  fesvatjfeaux, 

F.  le  tefiicule  gauche. 

G.  laveine  é’l’artere  fpermatique. 

H.  leur  rameau  qui  va  à  lapartie  fuperieure  du  fends  delà 
matrice. 

^  leur  autre  rameau  qui  vient  au  tefiicule. 

K-  le  vaijfeau  qui  porte  la  femence  du  tefiicule  dam  la  mâ  ‘ 
trice. 

L.  la  cauité de  la  vefsie  mife  à  cofié,  coupee. 

M. l'iHfertiondes  vreteres  dans  la  vefsie. 
les  portions  des  vretmspendtnticj. 

^out  dVne  trop  grande  humedation  &  relaxation  >  ou 
d‘ vne  trop  frequente  copulation ,  comme  aux  garces ,  ou 
d’vn  trop  grand  flux  d’humeurs. 


QjtanA  Vo- 
rifice  de  U 
m»trice 
fpuhre} 


jÿ2  Liure  Premier] 

Vne  matière  vifqucufe&  gluante  s’attache  à  rbrifîce 
des  femmes  enceintes,  &  remplit  prefque  le  col  court 
afin  que  ces  parties  cftans  humedées  s’ouurent  plusayfc! 
ment  en  l’enfantement. 

[Lanaturea  mis  dans  la  partie  inferieure  du  canal  de 
cet  orifice,  vne  petite  boiTe  oblonguc,qui  ferme  le  tioii 
plus  exaftement  :  On  voit  prés  de  cette  tuberofité  des 
porcs  ou  des  petits  trous,  qui  femblentcftre  les  extremi, 
tczdes  vaiireauxdcférensquifiniJOTentaucol.] 

La  matrice  attire  lafemence  par  cét  orifice  qui  fe  ferme,' 
comme  on  dit,  après  la  conception,  de  forte  que  Ton 
tient  communément  qu’elle  ne  peut  donner  entrée  à  la 
pointe  d’vne  fonde  ou  d’vne  aiguille.  [  C’eft  donc  en 
vain  que  les  Médecins  y  verfent  des  liqueurs  auec  vne  fy- 
ringuc,  &  que  les  putains  tafehent  d’en  tirer  Je  fœtus 
conceu:]  Maisils’ouure  en  la  fuperfœtation ,  cnTeie. 
61ion  du  f^ux  germe,  fans  endommager  le  fœtus,  qui  ar- 
riuc  queIquesfois,en  Temiffion  de  la  femence ,  &  fur  tout 
en  l’enfantement  d’vne  façon  merueilleufe  ^  où  elle  doit 
fe,dilater,felon  la  grandeur  du  fœtus,  de  forte  quelaca- 
uitécft  ptefquecfgale  depuis  le  fonds  de  la  matrice  iuf- 
ques  à  la  partie  honteufe,  par  où  doit  fortir  le  fœtus.  C’câ 
ce  que  nous  pouuons  bien  admirer,  dit  Galien',  mais  il  ne 
nous  eft  pas  permisde  le  comprendre,  &  en  cét  endroit 
ilnousaduertit  dcreconnoiftre  lafagefle  &  la  puiflànce 
dcrouurierqui  nous  a  formez  [Mais  cét  orifice feroit-ii 
pas  composé  des  membranes  froncées  ridées  quipeut 
uentfedrlater  beaucoup? 

CHAPITRE  XXX. 

Du  plus  grand  col  de  la  tt^atrice^ 

NOus  auons^  remarqué,  trois  chofes  au  fonds  de  là  ' 

Matrice, le/ow^/f  mcfme, le 

^ulïi  trois  chofes  quife  prefentent  à  confiderer  au  plus 

grand: 


Bu  fvenm  Inferieur»  1^3 

ffitià  col  :  Icffl/rnefmc,  l'hymen  »  l'crtjîce  de  U  vejjfie. 
lîous  paticronj  de  l’hymen  au  chapitre  fuiuant. 

tccolou  le  canal  de  la  matrice,  eft  appeljé  quelques- 
foislâ  matrice  par  j4rifiote  ,  &  la  jjorte  de  la  matrice,  & 
par  Fallepe,  le  fein  de  la  pudeur.  C  eft  vn  canal  oblong. 

Situation  elt  entre  l’orffice  externe  &  interne, recc- 
uant  le  membre  comme  vn  fourreau. 

Saf’/^Aîr'ejUeft vn  peutortuôc  oblique,  Scaufliplus^ 
court  &  plus,  eftroit ,  lors  qu'eftant  relafché  il  tombe  fut  . 
foy-racfme,  afin  que  les  parties  internes  ne  fe  rcfroidiflcnt 
pas.  Mais  ileft  droid  &  ample,  r.  en  la  copulation,  i.du*- 
rantles purgations.  3.  enl’enfantement,  s’eftendant alors 
beaucoupTelon  la  forme  du  foetus ,  d’où  viennent  auffi  les 
grandes  douleurs  des  femmes  qui  accouchent  :Et  alors 
elles  fc  refroidirent  beaucoup,  comme  pendant  leurs 
mois. 

Quant  à  fa  grandeur'.  Sa  longueur  eft  ordinairement  de 
hiiid  doigts  ,  fa  largeur  clt  efgale  à  celle  de  l’intcftin 
droid-Mais  IVnc  Ôdiautre  fc  trouucfidiucrfe ,  qu’à  pei¬ 
ne  peut-elle  cftie  bien  deferite.  Catils’adiulleàlagro& 
feurdelavcrge  dans  la  copulation,  &  le  col  deuient  plus 
long  ou  plus  court,  plus  large  ou  plus  eftroid,  &  il  enfle 
diueifcmcnt  félon  que  la  femme  cfl  lafciue.  Quand  cela 
arriuc,  les  caruncules  groffiffent  par  le  moyen  des  cfprits 
dont  elles  font  remplies ,  comme  cela  fevoid  aux  vaches 
&  aux  chiennes  chaudes.  Mais  le  canal  s’eftreffit  &  de¬ 
vient  plus  petit,  comme  aufll  en  la  copulation,  afin  qu’il 
’tienne  &  ferre  plus  cftioicemcnt  le  membre  viril.  C’eft 
epourqupy 

Sa.  Suhfiance  eft  d’vnc  chair  dure  &ncrueu£c,  &  vn 
peu  fpô^icufc  &  fongu  eufe ,  comme  celle  de  la  verge,  afin 
qu’elle  puifle  fe  dilater  &  s’tfticlfir,  La  partie  fu  péri  cure 
eft  ridée  par  dedans  ,  quand  elle  n'cft  pas  eftendue ,  mais 
fors  qu’elle  eft  dilatée ,  elle  cftglifrantc  &  plus  polie.  Au  «Vm 
leftelorsque lecolcftdilaté,  ilya  auffi  beaucoup  deri-  *ucel  dtla 
des  orbicuiaires  au  commencement  du  canal  prés  de  la  *^^*^*’ 
gattic  honteufe,  pour  donner  plus  de  plaifir  par  le  char- 

Bb 


Lture  Premier,  ^ 

toüilîcment  que  caule  le  fiayemcnt  dngïafid.  tesridcj 
font  plus  cttroites&  ferrées  en  celles  qui  jô:  icunes,&lg 

col  plus  eftroitparoù  fcvuidciitlcs  purgations  jmefniÊ 
aux  filles  plus  adultes.  Mais  ces  rides  s’clFaccnt,  &  les  co. 
ftez  deuiennent  calleux  &  polis  par  le  frayement  fie. 
quent.  \.  aux  vieilles,  x.  en  celles  qui  ont  eu  fouuent  U 
compagnie  des  hommes, ou  qui  ont  fouuent  enfanté,^,  ea 
celles  qui  ont  cales  purgations  longues, ou  le  flux  blanc 
Bt  en  toutes  celles  là  lafubftancedcuicnt^ufliplus  dure, 
de  îorre  qu’elle  c fl:  enfin  prefquc  carrilagincule  aux  vieil- 
Jes,  &  cnçclles  qai  ont  fouuent  conçeu,  mais  elle  eflplu^ 
molle  &  plus  de licate  aux ieunes. 

Vvfage  du  col  eftdereceuoir  le  membre  viril  tout  roi- 
4e  »  pour  fuccer  &  attirer  la  femcnce. 

'Eni\.ï\il'i3tJerîiondelavefsie  paroifl  [audc-làde  la  partie 
moycnnC^iur  la  fin  du  col  par  la  partie  anterieure[&fupe. 
ricurc]presdela  vulue,afin  que  l’vrinc  puvfle  vuider  là 
parle  conduit  commun  [Elle  cftde  la  longueur  de  l’en¬ 
tre- nœuddVn  doigt:  Elle  c  >  charnué  par  dehors, ou  plu* 
ftoft  cnuelope'e  d’vn  fphinâere  charnu  &  noiraftre  pat 
d,cdans,de  la  mefme  fubftance  que  1  vrcihre  de  l’hom* 
me. 

Vvierfu  a  remarqué  en  Tes  obfcruations,  que  rextremi- 
té  extérieure  du  col  de  la  veflic  ne  paroift  pas  en  toutes 
les  femmes  en  mefme  lieu.  Onia  voit  en  plufîcurs  audef- 
fus  des  rctirefîifîcmens  extérieurs  du  col  de  la  matrice 
fous  la  nym  phe,  &  en  quelques  vncs  elle  eft  cachée  au  de- 
4ans  en  la  partie  fuperieure  de  la  partie  hontcufc.]Mais 
par  derrière  vnc  membrane  appellce  l'hymen  rencontre 

l’entrée  de  la  veflie,  de  laquelle  il  nous  faut  luaintcnant 
parler. 


Du  'ventre  inferieur,  jp 


chapitre  xxxl 

De  l'Hymen. 


L’Hymen  ou k membrane  appellée  Eugton^  eft  nômée 
par  les  autres  k  cîofture  &  la  fleur  de  la  virginité, par¬ 
ce  qu’eüe  en  eft  k  marque,  quand  elle  fecrouue. 

Ilncfaurpas  reuoquer  en  doute  s’il  y  a  quelque  mar- 
que  du  pucelage:  Car  l'experience  apprend  à  ceux  qui  fe  w**"- 

^fïiaricnt  à  des  pucelles  qu’il  y  a  quelque  ebofe  qui  empef- 
clicrcncrce  ik  verge  ,  lîelle  ne  s’ouure  le  paflagcaucc/* 
violence  &  impetuofité.  D’où  vient  que  Terence  a  dit  que 
la  première  copulation  eft  fort  afpre  &  rude ,  &  alors  il  fe 
fait  le  plus  fouuent  efFufion  de  fang ,  tantoft  plus ,  tantoft 
moins  accompagnée  de  tres-grandes  douleurs.  C’eft 
pourquoy  on  appellece fang  la  fienrdeU 'virginité. 

Car  toutes  les  filles  vierges  ont  de  la  douleur  ,&  ref- 
pandent  du  fang  en  k  première  copulation,  àcaufe  que  le  u  dculeur 
col  plus  eftroitfe  dilate,  &  l’hymen  fc  defehire.  Celle  qui  vierges 
font  fort  ieunes  fouffrent  vnc  douleur  plus  cuifante ,  & 
perdent  moins  de  fang  .à  caufeque  leur  hymen  eft  fec,& 
leurs  vafiffeaux  petits  &  deliez  :  maïs  celles  qui  font  plus  miereefa- 
aagées,  &  qui  ont  les  mois ,  fouffrent  moins  de  douleur,  Utisnî 
&  perdent  plus  de  fang  pour  des  raifons  &  des  caufes 
contraires. 

Mais  fi  les  purgations  coulent,  ou  fi  elles  ont  coulé  Exce^th».. 
quelque  peu  de  temps  auparauant ,  le  membre  viril  entre 
aisément,  à  caufede  la  relaxation  des  parties ,  d’où  vient 
que  les  filles  fentent  alors  fort  peu  ou  point  de  douleur, & 
que  le  flux  du  fang  eft  fort  petit,  ou  qu’il  n’y  en  a  point  du 
tout.  C’eft  pourquoy  il  ne  faut  point  faire  les  nopces  en 
oc  tcmps-là  ,  afin  que  l'efpoux  ne  puifTe  auoir  aucun 
foupçon  de  k  virginité  de  fon  efpoufe.  Quelle  efi 

Si  nous  voulons  maintenant  rechercher  qu’eft- ce  qui  U  marque 
otupcfche  k  verge  d’entrer,  c’eft  à  dire,  en  quelle  partie  iptrgf- 

-  Bbij^  CQnfifte”'^*^ 


Du  <ventre  inferleuK  ipi 
La  figure  L 

Contient  les  cuiflfcsdu  corps  coupées  prés  des  fefles,'  & 
les  levres  de  la  nature  coupées ,  afin  quela  ftruélurc 
du  clitoris  paroilfc. 

A .  A .  l'os  àft  fenil  defcouuerh 

B.  B.  les  levres  de  lapartiehonteufedife^ue'es  par  JjAUt  y  pour 

monftrerUfmation  dst  clitoris. 

C.  le  bout  du  ditoris  ijui  rejfemble  auhalanusdu  tnembrê 

•viril 

D.  U  membrane  ^ui  t'ouure  cette  partie,  comme  vu pre^ 

.  puce. 

E.  ie  corps  du  ditons. 

F.  F.  les  deux  corps  uerueux  du  clitoris ,  fur  lefjuels  il  efi 

appuyé,  comme fur  lies  iambes. 

G. f  orifice  externe  du  col: 

H.  H.  -manfirent  les -veines ,  les  art  ereSi  les  nerfs  qui  fe  pro¬ 

pagent  au  clitoris. 

La  figure  I L 

Reprê fente  la  inarrice  auec  la  partie  honteufe  ,  en  forte 
neantmoins  qn’on  ne  voit  que  les  parties  externes 
de  ia  matrice  &  les  internes  de  la  partie  hou- 
reiifc.  ' 

A  A  le  penil  auec  fe S,  poils, 
le  clitoris. 

C..  C.  les  ailes  ou  les  nymphes. 

ts ‘tveii  du  col  de  la  'VejfiC. 

E.  l'erifice  externe  du  col  de  la  matrice-. 

1'  !'•  la  face  ex  ter  ce  -h  tout  le  roi 

fi  la  fdi  (f  f  orifice  interne  de  la  matrice. 

!'•  t  '-  ii  /hjyrrfic/e  externe  du  fonds  de'  la  matrice^ 

Bb  U, 


Llure  Premier  f  .  1 

La  figure  1 1 L 

Monftre  lecol  de  la  matiicc  ouuci’E  tout  de 
fon  long. 

A-  A  le  col  de  U  matrice  dijfequé  tout  du  long ,  é"  les 

deux  cojfeü^coupesj ,  tirez,  en  'dehors,  afin  jue  les  rides, 
de  U  membrane  interne  fe  vejent. 

B.  l  orifice  interne  de  la  matrice  encore  entier. 

C.  C.  le  fonds  de  la  matrice  entier. 

D.  D.  les  levres  de  la  partie  honteufe. 

les  ailes  ou  les  nymphes.  ' 

confifte  la  marque  de  la  virginité,  nous  trouucrons  que 
lesopinions  font  fort  differentes. 

Opinion  I.  I.  Les  tiennent  que  l’hymen  eft  vn  amas  com- 

Des  Arabes,  poféde  cinq  veines  qui  s’iuferent  au  rndicuducol  des 
déuxcoftez,  de  forte  que  les  orifices  des  veines  droites 
s’abouchent  auec  les  gauches 
■  Mais  tout  cela  eft  forgé  à  plaifîr ,  &  n’a  aucun  fonde¬ 
ment. 

I  î,  II.  Les  autres, [comme  Fernel  &  Flmus]  ticnnét  que  les 
coftez  du  col  font  adherens ,  &  que  quand  il  s’eftend ,  les 
vaiffcauxqui  s’y  trament,  fe  rompent.  Mais  cette  opi¬ 
nion  eft  contraire  à  l’cxpcriencc ,  qui  tefmoigne  qu’il  y  a 
mefmes  aux  plus  petites  filles  vne  cauité  au  col,  &  que  les 
coftez  ne  font  pas  adherens. 

III.  III.  Les afteurent  que  l’hymen  eft  vne  membra¬ 
ne  ttanfuerle.  Enquoy  certes  ils  ont  raifon  ,  mais  ils  fc 
trompent, lors  qu’ils  ont  feint  qu’elle  eftoiç  percée,  com- 
me  vn  crible ,  &  qu’ils  l’ont  placée  en  l’extremité  inté¬ 
rieure  du  col  de  la  matrice ,  par  où  ils  ont  voulu  que  l’vri- 
ne  forte. 

ï  V.  IV.  L’Opinion  la  plus  nouuellc  eft  celle  de  SeuerinPi' 
Chirurgien  de  Paris  fort  experr,  quia  efcritvn  liure  ' 
-cmiei  des  marques  de  la  virginité»  qui  contient  beau- 


centre  inferieur.  i99 

^up  bonnes  choies  &  vriles  II  prend  pour  l’hymen 
les  quatre  carunculesmyrtiformes  liées  par  vne  membra¬ 
ne  qui  font  en  la  fente  extérieure ,  dont  nous  parlerons 
cy.aprés.  Cette  opinion  eft  auiou*rd’.huy  fuiuiepar  quel¬ 
ques  hommes  fçauans. 

^  V.  La  plus  commune  opinion  eft,  que  l’hymen  eft  vne  p-  opinion 
jnembrane  tranfuerfeau  dedans  du  col  de  la  matrice,  vn  cippuyief^r 
■peu  au  delTus  du  col  de  la  veflle ,  qui  empelche  la  premie- 
le  entrée  de  la  verge.  Certe  opinion  eft  appuyée  fur  l’ex-  ^ 
perience  &  fur  l'authorité  de  plufieurs ,  fur  tout  des  qui¬ 
tte  plus  célébrés  Anatomiftes  de  Padou'e ,  de ,  de 
Tallope ,  A<jUApenâente  &  de  Ca^erius-  T oute  l’antiquité 
prcfqueaeftédc  cclentimeat,  D’où  vient  ce  versancicm 
Cefi  crime  de  rauir  la  flear  du  pucelage. 

Ticolormny ,  Alexander  Benedi^us,  FFterus  font  auffi  • 
dc  cétaduis.  a  tenu  la  mefme  opinion,  &  il  femble 
que  Scaliger  exerc.  175.  feét.  i,  ne  l’a  pas  ignorée,  oùil 
parle  d’ vne  certaine  racine  qui  excite  merucilleufemcnt 
àlaluxurc.  Car  il  dit,  St  (^uel^uvu  ptjfe  fur  elle  iOn  dit 
^Htl  brufle  incontinent  du  dejir  de  luxure  :  Si  Ut  bergeres 
Vierges  s' afeent  ou  pijfent fur  cette  racine,  la  membrane  de 
la  nature  fe  rompt,  comme  fi  elles  auoient  efié  defioréespar  vn 
homme'.  Colomb  atrouuécettc  membrane  troisfois,  Bau- 
/)(«  deux,  comme  il  tcfmoignc au  liurc  des  parties  fimi- 
laires ,  &  en  fes  inftitutions ,  &  FFolfins  qui  dit  qu’il  l’a 
trouuée  à  Padouc .  \Adr.  Sptgeltus  &  Riolan  aufli  alTeurcnt 
qu’ils  l’ont  trouuée  en  toutes  les  filles  vierges.]  Nous 
pourrions  rapporter  icy  l’authorité  &lc  tefmoignage  de 
plufieurs  autres ,  mais  nous  ne  iugeons  pas  qu’il  foit  nc- 
ceflairc. 

Qwnt  à  ce  que  Colomb  &  Rare' difent  qu’elle  ne  fc  trou- 
pepastoufiours,  &  que  Du  Laurent  afieurc  qu’il  ne  l’a 
jamais  trouuée,  il  faut  en  attribuer  la  caufe  ou  à  ladifcttc  pas 

des  corps ,  ou  à  la  négligence ,  auec  laquelle  ils  ont  fait  les  toufmtrs. 
dilTcétions  ;  Ou  bien  celles  qu’ils  ont  difiequé  comme 
vierges,  auoient  peut.cftre  perdu  leur  pucelage  :  Ou  fi 
«heseftoient  vierges,  elles  auoient  peut- cftre  rompu  cct- 


■zoo  LlurtVnmWy 

te  membrane  auec  les  doigts  cnfolaftrant.  Que  s’ils  di- 
fent  qa’ils  ont  difTcquc  des  auortons ,  des  filles  de  deux 
ans,detro:s  &c.  Nous  refpondons  qu'il  efi  difficile  de 
croire  qu’elles  n’en  euïTcnt  pas,  puis  que  les  cupericnces, 
&  lesauthoritez  de  tant  d’Anatomiftes  experts  que  nous 
auons  alléguez,  tcfmoignent  le  contraire.  loint  qug 
quand  mefmc  on  n’en  aurôit  pas  trouiic  en  celles-là, quoy 
qu’on  en  doute  ,  nous  pourrions  dire  qudle  manque 
alors  contre  nature  ,  par  la  mefme  raifon  qu’ils  difent 
quelle  fe  trouue  contre  nature.  Car  elle  manque  rare¬ 
ment  ,  &  fe  trouue  le  plus  fouuent.  Pour  les  autres  qui 
fuiuent  Dh  LuHrens ,  Se  qui  nous  font  contraires,  comme 
Capiuaeem  ,  nous  n’en  tenons  pas  compte,  comme  n’e- 
ûanspas  bons  Anatomiftes. 

Mais  il  eft  temps  qu’apres  auoir  examiné  ces  chofes, 
nous  venions  à  confider,crkftru6turede  cechymcn,ott 
membrane  tranfuerfe. 

Sa fitHAtion  eft  au  col  de  la  matrice  prés  de  la  fin ,  au  dos 
du  col  de  hnferr  ion  de  la  veflic,ou  vn  peu  plus  au  dedans. 
Et  cette  membrane  eft  pofée  là  de  trauers ,  comme  le  dia¬ 
phragme. 

Q^ant  à  fa  Figure ,  elle  eft  percée  au  milieu ,  commue  vti 
anneau,  de  forte  qu’aux  plus  adultes,  le  bout  du  petit 
doigt  y  peut  entrer ,  par  ce  trou  coulent  les  mois. 
trou  qui  Mais  ui(^HafendeHte  a  trouue  fort  fouuent  ce  trou  en 
efieu  mi-  trois  façons  ,  comme  nous  le  tenons  de  fa  bouche. 
men‘lî  regarde  l’orifice  extérieur  de  la  nature,  qui  eft 

mrs.  ^^conflatution  plus  ordinaire. 

2.  Q^il  paroift  à  la  partie  fupcricure ,  &  ne  regarde 
pas  la  vulve,  ou  ledit  orifice. 

?•  a  au  milieu  non  pas  vn  trou  rond ,  mais  vnc 

fente  oblongue. 

Maisl  hy  men  eft  rarement  fans>  rrou ,  &  alors  les  mois  , 
nepeuucntpasf()rtir,cequi  caufe  des  maladies,  &  enfin 
la  mort,  fi  on  ne  l’ouvre ,  comme  l’cxpcricncc  en  fait  foy. 

Pourfa£r<i»<j^f«r,  elle  eftplus  efpaiflc.auxcoftczducol 

Qu  elle  naift.,  qu’au  milieu. 

Sa  m- 


Du  centre  Inferieur.  201 

^■3,  connexion  y  continue  à  la  fubftanccducol,  com¬ 
me  fi  eî!e  en  foitoit. 

Sa  fnhfiance  eft  en  partie  membuaneufe  &  en  partie 
charnue,  elle n'eft  pas  neantmoinsfort  cfpaifTe.  Mais  el¬ 
le  eft  plus  (ieliée,&  plus  foible  aux  vnes,  [comme  aux  fil¬ 
les  vierges  de  Praye  en  la  Campanie,  lefquelles  perdent 
toutes  leur  pucelage  à  douze  ans,  eu  particacaufcdela 
chaleur  du  Soleil,  &  en  partie  par  celle  de  leur  tempé¬ 
rament,  qui  rompt  l’hymen]  &plüsfolide,  &pluscf- 
pailTe  aux  autres.,  &  quelqucs-fois  fi  ferme  qu’il  la  faut 
couper,  fur  tout  quand  le  mary  eft  trop  lafche&impuifi- 
sat.  Mais  s’il  eft  robuftc,elle  fe  ropt  après  quelques  mois. 
Cette  membrane  eftpourueucde  beaucoup  de  petites 
veines, qui  fe  rom  pans  en  la  première  copulation,  caufent 
la  douleur  &  l’cffubon  de  fang.  Mais  enfin  elle  difparoift 
par  la  copulation,  ou  bien  par  quelque  frayement  impu¬ 
dique  ,  (le  mefme  que  le  frein  du  gland  aux  hommes 
quand  ilfe  defehire. 

Onfaitvnequeftion  qui  mérite  d’eftre  confiderée ,  5# 
le  fang  doit  fortir  a  toutes  les  filles  vierges  au  premier  côïr, 
qui  ferue  de  marque  certaine  &  indubitable  de  la  vir¬ 
ginité. 

Nousrcfpondons  que  cela  arriueleplus  fouuent,  & 
que  cela  doit  eftre,  mais  que  la  chofepeuteftreempef- 
chée  &  n’arriuer  pas. 

I.  Si  ces  filles  ont  rompu  cette  membrane  aucc  le 
doigt ,  ou  auee  quelque  autre  inftrument  en  friponnant, 
C’eft  pourquoy  certains  peuples  coufent  les  vulves  aux 
filles  aulîi  -toft  qu’elles  font  nées ,  laiflans  ncantmoins  vn 
petit  cfpace  pour  la  fortie  de  l’vrine,  &  ne  les  ouurent  pas 
iufqucs  auiour  des  nopces,&  alors  l’efpouxiafaitouurir, 
de  forte  qu’il  eft  afleuré  d’auoir  vne  pucellc. 

î*  Si  la  première  copulation  fe  fait  lors  qu’elles  ont 
les  mois,  ou  bien- toft  après  quelles  les  ont  eus,  comme 
tiousauons  défia  dit. 

î.  Si  la  fente  de  l’hymen  eft  oblongue  :  car  alors  clic  fc 
«ftwc,mais  ne  fc  rompt  pas. 


202  Liure  Premier, 

Si  lecoldelâ  matrice  eft  fort  ample,  &  fi  le  mem;; 

bre  viril  cft  trop  petit,&  n’eft  pas  alTez  gros. 

5  Si  l’homme  fait  entrer  adroitement  fonmembre. 

6  Si  la  fille  vierge  afouïFert  lachcutede  la  matrice 

d’où  vient  que  l’hymen  fe  rompt. 

de  l’hymen  cfide  confcruerles  parties  intc- 
rieurcs  contre  les  iniutcs  de  dehors.  2*  d’eftre  la  marque 
de  la  virginité. 

Vne  vierge  peut  neantmoins  conceuoir, Tans  que  la 
marque  de  là  virginité  foit  offencée,  comme  il  arriuc  fort 
fouucnt,  ainfi  que  dit  Americ  Fejpftce  aux  femmes  du 
Pôle  Antardique.  Nous  pouuons  comprendre  que  cela 
fe  peut  faire  en  cinq  façons.  Ceqnenous  venonsdedire 
ne  faitrien  contre  la  conception  de  noftrc  Sauueur,  que 
nous  maintenons  anoir  efté  faite  fans  aucun  de  ces 
moyens.j 


CHAPITRE  XXXIL 

la  partie  honteufe  externe  de  la femme 
en  general. 

La  dernière  partie  on  l’extrémité  delà  matrice  qu’o» 
nomme  lapante  honteufe  de  la  femme  -,  oùl’o'  fi^ecx< 
terne,  ou  la  bouche  du  col  de  la  matrice,eftàlafin  du  col 
de  la  matrice  ;  les  vns  rappellent  Vulve  qui  vient  àcVal- 
vne  port  e,  &  les  autres  Cunnus,  quidciiue  àccuueus 
coin  àcaufe  peut-  eürc  de  la  reffemlDJance ,  auccl’ouuer- 
turc  que  fait  vn  coin.  la  nomme  vne  forcit,  vn 

iardin,  vn  fonds,  vne  coquille  ôcvnnauirc.  On  l’appelle 
ordinairement  la  nature  da  la  femme  [  Les  Romains 
Força,  comme  on  voit  àtim  Farron',  Suidas  ài  Euftathins 
rontappclléKawc/ro»  ou  K«(?»  :c’e  1  âduech  en,  àcaufe 
de  cette  morfurc,  que  ceux  qui  l’ont  expérimentée,  Iça- 
ucntbicn.  J 


Du  y>entre  inferieur',  20} 

au  dehors  en  la  région  extérieure  des  os  tet  parties 
^iipemlj  où plufieurs  parties paroiflent  fansladiflequer,  delavulvi. 
&  mermes  qnclques-vnes  fansTellargir ,  commeles  poils 
du  pcniljks  levres  &  les  deux  mottes,  la  grande  fente  ex* 
teiicure,1es  ailes, &  le  clitoris  :  mais  il  y  en  a  quelques  au¬ 
tres  qu’on  ne  peut  voir  fans  eflargir  les  levres,  comme  la 
fofle  nauiculaire,  deux  petites  fentes  aux  nymphes,  le 
corps  du  clitoris,  le  trou  du  col  de  la  veffie,  auec  vne  val¬ 
vule  charnue  ,  la  fente  ridée,  oulorifiee  immédiat  du  col- 
auec  les  quatre  caruncules ,  &  autant  de  membranes ,  où 
commence  après  le.  canal  j  dont  nous  auons  parlé-. 

Les  poils  du  penilfortent  aux  levres  en  celles  qui  font 
preftes  à  marier,  afin  que  la  fente  fe  ferme  mieux.  Ils  font 
plus  frifez.aux  femmes  qu-’aux  filles  vierges» 

On  voit  en  dilatant  les  levres  i.  La  grande  fofiè  auccla 
grande  fente  extérieure  que  nous  pouuons  appcller  la 
folTc  nauiculaire ,  parce  qu’elle  reprefente  la  figure  d’vti 
nauire  :  Car  elle  eft  plus  profonde  &  plus  large  par  der¬ 
rière  ,  de  forte  que  la  fin  inferieure  &  pofterieure  font 
comme  vne  fo-{re.[Deux  trous  paroiflent  dans  cctte-folTe 
en  eflargi.lTant  les  levres ,  mais  c’eft  prefque  feulement  en 
celles  qui  font  envie  ,  parce  qu’ils  (ont  fort  petits  jd’oii 
fort  en  aflez  grande  quantité  vne  certaine  humeur  fereufe 
qui  humede  le  membre  viril  en  la  copulaiion.jL’orifice 
ouïe  commencement  du  col  de  la  matrice,  çft  au  milieu 
delafoiTé. 

Or  il  falloir  que  là  foflTc  auec  la  fente  extérieure  fut  plus 
ample,  afin  que  le  fœtus  fortit  plus  aisément  en  la  partie 
extérieure,  à  caufe  que  la  peau  ne  peut  pas  fc  dilater, com* 
me  la  fubftancemembraneufe  qui  eft  dedans. 

On  rencontre  après  deux  ./f»/ej  collaterAl&s  qui  font 
plus  petites-.Ellcsfont  à  droide  èc  â  gauche,  entre  les  le* 
vres  &  les  ailes. 

Mais  en  la  plus  grande  foire,on  void  d’abord  quelques 
ttruuculcs,  dont  nous  allons  parler» 


Ce  ijl  ; 


204 


Llurs  Premier, 


CHAPITRE  XXXIII. 

Des  Carmmles^yrtif ormes. 

Q  Vitre  caïunculcs  paroiffent  au  milieu  de  la  foflç 
immédiatement  apres  les  ailes. 

Elles  ftfnt  fimées  de  telle  force, que  chacune  occupe  vn 
angle, &:  toutes  enfemble  font  vn  quarré. 

Z’w^Equieft  plus  grande  que  les  autres ,  &  fendue  en 
deux,]eft  anterieure  aux  enuirons  du  conduit  de  IVrine, 
pour  le  fermer ,  afin  que  quand i’Vrine  eft  fortic,il  n  entre 
rien  dans  la  veflie,  comme  lair ,  &c. 

La  fécondé  eft  pofterieure  à  l’oppofite  de  l’autre  :  les 
deux  autres  font  collaterales. 

Leur  ^^«rereflcmblc  à  celles  des  graines  de  meurte. 
'Lc\jiï  grandeur  eft  diuerfe.  Car  elles  font  plus  courtes 
&  plusdeliées  aux  vncs  i  8c  plus  longues  &  plus  cfpaiffes 
aux  autres.  Elles  durent  neantmoins  en  quelque  façon 
quece  foit  iufques  àladerniere  vieillelTe,  &nefecon. 
fument  iamais  par  la  frequente  copulation,  nyparplu- 
fieurs  enfantemens.  Elles  ont  quelques  membranes  qui 
font  coniointes,  que  Pinean  appelle  auec les  carunculcsi 
vahas^  comme  qui  diroit ,  pareuens ,  afin  que  par  ce 
moyen  la  fubftancc  foit  en  partie  charnue ,  &  en  partie 
membraneufe. 

a  remarqué  vn  trou  au  milieu,  entre  ces  caron¬ 
cules, qui  efgale  aux  filles  la  troifîefme  partie  de  la  grande 
fente. 

QhAutheur  eftime  que  ces  caruncules  fe  font  des  ri- 
fics  du  fourreau  charnu  de  la  partie  honteufe,  afin  que 
cette  partie  externe  plus  cftroite  que  le  fourreau  ,  fe  puiffc 
auffi  dilater  en  l’enfantement.  C’eft  pourquoy  il  a  remar¬ 
qué  en  vne  accouchée ,  qu’elles  ne  paroiflent  point  du 
tout  durant  fept  iours  après  l’enfantement,  à  caufe  delà 
grande  dilatation  de  la  partie  honteufe ,  &  qu’on  n’en 


Du  fvmtû  inferieur,  20 f 

voyoit  aucune  trace  qu  après  que  cette  partie  fut  rcftref- 
fic,  &  reuenuë  à  fa  forme  naturelle.] 

Leur  vfage  eft,  i .pour  la  deffcnce  des  parties  internes, 
lors  quelles  ferment  immediatemcntl’orifice  du  col ,  afin 
quel’aitfroid  &  la  pouffiere.&c.  n'entrent.  Aquoy  fer- 
uent  aufl'iles  nymphes,  ôc  les  levres  de  la  partie  honteufe. 

i.  Pour  le  chatoütllcmem  &  le  plaifir,lors  qu’elles  en¬ 
flent, &  qu’elles  ferrent  fortement  le  membre  viril , prin¬ 
cipalement  en  celles  qui  font  if  unes.  Mais  Pineau  leur  a 
donné  vn’autre  v  fàge.  Car  il  veut  que  ces  carüncules,dont 
les  extremitez  font  des  membranes  char  nues, liées  enfem- 
ble  de  telle  forte ,  quelles  laiflenr  vn  certain  trou ,  foieni 
l’hymen ,  ou  la  véritable  marque  de  la  virginité.  Il  ne  veut 
pas  qu’elle  foit  placée  tranfuerfalemcnt ,  mais  en  long,  de 
forte  que  la  figure  de  tout  l’hymen  foit  comme  vneonc 
obtus  ou  couppé. 

CHAPITRE  XXXIV. 

Du  Clitoris. 

FJ/lopâ  s’attribue Tinuention  du  Clitoris,  &  Colomb  V/>yex.  U 
au ffiauec  Ion  orgueil  ordinaire.  Et  neantmoinsy/»#- , 
mne»  MffCttJts»  Ruffm  :  PoUhx  &  d’autres  en  ont  fait 
mention.  Les  vnsle  nommcntla Nymphe.  ColoM  l’ap  4g  cute 
ptlle  la  douceur  d’amour ,  &  l’aiguillon  de  Venus ,  parce  pmtie, 
que  cette  partie  eftlefiege  principal  du  plaifir  en  la  copu¬ 
lation.  Que  fi  on  le  chatouille  délicatement  en  celles  qui 
ont  palfé  beaucoup  de  temps  fans  l’vfage  du  coït ,  &  qui 
le  défirent  paffionnement,  il  ifctte  aifément  la  femence. 

Les  Grecs  le  nomment  Clitorislts  Latins  Tentigo  Landie, 

&les  autres  la  verge,  ou  le  membre  de  la  femme,  tant 
parce  qu’il  reficmblc  au  mèmbre  viril  enfituation,  en  fub- 
ftance ,  en  compofition ,  en  la  rcpletion  des  cfprits ,  &  en 
l’ctcétion,&  qu’il  a  quelque  chofe  qui  rcflemble  au  gland  ^ 

^  au  prcpuce,  que  parce  qu’il  croili  en  quclques-vnei  de 
C  c  iij 


Liure  Premier^ 

la  grofTcui'clii membre  viril, de  forte  que  quelques 
mesabufent  du  Clitoris  au  lieu  du  membre  vit  il  ^  ^  5.^^* 
c;puplent  enfcmblc.que  les  Grecs^appellêr  Trihades,  [Qu 
eicrit  qu’vne  certaine  PbiUms  a  elle  la  première  inuentrj, 
ce  de  cette  forte  de, fodomie,  dont  la  Poecelfe  Sapph^l 
auffi  vfé.Jlcftimeque  S.  Paul  parle  de  ces  femmes  lafcj, 
ues.  Rom,  i.  zô.Cellpoutquoy  on  appelle  cette  partiele 

mcfpris  des  hommes. 

Or  le  Clitoris  cftvne  petite  produdion.  . 

Il  eft  Jitué.ea  la  partie  moyenne  du  peml  à  la  fin  fupc; 

ricurc  &  anterieure  de  la  grande  fente ,  où  les  Nymphes 

s’vnilTent. 

H  eft  petit  d’ordinaire ,  &  prcfque  caché  fous  lesnym- 
phes  au  cômenceraent,  &  puis  s’éfleue  vn  peu.  Car  il  c6- 
rnence  à  fe  monftrer  auxfillcs  qui  entrent  en  adolcfcence; 
Mais  il  eft  plus  grand  ou  plus  petit  aux  autres.,  11  pend 
&  fort  dehors  en  quclques-vncs ,  fi  eftans  petites  elles 
manient  frottent  fouuentcette  partie,  comme  nous  en 
auons  des  exemples.  C’eft  vne  chçfe contre  nature,  & 
prefquc  monftrucufc  quand  il  croift  iufqucs  à  la  grandeur 
d’vn  col  d’vn  oyc, comme  Platems  en  donne  vn  exemple, 
[de  Ttilpius  vn  autre.  ]  Or  tant  plus  il  croift,  d’autant, 
plus  empefchc-il  l’abord  de  l’homme ,  parce  qu’il  cnâc 
danslc  coït,  comme  le  membre  viril  quand  il  eft  bande, 
&  quand  il  le  drclfe,  il  excite  à  la  luxure. 

Süfttbfiance  eft  comme  celle  du  membre  viril  compo- 
fée  dè  deux  corps  nerueux  ,  durs  &  cfpaix, poreux  & 
fpongieux  par  dedans  (afin  que  cette  partiefcpuifiedilaT 
tçr&fcretrelfir)  qui  prennent  leur  origine  diftinétc des 
osdupcnil  vçrs  la  coniondion  auec  l’os  Ifchion;  Mais 
ils  s  vnilTcrit  vers  la  coniondion  des  os  du  pcnil ,  &  fpn* 
lêcorpsdu  C.litoiis.[ll  a  quatre  comme  le  metn.* 

bre  viril  qui  feruent  au  mefrnç  vfage.  Les  deuxfuperieurs 
ronds  font  couchez  lui-  les  plus  longs  ligamenai&  for- 
tent  d’vn  mefme  heu  :  les  deux  autres  inferieurs  larges  & 
çfiarnus  viennent  du  fphinder  du  fondement.  ] 

pu  la  icftc  qui  fptt  cpiunie  le  gland  (  eftant 


Du  Centre  inférieur.  207 

parties)  cft appelle  Te»tigoiiL^^.-^--y^ 
a  vn  tiou  comme  le  membre  viril ,  mais  qui  li’cft  pas 

ouuerr, 

]i  femble  qu’il foit  coüüert Comme  d’vn  prepuce,qui 
d’v  ne  certaine  membrane  Fort  déliée ,  qui  vient  de 
la  conionétion  des  ailes. 

Il  a  aulîi  toute  forte  de  vaifleaiix  qui  s'y  rendent,  [i 
içauoir: 

Les  veines  ^  \t&aneres  honteurcs,&  vnwr/defa 
îîxiéme  coniugaifon ,  qui  font  plus  grands  que  ce  corps 
ncTemble  demander.  J 

Son  'î/jQri^^eftd’ellrelcfiegcdu  pîaifir  &  del'amour.  Il 
aaiilfi  vn  perirfrein  comme  le  membre  yiril  :  Car  le  frot¬ 
tant, on  en  fait  fortir  la  femcnce. 

Mais  Ji^uapendente  t&imc  que  l’vfage  du  Clitoris  cft 
defouftenir  le  col  de  la  matrice  en  la  copulation. 

[BeHanitit  &  louius  croyent  que  les  femmes  F  thiopien- 
lïcs  euoienteirconcifes  en  cette  partie  ,  &  mefmes  au- 
iourd'huyles  Orientaux  le  bru  lient,  à  Caufe  qu’il  cft  trop 
grand,  afin  qu’il  ne  croifle  d’auantage.  ] 

CHAPITRE  XXXV, 

Des  ailes  des  leWes. 

ON  voir  entre  les  levres  deux  produtftions  rouges 
que  les  Grecs  appellent  les  ailes. 

Galien  les  nomme  nymphes»  foit parce  quelles  reçoi- 
Bcnt  premi'crement  l’elpoux,  foit  parce  qu’elles  prefident 
furies  eaux&.les  humeurs  qui  fortent.  Carrvrine  paf- 
fant  au  milieu  d’elles  comme  entre  des  parois  auec  fiffle- 
ment , eft  iettée  loin, fans  arroufer  les  levres.  Les  autres 
les  appellent  caruncules  peauflkires. 

^^ürJttHatione&.  entre  les  deux  levres. 

grandeur  pas  toufîours  efgale.  Car  il  arriuo 
quclquesfois  qu'une  aile,  &  quelquesfois  toutes  deux. 


2fi^  Liure  Premier^ 

ma’s  moins  fouuent  aux  vierges  qu’aux  femmes, croiiTcnt 

fl  defmefurémcnr,  fur  tout  quand  on  les  a  tirées  (ouuent 
auecles  mains,  ou  que  les  humeurs  y  font  fouuent,  qu’^ 
caufe  des  empefehemens  qui  les  accompagnent  ,'  il  eft 
befoin  de  les  couper.  Galien  nous  tcfmoigne  que  cette 
maladie  eft  frequente  parmy  les  Egyptiennes ,  à  caufe  de 
quoy  ils  les  coupent  aux  fi  îles  qui  doiuentfc  marier  ^  5^ 
aux  autres  femmes.  D’autres  difent  ncantmoins  que  co¬ 
ta  fe  doit  entendre  du  Clitoris . 

Elles  font  deux  en  nombre,  la  droite  &  la  gauche  -.mais 
elles  font  prcfque  iointes  au  commencement,  où  elles 
fontvne  produdion  charnue,  comme  vnprepuce,  qui 
couurc  le  Clttoris. 

Sa  Figure  eft  triangulaire  ;  mais  vn  de  fes  angles  eft  plus 
obtus  que  les  autres  ,  à  fçauoir  ccluy  qui  fort  d’embas 
hors  des  lcvres,[&:reffemble  à  la  crefte  d’vncoq.  C  eft 
pour  cela  peut- eftrc  que  luuenal  l’appelle  vne  crefte.] 

Leur  mieur  eft  rouge  coinmc  la  crefte  du  coqfous  le 
gofier. 

Elles  font  pluftoftcouuertçs  d’vne  tunique  déliée  qiiç 
de  peau ,  de  mefmes  que  les  levres  de  la  bouche  ,  ôc  fes 
autres  parties. 

l.^mptbftance  eft  en  partie  membraneufe,  molle  fon- 
gueufe,  [naiflant  de  la  doublèure  de  la  peau,  aux  coftez  de 
la  grande  fente,  ]  &  en  partie  charnue. 

[Riolan  a  remarqué  que  le  trou  qui  eft  au  milieu  de  ces 
ailes  ,  eftoit  efgal  à  la  mqitié  de  la  grande  fente  aux 
vierges.] 

Leurs font  les  mefmes  que  ceux  des  carunculcs 
myrtiformes  :  Elles  ferueut  auffi,  afin  que  l’vrine  paffe 
entre- elles,  comme  entre  des  parois. 

Les  levres  font  deux,  entre  Icfquellcs  eft  la  fente  exter- 
ne,8c  elles  ont  des  cminenccs  qu  on  appelle  les  monticu¬ 
les  de  Venus ,  qui  font  couucrtes  de  poil,  &  font  plus  ap- 
platies  aux  femmes.  Cette  partie  eft  appcllée  proprement 
la  partie  honteufe.  Ce  font  des  corps  oblongs,  mois 
qui  ont  vne  fubftance  dételle  nature  qu’il  n’y  en  a  point 
.  defemt 


Dm'V entre  inferieur.  2op 

Jè  femblable  en  tout  le  corps ,  à  fçauoir  en  partie  de  peau 
^de chair, &.  en  partie glandulcufe  &  fpongicufe,fous 
Jaquelle  il  y  a  de  la  graiiïe  vn  peu  dure. 

[La iointure inferieure  des  levreseft tendue, ferrée, & 
coinmeligamenteufe  aux  vierges:  Elle  cftlafche  en  celles 
qui  ont  efté  depncelécs,raais  beaucoup  plus  lafche  en  cel¬ 
les  qui  ont  accouché.  ] 

Leur  cft  celuy  que  nous  auons  dit  cy-dcflus. 


GHAPIT-RE  XXX VL 

Des  Membranes  qui  emelepent  le  Fœtus.. 

Nous  auons  expliqué  tomes  lespartiesqui  feruentà  , 
la  génération.  Mais  parce  que  noftre  delTein  eft  de 
parler  de  toutes  celles  que  Ton  dcmonftre  aux  difleétions, 
tl  faut  mettre  en  auant  certaincschofes  qui  font  conte¬ 
nues  dans  la  matrice  d’vne  femme  enceinte ,  comme  font 
Le  Foetus  dont  la  ftrudure  n’eftpas.efloignée  dVn 
homme  adulte,  excepté  les  vnions  des  vaiffeaux  du  coeur, 
dont  nous  parlerons  au  liure  fuiuant  jChap.  8.  [&auffi  à 
l’cfgarddes  vifccrcsqui  font  plus  grands.] 

,  1.  Les  membranes  qui  rcueftent  le  fœtus ,  qui  le  cou¬ 
vrent  &  l'cnuironnentjdont  nous  parlerons  en  ce  Cha¬ 
pitre. 

J.  Lcsvaiflreaux.vmbilicaux  qui  feront  le  fujet  du  Cha¬ 
pitre  fuiuant; 

LesMcmbranes  qui  enuelopent  le.  Foctusdanslama- 
uice, s’engendrent  les  premières ,  apres  la  conception, 
pour  enuironner  comme  vn  rampartlaplus  noble  partie 
oe la fcmencc, comme  cela  fc  voità  l’œil,  mefmesdans 
bs  plus  petits  embryons ,  &  fc  prcuue  par  l’authoricé 
prerquede  tous. 

La  V ertu  formatrice  eft  en  la  eau fe  efficiente ,  &  non  pas 
«feule  chaleur  de  la  matrice,  quoy  que  nous  voyons 
d ailleurs  que  la  chaleur  fait  vnecroufte  àla  bouillie,  & 


2  là  Liure  Premier  i 

efRcûnte  au  pain:  Cari,  fi  la  chaleur  en  cftoitlafeiilecaurcjlacroa. 

£s  mtm-  fte  feroit alors  eftroitemenc  &  infeparablcment  adhçrcn, 

brunes  dsi  te  âU  fœtUS. 

•  1.  La  chaleur  de  la  matrice  n  eftpas  fi  grande  qu’cllc 

puifie  endurcir  la  matière  de  la  fcmcnce  en  fi  peu  de 
temps,  veu  qu  elles  s'engendrent  prefque  incontinent 
apres  la  conception.  Et  mefmes  s’il  y  auoit  vnc  fi  grande 
chaleur  dans  la  matrice ,  la  conception  ne  fe  pourroit  pas 
faire,  comme  enCcigncJfippocrate  auliu.5.  dcsAph.éz. 
Diuerfes  Nous  eftimons  que  la  partie  plus  crafTe de lafcmencc 
ofiniomde  de  la  femme  en  eftla  matière.  Les  autres  comme  Armm 
lu  matière  veulent  qu’cllesfoient  les  productions  des  tuniques in- 
des  mtm-  (gmes,  le  chorion  du  Péritoine  &i'Amniosdclamem- 
fœm  ^  charnue.  D’autres  eftiment  que  la  femcnce  de  la 

‘  femme  nefertqu  alesfaire.  Il  y  en  a  qui  veulent  quelles 
fe  forment  auffi  bien  de  la  fcmencc  de  l’homme,  que  de 
la  femme. 

Le  nmht  humain  cft  enueloppéde  deux  membranes, & 

des  mtm-  celuy  des  beftes  de  trois ,  quife  ioignans  ôefe  collansfî 
hâves.  cftroitement  enfemblcjqu’ellcs  fembïent  n’en  faire  qu’v- 

ne  feule ,  forment  rarricrc  faix ,  que  les  Latins  nomment 
SccHndiMA  ouSecutida, 

I.  Parce  quelle  eftla  fécondé  demeure  du  fœtus  apres 
la  matrice. 

a.  Parce  que  cette  membrane  fort  la  féconde  en  l’acott^ 
çhement,  ou  après  le  fœtus. 

Li première rmmî>ra»e  fenommc^w»/w,àcaufcde  fa 
mollefle  &  tenuité ,  &  par  d'autres ,  peau  d'agneau ,  par¬ 
chemin  vierge, coëffe,chcmife ,  &c.  C’eft  la  plus  delicede 
toutes ,  &  aucc  cela,  blanche,  molle,  tranfparcnte ,  parfe- 
méc  d’vn  petit  nombre  de  petites  veines  &  arteres,  &  qui 
cmbralTe  immediatemét  le  fœtus  :  [Elle  cft  prefque  adhc^  j 
renteau  chorion,  prés  dulieu  de  placenta, àPcndroiCl  08 
^  les  vaifteaux  vmbilicaux  fortent  du  foetus ,  &  quelques- 
fhZeu”*  ailleurs:]!!  s’y  trouuc  abondance  d’humeur  dans 

quieû  dans  nage  le  fœtus;Ellc  vient  aux  beftes  de  kfuciir,  ^ 

rAmniesî  ^^xhommcs  dckfucur&dcl’vrine.  SonvÇagecft  j 


Du  ventre  inferieur.  sir 

I*  Afinquclefœmsnageancdanscettchumeurjcom- 

juc  dans  vn  bain,  foie  moins  pcfant. 

X.  Afin  qu’il  n’aillothcuitcr  contre  quelques  parties 

voifines  plus  dures. 

y  Afin  que  la  membrane  eftant  rompue  cnl’enfante- 
ment, cette  humeur  venant  à  fortir ,  rende  le  paffage  poly, 
gliirânr,&  aisé  par  le  col  de  la  matrice. 

[Si  l’enfant  elt  robufte,&  fi  l’enfantement  fe  fait  heu- 
reufement  &  promptement ,  à  caufe  que  l’Amnios  cft  vn 
peu  ferrée  à  l’entour  du  col  du  fœtus,  parles  vaiiïeaux 
vinbilicaux ,  les  enfans  viennent  fouirent  au  monde  auec 
•  vne  partie  de  rAmnios,& on  dit  de  ceux  làqu’ils  font  nez 
coéfFez.  Spigelius  cftirae  que  cela  peut  aulfiarrriucr  quand 
lamcrc& le  foetus  font  foiblcs.]  9  *  /  ,  / 

La  fécondé  memhane  cù.  appelléc  le  Chorie»  t  parce 
quelle  enuironne  le  fœtus  comme  vn  cercle. 

Celle  cy  embraflè  immédiatement  la  première,  &  cft; 
luffi  allez  déliée,  [  finon  que  quelques  fois  elle  deuienne 
plus  clpaiire&  doublera  l’endroit  oùde  placentaluy  cft 
adhèrent.  Elle  eft  attachée  4c;t<HVséoftczi  la  rhàtricc  par 
beaucoup  de  filamens ,  &  polie  par  dedans  d'uéofté  du 
fœtus, &  rude  du  collé  qui’tbuche  le  placenta  &  la  matri¬ 
ce.]  Lcsvertocils  ou  les  cotylédons  qui  sôtcompofczd'v-  Qtgefi-ee 
nefubftancc  charnue  &fpongieufe,luy  font  adhérents  queiesco- 
dans  les  belles. Mais  aux  hommes  cette  membrane  eft  ad-  î 

herentc  àla  matrice, par  le  moyend’Ÿhc  certainf  mafle  de 
chaitfronde  &  rougeallrc ,  (quielt  prefqùc  fa.hlfeùrs  atta- 
chéefculemcnt  à  la  partie  anterieure  ôc  fupericurc  de  la 
raatricc  ,  qui  n’criucloppc  pas  le  fœtus  tout  entier ,  &  qui 
cftcomposécd’vnç  infinité  de  veines  &  d’ancres  qui  font 
tifluës  dansle  fangrefpandu. 

Gctte  malTe  ronde  fç  nomme  Placenta  ‘vferi,  c’cftàdi-  P  Pî*efn- 
le  gafteau  ou  la  tourte  de  la  matrice ,  à  caufe  de  fa  figu- 
JC’  On  l’appelle  aufll  le  foye  dp  la  matrice,  parce 
‘exemple  du  foye,  elle  cuit  le  fang  pour  tout  le  corps:  De  gn  l'apptHt 
M>ne  que  l’on  çrpit  communément  que  cette  mafle  &  fon 

boute  le  fang  pour  la  nourriture  de  tout  le  fœtus ,  bien 
.  Dd  i) 


Z 12.  lÀure  Premier^ 

qu’il  y  en  ait  d’autres  qui  cftiment  auccplus  de  raifon 
qu’elle  fert  d’appuy  aux  vailTeaux  vmbilicaiix  qui  j’y 
cftcndcnt&s’ycouchent.parpluficurs  rameaux,  comme 
fur vn  oreiller  [Ce  n’eft pas  propremenr  vn  parenchyme, 
maisreulemem  vnfangprelquc  coagule,  puis  qu’c  tant 

Îireirée&hume6lce  ,cllere  dilToiu  fi  aylément.  i-lîceft 
arged’vn  pied,  efpailTe  de  trois  doigts  au  milieu,  mais 

moins  cfpailTe  anx  cxcremitez 

EUenaift  de  raffurion  dufang  aux  vailTeaux  vmbili. 
eaux:  Car  on  ne  voitaucune  trace  du  placenta , lors  que 
ces  vailTeaux  ne  font  pas  formez  deuant  le  trentième 
iour.  ] 

l  a  troifiéme'eft  l’allantoidc,  qui  n’cnuclopepas  tout 
Icfœtus,  ma'S  rcffemble  à  vne  ceinture ,  ou  bien  à  vue 
faulciffe,  ou  à  vn  toudin ,  àcaufe  de  quoy  les  Grecs  liiy 
ont  donné  ce  nom. 

Sonvfitge  aux  belles  eft  de  receuoir  l’vrine  dcl’oura- 
que  Car  cnlhomme cette  membrane  ne  fetrouiie  pas, 
maisl’Amnios  y  reçoit  l’vrinc  mefléeauee  la  fucut.[C’eft 
poiirquoyjR/o//*»s’cllonnc  que  Sftgelms  admette  ncant- 
moins  1  allantoide  en  l’hçmme,  apr^  s  auoir  appris  le  con¬ 
traire  de  tant  de  célébrés  Anatomiftes.] 


CHAPITRE  XXXVII. 


Des  yaijfeaujc  ombilicaux..  ^ 

A  Prés  qu’on  a  difleque  &  ofté  les  mcmibrancs,  les 
vailTeaux  vmbilicaux  fe  prefentenr ,  qui  font  ainfi 
nommez, parce  qu’aprés  que  le  foetus  eft  dehors, &  qu  o'' 
a  poiilTé  vn  peu  le  lang  pour  fa  nourriture,  onles  coiippc 
en  la  région  vmbibcalc,  &  cftans  notiez,  fonilc»«i»W 

QVei?  ce  que  les  Lqtins  ont  appelle  de  qui 

que  Le  nom-  Ic  milieu  di’Viîdiouclier  ,  parce  qu’il  eft  au  milieu  du  ven- 
trc,&  mcfmes  de  tour  le  corps  les  bras  eftendus ,  fi  nous 

lirons  vn  cercle  à Tentour  de  luy. 


T)u  ventre  inferieur.  i  1 3 

Or  il  y  a  quatre  vaifleaux  vmbilicaux ,  vne  veine ,  deux 

artères,  &-l’Ouraque. 

Ils  {ont  couuerts  d’vne certaine  membrane  ou  croufte 
commune,  que  quelques  vns  appellent  lé  petit  boyau,  le 
cordon,  le  lien, &:c,  [qui  n’cnueloppe  pas  feulement  tous 
les  vaiifeaux  mais  les  fepare  les  vns  des  autres.] 

L’vf^geàectxxt  tunique  eftd’empefcher  que  les  vaif- 
feaux ne s’entrelalTcnt ,  ne  fe  rompent,  &  nefoientof- 
fencez  en  quelque  autre  maniéré. 

La  veine  vrabilicale[qui  cft  beaucoup  plus  grande  que 
rartere,]&:  qui  fetrainc  entre  les  deux  membranes  du  Pé¬ 
ritoine,  cft  produite  deuant  toutes  les  veines,  &  ache- 
uée  la  première,  parce  qu  elle  deuoit  fournir  la  nourritu¬ 
re  aux  autres. 

Elle  s’infere  au  foye  par'lafifTurc  ,  &  s’eftend  par  le 
nombril  quelquesfoisfeul.d’autrcsfois  doublet  diui- 
fée  en  deux  ram.caux  de  la  longueur  de  quelques  aulnes 
iufques  au  gafteau  de  la  matrice.  [Car  elle  va  du  nombril 
fur  la  poitrine,  &  de-U  fc  trainant  obliquement  par  la 
partie  gauche  du  gofier  &du  col,  &  fe  deftouriiant  vers 
le  derrière  de  la  tcfte,par  le  milieu  du  front ,  va  fe  rendre 
infenfiblement  au  placenta,  ]&  en  chemin  elle  rcfpand 
vne  infinité  de  rameaux  dans  Parriere  faix,  iufques  à  ce 
quelle  fe  termine  en  des  capillamcns  fort  déliez. 

Son  v/age  cft  de  puüer  le  fang  poui  la  nutrition  du  fœ¬ 
tus,  &  de  le  porter  au  foye. 

Cette  veine  cft  remplie  de  quelques  nœuds  ,  [qui  ne 
font  autre  chofe  que  la  membrane  charnue  meime.  fe 
trouuantencét  endroit  là  plus  efpailTc  &mafliue,]afin 
que  le  lang  y  foit  plus  long  temps  clabouré,  comme  nous 
remarquons  la  mefrae  chofe  aux  vaifteaux  fpermatiques, 
[&  afin  auffî  que  les  vaiflcaux  en  foient  plus  forts.] 

Les  fages-  femmes  tirent  du  nombre  de  ces  nœuds  des 
conicdurcs  pour  le  nombre  des  enfans  qu’on  doit  auoir. 
[Elles  difent  aiiflTi  qu’on  aura  fille  fi  le  fécond  nœud  eft 
blanc ,  ôr  vn  garçon  s’il  cft  rouge.  Ce  foht  des  contes  qui 
ft’ont  point  de  fondemént, puis  que  le  nombre  des  nœuds 
D  d  li)  au  nom- 


21} 


Dit  Ofen  tre  inferkur. 

Explication  de  la  Figuré, 

Lafîgiirc  explique  les  vaifleaux  vmbilicaux, &lesmèm- 
braaes  ou  cnueloppes  dtifcEtus. 

A.  ysntufcles  de  l’Abdothen ,  le  Péritoine  Ia  feau  aujfi 

couppee  en  croix retirée  en  arrtere, 

B.  le  foje  du  fœms  qui  paroifi  eminent  par  fa  partie  qoh- 
uexe- 

C.  la  vefsie  de  tvrine. 

D-  la  fijptre  du  fèj/e  ^  oà  entre  la  veine  vmhilicale. 
la  veine  vmbilieale. 

Y.  deux  artères  vmbilicales  qui  vont  en  bas  vers  lesarterei 
Iliaques. 

G.  (Ouraque  qui  fort  du  fonds  de  la  vefsie. 

H.  comment  les  vaijfeaux  vmbtlicaux  font  vnis  hors  du 
corps  du  fœtus. 

I.  la  membrane  qui  ènueloppe  les  vaifeaux  vmhilicaux  hors 

du  ventre.. 

K>  les  inteflins  du  fœtus. 

L.  les  vaijfeaux  vmbilicaux  ejlendus  depuis  le  chorion,iuf- 

ques  au  fœtuSi  longs  (ér  entortille'^comme  vne  corde, 

M.  le  lieu  OH  les  rameaux  des  vaijfeaux  vmbilicaux  sajfem- 
blent  premièrement  pour  faire  dés  troncs. 

N.  le  rameau  de  la  veine  vmbilicale  qui  efi  efpandu  dans 

legajleaude  chairdu  chorion. 

O.  le  rameau  detartere  Vmbilicale. 

laionlîion  de  la  veine  &  de  fartere  vmbilicale  efparfe 
dans  le  placenta. 

extremiteT^des  erifees  des  veines  dr des arteées vm- 
bilicalesy  qui  aboutijfent  a  la  circonférence  du  placenta 
du  chorion. 
le  chorion. 

aa-nôbrildu  dernici fœtus,  eft pareil âccluy  du  premier.] 
Les  deux  arteres  vont  s’infeuer  auxiliaques ,  &  accom- 


2,i6  Liure  Premier^ 

pagnentla  veine  de  la  façomquenous  auons  dite,  pouj 
porter  au  fœtus  l’efpnc  vital auec  le  fangarteriel.  Les  ta. 
meaux  des  veines  &  des  artcres,  feioigncnt  le  plus  fon. 
Anxpmo^  uent  par  des  anaftomofes  dans  le  gafteau  de  chair,  [Mais 
fes.  les  artères  ne  fc  ioignent  pas  à  celles  de  la  matrice, comme 
^rantius  l’a  obferué.] 

Or  ces  vailTeaux  après  renfantement  degencrent  en  li. 

,  gamens,  à  fçauoir  la  veine  en  celuy  du  foyc ,  &  les  artères 
enceux  qui  font  aux  codez  delà  veflîe.  Ils  ne  font  pas  de 
fl  grande  importance,  qu’eftans  rompus  ou  coupez,  ils 
caufent  vne  mort  fubite,  comme  quelques-vns  cftiment, 
du  nombre  defquels  eft  Du  Laurens ,  fur  le  rapport  d’vne 
hit  oire  quon  doit  tenir  pour  vne  fable.  Caron  dit  que 
Lucànjtdt-  les  Egyptiens  efcorchent  les  voleurs  dans  le  fupplice,  fans 
vntion  du  toucher  au  nombril,  afin  qu’ils  fouffrent  plus  long  temps. 
'n'^sipts  de  quauflî  toft  qu’il  cll  coupc ,  les  quatre  vaif- 

grmde\m-  fcaux.venans  à  tomber,  la  mort  s’en  enfuit. 
fmmee.  Le  e^natriéme  vaiflèau  eft  l'ourai^ue  la  moitié  plus  petit  ; 
que  l’artere.  Il  eft  compofé  de  deux  parties,  dont  l’vnc 
qui  eft  interne  &  nerueufe,  vient  de  la  tunique  interne  de 
la  veflie,  &  l’autre  externe  &  plus  membraheuTc,  de  l’cx- 
terieure.  Ce  vaiflèau  qui  fort  du  fonds  de  la  veflie ,  ji’eft 
pas  de  mefme  façon  aux  hommes  qu’aux  beftes. . 

Il  fc  porte  aux  hfieshoïs  du  nombril  entre  deux  artè¬ 
res,  &s’cftcnd  enfin  pour  faire  la  tunique  allantoide,  où 
s’alfemble  &  fe  garde  l'vrine ,  iufque.sà  ce  que  le  fœtus 
vienne  au  monde,  d’où  vient  que  ce  vaiflèau  eft appcllé 
ouraque ,  ou  vaiflèau  de  l'vrine. 

Mais  en  l’homme  i.  il  ne  fort  pas  du  nômbril ,  &  ne 
fait  pas  par  confequent  la  tunique  allantoide.  D’où  vient 
que  le  fœtus  humain  n’a  que  deux  membranes  feule¬ 
ment. 

VOuratiue  L’Ouraque  n’eft  pas  percé, [comme les  expériences 
n'efijas  de  Carpus,  d'Arantius ,  de  Cortefus ,  &  de  Riolan  en  font 
fené  en  foy,  bien  (\\x  A^Hafendeme  &  Spigelius  tafehent  de  pet- 
ommt.  Jg  contraire, j  C’eft  vu  coidon  ou  ligament  qui  at¬ 

tache  la  veflie  au  Péritoine ,  &  qui  l’y  fouftient ,  afin  que 

quand 


Du  nj entre  inferleuf,  iij 

ijuand  elle  cft  pleine,  foncolnc  puiffe  cftre  comprimé. 

^ous  ne  voulons  pas  pourtant  nier  que  eek  ne  fcfafle 
aulTi par  le  moyen  des  arteres. 

j/ais  le  foetus  humain  rend  l’vrinc  parla  verge  dans 
tAmnios;  d’ou  vient  aufli  cette  grande  abondance d'hu-  • 
meutr  dont  la  plus  grande  parteft  aufli  retenue  dans  la 
veifie;Ceft  pour  cette  caufe  que  les  enfanspiffcntprcf. 
que  continuellement  durant  les  premiers  iours. 

a  voulu  qne  toute  IVrine  elloic  contenue  dans  la 
veflîe  iufques  àTenfantement. 

Aquapendente  j  Sfiaelius ,  &  prefque  tous  les  autres,  ont 
cftimé  que  l’vrine  fortoit  par  louraque,  &  qu’elle  s a- 
maflbit  entre  Tamnios  l’allantoide,  comme  aux  belles. 

D«  Lattrens  défend  opiniaftrcmenc  cette  opinion  ,  &  Erreur  de 
apporte  les  exemples  de  quelqu  es  -vns.,  qui  en  la  fuppref-  Ij. 

fiondVrine,  l’ont  rendue  parle  nombril. 

Mais  on  peut  refpondre  que  celaarriuc  contre  l’ordre  de* 
lanature,  félon  l’opinion  de  plufieurs ,  que  la  veine  vm- 
bilicâles’eftouuerte  aux  bydropiques  contre  nature, & 
que  l’humeur  en eftfortie.D»  Lanrens  aduouéluy-mef- 
rae  que  les  quatre  vailTeaux  vmbilicaux  dcgencrent  en  lî- 
gamens.  11  a  certes,  raifon  ,,  puis  que  nous  voyons  qu’ils 
fcfeichcnt.  Comment  donc  fe  pourroienuils  ouurir ,  fi 
ce  n’cft  contre  nature?  ^ 

|[Ccs quatre  vailTeaux  .alîans  du  nôbril  au  placenta, s’en¬ 
tortillent  de  lamefmc  façon  qu’vn  alTez  grand  cordon 
qui  eft  fait  de  plufieurs  petits.La  nature  Ta  ainli  ordonné, 
afin  que  le  raouuement  düfang  ncfull  cmpefchépar  co 
chemin  tortueux  que  font  les  vaillèaux  vmbilicaux  ,  que 
nous  auons  defctit.Or  parce  que  le  fang  paroill  côme liui- 
dc,à  trauers  la  veine,  &  non  pas  àtrauers  les  arteres  ou 
l’oaraque,darriue  que  s’entortillans  cnfemble,le  nombril 
paroill  en  quelqueslieux, comme  parfeméde  taches. 

La,  longueur  du  nombril  cil  dans  le  fœtus  parfait  de 
îrois  empans, en  partie ,  afin  que  le  mouuememfoitplus 
31SC,  &  en  partie  pour  la  préparation  du  fang. 

«ffai£sur  eft  d’vn  doigt, pour  fortifier  les  vailTeaux.], 

. .  Ee' 


QhjIÎ  ce 
qufïe  ven¬ 
tre  mttyerJ 


Figure. 

Grandeur. 

Sulflattct, 


•21 5  Liiire  Second, 


LIVRE  SECOND, 


Du  Ventre  moyen. 

'^Ventre  moyen  qu'on  nomme  le  Thorax^ 
eft  totuc  ce  qui  eft  enuironné  des  clauicules 
par  hautjdu  diaphragme  pas  bas,  du  fternoa 
par  deuant ,  des  os  du  dos  par  derrière,  & 
des  coftes  par  l,cs  codez.  • 

La  partie  anterieure  ed  appellce  .Jrerww  Ôdapoidiri. 
ne.,*  la  poftcrieurc,  le  dosi&  les  latérales, les  codez. 

Maisles  anciens,  comme  Mippoeme ,  Ariftote ,  &c.  ont 
compris  fous  le  nom  de  Thorax,  tout  ce  qui  ed  depuis  les 
clauicules ,  iufques  aux  parties  honteufes,  c’ed  adiré,  le 
ventre  moyen  .&  l'inferieur.  En  ce  Cens  Hippocrate  a  eu 
raifon  de  dire ,  que  le  foye  ed  placé  dans  le  Thorax.  Ce 
que  quelques  ignorans  n  entendans  pas,on  dit  cjyi  Hippo¬ 
crate  nefçauoit  pas  l’Anatomie. 

(  Sa  Figure  ed  en  quelque  façon  ouaie ,  Hippocrate  I» 
compare  à  vne  tortue.  Elle  eden  l’homme  large  par  de- 
uanc,  &  plate  par  derrière. 

Sa.  grandeur  çCi  diüede  félon  les  diuers  degrez  de  cha¬ 
leur,  car  nous  pouuons  connoidrela  chaleur  du  ceeur  par 
la  grandeur  du  Thorax.] 

Sa  fuhfiame  externe  ed  en  partie  offeufe,  &  cn  partie 
charnue. 

Ce  ventre  n’ed  pas  tout  charnu ,  comme  l’inferieur. 

1.  Parce  quM  ne  contient  pas  des  parties ,  <Jui  ayen* 
befoin  de  s’edendre  beaucoup. 

1.  Afin  qu’il  ne  s’y  engendre  pas  trop  de  graiire»& 
quelle  n’empefthe  la  iclpiration. 


Du  Thorax.  üp 

Il  eftncanttnoins  charnu  en  partie,  parce  qu'irconticnc 
^cs  parties  qui  doiuent  fc  mouuoir,  comme  le  cœur  &  les 
poulmons,  &  pour  cetrecaufc 

^  llnedeuoitpas  eftrc  tout  olTeiix  ,  comme  le  crâne.  Ce 

que  CW4»rapportc  au  liure  i.  delà  fubtil:  pag.  4.58.  du 
luien ,  d’vn  homme  à  qui  on  trouua  vn  os  continu  depuis 
le  eofier  iufqaes  aux  iks ,  au  lieu  des  coftes,  eft  extraor¬ 
dinaire. 

Il  eft’ toutes- fois-CH  partie.  oiTeux  pourlîfdefFence  des 

parties  nobles* 

^  Cai  fon  vfage  t^èit  contenir  les  patties'vitaîés,  comme 
celuy  du  ventre  moyén  &in£crieur,  eft  de  contenir  les 
naturelles. 

Les  parties  qui  lé  compofent  ,  font  ou  contenantes  Ou  '^anUt. 
contenues,  &  celles-là  ou  Commûn'es  ou  propres. 

Les  commîmes  font  les  mermes  qui  font  au  ventre  infe-  ctmnms, 
rieur ,  aufqitellesuous  pouuons  remarquer  ces  particula- 
ritez.  -  ^ 

La  peau  du  ventre  moyen  eft  veluë  fous  les  ailTelIes*  L’vfagt 
€es  poils  font  nommez,  fous-âxillâires.  Ilsferucnt  pour  fotls 
empefeher  que  ces  parties  ne  fe  frayent  par  les  mouue- 
mens  des  bras,  parce  qu’elles  fuent  beaucoup Seprom- 
ptement.  Auffi  lés  appelle-  on  les  emondoires  du  cœur, . 
dont  elles  reçoiuent  lescxcremens,  comme  les  aines  le 
fontdufoye. 

loint  qu’il  n’y  a  pas  tant  de  graillfe  au  Thorax,  excepté  Voar^my 
aux iùaramelles,afin  qu’elle  n’empefche la  refpiration  par 
ftpefanteur.  Car  àcaufedefa  partie  ofleufe, là  matière  de 
la  graille  n’a  peu  y  venir  en  fi  grande  abondance ,  comme  ^ 
au  ventre  inferieur  qui  eft  tout  de  chair,  d’où  vient  qu’il 
eft  toüfiours  fort  gras  ;  le  ventre  moyen  i’eft  mediocre- 
n^enr,  &  U  telle  point  du  tout.  [Or  la  graiffe  qui  eft  ailleurs 
blanche ,  paroift  vn  peu  plus  iaune  au  Thorax.] 

Les  parties  propres  outre  les  .mufelcs ,  les  os ,  Ôcc.  font  j^arties 
hs  mammelLes  de  l’vn  &  l’autre  fexe ,  le  diaphragme  >  la  pie-  propres. 

5  le  mediafiin. 

(ont^Jes  vifieres  cfr  les  vaijfeaux.  Les  vif'- 
£  c  ij 


il  O  Llure  Second  J 

font  le  cœur  auccfon  péricarde,  le  pouîmoHi  &vnç 
portion  de  la  trachee  artere  &  de  rosfophage.  Les  vaijfeaux 
l'ont  les  rameaux  de  la  veine  caue  ,  &  de  hgrande  artere^ 
fouftenus  au  goficr  par  la  fagoue  j  &  diuers  nerfs, 

CHAPITRE  I. 

Des  t^ammeües. 

voyet  la  T  anatomiquc  nous  oblige  après  auoir  difeoura 

figure  X-/de  la  dilTedion  du  ventre ,  de  venir  à  celle  des  matn- 
17 1.  melles,  qui  fe  prefentent  les  premières  au  Thorax.  Or 
nous  parlerons  de  celles  des  femmes, &  obfcruerons  auf. 
fi  leur  différence  daucc  celles  des  hommes. 

Psurquey  La ftuation  des  mammelles  eft  au  milieu  de  la  poiftrinc, 
les  mar»'  [au  deffus  du  mufclc  pedoral  qui  meine  Tcfpaule  en  de- 

mellee  font  ] 

?  la  /wVH-  ^  voifinage  du  cœur, d’où  vient  la  chaleur. 

„e  i  a.  Pour  la  bonne  grâce. 

3.  Afin  que  l’enfant  puifTe  tetter  plus  commodément, 
qui  ne  pouuant  pas  marcher  incontinent  comme  les  bc- 
ftes,  a  befoin  que  fa  merc  le  prenant  entre  les  bras ,  l’ap¬ 
proche  de  fes  mammelles. 

Elles  font  deux  en  nombre^riovi  pas ,  comme  quelques, 
yns  on  dit,à  caufe  des  gemeaux ,  mais  afin  que  l’vne  eftant 
offcncée^l’autre  puifle  faire  fa  fondiô.  [Encore  que 
rapporte  des  truyes,  qu’elles  doiuent  faire  autant  de 
cochons  qu’elles  ont  de  mammclles.^.yx/<<«t  ncantmoins 
en  a  remarqué  trois  en  vnc  certaine  femmejà  rçauoir,dcux 
aucoftégauche,&  vnau  droiâ:.]C4^r<?/enaobfcruèqua- 
treenvne  autre,  deux  de  chaque  codé. 

tSrMndeur.  Pour  Ieurjrr4«de»r5à  peine  voit-on  aux  petites  filles  au¬ 
tre  chofe  que  les  mammellons  ,iufi[ucs  à  ce  qu’elles  croif- 
fcntinrenfiblement,àla  grofleur  &à  la  figure  des  pom¬ 
mes  5  &  lors  qu’elles  font  venues  à  la  hauteur  de  deux 
doigts,  les  mois  commencent  à  couler.  Elles  fleftriffe»' 


Explication  de  la  Figure* 

Elle  monftee  rAfpre  Artère  &  les  parties 
qui  luy  font  attachées. 

A.  t orifice  de  U  grande  artere  retranche'  dn  cceur^  delà- 
{juellenaijfent  lesarteres  coronales- 

B.  le  tronc  defeendant de  l’aorte 

C.  (artere  axillaire  gauche 

"D.  le  tronc afeendant  de  l'aorte» 

E.  (artere  axillaire  droite 

F.  (artere  carotide  droite. 

G.  (artere  carotide  gauche. 

H-  le  tronc  de  (afpre  artere  yen  la^u^lle  on  voit  manife- 
fiement  des  anneaux  cartilagineux  fepareT^jar  des  effa¬ 
ces  membraneux. 

I.  le  rameau  droit  del'ajpre  artere^,  e  ù  il  ef  reprefenté com¬ 
me  ilfediuifeau  poulmon  en  plufieurs  parties  qui  font 
plus  greffes  au  commencement. 

K.  le  rameau  gauche  de  (afpre  artere  y  OH  le  larynx,  ^prin-^ 
cipalement  le  cartilage  tyreide. 

M .  M .  les  glandes  qui  font  à  la  racine  du  larynx. 

N.  O.  les  nerfs  recurrens. 

P.  le  Retour  du  nerf  récurrent  droit  vers  (artere  axillaire 
droite. 

l^  nerf  récurrent  droit. 

R.  le  retour  du  nerf  récurrent  gauche  Vers  le  tronc  defcen.1 
Cendant  de  (aorte. 

S .  S.  le  nerf  récurrent  gauche. 

T .  /  Epiglotte  efi  icy  drejfee ,  mais  en  la  déglutition  elle  ferme 

la  petite  fente  du  larynx. 


Du  Thorax»  iii 

J,i,x  vieilles ,  de  forte  qu’il  ne  paroift  prefqüe  rien  que  les 
jn  RI  mêlions,  la  grailTe  &  les  glandes  en  cftansconfu- 
mees.  „  ,  „ 

Elles  enflent  dauantage  aux  femmes,  &  croisent  de 
plus  en  plus  àeellcs  qui  font  enceintes  [pendantles  der¬ 
niers  mois.] 

V.  Celles  des  hommes  ne  font  pas  fi  cfleuées  que  celles  luilprêfe 
^esfcmmes,parce  qu’ils  ne  font  pasdeftinez  parla  natu- 
re  à  faire  ordinairement  dulaiâ:.  [Mais  il  n’eut  pas  efte 
conuenablequeleshornmcseneuflenteftépriuezjàcaufe  ” 

dcrégalitc  de  l’cfpece.]C’eft  pourquoy  leurs  mammelles 
n’ont  prcfque  point  dé  glandes.  La  grailTc  neàntmoins 
quieftdeflbus  en  ceux  qui  font  gras,  les  fait  haufler  .  [Les 
mammelles  des  femmes  du  Royaume  de  Senega  ,pen- 
dcntiufquesau  ventrei  Etondit  qu’en l’Ifle  d’Arnabon, 
îcsfemmeslesreiettentfurle  dos.] 

Lent  fignre  eft  prefque  ronde,  &  reprefente  prcfque  vn  F/f 
demy  globe.  Mais  elles pendent  en  quelques- vnes, à  cau- 
fsde  leur  trop  grande  pefanteur. 

La  mammelle  fc  diuife  en  mammelon,  àc  en  la  m4ntmel-'  Vurtitt. 
le  mefme.  Car  on  void  au  milieu  de  la  mammelle,  vne  fub- 
ftance  particulière,  [qui  fclonfaduis  de  Rtol4»,eAh  peau 
redoublée,  ]  qu’on  nomme 

Le  MAMMELLON,quiefl:fongueux,  &quireflcmbleD’tfflf  vient 
au  gland  de  la  verge  :  C’eft  pourquoy  il  fe  fleftrit  &  releue  fentimët 
parlcfuccement,  &enle  nianiant.il  alcfentimentfort 
vif,  parce  qu’il  eft  comme  le  centre  où  viennent  aboutir 
les  extremitez  des  nerfs, des  artères,  &  des  veines. 

^  [  Il  y  a  vn  mammellon  de  chaque  cofté.  Hollier  a  veu 
deux  manamellonsen  vne  mammelle  qui  rendoient  du 
laid.  ] 

Il  eft  rouge  aux  vierges ,  plus  liuidc  &  plus  gros ,  à  caufe 
delafuébipn  de  renfant,aux  nourrices,  &plus  noir  en 
celles  qui  ne  font  plus  d’enfans. 

Il  eft  enuironné  d’vn  cercle  que  les  Latins  appellent 
Areola ,  qui  eft  pafle  aux  vierges ,  obfcur  aux  femmes  en- 
^c»itcs,  &  aux  nourrices ,  &:  noir  aux  vieilles. 

B  “i 


2,11  JJurre  Second,  '  ^ 

Il  eft  percé  au  milieu  pour  la  fortic  du  laift  :  car  : 
Sonvfage  eft,  afin  qu’il  foit  mis  à  la  bouche deren^ 
fant ,  comme  vn canal  ou  entonnoir,  par  le  moyen  du, 
quel  il  puifTefuccer  lelaift,.&  afin  aufli  qu’en  receuant 
quelque  chatouillement  ,  les  nourrices  (oient  incitées 
à  donner  plus  fouuent  &  plus  volontiers  la  raammellc  ^ 
l’enfant.  {|P 

La  mammellé  eft  compofée  par  dedans  dé  membranes, 
de  vailTeaux ,  de  glandes,  ou  pluftoft  de  corps  glânduléiix. 

&  de  graifte.  Ces  deux  dernières, qui  font  les  principales 
parties  des  mammclles,  font  entte  la  membrane  &  U, 
■peau. 

Or  la  [charnue]  attache  là  fubftance  glandti^ 

ifeufe qu’elle enuirGlinc aux  mufcles  quifont  délTus. 

Les  font  en  gii»nd  nombre  :  Elles  font  plus  du¬ 

res  aux  vieirges,  confumées  aux  vieilles,  &  plus  enfltcs, 
en  celles  qui  font  enceintes ,  &  aux  nourrices.  Il  y  en  a 
ncantmoins'weg.rande  fous  le  mammellon,  que  d’au¬ 
tres  moindres  enuironnent,  &  qui  eft  entretiiruëdevaif-. 

^  féaux  enlaftez, 

V^mvfagetÇtàc  conuertir  le  fangenlàift,dedonner; 
dclachaleuràla  graifte  qui  eft  alentour,  &  de  rendre  les. 
mammelles  efgales  [D’où  vient  qu’elles  font  lafches 
pendantes  en  celles  à  qui  la  maladie  oul’aage  i’4  cou- 
fumée. ], 

Quant  à  leurs  les  mammcîlés  reçoiuent  les 

veines  cutanées  &  externes  de  l’axillaire,  [qu’on  nomme 
Thoraciques  fuperieuresjjqui  paroiftcntlbuuentliuides 
aux  femmes  enceintes,  &  aux  nourrices:  Et  lés  internes., 
dites  mammaires ,  qui  font  vn  long  chemin,  afin  que  le 
fangpuift'ceftrepius  long  temps  elabouré,qui  defeen- 
dent  des  deux  coftez  jl’vne  du  tronc  de  la  veine  axillaire 
mamaires.  fousl’osde  la  poiétrine  iufques  aux  glandes  des  mam¬ 
melles.  Il  y  en  a  d’autres, dont  nous  auons  parlé  cy*deftus, . 
qui  montans  par  les  mufcles  droits, viennent  à  larencon- 
trede  celles-cy,  afin  que  les  mammelles  ayentfymp^his 
aucc la  mauice.jD’où  vient  que  l'enfant  eftantné  jlcfâng, 


Du  Thorax,  "  2,1^ 

•iic feporte  plus âla matnce  :  mais  aux  ma.nmelicî ,  &  le  Pottrquoy 
change  en  lai£t.  Ceft  pour  cela  que  les  nourrices  outra- 

rement  leurs  purgati  ons,  &  que  par  vnetro^  gràndefu- 
ûion  de  l’enfant^ ,  le  fang  fort  des  mammelles.  On  a 
niefmes  remarqué  que  les  mois  ont  coulé  par  les  mam- 
melles,  &  le  laiâ:  par  la  matrice  ;  Ce  qui  toutesfeis  arriuc 

rarement. 

[ Profper  Martiams  SC  Petr.Cafieïïustknncmpomàc- 
fendre  Hippocrate ,  comme  ils  eftiment,  que  le  fang  ne  va 
pas  delà  matrice  auxmammclles,  mais  que  le  chyle  y  eft 
porté  immédiatement  du  ventricülcjqui  n’eft  autre  chofe 
félon  eux,  que  dulaiâ-.  Mais  cette  opinion  cft,  ce  mefem- 
ble, difficile  à  fouftenir.i.Paiee  qu’il  n’y  a  aucuns  chemins 
iconucnables  du  ventricule  aux  mammelles  ,  au  moins 
nous  ne  les  auons  pas  remarquez  :  Car  pour  les  porofitez, 
dontle  corps  eft  tout  percé,  elles  font  trop  effiroites  pour 
donner  pâfîage  au  chyle  quieftgroflîer,  ôcquia  cubefoin 
dâs  le  mefencere,  des  grands  vailTeaux  des  veines  laélées. 

Il  cft  vray  que  les  efprits  qui  font  fu^tils ,  les  vapeurs  dé¬ 
liées  ,  &les  fuliginofitez  pénétrent  le^s  pores ,  mais  non 
pas  le  chyle  ny  le  fang ,  car  autrement  la  nature  auroit  fait 
envaindesvailTeaux.  1.  L’enfant  qui  eftaccouftumé  au 
fang  dans  la  matricc,ne  fe  nourriroit  pas  bien  d'vne  vian¬ 
de  crue., 3.  Quelle  reponfe  folide  apporterons-nous  fur 
ce  (]üc  dit  Hippocrate:  celles  ont  point  le/trs  purgations, 

&c.  4.  FVaUm  raifonne  ainfi  :  Quand  les  vaches  man¬ 
gent  l’herbe  après  le  foin ,  ou  le  foin  apres  l’herbe ,  elles 
«échangent  pas  entièrement  la  conftitution  ou  la  cou¬ 
leur  du  laid  ,  ny  du  beurre,  mais  clics  changent  bien  au 
premier iour  lechyle,8clc  fang  plus  tard:  C’eft  pour- 
quoy  ce  changement  dc  laid  vient,  non  pas  du  chyle;: 
mais  du  fang  ] 

Les  arteres  viennent  du  tronc  fupericur  de  la  grande 
artere , [&  des  rameaux  fous-claiiiers fe  ioignent  auec 
les  arteres  epigaftriques  ,  de  la  mefrae  façon  que  nous 
fuons  ditdes  veines.  ] 

Les  viennent  des  thoraniques  ,&  principalement 


224  Liure  Second, 

du  cinquiémCjqui  finiffentau  mameilon,  &  donnent  le 

fentiment. 

[Les  mammeUes  ont  outre  ces  vaifleaux,  des  tujAUit 
blancs,  qui  naifl'ent  de  toutlc  circuit  de  la  partie  infcricu. 
re,qui  s’cftrcfli(îanstoufiours,s’aflcmblcntau  centre  des 
mammellcsjoùlc  laideft  gardé  pour  l’vfage-, après  qu’d 
eft  acheué.  ] 

Leur-yy^^ecfti.  tant  aux  hommesqu  aux  femmes,  de 

defîendre  le  cœur.  [D’où  vient  que  la  nature  a  muny  ceux 
qui  font  trop  froids, de  plus  grandes  mammelles.  Etquoy; 
quelemufcîe  pedoral  férue  àcét  vfage, comme  remar, 
que  on  ne  doit  pas  nier  que  les  mammellons  n’y 

feruent  aulîi,  puisque  les  nobles  parties  ont  befoin  de 
grartde  deffenee.  ]  z.  Elles  feruêt  aux  fëmmes  à  la  généra, 
non  du  laid  pour  la  nourriture  de  l’enfant  qui  eft  né ,  qui 
s’eftant  nourty  de  fangdans  la  matrice, fe  nourrit  après  de- 
laid ,  qui  n’eft  autre  chofc'qu’vn  fang  blanchy,  [De façon 
qu’il  femble ,  comme^it  Platon,  queTa  nature  aye  trompé 
les  animaux,  leur  donnant  du  laid  qui  eft  blanc,  au  lien 
de  fang  qui  eftrougç.  C’cftpourquoy  les  Allobroges  def. . 
fendirent  autresfois  à  leurs  Prcftrcs,l'vfage  du  fang  &  du- 
laid.]  ^  . 

La  caufe  efficiente  du  laid  eft  cette  chair  glanduleufe  des 
.  mammelles  qui  eft  fans  femblable  au  refte  du  corps.  Elle 

le  fait,  tant  par  vne  vertu  particulière  defafubftancc,qu’à 
raifon  de  fon  tempérament.  [A.  Gellius  1.  ii.  chap.  i.  a 
creu  que  fa  blancheur  venoit  de  l’abondance  de  la  cha¬ 
leur  &:  des  efprits.  Mais  nous  croirions  pluftoft  quelle 
vient  de  ce  qu’il  eft  aflimilé  aux  mammelles  qui  font 
blanches.] 

,m,  ‘Zl  C’cftpourqaoy  Tes  vierges  &  les  femmes  qui  ne  font 
venir  hhx  pas  enceintes ,  peuuent  auoir  quelquesfois  du  laid  (  bien 
cela arriue rarement)  [Selon  roblcruationde  Boàin 
homes,  aux  dans  foti Theatre de  la  nature,  de  hachimus  Catnerarm 
ne  Tant  F*  .  SchenckjHs ,  de  P,  Cafiellusàt  Angela  de  Mclfine, 
enceintes!' ^  l^ega  d’vne  fille  de  Bruge, 

&d  autres  Autheurs,  J  fi  leurs  mammeUcs  font  pleines 

de  beau- 


Du  Tloorax.  22$ 

beaucoup  àt  fang  fpiritueux»  &  fi  leurs  purgations 
font  arrcftées:  C^r  la  fubftance  glanduleufc  y  cuit  plus 
flu’dn’eftpasuccelTaire  pour  la  nourriture’  de  la  femme. 
jl  s’engendre  mefmcs  quclquesfois  vne  humeur  ladée, 
^  comme  du  laid  en  ceux  qui  font  chargea  de  chair,  & 
bien  pourucus  de  mammcllcs,  fur  tout  s’ils  les  frottent 
^  lesfont  fùcc^r  fouucnt , comme  les  exemples  de  plii- 
fieurslemonftrent.  ^rifiete  efent  d’vn  certain  bouc  en 
pemnos  qui  rendit  du  laid  en  fi  grande  abondancej 
qu’on  en  fit  des  caillez  MatthioleSiïïeüiLe,  qu’onatrouué 
trois  boucs  en  diuçrs  lieux  de  Boheme,dontontiradu 
laid  qui  fetuit  à  la  guerifon  des.  Epileptiques.  [0n  a  veu 
des  hommes  qui  faifoient  fortir  de  leurs  mammelleTTifOs 
laiden  abondance.  dit  qu’on  a.  tiré  d’vn  hom¬ 

me  autant  de  laid  qu’il  en  faut  pour  faire  vn  fromage. 
C.  Scheackius  tic&mc  dc  Laurtns  a  gardé  beau*- 

coup  de  laid  depuis  fa  icunefle  iulques  à  50.  ans. 

[mr  FvaUus  aveu  vn Flamandqui  à  l’aagedc 40.  ansj 
faifoit  fortir  de  ces  grandes  mammelles  , abondance  de 
laid:  A  Bmediüm  rapporte qii’vn  pcrc  a  donne'â  tetter  â  5 
fon  enfant.  Mkohas  Gemmât  Fefale,  M-  DonÂtus, 
fende»te,  H.  Eftgukius  Bmricelltts y  tefmoigncnt  lamc^ 

me  chofe,  &]  Cardan  en  a  veu  vn  aagé  de  trente  &  quaj;re 
ans, des. mammelles  duquel  il  forrit  tantiie  laid,  qu’il 
«doit  fuffifant  pour  nourrir  vn  enfant.*  On  dit  que  pres¬ 
que  tous  les  hommes  du.nouueau  monde,  ont  beaucoup 
delâid.  [Or  le  laid  des  hommes  ed  véritablement  laidi 
puis  qu’il  nourrit  les  enfans  comme  ccluy  des  femmes. 

III.  Les  mammelles  des  femmes  feruent  à  lcui>orne- 
>ïient,,&  auxdelices  dei’homme.] 

IV.  Elles  sôt  enfin  deûinécs  pour  reccuoir  l’humeur  cxr 
eteméteufe.  Ceft  pourquoy  les  mamelles  eftas  couppées, 

femmes tôbcni  endiuerlés  maladies,  parcequcle  fang 
qui  mon  tc,n’ayât  point  de  vai  (Féaux, fe  letre  fur  les  parties 
principales, le  cœur.les  poulmôs,&c.[le  pcnfequele  vio- 
lent  exercice,  militaire  que  les  Amazones  faifoiét  iadis,  ait 
^iiipefchc  qu’elles  nefoict  pas  tôbécs  en  cét  incôuenisi.  ] 


V6ycz  U 
figure, 


Nombre. 


Erreur  des 
Mires, 


CHAPITRE  II. 

pes  tMufdes  intercojîauxi 

NOUS  expliquerons  diuers  mufclcs  quife  prefentent 
au  Thorax,  au  quatriefme  liure ,  pour  fuiurc  l’ordre 
deladiCeétion.  Maisnous  fommes  obligez  de  parler  icy 
de  ceux  qu’on  appelle  intercoftaux ,  parce  qu’ils  fontciu 
U'clescoftes. 

Ily  en,a  quarante  &  quatre  [tous  charnus,  jifçauoit 
vingt  de  deux  de  chaque  cofté,  onze  externes  ,&  autant 
d’internes.  Car  il  y  a  toüfiours  entre  deux  coftès,deux 
mufcleSjl'vnfurTautre.  Ilya  onze  efpaces  entre  lesco- 
‘ftes  de  chaque  codé.  D’autres  en  eôptent  68.  fans  raifon, 
Car  ils  ont  pris  pour  des  mufcles  diuers,ccux  qui  font  en. 
’tre  les  parties  oflfeufes ,  dans  les  efpaces  des  vrayes  codes, 
de  ceux  qui  fe  trouuent  entre  les  parties  cartilagincufes. 

Les  txtemes  naiflènt  des  parties  inferieures  des  coftes 
Supérieures,  &  [  defeendans  obliquement  vers  le  derrie- 
ce ,]  s’inferent  aux  parties  fupcrieurcs  descoftes  infericB. 
4;cs.  Les  internes  au  contraire. 

Les  finilïènt  aux  cartilages.  L,es  internes icm- 

plHTentles  efpaces  des  cottes  &  des  cartilages. 

Ils  ont  des  fibres  obliques  qui  s’entrecoupent  comme 
ia lettre  X.  parce  que  ces  mufcles  font  cftroits,à  caufe  que 
les  efpaces  le  font  auffi. 

[Us  ont  diuevs  vailTcaux  :  les  de  l’Azygos  &  de 
Tintercoftalcfupetieure.Lesiir^fw  des  deux  intercoft»' 
des  ;  les  nerfs  de  la  fixiéme  paire.  ] 

Lexxtvfage  eft  de  dilater  &  de  refferrer  le  Thorax  :  les 
cxtcrnesfuiucntrattraâiondu  fouf  clauicr,  &  en  haut- 
fantlescoftcs  &  retterrant  le  T horax,ferucnt  à  l’expira- 
lion  :  les  internes  tirent  lescottes  en  dehors,&  en  dilatant 
le  Thorax,  caufent  l’infpiration. 

(^clqucs-vns  crqyent  zwec  Fe/ale  que  les  mufclc? 


Du  Thorax,  iiy 

externes  pouffent  en  haut  les  coftes  inferieures,  &  que 
les  internes trainent  en  bas lesfupcrieurcs,  afin  qu  en  re- 
(Ireffiffant  le  Thorax  ,  ils  s’cntre-fecourcnt.  Mais  il  faut 
dire  pluftoft  que  les  externes  agiffent  feparément,fans  que' 
les  internes  fc  mcuuenc. 


CHAPITRE  HL 

Dtp  Diaphragmer 

Le  Diaphragme  eft  ainfi  appelle'  par  ïcs 

Grecs  d’vn  mot  qui  fignifie  feparer ,  &  par  les  La-  Uduî 

tins  pracordia.  Les  Grecs  le  nomment  auffi  PhreneSiŸ^t-  phrsgmgi. 
ce  queftant  blcflfé,  lame  &  les  fensen  font  troublez,  à; 
caufe  de  la  fyrapathic  qu’a  cette  particauecle  cerucau,  & 
qu’eftât  cnflammé.il  caufe  vneefpecc  de  phrcncfic,  qu'on 
nomme  Pdraphrenitis.  D’autres  l’appellent  Septum  trân/^ 
uerfumÀ cpo*i\  diuifele  corps  tranfuerfalcment,  & 
fepareleventre  moyen  de  l’inferieur.  Orc’cft  vn  mufcle 
particulier  qui  a  la  figure  &  ladion  differente  de  celle  de 
tous  les  autresi 

Sa  fituAtioH  eft  tranfuerfe  &  oblique ,  parce  qu’il  pan- 
chevnpaucnbas. 

Sa  eft  circulaire  &  ronde,  excepté  fes  longues  y. 

ptodudions. 

Gc  mufcle  eft  vniqueen  nombre  ^  commun  aux  deux 
coftez ,  mais  fort  grand. 

Sa  eft  proportionnée  à  la  capacité  tranfuerfe  Grandtur. 

de  la  partie  inferieure  du  Thorax  ,  qui  eft  entre  les  vertè¬ 
bres  inferieures  du  dos  &  les  coftes. 

Caril  femble  qu’il  des  vertèbres  des  lombes  par  l»  ujle 
deux  parties  charnues  aflczlongucs  (  qui  font  adhérentes  l*  fi»  d» 
coftczde  la  grande  artere,  deuenans  peu  à  peu  plus 
^«ges,&  s’vnifsêtprés  des  vertèbres  inferieures  du  meta- 
pbréne.làoùce  mufcle  commence  à  fc  rendre  circulaire) 

^  eft  tendu  à  l’cntour  du  Thorax ,  eftant  attaché  aux  der- 
Ff  ij  nicres 


Du  Thorax^, 


229 

Explication  de  la  Figure. 

Xa  , première  figure  reprcfcntc  le  Diaphragme  dans  le 
£orps,&  l'autre  hors  du'eorps.  Elles  ont  deslettres 
communes,  s’il  n’cftmarquc  autrement. 

X  I  •  /<?  dentelé. 

X.  1.  m.  n  ^  U  partie  nerueufe  du  diaphragme'.  Et  ee  ejui  en- 
fiironne  extérieurement  ces  charade  res,  ^  ejl  en¬ 

tre  tijpt  defibres,efi  la  partie  charnue  dn  diaphragme. 

O,  p.i-  deux  produlhens  du  diaphragme . 

q.  la  diuifton  du  diaphragme,  par  oà, page  la  grande  artere. 

r.  le  trou  gauche  du  diaphragme  qut  donne  pagage  à  teefo- 

phage. 

Lie  trou  droiél  pour  donner  pagage  k  la  veine  caue  afcen~ 
dante. 

t.i.  lemufcle  pfoas. 

U.  U  le  neufiéme  mufcle  de  ceux  qui  meuuentle  dos. 

rsierescoftespar  la  partie  charnue.  Qroyqu’oppoùsroit 
peut  eftreauec  plus  de  raifon  mettre  Ion  principe  en  tou., 
te  la  circonférence.  [Or  parce  qu'il  n’a  peu  cftte  attaché  a 
l'onziefmcvertebrc,  à  caufe  de  la  grande  artere,,&  du 
principe  du  mufcle  lombaire,  il  s’inferc  fortement  aux 
vettebres  des  lombes  par  fes  deux  petites  appendices.] 

Sa  fubfiance  cft  charnu«, nerueufe  &  membraneufe  au  Oubliante. 
milieu,  où  paroift le rmre membraneux  ,  &  comme  vn 
cercle  nerueux  en  lieu  de  tendon ,  où  les  fibres  charnues 
fe  vont  rendre  de  la  circonférence  du  T horax ,  comme  au 
centre. 

Galien\cp3Àe^lk  fuiuy  de  SjluiuSi  à* uiquapendente  &  de 
vouluqucle  milieu  dmdiaphragmefoit  la  te- 
ite  du  mufcle ,  parce  que  les  nerfs  s’y  infèrent.  11  ne  faut 
pas  s’eftonner  fi  ce  mufcle  a  cela  de  particulier  ,  puis 
quefa  fuuation ,  fon  aélion,  fa  figure  &  fon  excellence 
^  côüiennent  qu’à luy  fcul.  [Il  faut icy  remarquer queles 


Uar»  Second^ 

playcs  delà  partie  nerueufe  du  diaphragme,  font  tnor: 
telles ,  &  r»on  pas  celles  de  la  charnue  ;  tant  parce  que  |ç* 
parties  nerueufes  y  font  offencées  ,  qu’à  caufe  quele  pg, 
ricarde  &  le  foye  font  adhérents  à  ce  centre.  ^  * 

^viemhrmt.  Ileftcouuertd’vne  »»fw^r<*»edouble,pourluy  donner 
plus  de  force,  l’vnefupericure  quivientdc  laplcvre,  & 
l’autre  inferieure  du  péritoine.  Ilaauffivne  tunique  pro. 
pre  deliée. 

Tro«/.  lia  des  nmi ,  l’vn  à  droite ,  au  milieu^  de  la  partie 

nerueufe,  pour  lepaffagcde  la  veine  caue  \  l’autre  à  gau. 
chc,  plus  grand ,  &  vn  peu  plus  en  dèrrierc ,  pour  ccluy 
de  rœfophagc,  &  des  deux  nerfs  qui  vont  à  l’cftomach! 
Onvoitlàoùil  commence  vnc  diuifion  pourlc  paffage 
de  la  grande  artere,  &  de  la  veine  azygos. 
v*i^tmx.  Q^ant  à  fes  vaifeMux ,  il  reçoit  les  veines  &  lès  artères 
qu’on  appelle  phréniques,  de  la  veine  caue,  &  delà- 
grande  artere  qui  font  voilînes ,  &  quclquesfois  aufli  de 
radipeufe . 

Les  nerfs  viennent  de  la  moelle  efpiniere  du  coi  entre 
îaquatriéme&:  cinquième  vertébré  s’cfpâdre  partoutefa 
fubftance  tCequiluy  eft  propre,  &  ne  conuient  pas  aux 
autres  parties  internes,  qui  sot  les  clauiculcs>  [parce  que, 
fuiuantla  coniefture  de  C.  Hofmdanust  U  ne  dcxxoii  pas 
eftrcexpofé  aux  coups  dedehors,  afin  que  nofire  vie  ne 
futpascnnoftrcpuiffance.  ]Orilsfe  portent  parlacaui. 
té  du  Thorax,  &  font  fouftenus  par  Ic  mediaftin.Et  parce 
que  les  nerfs  du  diaphragme  donnent  des  petits  rameaux 
aux  mafchoircs  &  aux  lèvres ,  quand  le  diaphragme  re- 
Ld  çoit  quelque  coup ,  ilcaufc  ,  non  pas  vn  véritable  ris, 
qu’on  nomme  Sardonicn ,  parce  que  les  muf- 
Urdonien.  mcfinc  temps,  &  les  mafchoi¬ 

rcs  cftans  agitées  auec  les  lèvres,  le  ris  s’enfuit. 

Comment  Son  vfag«  cfti.  d’aider  à  la  rcfpiration  libre:  caries 
/»/*/>  U  mufcles  du  Thorax  fccuent  àia  violente.  Orlcdiaphrag- 
me fc tend  enl’infpiration  ,&ferclafche  en  l'cxpiratiofi, 
contre  l’opinion  d’^r4»^/#«  &  de  DK  Lmrens  aufli,  qui 
veut  que  le  diaphragme  contre  l’ordre  des  autres  mufclev. 


Du  Thorax,  251 

tire  vers  fa  fin,  que  les  fibres  qui  viennent  de  la  circonfé¬ 
rence  du  Thorax, s  cftrcffiirentefgaletncnt ,  &  que  les  co¬ 
lles  foient  tirées  vers  le  cercle  nerueux,  la  refpirationfc 
faifantpar  ce  moyen.  Mais  comment  pourroit  le  centre 
membraneux  du  diaphragme  tirer  à  foy  les  coftes ,  &  ref- 
lercr  tout  le  Thorax,  [fînon  peut- eftre  àcaufequil  eftat- 
taché  au  mediaftinî 

U  An  VJ^aIUhs  a  remarqué  au  diaphragme,  outre  ce 
mouueroent,  par  lequel  la  partie  charnue  cede  en  dedans, 
vn  autre  en  l’infpiration ,  par  lequel  la  partie  charnue  fc 
icftreflîlTant  fait  des  plis,  en  forte  quVnc  partie  charnue 
fc  couche  fur  vneautrc,&  que  ces  piis  font  principalemêc 
prés  des  appendices, dans  vnc  focte  expiration.il  croit 
que  le  diaphragme  feracourcit  par  ce  moyen,  &  qu’il  di¬ 
late  dauantage  le  Thorax  en  leuant  les  coftes.] 

2.  D’aider  les  niufclcs  deTAbdomen  en  la  compref- 
iüon,pourchafterlcscKcremcns  &lc  foetus  :  Car  il  pouffe 
en  baslesinteftinsparlapartie  fuperieure. 

3.  De  feparer  le  ventre  inferieur,  auec  les  parties  natu- 
rcllesdu  moyen  &  des  vitales,  afin  qu’il  ne  monte  quan¬ 
tité  de  vapeurs  des  parties  plus  viles  vêts  le  plus  nobles, 
commeaucœur,  &c. 

4.  Deferuir  d’efuentail  au  ventre  inferieur,  comme 
veut.i?/p^ofr4fe,l'ors  qu’il  efoente  Icshypochondrcs. 


CHAPITRE  IV. 

De  la  Pieyre^  du  Mediajlin  ^O^de 
la  Fagouë. 

La  Plcvre  cft  vnc  membrane  qui  enceint  par  dedans  q,/,» 
lacauité  du  Thorax, &  qui  cft  dure  &  blanche, &  plus 
^Ipailfe  &  robufte  que  le  péritoine.  Elle  prend  fonori- w.? 
ginc  des  tuniques,  qui  fortans  de  l’cfpinc  du  dos  cou-» 

^Kut  les  nerfs  intcrcoftauXj[parlcfquelles  elle  cft  con- 


lo»  $fpaif- 
ftur. 


Le  lieu  de 
la  maitere 
^Lvriiique. 


Trous. 


yaijfeâux. 


Q^e/l,ee 
9«e  media, 
flmi 


2] 2  iJure  Second, 

tinuë  aucclcsmeninccscluccrucau/|G’eft:  pourquoy.fjjç 
cftplus  crpaiflTc  au  dos,  aux  vertcHrcs  duquel  elle  eft 
prcfque  infeparablen  ë.r  arrachée.  [C.HofmauKus  f'e  tron>. 
pe  de  la  faire  venir  plultoll  du  ftcnion  que  des  verrebres 
du  dos  i  Elle  deuicnt  fouucnt  dix  fois  pluscrpailTc  anj 

maladiesdu  Thorax,  quoy  que  d’au  res  alTeurcnt  qu’elle 

deuieni  fi  déliée  aux  pleuretiques ,  qu’à  peine  lapeut.oa 
voir. 

Elle  partout,  afin  queles vaifieauxpuificnt 

porter  entre  la doubleure.  Sa  partie  extérieure  cftplus  ef. 
paiiTe,  &  l  interne  plus  deliée.  La  matière  plevritique  ne 
s’aflemble  pas  feulement  entre  la  plèvre  &  les  mufclcSj 
mais  fouuentaufti  entre  ces  deux  tuniques. 

Sa  fuperficie  interne  cft  polie  ,  de  peur  que  Ii  ellecftoit 
rude, elle  n’mcommodaft  lèpoulmon, &rcxtcrne  eft  af- 
pre ,  afin  qu’elle  s’attache  plus  fortement» 

On  y  trouue  quelquesfois  vn  peu  Acgraijfe.  comme 
aujlfi  au  péritoine,  c’ett à fçauoir  en  laplevre,  piésks  ver» 
tebrcsdudosjoùfont  les  plus  grands  vaifleaux. 
Cependant  les coftes  ont  aulli  hmperiojie. 

Elle  abeaueoup  de;troi«.  Nous  auons  parlé  des  infci 
rieurs  en  l’hiftoire  du  diaphragme.,  les  fupericurs  font 
ceux  par  où  pafient  la  veine  cane,  l’arrere  aorte,  la  tra¬ 
chée,  l’œfophage  &lcs  nerfs  delà  fixiémc  paire. 

Quant  au  elle  reçoit  les  veines  de  la  veine 

azygos  ,& de l’intercoftalé  (uperieure  ilcs^rternderin- 
tercoftale  &  delà  grande; &  douze aiiflî  qui  fortent 
des  vertebres  du  Thorax  en  deuant.  [-  D’où  vient  que  les 
playes  encét.endroit  caufent  des  douleurs  fort  aigues.] 
Son  vfage  eft  de  reueftir  le  Thorax  &  fes  parties  par 
dedans  (  comme  le  péritoine  communique  fes  tuniques 
aux  parties  du  venti  e  inferieur  )  &  aulTi  de  faire  la  mem¬ 
brane  qui  diuifc  le  i  horax ,  ou 

Le  Mediaftin  qui  naift  de  la  plcvre.  &  eft  vne  membra¬ 
ne  double,  qui  partagcla  cauué  du  Thorax, &les  poul¬ 
inons  en  deux  parties.  Car' après  que  laplevre  qui  prend 
fon  origineauxenuirons  'dudos,  eft  montée  au  fterno» 

par  ks 


Bu  Thorax.  ^^3 

parles  codez,  dcfcendant  derechef  vers  l’efpine,  elle  va 
tout  droit  du  milieu  de  la  poiftrineaudos.  Gette  mem¬ 
brane  qui  eft  attachée  aux  deux  codez  du  dernon,cft  dou¬ 
ble  manifcdcment  comme  la  plcvre,  &  fefait  cuidem- 
incnt  delà  plcvre  redoublée.  Oniugeroit  d’abord  qu’ii 
y  a  entre  ces  membranes  fous  le  dernon,  autant  d’cfpace 
que  le  uernon  eft  large.  Mais  cela  n’cft  pas  en  effet.  Car 
<cttccauitéfcfait  fous  le  ftcrnonvlors  qu’en  la  diffcâion 
onfepare  le  fternon  du  mediaftin ,  au  lieu  que  les  mem¬ 
branes  du  mediaftin  eftoientauparauantfort  exaderaent 
attachées  Tync  àl’autre.Il  y  a  dequoy  s’eftonner  que  per- 
fonne  n’air  remarqué  cela  douant  Ad.  Falcoburgius.  Si 
quelqu’vn  eft  blcffé  par  deuant,à  cette  doubleure,ia  pjaye 
n’eft  pas  dangereufe.  Geluy  qui  n  entendroit  pas  l’ana- 
tomiCjiugeroit  le  contraire.  Or  cette  cauités’eftrcflîtin- 
fcrifiblcmcnt  veilles  vertèbres ,  &  les  membranes  fe  ren¬ 
contrent  &fe  touchent.  Maislacauité  eft  plus  grande  au 
milieu ,  &  le  cœur ,  &  la  veine  cauc  logent  en  paflant  en 
la  partie  anterieure  de  la  cauité  ,  &:  l’œlophage  auec  lés 
nctf6  ftomachiqucs,en  la  poÜcrieure;[Iors  qtie  quelques 
humeurs  s’amafferit  &  fe  pourriffent  dans  cette  cauité, on 
Itspcut  faire  fortir  fans  danger,  en  ouvrant  le  fternon ,  fi 
nous  en  croyons  Colunthm  &  Hofmattnus.] 

Say«^y^4»f(.  eft  plus  deliée&  plus  molle  que  celle  de  la 
plcvre.  Elle , eft  fouucnt  remplie  de  graifle  à  l’entour  des 
vailfeaux,  comme  l’Epiploon. 

[Quant  aux  les  v«»«  &  Ics^r^em 

mammaires,  &  de  la  veine  azygos  :il  a  auflî  la  media- 
ftiiiequiluy  eft  propre-,  qui  eft  tantoft  feule,  &  plus  grof- 
quelques  fois  double, &  plus  peiitCi 
Les  nerfs  phréniques ,  &  ftomachiques,  fe  portent  aulîî 
P®^ cette  doublcure  ,  &:  donnent  au  mediaftm  des  petites 

Lafagouëluyeftattachécaugofieràlâ partie fupericu-  nue  Ufa- 
<lu  Thorax  [  où  on  la  peind  ordinairement  dans  les  fi- 
pfes.OnlanommeTkw«i,àcaufequ’ellercffembleàla 
Vieille  du  Thym.  ]  G  eft  vn  corps  glanduleux,  mol,  fpon- 
G  g  gieux 


Du  Thorax. 


23  r 


Exflicatian  de  la  figure. 


Ifle  rcprefente  leThoraîCoutteïtaucoftégauchCîie  Mc. 
diaftin ,  &  vwc  partie  du  l^ôulmpn. 

A.  A-  Us  cartilages  dés  copes  du  ccpé gauche  ^^ui  font  tire'es 

en  haut  auec  lé  flernont  a  droit, 

I.  Bv  Us  mufcUs  intercoflaux  qui  font  dans  Us  efgaces  des 
cartilages.^ 

C.  G,  les  es  descofles feparks  des  cartilages. 

D.  î).  Usmufcles  intercofaux  qui  occupent  les  cfpaces  d'en* 

.  trelescofie^,  ! 

E.  laclauicule  defcouuerte  en  fa  place. 

le  chemin  dès  v  ai  féaux  qui  fe  trament  a  l'aif elle. 

G.  la  veine  iugulkire.  * 

H.  K.  L*  M.  N.  O.  Lemediaflin.  ^ 

\A.  U  diaphragme  du  cofle'  qu'il  regarde  le  cofie' gauche. 

K.  la  connexion  dumediafin  auec  te  diaphragme. 

L.  la  tuberofte'  du  mediafiin  vers  lé  cofll gauche ,  a  caufe  du 

cœur  qui  ef  contenu  dans  U  mediafiin . 

M. N.  la  veine  cîr  ï ancre  mammaire  qui  s'efièndent  fous 

U  fiernon. 

0.0.  les  rameaux  des  vaifeaux  M. 

B.  Q^a  veine  ^farteremediafiineauec  U  nerf  pour  U  dia*- 


la  partie  connexe  du  poulmon. 

T*  V.  la  partie  cane  du  poulmon,  qui  efioit  adhérente  OU  me*- 
diaftin  deuant qu  elle  en  fufi  feparéè. 

R-  T  .  le  lobe  fuperieur  du  poulmon. 

S*  V .  le  lobe  inferieur  du  poulmon, 

gieuxôc  blanc,  que  les  Latins  appellent  A*^?«jàfçauoif 
cette  partie  des  veaux  qui  cft  fi  délicate  à  manger ,  &  qui 
jert  dappuy  aux  grands  vailGTeaux  qui  paflent  par  la,  à 
%uoir  à  la  veine  caue,  &  à  la  grande  artere ,  &  à  leurs  ra- 
«leaux  qui  vont  aux  bras  &  aux  efpaulcs ,  pour  les  deffen- 
Ggij 


1^6  Liure  Second, 

dre,  comme  c’efl:roidinaire,ôcafin  que  ces  ramcaurn^ 
foient  offencez  par  l’attouchement  de  l’os. 

du  mediaftin  de  parwpcr  le  Thorax,  afin 
qu’vne  partie  dcs  poulmonseftant  ofFenfée  par  qucl^^ 
playe  ou  autrement,  l’autre  puiflc  faire  Ton  office. 

1.  De  fuffendre  le  cœur  aucc  le  péricarde  qus  luy  cft  atta¬ 
ché,  afin  qu  il  ne  heurte  contre  quelque  partie. 

3.  Derouftenir  les  vaiflcaux  qui  palTcnt,  [comme  au(fi 
le  diaphragme  en  l’homme,  afin  que  Icpoidsdcs  vifccrea 
inferieurs  ne  le  tire  trop  en  bas,] 


CHAPITRE  V. 

Du  péricarde  i  fs)  de  t  humeur  qui  y 
eft  contenues 

Ciji'eft-ct  T  E  Pcricardcique quelques  vns appellent l’cnuelop- 
quele  Péri-  X-#pe,labocttc,lecoftrct,lcpannicule,&c.ducœur,cft 
curdi}  vne  membrane  qui  cnmronne  tout  le  cœur,  &c  duquel  par 

confequent  il  a  la  figure ,  &.prcfque  la  grandeur;  Mais  il 
eft  autant  éloigné  du  cœur  qu’il  cft  neceflairc  pourfon 
I  mouuement ,  ôc  pour  l’humeur  qui  y  cft  contenue.  [  O- 

Utmbus  rapporte  qu’vn  de  Ics  difciplcsfut  trouuc  fans  pé¬ 
ricarde.] 

origine  à  la  bafe  des  tuniques,  qui  couurcnt 
Icsvaiftcauxdu  cœur,  qui  viennent  de  la  plevre  {  car  cet¬ 
te  tunique  ne  fe  trouue  pas  entre  la  baie  du  cœur  &  le  pé¬ 
ricarde  )  où  elle  a ,  àraufe  des  vaifleaux 
Cinq  trous  pour  l’entrée  &  la  fortie  de  la  veine  cauc  ,  & 
pour  la  fortie  de  trois  autres  vaifleaux. 

[Q^nt  à  (zjîtuêuofii  il  regarde  plus  le  cofte  gauche 
que  le  droiéf  ,  &  la  partie  anterieure  que  la  pofte- 
ricurc .  ] 

Ileft^rMc^circulaircmcnt  au  mediaftin  par  plufieurs 
fibres.,  par  les  parties  voifines ,  mais  il  cft  fur  tout  fort 

adhèrent 


Du  Thorax. 


Sx^Ucation  de  la  figure. 


Elle  ïcprcfcntc  le  Cœur  tcnferm^dàns  le  Péricarde. 

A.  vtte  portioa  de  la  veine  cane  afeendante. 

®.  le  commencement  du  Péricarde  y  qui  ejlefiroitemént  ad¬ 
hèrent  à  la  veine  caucy  a  la  grande  artere ,  &ala  veine 
•arterieufi. 

U  bafe  du  péricarde  qui  reprefente  la  figure  du 
cœur. 

poinÜe  du  péricarde  où  efl  celle  du  cœur. 

^•la  partie  du  péricarde  qui  ejl  adhérente  au  diaphragme- 
H ,  vne^  parti e  du  diaphragme. 

!•  I  let  nerfs  du  diaphragme- 

I-M.  N.  O-  les  quatre  lobes  du  poulmon- 

»dhcrcrït  au  cercle  ncrueux  du  diaphragme  ,  ce  qui  cft 
propreiThomme.  Car  il  eft  éloigné  aux  chiens  &  aîix 
ûngeSj^maisnon  pasaubœuf.J 

Ggiij 


23^8  Lime  Seconà'y 

Sa  fHperfieie  externe  cftfibrcufe,  l’interne gliffàntCjSj 

i’vnc  &  l’autre  fans  grailTe. 

Sa  fuhfiAnce  eftefpaiflè,  plus  dure  que  lé  poulmon,  ac: 
plus  molle  que  l’os. 

Qnjintzwk  VAiJfeauXi  il  reçoit  des  petites  vehestrx 
bas  des  phrcniqucsjBc  en  haut  de  raxillairc. 

Il  n’â  point  perceptibles,  parce, peut  cftrç^ 

qu’il  eft  d’ailleurs  voifin  du  cœur. 

Ilades  »er/f  fort  petits,  qui  viennent  du  récurrent  gau. 
che,[&  des  rameaux  du  diaphragme.  ] 

Son  -zj/a^eeft  i.defcruic  au  cœur  d’vn  ferme  domiciles 
afin  qu’il  ne  touche,  cnfemouuantjlcsparties  plus  du¬ 
res.  a.  afin  qu’il  contienne 

L’humeur  fereufeou  aqueufe  comme  l’vrine,  qui  n’cfè: 
ny  acre  ny  falée,  claire  en  quelques-vns ,  &  en  d’autres  cl- 
lefembleàla  laueurcdelachair.  [GuiL  Tolet.  dans^r»- 
|:tf»/jl’appel!e  humeur  phlegmatique.  ]  C’eft  pourquey; 
Galien  dit  que  le  cœur  eft  comme  dans  vne  veffie. 

Si  /’/;«'  Cette  humeur  fe  trouueen  tous  les  animaux  morts  & 
meur  fe-  viuans, félon  Pordre  de  la  nature,  mefmcs  au  fœtus,] 

comme  il  appert  par  les  difledions  des  vns  &  des  autres, 
j^jP*^^^^toutesfois  aux  vus  plus,  &  aux  autres  moins:  Elle  eft  cn^ 
des  de  terni  petite  quantité,  &  iaune  aux  hediques. 

VourciHoy  Ellcfe  trouue  aux  morts  en  plus  grande  abondance^.. 
elle  eft  en  parce  qu’alors  beaucoup  d’cfprits  fe  condenfent  en  eau 
dequanH-  parties  refroidies.  [Elle  eft  aufli  en  plus  grande: 

tf  hns  les  quantité aux femmes  &  aux  vieillards,  à caufe  delà foh 
enortsi  blelTe  de  la  chaleur.  ] 

Si  elle  eft  trop  abondante,  cllecaufc  la  palpitation  dû* 
cœur,  qui  le  fuffoquantcaufeauffi  la  mort.  Qjiand  elle 
eft  confumée,  les  corps  deuiennent  tabides.  [  Nou^ 
voyons  neantmoins  qu’elle  fe  peut  rengendrer  enceuxàf 
qui  le  péricarde  cftantblelTe,  elle  eft  coulée  en  abondant 
ce.  Carie  péricarde  ayant  elle  blefle  en  lèan  Sauiolus 
d  vn  coup  de  poignardjl’eaufortoit  par  laplaye  à  chaque 
pouls  du  cœur, qui  en  eft  guery  neantmoins  fort  heurcU* 

lèment  par  le  foin  de  l’excellent  ]  : 


Du  Thorax.  1^9 

‘Si  nous  voulons  rechcrchcL-fon  origine,  &  en  confûl-  Du  l'Ori- 
,-rdiuersauthcuis,nous  trouucrons  autant  d’aduis  que^*** 
^eteftes  l'humtur 

I,  Il  y  en  a  qui  veulent  que  îes  vailTeaux  du  cœur  en  jj,*  ^**^***^ 
foy'cnt  la  fou  rce,  parce  que  la  faignée  guérit  la  palpita-  o^rniu»  x. 
tion  qui  vient  de  l’abondance  de  cette  humeur ,  &  qui 
croyentqrrelagrande  chaleur  du  cœur  en  fait  fortir  cette 
humeur  aqueufe, comme  nous  voyons  au  bois  quibrufle. 

.[  L'opinion de.iüT.  i^^^qui veut  quelle  vienne  de  la 
xolaturc  du  fang  qui  vadufoyeà  roteilictte  du  cœur^ 

■n’eft  pas  éloignée  de  celle- cy.  J 

1.  Les  autres  [  au  nombre  derqucls  ilfcmblc  qu’an 
peut  mettre  Hippocrate  J  eftiment  qu  elle  vient  du 
boire ,  dont  vne  partie  palïe  en  forme  deroféc  par  la  tra- 
xhée  artère  dans  l’arterc  veineufe. 

j.  lly  en  a  qui  penfent  qu’elle  s’engendre  de  la  matière 
aqueufcdeiafemence  en  la  première  génération  i  com- 
me  l’on  croit  queTair  qui  eft  aux  oreilles, fc  fait  de  la  ma¬ 
tière  flatueufe. 

4.  L’Opinion  de  TafoUms  eft  fcmblableàccllc-cy,  il 
veutque  ecîoitla  portion  plus  parfaite, plus  pure  ôc  plus 
accomplie  de  l’humeur  fereufé  que  là  nature  y  a  mife 
,pcur-eftre  dés  la  premiereformation. 

5.  Ilycna  qui  cherckent  fon  origine  dans  les  cxcre- 
ïiïicns  aqueux  de  la  troifiéme  coftiom 

6.  Les  autres  la  font  venir  de  la  faliuequi  découle  des 
glandes  de  la  langue  dans  la  trachée  artère ,  &  de  là  dans 
les  artcres&  le  coeur. 

7 .  De  la  gtaifte^u  cœur,  qui  parfon  agitation  eft  chan¬ 
gée  en  eau. 

8.  De  la  portion  la  plus  crafte  de  l’air  attiré  cnrefpi- 
rant,conuertie  en  eau. 

9.  La  derniere  opinion  que  nous  eftimonsvray  fem- 
blablc,  veut  quelle  fe  forme  des  vapeurs  &  exhalaifons 
humides  qui  fortent  du  cœur  parfon  mouuement ,  &  fa 
chaleur,  &  qui  font  poufféesiufques  à  l’clpaiflcur  dupe- 
ticardc. 


Son 


Lhu  Smnà^. 


149 


Explication  de  la  Figure, 


Ellcrcprefente  le  cœurdiflequé,  &  fcsvaifïcauXjpar  I* 
partie  anterieure, 

A.  le  lien  ou  leperkardeefi  Attaché  aux  vâijfeaux  dü  Œur* 

B.  B.  le  péricarde  replié  du  jtegi  anterieur  du  cmr  vers  U$ 

cojle:^ 

C.  D.  lahafeducœur.  ^.lapointe»  ^ 

F.  la  veine  caue. 

G.  tarfdre  veineufe, 

H.  la  grande  artere» 

!•  K.  les  oreillettes  du  cœur. 

L,  \..  les arteres  (jr  les  vetnes coronaires» 

M,  N .  O .  P.  les  (Quatre  lobes  des poulmons. 

Çlsjlnepartie  du  diaphragme. 


Du  Thorax.  241 

Sonvfa^  cfti.  d’humcéler&derafraifchiriccœur,  &c 
rendre  fonmouuement  plusayfé.  [Ceftpourquoy  lo 
cœur  feroftit,  quand  elle  efteonfumée,  comme  cela  s’eft 
veu  au  corps  de  CaCmir  Marquis  de  Brandebourg  ,  & 
en  ce  ieune  homme  Romain,  dont fait  men¬ 
tion.  ]  HofwAfims  hy  donne vn  vfage contraire,  &  veut 
qu’elle  ferue  pour  rendre  la  chaleur  du  Cœur  plus  grande 
^  plus  forte.  Gomme  les  marefehaux  ont  accouftuméde 
plonger  dan  s  Icau  les  fagots  de  paille,  dont  ils  arroufcnt 
le  feu,  afin  qu’il  foit  plus  ardent ,  &  qu’il  dure  dauantage. 
C’eftpour  la  mefroe  raifon  qu’on  arroufe  le  bois,  afin 
qu’il  brufle  mieux,  z.  Pour  la  formation  de  la  gtailTe. 
afin  quek  cœur  nageant  dans  cette  humeur ,  foit  moins 
pcfant,& qu’il  n’aille  heurter  contre  aucune  partie. 

On  trouue ordinairement  vne  humeur  dànslàcauité 
du  1  horax,  quircflemblc  à  de  l’eau  fanglante,dôt  les  par»- 
ties  du  Thorax  font  humeCle es,  de  peur  qu’elles  ne  s’é¬ 
chauffent,  &  ne  fe  deficichent  trop.  D’où  vient  que  du 
colle  percé  de  neftre  Sauueur,  il  fortit  fang&eau.  [Ce 
que  nous  auons  monftre  amplement  dans  noftre  Apolo¬ 
gie,  touchant  le  cofté  de  noftre  Sauueur,  par  le  coiile- 
mentfoudain ,  la  mixtion  fanglantc  ,&  les  authoritezdes 
anciens.  L’obieékion  de  F.  qui  ditqu’elleeft  en  pe¬ 
tite  quantité,  cRnulle.  i.  Parce  que  la  quantité  naturci- 
IcfiifEroir ,  puis  que  les  hiftoiics  ne  dHcnt  pas  qu’elle 
foit  coulée  abondamment.  2  Elle  a  peu  s’augmenter  en 
ce  moment  defav'ic,lans  que  la  perfection  de  fon  corps 
y  répugné  ,.  patcc  qu’il  a  cité  fujet  aux  infirmitez  hu^ 
maincs  mfqucs  à  la  mort  pour  noftre  rédemption.  5. 
Qu’on  y  remarque  quclquesfois  tant  d’eau,  que  le  dia¬ 
phragme  eftant  prefifé  ,  il  pend  comme  vne  grande . 
hourl’e.] 


Hure  Second^ 


CHAPITRE  VI. 

Du  cœur  en  General, 

Le  cœur  eft  ainfi  appelle  du  verbe  Latin  enm ,  qui  fi, 
gnific  courir,  a  caufe  de  fon  mouuement.  C  cft  U  pai' 
tie  principale  de  l’animal,  quiluycft  fîncccffairc,  qu*og 
n'enaiamais  veu  aucun  fans  elle,  au  dire 
quiluy  donne  la  mort, auffi-toft  qu'ileft  bleffé,par ce  qu’il 
cftiafource  d'où  découle  la  vie  aucc  les  efprits  vitaux 
qu*il  diftribuë  à  tout  le  corps  par  le  moyen  des  artères! 
Vous  trouuerez  neantmoins  dAns  Schenckius  des  excm* 
pics  de  ceux  jqu’on  a  trouué  fans  cœur.  (7e//i»jliu  l^.ch.ij. 
rapporte  que  a  eferit  que  les  Perdrix  en  Pa. 

phlagonie  ont  deux  cœurs,  de  quoy  Galien  donne  auili 
vu  exemple  d’vn homme,  en  fes  Adrainiftrations  Anato* 
iniques. 

Ssijttttathn  eft  au  milieu  du  corps ,  fi  on  ne  confidere 
Vêurqnty  pj5  igs  ïambes  en  Phomme  non  plus  qu’aux  beftes,  qui 
an'^mUie»}  milieu,  afin  qu’il fc  puifle  mieux  mouuoir, 

*  *  ’  &  qu’il  foit  en  plus  grande  feuretc ,  &  auflî  au  milieu  du 
Thorax,  oùlcspoulraonsl’cnuironnent  de  tous  coftex, 
Or  le  cœur  cft  exadement  au  milieu ,  à  Tégard  de  fa  bafe. 

Son  mouMement  neantmoins  fe  fent  mieux  au  codé 
gauche. 

I.  Parce  quel’efprit  vital efteontenu  dans  fon  ventri¬ 
cule  gauche  ,  &  que  la  grande  artère  eft  du  cofte  gauche,  ^ 
trrtHt  du  C’eft  pourquoy  le  vulgaire  penfc  que  le  cœur  y  foit  tout 

Utlur  Pourcc  que  la  pointe  ducœur  tire  vers  le  cofté  gau- 
hsu  («fté  chc,  fous  le  mammcllon ,  afin  qu’il  cede  au  diaphragme. 
jMuche.  Maisil  n’a  peu  fc  tourner  à  droite,  â  caufe  de  la  vcineca- 
P«»ry«#y  ue  qui  monte  là  parle  milieu  du  Thorax.  [La  partiefupc- 
ticurc  du  cœur  tend  quclqucsfois  à  gauche  en  quelques* 
the  du  ctJié  ^  Ic  fcrucnt  de  la  main  gauche ,  au 

gnuth  ?  fieu  delà  droite ,  fi  nous  en  croyons  Majfa>  Et  ceux 


Dti  Thorax,  145 

çnt  le  cœur  nullement  au  milieuj  fc  feruent  de  deux  mains, 

^jalcmcnt.]  . 

Quanti  fa^rWe«r»lecœurcft  plusgrand  en  Thom^ 

Bie,  àproportion ,  qu’en  tous  les  autres  animaux  ,  aufli 
bicnquclcccrueau  &lefoyc.  [Il  eft  ordinairement  long 
defix  trauers de  doigts  >&  large  de  quatre.  ]  Sa  grandeur  *”'^*«* 
eft  diuerfe ,  (clon  la  diucrfité  dcl’aage  ^  &  du  tempera- 
ment.  Les  plus  froids,  &  ceux  qui  on  t  moins  de  courage  ^ 
ont  vn  grandcœur,  lès  plus  chauds  &  les  plus  hardis,  au 
contraire  ont  le  cœur  plus  petit.  D’où  vient  qu’./^ny?flè# 
affcurequeles  animaux  timides,  comme  Iclievre,  le  cerf, 
le  rat,  l’hycne,  lafne,  la  belette  &c.  ont  le  cœur  grand  À- 
proportion.  Les  anciens  NdturétUfiet  Egyptiens  ont  feint, 
comme  nous  lé lifons  dansl’Euterpe  d’Hcrodote ,  quclc 
cœur  de  ceux  qui  ne  (ont  confumezpar  la, violence  d'au¬ 
cune  maIâdic,croiiroit  toutes  les  années  du  poids  de  deux 
(lrachmes,iurques  à  cinquante  ans, de  forte  que  le  cœur  de 
cinquante  ans  ,  pefoit  cent  drachmes  :  Et  que  depuis  cin- 
quanteiufques  à  cent,  ilperdoit  chaque  année  le  poids*, 
de  deux  drachmes  par  vn  mouuemcnt  rétrograde,  iufqucs 
ace  qu’il  fc  perdé  tout  à  fait  aucc  la  vie, 

S^j^ure  eft  pyramidale ,  parce  qu’il  fe  termine  en  poin¬ 
te.  La  partie  fuperieure  eft  ronde  &c  plus  large,  à  caufe  des, 
vaifleaux  qui  y  (ont ,  &  fe  nomme  la  bafe  du  cotnr  >  quoy\ 
quenonpas  proprement,  &  aulS  la  racine  ôc  la  telle 
U  partie  inferieure  qui  eft  plus  pointue  ,  fc  nomme  U 
conc,  5c  la  pointe  au  cœur.  Htfpoerdte  la  nomme  l'ex. 
tremité  &  la  queue.  Le  cœur  eft  plus  releué  ou  bolTu: 
patdeuant,  &  moins  par  derrière.  Il  deuient  plus  oblong; 
^uxfyftoles,  &  rond  aux  diaftoles. 

11  eft  dttachémtc  le  raediaftin ,  &  le  diaphragme  parle: 

Moyen  du  péricarde , ôe  aueclcs  autres  parties,,  par  les 
'^'fléaux. 

fuhfiojice  eft  vne  chair  ou  vn  parcncliyme  folide,  den- 
fcSccfpais,  [mais  il  l’cft  dauâtage  à  la  pointe  qu'à  la  bafe.  j 
t-  Pour  fouftenir  la  continuation  du  mouucracnt.  dti  clurtd 

*•  Afin  que  les  cfprits  fubtils  qui  font  contenus  aucc  la 
Hh  ij 


2,44  Llure  Second, 

dialeur  naturelle  i  n’cxhalcnt.  C’cftpourquoy  h  nature 
pour  donner  plus  de  force  à  cccte  chair, l’a  munie  de  tou, 
te  forte  de  fibres ,  qui  font  fi  bien  méfiées  &  vnics  enfeitj, 
bic,  qu’il  eft  difficile  de  lesdifcerner  clairement. 

Cette  fubftance  cft  rcueftu'é  d’vnc  ,  qui  ne  fc 

peut  pas  aifémentfcpaccr,,pourla  rendre  plus  ferme,  i 
laquelle 

Le  fuif  eft  adhèrent,  à  l’entour  de  labafedu  cœurfee 
qui  n’arriue  que  rarernent  à  l'entour  de  la  pointe ,  parce 
qu’il  eft  humedô  en  cet  endroit  par  l'hument  du  péricar¬ 
de)  i.Pourioindie  les  veines  àl'enroar  du  cœur.  a. Pour 
huraeder  le  coeur,  afin  qu’il  nefe  defTcichc  par  le  mouuc* 
met. [U  eft  quclqucsfois  tellement  couuert  de  ccfaif,qu'ii 
:$'il fe  trou^  femblc  aux  fpedatcurs  qu’il  n’y  ait  point  de  cœur.  ] 
ue  de  la  ^rifiote,  GatUn  &  jimeeme  ont  neantmoins  fort  bien  dit 
fentou  giaiffe  proprement  dite ,  ne  fe  peut  prendre  à  l’en- 

sœwT  **  d’aucune  partie  chaude, comme  font  le  cœur,  le  foyc, 

les  artères,  les  veines,  Ôcc.  parce  que  la  chaleur  la  li. 

quefic  aifémentvraais  le  fuif  s  y  peut  attacher ,  parce  qu’il 
fefondaucc peine,  [qui  pétillé  à  lachandcllcàcaufedefa 
fubftance  aqueufe,comme  remarque  Iafolifti<{m  empefeho 
qu’il  ne  fc  concréepromptement;:  de  forte  que  ccn’cft  pas 
merucillc,  s'il  ne  fciiqucfie  pas  par  laohalcut  du  cœur.  Ot 
le  fuif  vient  à  l’entour  du  cœur,ou  parce  que  le  cœur  cftant 
fort  dar,ilfc  nourrit  d’vn  fang  groflîcr  ,d’oii  s’engendre  le 
fuif,  ou  parce  qu’il  fc  fait  des  ordures  excremcntcufcs  du 
cœur, apres  la  nutrition  :  ou  enfin  parce  que  le  fang  cft  fort 
agité ,  comm  e  le  beurre  fc  fait  par  la  violente  agitatipirdii 
laiâ:,ainfi  <\\x  Achillinus  l’a  creu.  ] 

Q^nt  à  ces  lopins  de  graifie  que  SmUh  dit  tuoif 
trouué  aux  ventricules  du  cœur  ,  c’eft  vne  chofe  cx- 
«cmeraentrarc,  [aufli  bien  que  les  carunculcs  quenoftre 
très  expérimenté  VFormms  a  obfcruc  qui  fortoient  des 
deux  ventricules,  blanches  par  dedans  &iaunes  par  de¬ 
hors.  ccquc  nous  auons  aufli  remarqué  à  Padouc  il  n’y* 
pas  long  temps. 

On  trouue  quclqucsfois  vn  es  au  cœur  des  beftes, 

efl 


Explication  de  la  Figure* 

Le  cœur  vn  peu  repouflc  vers  le  collé  gauche  &  feV 
paré'  du  péricarde. 


à.  le  cojle  droit  du  cmry  ^  UgrAnde  région  de  fin  Jtege  fojle^ 
rieur. 

B.  t Oreillette  droite. 

C^.  U  veine  Mue  comme  elle  fi  fend  vers  le  dur, 

D.  vnepartiedela  veine  caue^ttipajfe pur  le diAphragme», 

E.  vnepArtie dudiêphrAgme- 

F.  la  veine  eaue  afeendante. 

G.  le  commencement  de  U  veine  A'i^jgos. 

H .  1 .  /ff  tronc  de  UgrAnde  Artere» 

K.  vn  petit  nerf  du  cœur  qui  vient  de  U  Jixie'me  paire» 

L.  M.  M .  O .  /w  quatre  lobes  du  peulmon- 

P  •  Quelque  portion  des  vaijfeaux  qui  vent  au  poulmoH. 
onnxnaremarquéqucdcuxfois  en  l’homme, la  première 
l’autre  par  Riolan  au  corps  du  piefidcnr  Ni- 
colai  qui  mourut  aage  de  quatre  vingts  ans, vers  la  telle  de 
Hh  iij 


14^  Liure  fécond  y 

l’aorre.  Sc  depuis  par /m»  au  cœur  du  Pape  Vj, 

bain  VIII.  fait  en  triangle  comme  la  lettre  T.]  * 

Quant  à  fes  vaifleaux  il  a  vne  q;eifje  qu’on  appelle  coro^ 
Zm  veint  ftnire ,  parce  qu’elle  embrafle  le  cœur  en  rond  ,  qui 
ceronatn  quesfois  cft  double  jcclle-cy  fort  de  la  veine  cane  hors  des 

«  vcntricules,&  la  nature  lui  a  donne  vne  afin  quç 
le  fang  ne  puifle  retourner.  Elle  ieite  des  rameaux  en  bas 
par  la  fupcrficie  du  cœur,  maiselle  en  diftribuc  dauâtage  au 
cofté gauche,  parce  que  lachairy  eftplusefpaifle.  [Ceux 
qui  ne  font  pas  de  noftrc  fentiraent  fur  l’vfage  de  la  paroy 
cntrcmoyenncducœur,  veulent  qu’elle  ferue  feulement 
pourlanutritiondelapartieexterieurcdu  cœur,&fefon. 
dent  fur  ces  raifons,  la  i.  que  cette  veine  eft  trop  petite,  x, 

■  qu’cllcfe  trainc  feulement  par  la fuperficie  externe.  La3. 
que  le  cœur  fe  nourrit  auflî  du  fang  arterieux.  F.  Licetm 
veut  qu’elle  ferue  à  latranfcolaüondufangdans  lcven>. 
tuicule  gauche  du  cœur.  le  m’eneftonne,  i.  parce  qu’elle 
eftpetite.  t.  ellefc  traine  furies  parties  externes.  3.  elle 
naift  delavcinecaue&  non  pas  du  ventricule  droit  par, 
dehors  ] 

Il  a  deux  coronaires  qui  viennent  de  la  grandcj 
[incontinent apres  qu’elle  eft  fortic  du  cœur  &  deuantî 
qu’elle  foit  hors  du  péricarde.] 

Il  a  aufli  vu  petit  «fr/ fort  délié  de  la  fîxicmc  coniugaii 
fon,qui  lui  porte  la  faculté  fenfitiue.ôc  non  pas  la  raotiitf, 
[comme  Picctlominy  a  voulu, parce  que  le  cœur  fcmcut,cc: 
nerf  eftant  coupé.  Le  cœur  n’a  beaucoup  de  nerfs  ,mai$ 
vn  grand  tiffii  de  fibres  femblables  aux  nerfs, dont  les  pluS'. 
amples  font  porcufcs,fclonl’obfcruation  de 
Icfquelles  A  BenediBus  croit  que  la  chaleur  palTe ,  qui  fo 
peuucnt  dilater  en  leur  largeur  ,fuiuant  le  mouuement  du- 

cœur,&  s’accourcir  en  leur  longueur, comme  Ican  rTrf- 
/</«  a  remarque,  ] 

Xntur  di  Fallope  fe  trompe  de  dire  qu’vn  grand  nombre  de  nerf» 
fediftiibuentparlabafcducœur,  qui  font  vn  lacis  ou  en- 
trelalTcmcnt,  en  forme  d’vn  rets.  Car  le  mouuement du; 
cœur  n’eft  pas  animal ,  puis  qu'il  n’cft  pas  vn  mufcle ,  mais^ 


Du  Thorax.  147 

nîtuïcl,puis  qu’il fç  meut  mcfme fans  le  commîmdement 
Je  noftrc  volonté  &  contre  noftre  gré  [  &  qu’il  a  mouue- 
pient  danslefœtuS  jdeuantquclafaculcéanimalcy  foie.]  £• 

{jàlien  a  curaifon  de  nier  qu’il foit vn mufclc.i.Parccqu’d  ej}  vn  muf^ 
a  des  fibres  de  toute  forte.  2.  Parce  que  lemufclecftl’or-  clcî 
«anc  du  mouuemcnt  volontaire.  Si  quelqu’vn  néant. 

^oins  ditqiie  le  cœur  eft  vn  mufcle  qui  fait  le  mouuc- 
ment  naturel,  nous  ne  lui  contredirons  pas,  encore  que 
cette  façon  de  parler  foit  impropre.  C’eft  en  ce  fens 
Hippocrate  a  eu  raifon  de  dire  que  le  cœur  eft  vn  mut 
de  »  car  il  le  définit  vne  chair  orbiculairc. 

Lecœurcftd’vn/ewper^we^rchaud  quanti  fes  quali- 
te{îaéiiucs,& plus  chaud  que  celui  d’aucune  autrepartie. 
l’Opinion  à^Anerrhoes  qui  croyoit  que  le  cœur  eft  froid, 
i  caufe  des  vaifieaux  &  desvalvules  quM  contient, eft  tout 
ifait  ridicule,  [fi  ce  n’eft  qu’il  ayepeut-eftre  entendu  le 
cffur  làns  efprits, comme  plufieurs  veulent.] 

Ceux  qui  ont  le  cœur  plus  chaud,  ont  le  Thorax  &  les 
parties  voifines  des  hypochondres  velu'cs ,  &  font  choie-  fi* 

«S&h.,d«. 

Il  ariiue  rarement  que  la  chaleur  du  cœur  foit  fi  grande, 
qu’il  en  dcuicnncvelu  &  plein  de  poil, comme  celui  d’Ari- 
ttomene  Mcflcnicn  ,fclonle  tefmoignage  àt  Pline  &  de 
VdtrelegrAndi  &auffi  celui  d’Hcrmogene  Grec,  au  rap¬ 
port  de  Cétlim  Rhodiginus  Benivenim  Amatut  Portng/taU, 

&  Muret  tefmoigncnt  en  auoir  veu  de  fcmblablcs  en 
quelques  infignes  voleurs.  Or  ces  gens  la  font  fort  har¬ 
dis  ,  fort  chauds  &  très  lufez ,  &  font  le  plus  fouuent  des 
fcelcrats.  [RioUn  enfeigne  que  la  cralFc  de  l’humeur  fercu- 
fe  qui  eft  au  péricarde, eft  la  matière  de  ces  poils.  le  croi. 
îtois  pluttoftque  les  excrcmens  fuligineux  qui  Portent  ea 
abondance  d'vn  cœur  chaud,  en  font  la  matière.  ] 

Le  Cœur  eft  d’vn  tempérament  hu  mide  quant  aux  qiia.' 
litez  pafiîueSjà  fçauoir  plus  humide  que  la  peau, mais  plus 
jec  que  les  mufclcs, parce  qu’il  eft  plus  dur.Car  les  parties 
font  d’autant  plus  dures  que  la  peau ,  qu'elles  font  plus 
folles.  [  Il  arriuf  rarement  que  le  cœur  foie  fi  folide  ,  fi 


Explication  de  la  Figure, 

Ellereprcfcntelc  cœur  tourné  vers  le  coftédïoit&f*"! 
parédü  péricarde. 

A.  B,  C.  le  cofie  gauche  da.  cœur  i  ^  U  grande  région  du 
fofierieur.  '  ' 

D.  E .  les  vaijfeaux  coronaires^-  p.  t oreille  gauche  • 

G‘  l  artere  veineufe-  H  H.  Sadiflrtbution aupoulmon, 

1.  laveine  arteneufe Y,..  L.  Sa dijiribution  aufonlneoV’' 
M .  lapoint e  de  I  oreille  droite  du  coeur. 


Du  Thorax.  i 4^ 

H-  /<*  "Veing  CÀtie  âfcettdânte  &  defccndaMte. 

Qjetronc  de CArtere  Aorte  V.foHtroMcdefcendAHt.  R.  S. 

Cafcendéut-  QJT.  lesarteres  Axillaires, 

V.  X./«  arteres  carotides.  Y.  la  trachée  ar ter e. 
i.à.  les  petits  tferfs  de  UJtxie'me  paire,  b.  f.  l’origine  de  [es 
rameaux, 
le  nerf  récurrent. 

cfpâis  &  fîieffcrré  qu’il  ne  puiffe  eftrc  bruflé,commc  eftoit 
celui  de  Germanicus  fils  de  Drufus:  Ou  qu’il  foit  cartila¬ 
gineux  ,  comme  celui  que  Riclan  a  trouué  en  vn  certain 
garnement] 

Son  VfagetÇci.  d’eftre  la  fourcc  &  le  fiege  delà  vie  & 
de  U  chaleu  r  naturelle, car  il  elaboure  l’efprit  vital. 

2.  Il  faitlefang  pour  la  nutrition  des  poulmons. 

5.  Il  le  preferue  contre  la  putrefadion  par  fon  mouue-  Lepouls. 
ment  continuel, qu’on  appelle  le  pouls 
Or  ce  mouuement  continuel  &  (ans  interruption,  dé¬ 
pend  de  la  faculté  pulfifiquc  qui  refide  au  cœur,  que  la  na¬ 
ture  lui  a  donné, parce  qu’il  falloitvne  continuelle  généra¬ 
tion  de  l’efprit  vital. 

Le  mouucraenc  efteompofé  defyftole  &  diaftole  ,  8c 
entre  ces  deux  mouuemcns  il  y  a  quelque  peu  de  repos, ou 
au  moins  quelque  petit  retardement. 

La  O^/e/eeft  la  dilatation  du  cœur,  afin  qu’il  attire  le  LaDiafie- 
fang  parla  veinedans  le  ventricule  droit ,  &  î’air  parl’ar-  le. 
tete  veineufe  dans  le  gauche. 

La  Sjfiele  cft  la  contradion  ou  rabaiflement  du  cœur  $C  n jyjide. 
fonextenfioB  en  long ,  quand  il  deuient  plus  eftroit ,  afin 
quelefangpuiffceftrc  refpandu  du  ventricule  droit  dans 
poulmons  par  la  veinp  arterieufe  ,&  l’cfprit  vital  du 
ventricule  gauche  dansla’grande  artere ,  &  auffi  vne  par- 
^ledu  fang  viral auec les  fuliginofitez  dansics  poulmons. 

Les  Oreilles  du  cœur  dont  nous  parlerons  cy  apres, ont 
vn  mouuement  different. 

li 


'Liure  Second i 
APPENDICE 
Df  Thomas  Banholln^ 

•CmfedH  h  iJ^Maenftigî^quclepouIsnevicm^ 
fouù, félon  jTV  que  faculté  puififiquc,  mais  de  la  chaleur &fcrueuj 
Arijlète,  dufang,&  parconfcqucntquclarepledonncfcfaitpas, 
à  caule  que  le  cœur  fe  dilate  ,  mais  qu’il  fc  dilate  parce 
qù’il  fe  remplit.  Plufieurs  autheurs  modernes  quifuiuent 
cctte.opinion, l’expliquent  ncantmoms  d’vue  façon  diffe¬ 
rente,  quoy  qu’ils  s’accordent  tous  eai  ce  qu’ils  veulent 
qu’il  dépende  de  l’ebullition. 

Ctemenïn.  Cetfar  Cremonin  le  fait  venir  de  la  rcfîftance  ôc  de  l’en* 

fleure  du  cœur  que^aufe  l’cbullitio,  qui  tombe  puisaprej 
parla  pefanteur  naturelle  du  cœur:  Comme  les  vents  s’ab- 
baiflènt  &  s’arrcftcnt  par  lamcfmc  replction  quilescaufe, 
&  les  tremblements  de  terro  qui  viennent  delà  replction 
&  d’enfleure  qui  fc  fait  par  les  vents ,  qui  s’arreftentparJa 
propre  pefanteur  de  la  terre, 

Hâfmitn-  Gafpar  HofmAfttttu  en  fon  commentaire  duThorai^,lc 
nus.  tire  derinégalitédufang  qui  bout ,  qui  reflcmblc  àl’cau 
mife  fur.lefcu  quimonte  à  l’égard  de  quelques  parties, & 
qui  defeend  à  l’égard  de  quelques  autres. 

M.D«;  MonfîeurDes-Cartcsenfondifcours,  pour  biencon^ 
CMtes.  duire  faraifon ,  &  chercher  la  vérité  dans  les  fcicnces,  ex¬ 

plique  le  mouuement  du  cœur  d’vne  autre  forte,  que 
nous  rapporterons  aucc  fes  propres  termes.  Je  naj  l>t‘ 
foin  de  dire  dutre  chofe  pour  explic^uer  le  mouuemtnt  h 
cœur  ifmen  que  lors  que  fis  concAMite^^ne  fintpâS  pleinesde 
fiiftgi  il  y  en  coule neceffAiremeut  de  la  veine  caue  dânsU 
droite,  &  de  Jartere  veineufi  dans  la  gauche '.D  autant 
ces  deux  vaijfiaux  en  font  toufours  pleins  ^  (fr  que  leurs.on- 
uerturesqui  regardent  vers  le  cœur,  ne  peuuent  alors  ep* 
bouchées.  Mais  que  fi  tofi  qu'il  efl  entre'  atnfi  deux  gouttes  dt 
fitng,  vne  en  chacune  de  fis  concauttez,,  ces  gou  ttes  qui 
peuuent  efirje  que  fortgrops  fa  caufi  que  les  ouuertures 


Du  Thoraxl 

quelles  entrent  i  font,  fort  larges^  &  les  Vâijfeduxd!  où  elles 
^tennentfort  pleins  de  fang  fe  raréfient  & fe  dilatent, a  canfe 
delà  chaleur  (]u  elles  y  troment  :  J»  moyen  de  quoyfaifant 
enfler  tout  le  cœur,  elles  peujfent  ^ferment  les  cinq  petites 
portes ,  qui  font  aux  entrées  des  deux  vat féaux  ,  d’où  elles 
viennent  ;  empef chant  ainfi  qutl  ne  defeendedauantage  de 
fangdans  le  cœur  5  continuant  a  fe  raréfier  deplmen  plus, 
elles  pouffent  &  omirent  les  fix  autrespetites  portes  qui  font 
aux  entre'es  des  deux  autres  vaiffeaux  par  où  elles  fartent, 
fiaifant  enfler  par  ce  moyen  toutes  les  branches  de  la  veine  ar- 
terteufe,drde  la  grande  artere^quafi  au  mefme  infant  que 
le  cœur,  lequel  incontinent  après  fe  defenfie ,  comme  font  auffi 
ces  ancres ,  à  caufe  que  le fang  qui  y  efi  entré, s  y  refroidit ,  & 
leurs fix  petites  portes  fe  referment ,  &  les  cinq  de  la  veine  ca-- 
utefrde  l^artere  veineufe  )  fe  r  ouvrent  donnent  paf âge  à 
deux-autres  gouttes  de  fang,  qui  font  derechef  enfler  lé  cœur 
drles  ancres ,  tout  de  mefme  que  les  precedentes^  Etpource 
que  le  fang  qui  entre  ainfi  dans  le  cstur,paffe  par  ces  deux 
bourfes  qu’on  nomme  fes  oreilles, de  la  vient  que  leur  mou- 
uement  efi  contraire  au  fien^  &  quelles  fe  de fsnfient,  lors 
qu’il  s’enfile. 

Guillaume  Harueius  voulu  auffi  qüclc  pouîi  Harvtiuî 

fe  fift  par  replction ,  de  façon  que  le  coeur  fc  dilate,  à  caufe 
du  fang  qui  coule  des  parties  voffines  abondamment 
dans  le  coeur. 

Pour  dire  le  vray ,  il  ne  faut  pas  mefprifcr  ces  opiniona' 
qui  font  fî'lîmplcs  &  fi  naïfues ,  parce  qu’il  ne  fautiamais 
multiplier  les  cftres  fans  neceffité,&  qu’il  ne  faut  em¬ 
ployer  les  facultezj  lors  qu’il  n’en  cft  point  de  befoin. 

Il  femble  ncantmoins  que  ce  mouucment  n’cft  point' 
cauféparl’ebullition  i  Parce  quelc  pouls eft  ordinaire¬ 
ment  cfgal,  au  lieu  qu’il  n'y  a  point  d’ebullition  qui  foit 
ffgale.  1.  Le  pouls  feroir  damant  plusgrand  quel’ebul- 
lition  feroit  grande,  &  cependant  dans  vnc  fièvre  aigue,. 

l’ebullition  du  fang  clt  grande,  à  caufe  que  l’ebullition 
l'eftauffi  ,1e  pouls  eft  petit.  3  Chaque  particule  du  coeur 
«ftant  coupe'e ,  &  lans  fang ,  ne  laific  pas  d’auoir  le  pouls, 

U  ij 


Llure  Second^ 

parconfequent  Une  vient  pas  d’ebullition, ny dcreplc; 
tion.  4.  Le  cœur  cftant  fcparé  du  corps  ^ ou  coupé 
morceaux,  cftant  légèrement  picqiié  auec  vne  aiguille ,  fc 
meut  incontinent,  comme  a  remarqué /<?4»  VFaUhs^^ 
neantmoins  il  ne  fis  fait  au  cœur  par  cette  piqucutc  aucu. 
ne  ébullition  ny  replction.  C  cft  ofFenfer  la  maiefté  de 
cette  partie  princcirc,que  de  dire  qu’elle  eft  meuë  par  vue 
autre ,  &  qu  elle  reçoit  vne  imprcflioii  violente. 

L'opinion  qui  cftablift  l’ebullition  &  la  replction,  ayant 
fes  prcuucs ,  &c  celle  qui  met  en  leur  place  vne  faculté  na¬ 
turelle,  en  ayant  auffi  de  fon  codé  fur  qui  elle  cft  appuyéçj 
quelques- vns  des  plus  dodes  font  d’auis  qu’il  les  faut  ac. 
corder ,  en  difant  que  la  faculté  naturelle  du  cœur ,  aide  & 
.  conduit  i’ebullition.  Mais  parce  que  cette  controuetfc 
mous  femblc  fort  difficile  à  rcfoudre,nous  ne  voulons  rien 
déterminer,  aymans  mieux  en  laiftcrla  dccifîonauxplus 
dodes.  , 


CHAPITRE  VIL 

Des  parties  du  cœur  en  particulier  i  desoreilîesl 
des  cauitez, ,  du  feptum ,  des  ruaijjeaux^ 
des  ^sahules. 

LEs  parties  du  cœur  qu’il  faut  confîdcrer  en  particu¬ 
lier,  ou  paroiflent  au  dehors,  comme  les  oreilles» 
ou  font  en  dedans ,  comme  les  ventricules  ou  les  deux 
cauitez,  laparoy  qui  les  fepare ,  &  les  vaifteaux  auec  les 
valvules. 

fourquey  oreilles  font ainfi nommées , non  pas  quelles  fer- 

les  ortilies  ucntàl’ouye,  maisàcaufe  delà  rcflcmblance  delafigure: 
du  cœur  Car  elles  finiffent  d’vne  longue  baie  en  vne  pointe  ef- 
font  ainfi^  mouffcc  (la  gauchc  cft  toutes-fois  plus  pointué  )  &  ont 
»omme(t.  cauité,  afin  qu’il  y  ait  des  finuoficez  deuant  le  cœur. 

Or  les  flw7^tf;fontdcsprodu6lionsoudes  appendices'. 


Du  Thorax.  2; 3 

relies  ne  font, félon  le  fentiment  à' HofmaMKUS^iMttc  cho- 
fc  que  la  fubftance  du  cœur  atténuée  &  dilatée.  Icncfçay 
fl  cela  cft  vray,  ic  dirois  pluftoft  qu  elles  font  la  fubftance 

dilatée  des  vaifleauxvoifins.  ] 

Elles  font  jîtuees^  la  bafe  du  cœur  deuant  les  orifices 
des  vaifleaux,  vnc  de  chaque  cofté. 

Car  elles  font  deux  en  nombre  :  la  droite  eft  plus  grande 
&  la  gauche  plus  petite,  [  &  l’vnc  &  l’autre  cft  plus  ample 
dans  l’embryon.  ]  Celle-là  eft  iointe  à  la  veine  caue,  auec 
laquelle  il  fcmblc  qu’elle  fait  prefque  vn  mefme  corps ,  & 
celle,  cy  eft  iointeà  l’artcre  veineufe. 

La  fnhfianeeàes  oreilles  eft  particulière,  &  ne  s’en  trou- 
.  UC  point  de  femblable  en  aucune  autre  partie.  Elles  font 
toutes -fois  déliées  &  molles ,  afin  quelles  puilTent  fe  ref- 
ferrer  plus  aifément ,  &  nerueufes  pour  auoir  plus  de  for¬ 
ce.  Mais  la  gauche  cft  plus  dure,  &  vnpeu  plus  charnue 
&  plus  efpaifte. 

[  Elles  refpondcnt  auec  quelque  proportion  aux  ventri¬ 
cules  du  cœur.  Car  comme  le  ventricule  gauche  a  plus 
d’anfraétuolîtez,  ainfi  l’oreille  gauche  a  plus  de  fofles  quo 
la  droite. 

•  Cecilms  FoUhs  a  trouué  au  milieu  de  la  clofture  de 
l'vnc  &  l’autre  oreillette,  plufieurs  petits  trous ,  que  i’ay 
veus  aufli,parlcfquelsilcftiraequelefang  palTc  au  ven¬ 
tricule  gauche, lors  qu’il  n’eft  pas  befoin  de  tant  de  matiè¬ 
re  ,  mais  ie  croirois  pluftoft,  à  caufe  qu’ils  font  trop  petits, 
qu’ils  feruent  ouaumouucmcnteu  à  la  nutrition  de  cct- 
tepartie.  ] 

Leur  fuperficie  externe  eft  efgale  &  conu  exe,  lors  qu’el¬ 
les  font  dilatées  &  pleines ,  mais  elle  cft  ridée  en  celles  qui 
font  re (Terrées  ,  &  fur  tout  plus  en  la  gauche  qu’en  k 
droite. 

Leur  vfttge  eft  i.  de  feruir  de  referuoirs  au  cœur.  Car 
elles  reçôiuent  pluftoft  le  fang  &  l’air ,  afin  qu’ils  ne  fc  ict- 
tent  fubitement  dans  le  cœur,  ce  qui  pourroit  le  bleffer 
^  fuffoquer  l’animal. 

i.  De  dcfFendre  les  vaiffeaux  où  ils  font  appofez. 

li  iij  3.  De 


IDa  Thorax. 


zsi 

Explication  des  Figures, 

X,apr«i«icrc  figure  rqprefcnte  le  coeur  coupé  en  trauersij 

.  <vfte partie  de  U  -ùtine  cAfte.  B.  l'oreille  droite  du  cœur, 

C-le  tronc  de  Ugrande  artere.  D.  la  veine  arterieufe. 
or eiüe gauche  du  cœur  auec  vne portion.de  t artere 
neufe- 

F.  lapointedu  cœur. 

G.  G‘  le  ventricule  droit  du  cœur. 

WM.  le  ventricule  gauche  du  cœur. 

l.l.la  paroy  qm  eji.au  milieu  entre  les  ventricules. 

La  figure  IL 

Le  ventricule  droit  du  cœur  dilTcquc  par  l'orifice  delà 
veine  caue,  iufqucs  à  la  pointe. 

A .  .U' veine  caue  de f tendante .  B .  taf tendante. 

C.  C.  C.  l'orifice  de  la  veine  caue  dans  le  ventricule  droit, 
les  orifices  de  la  veine  afcendante  &  defcendante. 

.  (oreille  droite  du  cœur  renuerfee.  G.  le  commencement  de 
la  veine  coronaire. 

H.  H  .H.-vw  cercle  eminent  à  (orifice  de  la  veine  caue. 

K.  L.  M.  Us  valuuUs  qui  font  a  (orifice  de  la  veine  caue. 

N.  N  les  fibres. du  cœur. 

O. 0  les  portions  charnues  où  les  fibres  font  adhérentes. 

P.  la finuôfité qui  regarde  (orifice de  la  vetne  arterieufe. 

Qj_R  (efpaijfeur  de  la  fuhfiance  du  cœur  qui  enuironne  /f 

ventricule  droit. 


Llure  Second^ 

La  figure  1 1 L 

Le  cŒurdiffequcpai le  ventricule  droit,  Ôc l'orifice  fie 
la  veine  arterieufe, 

h.Uveifte cane*  B  t antre  Aorte. 

C.  D.  r orifice  de  la  veine  arterieufe >  mati  chaque  charaütrt 
montre  aujfi  les  troue  des  rameaux  auf quels  fe  dinifi 
premièrement  la  veine  arterieufe. 

E.  F.G-/rJ  trois  valvulesfigmoides,  qui  font  a  1*  orifice  de  k 
veine  arterieufe 

H.  H  le  cofié gauche  du  ventricule  droit  du  cceuYi  iufqms  ait 

feptum. 

L  vne  des  valvules  qui  font  pofees  à  l'orifice  de  la  veine  cauu 
K,  l'oreille  droite  renuerfe'e  qui  pend. 

La  figure  IV* 

Le  cœur  diffeque  parle  ventricule  gauche  Silorificc 
del’artere  Aorte. 

A.  l'Orifice  de  tanere  aorte.  B.C.  D.  Trois  valvules  qui 
font  appofées  a  l'orifice  de  l'aorte 
E.  F.  les  commencement  des  artere  s  coronaires.  C>  leurs  for- 
tiens  qui  fortent. 
l'orifice  de  l'artereveineufe. 

I. K.  Deux  valvules  de  l' artere  veineufe  qui fontplacées  a  fort 

orifice- 

l’oreille  droite  du  coeur  renuerfe'e  en  dedans, 

•  les  fibres  du  cœur.  N .  la  portion  charnue  ou  elles  font  adhe^ 
rentes. 

O.  vne  portion  de  la  veine  arterieufe. 

P.  QA'eJpaiJfeur  de  la  fub fiance  du  cœur  qui  enuironnelt 

ventricule  gauche. 

^.laparoy  entre  moyenne  des  ventricules  du  cœur.  S.S.mt^ 
fubfiance  qui  efi  au  commencement  de  l  artere  aortOiq^^ 
deuient  aux  befies  quelquesfois  offeufe. 


Du  Thorax.  157- 

J.  Dcferuir  au  cœui-  ftlonlc  fentiment  à'Hifpocrate, 
comme  d’efuentail  &  de  ïcfrigcrant.  Car  elles  le  meu- 
uent  comme  des  foufïlets,  &  le  dilatent, parce  qu’elles 
4  emplirent,  mais  le  cœur  au  contraire  fe  remplit  .parce 

qu’il  le  dilate. 

r  4.  De  feruir félon  l’opinion  de  VFnUus, commuât 
mkure,  dans  laquelle  la  veine  caue  &  l’artere  veineufe,- 
incfurcni  le  fang  pour  le  cœur.  Car  à  caufe  que  tout  le 
faiig  ne  deuoit  pas  fortir  à  chaque  pouls ,  qu’aucontraire 
la  plus  grande  part  deuoit  demeurer  &  cftre  perfedion- 
néc'dauantage,  la  nature  a  appofé  au  cœur  des  oreillettes, 
comme  des  petits  vailTeaux  ,  pour  luy  donner  autant  de 
fang  qu’il  en  eft  forty  à  chaque  pouls.  C’eft  pour  cela  qu’il 
croit  que  l’oreillette  drtfttre  eft  plus  grande  que  la  gauche, 
parce  que  le  ventricule  droideft  plus  ample  que  le  gau¬ 
che,  &  qu’il  en  fort  plus  de  matière  que  du  gauche ,  àfça- 
uoir  les  ruliginofitez.& la  nourriture  du  poulmon.  ] 

Les  Cauitez  du  cœur  que  d’autres  nôment  les  Ventricu- 
les, les  fînuofitezjlcs  chambres, les  cauernes  &c.  du  cœur,  ^ 

ne  font  pas  trois ,  comme  Arijlote  a  attribué  aux  grands 
animaux,  car  corne  FFaUm  èc  Sjlvim  ont  remarqué  en 
vn  fœtus  de  Baleine  di(fequé,Ia  baleine  n’en  a  que  deu^. 

On  en  trouuc  trois  fort  rarement ,  àfcauoir  vnc  fois  à  Vc-  * 
nifcpatvÆi»///»/  Parifanw  au  cœur  d’vn  charretier.  Et 
deux  fois  par  Feslmgm .  FvdUw  a  auffi  veu  vne  troificme 
cauitéen  vn  boeuf,  encore  que  X/mw  prend  ce  troiftéme 
ventricule  eCArifiote  pour  cette  cminencc  du  ventricule 
droit  quiefteflcuée  au  delà  du  gauche.  Mais  on  trouue 
feulement  deux  cauitez,  à  fcauoir  la  droite  &  la  gauche,, 
dont  la fupcrficic  interne  eft  rude  6c  inefgale  ,  mais  fur 
tout  la  gauche.  [Le  cœur  d’vnPolonoisquifutdiftequc 
par  ijfo/4«,futtrouué  fans  ventricule  &  tout  àfaitfolidc.] 
i-cventricHle  dmVrcçoitlc  fang  de  la  veine  caue  quiy 
aboutit.  C’eft  pourquoy  il  n’a  pas  la  chair  ou  la  paroy  fi 
efpifle  comme  le  gauche,  afin  que  contenant  plus  de  ma¬ 
tière,  &  portant  vn  plus  grand  poids  que  le  gauche  ,  le 
tiœur  fut  en  équilibre^  [  &  parce  que  la  coiftion  ne  s’y  fait 


Llure  Second  y 

pas  fi  parfaitement  que  dans  le  gauche  où  il  y  a  plus 
chaleur.  ] 

Il  n’eft  pas  rond  exadement,  [mais  demi-circulaire' 
comme  lecroiflantde  la  lune,]5r  ne  va  pas  lufqucs  à  lafi^ 
de  la  pointe,  de  force  qu’il  lemblc  comme  vne  appendice 
attachée  au  ventricule  gauche  du  cœur  ,  quri^ffemble 
prefque  le  cœur  tout  entier ,  bien  que  le  droit  en  foie  ofté. 

Ileftneantmoins  plus  large  &  plus  grand  que  le  gau. 
chc ,  à  caufe  de  l’abondance  de  lang  qti’il  deuoit  contenir, 
poui  en  nourrirlespoulmons,  &  poui  la  génération  des 
cfpritsvitauxquiCe  doit  fairc  dans  le  ventricule  gauche; 
car 

Vonrquoy  Son  Vfiige  eft  /.  de receuoir  le  fang  de  la  veine  cauc, 
les  pùifons  pour  le  dtfti  ihucr  au  poulmon  p6ur  fa  nourriture  par  U 
*ventriculf  veinc  aiteiicufe.  C  ellpourquoy  les  poiffoi>s  qui  n'ont 
‘^*4c«ur}  de  poulmons,&  quincrefpirent  pas  l'air  pat  la  gor¬ 

ge  n’ont  pas  ce  ventricule  droit,  mais  vn  feulement.  Ce 
ventricule  cuit  donc  &  fubtilife  le  fang  pour  la  nourriture 
du  poulmon. 

1.  D’enuoyer  la  portion  la  plus  fubtiledu  fàng  parla 
paroy  entremoyennedans  le  ventricule  gauche  ,  poutla 
génération  de  l'efprit  vital. 

Le  ventricule  gauche  eft  plus  eftroit,niais  plus  noble.  Sa 
ïCauitéeftronde.&s’eftendiufques  àla  pointe.  Sa.chairou 
paroy  eft  trois  fois  plusefpaifle  que  celle  du.droit ,  &  plus 
dure  aufli,afin  que  les  cfprits  vitaux  ne  puiflent  s’exhaler. 

Son  FJage  eft  d’elabourcr  l’efprit  vital  de  deux  fortes  de 
matière,  i.  Du  fang  quia  efté  prépare  dans  la  cauité  droi¬ 
te  ,  &:  qui  eftpa0e,parle  feptum.  i.  De  l’air  attirépatla 
Louche  &  les  narines  qui  a  efté  préparé  dans  les  poul- 
,  mous  ,  &enuoyédans  le  ventricule  gauche  du  cœur  par 

1  artère  veineufe.  [  Harueim  en  fa  préfacé  veut  que  ceî 
deux  ventricules  ayent  le  mefme  vfage.  Mais  fon  opinion 
.eftrefutée.  i.  Par  la  conftitution  differente  de l’vn&clc 
J’autre,  &  z.  par  la  différence  delà  fubftance,  delà  cloftutc 
delà  diftribution  de  leurs  vaifleauX'.] 

Le  Septum  ©U  la  paroy  qui  eft  entre  les  deu-x  vciiitriow- 


Du  Thorax, 

îes  efterpais  comme  la  paroy  du  vétricule  gauche.  [Colnm- 
^^paobfeivéqaelquesfois  cartilagineux.  ]  Il  eftconcaue 
du  codé  gauche, &  de  l’autre  conuexe,  cauerneux  &  plein 
de  trous  (  que  quelques -vns  prennent  pour  le  troifiéme 
ventricule  d’Jrtfi&te).Ces  cauites  font  plus  amples  du  co. 
fte  droit, &  à  peine  peut  on  remarquer  leurs  extremitez  du  '* 

codé  gauche  C’tft.pourquoyplufieursont'crcu[comme 
(elumim  SpigeliuiiHofmamHSiHameiusUc.']c]\.\e  rien  ne 
palîuit  par  ce  leptum.  Mais  il  ne  faut  pas  trouuer  eftran- 
ge  qu’ris  en  douteru.  Car  i.  Centrons  font  vn  chemin 
tortueux  &  plein  de  deftours  ,  de  forte  que  la  fonde  ne 
peut  pas  palier  aifement  :  Mais  ces  pores  le  voyeni  plus 
clairement  au  cœur  d’vn  bœuf  qui  along  temps  bouilli.. 

Z.  Tout  tombe  &  s’affaile  aux  morts.  3.  Ils  deuoienc 
cftcefoiteâroitsàlâân,parcequeiaportionla  plus  fub- 
tile  du  lang  coule  &  palTe  là  :  [  Çomme  nous  ne  remari- 
quons  pas  deS  conduits  manifeftes  à  la  peau ,  lors  que  la 
fueur  en  fort  abondamment,  ni  lors  que  la  femence  fc  iette 
desglandes&  des  vaifleauxfpermatiquesdans  le  conduit 
de  hvrine,niaufli  les  porcs  par  oùlepus,  oulefang  palTe 
delaveinearterieufedansl’artere  veineufe.  pfer  le  paren* 
chyme  des  poulinons,]  Cependant  parce  qu'il  n’eft  pas‘ 
croiable  que  ces  trous  foient  en  vain,  c’eft  pourquoy 
VFfageàû  Septum  eftdeferuirdepalTageau  fang  du 
ventricule  droit  dans  le  gauche  ,  pour  la  génération  du 
fang  &  de  l’efprit  vital  ,  paice  qu’âpres  il  fediftribuëpar 
tout  le  corps  par  le  moyen  des  artères ,  pour  conferuer  & 

Kfuciller  la  vie  &  la  chaleur  naturelle.  [Mais  félon  le  fen- 
tirnentde  ceux  qui  nient  que  le  fang  palTe  par  ce  chemin  , 
du  ventricule  droit  dans  le  gauche  ,  VFfage  des  trous  du 
Septum  cft  afin  que  le  fang  entre  plus  aifement  &  pluS' 
profondément  pour  cftic  plus  parfaitement  elabouré  ÔC 
pour  mieux  nourrir  ces  parties  du  (eprum.] 

Quatre  grands  vailTeaux  fe  trouuent  à  Tentour  de  la 
tcftcducœur,  d  où  ils  foricni ,  appelle  les 

fources  de  la  nature  humaine  Deux  veines  s’inferent  au. 
vcntncul^ droit ,  la  veine  çaue  &  la  veine  arterieufe,.&.. 

Kk  ij 


Lîure fécond  y 

deux  artères  aiigauche,raitcre  veineufe  &  la  grande  arte  ' 
rc.Ia  na1:urc  amis  dedans, àTorificc  de  cesvaiffeuxjonzs 
valvules  ou  portelcttes  pour  empêcher  le  reflux  de  la  ma¬ 
tière. 

hc premier vaiJfeAttcdh  Veine  Caucquieft  infetéeau 
ventricule  droit  par  vn  orifice  fort  ample  [&  trois  fois 
plus  grand  que  celui  de  raorte]  ,  de  forte' qu’il  femble 
qu  elle  prenne pluftoft  fon  origine  du  cœur  que  du  foye, 
fur  routpuisqü*elle  eft  fi  fermement  adhérente  au  ventri¬ 
cule  droit  qu’on  ne  peut  l’en  feparcr., 

[  On  ne  peut  pasbien  dire  fi  elle  A  mouHement. 

-»  G^<ï/iV«femblent.àla  vérité  i’âuoircrcu.  Mais  les  inter. 

prêtes  expliquent  les  lieux  où  ils  en  ont  parlé ,  d’vn  mou- 
ueraent  imperceptible.  Mais  FP'akiu  y  a  remarqué  vn 
mouuement  manifefte  depuis  le  goficr  iufques  au  foye, 
principalement  près  du  cœur:  Et  qu’à  caufe  de  cela  la  na¬ 
ture  lui  a  donné  en  cét  endroit  des  fibres  cha‘rnués,qu’ellc 
,a’a  pas  ailleurs.  ] 

Son  Ffage  cft  de  porterie  fang  du  foye  au  cœur. 

"Lt  cercle,  membraneux  cft  adhèrent  à  fon  orifice  pour 
rendre lecœur  plus  fort  qui  fe  fendincontinent  en  trois 
fortes 

Valvules  membraneufes  ou  portellettcs  qui  regardent 
de  dehors  en  dedans ,  afin  que  le  fang  puiffe  bien  entrer, 
:inais  non  pas  retourner  dans  la  veine  cauc. 

Xts  vahU‘  Les  Grecs  les  nomment  Trklochines,  c’eft  à  dire  à  trois 
f  Tr'^glo-  parce  qu’elles  reflemblent  aux  pointes  triangulai- 

.sbines,  tes  des  dards, lors  quelles  fe  ferment  &  s’abouchent  rau- 

tuellemcnt. 

Elles  font  attachées  à  beaucoup  de  Filamens  qui  fontad- 
iherens  à  des  particules  charnues  que  quelques  vns  appcL 
ient  lés  ligamcos  du  cœur,  &  d’autres  comme  Ariptt  fe« 
,p  nerfs.  ^ 

La  veine  artetieufe  ou  le  vaifleau  arterieux  cft  appelléc 
pllét  vü’  veimà  caufe  de  fon  office, parce  qu’elle  porte  le  fang  poi^'^ 
la  nourriture  du  poulmon.  , 

^  ^  fubftance,  qui  cft  coinpo^®® 


Dh  Thorax.  néi 

non  pascl’vne  fimple  runique,  comme  la  veitiî,  mais  de 
deux.  1.  Parce- qu’au  fœtus  elle  fait  la  fondion  d’arterc, . 

•comme  nous  dirons  au  chapitre  fuiuanr. 

Des  Cartes  cftime  qu  elle  a  cfté  mal  nommée ,  pure» 

(jue  cefi  en  effet  vne  artere  ,  laquelle  prenant  fon  origine  dn 
e(X(ir,  fe  dinife  apre's  en  eflre fortie  en  plnfenrs  branches  qui 
Je  vont  refpandre par  tout  dans  les  poulmons-  .  ^ 

Elle  fort  du  cœur  par  vn  plus  petit  orifice,8t:  s’appuyant  So»  erigi. 
fur  la  grande  artere  ,&  fç  panchant  à  gauche ,  fc  diuife  en 
deux  rameaux  qui  vont  à  la  partie  droite ,  &  à  la  gauche 
du  poulmon ,  qui  font  en  fuite  plufieurs  autres  rameaux 
pulmoniques. 

Son  <v/age  eft  de  reccuoir  le  fang  du  ventricule  droit, 

&  le  porter  aux  poulmons  pour  leur  nourriture,  [&  félon 
Icfentiraentdes  modernes,  de  porter  ce  mefme  fang  dans 
le  ventricule  gauche  du  cœur  parrartercveineufc.J  Et 
depeur  que  le  fang  ne  r’entre  dans  le  cœur. 

Elle  a  trois  valvules ïCon  orifice ,  qui  naiffent  de  la  tu-  valm- 
nique  de  la  veine,  &  qui  regardent  de  dedans  en  dehors. 

Elles  rclTerablent à  vndemy- cercle,  ou  à  l’ancien  Sigma 
des  Grecs ,  qui  eftoit  fait  comme  le  C  des  Latins,  d’où 
vient  qu’on  les  nomme  Sigmoïdes. 

V artere  veineufe  t^  le  troifiéme  vailTeau  du  cœur ,  qui 
fc  voit  au  ventricule  gauche. 

Son  office  luy  a  donné  le  nom  d' artere.  Car  i.  elle  a  le  Vourqmy 
pouls,  parce  quelle  eft  continue  au  ventricule  gauche,  l' artere 
2.  elle  contient  ■&  porte  l’air.  veineuje  efi 

Elle  eft  appcllcc  veine»  i .  à  caufe  de  fa  fubftance,  i.  par- 
ce  qu’au  fœtus  elle  fait  la  fondion  de  veine.  T/veine} 

'  M .  Des  Cartes  dit  qu’elle  a  efté  auffi  mal  nommée  a  cau- 
fi  eju'elle  n  eft  autre  chofe  qu’vue  veine»  laquelle  vient  des 
pulmons,  ouelleeftdiuisée  en  plufieurs  branches  entrelacées 
auec  celles  de  la  veine  arterieufe»  &  celles  de  ce  conduit  qu  on 
^ofnmelefijjlet par  OH  entre  l’air  de  la  refpiration. 

Elle  fort  par  vn  orificerond  &  plus  grand  que  celuy 
de  1  artere,  ôefe  partage  en  deux  auffi- toft  qu’elle  eftfor- 
*^«>prefque  comme  fi  elle  auoit  deux  orifices,  8c  fediftri- 
Kk  iij  bue 


Di*  Thorax. 


263 


Explication  des  ^gures. 


Cette  première  figure  monftrc  la  partie  droite  du  cœur 
entière,  &  auffi  rorcillctte  difleqiiéej  &  les  vaif- 
feaux  qui  fortenr  du  cœur;  mais  fur  tout  l’anaftomo- 
fe  ,  par  laquelle  C<tcilius  Folius  a  voulu  que  le  fang 
coule  du  ventricule  droit  dans  le  gauche. 

A.  A.  A. 7e  cœur  en  fâfitMAtipn,a  U  fuprjîcie  duquel  Uvei- 

ne  coronaire  efi  rejpanduè'. 

•B.  B.  l'Oreillette  droite  du  cœur  dijfequee  en  partie,  ç^en 
partie  encore  entière. 

C.  vn  certain  lieu  entre  les  Oreillettes  plus  blanc  &  cireu- 

laireioàfeirouue  a  cofie'fous  vne  certaine  pellicule  fai  te 
eommevne  valvule,  vne  anafiomofe,  ceflii  dire  vn  trou 
tortueux ,  par  er#  Folius  !z;e»r  que  îefangpajfe  dans  le 
ventricule  gauche. 

D.  la  veine  cane  dtjfequte  iufques  et  la  Jîtuation  du  foye. 

E.  la  veine  aorte  drjfeque'e  qui  va  augofter  &  au  bras. 

Y .  la  grande  art  ere  afeendante. 

G*  la  mefme  defeendante  prés  de  l'efpine. 

H.  vn  petit  tuyau  arterieux  qui  ioint  la  grande  artere,Auec 

(artere  veineufè. 

I.  1 artere  veineufe  qui  fort  du  ventricule  droit  au  cœur. 

K  la  veine  arterieufe  qui  nourrit  les  poulmons  fortant  du 
ventricule  gauche. 

a.  a.  a.  a.  la  veine  coronaire  enracinée. &  efpandm  a  la  fupef- 


ficie.  .  . 

b*  le  commencement  de  cette  veini  coronaire  a  l'Oreillette 
prés  de  la  veine  caue. 

e  c.  c.  c.  vne  partie  de  l'Oreillette  dijfequée- 
d-  d.  l'autre  partie  encore  entière, 
la  fonde  dansf  anafiomofe. 

^•lapellicule  qui  e fi  appo fée  comme  vne  valvule  a  la  bouche 
deï' Anafiomofe, 


2,^4,  L'mre  fécond  y 

g.  g.  g.  g.  lesi'àmeAMxde  Uveinecaue  dijfminez,  (vJ- 
cinez,  mfoye. 

h.  h.  h.  ks  rameaux  de  la  grande  artere  qui  moment. 


1 


La  Figure  I  L 


Gettc  aiîtic  figure  rcprefente  le  ventricule  gauche  du 
cœur,  &  aufîil'Oreiilette  diflequée ,  &  enfemblc  h 
foriie  de  la  fonde  quiaefté  deraonftiée  en  kpre. 
raieie  figure. 


A.  k-  l'incifion  du  cceur  faite  par  teut  le  ventricule gm> 

che. 

B.  B,  B.  la  deferiptton  sxaSle  de  33  ventricule. 

C. la  fortie  delà  fonde  par  l  anafiomofede  t  Oreillette  droite' 

dans  la  gauche. 

D.  la  valvule  efi  appofee  à  l'orifice  de  la  grande  artere. 

E.  £.  l'Oreillette  gauche  du  cœur  diffeque'e  plus  petite  que  U 

droite. 

F.  F.  t  artere  veiaeufe  fortant  du  ventricule  droit  du, 

cœur. 

G.  G.  la  grande  artere  afeendante. 

H*  la  mefme  defeendante  prés  de  l'efpine. 

I.  le  petit  tuyau  arterieux  quiioint  ia  veine  arterieufe  attes 
lagrande. 

K  le  tronc  afeendant  de  la  grande  artere  qui  va  aux  hras  & 
au  gofier. 

a.  a.  vne  partie  de  la  veine  coronaire  deferite  difperfée  i/4 
fuperficie  du  cœur,  dont  on  voit  la  plus  petite. 
bvb.  l' artere  coronaire  dijfequee. 

C4C.  c.  c.  /  Oreillette  gauche  coupée  iufques  adaveinearte* 
rieufe: 

d.  d.  (|.  à.,  quelques  particules  nerueufes  dans  le  ventricule 

mefme  du  coeur,qu  hùHoïc  A  creu  des  nerfs. 

e.  c.  la  fonde  dans  l'anafiomofe. 

f. f.f  .£  quelques  trous  par  où  Folins  veut  que  lefangpap^ 

lors  ■ 


Du  Thorax,  léj 

IgfsqmtanajtomBfesmiti  de  maint 

dem<itiere-  ^ 

g,  la  vdvnle  appojee  a  ce  eofie, a  l  amflomol'e- 

buëaii  poulmon  droit  &  gauche. 

Son  vfage  eft  f*  d’attirer  l’air  dans  le  cœur  pour  la  gé¬ 
nération  des  efprits,  lors  qu'il  fe  dilate. 

2.  De  icttcr  en  la  contradion  vne  portion  du  fang  vital 
dans  les  poulmons.  pourlcur  nourriture. 

Ce|l  pourquoy  la  nature  n*a  mis  à  l’orifice  de  ce  vaif- 
fcâuque  deux  qui  regardent  de  dehors  ende.. 

dans.  M.  Des  Canes  dit  qu'il  ne  faut  point  chercher 
treraifon  du  nombre  de  cesfeauxyjtmn  que  l'onuerture de 
l'artere  vetnetefe  e fiant  en  ovale  fi  caufe  d»  heu  eh  elle  fe  ren^ 
contre,  peut  e^re  commodément  fermée  auecdeux,au  heu  que 
les  autres  efians  rondes  ,  le  peuuent  mieux  ' efire  auec  trois. 
Elles  prennent  leur  origine  du  cercle  membraneux  qui  cd 
ne  de  la  fubftance  du  cœur ,  &  eftans  iointes  enfemble, 
elles  reprefentent  vne  mitre  d’Euefque.  Elles  font  plus  • 
grandes  que  les  valvules  dclaveinecaue,&:  ont  lesfila- 
incnsplus  longs,  beaucoup  d’apophyfes  charnues  pour 
eftre  plus  fortes. 

La  grande  artere,  qui  eftainh  nommée  ,  parce  qu’elle 
cft  laracine  d’où  naiflenc  toutes  les  autres,  eft  l’autre  vaif- 
feaudu  ventricule  gauche  ,  d’où  elle  prend  fon  origine, , 
St  d’où  elle  fort. 

La  nature  a  mis  à  fon  orifice  pour  luy  feruir  d’appuy, . 
nonpas  en  l’homme  :  mais  en  quelques  animaux,  vne 
certaine  fubftance  dhre  ,  quelquesfois  cartilagineufe ,  5c . 
d’autresfois  ofteufe ,  félon  qu’ils  font  grands  &  vieux. 

Son  vfage  cft  de  porter  &  de  communiquer  l’efprit  vi- 
fal  qu’elle'  a  receu  du  cœur  à  toutes  les  parties  du  corps, 
*y>nt  receu  de  la  nature  trois  valvules  qui  regardent  du,  f 
‘^dans  en  dehors ,  &  font  appellécs  figmoides. 


Llure  Second, 


CHAPITRE  VHI. 

De  ÏVnion  des  wjfeaux  du  Cœur  ' . 
du  Fœtus, 

LEs  vaiffeaux  du  cœur  ne  font  pas  de  mefrae  façon 
dans  le  fœtus,  lots  qu’il  cftdans  là  matrice,  que 
il  en  cft  forty  :  Qupy  que  Galien  n’ait  pas  ignoré  cela ,  & 
qu’il  en  ait  fait  mention  ,  neanf  moins  la  plus-part  îes 
Anatomiftes  ont  mefprifé  ce  qu’il  a  dit,  ou  ont  auancc 
fur  ce  fujet  des  chofes  éloignées  de  la  vérité.  Les  vns  ont 
dit  que  l’vnion  des  vaiflèaux  fe  faifoit  par  vn  canal ,  &  le* 
autres  par  Anaftomofe  feulement. 

Mais  les  coniont^ons  ou  vnions  des  vaifleaux  da 
cœur  au  fœtus,  font  de  deux  fortes. 

L’vne  fe  fait  par  anaftomofe  ,  &  l’autre  par  vn  w- 
nal. 

VVmon  àc  la  veine  caue  &derartcrc  vcineufcfcfait 
par  Anaftomofe, fous  l’oreille  droite  près  de  la  coronaire, 
deuantquela  veine  caue  s’ouure  entièrement  au  ventri¬ 
cule  droit.  Le  trou  eft  ample  &  en  ouale. 

Or  lanaturc  a  voulu  faire  cette  vnion  par  anaftomofe. 
I.  à  caufe  du  voifinagct  2.  à  caufe  de  la  reffemblance  de 
leurs  fubftances. 

La  nature  a  tendu  deuant  cetroudanslacauué  dd’ar-i 
tere  veineufe  vne  petite  membrane  pendante, deliée,  dure 
&:  plus  grande  que  le  trou. 

Son  Vfage  eft  afin  que  le  fang  foit  porté  par  ce  trou,  de 
la  veine  caue  dans  l’artcre  veineufe  (  non  pas  dans  le  ven¬ 
tricule  droit ,  carrcfprit  vital  ne  fe  fait  pas  encore, 
poulmô  n’a  pas  befoind’vnfang  fi  fubtilifé)  pour  la  nour¬ 
riture  du  poulmon,  veu  qu’autrement  il  ne  poutroitpasfe 
nourrir  au  fœtus ,  dont  le  cœur  n’a  point  de  mouuemeu’’ 

par  lequel  le  fang  puifie  eftrc  chaffé  du  ventricule  droit 

4ans  la  veine  arterieufe.  Ccftpourquoy  l’artcre  veineuft 


Du  Thordx^.  'z  6j 

fâitU  fonûion  de  veine  au  fœtus.  [Ou  pluftofl:  félon  l’o- 

iniô  des  autheurs  modernes,  afin  que  le fangpeuft  venir 
delà  veine  cane  dans  le  ventricule  gauche  du  cœur  ,  qui 
n’y  pouuoir  pas  entrer  par  le  droit,  parce  quele  poulmou 
ne  fe  dtlatoit  pas  au  fœtus  qui  ne  refpire  point.] 

Mais  la  petite  membrane  qui  eft  àfon  orifice, cmpcfchc'£-.yy^^ 
quand  elle  s’affaifie ,  que  le  fang  ne  retombe  dans  la  veine  u  petite 
caue.  _  tnemhfunt. 

Ce  trou  fe  bouche  &  le  feiche  quelque  peu  de  temps 
apres  l’enfantement ,  de  forte  qu’on  ne  diroit  iamais  que 
ce  lieu  ait  efté  percé. 

L’autre  vnion  de  la  veine  arterieufe  &  de  la  grande  ar¬ 
tère  fe  fait  par  vn  canal  oblon  g,  parce  qu’elles  font  efloir 
gnées  rvne  de  Tautre. 

Cette  vnion  fe  fait  hors  du  cœur,au  lieu  que  la  première 
fe  fait  dedans,  à  deuxdoigts  delà  bafe  ,&  aux  adultes  de: 
quatre, car  le  canal  ne  commence  pas  au  tronc  de  la  grande 
artere.  Il  va  obliquement  à  l’arterieufe  (c’eftpourquoyla 
nature  ne  lui  a  point  do  nue  de  valvule,  pareequefonde 
tour  &  obliquité  peut  empefeher  le  reflux  du  fang.)  [  Our 
pluftofl  parce  que  le  fang  y  eftpoufle  du  ventricule  droit 
du  cœur  par  la  veine  arterieufe  ,  &  non  pas  de  mefme  dü 
gauche  par  l’artere  veincufej  oùellcfc  partage  en  deux, 
comme  fi  elle  fe  diuifoit  en  trois  parties ,  dont  le  canaleftl 
fa  plus  petite. 

Il  fe  trouue  encore  aux  enfans  de  trois  ou  quatre  ans^. 
niais  il  n’eft  pas  percé.  Il  fe  feiche  enfin  peu  à  peu  &  de-  . 
uiét  plus  mince  aux  adultes,  [fans  rcceuoir  aucu  n  aliment, 
àcaiifeque  les  humeurs  n’y  palfent  plus,iufques  à  ce  qu’a 
fautedenourriture&de  vie,ilfcpournlTe  &  fe  feiche  en- 
hcrement,  Botallns  aquel'quesfois  remarqué  ee  conduit 
adultes,  '&  croyant  qu’il  s’y  trouuaittoufîours&  na- 
turcllemcnt,ila  eftimé  qu’il  portoitle  fangnatntcllèmenc 
‘fti  ventricule  droit  dans  le  gauche. 

CacilfHs  FoIïhs  fuiuant  fes  traces ,  met  en  tous  vn  trou: 
ouuert  pour  la  mefme  fin,  quoy  qüel’experience  y  repu- 
§^^,quile  montre  quelquesfois  ouucrt  &  qnclqucsfois. 

Ll  i). 


lJure  Second^ 

fermé,  coramc  nous  auons  remarqué  en  ce  vieillard  k  1x4. 
doue ,  dont  la  veine  artericufc  eftoit  bouchée  de  phlcg* 
me.l 

Son  Vfitge  cft  afin  que  refprit  vital  loit  porté  par  les  ar, 
teres  vmbilicales  dans  la  grande  artere,  &  deceîle-<y  par 
ce  canal  dans  la  veine  artericufc,  &  droite  aux  poulmons 
pour  la  vie.  •  . 


CHAPITRE  IX. 

Dw  Toulmom. 


LÈS  Poulmons  font  appeliez  des  Grecs  P»éumomi’m 
mot  qui  fîgnifie  refpirer, parce  que  la  nature  les  a  don¬ 
nez  aux  animaux  qui  viuent  dans  l’air  &  qui  ontl’vfagedc 
la  rcfpiration  ,  mais  elle  n’a  pas  fait  cette  grâce  aux  poif. 
fons  [  qui  font  auffi  fans  col  &  fans  voix .] 

IIsfons_^»#x  danslacauitédelapoidrine  ouduTho- 
•  rax,  qu’ils  rempliflenr, quand  ils  fe  dilatent. 

Le  PoulmoneftÉ;/##<Ve  en  partie  droite  &  en  partie  gau¬ 
che  par  le  moyen  du  mediaftm ,  afin  quVne  partie  citant 
offenfée,  l’autre  puifle. encore  faire  fa  fonction.  Chacune 
Æ«î  lobes  de  CCS  parties  le  fend  en  deux  lobes,  [prés  de  la  quatrième 
du  paulmo.  vertebre  du  Thorax  jdontle  fuperieur  cft  plus  court  que 
i’inferieur,]  &  fort  rarement  en  trois^[  comme  aux  beftes, 
parce  que  l’homme  marche  tout  droit ,  &  les  autres  au 
i contraire  le  ventre  panchant  contre  terre  ,  &  qu’àcaule 
quclcThoraxeft  court,  rien  ne  peut  loger  entre  le  coeur 
le  foyc  que  le  diaphragme.  Ptccolomim  &  Riolm  apr« 
iHifpo€rate&  Rupss Ephejîe»  en  ont  remarqué trois.]Or 

les  poulinons  empoignent  &  embraffent  le  cœuraucc 
leurs  lobes ,  comme  auec  leurs  doigts. 

Leur  figure  relfemble  à  celle  de  la  corne  d’vn  pied  de 
bœuf.  Les  poulinons  font  conuexes  par  dehors  ducofte 
qui  regarde  la  cauité  du  Thorax caucs  par  dedansfii 
Ms  embraflcnilc  ccBiir. 


T>n  Thorax.  269 

La  couliftr  dupouImonaufceius,eftrouge,commecel- 
le  dufoy  ,àcau(e  de raliment qu’il  prend  delà  mere,  & 
aux  adultes  elle  tire  du  pâlie  fur  le  iaune,  &quelqucsfois 
clic  eft  cendrée  :  Elle  eft  noiraftre  en  ceux  qui  font  morts 
d’vnelongue  maladie  [Mais  elle  eft  rouge  comme  au  foe¬ 
tus  du  cofté  qu’il  eft  adhèrent  auxThorax  par  le  moyen 
des  fibres.  ] 

Il  a  connexion  par  deuant  auec  le  fternon  par  I«  moyen 
du  mediaftin, par  derrière  auec  les  vertcbres,&  quelqucs- 
fois  aux  coftez  auec  la  pleure  par  le  moyen  des  ligamens 
.fibreuxjcequi  caufcvne  lôguedifficulté  de  refpircr.{  Cet¬ 
te  connexion  trompe  fouuent  les  Médecins  qui  necon- 
noiflent  pasles  playes  qui  pénétrent  dans  la  cauitcJVÏfo/. 
Suffit  penfe  que  cette  connexion  fert  au  coeur ,  afin  qu’il 
nefoitpreffé  par  la  pefanteur  des  poulmons,  où  que  la 
facilité  de  larcfpirationne  foitempefehée  ,  &  Riolans,£. 
feure  qu’il  a  toufiours  trouué  cette  connexion.  Les  autres 
difent  que  le  poulraon-  eft  attaché  par  des  fibres,  afin 
qu’aux  playes  du  Thorax, ilpuiffefuinrcfon  mouüement, 
quoy  que  ce  foit  dVn  mouucmcnt  foible  &  languiflant.  ] 
Hippocrate  au  2.  des  maladies,  appelle  cela  vnccheute 
dupoulmon  à  cofte  :  Ce  qui  arriuc ,  ou  dés  la  naiftancc, 
ou  après  lapleurcfie,  ou  dcaufe  de  la  pituite  gluante  & 
vifqueufe  qui  fe  met  entre,  deux  -,  ou  par  vne  caufe  exter¬ 
ne,  comme  pour  n’auoir  pas  bien  foigneufemcntguery 
quelque  bleffcurc  ou  fuppuration  du  Thorax.  Le  pouU 
mon  eft  auffî  attaché  au  cœur  par  le  moyen  de  la  veine  ar^ 
teneufe ,  Ôc  de  l’artere  veineufe. 

Sa  fuhfiance  eft  efpaific  dcdenfc  au  fœtus,  [de  forte  qu’e- 
ftant  iettée  dans  l’eau,  elle  va  à  fonds,au  lieu  que  celle  des 
adultesjnage  deflus.]Mais  parce  qu’aprés  renfantemenc, 
le  poulmon  commence  à  femouuoir  auec  le  cœur, la  cha- 
leurauec  le  mouucmcnt,’ en  rendent  la  chair  legere  6c 
molle ,  de  auflilafchc,rarc  &  fpongieufe ,  afin  qu’il  puifle 
le  leucr  &  s’afibaifter  facilement  ,  &  reecuoir  &  attirer 
l’airàfoy.  ' 


Ll  iij  Le 


Du  Thorax. 


•  1771 

S’x^Ucatiùn  de  la  Figure, 

Elle rcprcfente  le  poulmon  en  fàfituation  naturelle,  le. 
Thorax  eftanc  defchiré  &  rompu,  le  fternon  renuerf^ 
en  haut ,  &  les  coft^s  repliées  en  dehors. 

A.  A.  A.  U  fffperficie  interne  dt* fiernon  des  cartilages  qsti 

luj  font  adhérons. 

B.  C.  les  veines  mammaires  fous  le  fiernon ,  fuidefcendenè 

vers  les  mufcles  droits. 

D.  E.  les  ancres  mammaires  ijui  font  le  mefme  chemin, 
ï.  les  glandes  au  gofier  (pui  font  députées  a  la  difiribution  des 
vaijfeaux. 

G.  G.  1. 1.  la  partie  droite  dr  la  gauche  du  mediafiin  i  qui 
efioitconioime  &  adherînte  au  fiernon  >deuant  la  dif- 
JeEtien. 

la  f «perfide  du  mediafiin  à  droite  &  gauche, 

L.  L .  tefpace  qui eft  entre  les  deux  membranes  du  mediafiiùt 

qui  fe fait  après  queües  ont  efié feparées  du  fiernon. 

M.  M.  la  tuberofite' du  mediafiin  où  le  cœur  efi fitfse'. 

.  O .  P .  (Xifes  quatre  lobes  du  poulmon . 

t..K,  le  diaphragme  qui  ayant  efié  coupe' du  fiernondes  cofieSt 
efi  tombé. 

î.  le  cartilage  xiphoïde. 

T.  V.  la  peau  du  Thorax^  qui  a  efié  retirée  en  bas. 

Le  Poulmon  eft  couuertd’vne  membrane  àcXKC ,  polie 
&  remplie  de  pores  [qui  paroilfent  afféz ,  lors  qu’on  enfle 
le  poulmon  auccvn  lbuflct,  &  queMonfieurF/^4/»e«ja 
trouué  quelques-  fois  de  la  grofleur  d’vn  pois  aflez  grand 
en  la  dilfedion  des  animaux  viuans.]  Lafanie  du  thorax 
»  y  peut  pas  pourtant  pcnctrer ,  ny  fortir  en  touflant.  Or 
cette  membrane  eft  vne  production  de  la  pleure,  car  com . 
melcsvaiflcauxdanslespoulraonsjils  fc dcfpoüillent  de 
latuniquc  qu’ils  ont  receu’c  de  la  pleure,  pour  en  rcueÛic 
ksipoulmons. 


Lhre  Second^ 

QuanraoX'y4//«rf»A:Jft  fubftanccdu  poulmon  cft  en^ 
tietifluë  de  trois  fortes  de  vaifleaux  ,  qui  feruent  auffi 
beaucoup  pour  leur  doirner  plusde  fo'ice,  le  cœurluy 
en  diftribuë  deux  ,  dont  nous  auons  parlé  défia,  àfçauoÎE 

X&vcihe  arterietife^  l’artere  veine  fi fe. 

Letroifiénae  luy  eft  particulier ,  à  fçauoifceluy  qu’ou 
nomïvith  trachée  ou  fafpre  artère,  dont  nous  parlerons., 
au  chapitre  fuiuant. 

ym  âÿ  Quand  ces  vaifeaux  font  rongez  comme  aux  Phthifi. 
'cmfes*deU  qucs,  ils  iettent  füuuent  dii  fang  en  abondance,  oulafub, 
Vhthtft^  é'  ftance  cartilagineufe.  Ôr  les  Phthifiques,  meurent  fou- 
de  U  mdrt  inopinée ,  parce  que  les  grands  vaifleaux 

joH  ame.  rongez ,  le  fang  fe  refpandant,  vient  à  fufFoquerle 

cœur. 

U  poulmon  La  nature  a  donné  auxpoulmons  des  grands  vaifleaux, 

fl  plus  de  parce  qu’ils  auoient  befoin  de  beaucoup  de  fang ,  &  qu’ip 
fang  que  n’y  a  aUcunc  partie  du  corps  qui  aye  tant  de  fang  que  le 
les  mires  pouluion ,  à  caufe  de fon  mouuement  perpétuel ,  &  delà 
parties.  giaifde  chaleur  qu’il  a  par  le  moyen  de  fon  mouuement, 
&  du  voifînage  du  cœur. 

Or  parce  qu’il  fe  nourrit  du  fang  le  plus  fubtiîifé,  les. 
veines  des  poulmons  ont  les  tuniques  des  artères,  afin 
qu’il  n’en  exfudequcce  quieft  fubtil,  &les  artères  ont 
pris  les  tuniques  des  veines,  afin  que  le  fangartetieux& 
fubtil  puiffe  couler  en  abondance  ;  la  nature  gardant  icy  - 
vn  ordre  qu’elle.ne  fuit  pas  en  toutes  les  autres  parties. 

Quelques  fort  deliez,  qui  viennent  delà  fixicme 
.  P^ire , s’efpandent  dans  fa  membrane  feulement  [d’où, 

vient  que  fi  elle  s’enflamme,  onfcntde  la  do  u  leur  qui  fc 
communique  aucofté&audos]  ôcnonpasdans  fafub- 
Veurqup  fiance,  afin  que  par  fôn  mouuement  perpétuel ,  il  ne  fente 
despJJ’"'  de  douleur.  C’eftpour  cette  r'aifon  que  les  vicercs 

mens  font  dcspoulmons,  ne  font  point  accompagnez  de  douleur. 
fans  don-  [Riolan  neantmoins  donne  beaucoup  de  nerfs  à  la  fub- 
Iftir.  fiance  mei'mc  des  poulmons,  qu’il  fait  venir  de  la  tifleure 
l’Zser.  &  fie  nerfs  ftomachiques.] 

rhies,  "  Merrhoes  eftime  que  le  poulmon  n’a  point  d’aélion' 

officiale,, 


Du  Thorax.  273 

officiale ,  &  qu’il  le  mciu  par  vnovertu  particulière ,  fans 
fuiurele  mouucment  du  Thorax,  parce,  dit  il,  qvi’ily  au- 
loit  autrement  vn  mouucment  violent  qui  feroit  perpé¬ 
tuel. 

I^ais  il  faut  tenir  pourafleurcqu’encorequelepoul- 
monfoitrorganedclarefpiration  ,  il  l’cft  pluftoft  néant- 
moins  en  pacifiant  qu  en  agifiant.  Gar  il  n’a  point  aucune 
vertu  raouuantc  propre,  comme  fuppofe  mal  à  propos  A- 
utrrhoes que  nous  empcfchons,haftons, retardons 
larefpiration,  comme  ilnous  plàift.  ]  Le  principe  defon 
mouucment  ne  vient  pas  aufîl  du  cœur ,  [ou  du  fang  qui 
cflcue  le  poulmon  comme  veut  Arifioteôc  fes  fedateurs, 
parce  i.  que  le  flux  du  fang  qui  vient  du  cœur ,  fe  fait  par 
vnmouuement  régulier  &  ordinaire ,  au  lieu  que  la  refpi- 
râtion  dépend  de  noftre  volonté,  z.  lepouls&larefpîra- 
tion  dependroient  d’vne  mcfme  caufe  &fc  feroienten- 
femblc  &  en  mefme  temps^  y.  Lorsque  nous  attirons  l’aii? 
âuec  violence  en  l’infpiration  ,  &  que  nous  lé  retenons 
quelque  temps, la  tumeur  du  poulmon  deuroit  nous  con¬ 
traindre  àl’exfpiration  ,  parce  que  félon  eux  ,  il  dilatclc 
Thorax; 

Le  Poulmon  ne  fc  meutpas  aufîl  par  l’impulfîon  de  l’air, 
quine  pouuantpafier  par  aucun  autre  chemin,  s’en  va  par 
la  trachée  artère, dans  le  poulmon,  tandis-que  le  Thorax- 
s’cflcue,commc  A-Falcoturgins  &  Monf.  Des-Cartes  efti- 
msnt:  Car  .1.  l’air  fe  peut  aifement  condcnfcr,,commc  vnc’ 
infinité  d’experienccs  lemonftrcnt.z.  Nous  nevoyôspaS' 
que  les  chofes  plus  legeresfoiét  agitées  parle  mouuemcnt 
du  Thorax  ou  de  quelque  autre  corpsfcmblable. 3. Nous- 
pouuoas  attirer  l’air  par  le  trou  d’vne  muraille  d’vnc 
chambre  voifine,  les  narines  fermées, fans  nous  feruir  que 
de  la  bouche,  vers  lequel  il  n’cft  pas  croyable  que  l’air  qui^ 
aefté  pouffe  par  le  Thorax,  puifle  paruenir  auec  vn  grand 
«louuement.J  Mais  le  poulmon  luit  feulement  le  mouue- 
ment  du  Thorax, pour  euiterlcvuidc. 

C  eft  pourquoy  il  reçoit  feulement  l’air  infpiré ,  parce 
le  Thorax  fe  dilatant,  remplit  d’air  le  poulmon. 

Mm  Oe 


Bt*  Thorasc* 


27f 

Explicaüon  des  Figures, 

tai.  figure  reprcfentc  la  face  anterieure  du  Poulmon 
fcparé  du  Thorax.  La  z.  lapofterieure . 

Vcefophage  fous  lufpre  artere- 
B  (afpre  ancre, 

C  la  veine  anerieufa 
X):  l’ ancre  veineufe. 

E .  F.  G  les  (quatre  lobes  du poulmw^ 

F.  le  diaphragme. 

Gr  Pcxperiencc  confirme  que  îè  mouuemcnt  dû  pouL  Pfeum  qm 
mon  vient  de  celui  du  Thorax.  Cari.  Si  lair  entre  dans 
leThoraxblefle  dVneplaye  pénétrante ,  le  poulmon  de- 
meure  immobile  ,  parce  qu’il  ne  peut  pas  fuiure  la  dilata^ , 
tien  du  Thorax, à  caufe  que  l’air  sl^nfinueparla  playe  dans  Thorax. 
vnefpace  vuide  Mais  quand  le  Thorax  ed  entier, le  poul¬ 
mon  fuit  fa  dilatation  pour  fuir  le  vuide,  [comme  nous 
auons  dit,  de  la  mcfme  façon  que  l’eau  eft  atttirée  en  haut 
dans  lestuyauxi  z;  Si  on  perce  legerement  le  diaphra¬ 
gme  d’vn  animal  viuam, là  refpiration  fè  perd,  à  caufe  que 
le  Thorax  s’abbar.  y.  le  mouuemcnt  des  poulmons  ôc  k 
refpiration  s’àboliffent  en  l’apoplexie,  parce  que  le  mou- 
uement  &  le  fentiment  ccflcntjàcaufe  de  l’obftru^ion  des 
nerfs, mais  le  mouuemcnt  du  cœur  Ôc  le  pouls  des  artères 
demeurent.  ^ 

11  y  en  a  pliilrcurs  qui  ne  penuent  cmbralïbr  noftfe  opi¬ 
nion  de  la  caufe  du  mouuemcnt  du  poulmon,  parce  que  le 
poulmon  fc  meut  long  temps  &  auec  afll  z  de  foice,  apres 
que  la  poidnne  eft  ouuci  te.  Mais, comme  Mùnf  FFaUm 
Pr  SjîuisUi&i  Fr  vander  Schagen  ontïemaïC\pié,ce  n’eftpas 
vn  mouucmenr  de  d  latation  &  de  conftrnSbon  qui  eft  na¬ 
turel  au  poulmon,  mais  vnmouuementen  haut  &  en  bas  ^ 
dulobc  entier  qui  eft  caufé  parce  que  le  poulmon  eft  atta¬ 
ché  au  me  diaftm,  le  mcdiaftin  ôc  Icspoulmons  au  diaphra* 

Mmij. 


é  Llure  Sicconâ^ 

gme.  D’oùilarriuc  que  ranimai  ayant  encore  beaucooM 
de  force, le  diaphragme  par  fon  mouucment  tire  ou  pouiPa 
lespoulmonsaueclemediaftin.  Or  il  eftaifédciugerqyQ 
ce  mouuemcnt  ne  vient  pas  d'vnc  vertu  naturelle  des 
poulmonsjpuis  qu  ils  feleuentlorsqucla  poiâirine  s’ab 
baife,à  caufe  que  le  diaphragme  montant  alors  afTczhauc 

danslapoiarinc,  lepoulTe,  &  qu’au  contraire  il  s’abbat 
lors  quelle  s’efleiîc.  ]Orparccquelc  poulmonea  l’orga¬ 
ne  de  la  rcfpiration,on  luy  a  donné  ces 

Ffages  :  [i.  FUteniGalien  &  Auiceme  veulent  qu’Ü  fg]., 
UC  au  cœur  dccoiteondecuiflinct. 

X.  Les  autres  comme  Colutnhm  difent  qu’il  fert pour 
peparer&  commencer  la  génération  des  efprits  vitaux, 
qui  fc  perfedionnent  apres  dans  le  cœur,  veu  qu’il  femble 
qu’il fcfafle  quelque  circulation  dufang  auxpoulmons, 
îpar  l’ebullition  que  caufe  la  chaleur  du  cœur ,  s’appaifant 
en  fuite  par  le  froid  de  l’air . 

3.  Il  a  d’autres  vfages  plus  propres,  ]  quand  il  fe  dilate 
&  qu’il  ferciïcrrc. 

Lors  qu’il fediUtff,  ilreçoitl’air  comme vnfoufflet pat 
les  rameaux  de  la  trachée  artere. 

Toute  fo  te  pi  eparer  au  cœur  i’air ,  pour  feruir  à  l’cfpritdc 

Jair  û'ep  *^ourJ^hure  conucnablc.  Car  toute  forte  d’air  n’eft  pas  boa 
pas  ben  à  à  noftrc  cfpric ,  comme  on  le  peut  voir  en  ceux  que  la  fu- 
l’effrit  de  mée  des  charbons  fait  mourrir,  &  comme  cela feremar- 
I  homme,  qyg  aufli  dans  les  maifons  nouuellcmcnt  blanchies  de 
chaux. 

ï^ofiee  cha.  efuenter  & rafraifehir  noftrc  chaleur.  Car  nous 

leur  a  be-  remarquons  <^u’ellc  abefoin  de  froid  pdir  fac^nferua- 
foin  de  tîoa ,  &  que  fans  luy  elle  s’efteind ,  comme  l’cxpcricncc 

froid.  nous  le  fait  voir  en  ceux  qui  arreftent  trop  long-temps 

dans  les  bains  fort  chauds ,  de  raefmc  que  la  flamme  qui 
^  eft  renfermée  dans  vn  lieu  cftroit,&  qui  n’cft  point  efuen- 

le^lZns  moyen  de  l’air ,  s’cfteind  &  fe  perd  incontinent. 

n'wtflT  pourquoy  le  poulmon  cft  appcllé  l’cfuentail  &  le 

befein  de  foufflet  du  cœur ,  &  la  nature  n’en  a  point  donné  aux 
pHlmoHs}  poilTons ,  parce  qu’ils  n’auoicnt  pas  befoin  dans  l’eau  <lc 


Lu  Thorax^  277. 

^âfraifchiiTeftîent.  [D’où  vient  qu’en  voyàntfcuktncnt  le 
poulmonde  chaque  animal,  on  peut  iuger  de  fa  chaleur, 
parce  que  la  nature  a  fait  vn  poulmon  plus  grand  à  ceux 
qui  ont  le  cœur  chaud  ]  Le  poulmon  par  confequent  n’cft 
pasabrolument  necelTairc  à  la  vie,  maisâ  la  commodité 
ducoeur,[puis  qu’vn  garçon  d’Amfterdara  aagé  de  quatre 
ans,  auoit  aulieu  de  poulmon, vne  petite  veffie  membra- 
neufe  remplie  de  vent,  comme  Nie-  F<?»w»«j,Mcdeciiv 
de  ladite  ville,  le  tefmoigne ,  qui  eftant  parfemée  de  peti¬ 
tes  veines  déliées ,  prenoit  fon  origine  de  la  trachée  artè¬ 
re, d’où  le  cœur  receuoit  lerafraifchilTement.  Il  mourut 
toutes-fois  de  marafmc,  parce  que  le  cœur  ne  receuoit  pas 
peut-eftre ,  défait  alfez  abondamment,  ] 

Quand  le  poulmon  ft  re ferre  en  l’expiration,  il  a  deux 
vfages-.i.Pourdôncr  palTage  aux excremens  fuligineux. 
J.  Il  fert  àla  voix ,  en  tant  qù’il  fournit  le  fouffle  ou  l’air 
pour  la  former.  C’eft  pourquoy  les  animaux  qui  font 
priuez  du  parenchyme  des  poulmons ,  n’ont  point  de 
voix. 


CHAPITRE  X. 

Du  Sifjlet  ou  de  la  Canne  àesToulmonsl 

Le  fifflet  ou  la  canne  du  poulmon  ,  a  efté  appellcc  artè¬ 
re  parles  anciens ,  parce  qu’elle  contient  l’air ,  GaUch 
Sc  quelqucs  autres  l’ont  nommée  TrAchée  ou  ajprearterej 
icaufede  fonincfgalité,  &  pour  la  diftingiier  des  aruercs  ^  ,  . 
quifont  polies  &  égales.  C’eft  vn  canal  qui  entre  dans  les 
poulmons  par  pluficurs  rameaux  de  la  partie  inferieure,  arterei 
Hippocrate  nommcfyringucs&  aortes, la  tefte  duquel  S’Utomh 
fe  nomme  larynx  dont  nous  parlerons  àti  thapitre  lui- 
Dant ,  le  refte  yronchie ,  à  caufe  qu’il  cft  aroufe  par  le  breu- 
*^age.  Car  Hippocrate  monftrc  auec  raifbn  qu’il  en 
quelque  peu  dans  la  trachée  &  les  poulmons ,  en  vn  por-  chée  &  It 
ccau  qu’on  vient  de  tuer ,  dans  les  poulmons  duquel  on  ? 

M  m  iij 


278  Llure  Second, 

trouucvne  matière  de  la  mcfnie  couleur  que  celle  qn»'] 
beue  vn  peu auparauant.  On  peut  aiifli  prouuer  k  mefÀ  * 
chofe  parl'obferuation  As  Ittlins  lafolinm  Anatomifted* 
Naples,  qui  cherchant  dans  le  corps  d’vn  Gentilhonjjj^ç® 
la  caufe  de  fa  mort,  trouualc  péricarde  fi  plein  d’humem.’ 
qu'en  le  preflantjelle  fortoit  par  la  bouche.  ’ 

Quant  à  la  fmâtion  de  la  trachée  artère,  elle  eft  couchée 
fur  l’œfophage  ,  car  elle  defeend  de  la  bouche  tout  droit 
par  le  col  dans  Ics  poulmons.  [Or  elle  fediurfe  endeux, 
rameaux,  à  la  quatricfmc  vertébré  du  Thorax, qui  entrent 
chacun  dans  le  poulmon  de  Ton  cofté.  Ceux-là  fefouldi. 
uifent  en  deux  autres ,  &  ceux-cy  en  d’autres,  lufques  à  ce 

qu’ils  finiffent  enfin  en  des  petits  rameaux  à  la  Cupcrficic 
des  poulmons.]  Mais  les  plus  grands  rameaux  de  touslcs 
vaiffeaux  du  poulmon  qui  entrent  danslafubftance,  fe 
portent  entre  lay  eine  arterieufe  qui  eft  derrière, &  l’ar  ero 
veineufe  qui  eft  dcuant,&  fc  loigncn:  aucc.  elles  pa\le 
moyen  des  anaftomofes.. 

Le  poulmon  ed  couucrt  de  Atvix  memhrants ,  dontTy- 
ne  eft  par  dehors  &  l’autre  par  dedans. 

V extérieure  eft  delieé  &  vient  de  la  pleure,  &  eft  eft’roi- 
temervt  liée  auec  les  ligamcnsdes  cartilages  qui  font  en¬ 
tre-deux  &  conduit  les  nerfs  rccutrens. 

V interne  [dont  les  fibres  font  droites,]  eft  plus  efpailTc,' 
plusdenfe,.&  plus folide  (fur  tout  aularinx, fort peuaux 
ïatneaux  du  poulmon ,  &  médiocrement  au  milieu  delà 
trachée)  ce  que  la  nature  a  fait,  afin  que  les  chofes  acres 
qu’on  a  aualées,ou  celles  qu’on  reiette en  touffantjOU  qui 
diftillent  delà  telle,  ne  l’offenfent. 

Celle  cy  prend  origine  de  la  tunique  qui  rcueftl 
palais,  c  eft  pourquoy  clic  eft  continue  àla  bouche. 

Elle  eft  d’vnc  humeur  grafle, pour  empefehet 

que  fes  mouucmens,  les  cris  ,  l’atrradion  de  l’air  trop 
chaud.  &  lafortie  des  excremens  fuligineux  acres, S^c- 
ne  la  defleichenr.  L’abondance  ou  le  manquement  de 
cette  humeur  gafte  la  voix,  qui  deuient  enrouée 'jlofJ 
qu  elle  diftille  abondamment,  &  plamtiuc, lorsque 


Du  Thorntx.  279 

fftconfumée  par  les  fièvres  ardentes, &c.  [Qjfand  ellcefl: 
trop  abondante  ,  nous  deuenons  tout  à  fait  muets,  & 
fomnics  priuez  de  la  voix,qui  reuient  aulfi-tolt  qu’elle  eft 
confumec.  Cc  qui  peiit'eftrearriuéattfilsdcCrœfus  qui 
cftoitmuet,  dont  parle &  à  Æ  glcsAthlete  de 
$imo^->àoT\iValerele  Grand  fait  mention,  &  à  l’inno¬ 
cent  &  orphelin  Zacharie,  dont  parle  Nic.Fontanus  eu 
{es  obfcruations ,  qui  ont  elle  nouucllcment  impri¬ 
mées.,] 

Cette  tunique  eft  d’vn  fentiment  fort  exquis  ,  aîfîti 
qu’elle  puiffe  eftte  excitée  à  chafler  les  chofes  qui  l’iti- 
commodent ,  &  luy  nuifent. 

LifnlffiAftce  propre  de  la  trachée  artere,  qui  eft  en  par¬ 
tis  cartilagineufc ,  &  en  partie  ligamenteufe ,  eft  entre  ces 
deux  membranes. 

Elle  a  deu  cf^tecartiîatmSHfe  en  partie,  &  non  pas  tout 
àfait.iigamentcufe.  ' 

1.  A  caufe  de  la  Voix ,  parce  que  ce  quifait  vn  fon,  doit 
«ftre  folide.  ‘ 

Parce  qu'autrement  elle  s’abbatroit  toufîours  ,àcaufe 
de  fa  raollcfle,j&  qu’elle  ne  s’ouuriroitjpas  aifém  ent  en  la 
refpiration. 

U  falloir  auffi  qu’elle  fut  en  partie &  non 
toute  cartilagineufe  :  Car  fi  elle  cftoitcompofée  ou  d’vn  eiiteft  li- 
feul cartilage,  ou  de plufieurs  entièrement  circulaires,  gamenteufe 

I.  Elle  feroit  toufîours  ouuette  ,  &  nepourroie  pas 
s’abbatre  &  fc  dilater. 

i'Elle  preireroiti’Oerophage,aaIienqu*’clIe  doit  lui  cé¬ 
der  ,  fur  tout  en  la  déglutition  des  viandes  folidcs  ,  afin 
que  la  gueule  fepuifle  dilater  fuffifamment.  Par  ainfî  les 
cartilages  fcrucnc  àla  formation  delà  voix,&  les  ligamens 
membraneux  à  la  refpiration. 

11  y  a  plufieurs  cartilages  ronds  faits  en  forme  d’anneaux 
l'on  pas  parfaitement.  Car  en  la  partie  pofterieure  qui 
touche  l’OetophagCsla  quatrième  partie  du  cercle  y  man¬ 
que,  en  la  place  de  la  quelle  il  y  a  vne  fubft^ncc  membra- 


2, 8  O  Liure  Second^ 

[  On  les  appelle  Siptti^es  àcaufe  deleiir  figure , 
qu’ils  rcflemblent  au  C  des  anciens ,  iufqucs  à  ce  qu-jij 
s’implantent  dans  les  poulmons,  où  ils  perdent  leur  nom  à 
caufe  que  leur  figure  s’y  change  :  car  on  les  nomme 
Bronchics  qui  fontcompofées  de  cartilages  entiers  ronds 
quarrez  &  triangulaires.  Mais  enfin  ils  deuiennent  mem¬ 
braneux  quand  ils  fe  ioignent  aux  autres  vaiffeaux  dii 
poulmon.] 

Ces  Cartilages  font  enfemble  pardesliga;tiens 

quiTont  entre  deux,  quife  trouuêt  plus  charnus  enl’hom* 
me  Sc  plus  membraneux  aux  beftes.  De  forte  qu’en 
i’hommcils  femblentdes  petis  mufcles.  Les  Cartilages, 
font  par  tout  cfgalcment  efloignez  les  vns  des  autres ,  & 
font  difpofez  de  telle  forte  que  les  fuperieurs  font  plus 
grands. 

[  Elle  a  des  vatfeâux  communs  aucc  les  autres,  les  vei¬ 
nes  vienent  des  iugulaircs  externes ,  les  aneres  des  caroti¬ 
des,  &  les  nerfs  des  rccurrcns  de  la  fîxiéme  paire  ] 

Son  Vfage  eft.  ï  .  eni’infpiration,  afin  que  les  poulmons 
puiffent  attirer  l’air  corne  des  foufïlets  par  la  trachée  artè¬ 
re, comme  par  vn  tuyau.  [  D’où  vient  ce  fifflement  quiar- 
riue  en  l’afthrae  que  fait  l’air  en  palTant  &  rcpalTant,  parce 
qu’il  ne  coule  pas  aifement ,  les  bronchies  cftans  empe* 
fehées,] 

1.  Enl’cxfpiration  premièrement  pour  donner  palTage 
aux  excremens  fuligineux  quifontchaffezparla  bouche 
&  par  les  narines.  [  C’ett  pour  cét  vfage  que  les  orifices  de 
l’artere  veineufe  s’abouchent  auec  tant  d’artifice  aucc 
ceux  de  latrachée  artère ,  qu’il  y  a  vn  palTage  pour  donner 
foriie  aux  excremens  fuliginçux,mais  non  pas  au  fang,  fi* 
non  qu’il  l'oit  ietté  aucc  violence  &  en  touflant.]  Secôde- 
ment  pour  feruir  àla  voix  [  en  l’cxfpiration,  que  quelques 
bateleurs  font  neantmoinsenl’inlpiration.]  C’eft  pour- 
quoyiy/^p^ocrrf/e  l’appelle  vn  organe  fpirable  &  quife»  à 

la  voix.  C  eft  donc  vncchofenicrucillcufcjqu’ilfetrouuc 

des  hommes  qui  viucnt  longtemps  dans  l’eau  naturelle' 

sncnt,&  fans  artifice,  comme  des  poilTonSjfi  au  moi»®' 


Du>  Thomx.  28~t 

p^y(croireccqiieditC<ïy^4»auliure.  z.  delafubEilitéde 
^olanus  ce  célébré  plongeur  de  la  Sicile  ,  quidcmeuroit 
fous  l’eau  trois  ou  quatre  heures,  lly  aauffiauxindçs  Ot- 
cidcntales,  des  pefcheurs  de  perles,  qui  demeurent  fous 
l’eau  vne  heure  entière  Ce  qui  fait  trouuer  cela  merueiU 
leux  c’éft  qije  cela  le  fait  fans  artifice.  Ainfi  les  Egyptiens 
font  des  plongeons  fort  excellents,  qui  fe  plongent  apres 
luoir  pillé  &  volé.  Car  la  defeription  du  voyage  de  Nico~ 
Chrifiophe  Radxjiuil  now^xdmoigne  que  ne  feconten- 
tanspas  des  volerics  qu’ils  font  fur  terre,  ils  portent  &  ca¬ 
chent  tout  leur  butin  fous  l’eau  :  Et  fouuent  ils  prenent 
des  hommes  qui  font  couchez  fur  le  châlit  dunauire  ,  & 
l’ayant  plongé  dans  l’eau>ils  luy  plient  la  vie  &  les  habits  ; 
De  forte  que  ceux  qui:  nauigent  ,  font  obligez  de  veiller 
fouuent  armez  toute  la  nuid.  Les  pefeheurs  de  ces  pays  là| 
fç  plongent  dans  l’eau  ,  prenent  deux  poifibns  aueeles 
mains, Sc  en  portent  vn  troifiéme  à  la  bouche. 


CHAPITRE  Xi. 

Du  Larynx. 

La  telle  oulè  commencement  du  Sifflet  des  poulmons 
fe  nomme  Larynx, qui  cil  l’organe  de  la  voix. 

Il  eft^r»/au  milieu  du  col, parce  qu’ilcft 
F»/^»e,afin  de  faire  vne  feule  voix. 

Si  figure  eft  prefque  ronde  &  circulaire ,  parce  qu’il  det 
Boiteftrcconcaueàcaufedcla voix}  Maisiladuance  da¬ 
vantage  par  la  partie  anterieure,  &  ell  plus  applati  parla 
pofterieure,afin  qu’il  cede  à  la  gueule, fur  tout  en  la  dcglu- 
vtion,en  laquelle  lors  que  l’Oefophage  fe  baifie ,  le  larynx 
ïftourne  en  haur,§c  ainfi  il  aide  à  la  déglutition  en  cedant 
&endcprimanr. 

grandeur  fe  change  félon  lestages.  Carie  Larinxell 
fntoit  en  ceux  qui  font  fort  icuncs.d’où  viét  queleur  voix 
eftaiguejg^  ample  en  ceux  qui  font  plus  auancez  en  aage, 
Nn 


D'ek  vieni 
l.iVoixgrft- 
ue  (ji  l'ai' 
gm. 


zSî  '  Lmrefi  ûnd, 

ce  qui  rendla  leur  gcauc.  A  qiioy  contribuent  auflîlàlon 
gueur  ou  labiiéuecé  du  larynx.  Que  fi  outrecela,  il  »  ’ 
abondance  d'air  oud'efpric  qui  fort, la  voix  cù  forte, &  [4 

en  fort  peu,  la  voix  eft  petite  &  grefle. 

(imites  sot  C’cft  pourquoy  Galien  cftime  qu'il  y  a  deux  caufcs  qui' 
les  tnufis  fontla  voixforte,àfçauoirramplitüde  fie  l’aQ)re  artère, & 
de  U  VOIX  le  foufflc  vehement,  &  il  enfeigtic  mtçjlifpocrate  que  ce» 
deux  caufes  dépendent  d  vne  grande  chaleur.  C  eft  ce 
qui luy  fait  dire  au  liurcdcla  Semence  ,  que  les  tefticulej 
D'oh  <0unt  fêruentàla  conformation  de  la  voix.  C’elt  pour  celaque 
k  change-  lesatiafles  changent  de  voixenl’aage  de  puberté,  &  qu« 

.  tnent  de  U  les  chaftrcz  en  changent  auifi.  Vn  cheuaf  hongre  ne  hen- 

nitpius,  &  le  chapon  ne  chante  point,  ou  bien  fon  chant 

eftpiusfoible  &  bien  different deceluy  qu’il  auoitaiipa. 
rauanr. 

Les  parties  dularynx,&:  celles  qui  fontirentourde 
luy,  font  les  cartiUgits^^^  mufcles,  les  membraneSi  les 
femx  èclcs glanées. 

Les  ««/c/w  qui  paroiflcntles  premiers,  font  ceux  qui 
racuuent  les  cartilages,  que  la  nature  a  donné  au  larynx, 
afin  qu’il  puifTe  eftre  meu  d’vn  mouuement  volontaire, 
veu  que  nous  formons  la  voix  à  noftre  volonté. 

Orlc  larynx  dcThomme  n’a  que  quatre 

communs  &  neuf  propres ,  bien  que  les  vns  en  facent 
vingt ,  d'autres  dix  huiél,  &  d’autres  quatorze. 

Les  mufcles  Les  Communs  font  ceux  qui  s’implantent  au  larynx, 
communs  quoy  qu'ils n'y  prencnt pas leut  Origine. 
du  larynx,  i^ç^pr&pres  ont  leur  origine  &  leur  fin  au  larynx. 

Lz  première  paire  inferieuredes  communs  [appclléc 
fternotyroide  par  les  anciens  ]  prend  fon  origine  inté¬ 
rieurement  du  fternon,[  par  vn  commencement  large  & 
charnu,]  &  fc  glilTant  le  long  de  la  trachée  artère ,  s’infere 
en  bas,aux  coftez  du  cartilage  feutiforme. 

Son  Ffage  eft  de  refterret  la  fente  du  larynx, lors  qu  d' 
letire  le  cartilage fcutiforme. 

Lâ fécondé  paire  (üpcïicmc  [  appelle  Hyotyroidç] 
.^.charnue  n'aift  du  fiege  inferieur  dcros,hyoide,touchcl<^ 


Du  Thorax.  %%} 

cartilage  rciitiforme  &  s’inferc  l  fa  bafe. 

5an  rfage  cft  de  dilater  la  fente,  loj;;s  qu  elle  Icuele  feu- 
tifoimc. 

[  Spigelitis  donne  à  ces  mufcles  des  Vfages  contraires  à 
ceux  cy,  à  fçauoir  à  la  première  paire  celui  de  dilater ,  &  à 
la  féconde  de  refferrer  la  fente  du  larynx.  ] 

D’autres  adiouftent icy  vne  troipme  pâtre ,  que  Colum- 
ysi^Cajferifts  prenent  ncantmoins  pourvn  feul  niufcle. 
Mais  ce  roufcle  eft  pluftoû  le  dcglutitcur,puis  qu’il  naift 
du feutiforme  &  enuironne  rœfophage. 

On  dit  que  le  feutiforme  referre  la  fente  en  eftreflilTant  : 
les  coftez  Mais  il  ne  fer r  au  larynx  que  par  accident. 

Lipremiere  paire  propre  naift  de  la  partie  anterieure  & 
inferieure  düfcutiformc  ,  comme  l’infcrtion  des  nerfs  le 
monftre  ,  &  s’en  va  à  l’annulaire.  C’cftpourquoy  cette 
•paire  peut eftre  nommée Tyrocricoide,  &  non  pas 
tirgide,  comme  veulent  d’autres  Anatomiftes.  [Spigelttals.  < 
fait  venir  d  j  la  partie  anterieure  du  cncoide,  &  la  tait  finira 
àla  partie  inferieure  &  latérale  du  feutiforme.  ] 

Son  rfage  eft  de  tirer  le  cartilage  annulaire  vers  lefcu- 
tiformejâfin  qu’ils fe  ioignent. 

La  fecende paire  prend  fon  origine  de  la  partie  pofté^ 
ticure  de  l’annulairefpar  vO  principccharnu,]&  s’infereà  ; 
la  partie  inferieure  de  l’aryteDoide  [par  vne  fin  nerueufe,] 
&rcrt  à  ouurir  lelatynx.  C’eft  pourquoy  on  la  nomme 
Cricoarjtemtde,  &  Cajfertw  c\xc\x\ïzi\e. 

Larro/yftfWpairenaiftpar  haut  des  coftf'z  de  Lannulai- 
rc,&  s’mfcrcauxcoftezderarytenoideà  laiointure,  [à 
«etc  partie  qui  n’apoint  efté  touchée  par  la  première,]  ÔS 
ferme  le  larynx. 

quatrième  paire  [appelléeTyroarytenoide]  interne 
&  fort  large  vient  de  la  partie  ahreneure  &  interne  du  ^ 
feutiforme ,  &  finit  aux  coftés  de  l’aryienoide  &  ferme  le 
Larynx.  [  Sil’influTimation  le  prend  à  cette  paire  en  la  • 
«quinance,  elle  deuietumoi  tcllc  ,  parce  que  cette  paire 
ferme  la  fcn  .e  exadement.  ]' 

Le  Neufieme  mfifck[dii  ary  tenQidicnjque  d’âutrcs  nom- 
N  n  i)  menï 


Du  Thot'ix, 


1S5 


Explicatm  des  Fi^isres, 

Ccsfigurcsreprefentcnt  IclAiynx  auecfes  mürcles,  La  i. 
nionftie  fa  face  ancciicure.  La  x.  Ton  coftc  droit. 
La  3.  la  partie  polierieure.  La  la  poftericure 
fous  l’os  hyoïde,  La  la  mefmc  laterale.  Elles  ont 
des  lettres  communes ,  s’il  n’eft  marqué  autrement. 

Dos  hjoidâ  coHtiert  encore'de  /^uelijues.petites  membranes. 
B.  Le  cofie'inferkHr  de  Coshjoide,  ^ut  éfi  attacher  laprodu' 
Bien  fupeneure  du  cartilage fcHtiforme,marqué de  C . 

D.  le cefie' fuperienr defos hjotde coupe' e/îlax.fig.  enE. 

F.  U  fécondé  paire  des  mufcles  communs  du  larynx^ 

G.  la  première  paire  des  mufcles  communs  du  larynx  qui  a 

efle'  malgrauee.  plus  efiroite  vers  fon  origine  que  près  de 
la  fin. 

H.  le gofiter. 

l,  la  troifie'me  paire  des  muf de  s  communs  du  larynx  ,  félon 
quelques-vns  i  mais  ceft proprement  le  mufde  dégluti.’ 
teur. 


K.  Icyfont  les  mufdes  de  l'Epiglotte  aux  hefies  qui  rumi-’ 
nenti  &  qui  nefs  trouuent point  en  celle  de  l'homme. 

1.4’ Epiglotte. 

lA,  Les  glandes  qui  font  attachées  à  la  racine  du  larynx  aux 
cofieSlJ.elatrachéeaTtere. 

N.  I.  /4  première  paire  des  muf des  propres  du  larynx» 

P-  4. 5.  la  fécondé  paire  des  mufclespropres  du  larynx, 
y  la  troifie'me  paire  des  mufcles  propres  du  larynx. 

V.  4. 5.  /f  neufiéme  mufde  du  larynx- 
j.  le  mufde  dnoitde  la  quatrie'me  paire  des  mufcles  propret 
dularynx- 

la  partie  fuperieure  du  mufde  droit  de  la  mefme  paire. 


i’i‘le  cartilage  fcutifiormeparlaface  anterieure. 

4-  L  le  mefme  par  lapartie  pofierieure. 
i.y.  le  cartilage  annulaire  par  la  face  anterieure. 

N  n  iij 


Uure  fè^'ond^.. 

k.  4.  (.  îe  mefffff  parla  partie  pofierieure. 

L  3.  4. 5.  le  cartilage  arjfteno) de 

ment  la  cinquième  paire,  preRci  ron  origine  àla  ligne 

fttneurederarytenoidé  &  Te  tramant  par  des  fibres  tratif, 
uerfesjils’tnl'ere  àfes  toftcz,& ferme lelavynx. 

Il  n’y  a  point  de  malcle  en  i’Epiglôtte  de  l’homme.  Car 
elle  ne  fe  meut  pas  volontairement  en  l’homme ,  comme 

content  quelques  vns,mais  elle  s’abbailTc  parle  poids  des 

chüfcs  qu’on  prend. 

ÎLa  natare  a  donné  des  mufcles  à  r'Epiglotte  de  belles 
qui  défirent  continuellement  de  manger^qui  ruminent  & 
qui  ont  l’epiglotte  fort  grande.  Il  forr  quelques  mufcles 
en  celles  cy  de  l’hyoide,&:  s’infcrent  àla  baie  derEpiglot- 
,  te  qu’ils  leuent.  refale  tient  cette  paire  pour  la  quatriè¬ 
me  des  communs  :  1 1  les  autres  l’ont  fituez  entre  la  tuni¬ 
que  5£  le  cartilage  de  l’Epiglotte,  &  feruent  àfermer. 
NSlre  des  Les  Cartilages  du  larynx  font  cinq  ,  qu  i  s’endurciffent 
Cartilages  quelqucsfois  cn  ceux  qui  vieiliilîcnt ,  comme  des  os; 
du  larynx,  j^’où  vient  que  quelques  vas  n’ont  peu  cftre  cftranglez  au 
gibet,  ■■  ‘ 

Le  premier  Cartilage  fe  nomme  Tyreide  ovt feutiforme, 
acaulc  qu’il  a  la  Egurcd’vn  bouclier,  parce  qu’il  elt  pref- 
que  quan  é,  cane  par  dedans,  conuexc  &  bolTu  par  dehors 
aux  hommes  plus  qu’aux  femmes ,  parce  que  les  glandes 
qui  font  au  laiynx,  rendent  leur  colefgal.  [Pom  labeau-t 
té.]  On  nomme  cette  tuberofiié  qui  fe  voit  au  col  par 
tt  morceau  deuanija  pomme  eu  le  morceau  d'Adam^  [parce  que  le  voU 
.  d’Adam  e/  gaire  croit  que  le  morceau  de  cette  pomme  fatale  s’arrefta 
plus  eminêi  àla  gorge  d’Adam  par  vne  punition  dmine,  qu’ilalaifféc 
auxhom  par  propagation  à  lapo'lerité.  ]  Il  eftfeparé  au  milieu  par 
femmes.  ligne,  d  oU  Vient  que  quelques-vns  en  ont  fait  deux, 

bien  qu’en  effed  onne  le  trouue  double  que  fort  rare¬ 
ment.  , 

'  [  Îlades^r<îi5è«èî/o^àresangles,àrçauoirdeuxparlisu^ 

plus  longues  p.ir  lerqiielles  il  fc  loiut  aux  coilez 
rieurs  dç  l’os  hyoïde  par  le  moyen  d’vti  ligament  >  Sc 


r  Du  Thorax,  ztj 

Jcax  ioignenc  au  cartilage  cricôidc.  ] 

tcfecondt^^  le  Cricoide  ou  l’annulairc,  parce  qu’il  cft 
rond  comtncvn  anneau, &  qu’il  environne  tout  Iq^larynx. 

OrilreflembleàranneaudcsTurcsiGarfapartie-pofte- 
lieurecftlarg"^  ^^*^'^  elpaifle  qu'on  nomme  ordtnaite- 
V  ment  Innomme  ou  Anonime  ,  parce  que  les  anciens  ne 
luy  ont  point  donné  de  nom.  [Il  fert  de  bafe  à  tous  les  au- 
Hcs  cartilages  ,  &c’eft  par  Ton  moyen  qu’ils  font  ioints  à 
^afpte  artere,c?eft  pourquoy  il  cft  immobile. 

Le  troiftéme  &c  quatrième  que  quelqucs-vns  ticnneftc 
pour  vn  Icul,quoy  qu’en  effed  il  foit  double ,  comme  il  fo 
voit  lors  qu’il  eft  defpouillé  de  fa  tunique ,  cft  nommé  A- 
ritonoide  ,  àcaufejqu’il  a  la  figure  d’vne  aiguiere  oudcla 
partiedes  pots  par  où  on  verfel’eau  ,  fi  on  confîdere  les 
deuxprodudionsdela  partie  fuperieure,qui  feioignans 
font  vnc  fente  pour  l’articulation  de  la  voix,  que  quelques 
vns nomment lalanguettc  ou  le  (j/tffm.  Carlavoixnefe 
fait  que  par  vn  pafîage  bieneftroit.  Elle  cft  afîife  furie  guette. 
ficgefupericur&pofterieurdu  cricoide  ,  en  lacauitédu 
cartilage  Tyroide;  [Il  faut  remarquer  en  cét  endroit  vne 
cauité  qui  fe  forme  entre  l’arytenoide  &  le  feutiforme, 
des  membranes  qui  lient  les  cartilages.]  S’il  arriue  par 
hazard  qu’en  riant  ou  en  parlât ,  lors  que  i’Epiglottes’ou- 
urc,  quelque  miette  de  paitf  ,  ou  quelque  goutte  du  breu- 
uagcytombe,latoux  eft  excitée  incontinent, parce  qu’elle 
va  contre  le  fouffle.  Mais  fi  quelque  chofe  coule  infenfî- 
bleraent  par  la  fente  vers  les  parois  du  larynx ,  elle  n’em- 
pefehe  pas  larefpiration. 

.  cinquième  fe  nomme  l^Epiglotte  qui  couure  &:qui 

^  ferme  la  fente, afin  qu’il  ne  tombe  pas  grand  chofe  du  boi* 
te  &  du  manger  dans  la  trachée, &  que  tout  s’en  aille  pref- 
que  dans  le  gofier.  Mais  elle  ne  la  ferme  pas  fi  exade- 
went ,  qu’il  ne  palfe  par  les  coftez  quelque  peu  c[u  breu- 
'i3ge.  Car  quand  on  dit  que  le  breuuage  ne  pafte  pas  dans 
la  trachée  artere  &les  poulinons,  cela  lé  doit  entendre  de 
la  plus  grand  part.  Car  nous  auons  dit  cy- deflus  qu’il  y 
^  ea entre  quelquepcu.C’eft  pourquoy  nous  ordonnons 


2g g  Liure  Second. 

des  eleauaircs  &  dc<  tablettes  aux  maladies  du  Thorax 

quM  faut  tenir  à  la  bouche  la  telle  rcnuerfécjiufqucsàcj 
qu’elles.fe  fondent ,  afin  qu’il  en  coule  quelque  portion 
le  long  des  parois  de  la  trachée  artere. 

Or  la/»^/4«fe  de  l’Epiglotte  eft  plus  molle  &  faite  en 
forme  de  langue,  ou  de  fueille  de  lierre,  félon  Hippocratg, 
Elle  eft  attachée  à  la  bouche  des  deux  codez  par  vnê 
membrane  commune,  dont  la  cauite  interne  du  larynx 
qui  eft  arroufee  dVne  humeur  vifqueufc,  eft  aulTi  enue. 
lopce,  &  l’externe  auflî. 

^ant  aux  vaifeaux ,  le  larynx  reçoit  fes  veines  de  la 
iugulaire  externe. 

Les  ancres  du  plus  grand  rameau  de  la  carotide  :  Eties 
nerfs  de  la  voix,  comme  Galien  les  nomme  du  rameau 
récurrent  de  la  fixiéme  paire,  pour  le  mouiiementdes 
mufcles. 

l>atthUvfif  Deux  fortes  de^/4;?^w  font  placées  prés  de  luy. 
fe  des  a.  {iege  Jaiynx  aux  codez  de  la 

Latins  nom  ment  ou 

les  Gïccs Parti; hmia  &  Antiades^  qui  eftansfpongieufès, 
&  vne  de  chaque  collé,  reçoiucnt  l’humidité  du  ccrueau, 
La  Miue  conuertilTent  en  faliue ,  dont  la  gorge  jle  liirynx ,  lalan- 
^  '  guc  &  l’ocfophage  font  arroufez ,  bien  qu’elle  férue  auiïi 

au  gouft ,  qui  né  fe  peutia^i^jfei s  humidité.  Ces  glandes 
font  aux  enuirons  delà  racine  de  la  langue,  &  font  cou- 
uertes de  la  tunique  communedela  bouche,  &:reçoiuent 
les  veines  dcsiugulaires.  f 
[  Elles  ont  deux  petites  vejftes  adWrentes  qui  reçoiucnt 
des  glandes  les  ferofitez,&  les  reiettent  dans  la  bouche.  ] 

Les  autres  font  placées  a  la  région  inferieure  du  larynx, 
vne  de  chaque  collé  grande  &  fongueufe ,  dans  laquelle 
s’efpandent  les  veines  qui  viennent  de  la  iugulaire  exter¬ 
ne.  Elle  eft  plus  claire  aux  femmes,  &  plus  charnue  en 
Thomme  &  au  boeuf. 

Leur  vfagee^  d’arroufer  le  larynx  d  vne  humidité  qui 
n’ell pas fiuide, mais  vifqueufe  &  grade,  afin  quclescar- 
«ilagesdemennent  plus  propres  au  mouuement,  &  qu® 

la  voix 


Du  Thorax.  18  ^ 

h  voix  Toit  plus  douce.  Ceux  qui  oignent  aucc  de  l’kuile 
les  flcutcs,  imitent  cet  artifice  de  la  nature. 

\'<üfage  du  larynx  eft  d’eflre  l’organe  de  la  voix. 

Caries  organes  de  la  voix  font  de  deux  fortes,  les  vns  e^eUfen» 
prochains  &  les  autres  efloignex.  Le  Thorax  &  kpoul^  i*»  organei 
^ff»font  du  premierrang  J  [fans'quelecœury  contribue, 
parce  que  fi  on  lie  efttoitement  fes  quatre  vaifleaux,  &  fi  ^  f*»»/**- 
on  coupe  le  cœur  en  vn  chien,  il  peut  courir  &  crier  après  - 
cela ,  comme  Galien  en  a  fait  fouuent  l’expericnce  douant 
nos  Autheurs  modernes.  LTllaJlre  Ferdams  rapporte 
cnfonhiftoircdcIavie&  de  la  mort,  art.  15.  qu’vn  hom¬ 
me  à  qui  on  auoit  arrache  les  entrailles, & le  cœur, profera  ' 
trois  mots  ou  dauantage  d’vne  pricre.]  Les  autresqgjij^K 
cfloignez,fontde  plufieurs  fortcs^les  vns  prcparentœS^ 
me  la  èr4C^ftr5  les  autres  aidentàla  voix,  comme  les  muT 
les  nerfs,  &  les  autres  la  conferuent, comme  la  bou¬ 
che  S>c\egoJîer.  Mais  le  Idjnx  eftlorganc  principal ,  &  fa 
partie  qu  on  nomme  la  languette,  eft  le  propre  &  pro¬ 
chain  organe. 

Or  la  voix  fc  forme  de  cette  forte  ;  l’air  eft  fouffié  &  iet-  Ccnmtnt 


lédehors  aucc  vkefie  &  violence  par  le  poulmon,  la  fen- 
te  s’cftreflît  médiocrement ,  où. fc  forme  la  voix  par  l’alli-  • 

fion le froilTement  de  l’air  :  [comme  le  fifflement  du 
vent  qui  fc  fil[||||nttant  parla  fente  d’vne  porte.]  D’où 
vient  qu’^n/ore  définit  la  voix,  vn  coup  ou  battement 
d’air,  entendant  l’adion  pour  la  qualité  qui  en  rcfultc,  ^  rrn' 
Mais  leyô^jpirfc  forme,  lors  que  le  fouffie  fort,  l’organe  ■  ■' 
eftant  bien  ouuert. 


C’eft  pourquoy  on  ne  peut  pas  proprement  appellcr 
voix,  ce  fon  que  font  les  animaux  qui  n'ont  point  cét  or. 
ganc,  comme  celuy  de  certains  poiflbns  ,  le  coaflémenc 
nés  grenouilles,  le  bruit  des  cigales.  Arijlote  enkigne 
quelccoâflément  des  grenouilles  fe  fait  par  le  moyen  de 
lalevre  de lamafchoire  inferieure.,  qui  fe  meut  balancée 
d’-vn  poids  égal,  auec  vn  peud’eauqui  aeftéreceue.dans 
la  gorge,lalevre  fuperieure  demeurant  cependant  immo¬ 
nde,  5i  tendue  auec  tant  de  force  qu’on  leur  voit  cftinccl. 


O  O 


2^  ^  O  î}un  Second, 

lcr  les  yeux,  lîefl:  certain  ncantmoins  que  la  grenoiülîg. 
despoulmons,ôcvne  fente  au  rnilieu  du  larynx.  Enfi^ 
la  voix  cftvn  Ton  de  l’animal  que  fait  la  languette  pat  Ig 

battement  del  aitrefpiré  pour  expliquer  les  conccptiôs' 
dcrclpric.  De  forte  que  la  voix  ne  conuient  pas  à  tousles 
animaux ,  ny  à  toute  forte  de  Tons  qu’ils  font,  comme  àla 
toux  &  au  crachat ,  mais  à  celuy  feulement  qui  fe  fait  par 
la  languette.  S’il  y  a  quelques  poiflons  quifaflcnt  vnlon, 
ilslefont  parles  bronchies,ou  quelque  chofe  defem*. 
blable,  &  non  pas  par  la  bouche.  Les  animaux  qui  n'ont 
point  de  fang,  &lcs  infedes,  comme  les  abeilles ,  les 
mouches  guefpes.&les  fauicreaux,n€  font  point  de  voix, 
mais  comme  Ariptea.  forrbien  remarqué  au  4.1iu.  de 
i’Hiftoire  des  animaux,  le  fon  qui  tort  du  dos,  comme 
par  exemple  en  la  cigale,  fc  formeparlefrottem^  des 
deux  ailes.  Car  vn  certain  air  &  efprit  eft  contenu  dans 
ces  infedes  à  la  membrane,  qui  eft  fous  le  diaphragme. 
rD’âutresveulentquelesinfedesfontçcfon,cn  battant 
raircndiuerfcsfaçonsaueclcursailes.  ] 

[  Les  différences  de  la  voix  font  infimes, &  font  caufécî. 
i.par  la  configuration  de  la  bouche,  a.  pat  le  different 
battement  de  l’air,  &  la  mélodie  faite  d’vne  differente 
mcfurcjcommeaux  fleutcs.3.  parladiucifité  de  lagran» 
dear,&  desqualitezde  l’organe, comnjUfc  larynx, de 
rafpreartcrcjdupoulmon,  &  du  Thorax.  4.  félon qiicla 
voix  eft  portée  aux  oreilles  entière  ou  difpcrfce.  Nous 
pouuons  adioufteràces  différences  de  voix,  celle  qui  eft 
particulière  à  vn  chacun ,  que  les  beftes  remarquent  exa- 
dement  ,en  quoy  elles  monftrcnt  qu’elles  ont  l’oreilic 
meilleure  que  les  hommes.  Carvn  agneau  qui  ne  fait  que 
venir  au  monde ,  connoift  le  becllcment  de  fa  mcrc  entre 
mille  autre  Tons,  &  au  contraire.  Cequifc  trouue  vérita¬ 
ble  auffi  aux  poules  &  aux  poulets.  Car  onnctrouuera 
jamais  vne  mcfme  voix  en  deux  animaux  ,  parce  que 
leurs  organes  ne  font  iamais  entièrement  femblables: 
Comme  on  ne  trouuera  iamais  deux  cloches 
mefiive  matière ,  d’vn  poids  égal ,  d’vnc  fcmblable 


Dti  Thorax. 

fondues  par  vn  mcfmc  ouuriet ,  &  d  vn  pareil  artifice, 

qui  rendent  me fme  Ton. 

Les  parties  de  la  voix  font  les  lettres  qu  ondiuife  en  • 
-yoyclles  &  confonantes.  Nous  ne  formons  que  cinq 
voyelles  feulement,  parce  que  la  racine  dclalangucnc 
fcmeutqucparaittantdc  mouucmcns.  Orlaconfonan- 
tc  le  fait  lors  que  la  voyelle  eft  entre-coupée  &  modifiée 
bien  auant  en  la  partie  anterieüre  de  la  langue,  par  le 
moyen  deslevrcs&  des  dents, qui  ne  peut  eftre  proférée 
fans  vne  voyelle ,  parce  qu  elle  (cri  de  matière  à  la  confo- 
nante,quifcformcdela  voyelle  modifiée  Si  cntrc-cou- 
péede  la  mcfme  façon  que  les  fleures  font  d’vnfon  con^ 
fus,  vnfon  articulé  &  harmonieux,  lors  que  l'air  refon- 
nanteft  preiTé  &  coupé  aueclcs  doigts  par  vne  certaine: 
Ôcreigléc  mcfurc. 


CHAPITRE  -XIL 

De  iJOefofhage. 

L’Oefophage  qui  eft  nommé  la  gHcnle  ou  le  gofîer ,  & 
I  tflmtaçhi  eft  le  tuyau  ou  l’entonnoir  du  ventriculci 
comme  latracKée  aitcre  eft  celui  du  poulmon, 

Sajir»4fio».eft  telle.  Son  commencement  cftà  lagorgci 
d’où  il  delccnd  fou.vla  ttachée,au  ventricule.  Mais  quand 
il  eft  venu  àla  cinquiéme  vertebre  du  Thorax  ,  il  fede» 
ftourne  à  droite,  pour  faite  place  à  l'Aorte  qui  marche  pac 
le  milieu,  éSe  puis  il  monte  i  gauche  fur  la  grande  artere,6f 
paflant  par  le  diaphragme.,  s’en  va  àl'onziéme  vertebre, 
iufques  à  l’orifice  gauche  du  ventricule  aucc  deux  nerfe 
qui  viennent  de  la  fîxiéme  paire. 

li  a  peu  de  v«»«du  rameau  coronaire  de  la  porte,  &  de 
‘azygos  de  la  veine  caue. 

ancres  vicnentdelacaEliaquc  &du  tronc  defeen^ 
dant  de  l’aorte. 

[Etfes  nerfs  de  la  fixiéme  paire.] 


Q  o  ij 


2,91'  Llm  Second^ 

Il  a  connexion  par  fon  commencement  auec  là  gorges 
le  larynx,  par  le  moyen  de  la  tunique  de  la  bouche  qui  ça 
,  continué  au  ventricule.  lied  ioind  aux  vertebtes  ,  àlj 
trachée,  &  aux  parties  voifincs  par  les  membranes  qui 
naiflentdesLigamensdu  dos.  Or  parce  qu’il  eft  couché 
fur  refpine ,  nous  appliquons  les  to  pjiques  au  dos ,  lor 
qu’il  eft  malade. 

A».v  m»U-‘  Il  a  corfs  gUndhletiX  adhèrent  par  la  partie  poftç. 
die$  dit  g«-  rieure,quiluy  fournit  l’humidité  neceflairc  pour  hume, 

f, et, il  faut  ^^^ç,j.fagauité,afinqueladeglutitionfoit.plusairée.[Ils’eti, 

fle  quelquesfoisfi  fort  qu’il  ferme  le  palTagc  au  brcuuage 
.mdis.  &auxalimens  les  plus  liquides.  ] 

Sa  Subftance  eft  compoféc  de  trois  tuniques ,  afin  qu’il 
<  puifie  fe  dilater  plus  aifcmcnt  au  long  &  au  large. 

eft  commune  auec  le  ventricule.  Ceux  qui 
veulentqu’elle  prenne  fon  origine  des  ligamens  des  ver¬ 
tébrés,  fe  trompent  aufli  bien  que  ceux  qui  la  font  venir 
•  de  la  pleure.  Elle  jiaift  donc  du  mefmc  endroit  que  la 
membrane  du  ventricule,  àfçauoir  du  péritoine,  car  elle 
«ft  continué  à  la  membrane  du  ventricule.  Elle  eft  fort 
iîicc  ,  &  eft  prefque  fans  aucunes  fibres. 

\jifecmde  eji  la  première  fro^re  extérieure  ,  plus  char¬ 
nue  ,  plus  cfpaifle  &  plus  molle  ,  comme  fi  elle  eftoit  vn 
i  mufcle  percé,  &  eft  ordinairement  tilTuc  de;  fibres  rondes 
-  &tranfuerfes. 

Lzmijte'me  &c  \x(cconàe propre  interne  eft  plus  nerueu- 
fc,  vn  peu  plus  defliéc  &  plus  dure,  &  communément 
garnie  de  fibres  droites  &  longues,  [&  continucàlamcm- 
'  brane  qui  reueft  le  palais, la  bouche, la  gorge  &  les  leures, 
;d’où  vient  que  la  Icure  inferieure  tremble , lors  quelevo* 

:  miffement  doit  arriacr. 

Au  refte  nous  auons  le  tefmoignage  des  yeux  contre 
cetteopinion  vulgaire  ,  qui  nous  aiTcurent  quela  tunique 
interne  eft  tilTué  de  fibres  tranfuerfes  $c  circulaires  , 
irexterne  de  droites  &  oblongues. 

^  Les  mufcles  de  l’Oefophagc ,  que  d’autres  paftent 
c’y  atrefter,  font  quatre. 


Du  Thorax,  193 

tcpretftier  cfl  celuy  dont  nous  auons  fait  mention  , 
quand  nous  auons  parlé  du  larynx. 

°  Le fecoftd&c  le  ti-oinémefontgrelles.&  defliez ,  Ôc  font 
(iuez  à  la  gorge ,  &  fortans  du  palais  finiflent  au  commen¬ 
cement  du  goder. 

Le  tjuatrieme  qui  naiftde  la  partie  interne  du  menton 
s’inferc  par  duicrs  entrelaffemens  de  fibres,&  paroit  dou¬ 
ble  en  fa  fabrique.  ç->  J  r 

VJWoft  derOefophageeft  donc  animale,  puis  qu’elle 
[t  fait  par  le  moyen  des  mufcles  &  non  pas  naturelle, 
comme  veut  l’opinion  vulgaire  ,  &  la  déglutition  dépend  natmelUeu 
en  effe»^  de  noftre  volonté.  animale  ? 

Or  la  déglutition  fe  fait  en  cette  forte  :  Qu^andilfaut  J”  . 
aualler  quelque  chofe,ce  premier  mufcle  que  Galien  nom- 
mele  Sphinder,fcre(Terre  de  tous  codez  ;  d’où  vient  que  ,^5», 
fes  fibres  obliques  qui  vont  de  l’Ocrophagc  au  larynx, 
deuiennent  tranfuer fes  ,  &  quand  cela  arriue,  le  larynx  fc 
leue  &  le  gofîer  fe  bailTc,  &  la  cauicé  du  gofier  abailTc  s’e- 
ftrelTit.  Le  quatrième  mufcle  donne  fecours  à  celuy-cy. 

Car  comme  le  premier  eftantrelTerréenuironne  les  vian¬ 
des  ramalfées  par  lamalïication,  &  les  prelTe  cnlesenj- 
bradant  :  Aind  ce  quatrième  fe  rclTerrant  vient  des  parties 
anterieuresaudeuant  de  luy,  &  empefehe  de  toutes  parts 
que  les  chofes  prifes  par  la  bouche,  ne  remontent  ,  les 
pouffe  &  les  enuoye  à  rOefophage  :  De  forte  quedel’vn 
&l’autre  mufcle  relTcrré  &  demi-fpherique  iointenfem- 
ble ,  il  fc  fait  comme  vn  cercle  entier,  &:  vn  fpliinder  par¬ 
fait.  Tous  les  Anatomiftes  prcfque  fe  trompent  en  fa  fa- 
briqucjôc  ignorent  fon  veritable  vfage,  ou  l’attribuent  à  la 
tnafti cation  &  au  raouuementdelaUngue. 

'^'Ffageàn.  goficrcft,  afin  qu’il  ferue  comme  d’enton. 
iioir  pour  porterie  boire  &le  manger  à  l’eftomach.  Ot  qud^ue 
bien  qu’on  aualle  plus  aifément  les  chofes  liquides  que  les  fois  on  4- 
iolidcs,  îl  arriue  neantmoins  le  contraire  en  quelques  ma- 
«des  qui  ont  befoin  que  la  faculté  foit  plus  irritée 
plus  fort  obied,  qui  autrement  demeureroitallbupie,  fur  '^^TLeUt 
’toutenlaparalyfie.  li<iuidts. 

O  O  iij 


Jjme  Secondy 


1 


194 


CHAPITRE  XIIL 
Du  CûL 

L'ECoI  cft  vnc  appendice  qui  a  cfté  adioufté  an  ventre 
moyen,  &  tient  le  milieu  entre  la  telle  &  IcThorax. 

Il  cft  ainft  nommé  de  Cole  qui  fignifie  orner, parce  qu’ôn 
a  aceouftumé  de  le  parer  :  [ou  de  ceilis  colline ,  parce  qu’il 
s’efleue  du  corps, comme  vnc  collin  c  de  la  terre,] 

Il  cdohleng  pour  rendre  la  voix  harmonieufe.  Ccd 
pourquoy  les  animaux  qui  n’ont  point  vnc  véritable  voix, 
comme  les  poiftbns  &  les  grenouilles,  n'ont  pas  auffide 
cols  Et  ceux  qui  ont  la  voix  fort  grande,  ontlecolfort 
long,  comme  les  grues,  les  oycs,&c.  [LagrolTeurdu  col 
fe  change  par  iVlagc  de  Venus, parce  que  la  chaleur  diUtc 
rafpréartere ,  lacarotide  &  les  iugulaires.  De  là  eft  venue 
la  couftume  des  anciens  Romains  de  mefurcr  le  col, par 
où  ils  connoifloient  le  lendemain  desNopces,filama. 
liée  auoit  efté  depucellée  ou  non,,  comme  nous  l’apptc. 
îions  de  Ctitülle  Sc  de  Mercurial.] 

La  partie  poftericure  du  col  fe  nomme  proprement 
Cerna;  la Nuqtie.  Orles  parties  du  col  font  ou  externes 
comme  la  peau,  lesmufclcs,&c.  ou  internes  commelçs 
vaiftcaux  qui  y  palfent ,  la  trachée  8c  rOefophage.  Nous 
auons  parlé  des  derniers,  Ôc  parlerons  des  autres  en  leur 
lieu. 

[Vrfage  du  coleft,  i.pourl’Oerophage,I'arprcartcre6î 

les  poulmons.  D’où  vient  que  les  animaux  qui  aufli 
point  de  poulmons, comme  les  poiftbns, n’ont  pomtn’ont 
de  col.  Z.  afin  qu’iHcrue  aulieu  de  main  en  quelques** 
nimaux  pour  prendre  l’aliment,  comme cnfeignc(7<j/i^^; 
3,  afin  qù  il  diftnbué  des  nerfs  aux  parties  anterieures,* 
1  cfpaule, au  coude, à  la  main  Seau  diaphragme. 
feulement  qui  ont  vn  col ,  ontccspatcics.J 


livre  troisiesme 

de  la  cavité 

Supérieure^ 


SA  Teftccftietroifîémc  Ventre  &  le  Supérieur,  Vourquey 
le  principal  feiour  de  l'ame  fenfitiue.  La  natu-  Utefte  tji 
re  l’a  placée  au  plus  haut  lieu  ,  parce  qu’elle  y 
vouloir  mettre  les  yeux  en  fentinelle  ,  comme 
dansvne  efehaugette ,  &  afin  que  leurs  nerfs  qui  à  caufe 
deleurmolleflen’euffent  peu  faire  vnlong  chemin,  fuC- 
fent  près  du  cerueau  qui  en  eft  la  fourcc. 

La  telle  eft  ronde  oufpherique ,  vn  peu  neantmoins  ap-  rigun. 

platic  &  oblongue. 

ia  Tefte  de  l’homme  furpafle  en  grandeur  celle  des  ^^grMdeur. 
autres  animaux  à  proportion  du  corps, à  caufe  de  la  quan- 
titéducerucau.  La  nature  l’a  faitoffeufe,  afinqu’ellcfat 
fortifiée  d’vne  plus  feure  deffencc.  fuhfim- 

Onladiuifc  en  partie  cheueluë,  &en  celle  qui  tte  l'efi 

J*s. 

Celle  là  fc  nomme  le  crâne,  &  celle  cy  la  face. 

On  compte  entre  les  parties  externes  du  crâne 
Ee  Sytteiput  qui  eft  la  partie  anterieure  de  la  tefte ,  de¬ 
puis  le  front  iufqucs  à  la  future  coronalc. 

^'Occiput  eft  la  partie  pofterieure, depuis  le  commence¬ 
ment  delà  future  lambdoide,  iufqucs  à  lapremicrcvcrtc- 
wc  de  la  nuque  du  col. 


2,  ^6  Lime  mifiefmti 

ht  Sommet  cftlapartie  moyenne  &  connexe  qui  gft 
tre  ces  deux. 

Les  Temples  font  les  parties  latérales  entre  les  yeux 

les  oreilles. 

Or  les  parties  qui  conftituent  le  Crâne  font  les  vnes  con¬ 
tenantes  &  externes,  &  les  autres  contenues  &  internes. 
Celles  là  font  ou  communes,  comme  la  cuticule  &  U  pejù 
cheueluc)  la  graifle&la  membrane  charnue,  ou  propres, 
comme  le  pericrane,  Icperipftc,  les  mufcle  ,lcs  os, 

deux  méninges.  Les  contenues  font  le  cerueau  ,  le  ccre- 

belle  ôc  la  moelle  qui  eft  en  partie  dans  le  crâne  &  en  pir, 
tieàrcfpine. 

Laparticpff//(r(j«/i{«ffpoi/delatelle  fc  nomme  la  Face. 
Elle  a  des  parties  propres  outre  les  contenantes,  à  fçauoit 
la fuperieure qu^pn nomme lc_/>£)«f,  & l’infericufeoùfont 
les  organes  desfens ,  comme  les  yeux  ,  les  narines,  les, 
oreilles  &  la  bouche  qui  contient  d’autres  parties., 

CHAPITRE  1. 

Du  Pmi. 

La  tefte  efliantle  lieu  le  plus  abondant  en  poil ,  il  fern^ 
ble  qu'il  eft  aulTile  plus  commode  pour  expliquer  fa 
nature. 

nitî-  Le  poil  fe  trouue  prcfque  en  tous  les  animaux  qui  cn- 
ftiJtux  ont  gendrent  au  dedans  d’eux  mefmes,  félon  le  tcfmôignagc 
W»  d'^rifiote,i\i  lieu  duquel  les  poiflbnsont  des  efcailleSjlcs 

oyfeauxdes  plumes  ,&  quelques  animaux  ,  comme  les 
heriflbns,  des  aiguillons  oblongs. 

Le  poil  eft  vn  corps  àla  vérité,  mais  non  pas  vne  partie 
du  corps,  linon  en  vn  fens  vafte  dans  lequel  on  dit  qu^ 
quelques  parties  feruent  pour' l’ornemenr. 

h^  caufe materielle  prochaine  àa  poil,  eft  les  vapeursfu* 
îigineufes  5c  excrementeufes,  cralîes  &  terreftre.s, 
peu  virqueufes.  ^  ^  ^ 


'De  laTefle.  ly/ 

lî  n’eft  donc  pas  vvay  que  le  poil  &  les  ongles  fenour-  siUpy,ié> 
tilTent  &  s’cngbndi-ent  dvn  bon  &  louable  aliment,  car  lesongUsft, 
iis  croilTcnt  mefmes  aux  hediques  &  aux  tabides  ,  &:  nourripnt 
eftanscouppez,ilscr9i(rententousaages,  &plus  prom- 
ptement  fi  on  les  couppé  fouupnc.  Ils  croiITent  mefme 
aux  morts, cemme  aux  yoleurs,  &c’.  Ilfautlire  P^refurla 
fin  de  fes  œuures,  qui  a  tenu  24.  ans  dans  fa  maifon  vn 
corps  embaumé, à  qui  le  poil  &  les  onglescroiiïbiét  toutes 
lesfoisqu’illcsacoiippez.  D’où  il  s’epfuit  qu’ils  nailTent 
des  excremcnS'fuligineux&:  des  vapeurs  [de  la  troifîefmc 
coéiioa ,  ou  de  la  fiibftance,  raefmc  charnue-  refoute  par» 

quelque  chaleur.] 

La  mâtine  epi^nee  du  poil  n’eft  pas  quelque  portion 
delà femence,  de  laquelle  naifle  le  poil  comme  vnc  petite 
fleur,  mais  l’humidité  fiiperflué  ,  fur  tput  celle  qui  eft 
contenuëdans  les  glandes.  C’eft  pourquoy  ilyadupoil 
le  plus  fouucnt  aux  lieux  où  il  y  a  des  glandes, comme  aux  ‘ 

oreilles, fous  les  aiffelles, aux  aifnes,&c.  Que  fi  quclqdes- 
fois  il  n’y  en  a  point  ,  ce  defaut  arriue  par  la  trop  grande 
abondance  d’humidité. 

Car  le  Iten  où  le.  poil  s’engendre, ne  doit  pas  eftre  trop, 
humide,  ny  tropfec.  Ainfi  voyons  nous  qu’il  ne  croift 
rien  aux  lieux  marefeageux.  &  humides ,  ny  en  vne  terre 
trop  feiche  &  aride. 

C’eft  pourquoy  \%feAH  qui  eft  vne  partie  tcmperée,eft 
Iciieu  propre  pour  la  génération  du  poil ,  mais  fi  elle  eft 
trop  humide  ou  trop  feiche  ,  comme  elle  fe  trouue  en 
quelques  vns ,  le  poil  ne  peut  pas  fortir  :  D’où  vient  que  Veurqmy 
Icsanimaux  à  coquille  &  à  efcaille  comme  les  efcreuifïes  «»i- 
&  les  huifttes, Sic.  n’ont  point  de  poil.  •  mauxà  cê^ 

Il  faui.ddnc  que  la  peau  où  doit  venitle  poil,  foit  feiche  ‘IçîJnf'  " 
par  mefure',  afin  qu’il  ne  tombe  par  fa  racine,  &auffi  font [«m 
raoderément  lafehe  &  rare, afin  qu’ii  puifTc  pénétrer  .C’eft  pcH. 
pourquoy  le  poil  peut  venir  par  toute  la  peau, parce  qu’eU 
le  eft  poreurc,&  mefme  il  y  a  dans  chaque  pore  vne  racine  . 

^  poil,  excepté  à  la  paulme  de  la  main ,  &  à  la  plante  du 
pied,quinepcuueH£  auoit  du  poil,  à  caufe  de  leur  artri- 

PR 


Lts  chûfes 
.ne  cejf aires 
four  la  ge¬ 
neral  ion 
du  poil. 

Les  eaufes 
de  la  chau- 
.  ueté. 


Vourqucy 
'■  lefyncifut 
feul  peut 
deaenir 
fhmue. 


198  LiureTmJtefmiy  1 

tion  contînuclle,  &  parce  qiiervne  &  l'aufre  deuoi  I 
auoirle  fentimcnc  fort  exquis.  Au  contraire  ,  le  poil^^*  ' 
fçauroic  ventraux  cicatrices , à  caufe  qii  elles  n'ont  ooin^ 
de  pores.  ^ 

La  caufe  effet  ente[^f^  pas  l’amc  ou  la  faculté  vc^etan. 
te  pilifique,  mais ]  vne chaleur  ihoderée  quitieffeicdeccî 

vapeurs  fuligincufes,&quilcschaffe  dehors  dans  les po. 

resdelapeau. 

Ces  trois  chofes  que  nous  venons  d’expljqucr,  fontles 
jirincipales  qui  font  rcquifes  pour  la  génération  du  poil, 
c’eft  àiçauoir  la  matière . \tlieu  conucnable  &  la  chaleur. 

D  où  on  peut  tirer  par  la  rci^ e  des  contraires ,  les  caa^ 
fesdclachauneté. 

.  I  Lors  que  la  matière  manque, 
a.  C^nd  la  peau  cft  trop  feichc  naturellement,  que 
puis  api  éselle  fe  dcffeiche  dauantage ,  &  qu’elle  n’eft  pas 
humeûée  par  quelque  partie  vaifîne.Ce  qu’il  fâutenten. 
dredu  Synciputquiprefque  feul  dcuicntchauue, au  lieu 
que  peifonne  ne  l’eft  par  derrière ,  comme  dit  Arifiste. 
Car audeuant  delà  tefte  ,  il  n’y  apointdemufclcs  nyde 
graifle  entre  la  peau  &  le  crâne,  comme  au  derrière  &  aux 
templesiC’cft  pourquoy  la  peau  fe  rendant  en  cét endroit 
grandementdure,leschcueux  viennent  itomber. 

J.  Lors  que  la  chaleur  eft  trop  foible  ou  trop  vehe- 
mente ,  la  foible  ne  deflciche  pas  alTez  la  matière  comnic 
aux  vieillards  &c.  quifontfroids  & humides.  Lachaleut 
trop  grande  &  trop  feichc  brufle  entièrement  les  racines 
dupoil.Delàvient  querhumeur  s’efehaulfant quelques- 
fois  trop  par  le  coit,ondeuientchauue,aulieuqac  lescn- 
fans  &  les  eunuques  ne  le  deuienncntiamais. 

[4.  François  de  Paz,  Médecin  du  Roy  d-’ECpagne,  a  ob* 
fetué  que  quatre  Laboureurs  des  enuirons  deBruxelleJ» 
fontdcuenuschauucs  parlepcifon,  comme  il  l’acfcritl 
Nie-  Fontanus-  Hamelmannus  rapporte  en  fes  Annales» 

quelccheual  du  Comte  d'Oldenbourgeftdeuenuchaii- 

ucdecettc  façon.  Ce  qui  peut  élire  arnuc,  ou  parce 
ce  venin  elloit.  contraire  au  poil,  par. vne  vertu  fpccifiq^®» 


e:  ipp 

ints&  les  forces  abba- 
Tues,  les  racines  du  poil  ne  fc  pouuoient  pas  tenir  à  la 
peau-  ]  Ijf 

^  Ondiftinguecomrnunement  le  poil  en  ceux  qui 
Æ»r4«^cl’animal5& ceux  c[nf  vfe»nent  apres  qu’il  eft  né. 
Ceux  dtt  premier  rang  naiflent  auec  nousdansla  ma¬ 
trice  delà  mere,  &  (ont  de  rrois  fortes  ;  Ceux  de  la  telle, 
ceux  des  rourcils,& 0611x465  paupières. 

Ceux  du  fécond  otdic  nailTenc  enThomniehors  de  là 
iBatrice,lorsqu’deftvenacn  vn  aage  propre  à  cela,  à  fça- 
uoir  lors  que  la  (emence  commence  à  venir  aux  garçons, 
&  que  les  purgations  commencent  aux  filles ,  car  l’cxtre- 
jïiiiédela  peauferarcfiealors. 

Ceux-cy  fonrauflide  trois  fortes.  Can.  le  poil  vient 
au pcnil, [rarement  à-La matrice  &  au  coeur,]  pinsfousles 
âiflcllcs,  [dâs  lesnarines;& les  oreilles,]  &  enfin  au  men¬ 
ton  des  hommes  j  &  non  pas  àceluy  des  femmes,  parce 
que  leurs  purgations  confument  la  matière  de  la  barbe, 
tfofi  vient  que  quand  elles  s’arreftent  quelques  fois  ,  il 
Vrcnt  dé  la  barbe  au  mêcon  de  quclques-vnes.  [C’eft  vue 
chofe  extraordinaire  ,  ce  qu’on  dit  d’v ne  fille  dejo.  ans, 
qui  a  efté  -veue  da  Tappartement  des  femmes  de  l’Archi- 
duchefled’Auftriche,  qui  portoit  désfa.tcndrc  icunclTc 
deuant  qu’auoir  eu  fes  m.ois,vne  barbe  aufli  longue  que 
celle  d’vn  homme  auec  des  mouftaches  :  il  n’y  a  pas  long¬ 
temps  qu’on  en  a  veu  vne  autre  en  Fraacc  &  en  Hollan¬ 
de  ,  qui  cftoit  fort  velue  par  tout  lecorps ,  &  qui  outre  la  ^ 
barbe  &  les  mouftaches  qui  eftoient  lemblablesà  celles 
dts  hom mes,  auoi  t  des  poils  aufli  long?  que  la  barbe,  qui  * 
luyfortoicnt  des  oreilles.] 

L  vfagcdupoileit: 
t-  Pour  couvrir  les  parties^ 

Pour  leur  ornement.  Ce  qui  paroift  principalement  ■ 
Wx  theueux  de  la  tefte,  &  aux  poils  de  la  face.  Car 
1.  Les  theueux  deffendent  le  cerneau  humain  des  iniu- 
externes  du  troid  &  de  la  chaleur.  [C  cft  pourqaoy  1% 
*^tutc  a  donné  dux  £ chiopicns  des  cheueux  frifeji ,  &  cn« 


De  la  Tefi 

oarccqne  les  cfprits  eftansefte 


^00  Lkre  troifcfme, 

tortillez  d’vnefaçon  particulière,  contre  les  chaleurs  W 

ceffîues  de  leur  pays.]  Comme  l’homme  a  le  cerueau  ply" 
grand  que  les  autres  animaux ,  aulîia.il  plus  de  cheueux 
que  les  autres.  •• 

1. Ils  echaufFentmoderéHientlatcïlejquieft  depout. 

U  eue  de  grailTe  qui  puiffel’echaufFer,&  qui  n’aqu’vnj 
fubftamceoflcufebicntfloignéc  de  la  chaleur  du  cœur;  H 
fautlaifler  les  cheueux  longs  auxvns,  &  les  couper  aux 
autres, fuiuant  1  auis  des  Médecins ,  mais  il  ne  les  fautia. 
mais  rafer  tout  a  fait,  parce  que  cela  excite  les  defluxions' 

C’eftainfî  que  la  barbe  fomente  &  échauffe  modérément 

les  mâchoires  &  le  menton. 

haMt  Ilsferucnt  d’ornement  :  car  les  chaunes,  8c  ceux  qui 

fontfans  poil,  font  difformes  ;  Ainfi  la  barbe  orne  l’hom- 
me,  &  le  rend  venerable ,  fur  tout  fi  elle  eft  garnie  de  poil 
detous.coftez.  La  nature  ayant  pourueu  les  femmes  des 
charmes  mecefiaircs  pour  le  rendre  aimables  ,  elles  n’a- 
uoient  pas  befoin  de  cette  forme  qui  les  rendifi  véné¬ 
rables. 

[  III.  Il  fert  auflî  pour  purger  les  humeurs  8c  les  efptits, 
8c  tout  le  corps  des  excremens  fuligineux  qui  font  fupet- 
fîus.  D’où  vient  qu’il  fert  beaucoup  à  rendre  la  veueex- 
€ellcnte,de  couper  fouuent  les  cheueux,  ôc  que  Cf //w 
ordonne  les  tondre  iufqu’à  la  pgau  en  la  defluxion  de  pi¬ 
tuite  qui  a  duré  long-temps. 

IV.  11  donne  ^ux  Phyfiognomiftes  des  marques  du 
tempérament  d’vn  chacun  ,des  moeurs  de  l’efprit  8c des 
maladies  occultes.] 

La  formt  ;La  ferme  du  poil  [n’ed  pas  l’ame  ,  comme  plufieurs 
4u  }otl.  veulent,  parce  qu’ils  croiflent  aux  tabides,  8c  mefmes  en 

ceux  qui  fout  morts  dans  lefqucls  ceux  qui  croient  auec 
P/mpw,  que  l’ame  dcmcuie  vingt-quatre  ans,  nefcin- 
blent  pas  bien  fenfez:  mais]  on  la  peut  dcfciirepar  ces ac¬ 
cidents. 

i.  "Lz  grandeur  ■  les  cheueux  de  la  teftcfont  plus  longs 
que  le  poil  des  autres  parties,  parce  quc  le  cerueau  eft  p"* 
grand  qu’aucune  des  glandes,  ôc  plus  greffiers  aufÏÏ; 


T)e  taT^Jîe.  301 

xequelapcaude  Iatcfl:eeftpluserpai(rc,&  ncantmoins 
poreure,&  qu’elle  concicnc  aflcz  d’humidité. 

^  Lcscheueux  dcuicnnent  pat  confcqucnc  groflîers  ou 
déliez,  durs  ou  mois,  cfpaisou  clairs,  &c.  félon  que  la 
peau  eft  efpailfe  ou  deliée ,  rare  ou  denfe,  que  l’humeut 
cft  abondante, ou co^petitc  quantité,  &  que  la  chaleur 

eft  foiblc-ouforto. 

[  llfalloitqueceluy  dontla  telle  cftoitàl’efpreuue  du 
nioufquet ,  l’eut  garnie  d’vne  foreft  efpailTe  de  cheueux, 
que  Bushequius  a  veu  en  fon  voyage  de  Conftanti- 
nople.  ] 

a.  hz  Figure ‘Ac  poil  cil  droit  Sc  vnyen  ceux  qui  font 
fort  humides ,  mais  il  eft  frisé  en  ceux  qui  font  fecs.  C’eft 
pour  cela  que  celuy  qui  cft  frisé  eft  plus  dur  que  le  droiét. 
De  là  vient  que  tous  les  Ethiopiens  ont  le  poil  frisé  à  cau- 
fedelaficcité  de  leur  tempérament  ,  au  lieu  que  celuy 
des  Scythes  &  des  Thraces  eft  long  &  droiél ,  parce 
qu’ilsfont humides, comme  tcfmoigne  Arifiote 
fefait  droidàcaufe  que  les  pores  par  où  fc  fait  l’euapo- 
ratioüjfontdroids,  &  frisé  quand  ils  ne  le  font  pas.  [Oa 
voit  par  le  moyen  des  mictofeopes  que  le  poil  cft  qua- 
drangulairc. 

Il  eftauffi  poreux  &  creux,  comme  la'maladie  nouuellc 
de  Pologne  qu’on  nomme  Flica  Pohnica ,  le  poil  d’Elan, 
&  les  microfeopes  le  monftrcnt,  comme  Monlieur  Gaf- 
fend  le  remarque  en  k  vie  de  l’illuftre  &:  incomparable 
M.de  Peirefci  II  dit  que  c’eft  poui;  cette  caufe  que  jfi  on 
met  vnc  peau  de  cerfau  fonds  d’vne  cuue,  èc  qu’on  la 
couure  après  de  peaux  de  bœufs  ou  de  quelque  autre  ani¬ 
mal,  anlfi-toft  qu’on  y  a  versé  de  l’eau,  elle  fe  dégagé  de 
de(rouslesautres,&  vient  à  nager  par  deflus.  Nous  en  at^ 
tribums ,  dit  il ,  la  C4ufe  ace  que  les  poils  du  cerf  font  plus 
unes  que  ceux  des  autres  animaux  (  car  les  microfeepes  nous 
font  voir  que  chaque  poil  efi  comme  vn  canal  ou  tuyau  )  de 
forte.qu  eftans  remplis  d'air,  ils  font  dans  l'eau  vn  effort, com- 
vue  veffie  enfie'e.  Il  y  a  apparence  que  cela  ne  contribue  pas 
peu  aJa  vifiejfe  la  legereté  de  cet  animal ,  lors  que  cette 
P  p  ii) 


joi  Troificme^^ 

CAuités  enfed'effrit&deve»t,*caKfe  de  U  chaleur  que! 

mouuemem  excite-  lointquc  puisquclts  poilslefenden/ 

il  faut  qu’ils  ayent  des  conduits  ,rcIon  dired’^^-,y^P^^  j 

L*  canÇeàe  3*  La  couleur  dii  poilaux  belles,  Cfticmblable  àcdic 

U  codeur  delà  peau  Elle  dépend  du  pays,  de  l’air  qui  l’enu-ironne 

4upoii.  de  l’humeur  qui  prédominé,  de  raagc,  &c.  ^  ’ 

Car  ceux  qui  demeurent  en  des  pays- chauds  &  fc(^ 
ont  le  poil  non  feulement  fec ,  frifé  &  fragile ,  mais  noir 
aiilTicomme  les  Egyptiens, les  Arabes, les  Indiens,  les 
Efpagnols,  les  Italiens  &  les  François  en  partie  ont  le 
plus  forment  les  cheueux  noirs.Ceux  qui  habitent  aucon- 
traire  en  des  pays  humides  &  ti.oids,  comme  les  Danois, 
les  Anglois,  les  Noruegeois,  les  Suédois,  les  Scythes, &c. 
ontlepo’l  non  feulement  mol  &  droit,  mais  aulTi  le  plus 
fouuent  blond  ou  blanc. 

L’humeur  qui  prédominé,  donne  auflî  la  teinture  au 
poil  Dcibrte  queceluy  des  pituiteux  cft  blanc,  &  ainft 
desautres. 

La  chaleur  contribué  anffi  a  la  diuerfité  de  la  couleur: 
La  chaleur  immodérée  rend  les  cheueux  noirs ,  parce 
.  qu’elle  cuit  l'excremcnt  vaporeux  ,  &  le  conuertiten 
vraye  fnye.  Latemperée  les  rend  roux, celle  qui eft  plus 
temperée,  blonds,^  blancs  celle  qui  eft  foible.  Ces  deux 
,  caufes  concourent  aifément  i  donner  ces  couleurs  aux 
cheueux  :  Ainfî  la  foiblcfle  de  la  chaleur  accompagne  l’a¬ 
bondance  de  la  pituite,  &  la  chaleur  cft  modérée, lors  que 
le fang abonde,  5çc. , 

L’aage  qui  fait  tant  de  changemcns.caufe  ccluydela 
couleur  des  poils.  Car  ils  viennent  aux  plus  adulte!  non 
feulement  plus  greffiers,  plus  durs,  plus  forts  Stplustf- 
pais, mais  enfin  auffi  blancs  &  chenus. 

[  Il  n’y  a  point  de  poils  verds  au  c®rps  humain, encore 
qu’ily  ait  de  la  bile  verre  &:  de  couleur  de  poirreau,  dont 
il  ne  faut  pas  chercher  la  caufe  dans  refpailTcur  du  pod 
qui  cft  moins  capable  de  lunicrejCÔmc  Carda»  a  eftimé» 
parce  qu’ils  rcçoiuent  bien  le  launc,  &  que  les  plumes  des 
perroquets  font  vertes,  fans  que  leur  elpaifleui  empef- 


De  Id  Tejle.  joj 

jhericn.  Mais  il  faut  dire  aucc.5frf//g^>«,  que  comme  tou- 
tes  fortes  de  couUurs,  ncconuicnncut  pasaux  plantes, 

auifi  ne  font-elles  pas  au  poil.] 

Les  anciens  on  cteu  que  les  cheueux  blanchilToient  en 
la  vicil!effe,àcaufedcla  Icicherelle ,  comme  les  fucilles 
des  arbres. 

Mats  réfuté  leur  opinion.  Car  ceux  qui  vont  Viurquey 

laieftccouucrte, blanchiflentpluftoft ,  & neantmoinsils  eheueux 
ne  fcichcnt  pas  tant  que  ceux  quiexpofentàl’air  la  te- 
.  ftc  nue.  loignez  à  cela  qu’il  y  a  quelques  vns  qui  blan- 
chilTcnt  incontinent  après  qu’ils  font  ncz.Cc  qui  ne  peut 

venir  de  feicherelîè. 

Or  ceux  qui  vont  la  telle  couucrte,  blanchi {fent  plu- 
(loft,  parce  que  la  chaleur  ne  peut  s’euenter,  à caufe  de- 
quoyclle  s’eftouffe  &s’efteinft,  &  alors  l'externe  s'intro-  vmUteJh 
duit:  De  forte  que  la  putrefadion  cftla  caufe  qui  rend  auuertt,^ 
les  cheueux  blancs ,  à  caufe  du  defaut  de  la  chaleur  natu- 
relie,  lors  qu’elle  ne  peut  pas  fi  bien  cuire  les  humeurs, 

'  comme  enlaieunefle.  Orentre  les  parties  du  poil, celle 
quieftla  plusdeliée  &  qui  cil  rextccmité,eùil  y  a  fort 
peu  te  chaleur,  blanchit  principalement. 

Q^nt  àla  caufe  qui  rend  vne  humeur  blanche  parla 
putrefadion ,  elle  eifi: ,  félon  lefentimerit  à’jirfftote  » 
qu’vne  grande  partie  derhumeur  cil  conuertic  en  air,  ^ 
quiellant  meilé  dans. vne  fubllance  terreftre  &  aqueüfc, 
fait  la  blancheur.  De  là  on  peuttirer  laraifon  de  ce  que  mchipitt 
Icpoil  hiâchitpluftoll  à  l’cnrour  des  temples,  parce  qu'il  pluftofi  à 
y  aencét  endroit  fous  la  peau  des  grands  mufcles  &  char-  l'entour  dts 
nusquife  pourriflent  plusaifement,  àcaufederhumidi- 
té.  loint  que  les  os  des  temples  font  fort  minces ,  &  pat 
confcqucni  la  chaleur  externe  peut  palTer  aiféraent. 


CHAPITREII. 


Des  Membranes  (jui  font  dedans  ou 
dehors  le  Crâne. 

LE's  membranes  externes  qui  couvrent  le  crâne ,  fo^i 
deux.  Le  P^ericrane  Si  le  Periofle  :  Les  internes  quien- 

uelopcntle  ccrucau,  font  deux  aulîî,  &  font  nommées  les 
meningcs&lcsmercsrLaDure  lilerc.&laPie.Merc^c’eft 
àdire,  la  membrane  efpaiffc  la  debée,  quifontletnef. 
me  office  dans  leur  cauité,que  la  pleure  dans  la  raoyennc, 
&  le  péritoine  dans  l'inferieure. 

Le  Pericrane  eft  vnc  membrane  deliée&  molle, qm 
enuironne  le  crâne,  prend  fou  origine  de  la  dure  -mere,  & 
fort  par  les  futures  du  crâne. 

[  La  grande  fympathic  du  cerucau  &  de  fes  méninges 
Vvfage  auecle  pericrane,  monftreaflezqu  il  vient  dcl'adurenic- 
des  menin-  ffinge,  qu’on  nc  peut  expliquer  plus  commodémentpar 
^esdu  cer-  aucune  autre  raifon.  îoint  que  cette  produftionduperi- 
ma».  crâne ,  qui  vient  de  la dure-mere,  le  void  manifeftement 
aux  enfans,  dontlcsos  du  crâne  ne  font  pas  encore  bien 
vnis  &  bien  ioints  par  le  moyendesftiturcs.  Sicet^«4- 
j,  tomifie  de  Rofioch  cuit  bien  remarqué  cela,  fl  n’cuftpasfi 

f  ^  rudement  cenffiré  cette  opinion  ,  &  n  auroit  pas  aceufé 
d’erreur  Bmholin  fi  temerairement.  Les  fibres  par  le 
moyen  defquelles  il  penfe  que  le  pericrane  eft  feulement 
attache  auec  la  dure-mere.,  ne  dcftruifcncpas  nofireféH' 
timent.  Car  les  os  yenans  à  s’endurcir  &  fe  férrer  iflftû* 
fiblcment ,  cette  continuité  du  pericrane  &  de  la  dure  me- 
re,fc  rompt  auec  le  temps,  de  forte  qu’il  ne  refte  que  ces 
fibres  qui  ont  trompé  noftrc  cenfeur.  ] 

Le  Periofletik  vne  membrane  fort  déliée  &  nerueufe, 
&  par  confequent  fortfcnfible ,  duquel  tous  les  os,  exce¬ 
pté  les  dents,  eftans  couuerrs ,  ils  ont  fentiment  par  fo» 
moyen. 

Mous 


DetdTèfle.  ,  305 

>Î0US  diftihguons  ces  deux  membranes  auec  T^efale  & 
j5^£^/»,eontre  l’opinion  de  F<*//ope,dc  Du  Laureus,pc  âes* 

au  res  qui  les  confondent. 

Les  diuetsmufcles  qui  fbntâl’cntour  de  latcfte,  fc- 
rontexpliquezcnleurlieu-  ’  < 

L’efpaiffe  meninge,o, U  la  dure  membrane,  que  d’autres 
Tjommcnt  iaDuic-mecejàcaurcdefonerpaiflreur  &  de  fa 
dureté,  &  que  plufieurs  eftiment  que  toutes  les  membra¬ 
nes  du  corps  naiffent  de  cette  membrane  &  de  lapie-me- 
re.  Elle  enceint  pat  .dedans &'dc  touscoftez  le  crâne,  & 
toutes rescauitcz,&  finuoritez,.&:  cft  fortement  adheren-- 
te àfa-bafe, defaçon  que  quelques-vns ont creu  quelle 
en prenoitfon  origine: 

Or  elle  ccuûre  lafchemcrtt  le  cerucau  &  le  crâne  par 
dêdans.afinquily  ait  quelque  diftance,  comme  celle  qui 
cft  entre  le  cœur  &  le  péricarde ,  &  que  fon  mouuemenc 
nefoit  empcfcbé. 

Lé  momimefft  du  t&rHeâu^cOi  corapofé  de  fyftole  &  de 
diaftole,  5c  eft  continuel,côme  celafe  peut  remarqtfer  aux 
btefteures  de  latcfte,  [en  ceux  qui  viennent  de  naiftte 
aux  grandes  douleurs  delà  tefte, corne  Fab.Htlianus  ^  ob- 
fecué,]  &  comme  nous  l’auons  veu  en  ceux  quiauoient 
cftéblcftezàlatefte.C’cft  pourquoy  nous  nous  cftonnons 
qu’il  fe  trouue  quelques-vns  entre  les  dodes  qui  nient 
cemouuemcnt  ]Mais  il  n’cft  pas  aiféd’ch  donner  la  vé¬ 
ritable  caufe:  les  vns  l’attribuent  aux  méningés,  les  au¬ 
tres  aux  artères  &  les  autres  à  la  fubftance  du  cerueau. 

On  ne  dtïit  pas  l’attribuer  aux  méninges.  Car  Riolam 
remarqué  en  v  ne  brebis  viuantc  ,le  mouuement  du  cct- 
ueau ,  bien  qu’yne  grande  portion  du  crâne  &  les  me* 

Ringes  mefmcs  fuffeht  oftees.  Ceux  qui  le  donnent  aux 
aitcresjont  plosde  raifon.  Car  le  mouuement  du  cer¬ 
ueau  s’accorde  auec  celuy  des  arteres,  comme  il  eft  aifé 
dcleremarquer  à  la  tefte  des  enfans  &  aux  fradurcs  du  ’ 
crâne.  FvaUus a  mcfmes  obfcruéaux  blelTez àla tefte  iuf- 
ques  au  cerueau  qui  font  à  l’agonie, que  quelques  artères 
apparentes  fc  raouupient  ôc  non  paslafubftanccducer- 

ueaup 


DeUTeJle.  .307 

JJexfücation  de  la  première  Figure 
de  la  T'eJle, 

Cette  figure  monftrele  ccrueaucouuertdé  la  dürc-merc, 

A.  A.  ladure  merei^ffi  couvre  la  pmi  é4roiteducerfieaù» 

B.  B.  la  dure-mere^uieuuelope  la  partie  gauche  Ah  cerueau, 

C.  C-  C-  le  troifiérne  fmusde  la  mere  >  ou  le  fnus  fuperieur 

de  la  faux  i  qui  ejf  efleudu  félon  la  longueur  de  la  tefle- 

D.  D .  D.  D.  deux  conduits  qui  fe  touchent  ^  fe  rencontrent 

mutuellement ,  &  qui  font  leurs  cours ,  comme  les  vei¬ 
nes  par  la  dure- mere  du  cerueau  des  de tfx  cojle^ 

Ei  E.  le  conduit  dda  dptre  mere  du  cerueau  ^  qui  e fl  continu 
auec  la'  fxiéme  veine  qui  entre  danj  le  crâne- 
FrFrF.  lesvaijfeaux  qui  entrent  par  les  trous  du  crâne 
qui  lient  les  vaijeaux  de  la  peau  de  la  teficy  ceux  de 
la  dure-mete 

G.  G  G  les  petites  fibres  qui  viennent  delà  duremeningey 
qui  vont  par  Les  futures  du  crâne  au  perierane.  ' 

H*  H ,  les  petites  portions  des  fibres  >  à  qui  la  future  fagittale 
ouure  le  pajfage- 

l-l- -les  portionsdes  fibres  qui  vent  aupericrane  par  la  future 
lambdoide  , 

vue  peti te  tuberefité  de  celles  qui  le  plus  fouuent  font  ad¬ 
hérentes  aux finuofitez,  inégales  du  crâne  prés  de  la  con- 
ionÛ  on  de  la  future  fagitt/tie  auec  la  coronale- 
la  eauité propre  de  l’os  duft  ont  prés  du fiege  désfoùrdls» 

ne»u,&:que  le  raouuement  du  cerueau  reuenoit  mani- 
fdlement  en  mefrae. temps  que  les  forces.  C’eft  pour- 
S4oy  il  fcmblc  qu-il  ne  faut  pas  auoir  recours  à  là  fiib- 
flatiic  du  ctrueau  ,  qui  cftant  mollc'&  lafehe  ,n’cftpàs 
pioprc  pourle  mouuement.] 
elle  cft  auec  la  pie  mere  &  le  cerueau  pat 

‘C.moyea  des  vaiffeaux  >  auec  le  crâne  par  des  fibres 


L/l  F4»Af. 


/ 


Umr€ 

TOcmbraneufcss dclicc  quifortent  d’clle ,  &.pâfl'4n5  » 
ks  fiîturcs,  fonde  pcncranc.  . 

Gette  membrane  t^  iouhîe ,  comme  les  autres  mernbta 
nesda  partie  extérieure  <l:|ui  regarde  le  crâne, eft  plus  dure 
plus  rude,  &  a  moins  de  fcncimenc ,  afin  qu’elle  ne  fuft 
îement  ofFenccç|  ç<ir  la  dureté  du  crâne  qu’elle  deuoit 
toucher. 

Sa  partie  interne  eft  glilTantc ,  polie,  rcluifante  5c  blati. 
che,& plus  arrouféc  d’vnc  humeur  aqueufe. 

Elle  ÇepHe  en  à  l’endroit  où  elle  fcpare  le  cer- 

ueau  du  ccrebelle ,  gc  où  les  chiens  ont  vn  os  qui  appuyé 
le  «cr  ucau ,  afin  que  le  cerebclle  ne  foit  preffe. 

Mais  elle  fe plie  en  deux  au  fommci  de  la  tefte ,  où  elle 
diuife  le  cerucauen  partie  droite  &  en  partie  gauche,  Et 
parce  que  ce  redoublement  eft  plus  large  par  la  partie  po. 
fterieure,  &  que  puis  après  il  s  eftreffit  peu  à  peu,[non*pas 
en  pointe, comme  monftrc  la  figure  4.  de  la  tefte, ]de  forte 
-  qu’il  reftcmble  à  la  faux  d’vn  moiflbnneur,  on  nomme 
ce  corps,  la  faux.  Orquandelle  fe  multiplie  de  la  forte, 
elle  fait 

Ces  quatre  camtezj ,  Q\x  fmnofuzj ,  ou  referuoits  du 
fang  &  des  efprits  qui  abondent ,  que  èjW/e»  nomme 
quclqucsfois  les  ventricules  de  la  dure- mcre,5cles  au¬ 


tres  les  fang-duéls,  où  les  conduits  du  fang. 

■  V6irtlâü-  premiers  Çmns  commencent  à  la  bafe  de 

'  gure\é9.  l’occiput  près  des  coftez  de'la  future  lambdoide»  QÙfe 
.  de  Utep,  déchargent  les  veines Sc  les  artères.  [  F.  S.  Us  ont  con¬ 
nexion  aucc  lcs  veines  iugulaires  dans  lefqucllcs  ik  fc 
déchargent ,  comme  nous  dirons  cy  apres,'  Quelque* 
ancres  qui  vont  au  cerueau ,  s’y  infèrent  auffi,  comme  la 
fig.  5.  de  la  tefte  le  monftrc.]  Les  deux  s’vniftàns  apres, 

.  Font  le  T'mjîeW  qui  eftfortlong.  Car  il  va  feloi^k 
longueur  de  la  tefte  mfqucs  aux  extremitez  des  narines. 
Galietflc  nomme  veine  quelquçsfois,  parce  qu’il  eon- 
tient abondaneede fang.  Et  lorsque  ces  conduits  vi*n' 
nentù  s'ouurir ,  il  fe.  fiit  dç  grandes  hémorrhagies 
les  natirves. 


DehTeJif,  ^09- 

Bc  fin  us  qui  nc  touche  pas  le  ctanc  /comme 

îes  autres ,  efl:  court ,  &s’en  va  dedâns'entrc  le  graiid  &  le 
petit  cerueau  vers  la  glande  qu*on  nomme  lé  pignon. 

*  Il  naifi  au  concours  des  trois  premiers  canaux ,  &  quel-  ^  . 

ques-vns  nomment  ce  commencement  le  Prejfoir,  [apres 
fferophile,]  d’où  les  veines  vont  à  la  (ubftance  du  cerueau 
pour  la'nutVition. 

[  F.  S.  Il  me  fcmble  que  le  Troijteme  finus  ou  ht  Supé¬ 
rieur  de  la  faux  ,  &  le  quatrième  finiCentaùx deux  pre. 
miers,  ou  plus  grands  lat-eraux  ,  non  pas  à  la  vérité  par 
yn  canal  droit ,  mais  qui  décliné  vn  peu  versles  cpftez: 

De  forte  qu’il  n’y  a  point  aucun  concours  commun  de 
ces  quatre  conduits ,  bien  que  ces  plus  grands  iateraux  fc 
ioignent  i  comme  le  monfirc  la  fig.  4.  de  la  telle.  En  quoy 
i’ay  trôuué  ncantmoins  quelque  différence  en  diuers 
fuiets. 

Nous  auons  découuerten  ladiffcdîon  trois  fînus,  ou- 
rreles  quatre  qui  ont  éfté  défia  déferres,  que  nous  n’a- 
uons  pas  ncantmoins  trouuétoufiours.  Ce  que  nous  re¬ 
marquons,  afin  que  perfonne  ne  nous  aceufe* d’erreur, 
auflî-toftxjunlncics  aura  trouué  en  vue  ou  deux  diffe- 
âions. 

L’vn  d’mx  éft  peint  en  la  flg.  ’  4.  &  a  cilé  remarque 
par  d’autres, comme  i’ay  yeu  depuis  peu.  Il  va  par  la  par¬ 
tie  inferieure  de  la  faux.*  G’eft  pourquoy  nous  l’auotîs 
nommé  le  conduit  inferieur  de  la  faux  ,  Ôc  celui  qu’on 
appelle  communément  le  troifiémd,  le  Supérieur  de  la 
faux,  pour  le diftinguer  de  l’autre  ,  le  finus  inferieur  de 
la  faux,  finit  au  quatriéme. 

Les  deux  mtres  moindres  latéraux  >  qui  font  vn  de 
rWquc  collé,  lont  éloignez  des  plus  grands,  d’enuiron  vn 
poulcc ,  &:  fontfituez  àladure-merc  ,  qui  fepare  le  grand 
«lu  petit  cerueau,  &  ne  font  pasfilongs.La  5.  fig.  cntc- 
ptelentc  vn ,  qui  s’en  va  au  plus  grand  latéral  :  l'cn  ij 
iulfiveu  qui  fimlToientau  quatrième.  ] 

Quelques  rameaux  OU  veines  rampantes  fortent  des  6- 
qui  vont  en  haut  vers  le  crâne ,  5c  par  les  futures  au 
iij'  pericrane, 


DelaTefie,  '  pi 

•  -Explication  de  la  fécondé  Figure 
de  la  Tefe. 

Oti  vO’t  en  cette  figure lecerucau  côuuert  feulement  de 
la  pic -mercjla  dure  eftant  coupée  &  pendante. 

fi,  fi.  A.  la  partie  pim  éleme  de  la  faux. 

B.  B,  lacauitédu  troipme  conduit  de  la  dure  méningé  ou  du 

Supérieur  de  la  faux. 

C.  C.  les  orificet des  vaijfeaux  cfui  fe  trainent  parla.Super-  ' 
feie  du  cerneau  (fr  la  dure  méningé  ^^ui  regardent  dans 
le  troffieme  conduit, 

D.  D.D.  les  va' féaux  de  U  partie  droite  du  cerueau  qui 

vont  au  tro  Jteme  conduit., 

t.^.efrc  lapie  mere  qui  enuelofe  le  cerueau  des  deux  coflexi. 
Y, ï.  le  s  conduit  s  ou  les  vas  féaux  qui  vont  fur  la  pie  mere 
parles  anfraBuoftex^  du  cerueau.  • 

G.G.  G  /«  vai féaux  ou  les  conduits  de  la  dure-^mere  qui 
vont  en  h  tu  &  en  dedans, 
h.H.ladûre-mere  pendante. 

pcricranc,  &  en  bas-vers  la  pic-mere^  vers  le  grand  & 
le  petit  cerueau.  [  F.  S  Nousauons  fuiui  &  conduit  auec 
tant  de  foin  ces  vailièaux  qui  fc  ditlribuent  parie  cerueau, 
qn  ona  trnuiufquestcy  pour  des  veines  qui  naifient  des 
fiauo(itez,iufquesàlcurfource,que  nous  auons  trouUc 
qu’ils  font  des  artercs,qui  viennent  des  carotides, conimç 
chacun  les  pourra  aifémcnttrouucr,  fuiuant  noftrc  mé¬ 
thode  en  la  dilTcébon.] 

de  cesfi.nus,  cft  de  contenir  le  fang  qu’ils  ont 
tcccu  des  veines  &  des  arteres  qui  leur  font  continués. 

.  Car  les  veines  fe  loigncnt  à  ces  finuofitez  ,  comme  à  des 
Veines, &  mcfmcs  vnc  ceitaînc  pellicule  déliée  des  vei- 
*|es  s’attache  aux  parois  de  ces  cauitez,  qui  eftanr  con- 
î*quë  aux  veines, peut  auoir  leceu  quelque  veyu  du  foye. 


3iS 


De  la  Tefle. 

Explication  de  lajrpfiéme  Figi 
*  de  la  %ejte. 

Cet#  figure  reprefentc  le  cerneau  defpoüillé  de  ces  deux 
méninges la  faux  oftée,  tiré  fi  bien  vers  jes  deux 
■  ^xofttz  quele  corps  calleuit  paroift; 

K.  k.Upartie  droite  dfi  cerneau- 
QiQ'^la  partie  gamehi  du  cerneau.  . 

C  âfÇ.C.tpuel^uesanfraüiuoJttez,  du  cerneau. 

D.  D  D  la  faux  du  cerueau. 

E.  E.  B.  v»e  partie  des  vaijfeaux  epui  fonidiflribueupar  le 
^ueau^  qui  finirent  au  trotféme  conduit, 
fondait  inferieur  de  la  faux. 

les  vaijfeaux  qui  s’en  vont  au  conduit  inferie^ 
la  faux  » 

1  les  vaijfeaux  qui  font  difinbue^par  la  faux  ^  & 
finijfent  au  troijie'me  conduit 
’s  extremite\  des  vaijfeaux  qui  fe  traînent  fur  lecorp^^ 
\lleux .  &  qui  fin.Jfent  au  quatrième fims.  ^ 

K,  ftjxtremite' des  vaijfeaux  qui  font  entrelajfe:^a  la  trejjp^- 
^oreïde ,  ^  qui  s’en  vont  tout  d’vne  fuite  au  quatrièn^. 

T  T  ^  f  ' 

L  Lm  corps  calleux  du  cerueau.  P 

M.  conduits  qui  font  auxdeuxcojleXdu  corps  calleux% 

fe  voyentaucerueau,  (Jr  rejfembfentleplusfouuèük 
a  des  fentes  fort  eftroites  *■'  '  ' 

^•^pôrtio%  delafauxquiefiadherenteàla  crefe  decôq. 

0  E'  les  portions  delapie-metefeparéesdu  cerueaut&pen-^ 
Jpantes.  V  ' 

V  ■  les  portions  de  la  dure  méningé  pendantes  fous  la  dure- 
,  mere.  „ 

1  de  fang  dJ^^  ces  cauitçz ,  parce^iie 

IimaîIT  Jela  {ïïbftancc  du  cerueaii^elt  fort  gfaTÎ'dc  ,  qui 
®®tnon  feulement  l’office  des  veines,  mais  aufli  celuy 

Rr  des 


H, 


I.L 


DeUTeflci  jif 

Sxflication  de  la  quatrième  Figwe 
de  la  T^ejle. 

Ettc  reprcfcntc  la'  partie  droite  du  cerueau  fcparc  iufqucs 
aufonds.felonlccours  du  vennicuic. 

SiUHez>> 

^(Areille  droite- 

CS»Cf  0.,vne  portion  de  U  pCÂH  de  U  tefie  pftddnte, 

Y),  le  commencement d»  mttj  cie  occipitd- 
YiA' orbite  dé îml, 
t.  l’os  dit  front. 

G.  l’os  de  t occiput- 

H-  le  cofie' gauche  du  oerueauqm  efi  encore  couuert de  fé 
dure  méningé. 

I.  V.Î.  la  dure  méningé  du  cefié  droit  pendante^ 
K.Yi.K.hfaux- 

E.  l' extrémité:  delà  faux  à  la  crefie  du  coq, 
yi.M.- IA.  le  conduit  fuperieur  de  la  faux* 
le  conduit  inferieur  delà  faux 
0  .  le  grand  conduit  du  eofté  droit. 

^il'entre'e  du  conduit fuperieurdela  faux  damlé ^andld* 
teral: 

Q^le  quatrième  conduit  entre  legrand  é’ lé  petit  cerueau* 
^.l'entrée  du  quatrième  conduit  dans  le  grand  latéral* 

S .  le  canal  commun  des  grands  conduits  latéraux. 

T*  T.  me  portion  des  grands  vaifeaux  qui  vent  au  conduit 
fuperieur  de  la  faux. 

V .  V.  vne  partie  de  la  grande  fente  du  cerueau. 
la  partie  inferieure  &  externe  du  ventricule  droit, par 
où  vn petit  rameau  de  l’ artère  carotide,  pajfe  parle. 
plexus  choroïde. 

y-  la  partie  peflerieure  &  plus  ample  du  ventricule  droit, 
vnecauitévn  peu  ronde  du  ventricule  droit,  qui  reJfimbU 
*  vndé  à  ceudrci 

R  r  ij 


Llttre  troifiéme, 

a.  la  partie  ffiperie(ire  &  interiettre  du  ventrïcuU  droit 

le  corps  Catien X.  ^ 

b.  la  defcente  l’ orifice  dn  ventricule  droit  dans  U  troifit'^^ 

OH  le  moyen» 

c.  c.  c.  la  trejfe  choroïde glanduletife. 

A.  à.  la  racine  de  la  moitié  de  Pefpine. 

e  le  ceruean  continue' inp^nes  a  la  moelle  de  l'efpine  '. 
i.  f.  le  corps  calleux. 

g.  g.  g.  g*  la  partie  pofieriettre  &  inferieure  ducerutM 

Continue  au  corps  calleux  y  &  ^ui  forme  la  cauitéd» 
■ventricule  droit. 

h.  h.  vne  portion  du  cerueau  droit  ipaiparoifi fout  la  faux, 

i.  i.  les  petites  arteres  qui  rampent  fur  la fuperficie  du  ventri¬ 

cule  droit. 


des  artcrcsj  puis  qu’elles  ont  vn  pouls.  [Ce  que  Fvalm 
n’a  peu  iamais  l'cmarquer  en  la  dilTcdion  des  animaux 
viuans ,  ni  aux  fraétures  du  crâne.  ] 

[  F.  S  .  Lors  que  les  arteres  carotides  ont  donné  la  meil¬ 
leure  portion  de  leur  fang  au  cerueau,  dcicsceruicales 
auccrcbclle,  clics  portent  &  lailTent  le  relie  dans  ces  fi- 
nus,  afin  qu'il  retourne  au  cœur  par  les  veines  iugukircsj 
pour  y  eftrc  clabouré  derechef.  Cét  vfage  deces  conduits 
nous  fembic  véritable, qui  tenons  aucc  Harueius  la  circu¬ 
lation  du  fang.  Les  cfprits  ne  s’engendrent  pas  là,  com¬ 
me  croit  fauffement  Laurenbergius.] 

L'vfagede  la  duremere  efti.  déco  uurir  le  cerueau,  la 
moelle  &  les  nerfs  qui  en  fortent. 

II.  De  diftingucric  cerueau  en  deuxpartics,&  le  fc- 
parer  du  petit  cerueau,. 

III.  De  faire  le  pericrancy  lors  qu’elle  luycnuoycdcs 

ligamcnsparlcsfuturcs.  , 

La  membrane  déliée,  oulaPic-mcrc,ainfi  nommée,» 

caufe  de  fa  tenuité  ,coaure  immédiatement  le  cerueau^ 

fes parties,  afin  qu  elles n’efchapcnttC'cftpourquoyel* 

lcdçuoit  eftrc  déliée  &  molle,  &  cftd  vn  fentimente»* 
quis,  [Il  falloit  que  la  Pie  -  mctc  de  celuy  à  qui  trois ' 


De  la  Tcfle.  sn 

Icts  eftoicntadhercnts  fans  incommodité  que  noftre cou- 
fin  Fueren  a  veus  à  Paris,  eut  le  fentiraent  fort 
cftnoufle ,  &  celle  auffi  ce  '^nitien ,  qui  auoitvn  os 
dentelé  adez  grand  dcofît  à  la  faux;  oujl  la  doubleure  de 
Umcnîngc,cc  que  iayveu  chez  Fo/w.] 

SonVfagecÇi  de  cbuurirlé^grarid  &  le  petit  ccrucau, 
Umoëllc&  les  nerfs. 

1  C  H  A  P  I  T  R  E  ,  î  IL 

D^emeM&  de  famoMe m  Generd. 

IL  faut  confîderer  dans  le  crâne  vne  triple  fubftancc 
molle  &  blanche  ,  le  ccrueauou  la  partie  antefieuie, 
le  peut  ccrueauou  la  partie  poftericurc,  &rintcrné,qui 
eft plongée  dansiecerueau,àfçauoitla  moëlle  blanche, 
que  quelques  vns  confondent  fans  raifon  auec  le  cer- 
ueau  mcfme.  Nous  allons  faire  voir  ce  qui  en  cft  en 
effed. 

Ce  qu’on  appelle  communément  le  cerueau  ,  a  deux 
parties ,  T^ne  externe  &  l’autre  interne. 

qui  cft  proprement  &  cftroitcmerft  nommée 
Iccerueau,  eft  fout  ce  corps  mol  &  extérieur  quienui- 
tonne  le  refte  ,  de  couleur  cendrée ,  ou  tirant  du  blanc  pigment. 
furleiaune ,  couleur  qui  félon  quelques  vns  naift  d'vne 
•infinité  de  vaifleaux  qui  font  U  cfpars.  Et  cette  fubftan¬ 
cc  extérieure  eft  comme  l’efcorce. 

Interne  eft  le  refte  qui  eft  caché  dedans,  plus  dur,  efi.ee 
plus  ferré  &  plus  blanc,  que  nous  pouUqns  nommer  la  qut  U 
Moelle,  où  font  fituez’lés  ventricules  vulgaires,  &  non  w(i>êW<r. 
pasaucerueau;  De  forte  que 
Lcccrueau  &  la  moelle  fontdiffercns  i.  en  fituation, 
î’*  en  couleur.  5.  en  confiftance.  4.  pat  l’cntredeux  des 
lignes.  5 .  en  grandeur.  6.  en  figure.  7.  en  cauitez  qui  font 
«nia  moelle  &  non  pas  au  ccrucau.  8,  en  nobleflc. 
îi  [cmblc  dqnc  que  la  partie  blanche  foit  plongée  dans 

Rr  h 


£x^licMion  de  la  cinquième  Figure 
de  la  Tefie. 

Cette  figurc^teprefente  le  côfté  gauche  du  cerneau  ren- 
uctfé  fut îe  cofté  droit  qui  a  efté  ofté,  félon  la  quatrième 
figure  precedente  ,  &  aufli  fa  grande  figure  du 
the  côftc. 

à. a.  l'oreille gauchs. 

b. b;  Ia pea»  de  latefle  pendante, 

c,  c.  vue  partie  de  l’os  du  front, 
djorhitede  CœU, 

e.e.c.  la  canité  du  crâne  dans  laquelle  efoiijontenHë'hi 
partie  inferieure  du  ceruea», 
î\î.iadure~mere  pendante. 

h.  h.  h. h. h.  le  cerneau  gauche  rehefu  de  la  pie-mere. 

i. ij.  la  grande  fente  du  cerueaugaucht^uiefidejfus  la  ra¬ 

cine  de  la  moelle  efpiniere, 

.k.k.  la  racine  gauche  de  la  moelle Jpinale gui  paroifi  au 
fonds  de  la  grande  fentcyouec  des  neuueUes  traces  d’an- 
fraBuoftez, ,  (f-  les  vaijfeaux  gui  font  dijhihess,  en 
ce  heu. 

1.  l.J.l.  les'anfraûuofter,  du  eerueau  ,  fuluiesdes  ra¬ 
meaux  de  l'artere  carotide, 

tn. m.  m. m.  les reiettens del'arteremrotide gui fnijfentast 
>  grand  conduit  latéral  gauche. 
n.n.  le  gKandconduit  latéral  gauche  t  guia  efiégraue  tref 
efiroit. 

0*0.  le  petit  conduit  latéral  gauche. 

P  •  l 'entre'edu  petit  conduit  latéral, dansle  plus  grand. 

cendrée,  comme  Thuracur  cryftalline  dans  la  vitrée 
Or  encore  que  ces  deux  fubftanccs ,  la  blanche  &  la cen- 
deee  paroiffent  fort  continués  en  des  corps  pourris^ 
t^cant  moins  en  ceux  des  perfonnes  faines,  qui  viennent 


Les  parties 
Àe  U  moel¬ 
le, 

La  tejîe  de 
la  moelle. 


La  queue 
de  la  moel¬ 
le. 

Nouuelle  , 
«ptnion  du 
lieu  de  la 
génération 
de  l’efprit 
\  animal 
Le  principe 
de  tous  les 
nerfs. 


Q^ls  ani¬ 
maux  ont 
le  cerueau 
plus  grand. 


^20  Liure  troifieme] 

d’cftrc  tuées  ,  elles  font  diftinguccs  pat  <liuetfcslmt,e,’ 

de  forte  qu’on  les  peut  cffeâ:iuementfcparcr,fi  on  yf’ 

d’vne  grande  dextérité ,  &  fi  la  diffcélion  fc  fait  incontU 
lient  apres  la  mort ,  car  autrement  elles  fe  rempliflent 
beaucoup  d’humidité3&:  s’affaifientauflî  roft. 

Nous  diuifons  cette  fubftance  blanche  du  milieu, ou 
la  moelle, en  partie  ronde  &  prolongée. 

La  Monde  que  nous  appellerons  la  tefie  de  U  moilU 
reptefente  la  figure  du  crâne  :  C’eft  vne  grande  malfe  qui 
contient  trois  cauitez  qu’on  nomme  communeincnt 
ventricules. 

La  Prelonge'e  que  nous  nommerons  la  queue  de  la  tnoël. 
le,naift  immédiatement  de  la  ronde,  comme  vn  tronc 
dans  laquelle  lapIumec{linferée,ou  le  quatrième  ven¬ 
tricule  dé  quelques-vnSjdans  lequel  nous  eftimonsque 
fe  fait  la  véritable  génération  de  rEfprit  anima!  , 

Cette  moelle  prolongée  elt  le  principe  &  lafourccdc 
tous  les  nerfs  qui  font  là  ,  mais  il  n’y  a  aucun  ntrf  qui 
prenne  fon  origine  du  cerueau, contre  l’opinion  com* 
roune. 

Or  cette  moelle  prolongée  peut  eArc  confîderée  en 
deux  façons,  ou  félon  qu’elle  eft  encore  dans  le  crâne, 
&  alorslts  nerfs  qu’on  attribue  communément  au  cer¬ 
ueau,  prenent  d’elle  leur  origine,  ou  comme  clic  eft  hors 
du  crâne  &  qu’elle  defeend  dans  l’cfpine  %  &  alors  oa 
l’appelle  la  moetle  efptHiere-^  • 

Mars  afin  que  ceux  qui  apprcnent&  qui  font  défia  im¬ 
bus  de  l’opinion  commune,  ne  foient  pas  troublez  parla 
nouucauté  de  la  noftre  ,  nous  allons  reprerenter  la  ftru- 
ôure  de  tout  ce  qu’on  appelle  ordinairement  le  cer¬ 
ueau. 

L  e  cerueau  de  l’homme  eft  fort proportiondc 
fon  corps,  comme  dit  Art  ote.  L’homme  a  le  plusfou- 
uent  deux  fois  plus  de  cerueau  quVn  bœuf  ;  àfçauûir^>i 
poids  de  quatre  ou  cinq  Liurcs,  [parce  qu’il  elt  le  plus  no¬ 
ble  de  tous  les  animaux,  &  pcui.Éftrcaufli  àcaulel’cflc- 
uation  de  fa  ttfte,  &  de  la  dirpofition  de  fes  yeux  qn’il 

tourne 


DelaTefie,  311 

tourne  droit  vers  le  ciel.  Car  fi  nous  voulons  qu’vnc 
chofe  fe tourne  droite, nous  y  mettons  defius  quelque 
poids  qui  Tempefehe  de  tomber.]  Entre  les  hommes  les 
tnaflesontplusde  ccrueau  que  les  femelles.  Car  la  na¬ 
ture  l’a  donné  plus  libéralement  à  ceux  qui  deuoient  s’en 
fcruir  beaucoup,  pour  faire  vnc  plus  grande  diucrficé  de 
nobles  fondions  animales.  Spgelius  ou  Bucre- 

tifis  napprouue  pas  cette  différence  entre  le  ccrueau  de 
l’vn  &  l’autre  fexc,  parce  ^ns  doute  que  fes  yeux  ont 
denaentifouuent  les  coniedures  des  autres.  Ou  bien  il 
faut  dite  que  ces  grandes  fîmes  de  quelques  femmes  que 
le  fieilc  precedent  &  le  noftrc  ont  porte  ,  auoient  ce 
pihnlegc  par  defius  celles  de  leur  fexe.  ] 

Sa  Figure  eft  vn  peu  ronde,  comme  celle  du  crâne  II  Lustuhre^. 
a  par  deuant  des  tMherofîtezj ,  que  quelques  vns  appellent 
les  cpophyiès  mammillaires.  ceruea». 

La  jttperficie  externe  du  cerueau  cfl  remplie  d’anfra-  Pûurqtioy  lt 
duofitczj  deconuolutionsj.ddctoutnoyemcns,  quiref-  ctrueau  a 
^mblent  aux  inteftins  II  ne  faut  pas  ctoire  aucc  Erajt^  àes  anfru. 
firatei(\üe  lanature  les  aye  faits  pour  le  raifonnement, 
puis  que  les  afnes  les  ont  aufli  bien  que  les  hommes.,  ny 
pour  la  legereté ,  comme  Arifiete  a  voulu ,  ny  aufii  fans 
nu  &  fans  vfage ,  comme  d’autres  eftiment,-  mais  afin  que 
lesvaifieaux  du  cerueau  paflafient  par  cesanfraduofitcz 
aucc  plus  de  feureté,  &  fans  danger  de  le  rompre  parle 
mouuement  continuel  du  ccrueau  fur  tout  durant  la 
pleine-lunc,  lorsque  le  ccrueau  enfle  beaucoup  dans  le 
.  aane. 

[F.  S.  Si  ofleonfidere  exadement  ces  anfrâdiSofitez,  L«  fiffure 
cequiaeftéfait  en  la  cinquième  figure,ontrouucra  qu’ils 
delcendcnt  afliz  profondément,  &  que  le  cetueaus’bu- 
vtc  des  deux  collez  par  vne  filFiue  anfradueufe,  qui  a  fon 
principe  en  la  partie  anterieure  prés  de  la  racine  des  yeux, 
é’où  elle  s  ertend.en,  derrière,  le  long  des  os  de  la  temple, 
defius  la  racine  de  la  moelle  derefpinc,  &  feparela  partie 
Supérieure  du  cerueau  ,  de  l’inferieure. 

Il  y  a  icy  beaucoup  de  rameaux.qui  viennent  des  arte- 


jit .  tiwrk  troifiéme] 

res  carotides ,  tant  a  la  fupcrficie  du  cci  ueau  qu’au  fonds' 
aufquelles  il  fcmble  qu’on  doit  attribuer  ce  pouls  fafî. 
cheux ,  qui  arriue  en  quelques-vns  aux  douleurs.de  teftc, 
prés  de  la  région  des  temples.] 

Sa  fupcrficie  adiuerfcs  tubcrofitez  &  cauitez 

comme  nous  dirons  ey-aprés. 

Sa  couleur  eù.  blanche ,  parce  que  le  cerucau  cft  engen, 
dréde  la  femence,  comme  toutes  les  parties,  en  forte 
neantmoinsqu’ilaplusreceuparlaconftitution  quepar 
i’amplification.  Ccft  pourquoy  le  cerneau  ne  diminue 
point  auxlongues  abftinences. 

Quant  iCoï)  tewperameut ,  ilcftfroid  8c  humide, ce  qui 
blancheur  Ôc  fa  mollefle.  D’ou  vient 
rament.  jj^^pocrAte  le  tientpour  le  ficge  dufroid,  &  de  ce  qui 
eft  gluant.  La  trop  grande  chaleur  du  cerucau  cft  con¬ 
traire  au  raifonnement  &  aufommeil,  comme  cela  pa, 
roift  aux  phrenetiques.  [Il  eft  neantmoins  plus  chaud  que 
rair,àcaufe  des  efprits,  comme  Galien  a  fort  bien  dit, 
mais  non  pas  fi  chaud  que  le  cœur.] 

P  Sa  fubftance  eft  particulière,  &  ne  s’en  trouue  point  de 

lafubfiance  femblâblcen  toutle  corps,  l’a  comparée  à  vnc 

du  cerueau  glande,  à caufe  de  fa  couleur ,  &  de  l’abondance  dcfon 
efivn  peu  humidité.  Elle  eft  molle  8c  humide ,  afin  que  les  images  & 
plus  molle,  les  conceptions  s’y  puiflent  imprimer  plus  aifément;  Car 
elle  cft  le  fiege  de  l’imagination;  Elle  n’eft  pas  neant¬ 
moins  fi  molle  qu’elle  foit  coulante ,  mais  fa  niolleCTe  a 
confiftance,  afin  que  ce  qui  y  a cfté  imprimé, demeure 
quelque  temps.  Carlecerueau  cftauflile  fiege  de  lame- 
moirc.  *  -  î 

[  C’eftvncchofc  extraordinaire,  lors  quelafubftaceail 
cerucau  ne  fe  trouue  point  du  tout:  tefmoignc 

dans fes lettres  qu’ili’a  veué  quelquesfois  diminuée 
le  trop  grand  vfage  de  Venus.  Schenckjus  neantmoins, 
FallerioUi  Carptts,  Sec.  ont  veu  vn  garçon  fans  cerucau, 
&  Nie.  Fontanus  vn  autre  à  Amfterdam  l’an 
lequel  il  trouua  au  lieu  du  cerucau  &  de  la  moé’lft 
I  clpine,  vne  eau  fort  claire.  Zacutusà^^^li-  mefmc  cbol® 


DeiaTeJîe,  321 

JVn  garçon  de  dix  ans  ;  mais  ce  qu’il  adioudc  que  cette 
eau  quivicntdeputrcfaâiion ,  &qui  d’ailleurs  eftinfipi- 
de.i'cndoitvne  odeur  fort  douce  &  agréable,  cft  tout  à 
fait  merueillcux. 

Plufieurs  ‘vaifeaux  s  par  le  cerueau.  Car  fi 

vouspreffezfafubfttnccjil  en  fore  des  petites  goupes  de 
fang  en  abondance.  Ce  qui  nous  fait  croire  auec  Galicfti 
que  plufieurs  veines  &  artères  capillaires  y  font  diffemi- 
nces,  que  nous  auons  mefme  veues.  [F.  S.  Ce  qui  arriue- 
ra  pnncipalemcnr,lors  que  le  cerueau  eftfleftry  &  friable; 
Car  nous  auons  remarqué  qu’alors  il  fe  fepare  des  vaif- 
feaux,en  lafedionifurtoutfilesyaiireauxjàcaufc  del’aa- 
ge  ou  pour  quelque  autre  caufe,  font  plus  folides.] 

Il  n’y  a  point  aucuns  nerfs  qui  s’efpandentpar  lecer- 
ueau,  d’où  vient  qu’il  cft  priuécic  toute.fortedc  fenti- 
ment. 

veines  qui  vont  par  la  fubftance  du  cerueau,  font  r.' 
cinq  rameaux  des  veinesiugulaires,  dont  «quelques- vns 
entrent  dans  le  conduit  de  la  dure-m'ere ,  lU  les  autres  s’é- 
pandét  parles  méningés  &  la  fubftance  du  cerueau:  [Mais 
ils  ne  font  autre  chofe  ,  félon  l’obferuation  de  VvalUuSi 
que]  1.  les  petits  rameaux  dcliez  qui  vont  des  cauitez  de  la 
dure-merc  dps  deux  collez  dans  la  fubftance  du  cer¬ 
neau. 

'Lt^meres  qui  viennent  des  carotides  &  dcs  ccruicales, 
font  quatre. 

L'vfageà\i  cerneau  Ari^otà  cft  pour  le  rafraif- 

chilfcracnt  du  cœur,  ce  que  a  fort  bien  réfuté, par¬ 

ce  que  le  cerueau  cft  trop  éloigné  du  cœur.  [  H  y  a  neant-r 
moins  quelques  Peripatcticiês,  quipcnfentquele  fenti* 
ment  à'AriJiote  n’cft  pas  contraire  à  eeluy  des  Médecins, 
lots  qu’i|  jçut  qu’il  ferue  pour  tempérer  la  ferueur  du 
cœur,  &^qujçceux-cy  tiennent  qu’il  a  cfté  fait  pour  la  pro- 
dudion  de  i’efprit  animal ,  puis  que  la  génération  des  ef- 
prits  animaux,  ne  lé  peut  faire  fans  le  rafraifchilTcmcnt  ÔC 
la  température  des  vitaux.] 

Mais  fon  vfage  eft  i.  d’eftre  le  Palais  de  l’ame  fenfîtiucj 
Sf  ij 


L»  mutiert 
de  i’efprit 
mimai. 


Kouutlîe 
opinion  de 
l’atitheur, 
de  l’vfage 
du  cermau, 
&  de  fu 
moelle. 


^14  Lkîre  T roifiéme] 

pour  faire  les  fonaions  animales.  Otleccrueau  eft  l»o.> 
gane  vniuerfcl  du  fentiment,  &  non  pas  particulier, com' 
me  les  yeux,  les  oreilles  &c.  Car  le  iugement  vniuerfJ 
de  toutes  choresfe  fait  au  cerueau. 

Il  prononce  Ton  iugement  du  raouuemcm  animap 
quoy  qu’ilcnfoit  priué  luy  mefmé:  il  cft  vray  qu’il  a  va 
mouuement  naturel  perpétuel  de  dilatation  &  de  coa- 
ftridiô, comme  il  fc  remarque  àux  playes  de  la  telle  &  aux 
enfans  qui  ne  font  que  venir  au  monde  ^dontle  cerueau 
palpite  au  deuant  de  la  telle ,  parce  que  les  os  font  fort 
mols,&nefontpas  alTez  endurcis. 

Le  cerueau  en  la  dilatation  attire  rcfprit  vital  des  ar¬ 
tères  carotides  &  des  firtus ,  &  l’air  auffi  par  les  narines. 

Il  pouffe  en  la  conllridion  Pefprit  animal  dans  les 
nerfs ,  qui  comme  des  canaux  le  portent  par  toutle  corps, 
auec  la  faculté  qui  donne  le  fentiment  &  le  mouuc. 
ment. 

La  matière  donc  de  l'efprit  animal  ell  double ,  à  fçauoir 
le  fang  arterieux  plein  d’efprit  vital ,  &  l’air.  Nous  par¬ 
lerons  cy-apres  du  lieu  où  il  s’engendre.  Car  nous  ne 
fommes  pas  de  l’aduis  de  ceux  qui  penfent  que  cét  cfprit 
fe  forme  dans  la  fubftance  du  cerueau  ou  dans  fes  ventri¬ 
cules  anterieurs.  * 

2.  Afin  que  l’efprit  animal  foitconferuédansle  cer-^ 
ueau,  comme  en  vn  raagafîn,  apres  qu’il  ell  fait  &  perfe¬ 
ctionné,  qui  ne  pouuoit  fc.  tenir  dans  vn  referuoir  plus 
commode  &  plus  conucnable  que  la  fubftance  mefme  du 
cerueau, puis  quelle  cftlamcfme  chofe  quela  fiibftaa- 
ce  interne  moëlleufedes  nerfs,  qui  contient  auflil’efpdt 
animal. 

Nous  eftimons  auffi  que  l’efprit  animal  delliné  pourlc 
fentiment,  fe  garde  au  cerueau  proprement  dit ,  ou  en 
l’cfcorce ,  &  que  celuy  qui  donne  le  mouucrriciftfeft  con¬ 
tenu  dans  toute  la  moelle ,  non  feulement  en  fa  telle, mais 
auffi  enfa queue,  Cequiparoiftramanifeftemcntaucha* 

pitre  fuiuant. 


Le  la  Tejîe. 


32f 


CHAPITRE  IIII. 

Les  Parties  du  cerueau  en  fartkuUer. 

Et  i.de  la  moelle  prolongée  &  efpiniere,  &  de  Ton 
noble  ventricule, ceux  qmfuiuent  la  méthode  cômu- 
ne  des  Anatômiftes  qui  a  efté  pratiquée  par  Gdien ,  Vefale 
•Sc  Fallope,  pour  venir  à  la  confideration  des  parties  qui 
font  au  cerucau  ,  ont  accouftumé  de  couper  première¬ 
ment  la  partie  fupericure'  de  U  tefte,  &  defeendre  puis 
apres  iufques  aux  inferieures.  D’où  vient  qu’il  y  a  beau¬ 
coup  de  parties  qu'ils  n’expliquent  &  ne  démontrent 
pas  fl  bien.  Quant  à  nous  ,  [  nous  aimons  mieux  fuiure 
CsnjidntmM  Farolim,  ]  &  par  vn  ordre  contraire ,  mais 
qui  eft  plus  certain  &  plus  exadt ,  nous  commencerons 
par  la  partie  inferieure  du  cerueau ,  &  monterons  par  de- 
grez  iufques  àlaplus  haute;  Et  donnerons  en  fuite  l’or¬ 
dre  des  parties  de  haut  en  bas,  à  ceux  qui  veulent  fuiure 
lamcthode  commune.  [Et  enfin  nous  monftrerons  vne 
troiüéme  méthode  de  dilfequer.] 

En  commençant  donc  par  la  partie  inferieure  du  cer¬ 
ueau  ,  le  Vrincipe  delà  moelle  prolongée  fe  prefentc  d’abord, 
dont  la  continuation  fe  nomme  Jpinale  ,  parce  qu’elle 
eft  dans  les  vertébrés  de  l’efpine ,  &  aufli  moèlle  du  dos. 

Que  fi.qüelcün  penfoit  qu’il  faut  commencer  par  le 
cetucau,  àcàufe  qu’on  dit  qu’il  eft  l’origine  de  la  moèlle 
de  lefpine.  Nous  luy  refpondons  que  noftre  opinion 
,  que  la  moelle , entant  qu’elle  eft  dans  le  crâne  &  dans 
l’eCpine ,  doit  eftrc  pluftoft  appellée  le  principe  du  ccï- 
ueau ,  &  que  le  cerueau  mcfme  diuifé  en  deux  parties 
comme  vne  double  Apophyfe  ou  produétion  de  la 
*i5oclle  mefme. 

Ce  quife  remarque  plus  clairement  en  l’anatomie  des 
poiflbns ,  qui  ont  la  tefte  &  la  queue  de  la  moelle  bien 
Broffe,  gclaprodudion  dclamoelle  ou  le  cerueau  fort 
Sfiij 


La  dtjfecW 
de  U  tejîe  fe 
doit  com¬ 
mencer  par 
la  partie  in. 
ferieure. 


Le  principe 
de  la  moel¬ 
le  efpiniere. 

ObieHion. 

Refponfe, 

NoHuelle 

opinion  de 

l’autheur 

queUmcel. 

le  eH  le 

principe 

l’origine  du 

cerueau. 

Vreuue, 


31 6  \Liure  Troifiefme^ 

petir.  Dont  laraifoneft  que  les  poilTons  fc  feruent  bl 
dumouueracntque  du  fentiraent,  &  que  fi  le  ccrue  * 
ourcCcorcc  contribue  dauantage  pour  le  fentiment^T 
moelle  fert  plus  pour  le  mouuemehr.  D’où  vient  que  1* 
sentiment  des  poilTons  eftaflez  groflier,  &  leur  ^ou! 
ucmentalTez  vif  &  agile  :  félon  noftre  opinion  il  eftvf] 
ritabic  que  le  corps  plus  dur  fert  au  mouuement,  &lè 
plus  molaufentimcnt. 

La  moelle  prolongée  félon  l'opinion  des  vns  naift^ 
ceruea  ’  feul,  &:  fuiiiant  celle  des  àuttes,  du  petit  cer. 
ueaujmais  (pour  parler  maintenant  aiiec  le  vulgairejl’vn 
&  l’autre  font  fes  principes. 

Car  elle  naift  par  quatre  racines  ou  fonderaens  ,dont 
les  deux  plus  grands  Portent  de  la  partie  anterieure  du 
ccrucau  communément  ainfi  nommé  les  deux  autres 
.  plus  petites,  de  la  partie  intérieure  du  petit  cerueau,qui 
venans  à  s’vnir  femblent  faire  la  moelle  de  l’cfpine.  Mais 
il  cft  peut- eftrc  plus  vrai-femblable,  que  ces  racines  font 
des  produétions  de  la  moelle,  corne  nous  auons  dcfia  dit. 

La  fHbJiance  de  la  moelle  prolongée  cft  vn  peu.  plus 
•  dure,  que  celle  du  cerueau. 

Diulficnàt  Vne  partie  de  cette  moelle  eft  dans  le  crâne  ,  quatre 
U  moelle  truucrs  dc  doigts  fur  le  grand  trou  du  derrière  deUte- 
de  lef^ine.  l’autre  qui  eft  la  plus  longue  hors  du  crancdansles 

vertébrés,  depuis  la  première  du  col, iufques  à  la  tlerniere 

de  Tos  facré.  •>»> 

Sa  Figure  eftoblonguc  &  ronde.  L’JÇyèr/Wf  la  noraine 
vne  corde  d’argent.  Mais  elle  cft  plus  grpfr®&  plus  am¬ 
ple  en  fon  commencement. 

Autrediui-  Elle  eft  au  fil  diuiséeen  partie  droite  en  partie^^»* 

/tf».  comme  le  cerueau  par  la  pic  mere  qui  la  reueft  im¬ 

médiatement.  Ccquiparoift  en  lamoélle  d’vnbceufvn 
peu  cuite.  D’où  vient  qu’vn  cofté  peut  eftrc  paralytique» 
fans  que  l’autre  le  foit. 

Autre  diiil-  £lle  eft  aufti  diuirée,çôme  en  beaucoup  de  petites  cof* 
des ,  enuiron  la  fixiémc  Sc  fcpticrae  vertèbre  duThotaj» 
C’eftpourquoy  fi  on  plonge  incontinent  dansl’eatij  ^ 


’De  la  Tefle.  /17 

p^oelle  del’efpined’vn  corps  fraifchement  mort,  &:ficcs 
petites  cordes  fe  feparent,  elle  reflTemblera  à  l’extremité 
de  U  queue  d’vn  cheual ,  où  elle  eft  diuifee  en  beaucoup 
de  poils  oblongs:De  maniéré  quefuiuantD»  Lanrens 
piefmc,  les  nerfs  du  dos  &  des  lombes  ,  naiflenc  de  la 
moelle  du  col. 

Elle  eft  couuertc  de  trois  fremtere  quOa  UsTuni- 

couureimmediatemcnt, vienrdela pie-merc.  ques  ds  l» 

La  fécondé  de  la  dure,  mere ,  qui  eft  adhérente  àTauirc:  meelle. 

[  De  forte  que  fuiuant  robferuation  de  Spigelius ,  il  tr’y  a 
aucune  diftance  cntt’ellcs ,  comme  lors  qu’elles  font  dans 
le  crâne,  maisfe  touchent  F  vne  l’autre.  ] 

La.troifiéme  extérieure  naift  felon.6^.«/i^yîd’vn  fort  li¬ 
gament  qui  lie  les  parties  anterieures  des  vertébrés ,  qui 
finit  par  la  partie  pofterieure  en  vne  forte  tunique ,  afin 
qucla  moelle  ne  fe  blefte  en  la  flexiô  ou  extéfiô  de  l’efpine. 

Vne  humeur  crafte  &  vifqueufe,  eft  refpandu'é  à  l’en¬ 
tour  de  celle  cy  pour  l’humedcr. 

Elle  eft  enfermée  dans  les  vertèbres,  afin  qu’elle  ne  foie 
offencce  (  comme  le  cerneau  dans  le  crâne)  à  caufe  qu’el¬ 
le  eft  vne  partie  noble, &  le  principe  des  netfs.  C’eft  pour- 
quoy  les  anciens  ont  appcllé  la  partie  de  l’efpine  percée, 
k  fyringue ouïe  tuyau facré. 

On  vûid  auj  commencement  de  la  moelle  quieft  dam 
le  crâne. 

Vn  finus  ou  vnccauitc  que  Galien  appelle  le  ‘ventricule 
dupetit  cerueau ,  &  les  autres  le  cjuatriéme  ventricule  du 
eerueaii ,  bien  qu’il  n’y  foitpas.  Nous  le  nommerons  le  veutn- 
ӏle  ventricule  de  la  moelle.  TnuZlt 

11  eft  fort  lolidc,  très  pur ,  &  très  fubtil,  mais  fort  pe-  h, 
ht,  parce  que  comme  dit  Galien ,  il  contient  vncfubftan- 
■  ce  qui  a  des  forces  &  des  facultez  grandes ,  &  parce  qu’a- 
ptés  s’eftre  plongé  cfgalement,il  le  dilate  des  deux  coftez, 

^  puis  finit  en  pointe ,  quelques  vnsl’ontnomméàcau- 
fc  de  fa  figure  ^  ^ 

L’autre  moitié  du  ventricule  qui  eft  comme  fon  cou-  couutr- 
tterclc ,  &  qui  touche  la  moelle ,  vient  du  petit  cerueau;  dt  du  veu. 


trîcHÎe  no- 
hlt  qui  viit 
du  petit 

(tïue^tt 

Le-  mtahlt 
lieu  de  lu 
gennution 
des  efprits 
animaux  , 
fehnl'au- 
thear. 
Vrenues, 


le  lieu  de 

la  prépara-’ 

tien  de 
l'efprit  aai- 
mal. 


Lîure  troifiéme. 

De  forte  que  toute  cette  cauité  cft  placée  entre  le  p  • 
cerucau  &  la  moelle  prolongée  ,  mais  la  principale  ^ 
inferieure  cauité  cft  dans  la  moelle.  ^ 


Nous  eftimons  que  de  ce  ventricule  eftjd'gjj 
le  lieu  de  la  génération  &  delclaboration  des  efprits  ani' 
maux.  Car  ce  ventricule  eft  i.  très- pur  &  forrfubtil. 
îlapourcclavne  cauité  fuffifante.  3.  II  eft  enfin  placé  çq 
vn  lieu  commode,  pour  rcfpandrc  par  tout  àl’entour^Q 
foy  l’efprit  animal  dans  tous  les  nerfs,  Herephilea.  eu  paj 
confequent  raifon  de  croire  que  ce  ventricule  eftle  ptip. 
cipal  de  tous- 

[  le  ne  puis  certes  m’imaginer,  comment  le  Doyen  du 
dôllege  deRofiùchn'â  pas  reconnu  la  force  de  ces  raifons, 
&commentiIa  ofé  dire  que^4rrW/»a  attribué  fansrai- 
fbn  à  la  plume  à  efcrire,la  génération  des  efprits  animaux. 

II.  ne  faut  pas  croire  auec  Spigelins  que  ce  quatrième 
Tcntriçule  fe  forme  feulement  des  particules  rondes  du 
cerucau  qui  fe  touchent  mutuellement  par  vne  fuite 
necclUire, fans, aucun  deffem  delà  nature.  Car  ellenc 
fait  rien  en  vain,  lors  mcfme  qu’il  le  femble  le  plus.  ] 

Quelques  autres  eftiment  que  l’efprit  animal  s’engen¬ 
dre  aux  ventricules  anterieurs  du  cerucau. 

Maislesexcremens  J  dontilsfont  pleins,  nous  tefmoi* 
gnent  le  contraire,  &  nous  font  voir  qu’ils  ne  feruent 
que  pour  cftre  les  réceptacles  des  cxcremens  :  Comme 
celaîe  peut  remarquer  auffi  par  la  glande  pituitaire,  qui 
cft  fous  cux,&  par  la  pituite  [§c  l’eau,]  dont  on  les  trouue 
fouuent  remplis. 

Les  autres  pcnfent  qu’ilfe  fait  dans  la  Rets  admirable, & 
CS  autres  dans  la  trifteffe  choroide. 

Mais  nous  eftimons  que  la  préparation  de  ces  cfpritî 
s’y  fait.  Car  l’ordre  de  la  nature  cft  de  former  de  ces  trcl- 
fes  ou  entrclaflemcns  pour  la  préparation  de  quelque 
matière.  Mais  comment  pourroient-ils  s’engendrer  en 
des  vaifteaux  fi  petits,  fur  tout,  puis  que  tantd’excre- 
mens  du  cerueau  coulent  par  les  vcntnculcs? 

D’autres  veulent  qu’ils  fuient  clabourez  dans  luf“b- 
^  ftance 


De  U  Tefle.  jjp 

ftaticedu  ceruKîau.  Mais  la  génération  d’vn  cfprit  fi  fiib- 
iiI,dcmandoit  quelque  cauité  femblable  à  celle  quela 
nature  a  donnée  pour  la  gcneratioh  des  vitaux.  Cell:  ce 
qui  a  fait  croire  à  quelques  -  vns  que  la  génération  de  i’ef. 
prit  naturel  fe  faifoit  dans  le  ventricule  droit  du  cœur, 
parce  qu’il  n’y  a  aucune  cauité  au  foye. 

*  Nofirc  opinion  eft  donc  que  l’cfprit  animal  fe  prépare 
«n  la  rets  admirable  ,&  principalement  dans  la  trelTe  ré¬ 
tiforme  ,  mais  qu’il  s’cngpndre  &  s’elaboure  dans  cette 
cauité  de  la  moelle  prolongée ,  ou  dans  le  noble  ventri¬ 
cule,  &  qu’il  eft  en  fuite  gardé  5c 'retenu  dans  tout  le  ccr- 
ueaUjCommedans  vn  referuoir. 

L’vfâgedcla  moelle  prolongée  6c  fpinalc  eft  de  don-  Cette  moei, 
ner  naiffance  à  tous  les  nerfs.  Çar  ceux  qu’on  attribue 
communément  au  ce.riicau  ,  ôc  qu’on  nomme  les  fept  f ^ 
paires;  fortentdefa  partie  qui  eft  dans  le  crâne  ,& les  au- 
très  dont  les  Anatomiftes  comptent  trente  autant  qu’il  y 
a  des  trous  des  vertebreSjQailTent  de  la  partie  la  plus  lon¬ 
gue,  qui  eft  dans  l’efpine. 

Il  ne  faut  pas  cependant  entendre  ce  que  nous  venons 
dedire,  comme  s’il  enfortoit  feulement,  autant  dé  ra¬ 
meaux  ou  de  petites  cordes.  Car  chaque  nerf  naift  auec 
plufieurs  pentes  cordes  ou  fibres ,  qui  fortans  parle  trou 
de  quelque  ^jertebre ,  s’y  ioignent  par  le  moyen  des  mem'^ 
branes,  comme  fi  le  nerf  qui  fort ,  cftoit  f^t  d’vn  fcul 
reietton. 


CHAPITRE  V. 

Du  Petit  cerneau. 


T  E  ccrcbcllc  comme  vn  petit  &  particulier  cerucau,Gft  ^eruenl. 
A-rvne  certaine  petite  portion  que  la  nature  a  mife  fous  voye%j.A 
jccerucau  en  la  partie  inferieure  &  pofterieure  de  la  telle  ;  ^^t****  ** 
“  occupe  aux  belles  prcfque  toute  la  région  pofterieure.  ^ 
mjtjfançe  »  mleur^  tonrnoyc-^ 


^^0  Llure  troijtéme,' 

mefts  t  moUHemens  y  Scc.  qncle  cerucau. 

{^  F.  S.La.difrc6tion  nous  donne  vnagrcablefpeftadç 

nous  faifant  voir  la  merueilleufe  ftrudure  du  petit  ccr* 
iieau,qui  reprefcnte  des  arbres  brancbus.  Que  fi  voy] 
leconfiderczauec  plus  de  foin,  vous  trouuercz  qu’ileft 
compolé  de  plufieurs  petites  lames  couchées  l’vnc  fm 
l’autre  qui  font  faidesde  la  fubftance  interne  blanche 
&  de  l’exterieure  qui  cft  plus  obfcure  ôc  quicouurcll 
blanche.  ^ 

Les  vaiffeaux  vont  par  tout  entre  deux  petites  latnes 
auecla  membrane  deliéé ,  qui  rclTemblent  des  Rets ,  gj 
qui  naiflent  félon  que  nous  l’auons  peu  recognoiftre 
par  la  veue,  des  rameaux  de  l’artere  ceruicale,  &  qui 
aboutiffent  au  quatrième  finus.  ] 

Il  principalement  de  deux  parties  latcralcî 

qui  font  comme  vn  globe  des  deux  collez. 

Il  a  deux  produÜions  ou  cxcrcfcences  qu’on  nomme 
vermif  ormes, qu  elles  font  fort  entortillées  en  rond, 
&  qu’elles  font  compbfées  de  plufieurs  petites  portions 
trans- verfes  qui  font  liées  par  vne  membrane  dcliée.Leur 
extrémité  deliée  &  connexe  eft  de  la  groffeur  d’vn  pois- 
chiche. 

Or  clics  font  fitue'es  au  fiege  delà  cauiténoblc,àfça. 
uoirrvncdeuanr,&  l’autre  derrière.  ^ 

Leur  vfage  eftd’cmpcfcher  que  le  noble  ventricule  ne 
foitpreffény  bouché  par  le  petit  cerucau. 

Son  vfage.  Vvfage  du  fetit  cerueaued  le  mcfme  que  ccluy  du 
grand  j  mais  Galien  veut  qu’il  ferue  pour  donner  l’origi¬ 
ne  aux  nerfs  plus  durs  :  Ce  qui  eft  faux  :  car  il  n’y  a 
de  nerfs  qui  en  fortent. 


/ 


De  la  Tefle, 


CHAPITRE  VI. 


])es  autres  parties  (juife  remarquent  au  cerueau: 
a  fçauoir  de  la  Rets  admirable  ^  de  la  glande 
pituitaire,  de  l'entonnoir  y  des  ^ventricules  du 
cerueau,  du  co^ps  calleux,  deM^oute,  delà 
Trejfe^choroide,  de  la  glande  de  pin., 

IL  nous  faut  maintenant  confiÿrer  les  au, t|ëV parties 
du  cerueau  qui  fe  voyent  incontincfit  proche  la  con- 
ionftion  des  nerfs  optiques ,  qui  (ont ,  h  Rets  admtrMs, 
hgUndefittiitaire,  &  t entonnoir ^ 

La  que  d^autres  nomment  le /4m 

tiformeeü  ainfi  appcllée  àcaufe  de  fa  flrudure  faite  auec  '*  ^*^*^^*- 
vn  anifice  mcrueilleux.  Car  elle  fembleplufieurs  retscn- 
taflees  IVne  fur  l’autre  ;  Sa  ftrudure  cft  differente  aux 
veaux  &  aux  bœufs ,  où  elle^  fè  void  plus  manifeftcmenr 
qu’en  l’homme  ;  nous  ne  rieiions  pas  ncantmoins  dire  Emwf 
qu’d  ti’én ait  pas ,  comme  a  fait  Viftile. 

Cette  retseft  Jltuée  fous  lâbafe  du  cerueau  &embraffe  fitu*-’ 
dans  Ion  enceinte  yoe  glande,  aux  coftez  de  la  felle  de 
l’osfphoenoide. 

Elle  cft  comfofee\non  pas  des  nerfs  deîatroifiérae  coniu- 
gaifon, comme  veutn?/fWw,maisj  des  arteres  carotides 
qui  montent  du  cœur  àlabafe  du  cerueau, &  des  petits 
rameaux  des  veines  lugulaires.  comme  VvüUm  a  remar¬ 
qué,  qui  portent  dans  cette  Rets  le  fang  &  l’efprit  vital,*. 

Car 

^  ('vfage  de  la  Rets  cft ,  afin  que  le  fang  &  l’cfprit  vital 
*  y  arieltent  fort  long  temps ,  &  que  la  première  prepa- 
tîtion  s’y  fafle  pourda  génération  de  rcfprit  animal. 

La  Glande  Pituttane  eftainfî  nommée,  à  radon  de  fon  i^^giànde 
ïügc  ,  parce  qu’cllcreçoicicscxcremensd  i  cerueau  qui 
T  t  ij  coulent 


Dt  U  Tejîe.  33^ 

Explication  de  U  flxiéme  ümre 
de  U  Tefte.  - 

Cette  figure  reprcfcntc  le  ccrucau  diffequc/uîuantlame^ 
c  thode  commune ,  àla  cauité  des  ventricules ,  ôc  1«?( 
corps  calleux  retiré  en  derrière. 

A.  A.  /rf du  serneAU droit ,  qui  4  ifie  Uifee  dAm  U 

crâne. 

lâ pârtie gauche  du  cerueAU. 
p.  D  •  D  •  marques  des  anfra^uofitez.  du  cerueâu. 

E.F.  la  partie  cendrée  &  extérieure  du  cerutau^ 

G.  H.  la  partie  plus  blanche  du  cerneau. 
t.  L.  le  ventricule  droit  du  cerneau. 

M.M.  le  ventricule  gauche  du  cerneau. 

O.  le  lacyt  choroide  droit. 

P.  les  vaifeaux  deliezjdifperfez,  parla /uperficie  extérieure 

du  ventricule  droit  >  .&  continus  aux  vaijfeaux  du  lacjs 
choroide. 

0,,  les  reiettons  de  ces  vaijfeaux  qui  rampent  feus  le  corps 
calleux. 

R.  R.  R.  la  face  interne  du  corps  calleux  retire'  enderriere. 

S. T..V.  lafacefuperieuredelavoute.^ 

X.  X,  la  partie  inferieure  du  feptum  lucidum  >  continue  àla 

voûte. 

Y.  Y.  la  partie  fuperieure  du  feptum  lucidum  y  continué  au 

corps  calleux. 

cpulent  des  ventricules  par  Tentonnoir.  C’eft  pourquoy 
elleaefté  mifeà  la  Celle  de  l’os  fpliœnoide.  Galien  l’ap¬ 
pelle  glande  fimplemenr. 

Elle  cftconcaue  par  haut ,  conuexe  parlas.  $a  figure. 

^^  fubfiance  ell  plu»  duce  3c  plus  Cerrée  que  celle  .des  Sdfukfia» 
autres  glandes. 

Elle  cft  reueJluéàQ  hpie-mere. 

Tt  iij 


Uure  Mftême.i 

Son  vfage^^  le  mefmc  que  celuy  des  autres  glande 
dereceuoir  dansfa  chair  fpongieufe  lesexcre  nens  gf  r 
fiers, qui.s’aiTemblentfouucnt  aiTez  abondamment  da°  ' 
les  ventricules  du  cerucau,  aulieu'que  les  plus  fubtilss*  * 
uaporent  pat  les  futures.  Car  cette  grande  maiTe  ducer' 
ueau,a  eu  befoiti  de  beaucoup  d’alimens  C’eftponrqyoÿ 
faithaT'^  il  engendre  auffi  beaucoup  d’cxcremens  ,  fur  tout\rj  ' 
taup  qu’il  s’eflotgne  vn  peu  de  fa  conftitutioin  naimelle. 
eremens.  glande  lefte tantoft  ces  excremens au  palais,  &  tantoftlej 
laifle  couler  par  les  trous  de  la  bafe  du  crâne. 

D’autres  veulent  que  Vvfage  de  cette  glande  foit  de 
fermer  l’enronnoir,  afin  que  les  efprits  animaux  nefortet. 

Car  l'entonnoir  immédiatement  après  la  glande  pi- 
l'entenoir  tuitairc.  Il  eftainfî  nommé  àcaufede  fa  figure.  Car  fa  par. 
tic  fuperieure  eft  ample ,  &  l’inferieure  eft  vn  canal  long 

&:  plus  eftroit.  D’autres  l’appellent  le  ,  mais  ce  nom 

conuiendroit  mieux  à  la  telle ,  ou  au  comracncernent  de 
l’entonnoir. 

V entonnoir  eft  donc  vue  cauité  ronde  ,faire  dela  pic- 
me’c,  où  elleenuironnc  la  bafe  du  cerueau.  Son  com- 
mencemenr  eft  ample,  aù  trou  du  troificme  ventricule, 
comme  on  l’appelle  ,  par  où  les  excremens  font  icttcz des 
ventricules  dans  cet  entonnoir. 

Après  qu’on  a  veu  ces  parties ,  l’origine  des  nerfs  fe  pre- 
fente  en  la  difledion ,  qui  viennent  par  tout  delà  moelle, 
dont  nouS  parlerons  au  liuret  des  nerfs. 

Les  ventricules,  ou  les  cauitez  du  «r^f^/^feprefentent 

Li  nomhre^^ 

des  ventri  ^’o^drc  de  la  dilTedion  commune ,  commen* 

eu/es  du  les  parties  fupericures,  on  croit  qu’il  y  en  a  trois, 

temeMH.  deux  anterieurs  &  fuperieurs,  comme  on  parle,  &  vn 
auquel  d’au  tresadioiiftcnt  vn  dont  nous 

auons  parlé  cydelTus. 

Mais  fi  bn  tient  la  méthode  nouuellc  de  diirequer,com* 
mençant  par  bas,  il  n’en  paroift  que  deux  feulement, le 
troificme  n  citant  qu’vnc  portion  commune  de  deus 
autres.  - 


De  la  Tefte.  33 f 

Î^ouseftinî'onsquelc  cememn&qw'vafeul ventricule  opinian  de 
j  eft  au  milieu,  mais  partagé  en  deux  telles ,  ou  en  deux  l'nutheury 
«roduélions ,  qui  reccuans  les  excremens,  les  portent  qtiiln'y» 
Sans  l£  moyen  quon  appelle  le  troifiémc.  Car  il  n'y  a 
ûu’vne  feule  cauite  &  continue  du  cerueau,  &  les  deux 
ventricules  qu’on  appqlle ,  aboutilfent  à  vne  cauité  com* 


piune. 

Cependant  parce  qu’vne  partie  de  la  cauité  paroill  for¬ 
mée  d’vnc  façon  differente  de  l’autre  ,  on  peut  pouc 
donner  plus  de  lumière ,  y  admettre  quelque  diftindion. 

Ces  deux  ventricules  ont  efté  appeliez  mal  à  propos, 
anterieurs  Sc  fuperieurst  [parce  qu’ils  font  auffi  en  la  partie 
péerieure  &  inferieurcièc  qu’on  pourroit  peut-eftre  nom¬ 
mer  auec  plus  de  raifon ,  latéraux, &  auec  FefdeM  droit  L*  dtferim 
&le  gauche.]  Ils  font  fort  amples, obliques,  anfraélueux,  , 

deray  circulaires  ,  &  rcueftus  de  la  pie-merc.  an^erUur^. 

[  F.  S.  Ce  n’çft  pas  fans  raifon ,  qu’on  les  compare  fou-  ytritahU,’ 
tient  au  croiffant  de  la  Lune ,  bien  qu’à  peine  les  demon- 
ftre-on  iamais  tels.  Ncantmoins  puis  qu’ils  font  touten- 
femble  oblongs  &  amples parleurpartiepofterieure, on 
peut  aufli les  comparer  aux  jfers  des  cheuaux.  Lafigurey. 
reprefentela  figure  de  l’vn. 

Ilss’eftendent  en  leur  partie  poftericure  par  vne  con¬ 
tinuation  droite  ,  &  forment  vne  cauité  vn  peu  rondo 
qui  reflèmble  à  vn  dé  à  coudre.  le  me  fouuicns  qu’elle  ne 
fetrouuepastoufiours.  Les  figures  de  la  tefte  4.  &  7.  la 
reprefentent. 

Il  faut  remarquer  outre  cela  que  ces  ventricules  cm- 
biaflcnt  les  parties  latérales  &  poftericures  des  racines  de 
la  moelle  de  l’çfpinc  (  voyez  Ics.fîgures  4.  &  7.)  &  qu’el¬ 
les  font  auffi  embraffées  fous  le  plexus  choroide  par  le 
bord  tu  la  frange  delà  partie  du  cerueauqui  fait  par  de¬ 
dans  la  voûte  des  ventricules,  qui  deuient  plus  délice  & 
fe tourne  en  haut  ,  qué  i’ay  accouftumé  de  nommer  le 
Wd ,  à  caufe  qu’il  en  a  la  reffemblance ,  &  qu’elle  cft  at¬ 
tachée  à  ces  racines  par  des  filamens  fort  déliez.  Srvous 
tcûrez  cette  bordure  de  la  racine ,  en  Icuant  doucement 


I.«  ror^s 
(./tllenx. 


^36  Liure  troijtème. 

le  plexus ,  vous  trouuercz  des  petites  arteres  qui  ratUBc 
fut  la  fuperficic  inferieure  du  ventricule ,  ma’rquées  en  T 
figure  7.&  continues  à  la  petite  couronne  réticulaire 
petites arte  res,quircueft  la  racine  :  Par  le  moyen def* 
quelles’  ce  bord  femble;  eftrc  plus  adhèrent  à  la  ra' 
cinci 

Aurefte  vous  remarquerez  icy  que  l'humeur  conte, 
nue  en  ces  ventricules,  peut-fottir  &  couler  aifementlc 
long  de  lamoellc  del’efpinç. 

Ils  ne  font  pas  formez  dans  le  ccrueau,  mais  àl’en. 
droitde  la  moelle  qu’on  appelle  le  corps  calleux  ,  parce 
que  la  fubftance  y  eft  plus  dure  ,  comme  vn  cal,  oùlej 
ventricules  femblent  eftrc  couchez  fur  deux  cminences 


anterieures. 

.[F.  S.  l’Infpctftion  Anatomique  nous  a  enfeigné  la  con¬ 
formation  du  ccrueau ,  qui  n’eft  pas  bien  cognuë  de  tout 
le  monde,  de  qui  eft  prefque  telle  quo  nous  l’allons  def- 
ta  corifor-  C*^^*^^* 

matio»  des  Deux  racines  de  la  moelle  acrelpine  penctrent  affez 
ventricules  profondément  dans  la  fubftance  du  ccrueau  ,  comme 
ducerueau.  monftrelafig.  y.dclatefterle  cerueau  (fous  le  nom  du- 
quel  ie  comprens  auffi  la  partie  blanche  &  cendrée  ) 
cftant  continu  à  la-partie  fupericure  &  anterieure  de  ces 
racines  ,  furtoutpar  oùelie  regarde  en  dedans ,  s  eftend 
de  tous  coftezj  principalement  en  dehors  &  en  derrière, 
puis  entortille  &  reflerre  infcnlîblement  en  dedans  &  en 
hautfescxtremitezabbailTéeSjiufqu  à  ce  qu’ cftant  atte* 
nuéjil  embralPe  enfin  prefque  de  toutes  parts  aueefon 
bordjComme  nous  auons  dit, la  racine  de  la  moelle  vn  peu 
plus  bas  que  le  lieu  d’où  il  cft  forti  ;  Et  forme  ainfi  les 
ventricules  latéraux. 


Mais  la  fubftance  blanche  montant  en  la  partie  anté¬ 
rieures:  intérieure  de  Ivnc  &  l’autre  racine,  ôc  faifant 
ce  corps  qu’on  appelle  calleux  ,{è  porte  en  arriéré  Se  coti' 
urantl  efpace  moyen,  qui  eft  le  troifiéme  ventricule,^ 
les  orifices  des  ventricules  latéraux  qui  le  regardée, 

^  («voyez  la fig.  4 .  &  7,  )  conftitue la  yqute  :  E' 


De  la  Tejle,  3sy 

cft continue  à  la  partie  pofterieure  &intcriciirc  du  bord 
^„pvrn  &c  l’autre  ventricule.  ] 

"ils  font  fcparez  par  vn  entre-deux  lafehe  &  ridé ,  qui  Uftftum 
deuientluifant,  quand  on  l’eftend  ,à  caufe  qu’il  eft  de-  lncidum. 
lic.Lesvns  veulent  quilfoitfait  de  la  plus  délicate  por¬ 
tion  du  cerueau  mefme,  &  les  autres  delà  pic-mere  dou¬ 
ble.  [F. S. le  fepmm IftcidumCc  void  patfaiélement,  lors 
que  le  cerueau  dVncofté  &Ia  faux  eftans  oftees  ,  vous 
chercherez  diligemment  le  ventricule  du  cofté  oppofite, 
fuiuant  la  figure  7.  ôc  que  vous  leu erez  la  partie  du  cer- 
ueauqui  eft  continue  au  corps  calleux,  à  l’orifice  du  troi. 
fiéine  ventricule,.  Car  alors  on  le  verra  facilement,  &oti 
trouuera  qu’il  eft  vne  petite  portion  du  cerueati.  ] 

La  partie  inferieure  blancheaftre  où  fe  loignent  les 
ventricules,  fc  nommé 

La  voûte,  qui  a  la  figure  triangulaire.  Ceux  qui  fuiuent  watt, 

la  commune  dilTc  dion,  croient  que  ce  corps  eft  couché, 
furlctroifiéme  ventricule, &  qu’il  eft  fousle corps  cal¬ 
leux 

[F.SJa  trelFe  choroide  de  l’vn  &  l’autre  cofté  fè  porte 
immédiatement  fous  la  'i;o»f^,allantàla  glande  de  pin , 
fouslatrefte  l’vne  5c  l’autre  racine  de  la  mo'élle  de  l’cf- 
pine  s’vnic  par  fa  partie  fu per ieure,  de  forte  que  la  voû¬ 
te  n’eft  pas  icy  couchée  iramedutement:  fur  le  troifîéme: 
ventricule.  ] 

l^troijleme  ventricule,  qu’on  appelle,  ou  la  longue  fen-  'Lmoîftém 
te,  cft  vnconcours  des  premiers,  qui  fc  forme  prefquc 
aucentre  de  la  moelle  du  cerueau,  à  caufe  delà  conion- 
âiondesdeux  troncs  ronds ,  qui  fortem  du  cerueau.il 
contient  deux  conduits ,  le  premier  anterieur  qui  s’en  v» 
en  bas  vers  la  glande  pituitaire,  paroùiliette  les  excrc- 
wens  :  l’autre  pofterieur  reueftu  d’vne  membrane  ;  Q^l- 
jlües  vns  nomment  ce  trou  k fondement  ,  qui  s’en  valous  A”*** 
CS  ftfles  au  noble  ventricule  ,  afin  que  la  matière  des 
clprits  animaux  eftani  préparée,  puiffe  entrer  dans  le  lieu 
®  «  génération,  5c  comme  dans  la  matrice. 

■  ■  . .  Vu  Ce 


339 


T>e  laTefie. 

de  U  fe^tiéme  Figure 
de  l  'a  Tefie, 

Cette  le  ventricule  gauche  entier  ducer- 

aeau  renuerfé ,  fuiuant  la  cinquième  figure. 

a.  l'oreille  droite. 

]).  l'oreille  gauche. 

c.c.c.c.  dos  du  front- 

à.L  vne  partie  de  la  peau  de  la  tefle  pendante  des  deuie 
'  cejlez>. 

e.e.e.c.e.c.c.  la  dure  mere des  deux  coflel^pendante. 

£f  fi.f-f-fi  le  cerueau  d  uifé (ÿ*  renuerfé ffmuant le  coûts  du 
ventricule  gauche  de  lapartie  qui  ejl  pofe'e  fur  la  racine 
delà  maille  de l'efpine- 

g.g.  g.  vne  partie  du  cerueau  couchée  fur  la  racine  de  la 
moelle  de  defpine- 

h  h.  lagrande fente  du  cerueau  qui  marche  fur  la  racine. 
i.i.i.i.i.i.i  la  face  intérieure  é"  la  forme  du  ventricule gau^^ 
che  faite  en  croiffant. 

k  k  cauité  du  ventricule  qui  rejftmbleavn  dé  a  coudre, 
iforifce  au trotpme  ventricule, 
ta.m.vn,  le  bord  adhèrent  à  laracine  de  la  moelle  de  hjpine. 
ti-n,  le  bord  qui  eftefloigné de  cette  racine. 

0  0.0  latreffe  choroïde, 

h'P  P  la  racine  droite  de  la  moelle  de ée/pine. 

les  vai[  eaux  qui  rampent  fur  la  fuperfcieinterieHr§^ 
du  ventricule ,  qui  naijfent  la  plus  grand-part despe-^ 
titesarteres  qui  enuironnent  la  racine. 

^'lefeptum  lucidum. 

Q^e  ff.ee 

Ce  trou  n’cft  autre  chofe  qu’vn  cfpacc  quife  fait  par  quekfon.. 
‘«touchement  des  quatre  troncs  delà  moelle  de  i’efpine. 

l^lais  kifefes  &  les  tefikules  font  quatre  eminences 
fondes, qu  on  dit  fauffement  cihe  au  cerueau.  On  ap- 
Yîjij 


pelle  fclTesIes  deux  portions  des  racines  de  la  moelle  n  ' 

longée  qui  nailTent  du  cerebclle,  &  les  deu|^ 

tites  portions  des  racines  qui  fortent  du  ccrueau  r  ' 

-  parties  lont  inferieures,  &  celles  là  fuperieurcs.  ' 

[F.  S.  Les  différences  entre  les  feffes  &  les  tefticulcsn  ' 
roilFcnt  mieux  auxbeftcs  qu  auxhommes,aux  quels  efu] 
font  prefquc  égales ,  &c  fouucnt  les  lefticulcs  font  plus 
grands.]  ” 

tu  verge.  Mais  ilfemble  qu’il  importe  bien  peu  de  donner  ces 
noms,  comme  auffi  quand  on  nomme  la  glande  de  pin,  U 
la  value.  <verge^  &  vne  fofle  oblongue  qui  eft entre  les  emiiicnces, 
la  vhIhc- 

Vne  certaine  trefle  qu’on  nomme  choroïde  rediculâi- 

veines  &  d’arteres  fort  déliées,  qui  viennent 
}Tchoroâe.  partie.des  artères ,  &c  en  partie  desvaiffeaux  duqua. 

tr  iéme  finus  de  la  durc-mer.c,.fe  trouue  entre  les  premiers 
ventricules  ainfi  nommez ,  &  le  fîege  de  la  voûte.  Cette 
ircflc  eft  entretiffué  d’vne  fubftance  glandulcufe,  &  d’vnc 
portion  delà  pie-mere.[F.S.Latrcfrc  choroïde  véritable¬ 
ment  glanduleufc  reçoit  vil  petit  rameau  deraiterc  caro- 
tide,  qui  pénétre  dans  la  partie  inferieure  du  ccrueau  ,  où 
fe  termine  le  ventricule  latéral,  &:  la  treffe  finit  vers  la 
glandedepin  ou  elle  refpand  deçà  delà  vnrameaupatla 
fupetficie  inferieure  du  ventricule.  ] 

Son  vfage  eft  le  mefmc  que  celuy  de  la  rets  admirable. 
la  glande  La  glande  dite  pineale,  à  caufe  que  là  figure  relTemble 
de  pin,  cdlc  pignon,  eft  pofée  au  commencement  du  trou, 

qui  du  ventricule  moyen  entre  dans  le  noble  :  D’autres  la 
nomment  la  verge  du  cerueau.  Elle  eft  d’vnc  fubftance 
plus  dure, &d’ vne  couleur  iaunaftre,&  eft  couuerte  d’vne 
membrane  déliée. 

[Y  ne  petite  corde  nerueufe  tient  ferme  des  deux  coftcî 
cette  glande  qui  eft  entre  les  tcfticulcs.  ] 

Son  vfage  eft  comme  ccluy  des  autres  glandes, 
tout  de  feruir  à  la  diftribution  des  vaifleaux  qui 
perfez  par  le  ccrueau.  « 

Vvfdge  des  caiiitez  ou  des  ventricfiles  du  ceruedft>^.- 


DclaTejh.  141 

<î’cftreTesreceptâcIcsdes  excrcmens,  cequiparoift,  Vremn^ 

Parlaftrudüi'c  :cai-letrouvadescauitezâlaglandc 

.  •  îricules  du 

La fupcrficiedes  ventricules  ell  toufiouts  enduite 

j’yneLumeur  aqucufc#  exeremem. 

J.  On  les  trodue  fouucnt  tous  pleins  de  pituite. 

Au  rcfte,  après  qii’on  a  moriftré  en  cette  feftion  non-  Ordre  de 
yelle ,  le  col  de  l’entonnoir  auec  la  glande  ;  la  rnoelle  /»  démon- 
eftantfoufleiiée,  on  void  premièrement  les  fefles  &  les 
icfticules ,  puis  le  trou  dans  le  ventricule  noble ,  ôc  en  iJ 
fuite  plufieurs  nerfs  ,  les  ventricules  du  cerueau,  auec  le  noHuellt. 
trou  dans  l’entonnoir, le  corps  calleux,  la  voûte,  la  trefîe 
choroïde,  &  la  glande  de  pin. 

Mais  en  l’ancienne  &  commune  feèlion ,  ces  parties  du 
cerueau  fe  demonftrent  en  cét  ordre:  le  corps  calleux  ,  le 
feptum  lucidum ,  deux  eminenccs fur  lefquellcs  les  ven. 
tricules  s’appuient ,  les  deux  ventricules  anterieurs  com¬ 
munément  ainfi  nommez,  la  voûte ,  la  treffe  choroide  ,Ie 
troifiéme  ventricule,  les  deux  trous,  la  glande  de  pinj  6c 
•retirant  vn  peu  le  petit  cerueau ,  on  void  les  felTcs  ■&  les 
tcfticules  ,le  petit  cerueau,  les  produdions  vermiforrnes, 
lenoble  ventricule,  lebaffin,  la  glande  pituitaire,  ^  la  . 

Rets  admirable. 

[  F.  S.  Si  vous  voulez  fuiure  vne  autre  fedion  moyenne, 
quin’eft  pas  incommode ,  il  faut  s’y  prendre  de  la  forte:  u  feâien 
Ayant  ofté  le  crâne  profondément ,  il  faut  lailTer  le  cofté  troifiémet^ 
gauche  du  cerueau ,  couucrt  de  la  dure-mere ,  fans  y  tou- 
cher  :  mais  faire  la  fedion  au  droid  feulement.  Ayant 
donc  coupé  &  ofté  la  dure-mere  auec  la  pie,  oftea  peu  à 
peu  quelques  pentes  portions  du  cerueau,  iufqu'à  cequc 
vouslbicz  païuenuàla  cauitédu  ventricule,  dont  vous 
fuiurez  la  continuation  Supérieure  &  inferieure ,  comme 
vous  pouuez  voir  qu’il  a  efté  faiten  la  figure  4. de  la  tefte. 

Vous  ponuezfeparer ,  fi  vous  voulez,  le  bord  de  la  racine 
éelamoellc  de  l’cfpinc,  bien  que  cela  fe  fait  plus  commo¬ 
dément  à  l’autre  cofté.  Vous  pourrez  parmelmc  moyen 
ïcraarqucrlesfînus  fupericur  &  inferieur  de  lafaux,  & 

V  U  iij  mefmc 


34] 


De  la  Tcfie. 

S'x^lication  de  la  Figure  huitième 
P  de  la  ITeJlre. 

On  voiJ  en  cette  figure  le  cerueauofté  dedefTusIecere- 
belle,  &Ics  grands  finus  latéraux  ou uerts,&c. 

B.  le  cermâH  Utjfe' dam  le  crâne • 

C.C.  C.  les  lignes  qui  MJlinguent  la  fubfiance  blanche  du 
cerueau  de  la  cendree» 
j).ï).D.  la  partie  cendre'e  du  cerneau. 

E. E  E.  lapartie  blancheajlredu  cerueau. 

F.  G.  Us  reiettons  de  l'artere  carotide  qui  fe  traînent  vers 

la  trejf  'e  choroïde- 
H.  le  Jtege  du  troiftéme  ventricule- 

K.  le  fondement ,  ou  V orifice  du  conduit  qui  du  troifie'me 

ventricule  aboutit  au  quatrième  fous  les  tefiicules  & 
lesfefesy 

L .  la  glande  de  pin  ou  la  verge - 

M. N.  les  tefiicules  proche  de/quels  vers  X.  font  les  feffes- 

O, 0  .ladure-ntere  entre  le  grand  &  le  petit  cerueau  ,  auee 

les  vaiffeaux  qui  vont  aboutir  en  partie  aux  finus  la¬ 
téraux  y  (^en  partie  au  quatriéme- 

P. P  le  plus  grand  finus  latéral  droilb* 

Oflje  plus  grand  finus  gauche - 

K- la  comon^ion  des  plus  grands  finus  latéraux. 

commencement  du  troifie'me  ou  le  finus  Supérieur  de  U 
faux. 

ï<  le  quatrième fintts  entre  le  grand  dr  le  petit  cerueau- 
V*  vn  vaiffeau  qui  efi  continu  au  quatrième  finus ,  &  entre 
les  vaiffeaux  de  la  treffe  choroïde, 
lepetit  cerueau  qui  n'efl  pas  couuert  en  cét  endroit  de 
la  dure-mere. 

les  Vaiffeaux  difperfez,  par  la  pie-  mere  du  cerebelle  & 
des  tefiicules  ^  qui  fimjfent  au  quatrième  finus- 
la  dure-mere  qut  reuefifosptreux. 


£xpllcdM 


Explication  de  la  neujieme  Figure 
de  ta  Tejle. 

Cette  Figure  reprefentc  le  petit  ceraeau  tenuetfé  Jpir 
le  deuant. 

A.  A.  meportim  duceruedtt  laijféeddtss  lecrAne. 

la  face  i»ferieffred(t  petit  cerneau  renuerfe. 

Q,  lapante  moyeme  du  petit  cerueau  yd'o»  naijfeut  U$  prê* 
duHiens  vermif ormes, 
l.lapredu^iou  vermiforme  po(Perieure- 
F.G.  H.  vne.paniedelamoëÙedudos  qui  eft  dans  le  crantk 
tombée  vers  H, 

I.  U  plume  a  eferire. 

K.  fesvAtfemx  difirihe^l^ar  le  eerehelki  &  qui  finirent 

aux  jtms. 

L  lesvaijfeauxquifc  traînent  Mtjfi  par  le  petit  cerueau 
qui  faut  continus  aux  vaijfeaux  de  la  dare-mere» 

M.  lapaire  des  nerfs  qui  ferstent  a  l'ouye, 

N.  U  paire  des  nerfs  vagues, 

0- la  paire  des  nerfs  moteurs  de  la  langue» 

P.Q.R.  les  Jtnus  en  tos  occipital ,  auxquels  refpondtnt  les 
■  eminences  du  petit  cerueau. 

^>S.$,leplusgrafuLJtnus  latéral  droit  ouuert, 

T.  T.  T.  le  plus  grand  f nus  latéral  gauche  qui  efi  augl 
ouuert. 

le  grand  latéral  droit,  -comme  auflî la  defeente 
oblique  du  fuperieur  dans  ccluy-cy ,  ainfi  que  toutes  ces 
obofes  font  reprefentées  en  la  figure  4.  Apres  auoir  veu  (he, 
^parties,  il  faut  venir  au  cofté  gauche,  &  le  coucher 
^cemenrdanslehcude  la  partie  oftéc,  après  auoir  fe- 
pa^éladurc  -mere  aueclafaux.  Remarquez  en  fai  Tant  cc- 
^  les  vaifîcaux  qui  s’en  vont  au  finus  gauche, en  la  figure 
î*  comme  aufil  les  ancres  carotides  diftribués  en  plu-- 
Xx. 


Peurquiy 
lafact  de 
l'homme  t 
[tens^oil. 


34^  lime  tmÇtme\ 

jfîeurs  rameaux  âTentoai' des  nerfs  optiques  qui  fetj  • 
nenc  |îar  tour  le  corps  du  cerucau  ,  &  quj 
enfin  aux  finus. 

Apres  cela  cherchez  entrcJcsanfraduofitezvne  fen 

confiderable,  &  ayant  coupe  lapic-raere,  feparez  lesco* 
fiez  l'vn  de  1  autre  aucc  la  fpatule.  Où  il  ne  faudra 
pafiet  les  vaifleaux  qui  fe  portent  de  la  carotide  par°l 
j  fonds  des  anfraduofîrez  ,  aucc  de  nouueaux  traits  de  cir 

conuolutions.  Delàapres,auoitfait  'dextremcntincifvon 

en  la  partie  pofterieure,  cherchez  icy  la  cauité  plus  ample 
du  ventricule  ,&  la  fui u^z  iniques  aux  deux  extremiiez 
Puis  renueiTcz  de  tous  collez  la  partie  extérieure,  gardant 
cependant  la  partie  moyenne  drelice  &  appuyée  fur  la 
raoinedc'la  moelle  de  Pclpine  ,  comme  la  figure  7.1e 
monftre  fort  bien ,  &  confiderez  par  ordre  les  chofes  qui 
font  marquées  en  Ton  explication.  Et  apres  auoir  leuéle 
cerueaii,  remarquez  derechef  plus  diftindement  les  fi- 
nus,  &  quand  vous  aurez  veu  le  troifiéme  ventricule, 
rentonnoir ,  la  glande  pituitaire ,  &  les  paires  de  nerfs, 
retournez  i  la  verge,  au  fondement,  aux  icfticulcs ,  aux 
fcflesj&c.  &  examinez  le  petiteerueau,  &  fe«  parties. 

Il,  fera  bon  &  fort  à  propos  de  changer  la  fed'onen 
quelque  partie, autant  de  fois  quefoccafion  de  dilicquer 
ieprcfcntera  .“  Carilarriucraparce  moyen  qu'on  décou- 
uriratoufiours  quelque  chofc,que  vous  n’auicz  point  re¬ 
marquée  auparauant,  ou  au  moins  que  vous  n’auicz  pas 
veue  alTçz  diftinélcmcnt.  Et  mcfmes  vous  découurirez 
pcuàpeu  beaucoup  de  choies  quifonc  encore  cachées.] 


CHAPITRE  VH- 

Front. 


NOus  auons  dcmonllrc  la  partie  chcuclu'é,  il 
rtiainrcnant  conlidei cr  la  face,  qui  çlllàns  poile® 
l'homnic,  afin  qu’elle  aye  plus  de  grâce,- au  contraire  àii 


Ü€  U  Tefle,  ^^7 

fjeftcs  :  Elle  efl:  au  ffi  a  P  P  e  1 1  ée  Fifage ,  à  caufc  qu  e  1  es  dcfirs 
jlcla  volonté  fc  peignent  fe  cognoiflTent  furlaface. 

Laparcie  fupericutc  de  laface  fc  nomme  le  front  du  Peurquty 
verbe  fera  quifignifie  porter ,  parce  qu’elle  porte  deuant  /«  front  efi 
foyles  marques  de  l’efprit  :  Le  refte  depuis  les  fourcils 
iufquesà  l’extremité  du  menton ,  eftla  partie  inferieure', 
qui  en  comprend  pkifieurs  autresi 
hi peau  d»  front i  des mufcles , puis  quelle  fe  meut,  Lapeauiù- 
Idopxth  PlaterM  appelle  les  interprètes  des  paffions  de  front. 
l’ame.  Orles  murcles  du  front  leuentles fourcils,  &  font 
plus  gros  aux  (ourcilsi 

ils  font  attachez,  aux  coftez»  aux  mufcles  temporaux, 
mais  ils  font  vn  peu  diftinguez  au  milieu  par  haut  ,  Se  font 
tellement  vnis  par  .bas,  qu'il  femblc.que  ce  foit  vnfeul 
inufclc. 

Ils  ont  les  filtres  droites  :  Les  Chirurgiens  ne  les  doi- 
lient  donc  pas  couper  en  trauers,  afin  quefeileuation  des 
fourcils  ne  fe  perde,  [  mais  en  haut,  fuiuât  leut  longucur.] 
Orlefrontôc  lesfourcilsfemeuucnt  parccquelapcau 
du  front  eft  eftroitcment  adhérente  àces  mufcles. 

Il  f  a  mcfmequelqucs-fois  deux  mufcles  au  derrière 
df//rrf/?e  quimcuuentlapcaudelatcftc,  qui  font  courts, 
dcliez  &:  larges, fitiilTans  en  haut  par  des  fibres  droites  cri 
va  large  tendon.  Ccuxquilcs  ©nr,  peuucnt  tirer  endeti 
ricre  la  peau  de  là  tefte. 

CHAPITRE  VIII. 

Des  Teux. 

LEs  Yeux  font  appeliez  oc»//  par  les  latins  du  verbe 
occludo ovi  occulta,  qui  fignifie  cachet  ,  parce  qu’ils 
font  cachez  fous  les  paupières.  Ils  font  les  organes 
de  la  veuë ,  compofez  d’humeurs  ,  de  membranes  ,  de 
Jîiufclcs ,  de  vaiflcaux  &l  d’autres  parties. 

Ils  font  Jîtuex,  en  vn  lieu  éminent ,  comme  des  fchtineL 
Xx  ij  , 


fis  Liure  troifiemel 

les ,  dans  les  orbites  offeufes  reucftucs  du  piriofte  R 
qu’ils  fuflem  mams  d  vn  plus  fore  rampart,  ’  ^ 
Um  nom.  nomht ,  eüoi^ncz en  l’homme  d’vne 

l/re.  diftànce  fort  petite,  &  (ont  à  caufe  de*  l’excellence  &  a 
lapcrfcâ:iondeleuraâ:ion{  ôcdela  réception  dcscfpc* 
ces  vifibles,]  .  *  ' 

Leur  jigu.  Rmds ,  mats  vn  peu  oblongs,  d’où  vient  qu’il 
*t‘  Sc  forme  deux  mgtes  à  l'orbite  des  yeux ,  qu’on  nom¬ 

me  Canthi'.  Dont  le  plus  grand  interne  cft  vers  le  nez.fc 
le  plus  petit  externe  vers  les  remplcs.  ’ 

tes^Arfies.  H  y  a  diuer<es;>^r^<«cn  l’œil  &  à  l’cnrourdc  l’œil, dont 
les  vnes  font  hors  de  l’œil  pour  fa  deffencc,  &  pour  fa 
commodité ,  comme  lespaupieres s.vicc  les  cils  &  les  fiur. 
cilsi  ôc  auffi  ks  earuHCféles  qui  font  aux  angles  ;  Et  les  au. 
tresconftituenr  l’œil  mcfmc,  comme  font  gratfe,  les 

reL  Pdupteres  font  les  parties  qui  ferment  ôcqui  cou. 

urent  l’œil. 


Elleslont  compofées  delapcau,  de  la  membrane  char¬ 
nue,  de  mufclcsjd’vnc  tunique,  des  tarfes  &  des  cils; 
C'eftpouiquoy  leur  fsth  ance  eft  molle. 

Des  paupières  l’vnc  cft  i>iyer/e«re  qui  eft  immobile  de 
foy  mefme ,  [fînon  en  quelques  oifcaux,  ]  &  l’autrcyî^»- 
riefere ,  qui  fe  meut  mefme  fort  vitte ,  d’où  vient  que  noas 
ttsmufeUt  mouucment  prompt  à  vnclm  d’œiI. 

desfnupie.  Or  elles  fc  mcuuent  en  haut  ,c’eft  à  dire  quelles  s'oil- 
tcsi  Urent  &  fc  Icuct  par  vu  mttfde  droite  moindre  que  l'autre, 
{  qui  naift  du  nerf  optique  &  finit  par  Vft4^don  aux  ex- 
«tremicezdela  paupière.  ]Elles  fcmcuucnt  en  bas,ccft> 
duc  qu’elles  fe  fermeni  &  fc  couurent  par  vn  certain 
taüCcle  orl^icuiairc  ou  dcmi-circulairc  qui  naift  de  la  ra¬ 
cine  du  nez. 

•'tes  mm-  La  membreine  charstui'  clk  en  cét  endroit  plus  dchcc, 
hranes,  enfcmblc auec  les  irufclcs ,  comme  vne  membrane  luu' 
iple  déliée  ;  Ceft  pourquoy  le  Philofephe  adit  quclap^*^ 
de  la  paupictc  cft  fans  chair ,  &  citant  dcfchu^ 
«cuait  pas ,  comme  le  prépuce. 


De  la  Tefie.  '  349 

tlîcs  font  reucftwcs.d’vnc  tnm(jf{e  interne  fort  dclice 
quinaiftdiipencrane,  afin  qu'elles  n’of- 
fcnçent  les  yeux  qu’elles  touchent. 

iXs  d«  paupières  font  plus  dures  &  carti- 

lagincules  :  les  Grecs  nomment  ces  petis  cartilages  mok 
dctnicirculaircs  Tarjt ,  les  Latins  QUa  ,  où  les  poils 
font  plantez  (  que  quelqucsvn^  nomment  les  cils)  tous 
droits,  parce  qu’ils  (ont  fituez  en  vn  lieu  dur.  Ils  feruenc 
pour  âdreffer  la  véue  [  &  pour  empefeher  que  les  chofes 
légères  ne  tombent  dans  l’œiI.  ] 

Les  poils  qui  font  au  bas  dufront  au  dclTus  des  yeux,  Vvfagtdtt 
fc  nomment  les  Sourcils ,  qui  reçoiuent  ce  qui  coule  de  ' 

tefte,  afin  qu’il  n'entre  dans  Ics  yeux. 

Vnccaruncule  eft  mifeà  chaque  plus  grand  angle  qui 
contient  l'humidité  pour  humeéker  l’œil,  &  qui  forme 
le  trou  qui  eft  à  1  os  du  nez ,  qu’on  appelle  le  peinBU^ 
thrymdi  afin  que  les  larmes  ne  tombent  continuelle-  le  point  la,. 
ment.  Il  y  a  auffi  au  bocu.  vne  membrane  mobile  ,  quir%'»'»L 
peut  fermer  l'œil ,  la  paupière  eftanc  rocfmè  ouuerte ,  par 
le  moyen  de  laquelle  les  beftes  clignotent,  lots  qu  elles 
aaignent  que  quelque chofe  tombe  dedans. 

Ilfc  trouacdela^y^z/ff  aux  efpaces  des  mufclcs  &  de 
diuersvaifleaux,  quifeijcà  efchaujEFet&  humcâ:cr  l’œil, 
de  à  rendre  fon  mouucment  plus  aifé.  . 

[  Les  chats  félon  l’expericnce  de  ,  n’ont  point  Les  mufeUs 

de  mufclcs  aux  yeux  :  Mais]  en  ceux  de  l’homme  il  y  a  dts^eux. 
fx  mufcles ,  puis  qu’ils  ont  autant  de  mouucraens  :  qua¬ 
tre  droits  &  deux  circulaires;  ils  font  tous  fmez,  dans  U 
cauiié  du  crâne,  &  accompagnent  le  nerf  optique  :Tous 
leurstendons  fe  ioignans  enfemble  à  la  cornée  font  la 
tHniifuec\üc  Columbua  tiomvc^  innommée ,  [comme  fi  elle 
«uoiieftéincognu'é  aux  anciens, encore  que  Galien  y  en  tum^mde 
»it  fiiâ:  mention  au  i0.1iu.  de  l’vfage  des  parties  ch  z  ]  5c 
qu’elle  ne  foit  pas  tuniquc,5c  qu’elle  ne  couure  pas  tout 
l’oeil.  ' 

premier  mufcle  fupcricur  &  plus  cralTc ,  cft  nommé 
^tolcucut&le  fupetbe. 

Xx  iij 


Sjü  Lime  troijïéme. 

Le/ècWquiluy  eft  oppofé  en  la  partie  inferieure 

qui  eft  plus  petit,  fc  nomme  ahaijfenr  &  httmbU ,  pàr 
qu’il  tiic  l’œil  en  bas  vers  les  ioües  ® 

Letrotfiéme  qui  eft  au  grand  angle, fc  nomme 

beuucur  ,  moiiuant  l’œil  en  dedans  vcrslcnez' 

Le  quatrième  AbduÜeur^  quiameinel’œil à  coftevets 
le  petit  angle ,  &  fe  nomme  le  defdaigneux, 

[Tous  ces  quatre  mufcles  ont  vnmcfme  principe, vnc 
lïiefme  continuation, &vnemêrmc  fin-Carlc  principede 
tous  eft  pointu  prés  du  trou,  où  le  nerf  optique  entre 
dans^I’orbite  de  l’œil,  de  la  membrane  duquel  ils  pren, 
nent  leur  origine- rieur  ventre  eft  charnu  &  rond  en  long; 
&leurfirveTvn  tendon  fort  délié  ,  qui  comme  ila  eft^ 
dit,  s’en  va  à  la  cornée.  ] 

Ces  quatre  mufcles  agiftansenfemble ,  l’œil  efttiréea 
dedans,  &  Ton  mouuement  eft  arrefté  ,•  les  Médecins  ap. 
pellentce  mouuement 

Le  cinquième  qui  eftgrefle,  rond  en  long,  court, 
oblique  [&  fitué  entre  les  yeux  ,  &  les  tendons  da 
fécond  &  du  troifiéme  mufcl'e  ,  monte  par  l’angle  ex¬ 
terne  à  la  partie  fuperieure  de  l’œil  ,  Sc  s’inferc  pics 
deTlris,  &  ]Ie  meut  en  bas  obliquement  en  tournoyant 
vers  l’angle  externe. 

Le  Jtxie'me  [  qui  eft  le  plus  deflié  de  tous;] &  quia  vn  ten-> 
dfon  fort  long, tourne  l’œit  vers  l’angle  mterne:[Carnair- 
-fantd’vn  principe  commun,  aucc  les  quatre  premiers,  il 
s’en  va  droit  à  l’angle  externe,  &  là  pafte  parla  poulie,  & 
monte  par  vn  angle  droit ,  au  lieu  où  s’inferoit  le  cinquié. 
me.]  On  le  nomme  Xe'mufcle  de  ta  poulie  y  parce  qu’il  fe 
tourne  à  l’entour ,  comme  par  vne  poulie,  [qui  eft  va  car¬ 
tilage  qui  pend  à  l’œil,  dont  Fallope  eft  le  premier  in-; 
ucnieur.  ] 

Ces  deux  derniers  fc  nomment  amoureux  &  wur- 

noyeurs ,  rupencUr  &  inferieur. 

Les  beftes  ont  vn  feptiéme  tnufcle t  qiai  fc  peut  diüifercn 
deux,  trois  ou  quatre. 

De-là  enmionnant  le  nerf  optique,  la  grailTc citant  en* 


Dt'lâ  'T'èjï'6.  ,  J/J 

jjc.'dcux  ,  iî  eft  CO  un ,  &  s’inrerc  charnu  i  la  dure  tu- 

^*Son  vfage  eft  de  fouftenir  les  yeux  des  belles ,  qui  eftans 
panchées  regardent  contre  terre  ,&  d’enuelopcr  le  perf 

optique,  qui  eft  mol. 

^Onen  peutadioufter  vnJ?«/^î/É7Wtf  membraneux,  par 

lequel  les  beftes  clignotent.  ^ 

■  Les  ^aifeaux  qui  vont  à  l’œil ,  font  vne  w^^qui  vient 
dcsiugulaires,  &  les  rfwm,  des  carotides,  qui  font  dif-  feauxj 
perfées  dans  les  mufcles , la  graiiTe  Sc  la  membrane, 
ies  deux  premières  paires  de  nerfs ,  corne  on  iescorap- 
te  ordinairement ,  font  la  première-paire  opti'^ue  ou  vifuel- 
Ic,  cralTe &qni  porte  du  cerueau ,  en  (iéaant  la  faculté  vi- 
fiueauecrefprit ,  &  qui  s’inferè  pair  là  partie  pofterieure 
aucentre  de  lacornéc.  Mais  aux  belles,  ce  n’eft  pas  au 
centre,  mais  obliquement  au  collé.  La  fécondé  pairemou- 
unte  s’en  va  aux  membranes,  &  enuoye  vn  petit  ra¬ 
meau  à  chaque  mufcle. 

Ilii’y  a  c\\xQmii  membranes^  outre  rexterne  ou  eon-  Lesmem- 
ionftiue,  qui  eft  commune,  ôc  trois  hamenrs:  Et  Comme  il  hanesdes 
yatroislubftanccs  au  nerf  qui  entrent  dans  l’œil  lAinlî 
cestroisfubftanccsfontlestroistuniques  derœil.Carla 
première  tunique  naift  de  la  dure-mère,  \z fécondé  delà 
pie,  5ç  la  troiliéme  de  la  fubftance  raoelleufe. 

EtcomonÜine,  qu’on  appelle  auffi  W»4r<i  alba  eft  polie 
&dcliéc,&  naift  du  pericranc,  [après  qu’il  a  donné  vne 
tunique  à  la  paupière ,]  &  eft  la  plus  externe  de  tou  tes,  & 
la  plus  proche  de  Fos.  Hippocrate  la  nommele  blanc  de 
l’œil. 

Elle  ioint  l’œil  à  l’orbite.,  &  aux  os  intérieurs ,  comme 
vn  ligament..  eemonam. 

Elle  eft  d’vn  fentiment  exquis. 

Elleeftparfeméedepluficurs  petites  veines  &  artères,  le  fiege  de 
quineparoilTent  que  dans  la  fluxion  des  humeurs,  lors 
Jju’dlcs  enflent,  &  qu  elles  rougiïTent  fort,  comme  en 
Epphthalmie  qui  y  tient  fon  fiege,  “  ' 


Explication  de  la  Figure» 

Ija  première  figure  reprefente,  les  mufclcs 
de  la  paupière. 

A.  te  premier  mfifcle  de  là  panfiere»  E  &  C.  foffp’*' 
cipe.  ' 

D.  le  fecqnd  mufcle  de  la  pmpiere.  E.  [en 
cernent. 

F ‘  la  connexion  de  cei  deftx  mnfcles» 


DelaTeJîe»  j/j 

X.a  fécondé  &  troifiétne  figure  monftrcnt  les 
mufclcs  des  yeux. 

A.  le  anterieur  de  lœil. 

B.  le  nerf  eftiejue  coupé  a  l'orbite  de  feetl. 

C. D  E.  les  trois  mujeles  de  l'œil  en  leur  ftuatieu,  / 

F.  G.  les  efpaees  entre  les  jnufcles  qui  font  remplis  de 

^raijfe- 

H.  le  premier  mufcle  releueur.  I.  le  fécond  mufcle  abaif- 
feur. 

K.  le  troiféme  mufcle  adducteur.  L.  le  quatrième  mufcle 
abduBeur. 

M.  le  cinquième  mufcle.  N.  le  fixième. 

0.  le  fepttème  qui  fe  void  aux  befies  feulement. 

Après  auoir  ôfté  la  conionèiiuc,  la  fiUrotique  ou  U 
dure fc  prefcnte  la  première ,  qui  naiftde  la  dure-mere. 

Elle  eft  efpaifle,  [  tendue,  égale]  &  opaque  par  derrière. 

On  appelle  fa  partie  anterieure, la  tunique  fftfrwe,par- 
ce  qu’elle  eft  polie  &  tranfparente ,  comme  vne  corne  j 
Car  cllejpcut-cftre  diuifée  en  plufieurs  parties.  [  Elle 
s’eftend  feulement  iufquesàrhumeur  Cryftallinc.]  Pro¬ 
che  delà  felirotique,  eft 

La  Choroide,  ainfi  nommée ,  parce  qu’elle  eft  faite 
comme  le  chorionou  arriéré- faix,  &  que  les  vaifleaux 
s’efpandent  par  elle  :  Elle  naift  de  la  pie'mcrc.Xlle  fe 
nomme  f^ffèe  à  la  partie  anterieure  ,  à  caufe  de  fa  cou-  ^'^***h 
Icurderaifîn:  [Elle  eft  mobile, &  s’eftreftitj&fe^ilatc, 
félon  la  diuerhté  de  l’objc6t&  de  la  lumière,  comme  cela 
fe  void  fort  bien  aux  chats.  ]  C ette  partie  anterieure  eft 
percée  au  milieu,  où 

La  prunelle  fe  forme  ,  qui  eft  ronde  en  l’homme  ,  &  l4  puntU^ 
oblongueen  quelques  beftes.  Or  parce  que  la  tunique 
vuéea  diuerfes  couleurs,  de  là  naift 
L’/r»  ou  le  cercle  .que  l'on  void  parfemc  de  diuerfes  L’/w,  4 

couleurs ,  &  où  elle  forme  l’Iris ,  elle  eft  tantoft  de  cou- 

.  . Y/  —-'A 


Uttre  troîfteme.  i  '  ^ 

leur  de  ciel,  &  quclquesfois  de  couleur  perfe,  & 
d'ordinaire  ,'[afiR  que  les  images  qui  font  rcceuës  dans 
l’oeil  jfoient  plus luifantes  dans  robfcurité.] 
te  ligamêt  ligament  où  finteruaile  ciliaire  naift.de  la  circqn- 
Jliaire.  ferencc  de  l’vuéc ,  qui  font  des  filamens  deliez  faits  cotn. 

me  des  lignes  noires  ,  ScreiTemblcnt  aux  poils  des  pauI 
pieres.  Ils  embraffent  l’humeur  cryftâllinc,  qui  eft  attal 
chée  par  leur  moyen  aux  parties  voirincs,[&  fe  meut  aufli 
auecl’vuée  qui  eft  mobile.] 

ÿ«»i.  troifiéme  eft  la  retine  [ou  l'amthiUis  mide'\a^\  eft  faifte 
II'  *  de  la  fubftancc du  cerueau  ou  du  nerf  :  C’eft  pourquoy 
cette  matière  molle  qui  rcftemble  à  la  morve, fe  peut  amaf 
fer  enfcmble ,  qui  cmbralTe  l’hurneur  vitrée  comme  vnc 
petite  rets.  [ ne  luy  donne  point  de  vaifleaux: 
Mais  Fr.  Sjluim  Icuant  dextrement  par  la  partie  pofte- 
rieure la  tunique  Choroïde  &  Sclirotiqÿe,afrouücfou- 
uent  en  la  retine  de  l’œil  de  l’homme,  des  vaiflcauxrem. 
plis  de  fan  g,  mai  s  qui  font  plus  apparens  en  ccluy  d’vn 
l^Kragnét.  bœuf  ]  Celle- cy  s’eftendant  plus  loin  fait  où 

Crjfialloide  qui  eft  la  tunique  propre  de  l’humeur  cry- 
ftalline,  fort  deliée  &' tranfparentc  ,  d’où  vient  qu’on 
la  nomme  le  miroir. 

On  adioufte  la  tunique  vitrée  qui  enuelopc  rhumcar 
'  vitrée  &:  la  fcpare  de  la  cryftalline ,  [  &  qui  eft  fort  polie  & 
deliée,  comme  vne  pellicule.] 

tti  hu-  Les  desyeux  font  trois  la  wVréif, 

meurs  des.  cryflallme  qui  eft  la  plus  noble  déroutes,  &  eftap- 
ytux,  pclléc  par  quclques-vns  l’ame  &  le  de  l’oeil- 

L  acfueufe  parce  qu’elle  eft  tenue  &;  fluide  comme  l’eau, 
Le  fse  e  l’efpacc  qui  eft  entre  la  tunique  cornée  &  1® 

■  Jfùffufion  anterieur  de  l’humeur  cryftalline,  où  le.  font  !«* 
fuffufions. 

f  Cette  humeur  n’cft  pas  vne  partie  animée,  maisf®f^‘ 

l'humeur  blc  feulement  vn  excremenf  de  la  nutrition  de 
acqueufe  cryftalline.  Car  elle  fe  confume  dans  les  malach®*’  ^ 
f'*'.  quand  elle  fe  perd  aux  bleireurcs  des  yeux,  elle  ferep^*^' 

ksdeux  autres  humeurs  font  des  parties  animceSj  » 


vne  partie 
mimée. 


Delà  Tefle.  3s  s 

qu’elles  ont  vnecirconfcdption  propre,  qu’elles fetiour- 
riflentdc  fang  qui  cft  porté  par  les  petites  veines  pro-  U  font. 
près, qu’elles  ncpeuuent  fc  réparer  eftans  perdues ,  &  mtirjct 
qu’elles  nailTent  dans  la  matrice  à  fçauoir  l'humeur  cry- 
ftalline  dcla  plus  pure  &  plus  claire  partie  delà fcmcnce/Jj^^JJ'J’-^'' 

JJvfage  de  l’dquenfe  eft  de  deffendre  les  parties  voifî-  ^ 
nescontre  la  fètcherefle,  &  de  rompre  &brifer  comme 
vn  milieu,  la  fplendeur  qui  entre  en  abondance. 

La Tirw  fe  void  derrière  fcmblablc  au  verre  fondu,  .  , 
moins  fluide  quel’aqueufe,  [  cinq  fois  plus  grande  que  la 
cryftalline,]  au  milieu  de  laquelle  eft  la  cryftâlline, com¬ 
me  fur  vn  .cuifTin. 

Son  vfA^  n’eft  pas  fimplcment  de  feruir  d’aliment  à 
l’humeur  cryftalline,  mais  deluy  préparer  &  communi¬ 
quer  la  nourriture. 

La  crjfiéillim  [  qu’on  appelle  auftî  glaciale  à  caufe  de  fa  CryflaU 

cofiftanccjeft  ainfi  nommée  à  caufe  de  la  couleur  fort  clai-  Unt. 
re,qui  n’eft  point  melléc  d  aucune  couleur  cftrangere.afin 
qü’ellc  reçoiue  toutes  les  couleurs  :  Elle  cft  luifantc, 
médiocrement  dure,  afin  que  les  Images  s’y  attachent, 
ïonde  par  derrière  &  plate  ^ar  deuanr. 

Son  vfage  eft  d’eftte  le  jprincipal  moyen  de  la  vifiion. 

Car  elle  le  fait  par  cette  humeur.  ■  '' 

[  Mais  les  autheursne^’accordentpas  en  quelle. façon. 

cftirae  que  la  fenfatiorti  de  la  couleur  s’y  fait: 

Mais  veu que  l’eLpecene  s’y  arrefte  pas, les  couleurs  ne/ 
s’y  fentiroient  pas  aufli ,  ou  autrement  ilnj  a  point  de 
raifon  ,  pourquoy  elles  ne  font  pas  aufli  fenties  en  la 
cornée'  &;  en  l’humeur  vitrée  qui  font  tranfparentc^  & 
animées,  C’ eft  pourquoy  Scheinerus  eftime  quclcsefpc- 
ces  font  enfin  cognues  ep  la  tunique  retine,  &  que  les 
cfpeccs  qui  reprelentoient  toutes  chofes  renuerfées  ,  y 
font  redrelTeés  par  refradion afin  quelles  Icsgpprefen- 
tent  droites.  Mais  félon  robferuation  de  lean  VvaUhs» 

Sjluius ,  Fr.  FanderSchagen ,  la  partie  poftericuro 
choroide  ,  la  felirotique  &  la  tunique  retine  eftans  oftées, 
toutes  chofes  fc  voyent  &  font  reprefentées  dans 
Yy  ij  l’œil 


% 


Explication  des  Figum, 

Elles reptefcntcnt les  yeux,  leurs  membranes  & lcu« 
^  humeurs. 

tu  Vig>  !•  A.  / humeur  cryflAlline  B.  la  tuftii^ut  aragne'e  de 

l'humeur  cryftalline. 

C.  (humeur  vitre'e.  D .  la  moelle  du  nerf  ofti<jue> 
^.latumquc  retint  ^  .lafie-mere  ^  que  couure  le  nerf  opti¬ 
que,  &  qui  produit  la  choroide  oul'vue'e.  G. 

U.  la  fin  de  (mie  à  la  cornée>  I.  le  trou  de  (vue'e  peur  U 
prunelle. 

K.  le  ligament  ciliaire.  ♦ 

L.  U  dure -mer e  qui  produit  la  tunique  ScUrotique.M, 

N-  U  tunique  cornée.  w 

0  0.  (humeur  aqueufe.  P./ej  mufcles  qui  meuuent  (œil, 
X^a  tunique  conionSHue, 

U  Fig.  2.  monftre  (humeur  cryfialline  par  fa  face  an¬ 
terieure. 

//«Fig.  y  (humeur  cryfialline  de  cofié. 

R.  les  refies  de  la  production  ciliaire  qui  luy  font 
iointés. 

/^Fig.  q.  (humeur  vitrée  par  fa  face  anterieure. 

S.  la  cauité  Oit  a  efié  le  fiege  de  (humeur  cryfialline, 
^'jFig.  y  a.  (humeur  vitrée,  b.  (humeur  aquetfe. 

f.  (tnterualle  ciliaire. 

^-«Fig.  ^  reprefente'  la  tunique  aragnée  par  la  face  ante¬ 
rieure. 

7.  (humeur  cryfialline  couuerte  par  deuant  de  la 
precedente  membrane,  d. 

f  •  v»e  partie  de  (humeur  cryfialline  dégagée  de  la 
membrane  y  &  qui  fait  en  (humeur  vitrée  cette  ca- 

j  h  fig- A' &  y 

«  rig.  %,  la  tunique  vuée  renuerfee. 

1  fa  partie  qui  efi près  du  nerf  optique,  m.ala  prunede, 

Y  y  iij 


JJ 8  Liure  Troijtefme] 

la  Fig-  9.  V'vuèe  en  fa  ftuation  naturelle, 
la  moelle  du  nerf  ofttejue  o.  lapie  mere. 

p.  p.  /ej  extremitezj  des  vaijfeaux ,  qui  de  la 

finijfeht  k  l'vue'e- 

q.  q.  vue  partie  de  l'me'e  à  la  prunelle. 

r.  le  trou  de  la  prunelle.  ^ 

laYÏ^ .  10.  reprefente  fceil  couuert  de  la  dure  tunique  ^ 

coupé  en  trauers. 

C  U  nerf  optique. 

jc-.t.  les  veines  &  les  arteres  qui  courent  par  la  duretuni. 
quedeTeeil. 

la  tunique  vuée  dure  difequée ,  qui  fe  void  auee  4 
rameaux  qui  vont  de  la  dure  vers  elle. 

X.  fa  lunêqué  cornée,  y.  le  lieu  de  la  prunelle. 

Toeil  rcnuerfces,  petites  en  vnœil  de  bœuf,  &  va 
peu  plus^grandes  en  celuy  d’yn  homme.  ] 


CHAPfirièE  JX 

Des  oreilles, 

LEs  oreilles  font  les  organes  de  [‘oiiye.  Elles  font 
ou  externes  ou  internes. 

Les  externes  que  quelques- vns  nomment 
font  demi  circulaires  en  l’homme  ,  connexes  par  de¬ 
hors  •&  caues  par  dedans. 

L’Oreille  externe  fe  diuife  en  partie  fupcrieurc  &  in¬ 
ferieure. 

Noms  des  La  fuperieure  cft  plus  large,  &  eft  nommée  par  quel- 

J;";“j"qucs.vns/W«.  . 

utmi.  '  eft  molle  &  pendante,  &  cft  appcllée/^rti 

oreillette  inferieure  &'lobe. 

.  Le  circuit  extérieur  de  l’orcillc  fe  nomme  Hélix 
fléau  de  vigne ,  à  caufe  qu’il  eft  tortueux ,  Ôr  l’intericut 
oppofé  à  ccluy-cy-,la  naJfelle{Qn  antheltx.]^^  yaautni' 


De  U  Tefie,  3f9 

lieu  dcccluy-cy'vne  grande  cauitc,  &  U  partie  princi- 
le  de  l’oreille  externe  qu’on  appelle  la  coquille  Mais 
[a  caüité  qui  cft  prés  du  méat  auditoire ,  où  font  des  or¬ 
dures  iaunes  &  (ameres ,  fe  nomme  h  Ruche.  .11  y  a  vers 
les  temples  vne  eminence  adhetente ,  comme  vne  eou- 
uerture  [  qui  reçoit  ce  qui  tombe  &  empefehe  qu’il  n’en- 
tre dans  l’oreille,]  &fe  nomme  Hircm  le  bouc,  parce 
qu’il  croift  du  poil  en  cette  partie. 

les  parties  qui  compofent  l’oreille  externe  ,  font  ou 
communes,  comme  la  cuticule,  la  peau,  la  membrane 
nerueufe ,lac^ir,  quelque  peu  de  graiffc  au  lobe:  ou 
propres,  comme,  les  mufcles,les  vaifleaux ,  le  carti- 
Ugc.  .  . 

li peau  eft  fort  déliée,  adhérente  à  vn  peu  de  chair 
aucc  vn  fort  cartilage ,  à  laquelle  vne  membrane  nerueu- 
feeft fortement  attachée,comme  en  la  paulme  delà  main, 
[qüi  par  fon  fentiment  fait  que  l’eau ,  dont  le  lobe  eft  ar- 
toufé,  rafraifehit  tout  le  corps.  ]  Elle  fe  mefle  de  telleforte 
au  lobe  auec  la  chair ,  qu’elle  eft  vn  peu  gra{re,charnuë  & 
fongueufe.  D’où  vient  que  le  lobe  eft  mol  &  flexible ,  de 
maniéré  qu’il  fe  peut  percer  ,  fans  grande  peine:  Après 
quoy  il  y  en  a  qui  le  parent  de  quelques  ornemens 
.  qu’lis  y  pendent. 

Qnantaux  v aijfe aux  ^  les  veines  Icurviennent  desiu- 
gulaires.  ' 

Les  arteres ,  des  carotides. 


Les  vaif~ 
féaux. 


Deax petits  nerfs  viennent  des  poftericurs,&:  autant  des 
collez  de  la  fécondé  paire  ceruicalé. 

l-^s  tnufcles  en  ceux  qui  mcuiientles  oreilles,  font  bien 
ïpparens,  ôcfont  communs  ou  propres,  [qu’ond.twm\éfgn„esweu- 
vne  fois  feulement,  &  il  faut  qu’ils  fuffent  en  luftmian  mnt  les 
<iue  Procopius  nous  deferit,  ayant  des  oreilles  mobiles.]  oreilles. 
^ais  elles  n’ont  point  de  mouuement  en  la  plus  part, 
tantàcaufedc  lapetiteflc  des  mufclcs,  que  parce  qu’il 
CH  eftoit  pas  beaucoup  bclbin ,  l’homme  pouuant  faire 
*uccles  mains  ce  que  les  beftes  font  par  le  mouuement 
des  oreilles  pour  chafler  les  méufchcs.  , 


360  Llure  troifièmel 

d»  mufclc  eft  àrorcillcjôc  ^Tvn 

premier  -raurre Icvrc ,  &  eft  vtîc  pautie  du  premier mufcle  qy-' ^ 
mucics  ioucs,  &  la  pcaudelafacc,  &  Tenommele  * 
re.  Il  eft  implanté  à  la  ladnc  de  Toreille  fous  le  lobe^^fi"' 
qu’iltireà'cofté&enbas.  •  »»  n 

Vf^ge  die  Le  fécond  eft  propre  &  anterieur,  couché  furlemufcl 
fuenÀmuf.  temporal,  naiflantdc  la  fin  du  .mufcle  du  front, 

re  tendineux  à  la  partie  fuperieure  de  l’oreille,  afin  qji 
menue  l’oreille  en  haut  &  en  deuant. 
vfeege  du  l.e  poftcrieut  naift  du  derrière  de  la  tefte  au 

tuipmt.  dcfliis  de  la  produdion  mammillaire,  par  vn  principe 
cftroit,  puis  eftant  deuenu  plus  large ,  &  cdmmediuirécn 
trois  partiêSi  il  va  à  l’oreille  par  derrière  ,  afin  qu’il  la  tire 
en  derrière  ,&  vn  peu  plus  haut.  ‘  • 

LetjHatriéme  qui  naift  de  la  produdion mammillaire 
s’cftreiTit  peu  à  peu,  iufqu’à  ce  qu’il  fe  change  en  tendon! 
Ce  mufcle  eft  plutoft  triple ,  parce  qu’il  a  trois  infertions- 
Ils  fortent  neantmoins  tous  confondus  d’vn  mefmc  lieu. 
Quelques  vnsde  ces  mufcles  ne  fe  trouuent  pas  quel- 
quesfois,  &  dautrcsfôis  ilsfc  trouuent. 

Le  cArtiUge  de  l'oreille  eft  vne  fubftance  qui  eft  atta¬ 
chée  à  l’ospctreux  parvn  fort  ligament  qui  naift  dupe- 
ricranc. 

!■«  y  ^  quelques  glandes  extérieurement  à  l’entour  des 

des.,  oreilles ,  qui  font  groftes  &  confiderablcs ,  qu’on  nomme 
Parotides ,  bien  que  ce  mot  conuicnne  aufli  à  leur  tu¬ 
meur. 

La  ftuit-  Elles  font  non  feulement  prés  des  oreilles ,  comme 
rettde][^^'  vulgaire  ,  mais  aufli  aux  deux  coftez  &  fous 

l’oreille,  mais  non  pas  dclTus. 

Ces  glandes  qui  font  près  des  orcillcsfc,  nommcntles 
emonEloires  dn cerneau,  parce  quelles  reçoiucnt  Icscx- 
cremens  du  ccrueau, 

Itffiegedts  Ily  a  plufieurs  autres  glandes  en  tout  l’cfpacequi  eft 
^fcTodelits.  fous  la  mafehoire  inferieure  ,  où  s’engendrent  diuerfes 
affedions ,  comme  les  efcroiiellès.  Le  vulgaire  rient  celles 
de  quelques  animaux  comme  celles  des  porcs  fauuages» 


r 

De  la  Tefie.  3 

pour  vnc  viande  dclicieufc,  &  les  nomme  les  lainages 
^  les  petites  âmes. 

Leur  vfage  eft  d’homeder  les  parties  &  de  feruiràla 
Jiftiibution  des  vailTcaux. 

V'vfage  dè  l’oreille  externe  ejl 

pour  l’ornement,  [D’où  vient  que  les  Anglois  &les 
j^ûllandois  Sc  autres  nations  font  couper  les  oreilles  à: 

quelques  criminels. ] 

i.  Pour  la  deffenfe  du  cerucau  ,  afin  qu'il  ne  foit  of- 
fenfé  par  l’air,  entrant  fubitement.  '  Vsrgmt 

J.  Pour  eftre  l’organe  de  l’ouye,  non  pas  à  la  vérité  le  exter»e  àe 
principal, mais  bien ccluy  quiîuy  aide.  Le  vray  organe 
cft  caché  dedans ,  comme  celuy  de  l’odorat  :  tt  comme 
nous  pouuons  flairer,  le  nez  eftânt  coupé ,  quoy  que  non 
pas  fibicn:  Ainfi  pouuons  nous  ouir,  les  oreilles  ayans 
efté  extirpées  désla  racine,  bien  que  imparfaidement, 
confurément  &  auec  vn  murmure, les  voix  articulées  qui 
reflemblentau  brun  que  fait  l’eau  coulante,  ou  vne  ci¬ 
gale  .qui  chante ,  comme  ceux  là  fçaucnt-fort  bien  ,à  qui 
elles  ont  efté  coupées.  Mefme  l’adion  de  l’oreille  qui 
n’a  pasefté  coupée,  eft  oflFenfcCj  fî-on  ne  bouche  le  trou 
de  celle  qui  l’a  efté.  • 

Vvfage  donc  de  l’orcillc  externe  eft  dè  receuoir  les 
fons  plus  promptement  &  mieux,  &  de  ralTembler  dans 
fa  cauitéceux  qui  vaguerit  en  l’air ,  afin  que  leur  mou- 
nementeftant  modéré  par  l’obliquité  dans  les  anfra- 
ftuofittz  ,  ils  touchent  au  tambour  fans  aucune  impe- 
tuoûte  violente.  C’eft  pourquoylesbeftcs  tournent  les 
oreilles  vers  les  fons  Scies  voix ,  afin  qu’elles  ne  paffent 
hns  lestoucher  C’eft  pour  cette raifon  que  l’Empereur 
,  Hadrian  mettoit  Tes  mains  caues  i  l’encour  des  oreilles 
pour  ouïr  mieux  ,  ce  que  font  auflî  ceux  qui  font  vn  peu 
lourds.  De  là  vient  que  quelques  Scythes  ,  à  qui  les 
oreilles  meurent  à  caufe  du  froid  ,  appliquent  vne  co-* 
quillcà  leurs  oreilles,  afin  que  l’air  enfermé  foit  receu 
j^uetnentdanslaconcauné  ,&que  parce  moyen  ils  ayent 
l  oiiye  meilleure.  C’eft  pour  cela  enfin  que  ceux  qui  ont 

Zz 


jés  Liure  troiféme. 

:  ies  oreilles  plus  aduancccs  en  dehors ,  ojretit  mieux  TJ 
fi  nous  ne  les  auions  pas  trop  applaties  ,  tant  pom  » 
coucher  dclTus  trop  long-temps  ,  tju’à  caufe  que 
nourrices  les  ont  bandées ,  noftre  ouye  feroit  plus 
cellentc. 

L'orciilc  interne  a  auffi  dmerfes  parties  continues  c 
l'os  pierreux,  où  font  outre  les  parties  de  los  &  les  pj"' 
tites'eauernes,  le  tHmhourMs  detixmufcles^lQs^aipa^x 
Bc  l'air  naturel.  * 

Il  fe  rrouue  dans  le  conduit  auditoire  rcueftu  de  fi 
peau  jparoùpaffentlcsfohs,  vnc/î?«wf»r  bilteufeBt.y[l 
queufe,  [que  les  anciens  ont  appcllé/fnw<r«lacire]chaf. 
fée  du  cerucau  :  mais  la  nature  a  [  mis  obliquement]  pat 
:ded.ans  à  ce  trou 

N nt  certaine  clofture  ou  membrane  ronde,  que  quel. 
'Li  t&hour  qu^s-vns  nomment  Myrinx^  d’autres  le  feptum  mera, 
braneux  &  mediaftin ,  quelques  autres  le  tambour,  & 
d’autres  plus  à  propos ,  la  plaspetit^  membrane  dutm’ 
éûur.  Car  elle  •€{!:  tendue  deuant  la  cauite  interne,  qui 
.conticntrairnaturcljcommclcparchcmiriau  tambour. 

.  iXle effort feiche,e&ti  qu’elle  refonne mieux, caries 
ohofes  feiches  font  plus  propres  pour  Icfon. 
y  ru  des  eft  tranjparente ,  déliée  &  fubtile,  afinque  lesfons 

eaufes  de  la  puilfent  paflerplus  aifément  dans  l’air  naturel.  Car  ceux 
furdité.  àquiclleeft  tropefpaifie  dés  la naiflance, font fourds in¬ 
curables,  comme  ceux  auflî  à  qui  vne  tunique  frop  ef- 
paiife  naitt  &  s’attache  extérieurement ,  de  laquelle  Panl 
■Eginete  enfeigne  neantmoins'quclque  curation  ;  Et  ceux 
qui  l’ont  venans  au  monde,  demeurent  aulfi  müetslcplus 
louuent,  parce  qu’ils  ne  peuuent  conceuoir  enleur  cf- 
prir,  ny  proferer  dela  langue  des  paroles inoliy es.  Quel' 
y  ne  des  quelque  mucofité  s’y  attache  intérieurement,  ouqu’vne 
taufes^  de  h  humeur  trop  cfpailfe  s’y  i ett e ,  l’oily  e  deuient  dure  U  cm- 

de  *pefchée , oulafurdité artiuc,qui eft difficileàgueiir.Qï? 

fi  l’humeur  cft  déliée  clic  caulc  le  tintoiiin,  &  le  bruitclc* 
oreilles. 

.Elle  cft  enfin  nenjeufe,  [  &  d’yn  fentiment  li 


De  laTeJîe.  363 

gfl’cllencpeutfoufFrirles  cure-oreilIcs  ,  «y  les  humeurs 
»cres ,]  &c  forte,  afin  quelle  dure  contre  les  ioiures  exter¬ 
nes,  &  dedans  pour  fa  deffenfe  trois  ollèllets 

^  deux  mufcles. 

Son  vptge  cft  de  fermer  le  conduit  auditoire ,  &  de  re¬ 
tenir  en  dedans  l’air  naturel ,  en  le  feparant  de  l’externe:, 
ptenfuitededeffendre  les  parties  internes  de  la  pouflie- 
re,  de  l’eau,  des  petits  animaux,  &c. 

Il  y  a  vne  cauité  interne  m  dedans  du  tambour,  en 
l'os,  qui  contient  vn  certain  airque  quclqucs-vns  nom- 
ment  connaturel,  parce  qu*,l  acfté  .misdcs  la'naiflance 
aux  oreilles:  îieft  pur,  fubtil&  immQ.bile,  &eft,  félon 
quelques  -  vns ,  le  mojen  interne  de  l’oiiye ,  &  félon  d’au¬ 
tres  l'organe  mefme  de  l’ouye. 

Les  Anatomiftes  donnent  deux  mufcles  1  l’oreille 

.  de  l  ertillt, 

interne.  • 

Us  nomment  le  premier  interne  fîtu^dans  l’os  pier¬ 
reux  auec  vn  double  tendon  ,’dont  TVn  fe  plante  à  la 
produdion  plus  eflcuée  dU  petit  marteau  ,  &  l’autre  à 
fon  col.  ^ 

Son  vfage  cft  de  tirer  obliquement  en  deuant  &:  en 
dedans k  tefte  du  marteau,  de  la  retirer  de  l’enclume , 
dcdcpoulTer  en  dehors  la  petite  membrane  par  la  pro- 
diiftion  recourbée  du  petit  marteau. 

Le  feponi  externe  a  efte  troiiuc  par  Caprins ,  bien 

Aqnapendente  s’enattribucrinuerition.  llcft  fort  pe¬ 
tit, charnu,  &eft  enlafegion  fuperieure  dupaflage au¬ 
ditoire  ,  &  s’infere  par  vn  tendon  au  centre  du  tambour,  : 
àt’endroit  où  le  marteau  fe  ioint  dedans  à  la  mem¬ 
brane. 

Son  vfage  eft  de  tirer  en,  dehors  la  membrane  auec 
h  marteau.  [Prfny^wwjnet  donc  mal  à  propos  ce  mufclc 

contre 

Il  faut  remarquer  vn  certain  petit  conduit  cattilagi- 
neux  qui  va  de  l’oreille  au  palais,  &  qui  a  vne  valvule. 

Sun cft  i.dercpurgcr  l’air  naturel.  Carlafortic  lesmlnfea:^ 
Cttbuucrte  auxexcrcmcns  parce  chemin, de  l’orèillc  à  teiresfer- 
tz  ij  , 


nent  aux 
pialaJics 
des  oreilles , 


ApftlU- 
tions  des 
parties  du 
ntz. 


■^«^4  Liure  troljieme]  ' 

la  bouche,  mais  non  pasde  labouchcàloreillejcauf 
de  la  valvule.  D'OÙ  vient  que  les  mafticatoircs  férues 
beaucoup  aux  maladies  des  oreilles.  , 
i.  [  De  receuoir  le  fon  aux  fourdaftres  ,  ou  lors  que  Igj 
oreilles  font  bouchées.  C’eft  pour  cela  que  ceux  qui 
prennent  du  tabac,  rendent  la  fumée  par  les  oreillcs^i 
Lt  nerf  andifoire  fe  prefente  enfin ,  qui  vient  de  la  cm- 
quiéme  paire  du  cerucau,[&  qui  entre  dans  l’oreille  par 
le  trou  de  l’os  pierreux.  Il  touche  par  deux  rameaux  la 
viz  &  le  labyrinthe,  afin  de  parfaire  l’ouye  en  ces  deux 
endroits  i  vn  petit  rameau  fendu  en  deux  qui  vient  de  la 
fixiéme  paire  ,cft  adioufté  à  ce  nerf  pour  mouuoirles 
■mufclcs.  ] 


CHAPITRE  X. 

Du  NeZ: 

IL  fâirt  maintenant  confidcrec  le  Nez  qui  eft  l’organe 
de  ro’dorat ,  &  qui  a  cfté  donné  à  l’homme  &  aiix 
beftes.  à  quatre  pieds  qui  engendrent  leurs  petitkn  vie- 
Or  il  fc  diHife  comme  l’oreille  en  nez  externe  &  <»- 
terne. 

L'Interne  a  des  os  '&  des  nerfs  aucc  les  apophyfes 
mammillaires,  defquellcs  nous  parlerons  en  leur  lieu. 

L’Externe  fediuile  par  dehors  en  partie  fupeiieure  & 
inferieure.  t 

-La  partie  fuperieure  qui  eft  ofteufe  &  immobile  ,  fc 
nomme  le  des  du  nez ,  &  la  partie  pointue  l'éfpine  :  I» 
partie,  inferieure  eft  cartilagmeufe  &  mobile  ,  dont  la 
plusbaffe  extrémité,  fe  nomme  lepenf  la  petite 

boule  du  nez,  [parlefeul  attouchement  de  laquelle 
chaèlScetus  iuge  fi  vnc  fille  a  perdu  fon  pucelage,]  &  1*^ 
parties  latérales,  les  :  la  partie  charnue  qui  adpan- 

ce  au  milieu,  &  qui  eft  voifine  de  laie  vre,  s’appelle la  C#* 
lomne. 


De  la  Tejle, 

î^e  nez  cft  diuifc  par  dedans  par  vnc  en  deux 
trous  ou  cauitez,  qu’on  appelle  narines ,  afin  qu'vn  trou 
eftant  bouché, nous  puiflîons  infpirer  &  rcfpirer  par  l’au¬ 
tre  :  mais  fors  qu’ils  font  bouchez  tous  deux,  la  bouche 
fâitlafobdion  des  narines.  Or  chaque  trou  fc  dmifede 
jcchef  en  vers  le  milieu  du  nez.  L’vnê  monte 

€11  haut  vers  l’os  fpongieux;  l’autre  s’en  va  au  delTus  du 
palais  vers  la  gorge  &  le  fonds  de  la  bouche.  D’où  vient 
que  le  brcuuage  fort  quelqucsfois  par  les  narines  ;  Et  que 
ce  qu’on  aii^té  dans  les  narines,  tombe  par  la  bouche,  le 
nezeftant  fermé.  C’eft  pour  cela  aufli  que  les  excremens 
plus  groffiers  du  cerüeau ,  lors  qu’ils  vont  en  bas  vers  les 
narines,  peuuentîomber  danslabouche  ,ou  y  eftte  atti¬ 
rez  en  crachant ,  &  eftre  repurgez  par  la  bouche. 

Sa puation  cft  en  vn  lieu  éleué  :  à  fçauoir  entre  les  yeux: 

1.  pour  la  bonne  grâce  :  a.  Parce  que  toutes  les  odeurs 
montent  en  haut.  * 

Sa cft diuerfe, comme  auffi  Çâfigure'  Caries 
vns l’ont  fort  grand,  les  autres  petit,  les  vns camus, ÔC 
les  autres  aquilin,  &c.  Dequoy  traitent  les  PhyJîognB- 
mfies. 

Sa  fubfiance  eft  compoféc  delà  cuticule ,  de  la  peau,  des 
mufclesydcs  os,  àcscanilages,dcsvaijfeaux6>c  des  tuniques. 

‘  Sa  p€4»cft  deliée  ,&  fans  graifle ,  afin  qu’il  ne  groflifle 
pas  trop  ;  Maiselleeft  efpaifle  &  fongueufe  à  lacolora- 
ne  fous  la  paroy,  de  forte  qu’elle  fembie  vn  cartilage; 

Elleades  poils  qu’on  nomme 

Les  mufcles  du  nez  fonté»/^? ,  fur  tout  en  ceux  qui  ont  i„  muf* 
grand  nez,  maispetits,parccquercmouuementdunez  cUs. 
cft  petit.  Quatre  feruent  ih  dilatation  j  lors  quils  ou- 
urent  les  trous  des-narines,  en  tirant  les  ailes  en  haut.  Et 
autant  ponx  li.  conflriBiçn-^ 

'Les  deux  premiers  qui  feruent  a  U  dilatation  (oviX 
hus,  Scnaiftent  de  l’os  des  loues,  présdutnufcledesle- 
■vtes  doncilsfontvn  troifîtme.lls  s’inferent  d’vncofté  a 
partie  fuperieure  de  la  Icvre,  &  de  l’autre  à  l’aile  cxrc- 
deure. 

Zziij 


Les  Curti- 
Uges. 


Les  V4if- 
fe/fitx. 


Lu  tmi- 


C»ufe  de 
l'ejlerHue- 
mem. 


Les  deux  autres  qui  Tont  prclque-  triangulaires  na'f 
fcnt  par  vn  principe  aigu  6c  charnu  ,  de  la  future  d 
fïont&  dcrcfpmc  du  nez  ôc  s’implantent  aux  ailes.  ^ 

hes  deux  premiers  qui  feruent  ^  U  cen^îriUioh  fontpc 
tis  ôenaiffent  tous  charnus  près  la  racine  «des  ailes  ^ 
vont  dft  trauers  s’inferer  aux  angles  des  ailes.  Leur 
cft  de  fermer  vn  peu  les  narines,  en  abbaiffant  les 

Les  deux  autres  font,  grandement  fermes  ôc  memhrj! 
neux,  cachez  intérieurement  fous  la  tunique  des  nari.' 
nés,  Ils  naiflent  de l’cxtrCmité  de  l’os  du  nez,  ôc  s’infel 
rent  aux  ailes.' 

•Les  Cartilages  conftituent.Ia  fubftancc  de  la  partie 
inferieure  du  nez)  6c  font  cinq. 

Les  deux  fuperieurs  plus  larges  foftt'  adhérents  aux 
os  du  nez,,  &  deuiennent  plus  ‘mois  tant  plus  ils  def. 
ccnderit,  de  forte  quelafubftance  de  l’extremité  du  nez 
cft  quafi  en  partie  càrtilagineufc  ôc  en  partie  ligamen. 
teufe. 

Le  trùijîe'me  qui  cft  au  milieu, de  ces  deux ,  conftituc 
la  paroy  pu  entre-deux  des  deux  trqus  du  nez^, 

.Deux  autres,  font  adiouftez  à  ccux.cy  qui  font  les 
ailes,  ôc, font  attachez- par  des  ligamens  membraneux, 

Qiunt  aux  vaijfeuxy  les  veines  viennent  des  iugulai. 
rcs. 

Les  arteres ,  des  carotides. 

Les  nerfs  de  la  troifiémc  paire ,  vn  de  chaque  codé, 
qui  va  parles  trous  communs  du  nez  ôç  des  yeux  au 
grand  angle  dans  la  tunique  du  nez,  aux  raufcles  &  au 
Palais. 

La  qui  cnccint  les  narines  par  dedans  vient 

de  ladurc-mcrc  ,ôc  cft  commune  à  la  bouche  ,  au  pa¬ 
lais,  à  la  langue  ,  au  larynx  ,  à  ,l’oefophag,e  ôc  au  ven¬ 
tricule  ;  Mais  élic  cft  plus  déliée  aux  narines  Ôc  d’vn 
fentiment  exquis  ,  car  eftanc  irritée  ,  elle  caufe  l’cftet- 
nuemcnc  :  [  Elle  eft percée  de  pluficurs  trous  à  l’os  cn> 
breux.] 

L*vfage  du  nez  externe  cft  , 


*De  UTefle. 

I.  Afin  que  l’dir  entre  par  le  ncz'iufqucs  au  cerueau, 
pour  la  génération  des  efprits  animaux.  [Ce  que  les 
thevres  font  par  les  oreilles  fuiuant  le  tefmoignage  de 
yarron  &  de  Pline,  contre  l’opinion  d' ^rifiote.] 
i.  Afin  que  l’air  entre  dans  les  poultnons  ,  pour  le 
rafraifehiflement  du  cœur,  &  la  génération  des  efprits 
vitaux. 

3.  Afin  que  les  odeurs  foient  portées  iufques  aux 
produftions  mammillaires.*D’où  vient  que  ceux  à  qui 
le  nezà  efte  coupé  à  la  racine,  ou  ne  flairent  point  du 
tout,  ou  aucc  geine. 

4.  Afin  que  les  cxcrcmens  du  cerucau  coülent  par 
le  n^z  comme  par  vn  canal  5  mais  cétvfage  n’cft  pas  le 
principal  du  nez  [  puis  que  /em  FvaUus  &  lean  Dom. 
Sala  Tios  maiftres  ont  cognu  des  perfonnes  à  qui  au¬ 
cuns  excremens  ne  fortoientiamaisdu  nez.] 

J.  Il  fert  aufli  quelque  peuàla  formation  delà  voix. 
6.  Il  fert  à  l’ornement  du  vifa.ge.  Onlit  danslcs  c^ro- 
ni^ues  d'Angleterre  que  les  plus  honneftes  filles  de  ce 

Jjays  là'fe  coupèrent  les  nez  du  temps  dê  la  guerre  contre 
CS  Danois,  pour  deffendre  par  certc  difformité,  leur  cha- 
fteté,  contre  i’mfolçnce  &  les  violences  desfoldatsDa^ 
■nois. 


CHAPITRE  XI. 

J)e  h  Potiche  ^  des  loues  des 
Le'vres, 

REfte  le  dernier-organe  du  goull  tàfçauoirîa  Langue: 
mais  il  faut  deuant  que  nousrexpliqnions,propofeE 

les  parties  externes,  qui  font  à  l’entour  de  labouchc,'5c 
les  autres  internes,  qui  font  dedansla  bouche. 

Les  parties  externes  à  l’entour  de  labouehefontdi- 
l^eifcs.  La  partie  fupeiicurc  fous  les, yeux,  entrc-lc nez  ôc 


NtfWJ  itt 
partnt  ex¬ 
ternes 


font  (i  l'en- 
tour  de  l* 
houehe. 


Les  paires 
des  mufcle 
des  levres 
qui  font 
communes 
aux  ioH'és. 


^^8  Lhre  troijîéme^ 

l’oreille,  fc  nomme  non  feulement  ' 

caufede  fa  rougeur  ordinaire  :  mais  auffi ,  à  caufe  de  cc[f 
qui  arriue  en  la  honte  :  On  la  nomme  aufli  h  pomme  &le 
cerclé  de  la  face  > 

La  partie  inferieure  plus  lafehe,  qui  fe  peut  enfler 
comme  cela  fc  void  aux  trompettes,  fe  nomme  BuccaU. 

iouë,lapartiedelalevcefuperièurc?wjir/?4^  mouftache,8c 
Ucauitéquiy  eft  imprimée,&quiladmife  philtrumphl. 
tre  5  comme  fi^n  difoit  aimable  :  mais  il  y  a  deux  levresda 
fHperieure&cl' inferieure  defqucllcs  fe.fait  la  fente  qui  e(^ 
au  milieu  ,  qui  fe  nomme  la  bouche.  Les  cxtremitca 
auancées  des  lèvres  fe  nomment  prolabia-  La  partie  infe- 
rieurciouslaleurcinfericure  s’appelle  la  pat-  ' 

tiecharnuëfoûslc  menton,  petite  gprge. 

Orla bouche  e:l:  compoféc  de  parties,  dont  lesvncs 
fontoflcufes,commelaw4c^oi>tf  fnperieure  &  inferieure 
&ücc\cs  dents ,  &  les  autres  charnues,  comme  les  levres  & 
leurs  mufcles,  &  aufli  ceux  des  ioues  &  de  la  mâchoire  i»' 
ferieure. 

Toute  la  capacité  interne  de  la  bouche  eft  enceinte 
pardedansd’vne  tunique  épaiflè,  qui  enuironne  aufli  les. 
gcnciues  &  les  levres,  6c croit-on  quelle  fc  redouble,, 
lors  qu’elle  fait  la  luette. 

L’vfage  de  la  bouche  cfi: 

I.  pcreceuoirle  boire  ôc  le  manger,  Ôe  deferuir  àfa; 
préparation,  ou  de  commencer  la  chy  lifiçâtion. 

a.  Pour  l’infpiration  &  rexfpiration. 

3.  Pour  la  voix. 

4.  Afin  que  les  cxcreraens  des  poulinons  fortent  par 
là  bouche ,  6c  ceux  de  la  tefte  ôc  du  ventricule  en  cra¬ 
chant,  en  toiiflantjôc  en  vomiflant. 

Deux  paires  de  mufcles  font  communes  aux  iôu'cs  & 

,  aux  levi?es,deux  de  chaque cofté. 

La  première  eft  ce  mufcle  large  ,  délié  6c  qudrré 
eft  couché  fous  la  peau  du  col,  que  les  anciens  n’ont 
pas  diftingué  dclapeau. 

Elle  afon  origine  près  des  clauicules  6c  de  la  partie 
polterieure 


De  la  Tejle.  $69 

oftcrieurc  du  col;  mais  elles  s’inferepar  des  fibres  o(iU‘ 
”  J  (que  le  chirurgien  remarquera  foigneufemcnc, 
afin  qn’il  coupe  de  trauers ,  fans  y  prendre  garde, 
gj  qu’il  ne  rende  ainfi  les  ioues  retirées  vers  tn  collé  ) 
au  menton>aux.levres,&  à  la  racine  du  nez  mefmes 
quciquésfois  à  celle  des  oreilles',  lefquellcs  elle  meut 
aulïi  en  partie.  Lcmufclc  eft  t  premier  qui  fe  bande  au 
ris  de  chien ,  ou  comulfion  canin e- 

La  fécondé  paire  qui  eft  couchée  fous  celle-cy  ,  qui 
fait  parfagroftetir  les  ioues, fe  nomme  à  caufe  de  cela 
buccinatenr  ou  trompetteur. 

Elle  eürûneb  comme  vn  cercle  ,  deliée  Sc  niembra- 
nciife  &  entretilTuë  de  diuerfes  fibres ,  &  attachée  infe- 
parablement  àla  tunique  delà  bouche. 

a  remarqué  à  fon  centre  vn  fort  ligament  qui 
paift^du dehors, &  qui  fe  traine  fur  l’os  des  ioues ,  où 
il  fc  termine  en  vn  certain  mufcle  petit  ôc  gtelle  direde- 
inent  oppofé  â  la  iou'é. 

Le  mufcle  naifi  de  la  mâchoire  fuperieurej  &  s’infere 
à  l’inferieure  aux  racifiés  dçsgcnciues. 

Son  ly^^fcftdemouuois  les  ioues ’aucc  leslevres,  & 
de  feruir  aux  dents ,  comme  de  main  ,  lors  qu’il  poufle 
deçà  &  de  U  la  viande  vers  les  dents ,  afin  qu’elle  foit 
tachée  plus  menu.  • 

Les  levres  font  compofées  d’vne  chair  .confufe  & 
fongueufe  (  Fallope  la  tient  pour  la  neufiéme  paire  des 
inulcles  de  la  Icvre  )  dont  la  peau  eft  tellement  meflée 
aucc  les  mufcles  qu’elle  fembîe  vnc  peau  mufculcufe, 
ou  vn  mufcle  cutanée.  . 

Elles:  font  couuertes  d’vnc  tHnique  commune  à  la 
touche  &  au  ventricule ,  d’où  vient  que  la  lèvre  infe^ 
ficum  tremble  à  ceux  qui  ont  enuie  de  vomir. 

,  Les  parties  qui  febaifent  mutuellement,  font  rouges, 

caufe  de  l’affluence  du  fang, 

Lcurty^^ff  cfti.  de  fermer  la  bouchç  ,  &  de  deffen- 
drc  lcs  dents  &  les  parties  intérieures  contre  le  froid  & 
les  iniures  de  dehors.  . 

Aaa^ 


Sfl»  vfagn 
Le  ns  ae 
chlm. 


La  figure 
du  bucci. 
nittur. 


L«  Uvjer. 


H'oît  vient 
le  tremhli- 
tntnt  delg-^ 
vre  en  ceux 
qui  ont  en  > 
uiè  de 
mir. 


"yji)  Lture  troifte/me] 

Pour  la  commodité  de  boire  &  de  matiger.' 

3.  Pour  la  voix&  la  parole. 

4. .pour  ietter  le  crachat,  .  ^ 

•  5.  Pour^l’orncmenr, 

Les  levres  ont  quelques  mufcles  ^  propres ,  outre  les 
communs  que  nous  aqons  expliqué  ,  dont  le* nombre 
peut  changer  neantmoitfs.  Les  vns  en  comptent  plus 
les  autres  moins. Car  il  y  en  a  que  quelques- vns  tic^nnent 
pour  fimples^  &  d’autres  pour  plufieurs. 

Les  4  p/tires  La  p-emiere  pire  qui  eft  remarquaWe.  a  efté  deferite 
des^  mufclej  ^  defcendant  de  l’ande  entredes  yem 

UuTrTfu-  ^  plonge  droit  au  corps  luperieur  de  Ule- 

periettre,  , 

Les  a/ttres  deaxpaires  que  tous  les  autres  comptent  pour 
vn  feuljiettent  des  fermes  &  charnus enl’os 

de  la  pommette ,  &  tendent  obliquement  en  bas  ^l’vne 
neantmoins  plus  que  l’autre.)  Ils  s’embraffent  bien  mu¬ 
tuellement  à  leur  origine,  mais  ils  s  infèrent  manifefte- 
ment  cn‘  diuerfes  parties  de  la  levre.  C’eft  pourquoy 
auffi  la  paire  inferieure  tire  plus  aux  codez  que  la  fu- 
perieurc.  • 

L'mtre  paire  efteharnoë,  grjrflc,  ronde  en  loti^,  & 
■couucrie  de  graille  *,  Elle  naift  &c  s’inferc  i  la  cauitc  qui 
cft  fous  la  iouë  où  les  levres  s’vrdlTent  cette  paire 
tire  en  bas. 


Leur  vfa?e.  rnufcles  Icuent  la  levre  rupcrieurc. 

La  paire  L’autro  paire  qui  meut  la  levre  itiferreürc  , eft  large 
des  rnufcles  &  courte.  Elle  naift  charnue  de  la  mâchoire  infcriciitc 
.  quime^tla  aux  coftezdu  menton  :  Ets’inlêre  obliquement  au  mi* 
levre  tnfe-  |jgy  jg  levrei  Or  tous  les  mufclcs  des  levres  font  ft 
rieure.  meflez  à  la  peau  ,  que  les  fibres  fei  croifent. 

vient  que  lesmouuemens  des  levres  font  fort  diftst^t'*' 
Les  nerfs  enuoyent  aux  levres  des  reiettons ,  af'’ 
kur  fenriment  foit  exquis  ;  les  veines  5c  les  artetes  f 
viennent  ailfii  des  lieux  voifin s. 

T Les  mufcles  de  U  Mâchoire  inferieure  (  car  ctWf 
m  general,  fcmeut,  6c  l’aiurc  eft  immobile  )  font  huia ,  félonies v»* 


De  Ia  Tejîe. 

^  dix  fuiuant  les  autres  ,  qui  le  nomment  mafcheurs , 
mangeurs ,  molaires ,  parce  qu’ils  feruent  à  mafchcr  & 
brifer  les  viandes  ;  Vnc  paire  feulement  abaifle  la  ma-  ‘ 
choire  ;  parce  qu’elle  tend  d’ailleurs  en  bas.  Les  autres 
paires  laleuent,  qui  fonl  fort  robuftes.  D’oii  v^ent qu’il 
y  a  des  hommes  qui  leuent  dc^erre  auec  la  bouche  en 
mordant ,  des  pefans  fardeaux  i  &  que  les  phrenctiques 
autres  infenfcz  /ermênt  la  bouche  auec  tant  d’6-* 
piniaftreté  J  qu’à  peine  la  peut-on  ouurir  auec  grande 
^rce  &c  auec  des  ferremens  ;  Au  contraire  on  n’aura 
pas  beaucoup  de  peine  à  la  fermer  ,  quelque  refîftance 
dont  qnvfe  pour  la  tenir  ouuerte. 

le  premier  mMsCc  nomme  Crotaphite  ou  temporal,  ig 
àcaufe  de  fa  fttuation,  parce  qu’il  occupe  la  cauifé  des 
temples. 

Ccluy  cy  cft  le  plus  grand  de  tous,  fort  ôcrobufte.  dit 

Mais  il  eft  . plus  grand  &  plus  robufte  aux  autres  ani- ww/c/erm- 
maux,  comme  aux  liions,  auxjoups,  aux  chiens,'  auxP'”’^^* 
pourceaux ,  &c,  quideuoient  mordre  fermement. 

Car Ja^»  du  temporal  cft  au  commencement  delà 
mafehoire  inferieure  qu’il  meut ,  &•  qu’il  tire  en  haut ,  & 
fermeainfi  la  bouche  j  Et  il  finit  par  vnc  produdlion  ai¬ 
gue,  &  par  vn  tendon  nerueux,  court  &  fort . 

Mais  il  naifi-  des  temples  par  vn  principe  large  ychar- 
/iii,&demy.  circulaire,  &  s’eftreffitpeu  àpeu  en  defeen- 
daiir.  , 

Trois  nerfs  s’inferent  àce  mufcle  des  deux  coftez,  deux  „ 

<ie  la  troi^cme  paire  ,  &  le  troifiéme  de  la  cinquième,  u  klejfeurt^ 
G’eft  pourquoy  y  ayar  quelque  blefteurc  ou  contufion  en  du  'mûfcle 
ce  mufcle,  il  y  a  grand  danger  de  côuulfion,&  rqefmesdc  temporal 
la  mort  :[C’eft  pourquoy  il  le  faut  couper  aux  abfcezjfui-  ‘***Ht^*'*f*t 
liant  le  chemin  des  fibres  obliques.]  C’eft  a  caule  de  la  di- 
Aenfion  de  ce  mufcle  HippocrAte  a  dit  que  la  luxation 
<le  U  mafehoire  inferieure  eft  mortelle,  fi  elle  n’cft  remifo 
4e  bonne-heure. 

La  nature  luy  a  donné  pour  fa  deffenfc,  i,  vne  memha* 
cfpaific  &  dure  :  à  fçauoiiTe  pericrane,  de  forte  qucla 
A’aa  jj 


jyi  Lime  tmfieme , 

partie  inccrieurc  dumufclc  qui  cft  toute  charnue,  eft  4 

hcrentcàros,fansle  pericranc.  * 

Z.  Le  Zygoma  deflus  la  partie  inferieure  tcndincur 
Ôc  nerueufe.  ,  * 

9.  .Elle  a  auffi  muny  le  tendon  de  chair  dcffus  & 
dcflbus.  * 

.  Le  fecoKd  müfck  fe  nomme  le  fremiermafcheuryniitr 

feteur,  mouleur ,  mandibulaire ,  &  Wtrcment  latéral,  qui 
eft  fitué  anx  ioucs. 

Il vne  double  teftc ,  dont  Eync  eft charnuë& 
l’autre nerfucule,  du  Zygoma ,  &  du  premier  os  de  la 
mafehoire  fuperieure .  Il  s'mfere  à  la  partie  inferieure  de  la 
mafehoire,  qu’il  tourne, lots  qu’on  mange.  Carlesfibres 
des tçftcs  s’entrecoupent,  'afin  qu’elles  mcuuent  la  maf. 
choire  en  deuant ,  en  derrière  &  aux  coftez. 

La  rwi7//wep<iire[appclléc  Ptery  goide  ou  alaire  externe,] 
que  nous  deuons  â  FallepCi  &  qui  félon  eft  ync 
partie  du  müfclc  temporal  ,  eft  fituée  fous  le  tera. 

'  poral. 

Elle»4/j^  derosfphenoide ,  &  de  la  produâiion  ailée 
externe, par vn principe  en  partie netucux,& en  partià 
dharnu,&  i’imfUnte  au  col  de  la  mafehoire  inferieure, 
&  au  fiege  interne  de  fa  tefte. 

Son  vfage  eft  de  mouuoir  &  de  tirer  en  deuant. 

La  quatrième  paire  fe  nomme  le  fécond mafcheur[o^ 
alaire  externe,  ]  qui  eft  épaifle  &  courte.  • 

Voy  e\laf-  Elle  yôrf  nerueufe  des  produftions  internes  ailées  de 

,f«r#  f.jjo.l’os  fphenoide  ,  &  s’infere  à  la  partie  intern»  &  pofte- 
rieurfc  de  la  mafehoire  par  vn  tendon  large  &  fort. 

Son  vfage  eft  de  tirer  la  mafehoire  en  haut,  &  d’aider 
le  temporal. 

La  cinquième  paire  fe  t\ommç  f y  loi  de  o\i  graphioidh 
parce  qu’elle  de  l’appcnchcc  ftyloidc  lEllc  eft  inem- 
braneufe  &large,  &c  incontinent  elle  deuient  rondeen 
long, charnue,  &  puis  tendineufe  au  milieu,  &  cftantdc- 
uenuë  de nouueau  charnue ,  elle stnfere^Vi mentoh.C’dt 
poiiiquoy  on  void  qu’elle  a  deux  ventres ,  &  eft  appelle® 


r  De  la  Tefte. 

pouf  ;  Elle  cft  attachée  par  vn 

ligarnent ,  afin  quelle  ne  fe  tefire  pas  trop  en  ar- 

^'*Son  vfage  eft  de  tirer  la  mafeboire  en  bas,  ,&  dou- 
gfir  la  bouche, 

Mais  les  autres  ticnneiir  pour  vnc  autre  paire  vne  par¬ 
tie  du  mufcle  quarré qui  eft  planté  au  milieu  du  men. 
ton. 


•  CHAPITRE  XI 1. 

Parties  contenues  dans  la  bouche ,  des 
pendues  y  du  palais,  delà  luette  y  de  la 
gorgty  de  Pos  dugojïer,  : 

LÉs  parties  contenues  dans  la  bouche,  font  outre  les 
dents,  Les  genciues ,  le  palais,  la  luette ,  \z  gorge,  l'os  de 
k  langue ,  h  langue  mefme ,  les  amygdales,  \e  larynx  &  le 
mmencement  àel' Qefophage.  Nous  auons  pafic  des  trois 
dernières  parties  au  liure  fécond,  à  caufe  de  la  connexion 
despanies.  Noos  c'xamincrcns  les  ciriq  premières  en  ce 
Chapitre,  &  la  langue  au  fuiuant. 

La  Genciue  cil  vne  chair  dure  qui  enuironne  les 
dents  comme  vn  ratn part  , &  qui  fertvn  peu  aux  édea- 
tcz  pour  rompre  &  bnferlcs  viandes.  Les  dents  bran¬ 
lent  ou  tombent  lorsqu  elle  eû,  ou  mangée,  ou  trop  re- 
lafchée,  ou  trop  defleichéc. 

Lc  PalSis  eft  la  pai^c  fuperieure  de  la  bouche  vn  peu 
concauc,  comme  vnc  voûte,  d  où  vient  qu’on  l’appelle 
lecid  delà  bouche  ;  Il  eft  la  bafe  du  cerucau  formée  de 
fphenoide, 

lleltreueftud’vne  erpaifle  qui naift  delà dure- 

quienceintpar  dedans  les  iou'és,&  toutelabou- 
&  eft  commune  àla  gueule,  ôc  au  ventricule.  G’eft 
fourquoy  il  y  a  aulTi  Tympathie  entre  ces  parties,  &  nous 
Aaaiij 


1 


J 7./.  Liun  tm0me.  I 

ncpouuons  pas  purger  la  tcifte  auec  des  mafticato’  | 

quele  ventricule  ne  fe  purge  auffi  parle  palais.  | 

La  nature  luy  a  donné  des  petis  nerfs  pour  le  fentj  | 
lïiçnc. 

L»  /»««  la  Wk 

de  la  luette,  entre  les  conduits  des  narines  ,  au  defl  us  de  la  fentedu 

larynx  entre^es  amygdales.  Les  vns  la  nomment  Q^r-  ' 
^areon^ciüCo  du  fon  quife  fait  en  gargarifant ,  &  a^|{j 
gurgttlio  SiC  la  colomne, 

C’èft  vne  produdion  de  la  fubftance  glandulcufc 
fpongieufe  &  rouge  ,  qui  naift  félon  ColHmbm  de  la  tu! 
nique  du  Palais  redoublée  en  cét  endroit ,  [  &  fuiuant 
RioUn.  des  mufeks  qui finilTent  lâ.] 

Sv»  Thure  obloague  en  rond  y  plus  efpaiflre  parbaut  yk 

^  ‘  finit  en  pointe  obtufe,  [fufpenduë  par deuxpetis  muf. 

0  des.] 

ta  cheate  Quelquesfois  elle  pend  trop  à  caufe  des  humeurs  qui 
delaluette.  y  tombent,  &  alors  ieük  hcheute  delà%ette 

habilles  chirurgiens  ont  accoultumé  de  brufler  ou  cou¬ 
per  ,  lors  qu’on  ne  peut  la  remettre  en  fa  fi  tuation  na. 
turclle  par 4e  moyen  desmcdicamens,ouauec  la  main,] 
Son  vfage  eft  de  temperer  la  froideur  de  fdt ,  afin 
qu’il  n'cnîre  fubitf  ment  da^is  le  poulm\)n  :  [  D’où  vienr 
queceuxqui  en  font  priuez,  meurent  ordinaitement 
phthifîqucs.] 

.  "Erreur  du  ^Lcs  autres  croient  qu’elle  fert  à  la  modulation  de  h 
vulgaire,  voix  ,  d’où  vient  qu’on  la  nomme  l’harchet  de  la  voiXi 
Mais  encore  qu'elle  foit  blclTéc  &  entièrement  con- 
fuméCjla  voixh’cft  pas  gaftéc  pourtant,  finon  que  Iq 
autres  parties  voifines  qui  feruchti  la  voix,  feient  of- 

Fenfées  :  [  Car  alorsxllcdeuient  rauque  &  entoilée àcau^ 

fe  de  l’afpreté  de  ces  parties,  caulëcpar  ces  .fluxions  qui 
ont  rongé  la  luette. 

Soafccond  vfage  eft  d’cmpefçherquelc  boirene  tfi* 

^ge  de  labouche  aux^narincs,]  ■ 

^oute  l’ouucrture  delà  bouchçfc  nommç  quelq^®*' 
fois  la  Gorge;  Mais  ce  mot  coniaienc  proprement  a» 


De  la  Tefie,  37 f 

jftic  poftcrieufe  &  inferieure  ,  qui  ne  fc  void.quc 
Land  la  bouche  eft  ouucrte  &  la  langue  abailTéc.  Les 
Grecs  U  nomment  Tharjnx ,  bien  que  ce  mot  dans 
Uippocrate  fig'nifie  fbuuent  les  affcdions  de  la  gorge ,  ‘ 
cornine  rinflarnmation  &:c.  Galien  le  nomme  Ifihme  ou 
dcftroicjàcaufe  quece  lieu  cft  eftroit. 

lly  âvn  osà  la  gorge  qu’on,  nomme ou ÀpfelUtih 
^caufe  qu'il  eft  fait  comme  la  lettre  Grecque  v  ,  &  ^fieshyat- 
Umbdoide  à  caufe  qu’il  a  la  figure  du  a.  Il  fe  nomme 
auffi  tos  dugoJteryOü  l'os  de  la  langue\  àoai  il  faut  par¬ 
ler  icy  J  &  non  pas  en  l'Ofteologie  ,  parce  ’quhl  n’eft 
paslié  aùcc  les.autr^s  parties  du  Skelettc. 

^  Or  cét  os  eft  la  bafe  &  le  fondement  de  la  langue , 
fur  lequel  elle  fe  meut  :  Mais  il  eft  au  deuant  du  larynx. 

Il  eft  compose'  de  plufîeurs  oflellets  ,  qui  font  trois 
tout  au  moins  ,  treiz:e  pour  le  plus  quelqueafois  * 
cinq,  fept, neuf. 

L’Offellet  moyen  eft  le  plus  grand  connexe  par  de¬ 
hors ,  &  caue  par  dedans.  Il  a  des  apophyfes  qu’on 
nomme  les wwr, deux  de  chaque cofté» qui  font  com- 
pofées  d’vn  plus  grand  on  plus  petit  nombre  d  oflellets. 

Scs  Apophyfes  font  attachées  auec  les  ligaments  & 
les  extremitez  du  ftyloidc ,  &  aufli  auec  le  cartilage  ary¬ 
ténoïde.  ^ 

Cét  os  ne  fe  meut  fu  auec  la  c  eft  pourquoy  il 

^  quatre  paires  de  mufeies  communs  à  la  langue,  &  on 
ne  peut  pas  demonftrer  les  mufcles  de  la  langue  que 
ceux- cy  ne  lôient  oftez. 

La  première  paire  eft  cachée  fous  la  peau  pat  deuant, 

&  couchée  fur  la  trachée  artere  &  fur  le  cartilage  ty. 
roidc. 

Lllc  par  vn  principe  large  &  charnu  de  la  plus 
haute  Si  intérieure,  région  du  fternon.  D’où  vient  que 
Wtte  paire  Çq  wommt  Sternohyoide '.h  fin  eft  charnue  à 
la  bafe  de  l’hyoide  :  Et  ces  mufcles  font  feparez  au  rai- 
lieu  par  vne  ligne,  fuiuant  leur  longueur. 

Leur  vfage  eft  de  tirer  droit  en  bas. 


1 


^7^  Llure  mlfiême] 

La Jeconde^Akc  qui cft  fous  le  menton  &  foug  . 
quiéme  paire  de  la  mafchoire  inferieure  ,  cft  ampr' 
courte  ,&  toute  charnue.  ° 

•  Elle  naifi  de  la  partie  interne  de  la  tjiafchoire  infcfj 
re'par  des  fibres  qui  vont  diueilèment.  Elle  finit  aufiç  ' 
moyen  de  l’hyoidc.  Quelques  vns  la  nomment  aetiF 
hjoide.  .. 

Son  vfage  eft  de  tiret  droit  en  haut  Sc  vn  peu  en  ;lc 
uant. 

La  troifiéme  paice  qui  eft  greffe  &  ronde  en  long,  cft 
placée  fous  le  menton,  naift  delà  racine  de  l’apophyfe 
ftyloide  ,  &  finit  aux  cornes  deThyorde^.  Qcmlquygjj 
ces  mufcles  font  percez  au  milieu  ,*à.  cWc  do-mufclc 
qui  ouure  la  mafchoire.  *  * 

Son  vfa^e  eft  de  mouuoir  vers  les  coftez  ,  &  vn  peu 
obliquemsnt  en  haut.  Cette  paire  fe  nomme  jiyloceu. 
to^yoide» 

La  ^Hâtriéme  qui  eft  greffe  &  longuç  eft  cachée  fous 
le  mufclcde  l’efpaule  ,  dont  ils  font  le  quatrième. 

Elle  naift  de  rapophyfe  coracoïde  y  d’où  vient  qu’ou 
le  nomme  coracohyoide.  Elle  fe  porte  en  haut  oblique¬ 
ment  aux  coftez  de  l’os  hyoide  fous  le  mufcle  de  là 
tefte  qju’ils  font  le  feptiéme.  Cette  paire  qui  cft  lon^ 
gue  ,  a  deux  ventres ,  &  cft  extenuée  au  milieu  comme 
vn  tendon  ,  comme  celuy  qui  tire  en  bas.  fa  mafchoire 
inferieure. 

VvUtre  de  dé  l'os  hyoïde 

l'es  hyoïde.  Afin  qu’il  foit  la  baie  de  la  langue  [Ileftneantmoins 
mobile  ,  afin  que  comme  FvaUns  eftime ,  il  PC  fuft 
toufiours  couché  fur  la  gueule  ,  &  qu’il  n’empefehaft 
parce  moyen  la  déglutition  des  viandes.  Mais  il  femcut 
en  deuant  en  la  déglutition,  afin  détendre  parcemoyea 
l’orifice  delà  gueule  plus ouuerr.]  • 

Z  .  Afin  que  plufieurs  mufclcs  .de  la  langue  &  du 
y  prenent  leur  origine. 

^  CHAB.. 


m 


De  U  Te  fiel 

chapitre  Xlil. 

Et  dernier. 

De  U  langue. 

La  langue  aÿ^fi  nommée  de  hngere  Icichcr,cft  pla- 
cée  en  l’homme  dans  la  bouche ,  fous  le  palais. 

Ellecft  en  l’homme  /  double  aux  veaux  ma- 
jins ,  à  nois’pointes  aux  ferpens,  &  à  deux  aux  lézards. 

Elle  cft  oblongue  en  l’homme,  large  &  eCpailTe  ;  Mais  Sa  figurt. 
elle  cft  pluscfpaiffeà  lâ  racine  &  plus  tenue  &pointuë 
àrcxtremirc. 

Sa  eft  médiocre  &  refpond  à  la  bouche.  îagradeut 

Que  ü  elle  ell  excefliue  ,  de  forte  qu  elle  ne  puiffe  fc  *'»»/«  de  U 
mouuoir  auec  facilité  ,  elle  fait  begayer.  Et  fi  elle  eft  defrana- 
trop  molle  &: trop  humide  comme  aux  enfans  ,  la  voix 
a’eftpas  fl  bien  articulée  [  Camerarins-,  Ziemm  ^ 

Portiigns  ont  remar<||é  que  la  langue  eft  crèiiie  par 
quelque  maladie,  iuf.,ues  à  vne  grandeur  fi  prodigteufe,-. 
qu’elle  ne.  pou  uoit  eftrc  contenue  dans  la  bouche.]  : 

Sicpmexim:  Elle  cft  toute  adhérente  aux  poiftbns.  Satemt- 
Elle  éftattachée  en  l’homme  par  derrière  au  larynx  ,a 
l’oshyoidcjà  la  gorge&aux  amygdales.  Elle  eft  liée  par 
l’îsau'milicu  de  Ton  corpspav  vn  ligament  fort&membra- 
•^eux,  pour  la  force  &  la  fermeté,  &  aulïipourl’infertion 
éîs  mufclcs  propres:  doutTcictreraicé  fc  nomme  lc/r««, 
oulc  filet  qui  n’en  eft  point  d  fferent.  Il  lie  q'telqucsfois 
h  langue  de  telle  forte  aux  enfans  nouucllcment  nés,  que 
hsrages-fcmmesontaccoufti^médcle  rompre  auecl’on- 
8*s(ce  qm  eft  dangereux  &  qu’on  ne  doit  pas  per- 
•’jettre  )  ou  le  Chirurgien  auec  le  fcalpellc  ,  afin  qu’il 
Jiçtnpefche  l’enfant  de  tetrer.^t  de  parler, diftinélement 
qu  il  fera  deuenu  plus  grand  ,  &  que  la  volubilité 
le  mouueraent  de  la  langue  foie  libre.  Au  refte  on 
Bbb  le 


Explication  de  l^Figure. 

Elle  repréfcntc  la  langue  aucc  fcs  mufcles,  par  le 
cofté  droit. 

A.  A.  le  bout  delà  langue. 

B.  v>^e  portion  de  U  langue  ,  an  cojle  de  la  wafchom 

rieure  iqui  neftpas  couuerte  de  Utmujue' 

C.  U  tunique  de  la  langue  retranchée  du  TaUts 

la>ngue-  '  ^  ,  • 

D.  lapremiere  paire  des  mufcles^  E .  la  fécondé-  . 

féme.  G.  la  quatrième.  H- la  cinquième. 

le  coupe  fans  raifon  à  tous  les  enfans  4 

[  puis  que  de  mille  à  qui  il  cft  d  emeuréjà  peine  y 
vnfcül  qûibeguaye.]  ^  «,.,ufe,afio 

Satmiqui,  Elle  eftreueftu'é  d’vne  tunique  deliee.oi  pt>i 

que  les  faneurs  pénétrent  promptement  en  ^ 

La  fuhfiance  chain  aë  de  la  langue ,  qui  eu  vi 


Df  l/tT'eJîe. 

particulière ,  qui  n’a  point  de  femblablc  à  foy.  Elle  cft 
l’organe  dugouft,&non  pasla  tunique,  comme  a  vou¬ 
ment  x^itsColumbm.  Cependant  elk  cft  molle,  kfchc, 

rare,  &  rpotigieufe  ,  pour  emboire  les  faueurs  powecs 
par  quelque  humeur.  Elleeftoflcufe  aux  poiftbns&  en 
quelques  autres  animaux.  Elle  approche  dauantage  de 
la  fiibftance  glanduleufe  ,  principalement  à  i  entour  de 
la  bafe,  que  de  la  mufculeufe  ; 

Carlalanguen’eft  pasvn  mufcle,  puis  qu’elle  n’a  pas 
desfibres,  &  qu’elle  ne  meut  pas  vne  autre  partie,  mais 
elle  cft  remuéc  par  les  mufdes.  D’^turres  adiouftent  cette  ^ 
raifon,  parce  que  le  mouucment  fe  feroit  autrement  vers 
lafin,&la  queue  du  mufcle  feroit  mobile,  &  la  tefte  im¬ 
mobile;  biais  cette  raifon  eftfaufte,  Car  le  principe  de  la 
•lanpe  cft  au'  voifiuagc  du  larynx ,  &  naift  prefque  de  l’os 
hyoide. 

Qnant  aux  vaipâux.  Deux  grofles  veines  fc  voyent 
fous  la  langue  qu’on  a  accouftuméd’ouuriraux  maladies 
de  la  gorge.  Elles  fe  nomment  ranincs,  a  caufe  qu’elles 
ont  la  dbuleur  des  grenoiiilles  ,  &  nailTent  des  iugu- 
laires.  - 

Deux  arteres  aflez  grofles,  qui  viennent  des  carotides,' 
les  accomp.agnent. 

^  Les  «er/jmouuans,&ccuxquîdonnentlefentimcnt^ 
s’inferent  à  la  langue ,  qui  viennent  tous  de  la  feptiémo 
coqiugaifon  feule,  [  Icfqucls  eftans  bouchez ,  ou  ne  tou- 
clians  l>as  à  la  langue,  le  gouft  fe  perd,felon  l’obfcruation 
^^Columbus^&c  non  pas  de  la  troifîéme  ou  quatrième* 
dans  la  tunique  &  la  chair  de  lalangue  :[  Quelques- vns 
difent  qu’vne  paire  déliée,  qui  vient  de  la  quatriémecon- 
‘ugaifon  ,fe  traihe  par  le  dehors  de  la  langue,  &  vne  autre 
flusgroffe  par  le  dedans ,  qui  fort  de  lafeptiéme.  ] 

La  langue  efi  dijlingue'e  au  milieu  de  la  fuperficie,  en  V»e  lignei 
P«tiedroite,&  en  partie  gauche,  par  vne  certaine  ligne 
bUfiche,  (\ü  Hippocrate  nomme  la  médiane. 

^^^wufcles propres  de qnifiniffeniàkfub-  temufcles 
Bbb  ij 


Liure  troifîéme,  - 

ftance  font  fix,  félonie  compte  des  A-naromiftcs,ncufr 
lonquelqucs  vns,dix  lutuant  quelques  autres* 
félon  d’autres,  qui  meuuent  lalanguc  en  haut, en 
deuant  ,  en  derrière  &  aux  coftez,. à  droite, 

La  première  paire  C[üie^  donhie  aux  bœufs,  char^  ' 

&efpaifle,»4/7?  de  la  face  extérieure  de  l’appeiidice 
loide,&  gieflc  en  l’homme:  Elle  finit  par  des  fibres  tranf* 

uerfes  aux  deux  coftez  de  la  langue. 

Son  <vfage  eftde  meiner  la  langueen  dedans;  s’ils apif, 
fent  tous  deux ,  ilslcuent  la  langue  en  haut  à  caufe  des 
ifibres  encrctilluës  :  Maisfi  l’vn  des  deux  agit  feul ,  iHj 
leuc  en  haut  vers  vn  cofté  feulement.  Cette  paire  fe 
nomme  '  yloglojfe-  . 

La  fécondé  parie  fe  nomme  myUgkjfe  qui  naift  des 
cofttz  delà  mafehoire  inferieure ,  aux  racines  des  dents 
molaires.  Elle  s'infere  fousla  bafede  la  langue  aulienr 
Son  vfage-  Q^and  l’vn  agit,  la  langue  eft  menéd  en 
haut  obliquement,  ^  lors  qu’ils  agiflënt  enfembleje 
bout  delà  langue  le  leuedroic  vers  le  palais  &  les  dents 
fùperieures. 

La  troijîéme  paire  a  fon  origine  au  milieu  du  menton, 
d’où  vient  qu'on  le  noinme^f»rt?^/(?j;/^,.  Elle  finit  prcfque 
au  milieu  de  la  langue  en  bas.  Il  lëmble  qu’il  falTe  des 
adions  contraires,  à  caufe  des  fibres  diuerfes  :  Caria 
plus  grande  part  des  fibres  quieft  vers  la  racine  de  lalan- 
;gue,e  ,ant  tirée  vers  l’oiigine  ,  la  langue  fort  hors  des 
lèvres.  Mais  la  moindre  partie  des  fibres  agilTanr  ,^elle 
fc  retire  en  dedans. Cette  paire  a  dcsintcrleélions,  com¬ 
me  fi  c’eftoienc  pluficurs  mufcles. 

La  tjuatrtime  charnuë  naift  de  la  région  fuperieure  & 
moyenne  del’os  hyoïde,  &  finit  au  milieu,  apres  qu’elle 

s’eft  eften^uë  félon  la  longueur  de  la  langue.  Elle 
uifée  obfcuremcnt  en  quelques  endroits ,  commue  ii 
c’eiioient  plufieurs  mulcles. 

Son  vfage  eft  de  retirer  la  langue  droit  en  dedans. 
Elle  fe  nomme  bafglojfe  ou  ypfiloglojfe.  , ,, 

La  mqméme  le  nomme*  ceratoglojfe  ,  parce  que  ® 


DelaTefle,  '3S1 

jiaift  cornes  fuperieurcs  de  rhyoiciejdf  qirclles’m- 
fcte  obliquement  aux  coïtez  de  la  langue  près  de  la 

racine. 

Elle  ttaifi  quelqucsfois  des  cornes  inferieures  ,  ifça-  • 
ooir  lors  que  le»  fupeneures  manquent ,  fur  tout  aux 
femmes  Cette  paire  eft  double  aux  bœufs.. 

Son  vfage  ell  de  remuer  la  langue  en  dedans  droit  en 
bas,  lorsqu’ils  agilFcntenlemble;  Mais  fil’vn  fc  relfcr- 
ic,  clic  meut  vêts  le  collé  droit  ou  gauche. 

D'autres  adiouftent  vn  onz^iéme  mujcle,  qui  n’eft  pas 
pourtant  vnmufcle,  puis  qu’il  n’eft  pas  compilé  de  fi¬ 
bres  charnues  ,  &  que  c’eft  vne  cfiair  faite  d«  plufieurs 
glandes  &  de graifle,  placceala  racine  de  la  langue,  & 
qui  paroift  apres  que  les  mulclcs,  dont  nous  auons  parlé, 
font  oftez. 

Son  eft,  afin  que  la  langue  foit  humedtéc  par 
l’abondance  de  ces  glandes.  Vvfa^t  de 

’L'vf^ige  de  la  glande  eft  U  langue. 

I.  D’eftre  l’organe  du  goiift. 

Z.  Et  de  la  parole. 

J.  Deferuir  à  lamaftication  ,  cependant  qu’elle  tour- 
ne  la  viande  deçà  delà. 

4.  De  lefcher. 

i  D’où  l’on  peutfuger  que  le  fer uice  de  la  langue  n’eft 
pas  âblblument  nccclTaire  àla  We  jmàis  viile  feulement 
&  fort*commodc.  CârZacfituSiF’vriliCfes&cà’âutïesont 
remarqué  apres  C7<g/<e«,  qu’vnc  partie  de  la  langue  peut 
cftre  coupée  fans  aucun  danger  de  la  vie  ,  ou  de  la 
■fanté. 


^Bb  b  uj 


L  IVRE'<^ AT  RI  ES  M  E. 

T>€$  JBxtremitez^, 

Ar  les  Extrcmitez  on  entend  ces  mcm^ 
c'efi  bres  quifortenc  Sc  nailfent  du  tronc, dont, 

que  les  Ex  ^  ^  les  fupcrieui'es  fc  nomment  les  Mains ,  & 

trmttez,  ^  inferieures  les  Pieds.  Onyconfiderc 

principalement  les  mutcles,  les  veines, les 

arteres.les  nerfs, &  lès  os.  Nous  parle¬ 
rons  des  quatre  derniers  aux  quatre  Traitez  luiaans,  ÔC, 

,  enceLiure  nous  expliquerons  les  mufcles  des  extremi- 

tez,  &  ceux  des  patries  voifînes,  comme  delà  tefle.  du 
.  Cd/,  du  Tfeor^AT,  du  <!/w,&c.  Si  nous  fuiuonscétordre.ce 
EpMrîwoy  pas  que  ncfus  pcnfions  que  ces  mufcles  appartien- 
extrcmitez,  mais  pour  nous  conformer  à  celuy 
des  ffjM/'cicjdeladifledion,  qui  ne  permet  pas  quel’Anatonliftc  tc.s 
deUtejle,  demonftrcdeuant  ceux  dcs  Extrcmitcz. 
du  col,  du, 

dos,  &c.  “*'■  — — . . . . -y — ^ 

CHAPITRE  L 

De  U  Alain  en  General  y 
des  Ongles, 

Vvfure  de  T  l’homme  tout  nud  fans  armes,  ^ 

i^fans  defïenfe,  luy  a  donné  la  Main  cpArifiote  appel¬ 
le,  auec  raifon ,  l’organe  des  organes ,  afin  qu’il  «e  fut 
inferieur  aux  beftes,  ôcque  luyeftantinuinciblc.ilpeuft 
ks  dorater ,  ôc  les  réduire  à  fon  obeiflance,  ’enforgwnt 


f  Des  ExtremltéZi  }sj . 

F  jfîrcs  mains  les  armes  &  les  inftrumet^s  nccelTaires  pour 
jn'obtenir  la  vidoire.  C’eft  pourquo|l’horame  a  rcccu 
pardeffuslcs  belles, la  raifon,  &  lâitiain,l'vncpourIe 
conreil&  la  conduite ,  &  l’autre  pour  j’execution. 

Or  la  Main  ,  au  fcns  des  anciens ,  eftvnc  partie  qui 

i  commence  àla  telle  de  rhumerus,&  qui  s'eftcndiufques 

aux  extremitcz  des  doigts ,  &  fc  nomme  l’cxtrémc- 
.  idain. ,  _ 

On  la  dinife  en  , bras  &  en  main  proprement ,  ainfi  Bmfion  it 
pommée ,  ou  extrême  main.  U  M«i»; 

Le  bras  fc  diuife  derechef  en  humérus  ou  bras  proprc- 
juent,  ainlî  nommé ,  &  en  coude. 

Le^wproprement,ainfînommé,cllvnepartiede- 
puis  la  telle  de  l’humerus,  iufques  au  ply  du  coude. 

Le  coude  ell  vne  partie  depuis  le  ply  du  coude,  mfqucs 
au  carpe. 

L' Extrême- main  qui  fe  nomme  la  main  fimplement 
fc  diuife  cn^a/^«ffc  ou  carpe ,  qui  ell  vne  partie  entre  le 
C0ude  &  la  paulrae  ,*  en  l' auant-poignet  ou  métacarpe 
qui  ell  vne  partie  entre  le  carpe  &  le  commencement 
des  doigts  ,*  &  aux  doigts.  La  partie  interne  du  méta¬ 
carpe  fc  nomme  hpaulme  delà  main,  Sc  l’externe  fon 
dos. 

Les  doigts  font  plufîeurs ,  afin  que  l’aélion  delà  main  Vomquoyîî 
qui  cil  l’apprehenfîon;  fe  falTe  mieux, pour  prendre  les  y  aflufi$Hrs 
chofes  plus  petites ,  &  de  toutes  fortes  de  figures  ,  ce 
qui  fc  fait  auec  deux  doigts.  Mais  parce  qu’on  ne  peut  ^ 

pas  empoigner  tout  d’ vne  main ,  la  nature  en  a  fait  deux, 
afin  que  s’approchons  l’vne  de  lautrc  ,  elles  s’entrefe- 
coiirent  mutuellemenr. 

Orla  main  droite  cil  le  plus  fouuent  plus  agile  &  plus 
prompte  aumonuement.  Non  pas  pour  les  raifons  pué¬ 
riles  que  d’autres  entendent  ,Maisi. parce  qucla  veine 
azygos  ell  en  l’homme  au  collé  droit,  qui  peut  cllre  cft 
double  en  ceux  quifeferuent  des  deux  mains,  i.  Parce 
qu’il  y  a  des  os  plus  grands  aux  efpaules ,  au  bras ,  &'  en 
foute  la  main  droite ,  comme  quelques-vns  le  tiennent 


s84  cjuamemt] 

pour  afleuré:  Ce  qui  peut  cftrc  vcntableàcaufe  dcp-  - 
prcflion  plus  abondante  dansla  matrice  dont  U  n 
droite  eft  plus  chaude.  C’cll  pour  cela  <^i4 
feigne  que  la  main  droite  eft  plus  noble  nature lle^tn^”' 
que  lagauche.  Ailleurs  il  dit,  que  la  première  imptruQ^ 
fitéoule  principe  du  mouuement ,  en  la  partie droi' 
te  :  De  forte  que  l’homme  voulant  marcher ,  meut  pr-' 
mierement  le  pied  d'oit ,  &  l’oifeau  voulant  prendre 
lelTor,  remue  premièrement  l’aile  droite,  j.  Parce  que 
le  tronc  fous-clauier  de  l'arterc  eft  plus  amplé  que  le  gau. 
chc.  Platon  eftime  que  tous  Ic.s  hommes  font  naturel* 
lement  dirpofczà  feferuir  des  deux  mains,  &  que  s’ils 

ne  feferuent  que  de  là  droite  ou  de  la  gauche  feulement 

cela  ne  vient  que  de  leur  négligence  &  de  leur  fotnfe 
Arifiote  veut  neantmoins  que  des  les  premiers  momens 
de  noftrenaiftancejla  partie  droite  aitprerquetou/îours 
plus  de  chaleur  &:  plus  de  force  que  la  gauche  ,  fmon 
que quelqu’vn,  pour  pouuoir  fe  feruir  des  deux ttoains, 
attire  à  celle-cy  beaucoup  de  chaleur  &d’cfprits  parvne 
longue  habitude, &  vn  frequent  exercice. 

Le  mmbre  Les  doigts  font  cinq ,  afin  que  fon  adion  foit  parfaite, & 
es  oigts.  diffcrcns  l’vn  de  l’autre  en  longueur  &  en  grof- 
feur. 

Le  fremieA^  nomme  PolUx  le  Poulce  ,  parce  qu’il  eftv 
plus  fort  que  les  autres .  &  qu’il  eft  oppofé  luy  feul  aux 
autres  quatre  en  l’apprehenfion  j  D’üù  vient  qu’il  eft  plus 
gros  que  tous.. 

Le  fécond  (c  nomme  Index  l'indice  &  deme^flratettr, 
parce  que  nous  nous  en  lcruons  quand  nous  voulons 
raonftrer  quelque  choie. 

Le  trotfie'me^  qui  eft  le  plus  long,  &  celuy  du  milieu  le 
nomme  impudi<jffei  parce  que  les  Médecins  s’enfcrucht 
en  des  lieux  laies  &  puants,  Ôt  qu’on  n’a  pas  accouitumé 
d’y  porter  les  anneaux. 

fouZant  le  qtiatriéme  fe  nomme  le  Médecin  &  C annulatre^'^^'^' 

^eigtannu.  qu’iI  eft  paré  d’vn  aiineau  d'or,  plulloft  que  les  autres, 
Uirt.  à  caiifc  de  l’opinion  commune ,  qui  a  elle  tenue  par 

qucS'VnS) 


' Des  Extremitez^.  SSj  ' 

flUCS'Vns,  mais  qui  cftfaufTe,  Ôcquirepugnc  àl’Anato. 

Jjje^quV ne  veine  venoit  du  cœur  particulièrement  à  cé 
doigt  :  Et  que  l’or  conforte  le  cœur. 

Le  citi^ttiéme ,  qui  cd  I<fplus  petit ,  fc  nomme  l'éiMricu- 
j^fye,  parce  qu’eftant  petit ,  nous  pouuons  plus  aifémenc 
en  nettoyer  les  ordures  des  oreilles . 

La  compofîtion&laftruâuredc  toute  la  main,  eft  fort  L’-*/'?»'#- 
proprepour  l'apprehenJîoHi  qui  eft  l’adionjou  comme  les 
autres ,  parlant  indifféremment,  Eyfage  principal.  Mais  le 
iBufcle  cil  le  principal  organe  de  ce  mouucment.  Les  os  thn'diu' 
CD  font  l’appuy  &  la  Eafe ,  qui  fonttroiscnchaque  doigta  w/»/;». 
l’inferieur  defquels ,  comme  fouftcnantlcs  autres ,  eft 
toufiours  plus  grand  &  plus  robufte}  La  nature  leur  a 
donne  des  cartilages  des  deux  codez  aux  iointures,  où 
elle  a  refpandu  vne  humeur ‘ondueufe  pour  les  hume- 
âcr,  &  rendre  le  mouûetnent  plus  aife'. 

Les  ongles  font  collées  par  dehors  aux  doigts  des  pieds  *^i^*^* 

&  des  mains  :  dont  la  partie  qui  eft  au  commencement, fo 
nomme  la  r^c/»fdes  ongles,  la  petite  l’ vne  blanchcaftrc, 
àlapcllicule  qui  s’engendre  à  la' racine, 

La  matière  des  ongles  [n’eft  pas  comme  tÆmilius  Parh 
fms ,Tlempius y  &  d’autresont  voulu,  les  humeurs  ali- 
menteufes,  mais  ]  les  excrcmcns  les  plus  groffiers  [qui  ne 
viennent  pas  du  coeur  ,  comme  l’Autheur  AviRofaAnj- 
llitai.  edimé  ny  des  artères  :  mais  des  os  ou  des  cartila- 
ges,  comme  le  grand  aficure.  ] 

La  chaleur  eft  leur  canfe  efficiente ,  [  qucl’ame  enuoyo 
pluftoft  vers  cette  partie  que  vers  vne  autre.  Mais  il  no 
«ut  pas  croire  que  l’ame  foit  la  caufe  efficiente  des  on- 
ParifânHS&cPlempim  afTcurcnt,  puis  qu’cl- 
hs  croiffènt  bien  mieux  en  ceux  qui  font  cacochymes  &c 
phlcgmatiqucs,  &  mefmcs  en  ceux  qui  font  morts  vingt 
«nq  ans  après,  félon  l’obferuation  de  Paré.  La  grande 
^uerfité des  couleurs  qui  fc  void  aux  cornes  &  aux  coi 
quilles ,  qu’on  propofe  cotre  nous,  ne  doit  pas  nous  faire 
manger  d’opinion  :  car  elle  ne  tîfmoignc  pas  plus  que 
foit,  que  celle  qui  fc  remarque  au  marbre.] 

.  C  c  c 


Utere  quAtrUme] 

Leur  fi»  &  vfage  cft 

L  de  d^ffendieks  extrémités  des  doigts  qui  font  m  r 
les,&  leur  ieruirdc  rempart  par  leur  dureré ,  afin 

rapprehenfionTe  fafle  nrieuS,  plus  eomtnodénient'^^ 
plus  aiiément.  La  nature  en  a  mis  ^ufli  aux 
pour  fe  tenir  ferme, lors  qu’on  eft  debout.  [D’ou  uol* 
"Voyons  que  ccluy  qui  a  dit  autresfois  que  les  Dieux 
s’eftoient  trompez  ,  n’ayans  pas  mis  les  ongles  en  vn 
lieu  commode ,  n’a  point  eu  de  raifon.] 

II.  Pour  l’ornement  :  Car  nous  couurons  les  ondes 

blelTécs.  ,  ^ 

III.  Elles  feruent  aufli  pour  frotter,  gratter^  fc  fief, 
fendre. 

[IV.  Pour  délivrer  le  corps  des  humeurs  fuperfluës 
Sc  des  excremens  fuligineux.  ]  * 

Ltm  forme  fecognoiftpat  les  âccidçnrs. 

heüî  figure  eft  vn  peu  connexe,  afin  qu’elles  puiffent 
s’adiufter  aux  doigts. 

Leur  fubflance  eft  médiocrement  dure  ,  afin  qu’elles 
refiftent  ,  &  neantmoins  flexible  ,  afin  quelles cedent 
vnpeu,&  qu’elles  ne  ferompent. 

La  couleur  Elles  font  traujparentes  y  ôc  à  caufe  de  cela,  elles  ont 
des  ongles,  diucrfes  couleurs.  Car  elles  paroiflent  rouges ,  liuides, 
é’iesfsgnes  ^  fuiuant  la  chair  qui  cft  deflbus.  C’eft  pourquoy  les, 
en  Médecins  ont  accouftumé  d’obferucr  la  couleur  des  on¬ 
gles  :  car  elles  pallilTent ,  par  exemple,  lors  que  la  cha¬ 
leur  du  cœur  vient  à  faillir ,  &  elles  deuienncnt,plus 
pâlies  en  ceux  qui  font  d’vn  tempérament  plus  froid. 
Mais  elles  font  rouges  en  ceux  dont  le- tempérament  eft 
bon.  [  Ces  taches  blanches  qui  paroiflent  quelquesfois 

aux  ongles  en  l’adolefccncc  ,  viennent  d’vnc  chaleur  vi- 
goureufe  ,  qui  chafle  vers  les  ongles  les  excremens  ca¬ 
chez  &  les  fepare  des  autresi  qui  luy  font  heterogencs.] 

•  .  Elles  font  attachées  à  la  racine  par  vn  ligament. 

U  adhérente  par  dehors  tout  à  l’entour , 

•de). ongles,  ^hair  s’engendic  deflblis  elles  ,  ou  plutoft  les  tendons 
.desmufclcs  qui  s’y  dilatent.  D’où  vient  que  le  fcntim^i^ 


T  Des  Extremitez^.  387 

f  y  cft  exquis ,  &  que  la  douleur  y  cft  grande,  quand  elles 
I  font  bleffces.  ^ 

Voila  en  peu  de  mots  ce  que  nous  auions  I  dite  des 
ongles*  ^ 


CHAPITRE  IL 


£)/i  Mufcles  de  ÏHumem ,  où  du  Bras 
proprement  ainji  nommL  • 

Apres  auoirofté  les  parties  contenantes  côm*unes,Ia 
cuticule, la  peauda  grailTc ,  la  mébrane  charnuéi&c. 
pesMufcles  le  prefententpar  le  moyen  dcfquels  le  fait 
•Je  mouucment,  que  nous  allons  demonfter  çn  celiurc. 

Mais  deuant  que  nous  parlions  de  chacun  d’eux  en 
particulier  ,  il  faut  remarquer  en  general  touchant  les 
mufcles  de  la  main  que  Ift  mufcles  internes  feruent 
principalementà  la  flexion,  &les  externes  à  l’extention  : 

Et  que  les  mufcles  internes  &  anterieurs  de  toute  la 
main  font  en  plus  grand  nombre  &||)lus  forts  ,  parce 
que  la  flexion  eft:  plus  noble  que  l’cxtention. 

Le  Bras  fc  meut  en  diuerfes  façons  ,  c’eft  po*ttrquoy 
ila  diuers  mufclescouchez  en  partie  fur  le  Thorax,  Sc 
adhcrens  en  partie  à  l’omoplate ,  &c. 

Les  vns  en  comptent  fept ,  les  autres  huid,  &  Cafferm  Le  nemtr* 
neuf.  Car  on  dit  que  deux  mufcles  leuent  le  bras  en 
haut,  à  fçauoir  deltoïde  ôc  Icfus-efpneux  :Deux  le  ti- 

fcnt  en  bas.  l’^nifcalptoroü gratecul&c  le  grand  rond: 

,Vn en  deuant ,  le  pectoral  :  Trois  en  derrière,  le  fous^ 
ffitfteux  ,  le  fotts- Jpapulaire  Sc  le  petit  trms-verfe.  Ori 
croit  que  le  bras  dait  vn  mouucment  circulaire ,  lors 
qu’ils  agiflent  tous  fucccflîuemcht.  Mais  d’autres  efti- 
îïicnt  que  ce  mouucment  fe  faidt  par  l’adion  du  fous- 
*^pincux  3  fur-efpineux  &  fous  fcapulaire.  Nous  les 
expliquerons  fuiuant  l’ordre  de  la  difledlion. 

Le  Premier  k  nomme  le  Pedkoral  ,  parce  qu'il  o^ç- 
Ccc  ij 


5  ^  8  hhre  ^mtrlémel 

cupe  la  poitrine  ou  la  patcieanterieure  du  Thorax 
cft  grande  charnu ,  &  fepeut  diuifer  en  trois  ou  n  ^ 
trc  ,  comme  a  eftimé. 

11  ptaifi  prefque  de  tout  l’os  de  la  poitrine ,  des  cartila  ' 
ges  adherens[oùil  n  eftguerestendineuxjd ’vncpartiçj" 
laclauicule  de  la  coftc.  Il  s' inféré  parvn  tendon  courr^ 
large ,  ncrueux  &  robufte  à  l’os  du  bras  entre  le  Dcltoijiç 
&le  Biceps.  . 

Son  vfage  eft  de  porter  le  bras  a  la  poitrinc3&  de  le  ti¬ 
rer  en  haut ,  ou  en  bas,ou  tout  droit ,  félon  que  fes  fibres 

s’accourcilTent.  C'eft  ce  mufclc  qui  patit  en  cette  forte  de 

tourm^it  quelesltaliens appellent cordasse  les 
François  l'ejîrap/ide  :  car  il  s’eftend  fort  quand  on  tire  les 
bras  en  derrière. 

Le  fécond  fe  nomme  Z)<?/Weà  caufe  de  fa  figure  qat 
relTemble  à  celle  de  la  lettre  Grecque  l  ,  &  aufli  trian^tt- 
laire  hitmerd,  qui  eft  charnu  &  demeure  tel ,  &  cottutc 
la  tefte  del’humerus. 

Il  Hdf  delà  partie  moyenne  de  la  clauiculc,  quirc- 
garde  l ’efpaulc,  &  de  la  tefte  del'humerus.  Il  s'inféré  au 
milieu  de l’humcrq^,  [parvncfincharnué,maisquiava 
.  tendon  robufte.] 

L«  lituâss  $ow*vfage  eft  de  leucr  lc  bras  en  haut.  Les  anciens 
$êuttres  Hti  auoient  accouftuq)é  d’appliqiîcr  les  cameres  à  la  partie 
hrns.  moyenne  de  ce  mufcle.  Et  les  autres  àfa  partie  extérieure; 

mais  il  vaut  mieux  les  faire  à  l’efpace  qui  cft  entre  k 
Deltoïde  &  le  Biceps ,  comme  nous  auons  monftrc  en 
noftrc  traité  des  cautères. 

Letroifiéme  cik  le  très-  large  qui  coiîurc  prcfquc  tout  le 
d.os  aucc  fon  compagnon!  il  fe  nomme  Anifalpter  o\x 
|ratecul  ,  parce  qu’ft  tire  le  bras  en  bas  &  en  de- 
ricrc. 

Ssn  vfage.  parvn  principe  membraneux  &  fort  large  des 

extremicez  des  vertébrés  de  l’cfpine ,  1  depuis  l’os*lac'^'^'^ 
&  l’ilion,iufques  à  lafixiéme  vertèbre  du  Thorax.]  Il  f''*' 
fere  entre  le  pedoral  6c  le  rond  ,  [  par  vn  tendon  fotf» 
Æourt  6c  large.  ]  Sa  fgme  cft  triangulaire. 


J 


Des  Extrémité^,  3S9 

fallofi  cnfeignc'apiés  Galien  contre  que  ce 

j^ufcleacommcvnnoiiueau,  mais  petit  principe,  lors 
-y’il  reçoit  de  l’angle  inferieur  cfes  cfpaules  plufîeurs  fi. 
brcscjiarnucs  :  [Parce  que  ce  mufcle  a  vn ample  principe, 
gf  par  confequent  diuerfes  Portés  de  fibres ,  félon  quelles 
s’eftrefîiflcnt  diuerferaent ,  le  bras  fc  leue  ou  fc  baiflfe  da^ 
uantage.]  ,  ’  , 

Le  Quatrième  fe  nomme  le  Grand  place 

obliquement  à  la  partie  pofterieurc  à  raifielle  :  Il  eft  char¬ 
nu,  cfpais  &  plus  long  en  rond  que  les  autres. 

Il  charnu  de  la  cofte  inferieure  de >  & 
montant  \n  ^z\iiSimpîeinte  par  fon  tendon  [qui  eft  court, 
large  &  robufte]  ,auecle  pedoraljàlapartic  fuperieure 
^  intérieure  de  l’humerus. 


Son  vfage  eft  de  tirer  le  bras  en  bas,&  en  derrierre,  & 
i’eftre  contraire  au  Deltoidc, 

Le  cinquième  eft  court  &  rond,  tout  charnu,  qui  fort 
par  vn  principe  aigu,  de  l’angle  inferieur  derefpaule.Il 
grolTit  après  de  plus  en  plus  iufqucs  au  milieu  du  ventre, 
&  puis  deuenant  grefie  peu  à  peu,  il  k  termine  par  vnc 
(in  pointue  au  ligament  qui  couurc  la  tefte  de  l’hu- 
raerus. 


Sa  eft  oblique ,  d’où  vient  que  les  vn  s  k  nom¬ 

ment  le  Petit  Tranfuerfe,  &  les  autres  le  Petit  Rond^  C’eft 
le  huitième  mufcle  de  Fallofe  ,  que  quelques* vus  ont 
creu  eftre  vnc  portion  du  quatrième- 
Le fixièmefe  pomme  le  fous-efpineux ,  &  aüffi  le  foui-- 
fiapitlaire  inferieur  ,  parce  qu’il  couure  coure  la  partie  ex- 
ternç& conue-x  de  l’Omoplate,  dont  auffi  ilalaforme. 
[Et  deuenant  plus  cftroit,il  s’inferc  au  braspar  vn  tendon 
,  &par  vn  ligament  court.  ] 

On  croit  qu’il  tourne  circulaircment  le  bras  en  de¬ 
hors. 


Le  feptième  eft  le  Sur-efptneux ,  Si  Sur-fcapulaire  fu- 
ifrieur,  que  d'autres  nomment  le  petit  rond.  Il  eft  charnu 
^oblong  ,  Sc  remplit  fucraiflcllc la  cauitcqui  eftentrela- 
■coftefuperieurede  l’efpaulc,&:  fon cfpine ,dontil  naifi- 
Ccc  iij  Mais 


Des  Extrémité^- 


m 

Explication  de  la  Figure, 

•Elle  monftre  les  mufcles  anterieurs  de  la  Telle  ,  du 
1  horax  &  des  Bras. 

A.B.  C.  T.  lemufcle  temporal:  D.  l’os  du Zjgoma.  ' 

A.  le  mufcle  majfeier-  E.  F.  fes  principes.  G.  fen  in" 
fertion. 

H.I-  vu  petit  nerf  de  la  iroiféme  paire,  qui  approche  le 
mufcle  du  front,  comme  aujfi  la  levrefuperieure,  & 
l'aile  du  nez,. 

K.  le  cartilage  du  ner^.V..  l'aile  gauchedune'g^ 

M*  le  fécond  mufcle  de  la  tous.  N.  le  mufcle  de  la  levre 
inferieure. 

O.  vue  portion  du  mufcle  qui  tire  la  mafehoire  en  bas. 

P.  le  ftege  de  l'os  hjoide.  Q^le  mufcle  troife'me  de  l'os 

hjfoide. 

R-  le  fécond  mufcle  de  l'os  hjoide. 

5.  T.  le  premier  mufcle  de  l'os  hjoide. 

V.  V.  le  quatrie'me  mufcle  de  l'os  hjoide  ,  ou  Y.  V.  mon- 
fire  particulteremeut  les  deux  ventres, 

6.  X.  y.  Z.  le  fécond  mufcle  de  la  tefle-. 
la  clauicule. 

i>.  tinfertion  du  fécond  mufcle  de  ceux  qui  meuuent  l'ef- 
pàitle. 

c*  le  lieu  ou  les  vatjfeaux  vont  ^  U  tefle  ,  é'  les  nerfs 
au  bras. 

le  mufcle  de  la  clauicule.  e.  £  g.  le  mufcle  deltoide. 
l'tnfertion  du  mufcle  peÜoral ,  marque'  au  cojle'  oppofé 
^ors  de  fa  place  naturelle ,  des  lettres  A.  K.  L. 
R.R.T.  . 

4*  les  cojles  du  Thorax. 

fie  premier  mufcle  de  ceux  qui  meuuent  l'efpaule. 
l«  dentele'  pofferieur  &  fuperieur. 
vue  portion  du  mufcle  droit  de  l'abdomen, 
le  mufcle  obli pe  defeendat  de  l’abdome,  hors  de  fa fimatio. 


5  p  i  Liure  cjuatnime, 

<r.  l'oblique  afcindant  df  f  abdomen  borné  par  n.o,  ij 
r.  les  vaifeattx^fpermati^ues.  f.  le  mufoU  crenjafer  j 
tejlicule. 

t.  le  mufcle  anterieur  des  flechifeurs  du  coude. 

U.  le  mufcle  ^ui  eflend  le  coude. 

X.  le  mufcle  pofierieUr  des  flechiféurs  du  coude, 
y.  te  mufcle  pronateurfuperieur  du  rayons 
a.  le  mufcle  fupinateur  plus  long  du  rayon, 

B  .  le  mufcle  tyui  flefchit  les  fécondés  io: mures  des  doms 
y.  i'.  Zi  le  mufcle  qui  flefchit  le  carpe.  * 

9.  le  ligament  tranfuerfe  ,  qui  contient  les  tendons 
meuuent  les  doigts. 


[  Mais  il  s’ inféré  p.ac  vn  tendon  fort  &  large  au  colda 
Bras ,  au  ligament  de  l’article,  paffant  lut  le,  premier 
article.  ] 

On  eftime  que  fon  vfage  eft  le  mefme  que  ccluy  du  ' 
mufcle  precedent. 

Le  huidiéme  fe  nomme  le  Sous-fcapulaire  on  le 
plongé  :  Il  eft  fort  charnu  ,&  eft  placé  entre  l’Omoplate  & 
les  coftes,  &  occupe  la  partie  interne  de  l’Omoplate, ■. 
Maisil  s’inferc  intérieurement  par  vn  tendon  large  au 
fécond  ligament  du  bras. 

SonvfagecA  de  tourner  le  bras  circulairement en  de¬ 
dans. 

Le  neuficme  ,rinuention  duquel  eft  deue  ïAuntins 
&  à  Caferius.  Il  eft  à  la  partie  anterieure  du  bras,  &  fe 
nomme  le  Percé  ou  troüé. 

Il  naifl  de  l’apophy  fe  coracoide  de  l’omoplate ,  &  s’in- 
fere  à  la  partie  interne  du  bras  enuiron  le  milieu,  près  du 
tendon  du  delcoidc.  Son  principe  eft  court  &  nerueux» 
fon  ventre  eft  oblong  &afl[ez  gros  &  fon  tendon  robufte: 
fon  ventre  eft  troüé  &  donne  paftage  aux  nerfs  qui  je 
diftribueni  aux  mufcles  du  coude.  Les  autres  ont  appelle 
feulement  ce  mufcle,  vnc  portion  mufculcufe. 

rtile  pour  meincr  en  dedans  le  bras  àl’apophyic  de 

r^moplate..  CHA??! 


393 


T>es  Extremtez^, 

chapitre  III. 

Dsi  z^ufcles  de  l'E/paule  ou  de  ['Omoplate, 

PArce  que  rEfpauleremeut  en  deuanr,  en  derrière,  Erreur  des 
enhm  &  en  bas,  la  nature  luy  adonné  quatre- autns. 
auxquels  d’autres  en  adiouftent  deux ,  à  rçauoirlc 
grand  dentelé  &  le  digaftrique  :  Mais  fans  raifon  ,  puis 
que  celuy-cy  appartient  à  l’os  hyoide,  &:  que  l’autre  eft 
propre  au  tliorax. 

/.  Le  Petit  dentelé  qui  eft  couclié  fous  le  peitoraL 
H  des  quatre  coftes  fuperieures,  excepté  la  pre¬ 
mière  montant  obliquement  eh  haut  ,  s'infere  à  l’o¬ 
moplate  [  parvnefin  en  partie  charnue  &  en  partie  ten- 
dineufe  5  proche  de  l’apophyTe  faite  en  forme  d  anchre,  * 

_Son  vfâge  eft  d’ara einer.cn  dedans  vers  le  Thorax. 

II.  LeTiapeze  ainfi  nommé  par  Galien  j  &  le  Caeuh 
lâre  par  les  autres  ,  à ,  caufe  de  fa  figure. 

11  Mr/ charnu  Scdefliéde  l’occiput,  [D’oiiil  defeend 
à  la  huitième  vertebre  du  Thorax,  6c  de  là  comme  aufti 
depuis  l’occiput, s’atténuant  peu  àpeu  ,ir  s’infereà.l’cf- 
pine  de  l’efpaule ,  à  la  tefte  du  bras  &  à  la  clauicule.] 

Mais  à  caufe  de  fes  diuers  principes  Ôe  fes  fibres  diffe- 
rentes  il  meut  Tefpaule  en  diuerfes  façons  en  haut  obli- 
quejuent,en  bas  &  droit  vers  le  dos. 

111.  LeRhomboide  ainfî  nomméà  caufe  de  fa  figure, 
eft  fituéfous  lecucullaire..  Il  eft  deflié  &  large. 

[Ifort/y?  des  trois  vertèbres. inferieures  du  col,  6c  des 
trois  fupericLiies  duThorax^  6c  sinfire  par  vnc  mefme 
largeur  à  la  bafe  de  l’omoplate. 

Son  vftge  eft  de  tuer  vn  peu  obliquement  en  haut  6c 
^n  dernere.] 

IV.  Le  rcleueur  eft  fut  la  clauicule. 

II  naifi  des  cinq  Apophyfes  tranfuerfes  des  vertébrés 
tlucolpar  diuers.  principes  (  d’où,  vient  qu’il  femblc 


394 


Lhtre  quatrième] 


plûficiu'smufclcs)  quisViuffênr  incontinent.  Son  - 
tion  fc  faitàl’angle  fupericur&  inferieur  del’omoplat' 
[par  vn tendon  large  &  charnu. [  ‘  ® 

Son  vfage  cft  de  citer  en  deuant[  l’erpaule’auccl'lm. 
merus.] 

Les  mufcids  mcuucnt  refpaulc  premicretnent  & 
foy  &  le  bras  par  accident ,  comme  ceux  du  Ijras  meu. 
uent  l’cfpaule  par  accident. 


chapitre  IV. 

Des  Mufclei  du  Thorax ,  ou  de  la 
2{efpiration, 

PLufieurs  mufelcs  feruent  à  la  refpiration,  comme  le 
diaphragme,  tous  les  inter  coftaux  &  quelqucs-vtis 
de  rabdomen ,  &c. 

Les  rnufclcs  propres  du  Thorax  font  lîx  de  chaque 
codé  ,  aux  quels  Fallope  en  adioufte  trois  du  col  ,qüi 
font  félon  Vejale  ,  parties  des  mufcles  qui  occupent  le 
col  Scie  dos. 

Les  mulclcs  propres  du  Thorax  luy  font  adhcrens, 
deux  parla  parue  anteticurc,lc  fans- clamer Sektrim^ 
gulatre  :  le  grand  dentelé  rient  les  codez  ;  les  autres  font 
en  la  partie  poftcrieure  ,  àfçauoir  l’vn  &  l'antre  dentelé 
pofierieur  &  le f acre- lombaire. 

I.  Le  fous-  clamer  ch  ainfi  nomme  parce  qu’il  cft  fîtué 
fous  la  clauiculc:ll  occupe  l'efpace  qui  eft  entre  la  claui 
cule  &  la  première  cofte.  Flaterus  le  met  au  nombre  des 
inter- coftaux. 

il  natp  charnu  de  la  partie  interne  &  inferieure  3e  la 
clauicule,  &  stnfere  charnu  à  la  partie  lupericurc  delà 
première  cofte, qu’il  tire  en  haut  ôc  en  dehors.  C’eft  1« 
premier  mulclc  qui  dilate  &  eftend  le  Thorax.  [Sp>lf' 
lins  luy  donne  vn  vlage  contraire,  à  (çauoirde  tiret  en 


T) es  Extremltez^  395 

Ijj,  laclauicnle-  C’cfl  pouiquoy  liluy  attribue  vne  ori¬ 
gine  &  infection  contraire.] 

II.  Le  Grand  denieleeft  ample  ,  large  &  charnu  de 
tous  collez  &  le  ioint  par  digitation  aucc  l’oblique  def- 
cetidant  de  l’abdomen 

•  If  »4/7?  charnu  de  la  bafe  interne  de  1  omoplate  ,  & 
s’tftend  par  vn  tendon  diuilc  en  cinq  extremitez  iné¬ 
gales  ,  iulques  aux  colles  qu’il  leue  luy.attribuc. 

aulTi  vn  vlage  contrâire  ,  &  les  autres  chofes  par  con- 
■fequent.] 

III.  Le  petit  Dentelé  pollericur  &  fiiperieur  eft placé 
au  dos  fous  le  Rhomboide  entre  les  deux  efpaules. 

Il  membraneux  des  cfpines  inferieures  du  col 
Sc  de  la  première  du  .dos,  &  fe  partage  en  trois  pour 
s’i^prer  aux  trois efpaccs  des  quatre  colles  fuperi cures,, 
&  tire  ces  colles  en  liaut. 

IV.  Le  Grand  dentelé  pofterieur  &  inferieur  eft 
membraneux  Sc  large  :  Il  eft  fuué  prefque  au  milieu  du 
dos  fous  le  mufcle  très- large  ou  l’Anifcalptor.  [l!  «4zy?des 
efpraesd.es  vertèbres  inferieures  du  dos,]  &diui(é  com¬ 
me  en  doigts  s’infere  aux  quatre  efpaccs  des  colles  infe¬ 
rieures. 

Son  <ÿfage  eft  de  dilater  fa  partie  inferieure 
Thorax. 

V.  Le  Sacro-lombaire  nommé ainlî  ,  parcequ’il  màîJ}; 
dclaparrie poftericüre  derosfacrum,  &deselpincs  des 
lombes  cil  couché  fous  le  precedent  :  Quelques-  vns  pen- 
fenc  qu’il  foit  commun  au  dos  &  au  Thorax  :  [Il  eft  char- 
nu  par  dedans,  &nerueuxpar  dehors,]&  iHnfere  aux  co¬ 
llas  inferieures  extérieurement  [par  yn  fort  tendon, Sc  in- 
twieuteraét  par  vn  autre,]  Ilnefereparepasaifcmentdu 
®orçle  très- long  du  dos,  de  forte  qu’il  Icmble  en  dire 

petite  portion. 

^1'  Le  T* ciangtilâire  eft  petit  5c  grelle',  ôc  àpeineehar- 
^^^auxmaigr.es:  Il  eft  placé  dedans  fous  letlernonde  la 
partie  inferieure,  duquel  il  prend  Ton  Origine.  Il  stnfere  - 
®^hqueinent  aux  cartilages  inferieurs, qu  il  meinc  en  dc- 
,  &  rcircn-c  le  Thorax.  D  d  d  ij 


Liure  quatrième'. 


CHAPITRE  V. 

Des  mu/cles  de  la  Tefle. 

LATeftefemeut ,  ou  en  fuite  du  mouuement  du  col 
cauféparles  mulcles  du  coU  ou  premièrement  dtf. 
fus  la  fécondé  vertebre,  feflechifTantendcuant&ender. 
liere,  &:  fe  tourne  circulairemcnt  fur  la  première  ,com. 
jïicfurvnâifficu  ;  Ce  mouuement  fc  fait  par  neuf  paires 
de  mufcles. 

La  f  rém  éré  paire  eft  longue  &  ePpa-fîc  , couchée  des 
deuxtoftez  fur  les  verrebres.  EWcuaifi  des.efpincs  des 
vertébrés  fuperieures  du  Thorax ,  &  le  porte  parles  efpi. 
nés  du  col,  au  milieu  de  rocciput. 

Son  vfage^fi  de  tirer  la  telle  droit  en  derrière:  mais  fi 
l’vn  des  deux  agit  feulement,  on  croit  quc  le  mouuement 
fe  fait  circulaircm^ent  a  collé. 

La  fécondé  paire  ell  l'mflique'e  ou  la  complexe.  Il  fembic 
-quelle  loir  compolée  de  trois  mufeUs  :  Elle  adiuers 
principes  [àlafeptiéme  vertébré  du  col  &àla  première, 
fécondé,  quatrième,  &  cinquième  du  1  horax] ,  &  s’im¬ 
plante  en  diuei  les  laçons  à ‘occiput. 

La  troife'me  cû,  placée  fous  la  fécondé  paire:  Elle  ell 
pente  &  cipaiflc,  c\\.\c  Vefale  a  tenu  pour  la  quatrième 
partie  du  precedent  mulclc  Elle  j’w/erf  à  laracine  po- 
fterieure  de  l’apophyfe  mammillaire  :  Son  vfage  ell  de 
tirer  la  telle  doucement  eu  derrière,  &  fi  l’vn  d’euxagit,  il 

meut  en  derrière  à  collé. 

Lâ  quatrième i'e  noxnmo hgrande  droite-,  Elle  ell  petite 
charnue  &  gielle  ;  Elle  de  la  fécondé  vertebre  du 
col,  &  finit  au  milieu  de  l'occiput. 

h&ctn^rne'me  la  petite  droite  ell  cachée  fous  la  preceden¬ 
te  paire.  [Son  origine, inlérrion]&  ti/ii^fcll lemefnic 
que  ccluy  delà  troifiéme  &  quatrième.  - 
X-^fixiéme  oblique  faperieure  cil  aufli  cachée  delTousTll^ 


Des  ExtremlteZj 

■  dumilicii  de  l'occiput, &  defcendâteabas^èllcs’m, 
(eie  tranfuerfalemciicauxextrcmicez  des  apophyfcSLdes 
Yertebresdu  col.]  ^ 

l&feptiéme  oblique  inferieure  ndifr  àc  la  féconde  ver¬ 
tèbre  du  col,  &  stnfirei  l’apopliyfc  tranfueife  [de  la  pre¬ 
mière  vertèbre  ] 

La  ImiBiéme  cft  la  ma^oide  longue  &  ronde  par  la 
partie  anterieure  du  col,  qui  naift[prerque  double]  de  la 
partie fupcrieüre  du  fternon  &  de  la  clamculc ,  &  s' inféré 
pat  <vne  fin  charnue  &  efpaifie  à  l'apophyfe  maftoidc 
quelleembrafie  :  [  Son  vfdge  cftdcflefchirlatcftc.  ] 
Fdlope  adioufte  vne  nenfeme  paire,  fous  l’œlophage 
en  la  partie  anterieure  du  col ,  adiacente  à  la  première 
paire  du  çol.  Elle»<î//^nerucure  des  ligamens  des  vertè¬ 
bres  du,  col,  &  i’infereï  labafe  de  latefte. 


CHAPITRE  VI. 

Des  mujeles  du  col. 

LEsmufcIes  du  colfont  r^natre  des  deux  <oftez;  Icis 
deux  premiers  fiechiflent ,  &  les  deux  autres  eften- 
dent. 

I.  Longs  font  cachez  fous  rOefophâge,  pre- 

nansleur  principe  charnu  8c  pointu  dclacinquiémever- 
tebredu Thorax, montent  à  latuberofîté  de  l’apophyCc 
delapremicrcvertcbre  J [ par vn tendon  aigu,]  8c  sinfe- 
rm  aufli  quelquesf ois  à  l’occiput ,  prés  de  Ton  grand 
trou. 

Son  evfdge  eft  de  fléchir  le  col  droit  en  deuant,  &Ia 
tefte  aufli  ;  mais  fi  vn  fcul  agit ,  il  fléchit  à  coité. 

II-  Les  Scalenes,  qui  félon  quelques  vus  font  des 
Riufcles  du  Thorax,  8c  ©ntvn  trouparrieuher  par  où  les 
veines  8c  les  arteres  forcent  vers  les  bras. Ils  »^/]ÿè»^char- 
îius  de la.prcmiere  cofte  aucofté  du  col,ôcs’infcrcntie 
(plus  fouucni  à  toutes  les  vertébrés  du  col 

Ddd  iij 


'Lime  quatrième  y 

'  III,  Les  deux  Tranaicrfes_/>r»^;^aa  dos,  nalfetu  4 
lix  vertèbres  [  fuperîcuvcs  &exccn)es  du  Thorax,!  5^  . 
ferfnt  à  toutes  les  aaophyfes  tranfuerfes  des  vettebr*^ 
du  col  II  Coft  des  nerfs  entre  eux.  ® 

Lear-y/<i^tf  eftd’eflcndicou  de  flethir  enderricté,  & 

de mouuoir  obliquement,  fi  vnfeulagit.  * 

IV.  Les  deux  Efpincux  occiipent  tour  le  col  entre  les 
cfpines,&  font  longs  8c  amples.  [Ils  naifient  des  cinq  cf 

pines  des  vcrcebres  du  col,  8c  des  fept  du  Thorax.  Il' 
s'imflamentîoiX.zm.tniï  toiuela partie  inferieure  de  l’ef. 

pine  delà  fçcondc  vertebre.] 

Leur  vfage  cil  le  mefme  que  celuy  de  là  troifiémc 
paire. 


CHAPITRE  VIL 

Des  Mufcles  du  T>os. 

L'Efpme  dn  dos  Te  meut  en  deuant ,  en  derrière ,  aux 
coftez  8c  circulairement.  On  void  vue  infinité  de 
mouucmens  du  dos  aux  ioîieurs  de  farce  8c  aux  danceurs 
de  corde  >  Car  il  va  vne  infinité  de  tendons  à  toutes  les 
vertébrés^  comme  s’il  y  auoit  vne  infinité  de  mufcles, 
que  la  plus-part  des  Anatomiltes  rapportent  neantmoins 
au  grand  mulêle  feul, 8c  difcnt  qu’vn  feulmufclea plu- 
fieurs tendons.  Mais  on  compte  ordinairement  quatre; 
paires  de  mufcles  du  dos-.Où  d  faut  remarquer  que  fi  l’vn 
d’eux  agitjl’efpinele  mcmàcofté  ôc  fila  paire  entière, 
elle  fe  fléchit  ÔC  s’eftend. 

La  première  paire  fe  nomme  la  Q^arréc ,  qui  eft  ad¬ 
hérente  aux  Apophyfes  tranfuerfes  des  vertèbres  des 
lombes,  8c  naift  large  8c  charnue  des  os  il  ion  8c  facrum. 
Son  vfage  eft  de  fléchir  h  s  vertebres  des  lombes. 

•La  fcconde  paire  fe  nomme  la  tres-loKgue  >  qui  nAtp 
de  l’extremité  de  l’os  facrum  ,  [  par  vn  tendoa  poinui 
ôc  fort ,  tendineux  par  dehors ,  8c  charnu  par  dedans  ]  ^ 

s’iftfere 


Des  Ex [ remit (X:  ip? 


Explication  de  la  Figure. 

Jllc  reprefcnte  les  mufcles  de  la  Teftc,  du  Thorax,  des 
I  '  BrâS,parla  partie  pofteneurcjle  cucullaire  & 

I  le  Rhomboide  eftans  oLlez. 

I  iffnnfcle  delà  tefiê  nomme  J flenius^ 

le  mn/cle  complexe  delà  tejle. 

*  le  mftfcle  qni  tire  en  bat  la  mafehoire^ 

C.  le  mnfcle  releuenr  del'Omofate. 

D.  Uclamcule. 

E.  le  quatrième  mufcle  de  l  os  hyeide* 

F.  le  dentelé pojlerieur  drfuperieur. 

G.  le  furfcaptilaire  fuperienr. 

H. I.r.K.  lefcapulatre  inferieur^ 
h  le  grand  rond  du  bras. 

I  M  •  N .  O .  /^  mufcle  deltoïde  du  bras, 

*  P.  ^i  pend  au  cofé droit  a  l'endroit  où  il  s  inféré  àii  hreU, 
le  mufcle  quatrième  demi’ efpineux  du  des.  . 

R.  le  fécond  mufcle  du  dos,  ou  le  très  loKg~ 
le  huitième  mufcle  du  dos. 

T.  T.  lesetfies  entre  lefqudles  V.  menfire  les  mufles  »«- 
I  tercoflaux- 
X.  le  grand  dentelé. 
û.  le  dentelé  pofierieur  inferieur. 

*•  b.  le  commencement  du  mufcle  oblique  afeendant. 

I  c.  le  mufcle  anifcalptor  du  bras  feparé^ pendant. 

0*d.  c.  le  premier  mufcle  de  ceux  qui  efiendent  le  coude 
qui  eji  long-  f  le fécond  court, 
le  pofierieur  de  ceux  qui  fiechiffent  le  coude ,  ou  le  bra¬ 
chial. 

'  h.  h.  le  premier  fupinateur.  • 

A.  lepremierextenfeurdu  carpe.  I.  K.toute  fa  continuation, 
le  fécond  fupinateur. 

!  le  Rayon  o.  le  coude  ,  entre  lefquels  paroifi  le  ligament 
j  qut  attache  ces  os, . 


40  0  Lime  c^uatrUme] 

X,  y.  Z  le  ireifième  mufcle  de  ceux  qm  meuuent  la  cui/Te  ^ 
fon  infertien  en  a.»  ’ 

(p.  U  quatrie'nte  de  ceux  qui  meuuent  la  cuijfe ,  ^  r 
tendon  ** 

aux  vertébrés  des  lombes  &  du  Thorax,  [comme 
par  des  anfes,  ]& finit  tantoftà  la  première  vertebre  (i^ 

Thorax  ,& quclquesfois  :  l’os  temporal. 

Son  vfdge  eft  de  dilater  le  Thorax&  les  lombes. 

La  treifie'me  qui  eft  fous  celle  lâ  ,  fe  nomme  \tfacri 
parçequ  elle  naiftde  la  partie  pofterieure  de  l’os  facrum’ 
&  qu’elle  aboutit  par  piufieurs  tendons  à.l’efpine  deU 
douzième  vertebre  du  Thorax. 

Son  vfage  eftfemblablcàceluy  de  la  precedente. 

La  quatrième  Y)crc\\  efpineufe  prend  (on  origine  oùda 
prccedenrca,  fa  fin.  Elle  embralfe  toutes  les  efpines  des 
vertébrés  du  Thorax,  [& leur  donne  des  tendons,]  Sefinit 
à  l’efpine  de  la  première  vertebre  du  Thorax,  Smvfagi 
eft  d’éleuer  le  Thorax. 

Si  touslcs  huidmufclcs  agiftent  ,ils  font  tenir  le  dos, 
tout  droit,  &fousciennent  l’homme  en  quelque  façon., 


CHAPITRE  VI  U. 

Des  Mujelés  du.  Coude  du  Rajom 

L’Ordre  delà  diftedion  nousconduit  mx  mufiles  à\i 
Coude.  Au  refte  nous  aduertifions  ccluy  quidifTeque, 
qu’il  ne  faut  pas  demonftrer  incontinent  aptes  les  muf* 
clés  du  coude  ,  ceux  du  Rayon  ,  mais  lés  derniers  de 
tous.  On  doit  donc  faire  voir  après  les  mufclcs  du 
coude,  ceux  du  coude  ,  des  doigts*]  du  pouce  & 
carpe. 

Les  Mufclcs  du  coude  font  quatre  ,  5c.  ceux,  du 
^ayon,  autant. 

Ceux  du  coude  font  deux  flechiircurs ,  le  biceps.  5c  1^ 


.  Des  Extrémité^,  401 

irAchiAÎy  &  «leux  extendeurs ,  le  Ig^g  &  le  court. 

CrUX  du  Rayon  font  deux  pronatcurs  ,  le  rond  &  le 
^^;.^/,&deuxfapinatcurs,,le  longii  le  court. 

^  C3X  Icsmouucmcns  propres  du  coude  font  la  flexion 
^  l’extenfion.  Mais  le  rayon  renuerfe  toute  la  main  fur 
le  dos ,  ou  la  couche  fur  la  paulme. 

Le  premier  mufcle  du  Coulde  ic  nommede  Rkeps,  i 
caufe  qu’lia  deu‘x  teftes  ou  principes  feparez  qui  Vien¬ 
nent  de  l’omoplate,  [dont  l’vneft  tendineux  &  rond  en 
long  qui  vient  du  fqur*cil  fuperieur  de  la  câuité  de  i’ef- 
paule,  &  l’autre  plus  large  &  moins  tendineux,  de  l’A- 
pophyfequi  a  la  forme  d’vne  anchre.  ]  Or  ils' inféré m 
coude,  &fon  corps  occupe  lefiegé  interne  du  bras.  lia 
vn  tendon  dont  il  faut  fe  donner  garde  en  la ftignée. 

te  fécond  qui  eft^caché  fous  ccluy-cy,  eft  le  Brachial 
qui  eft  plus  court ,  [to  ut  charnu  Ôc  plus  petit  qua  le  prece¬ 
dent:  ]  Il«<»/^del’osdubras,  ô£s’infere  antérieurement 
au  coude  &  au  Ràyion,  [  &  au  ligament  de  l’article  ] 

It troifémet^Xc  extenfiUr  ou  le  long.  llnaift.^ 

par  vn  double  principe  de  la  plus  baffe  colle  de  Tomo- 
platG ,  &  finit  charnu  à  l’olecrane. 

Le  quatrième  eft  le  premier  eictenfeur  ovt  hconn.  Il 
»(!//?  du  col  du  bras,  Sefemefle  pofterieurement  auec  le 
precedent,  &  occupe  l’os  du  bras,  [  mais  il  à  cette 
partie  del’olecrane,  fur  laquelle  nous  nous  appuyons.  ] 
Caferius  en  adioufte  vn  cinquième,  qui  eft  félon  les 
autres  vne  portion  du  quatrième  mufcle,  &  félon  lüy 
vn  mufcle  diftinèl.  Il  lort  de  l’extrcmité  pofterieure  du 
l>ras,pres  de  la  fin  du  quatrième  &  du  troifiéme  mufcle, 
&  apres  auoir  paffcl’ariicle  du  coude,  s’infere  à  l’os  du 
coude, par  la  partie  pofterieure  auffî,  mais  non  pas  loin 
audelàde  l’olccrane. 

Le  Premier  mufcle  du  Rayon  eft  le  Rond,  qui  naifi 
de  l’Apophyfe  interne  du  bras,  [patvn  principe  fort 
thatnu ,]  ôc  aboutit  obhquemem[  par  vne  fin  charnue,  ] 
prefque  au  milieu  du  Rayon. 

Lefccondeft  lequarre  qui  naijlàttlx  partie  inferieure 
Eee 


iLfMuftli 

.Vêlmuire^ 


te  Ufgê 
imdem. 


Llure  quatrième I 

du  coude  &  va  sinferer  à  la  partie  inferieure  du  rayon  rti 
^narche  tout  charnu,  de  la  largeur  de  deux  doigts *p^ 

tout,  (ur  kligamcnttiuiioint  le  rayon  au  coude.  Ce  fo 

les  niufcles  pronatcurs  de  la  main  ij  ^ 

,.Letroifiémeeû  le  fécond  Supinateur  qui  naiftchjj^ 
del’Apophyfe  externe  du  bras,&f  w/èr#  tout  charnu fn,. 
.vnc  fin  tendineufe  ]  à  la  partie  inferieure  du  rayon. 

Le  quatrième  eft  lcfecondSupinateur,quinaiftcharnu 

de  l’Apophyfc  externe  du  bras,  &  puis  membraneux  pat 
dehors  &  charnu  par  dedans ,  s'auancc  prefque  au  miliea 
du  Rayon. 

Cafferhis  a  quelquesfois  trouuc  entre  les  mufclcs  du 
Rayon ,  deux  autres  petits ,  à  Icntour  de  l’article  du  cou- 
de  ,  &  qui  vont  d’vne  façon  contraire,  &  comme  vue 
poulie  donneui  au  rayon  le  mouuçment  de  pronation 
&  defupination. 


CHAPITRE  IX, 

Des  Mu/cles  du  Carpe  &  des  Deips. 

ON  met  le  Palmaire  entre  les  du  Carpe  [ou 
delapaulme  de  la  main  ]  qui  naift  de  rApophyfc 
interne  du  bras ,  [  par  vn  principe  rond  &  tendineux  ,.]Sc 
cftant  couché  prcfquefur  tous  les  mufcles  de  la  main, 
il  s’efpand  à  la  paulme  de  la  main  .,  &  adhère  ferme- 
mentiia.peauj&.fous  la  peau  delà  paulme  de  ia  main, 
eft  vn  large  tendon.:  D’où  vient  le  fentiment  exquis  qui 
eft  en  cét  endroit.  [Or  il  finit  aux  premiers  entrc-noruds, 
&femble  que  la  nature  l’ait  . fait,,  afin  que  la  peau  de  la 
paulme  de  la  maineftant  ridée,  clic  empoigne  plus  fer¬ 
mement..] 

Le  Mftfdes  dacatpc  îoni  qtiAtrtidcvs'x.flethiJfsHrs^^'^' 
ternes  de- deux  extenfeurs  &  externes. 

Le  premier  pchijfenr  naift  de  l’Apophyfe  interne  dû 
kas,decftauuftendu  fui  Je  coude  ,  s’inferc  au  quatrié^ 


Des  Extremhez^ 

pic  os  tendon. 

te  fécond  ce  mt(mt principe ,  finit  au  premier  os  du 

métacarpe,  fous l’indicc. 

Le  premier  extenfeur  naift  de  l’apophyfc  externe  du 
bras,[parvn  principe  far gc  »  de  là  cftant  deuenu  plus 
charnu-,  ]&:Te  couchant  fur  le  Rayon,  il  finit  ea  vn  dou¬ 
ble  tendon  au  premier  &c  au;fccond  os  du  métacarpe. 

Le  fécond  (omr\t  d  vnmefme  principe,  s’en  va  [le  long 
du  coude]  parvn  fcultendonau  quatriérac  os  du  méta¬ 
carpe  fous  le'pttit  doigt. 

Les  Doigts  (e  flechijfent,s‘efiendenti!>c  font  meine^^U^^ 
tttalement-  lé fnblme  Ôc  \e profond  fl-chident. 

Celuy  là  fc  fend  en  quatre  tendons,  lortant  de  PApo- 
phyfe  interne  du  bras ,  deuant  qu’il  àrriue  au  carpe ,  qiii 
font  liez  par  leligament  annulaire.  Ils  s  infèrent  à  l’arti-i 
culation  des  doigts .  [  Mais  deuant  qu’ils  touchent  au 
fécond  os  des  doigts ,  ils  ont  vnc  certaine  fente  oblon- 
gue,par  où  palTcnt  les  tendons  du  mufclc  fumant.] 

Celuy-cy  qui  eft  fous  le  precedent  &  quiluy  relTemblCj 
iinferei.\x  troifiéme  entre -nœud  pzr  des  déchircu- 
ress- 

îacqnes Sylaim cova'piele^  extenfeurs  pour  vn  mufclc, 
qu’ilnommcl  extenfeur  des  doigts,  bien  que  leurs  ori¬ 
gines  &  leurs  infertions  foient  dmerfes.  Ils  otaifient 
prcfquc  tous  dé  l’ApophyCc  externe  ,  &  ayans  efté  liez 
pretnicrementpar  le  ligament  annulaire,  [&  par  des  ten¬ 
dons  frcllifler,  1  ils  s‘infcrentcoa*ufément  au  fécondé 
ttoifiémc  article. 

-Qüati  e  mufclcs  ameinent  en  dedans  lès  doigts ,  qui  font 
ttotnmez  lombricaux  ottvermkstUires  i  à  caufe  de  leur  fi¬ 
gure  &  de  :  leur  peciteflc:  Ils  naififent  des  tendons  du  muC- 
^lé  profond  ,  &  s’eftendans  le  .  long  des  coftez  des 
doigts,  fe  portent  obliquement  au  troifiéme  entre- nœud, 
i^f^elitts  éc  reslingius  veulent  qu’il  s’infere  feulement  au 
ptetnier  entre-nœud,  parvn  tendon  rond  en  long.] 

bés  Abduâcurs  entre  olTéux  font  fix  ,  aux  efpacesdu 
®ietacarpc ,  trois  extérieurs  &  trois  internes,  qui  s'vniC- 
Ecc  ij 


4ô4  Lîure  quatrième , 

fans  aux  vcrmiculaircs  fcruent  vnpeuà  l’cxtcnfion: 

Les  mufcles  q\iiflefchijpint  le  Poulce,  font  deux. 

Le  premier,  de  la  partie  fupcrieurc  du  rayon,  s’infcrean 
fécond  article. 

L’autre,  de  l'os  du  carpe  fous  le  poulce,  s^iufere  ai» 
milieu  du  poulce  ,  [  &  cft  tout  couché  fous  U  piece. 
dent.  ]  ^ 

Les  extenfeurs  font  deux  qui  naiffent  du  coude. 

Les  MduÜeHYs  font  trois,  deux  nailTcnt  du  métacarpe, 
&  le  troificmc  de  l’os  du  métacarpe  q^i  regarde  nn- 
dice. 

Les  AhduBeurs  font  trois ,  qui  n’ont  point  de  nom. 

Il  y  en  a  d’autres  auffi  au  petit  doigt,  qui  fc  pcuucnt 
couper  en  plufieurs,  C[vl  A^ftapendente  feruir  pour 

tirer  en  dehors  le  petit  doigt. 


CHAPITRE  X. 

Du  pied  en  General. 

Qu^ili.ce 

2»# le  ftti,  Out  ce  qui  eft  dcpuisles  fefles  iufques  aux  extremi* 
X  tez  des  doigts  du  Pied,  porte  le  nom  de  Pied:  les 
autres  le  nomment  le  Grand-Pied ,  ou  la  ïambe ,  &  eft  di- 
uifé  en  parties, d’vne  diuifionfemblableà  celle  de  lamain, 
ÀCça.MOitctï  cuijc,  en  ïambe  &c  en  petit  pied. 

Le  petit  pied  fc  diuife  derechef  en  tarfe ,  metaurfet  ^ 
endoigts. 

Lvfage  du  Pied  ou  delà  iambe  eft  pour  feruir  à  matn 
cher.  Ce  qui  fe  fait  par  lejmouuement,  &  en  appuyant* 
Car  nous  mouuons  vneiambe,&la  tournoyons,  en  te¬ 
nant  l’autre  ferme  contre  terre,  de  fone  que  le  pied  qui 
eftiixe,empefche  que  nous  ne  tombions, &  par  ce  moyen 
fe  fait  la  démarche.  S’appuyer  &  fe  tenir  feme,  cft  donc 
l’aélion  de  tQUtlc  corps,  &  fe  muHmir  cft  celle  du  pied* 


Z)w  ExtremiteZj^  40s 

r  Blie  eft  auancce  ou  retardée  par  la  lôgueur  ou  la  briéue- 
té  de  la  cuilTe  :  Comme  les  oifcaux  qui  deuoient  voler, ont 
les  cuilTes  courtes,  afin  que  leur  groffeur  nclcurdonnaft 
aucun  cmpefcbcmenc,  &  les  pieds  longs,  ce  qui  retard© 
leur  marcher.Mais  les  hommes  marchent  plus  lentement 
qucle<  chiens, par  ce  que  la  promotion  fucceffiucdu  pied, 
depuis  la  chenille  vers  les  doigts,  les  cmpcfchc&  les  re¬ 
tarde  ,  au  lieu  quclcs  chiens  acheuent  leur  courfe  par  vn 
feul  mouucmcnt  du  petit  pied.  Q^lqucs-vns  penfenc 
que  la  longueur  du  pied  eft  vtile  d’ailleurs  aux  femmes 
pour  la  génération.  Or  la  nature  a  fait  vnc  diuifionaux 
genoux  ,&  proche  des  cheuilles,  afin  que  nous  ne  fau¬ 
tions  pas  en  marchant.  ] 

Diuers  mufcles  de  la  cuilTc,  de  la  iambe,  &  des  pieds 
concourent  diuerfement  pour  faire  ce  mouue ment. Mais 
ilcft  temps  de  confîderer  cesmufeks. 

CHAPITRE  XI. 

V  Mufcles  de  la  cuijfe. 

La  cuilTe  par  deux  mufcles. 

Le  premier  eft  à  l’Abdomen  ,  &  fe  nomme  Pfoas^ 
ouleinufcle  Imhaire,  qui  des  vertèbres  fuperieures 
des  lombes  [par  vn  principe  charnu, ]&  s’mfere  par  deuant 
au  petit  trochenter  par  vn  tendon  fort  &  rond  en  long. 

te  fécond  eft  l’Iliaque  qui  s  inféré  au  mefmc  endroit 
[parvn  tendon  adhèrent  à  celuy  du  raufcle  precedent,] 
&»4/j?dc  toute  la  cauité  interne  de  l’os  Ilion  [par  vn  prin- 
délié  &  charnu.] 

Trois  mufcles  des  feffes  èfiendent  la  cuifîe  [nommez 
Glmées  OMfeJfiers.] 

h  Le  Grand  externe  &  fort  ample  qui  nailTant  du  crou¬ 
pion, [de  l’efpine  derosllion,&dc  l’osfacrc,]finitàros 
deiacuifle  ,  fous  le  grand  trochenter. 
i-  Lemoycnenfituation  &  grandeur  naift  du fiege an. 
.  '  .  Eec  üj 


4  0  6  Liure  (juatriéme , 

tcrieiK  de  refpine  de  l’os  llion,  &c finit  au  grand  trochc  " 

rcr  par  vntendonUrge&  fort. 

3.  Le  Petit  [cft  caché  fousle  moyen  ,  &  du  ^ 
derilion  prés  de  la  cauité,  par  vn  large  Sc  fort  tend9n,&î 
s’en  vaau  grand  trochenteri  ’  J 

[  Ces  trois  compofent  la  maiTe  charnue  des  felTes»] 
Trois  mufclcs  ameinent  dr  tomnoyent  U 
que  quelques -vns  prennent  pourvnfeul.&  l'cnonj! 
me  le  Triceps,^  caiife  qu’il  a  trois  teftes  ou  principes:  lè 
i.«4,y^dciacommi{rarcfupcrieurederospubis.  Lcr  de 

la  commifrui;e  inferieure  de  l’os  du  pend.  Le  3  de  latricf, 
me  commilTui  e.  [Ils  s*  infer  eut  à  la  teftejn  terne  de  U  cuiffe 
prés  d  U  iarret  par  vn  tendon  long  en  l'ond  iou-ala  ligne 
afpre  prés  du  petit  rotateur. 

Quelques- vns  adiouftent  à  ccux-cy  le  Liuide,  qui  naift 
dGlacommidure  dfisos  pubis  prés  du  cartikgei  &  qui 
s’implante  parvn  tendon  court  aucofté  interne  de  la  cuif- 
fc.  Mais  ils  aduoiient  eoxtnefmesqueceluy-cy  eft  vnc 
portion  du 

Six  mufcles  tirent  &  tonrnoienLen  dehors  lés  ^mrt  ■ 
gemeanx  Sc  ies  deux  obturateurs» 

Les  quatre gemeaux  qui  font  petits  &  femblables,  font 
placez  prefquc  de  trauers  :  Us  naiflent  de  la  tuberofitc 
de  iirchion[&  de  l’appendice  de  la  hanche,  Scsinfinnt 
à  cet  efpace  qui  entre  les  dcux^trochentcrs.] 

Les  obturateurs  occupent  le  trou  ouuert  qui  cft  entre 
l’os  pubis  Scflfchion  -.IlsTont  internesou externes,  [&' 
s’inferent  au  grand  trochenter:  l’interne  peut  cftrc  nom¬ 
mé  bourfiery  parce  qu’il  cache  les  tendons  ioint  comme 
dans,  vne  bourfe  charnue.  ] 


Des  ExtremiteXj 


407 


CHAPITRE  XIL 

Des  Mufcles  du  Tibia  ou  de  la  ïambe. 

QVatrc  mufcîcs  poftcricurs  fîcchiflent  la  ïambe. 
L’vn  a  deux  tefies  qu’on  appelle  Bicefs  %  \a  pre. 
naiftde  lacommiflurc  de  l’os  du  penil ,  la  fécondé 
delà  partie  externe  delà  cuifle,  &rvne  &  l’autre  s’in- 
fere  par  vnfcul  tendon  à  la  partie  poftcricurc  du  tibia. 

Lcî  trois  autres  natjfentàch  tuberofité  de  Tlfchion, 
dontl'vn  eft  externe,  &  deux  internes,  à  fçauoir  le  de- 
nfi  nerueux  &  \cgrejle,  [&  infèrent  au  cofté  interne  de  la 
ïambe,] 

^Atre  feruent  i  l'extenjion. 

Le  premier  </r«/naift  derefpinecxtcrne  &  inferieu¬ 
re  des  Iles  [  par  vn  tendon  aigu.  ] 

Le  fécond  &  le  troifiérae  font  les  deux  vaft-es  ,  dont 
l’externe  naid  de  toute  la  racine  du  grand  trochenter 
&  de  l’os  de  la  iambe  qui  eft  deilbus  ,  &  l’interne  du 
petit  trochenter,  {qui  fc  portent  des  dciix  coftez  à  cofté 
àn  droit.] 

Le  quatrième  le  crural,  attaché  à  l’os  de  la  iambe, 
comme  le  brachial  au  bras. 

Les  quatre  mulcles  finifent  en  vn  tendon  ,  qui  cm- 
braflant  la  rotule  ,  s’infcre  au  principe  anterieur  de  la 
iambe  fcrtlà  au  genoüil,,  pouc  ligament. 

Dcüx  anteinent  e»  dedans. 

Icpremier  eft  Icjong  [  nommé  la  bande  ouïe  couftü- 
ïier,quc5p/^(f//«j  met  entre  les  ticchifleurs,&  fur  lequel 
les  tailleurs  s’appuyeru,  en  croifant les  pieds. ]ll  eft  pres¬ 
que  le  plus  long  detous  les  mufclesillnaift  de  lefpine 
l’ilion,  &  defeend  obliquement  à  la  iambe  interne 
^anterieure. 

i’autre  ,  poplitée  ou  iarretier  naif  de  la  tuberofité 


jf.o8  Lime  quatrième  % 

inferieure  &  extérieure  <leUcuifre,&cftant  quarrés”  ^ 
ferc  obliquement  à  la  partie  interne  &  fupetieure^S' 

L’Abduéteureft  vnique  qui  fe  nomme  membranen 
èc  U  bande  large.  Wnaifi  charnu  dcl’efpinc  de  Î'ùs  ihon* 
&  feparre  obliquement  à  la  partie  extérieure  delaiambc 
&  couure  par  fon  tendon  fort  large  &  fort  long,  pref’ 
que  tous  les  mufcles  de  la  cuifle.-  ’  ^ 


chapitre  xiiî. 

Des  Mufcles  des"Tieds. 

T  E  Pied  fe  fléchit  &  s’eftend.  Deux  mufcles  le/^ 
JLJchifent. 

Le  premier  fc  nomme  \c  tibial  anterieur ^  attaché  à  la 
iambe ,  qui  naift  de  l’Apophyfc  fuperieurede  la  ïambe, 
&  s’infere  à  Tos  du  tarfe ,  deuant  le  pouice ,  par  vn  ten» 
don  fourchu. 

Le  fécond  cft  le  peronné adeux'tefiesy  [  que  d’autres 
comptent  pour  deux  mufcles:  j  II  naift  aueedeux  telles, 
Fvncde  l’cpiphyfe  fupericure  au  péroné  ,  &  l’autre  du 
milieu  du  péroné.  lia  vn  double  tendon , ‘dont  le  plus 
petit  s’en  va  à  l’os  du  petit  doigt ,  &  le  pins  grand  fc 
trainc  obliquement  fous  la  plante ,  &  s  infsre  à  l’os  du 
tarfcjvis  a  vis  du  pouice. 

Quatre  feruent  à  l’extcnfion  :  XisdeHx  gemeanx  intet- 
ne  &  externe,  [qui  font  le  gras  de  la  iambe, font  nommes 
gaftrocnemiens  ou  furaux ,  &  naiflent  de  la  tefte  de  U 
cuifle  fous  le  iarret.] 

Le  troiféme  nommé  le  fçUe  cft  couché  fous  les 
meaux,  [  6c  naift  de  l'appendice peftericure  du  péroné.] 
Ces  trois  mufcles  finiflent  en  vn  tendon  fort  gros  &  trçs 
fort,  qui  fc  doit  inférer  à  la  tefte  de  l'os  du  talon  ,àUqu«l® 
on  a  accouftumé  de  pendre  les  beftes  qu’on  a  tuées* 
ffippocrateV ânommUh  chorde  ,  où. U  veut  que 

"  :  fraôurfr 


Des  Extremkez^.  '' 

fracture  du  talon  ,  il  Turvient  des  fievtes  accompagnées 

4e  hoquets ■&  de  convulfiohs. 

[Le  tibiée  poflerienr  meut  ehft/^ueme?}t  :'I1  naftdc  la 
japrbe  &  du  péroné  ,  où  ils  fe  loignent  enfcmblc  ,  & 
paflanr  par  le  denicrede  la  iambe  &  fous  le  ligament, 
fl  nmpUatt  par  vn  tendon  rond  en  long, ih  partie  inl 
ferieure  de  l’os -cuboide  du  tarfe  voifîn.  Ce  mufcle  fe 
-meut  fort ,  lors  que  les'matelors  montent  fur  le  maft,  ] 

Le  dernier  fe  no^me  le  plantaire  y  qui  rcfpond  au 
palmaire  de  la  main.  Il  eirgrtfle&  dégénéré  en  vnlong 
tendon 4 &  couurant  toute  là  plante,  naiii;  de  la  tefte 
cïtcrieurc  delacuilîe  fous  leiarret,  &  s' inféré slwx  cinq 
doigts,  &  ale  mcfme  vfâgcàu  pied  que  le  palmaire  à  la - 
main.  Encore  que  leur  conopaiaifon  ne  foit  pas  bien 
exade.  Vejlingtm  ^  remarqué,  qu’il  manque  quelqucs- 
fois.  1  ,  " 


CHAPtTRE  XIV./ 

Dés  Mufdes  des  DotpSt 

*Es  mufcles  meuuéntles  doigtsdu  pied,  delà  mef- 
meLçqn  que  ceux  delà  main. 

'Deux  mufcles  les  flèchiffent ,  le  grand  ,  qui  refpond 
au  profond  ,  naifi  de  l’cpipfayfe  ruperkurè  delà  iambe, 
&  fous  la  plante  fe  fepd  en  quatre  tendons ,  qui  perçans 
le  plus  petit  y  s’ itèrent  t  h  trqiiîlémc  articulation  des 
quatre  doigts.  Le  petit  y  rcfpond,  au  fublimc ,  eft  au 

milieu  de  la  plante  du  pied ,  naift  de  la  partie  inferieure 
de  l’os  du  talon ,  &  s’eni  va  d  la  fécondé  articulation  des 
doigts,  [mais  auant  que  d’y  ^triuer ,  il  eft  percé,  afin 
qu’d  xiohne  paflàge  aux  tendons  du  mufclé  precedent. 
G’cft  pourquoy  on  appelle  ccluy  cy  percé  •&  l’autre 
perçant.  ]  ,  - 

Vn  fcul  mukle  eflend  les  quatre  doigts  du  pied,  qui 
»*j?dcla  partie  fupcticurc  &  externe  de  la  iambe,  ôc 

Fff  qui 


Des  -ExtremiteZf 
Explication  de  la  Figure. 


4u 


Elle  reprefente  les  mufclcsde iacuiflTe,  de  la  iatnbe,5r. 
les  anterieurs  dû  Pied. 

k.  U  wmqfte  qui  emelcfe  le  teflicHle  &  fes  vaijfeaux 

mattqties. 

\flesgU»dedeCaine. 

m.  le  neufîéme  mufete  delà  cmjfe. 

x\,  le  mfffcle  ffoas. 

o. le  mtifde  très  loMg  de- la  iamhe* 

p.  le  mufcle  grejle  de  la  iambe. 

q.  le  I.  e^efîfeu/'de  la  iambe  membraneux^' 

r.  le  2,  extenfeur  vafie  externe  de  la  iambe. 

{,  le  4.  extenfeur  delà  iambe  >  ou  le  droit.  '% 

t.  le  3.  extenfeur  vafie  interne  de  la  ianibe. 

Y.  le  ^  flechijfeur de  laiambe  ou  le  biceps 
x.  y.  l'os  de  la  iambe  qui  ef  icy  décharné» 

Z.  le  tibiée  anterieur. 

«.  le  fécond  mufcle  des  extenfeurs  des  doi^s  du  pied<^ 
y>  le  tendon  du  mufcle  qui  efiend  le  poulce, 

J\,  le  ligament  tranfuerfe. 

*■.  le  malléole  externe. 

le  premier  péroné.  '  ' 

"•  gaflroenemien  externe  on  le  fur  al. 
t  lé  gaflrocnemien  interne. 

••  le  premier  extenfeur  du  pied. 

«•  le  mufcle  plantaire  qui  meut  le  pied. 

>^'  le  mufcle  flechiffeur  dutroife'me  entre- noeud  des  doigts^' 

>'•  le  ligament  tranfuerfe. 

5*  le  mufcle  adduàeur  du  poulce. 

* 'le  mufcle  abduéleur  des  doigts. 

a  quatre  tendôn.s  [  qui  s' infèrent  au  fécond  &  troifié-  ; 
entre-nœud.] 

Les  quatfe  l'omhricaux  ameinent  en  dedans  [qui  ref- 
Fff  ij  pondent 


■Bes  Extrsmka^  4ij 

'Explication  âe  la  Figure 

Qiu  tnonûrç  Icsmufcles  poftericursdcUcuiffc,  dcU 
iambe  &  du  Pied. 

yilt^mHfdefacredWdos, 

q.  i&s  dm- 

r.  kte  e  de  la  cmjfe» 

X,  le  grattd  trochemer. 

<*.  externe. 

y  Sétwraieur  interne. 

%  e.  îS-  qtt‘ttriéme  des  flechifem  de  U  imU  »  ÿft  h 
hiceps. 

n.  le  cmqtiie'me  des  moteurs  de  U  cuijfey 
».  ».  le  huiBieme  dés  moteurs  de  U  mtftbe. 
i.U  cauité  du  iarret. 

fi,  V  le  (Quatrième  des  moteurs  delà  iumhe.  i 

jr.  p.  <t.  r-  (p-  'l’ les  deux  furaux  ou  gafirocnemienH 
le  cinijuime  wufcle  des  moteurs  de  U  iambe» 

U  le  troifiéme  des  moteurs  de  la  iambe. 

pondent  à  ceux  de  la  ^in;  Iis  font  attachez  par  autant 
de  tendons  au  premier  entre-  nœud  par  vne  certaine; 
chair  entremefléc  qui  vient  du  talon.] 

Dh  entrdjfeux en  dehors, qui  naiflent  des  os 
du  tarfe ,  &  lempliiTcnt les  cfpaces  du  meratarfe  ;  [  huiâ: 
font  efleuez  aux  coftez  du  premier  entre-nœud  des 
doigts  par  vn  tendon  large,  le  neufiéme  fert  pour  l’ab- 
duâion  du  poulcc  &  le  dixiéme  pour  celle  du  petit 

*%^-r  '  .  .  .  , 

Le  Poulce  du  pied  a  des  mufcles  particuliers. 

Il  eft  fléchi  par  vn  feul  qni  fort  du  milieu  du  péroné, 
[  &  s'infère  au  troifiémc  entre-nœud  du  poulcc.  ] 
lieft  eftendu  par  vn  autre  qui  naiU  du  milieu  du  pé¬ 
roné,  qui  fe  dmvfc  foitucnt  en  deux  tendons. 

-Il  eft  ameiné  eh  dedans  par  yr^eul  mufcle,  qui  cft  aita- 
Fff  iij 


^I4  Llure  ejuatrléme] 

ché  par  dedans  au  grand  os  du  tai-fe. 

Il  eft  tiré  en  dehors  par  vn  autre,  qui  fort  charnu  J  1 
partieinterne  del  os  du  talon,  &  encre  au  prcinierosd 
poulcc.  ^ 

On  trouue  vn  ntufclè  les  entre^ofleu 

donc  Cafertus  eft  le  premier  inuenteur  ,  qu’U  nomm  ’ 
tranruerfe  ,  àcaufedefa  ftiuatiôn,  [Sc  P^efiin^iùsU  petf 
abdiiéteur  du  poulce.  J  ,  -  ^ 

Il  naifi  neruçux  &  large  du  ligameftt  du  premier  en 
tre-  nœud  du  petit  doigt,  &  quelquesfois  âulîi  de  l’annu  ' 
laire,  &puisdeuenant  &  demeurant  charnu,  il  fe  porte 
tranfuerfalement  deftiis  les  premiers  articles  des  doigts 
&  s’mpUnte  par  vn  tendon  court  Sc  large,  vnpeu  au  de! 
dans  du  premier  article  du  poulce. 

Son  vfage  eft  de  rendre  la  dcfmarche  alîeurée,  lors  qu’il 
fautaller  par  vn  chemin  afpre  &  plein  de  cailloux  ronds- 
ou  fur  quelque  autre  corps  menu ,  gliflant &  qui  roule 
aifément.Gar  parle  moyen  de  ce  mulcle,  le  pieds’accom- 
mode  à  la  figure  de  chaque  corps,  &  l’empoigne,  s’il 
faut ainfi  dire ,  afin  qu’il  puilTe  affermir  fa  defmarche.  , 
[  AbduÜeuràxptm  ddigt  qui  eft  adhèrent  à  la  partie 

externe  du  pied  ,  natfi  ^arge  vafte  de  la  mefme  partie  de 
l’os  dMXâlon  s  infire  au  cofté  externe  du  premier  en¬ 
trer  nœud.  ]  .  . •  "  .  . . 


4j; 


premier  traicte 


DES  VEINES. 

Qi  refpond 

jr  PREMIER  L  IVRE 
du  Ventre  inferieur, 

Ous  auons  promis  en  la  Prc^aee  de  cét 
oimragc,  quatre  Liures,  &  quatre  Trai¬ 
tez.  Nous  auons  donné  les  quatre  Li- 
uresj&  y  auons  parlé  des  trois  cauitcz& 
des  Extremitez:  Il  refte  que  nous  confî- 
deriofis  aux  quatre  Traiûtz  fuiuansjlcs 
veines,  les  artères,  les  nerfs ,  &  les  os. 
Ot  chaque  Traiét,  refpond  à fon  Liure,  parce  que  les 
veines naiflent  du  foyc,  quieft  la  principale  partie  de  la 
cftuité  inferieure,  les  Altérés  du  qui  cft  en  la 
moyenne,  les  nerfs  de  la  moelle  qui  tft  dans  la  troificme; 
Et  lesos  relpondent  aux  extrerhitez  :  Et  comme  les  os 
eftans  ioinds  font  vn  aflemblagc  particulierjqu’on  nome 
Si^uelette,  qui  reprelente  la  foime  entière  de  Taniniali 
AufTi  tom  les  veines  les  altérés  &  les  nexïs.  G Hillmme 
Fdricius  Chirurgien  de  Paterne  a  vnafltm- 

Elagc  des  veiiics  de  tout  le  corps  fcparé  aucc  grand  foin 
&  addreffé.  [Cét  aflcmblage  de  vaiflcaux  eft  maintenant 
commun  dans  Padoue  par  [’indüûncd’,Âd»  Sfigtlius  >  do 
dem  V eJlewgiHs  ôc  de  ï^%Xi  Leommm>  ] 


4i6  Premier  traiBi , 

IcsVeines,  les  Artères  &  lesNerfs  font  des  organe* 
ou  vaifleaux  communs  du  corps  par  ou  quelque  efprv 
eftportéauec  le  fang,ou  fans  (^ng,  de  quelque tuembre 
principal  en  diuerles  parties  du  corps. 


CHAPITRE  I. 

De  la  Veine  en  General, 


La  Veine  cft  vn  organe  commun  ,  rond  ou  long' 
oblong,caue  comme  vn  canal  ou  tuyau,  propre  poiiî 
^^'^"'"•.porterlefatg&befprit  naturel.  ^  ^ 

Les  anciens  ont  donné  le  nom  de  Veine  aux  artères 
aufli  bien  qu’aux  Veines  ;  mais  ils  ont  nommé  les  artères, 
des  veines  pulfatiles,  8c  des  veines  immobiles,  &  (àns 
poulxi  L'es  autres  ont  appelle  veine,  la  grande  veine,  & 
arterela  petite  veine  8c  l’aorte; 

La  caufe  efficiente  vne  vertu  particulière quonpeut 
nommer  venifique. 

La  Matière  des  veines ,  félon  HippocrutCi  eê  la  femenee, 
gluante  8c  plus  froide  ,  quieft  le  principe  de  leur  ori¬ 
gine. 

que  le /flje  ed  U  princife  de  difpcnfation , d'oâ  naif- 

lefoye  eftU  fentlcs  vcines  (car  nous  ne  tenons  pas  conte  des  rêve- 
frtncipedes  tîeS'de  quelques  anciens  ,  qui  fontderiuer  les  vcmes  du 
veines.  ccrucau  )  ôcnon  pas  le  cœur,  comme  a  voulu  Jriffite,  • 
nenpasle  Car 

I.  La  fanguiftsaton  fe  fait  aufoye.  Par  confcquentil 
tl  fangui-  cftvray-femblable,  qu’il  eftU  principe  des  vcines.  Or  il 
fication.  ne  cftmanifefte  que  lafanguification  ne  fe  fait  pas  au  ccear, 
fefstitpsis  pareequ  lin  yaancuns  chemins  qui  portent  le  chyleau 
«Hccetir,  cœur,  iointquelecœut  n’a  point  aucuns  réceptacles  des 
excreraens  de  quelque  codion,  comme  le  foyc. 

ÎI.  Le  fang  eft  porté  du  foyc  au  cœur,  &  non  pas  dû 
cœur  au  foyc.  Car  le  fang  ne  peut  pas  foitir  du  cceüt 
pour  allcf’au foyc ,  à  caufe  des  valvules.. 


/)«  Veinfs, 

\\l.  T  e  cœur  des  poifTons  n’a  point  de  ventricule  droit, 
où  l’on  veut  que  s’engendre  lefan^  &  d’où  (clon  eux 
nailTent  iesvemes  ,  &  neantmoiusles  poiffons  ont  des 
yeines  &  du  fang. 

IV,  Si  le  cœur  eftoit  le  principe  des  veines  ,  il  n’au- 
joic  pas  befoin  d’vnc  autre  veine  pour  fa  nutritiom ,  qu’il 
a  neantmoins ,  a  fçadoir  la  coronaire. 

V,  La  veine  poife  ne  touche  pas  le  cœur  ,  mais  le 
foye  ,  où  aborde  auffi  la  caue  ,  qui  font  les  deux  plus 
gtofles  veines  de  tout  le  corps.  Au  lieu  que  felo^  Ari- 
’fiûte  toutes  les  veines  doiuent  eftre  continués  au  cœur. 

On  dira  que  la  veine  arterieufe  ne  touche  pas  au  foye, 
le  refponds  qu’elle  ne  doit  pas  y  tourher  auffi  ,  parce 
qij’elle  a  la  fubftance  d’arterc  ,  &  que  par  confequent 
elle  naifl:  du  cœur. 

VL  Au  fœtus  là  veine  vmbilicale  s’en  vai.aucç  le  fang 
au  foye,  &  non  pas  au  cœur. 

VIL  Sl  les  veines  fortoient  du  cœur,  elles  auroienc 
le  pouls  commun  auec  les  artères,  puis  que  le  cœur  tout 
entier  a  pulfation. 

VIII.  Lafangiiification  n'eft  iamais  altérée  que  quand 
le  foye  eftoffenfé,  comme  en  l’Hydropific  ,  ôcc. 

IX.  Si  le  cœur  eftoit  le  principe  des  veines  &  de  la 
fanguification  ,  il  y  auroit  en  vn  mcfme  vailTcau  &  en 
Riefmc  temps  deux  mouucmcns  contraires.  Car  en  la 
diaftole  le  cœur  puiferoit  le  fang  de  la  veine  càuc  ,  & 
dans  laiyftolcjille  verferoitdans  lamefmc  veine  caue, 

&ainû  le  fangerud  le  mcfleroii  auec  le  cuiét. 

Ce  font  les  principales  railbns  qui  font  pour  noftrc 
opinion  :  Nous  en  lailTons  plufi  urs  autres  qui  font 
plus  foibles  &  aifecs  à  réfuter  que  l’on  apporte  contre 
■4r.ifiote  :  Et  ne  voulons  pas  nous  amufer  ânffi  à  com- 
o«rc  celles  des  Peripatctiçiens  qu’ils  oppolcnt  contre 
oous,  auxquelles  il  fera  aifé  de  refpondrc  X  quiconque 
vne  iegere  teinture  de  l’Anatomie. 

Leur^;,  ou  vfage  cft,  ^  Vvfage 

i.  De  porter  le  lang  auec  refprit  &  la  faculté  natu- 
Ggg 


Liure  ^juatriéme. 

relie  ,  du  foye  en  toutes  les  parties  du  corps  pour  Ij 
nutrition. 

II.  Ou  de  préparer  legeremcnt  le  fang, comme  fonj 
les  rameaux  tôcfaraiques  de  la  veine-portc  ,  [i  fçauofj 
les  kdées,  ]  oudeleperfedionnercomme  les  rameaux 

•  <ie  la  vcinc-caue,  dans  lefqucls  la  pituite  fc  change 

auffi  en  fang  durant  l’abUincnce.  ° 

III.  De  garder  le  fang  ,  comme  le  lieu  conferue  la 
•  ebofe  qu’il  contient.  Car  le  fang  qui  cft  hors  des  vei. 
nés,  ou  qui  eftrcfpanduhorsdefon  lieu  naturel, fe  coa. 

gulc&  fe  pourrir. 

IV.  En  particulier,  quelques  veines  reçoiuent  les  ex- 
cremens,  comme  les  cmulgentcs  les  ferolîtez,  les  veines 
de  la  matrice,  le  fangmenftruel,&les  hemorroidalcsle 
fang  groflier, ou  comme  on  parle, le»fang  melancholiquc, 

La /oîjawe  des  veines fc  prend  de  diucrsaccidcns. 

,  -  l^cutf^ure  eft  comme  celle  dVn  canal  ou  d’vn  tuyau. 

iftrpg  r .  eft  diuerfe.  Car  les  grandes  veines  font 

au  foye,  comme  en  leur  principe ,  aux  poulmons ,  parce 
qu’ils  font  chauds,  mois  &  en  vn  mouuement  perpétuel, 
d’où  vient  qu’ils  ont  befoin  de  beaucoup  d’aliment,  à 
caule  qu’tlfe  perdbeauGoupdefubftance  ;Et  aucœur,à 
caufe  de  fa  chaleur:  Les cmulgcntes  font  grandes  auffi,à 
caufe  de  l’abondance  des  excremens  fereuxtmaisauxen. 
droits  oula  fitbftanec  de  la  partiecft  plusfixe,  &  le  diffipe 
moins,  à  caufe  que  la  chaleur  n’y  eft  pas  fî  grande  nyfi 
véhémente, les  veines  y  font  plus  petites ,  comme  au  ccr- 
ucau ,  où  les  veines  ne  paroiftent  pas  toufiours  aifément» 
&aux  os  où  elles  ne  fe  voyent  iamais ,  bien  que  l’animal 
foit  grand  :  Ce  qui  s’accorde  forr  bien  auec  la  dodrinc 
de  Galten. 

La  connexion  des  veines  auec  les  artères,  cft  de  telle 
forte,  que  chaque  veine  a  le  plus  fouuentvne  arterequi 
l’accQmpagnc,fur  laquelle  elle  cft  touchée, &  qu’elle  tou- 
chc.  L  a  veine  fe  trouue  fortrarement,  comme  enfeigne 
Galien^  fans  attercs ,  mais  l’art cre  ne  fe  void  iamais  fans 
weine.  '•  ,, 


Des  V'eines.  ^ip 

I  Qrily  aâucorpsdcs  redpi'oquesdes  vci-  I-«  A»/»- 

jies  &  des  artcies ,  afin  qu’il  y  ait  corrcfpondance  entr’-  A'»*’/"- 
clics, &  qu’elles  reçoiuent  les  vnes  des  aiittcs  l’cfpnt  &  le 
fangXe  qui  paroift.parce  que  fi  les  veines  font  tour  à  fait  ^ 
vuidécsjèsartereslefontaufli.  llyaufii en plufieurs  en¬ 
droits  des  anaftomofes  apparentes,  comme  au  cerueaiijà 
la  trefle  choroide,&aux  poulmons  de  la  veine  arterieufe, 

^  dcl’ar|erevcineufeauec  lesbi  ôchiesderarpreartetc: 
^uTfioraxdessrameaux  thoraciques  defeendans  auec  les 
veines  iniercoftales.  Il  le  fait  auffi  anaftomofe  de  la  veine 
■  liypogaftiiquc  auec  les  mammaires  fous  les  mufcles 
droits  dans  l’abdomen.  Mais  fur  toutes  les  anaftomofes, 
celles  de  la  veine  caue,&  de  la  porte  au  foyc ,  &  des  vei  - 
nés  &  des  artères  dans  la  rate ,  font  raa^ifcflres.  Gomme 
avifEaux.vein.es  de  la  matrice,  aux  vaifieaux  fpcimati- 
ques,  6rc, 

Les  veines  font  quelquesfois  i  eueftues  dVne  memhra^’ 
)»fCommune,oudequclqueexternceipaifre,  qu’cllesre» 
çoiuent  des  parties  voifincs  ,  lobs  qu’elles  font  fufpen- 
duës,  ou  qu’ellesfont  vn  long  chemin ,  &  qu’elles  font  ^ourmoy 
hors  des  vifeeres  &  des  mufcles,-  ou  lors  qu’elles  font  les  veines 
couchéesfur  des  corps  durs  :  Ce  qui  arriue  dans  le  ven-  font  cou- 
.  tre  inferieur  aux  artères  &  aux  veines  par  le  moyen  du 
pcritoinc ,  &:,au  thorax  pat  l’entrcmife  de  la  ;pleurc,  tuniques 

Mais  lors  que  la  veine  s  mferc  a  quelque  vilcerc  on  tndr  oit  s, 
imi(cle,clle  n’apasbefoin  de  cette  tumque  commune,  non  pas  en 
parce  que  r.,  elle  eft;  d’ailleurs  allez  fouftenue  &  tient  autres. 
ferme,  a  autrenvent  la  prompte  exfudation  du  fang  fc- 
roit  empefebée.  3.  &  la  déchargé  des  excremens  de  la 
veine.  4.  elle  ne  pourroit  pas  fcntkfitoft  la  vertu  de  la 
fubftance  de  quelque  vifcere. 

Odes  veines  eftans  ainfi  reucftucs  de  membranes ,  ne 
fentent  point  (  fi  elles  n’ont  des  nerfs  voifins  )  d’elles 
*îtelmcs  &  de  leur  nature  ,  ni  Tacrimonic  des  hu- 
*’^eurs  cotuàfou'ês  ,  ni  lincifion  ,  ni  la  brufleure; 

Çoù  vient  que  le  jP)!i/7<»yopèca  ditau  liu.  3,  de  l’hift.  des  , 
^OtniauXjchap,  5.  le  net!  ne  fouffre  point  le  feu,  comme- 
Ggg  ij 


410  Premier  Tra  'tBé 

la  veine.  'Et  Galien  au  liu.  de  TvCage  des  parties  chao" 

I  Z.  que  les  veines  &  les  artères  aulîî  ne  fentent  point  Jn 
tout ,  quand  on  les  incifc,  qu’on  les  brûle  ou  qu’on 
♦  les  lie. 


CHAPITRE  IL 


De  la  fuhjîance  des  Feines  dm  Vahules. 

La  fubftance  des  veines  eft  membranenfc ,  afin  qu’el¬ 
les  puilTcnt  s’eitcndrc  &  s’abbaiffer  derechef  plus 
aifcment. 

Elles  ont  vne  fimple  tunique  propre  (  les  artères  en  ont 
deux  )  ddiée  &  rare  ,  paice  que  le  fang  doit  exluderà 
trauers ,  pour  la  nutrition  des  parties. 
aies  vei-  Qi^elques-vns  eftimentquc  cette  tunique  eft  entretif- 
nesont  des  fu'é  de  trois  fortes  de  fi'bres.  Mais  vis  adioutent  quelle* 
presî  y  font  impct  ceptibles&*en  puiflance,  &  qii’elles  ne  peu- 
ucni  ei  refeparées,  à  caufe  que  leur  contexture  eft  fort 
ferrée.  Mais  nous  euimons  pluftoft  aucc  Vefde  qu’il 
n’y  a  point  de  fibres,  comme  on  s’imagine  ,  non  plus 
qu’au  cuir.  Car  en  déchirant  &  mettant  en  pièces  en 
dmerfes  façons  la  fubdance  des  veines  ,  il  n’y  paroift 
aucunes  fibres.  Or  ilya  quelques  autheurs  qui  leur  at¬ 
tribuent  des  fibres  ,  i  caufe  qu’ils  font  preuenus  de  cette 
opinion  que  l’attradi  on ,  rercniion  &  expulfion  fe  font 
par  le  moyen  de  diuerfes  fibres. 

Qm?  (ont  trouue  dedans  les  veines  des  Valvules  oueertai- 

qtit  pnellettes  dont  Bauh  n  eferit  <\\i’^fsiceme  a 
ont  furlé  mention d'ous le  nom  de  cellules.  Aquapndente  en  eftle 
des  val-  premier  inuenteur,  comme  il  alTeuie.  ^Mais  il  faut  ad- 
vuIesijM  ut„üer  que  la  gloire  de  leur  inucntion  doit  eftteattri- 
-buce  principalement  à  Fra  PaoloSarptoYtmmaA^^'^ 
il  a  fumi  les  tsaces  &  les  lumières  ,  &  à  qui  nous  de- 
uons  aufli  la  circulation  du  fang.  ]  Salomon  Jlhertus^ 
Archange  Piccolominy  ôc  CaJ^par  Bauhin  otii  fait  mention 


7^€S  pleines.  4111 

jg  CCS  valvules  apres  luy.  Mârs£)«L4m»j  les  aàpeine 

cogou'eS"  . 

l^’occafion  qui  les  ht  remarquer  i  A(jHit^endente -,  eft  Commeyit 
fliicfi  vous  eflayez  de  prefler  ces  vemes  ou  de  poufler  ^»'«««« 
le  fangenbas  en  Notant,  d  ne  peut  y  aller.  Quelques 
noeuds  caufez  par  les  valvules  paroiflènt  auffi  aux  bras 
jes  perfonnes  viüantcs  ,  lors  qu’on  les  lie  pour  la  fai- 
once, qui  s’enflent  aufli  comme  des  varices  aux  iambes 
dequclqiies-vns, comme  des  portefaix  &  des  payfatis. 

Il  femble  que  la  caufedes  varices  confifte  en  ce  que 
le  fahg  plus  gi  oflier  retenu  ^lus  long  temps  dans  les 
valvules, les  fait  d dater  :  autrement  les  veines  s’enfle- 
toient  par  tout  egalement  ,  &  non  pas  à  la  façon  des 
varices. 

Mais  parce  que  la  dodfcrinedes  valvules  eft  cognuc  de  d 
peu  de  perfonnes ,  nous  la  propoferons  plus  exaftemenc 
félon  la  coij^itume  que  nous  tenons  de  nous  eftendre 
plus  aipplement  (ut  les  chofes  plus  rares. 

Ces  valvules  font  des  petites  membranes  fort  déliées 
(efpaiflcs  aux  orifices  des  vaifleaux  du  cœur  )  dans  la  quiUsvaU 
cauité  interne  des  veines  ,  qui  font  comme  des  petites  ■yuki  de$ 
portions  de  la  tunique  des  veines  ;  puis  que  le  corps  des  • 
veines  eft  fort  délié  ,  où  ées  petites  membranes  fc  fc- 
■parent. 

Elles  (ont  Jîtuees  dans  la  cauité  des  veines ,  mais  prin- 
cipalcmcnt  aux  veines  des  Extremitçz  ,  à  fçauoir  des  "yguuepoé 
bras  &  des  iambes  ,  derrière  les  glandes  des  aiflelles  &  com~ 
des  aines.  Elles  commencent  incontinent  au  defifous  memcmens 
des  origines  des  rameaux  ,  &  non  pas  à  leur  naiflanee  des  veinesî 
ïucfme  :  afin  que  le  dégorgement  dps  humeurs  qui  eft: 
fouuent  neceflaire ,  ne  loit  enjpefché  ,  comme  cela  pa- 
ïoiiienlatevulfion.  On  cntrouuc  deux  à  l’orifice  de  la 
veine  lu  gulaire,  quiregardentdc  haut  en  bas,-  les  autres 
>^cgardent  de  bas  en  haut  en  la  céphalique ,  la  Balîlique, 

plufîeurs  autres  aux  veines  des  pieds  &  des  iambes. 

Ggg  iij  On  ' 


Des  Veinés^ 


Exflmtion  âe  la  Figure, 

tâi.  monftre  les  valvules  des  veine  âubras-lic: 
la  2.  &  la  ^  reprcfentent  les  veines  crurales 
â  Tcnueis  auec  les  valvules. 


^  yff  ratneatfde  la  veine  cephali^ue. 

B.  F.  vne  partie  dé  la  veine  bajilique. 

P.  la  médiane^ 

l.  vn  retetm  de  U  céphalique  à  laquelle  la  médiane  efi 
ioinîe- 

HH.  H.  H,  montrent  lef  nœuds  que  font  les  valvulés 
dam  les  veines» 

I.K.  vne  veine  crurale» 

L.  M .  l’autre  veine  crurale» 

N.  N .  N.  les  valvules  pleines  de  coton. 

O. 0.0.  les  valvules  des  veines  vuidés» 

On  n’en  trouuepas  au  tronc  delà  veine-cauc,ny aux  Vcmqupy 
iugulaircs  (  excepte  celles  que  nous  venons  de  remar-  o»  n’en 
'quer  à  l’orifice) parce  que  lcccrucau,  le  cœur,lc  poulmon,  pat 

lefoyc  &les  reins  doiucm  abonder  en  fang, fans  aucun 

delay  pour  la  génération  des  cfprits,  &  la  reftitution  de  la  * 

/>,«'  9  t  .  caue,aux 

iuWtance perdue.  On  n  en  treuue  point  auln  aux  petites  luguUires 
veines,  parce  qu’elles  n’en  auoient  pas  befoin  ,  àcaufe  de  »ttx  petite] 
leur  petitefle  [Nciipsauonstrouuéaulfi  des  valvules  auec  ‘*~ 
Harueius&ux  emulgen'tes,  Si  aux  rameaux  mefentetiqucs> 
^uitegardoient  vers  les  troncs  delà  veine  eauc  &  delà 
porte.  La  nature  en  a  mis  auffi  aux  ladées  Les  chiens  & 
lesbœufsfculs  cnont  aladiuifiondes  veines  crurales. jll 
nycnapointauxarteres,  pârtcque  Icfiux&lc  refluxdii 
lâug  fpiritucux ,  s’y  fait  &  s’y  doit  faire  roufiours:  loinc 
que  les  artères  font  allez  fortes  d’elles  melmcs.  [l’ay 
^Mntmoins  remarqué  vne  fois  quelque  tracede  valvule 
*l'arteredubras:Cequi  péui-cltre, comme  il  arriucaa 
commencement  de  l’aorte,  &  àlavcineariericufc,  pour 


9 


font 
ceux  nui 
ont  plus  de 
valvules. 


424  Premier  TraîElêy 

arrcftcrie  (ang  qui  coule  darts  les  artères ,  afin  qu'ji 
retourne.]  * 

Or  elles  font  difpofccs  en  forte  ,  que  leurs  orifices  fo^ 
en  haut  vers  les  racines  des  veines  ,  &  qu’elles  (ont  fer 
mécs  en  bas  L  artifice  de  la  nature  eft  certes  rnerueif 
leux  en  leur  fituation  .  Car  les  valvules  qui  Pc  fuiuent  on^ 
vue  pofitionopporécjdemermc  que  les  nœuds  aux  pc, 
tits  rameaux ,  &  à  la  tige  des  plantes ,  c'eft  à  due  qu’elles 
ne  font  pas  fîruécs  par  vnc  mefme  ligne  ou  de  mefitie  co- 
fté  afin  que  tout  le  fang  ne  coulaftdroit  par  la  partie  libre 
d.u  vaiiTeau.  Par  ainfiles  valuules  inferieures  arreftentee 
que  les  fupei  ieures  auoient  laiiïe  palfér  :  Q^uc  fi  toutes  ces 
valvules  eftoient  difpoices  par  vnc  mefme  lignç.,  le  fan? 
feroit  arrefté  fort  peu  ou  point  du  tout. 

Adiouftcz  à  cela  qu’elles  font  fuuées,  félon  la  longueur 
du  vailfeau  par  certaines  diftances,  comme  de  deux, trois 
quatre  &  cinq  doigts,  afin  qu’elleslaifientvn  chemin  pat 
oùlefangpuilTecouler  enbas,  &  mcfmes  tomber  furies 
Vâlvulesqui  s’entre  fuiuent. 

Quantàleur^r<iWÉ’«>*,  Elles  fon?  plus  grandes ,  où  el¬ 
les  ont  befoin  d’vn’plus  grand  arreft ,  comme  en  la  bafili. 
que  ôç  en  la  crurale  aux  aines.  .  # 

Lcüt  mmbre  diuers  ,  comme  auflides  intcruallcs. 
Car  il  y  a  plus  de  valvules  en  eux. 

I.  Qni  abondentenfangmclancholiquCjOuau  con. 
traire  bilieux  &  fortfubnl. 

II.  Qui  font  grands  &  charnus  >&  gui  ont  parconfe-r 
quent  plus  de  veines. 

III  Qm  ont  les  vailTeaux  fort  larges. 

IV.  Qujontles  veines  longues  &  droites:  Car  lefang 
efl  vn  peu  retardé  en  celles  qui  font  obliques,  à caufe  de 
leur  tortuofité. 

'D'ailleurs,  il  n  y  a  pas  plus  de  deux  valvules  en  vnliciîv 
Car  elles  font  rangées  par  intcruallcs,  rantoft  vnc,  SC 
tantod  deux,  iufques  en  haut ,  mais  iamais  trois ,  comme 

aux  vailTeaux  du  cœur ,  parce  qu'il  eft  necelTairc  d’y  cm- 
pefeher  le  retour  du  fang ,  aulieu  qu’il  ne  faut  que  rctar- 


Des  Veines, 

jjjf  vn  peu  fa  courfe  dâns  les  veines.  La  nature  a  mis  deux 
valvules  aux  endroits  où  il  elloit  plus  necelTaire  d’arrc- 
ftcr  le  fang  plus  long-  temps,  &  vne  feale  où  il  l’eftoic 
moins. 

Icüî  figure  rclTenible  à  celle  de  l’ongle  de  l’indice ,  &  figuZ 
des  trois  autres  doigts,  ou  à  celle  d’vn  croilTant  de  Lune, 
comme  les  valvules  figmoidesdu  cœur. 

Leur  fubftance  eft  fout  deliée  &  fort  denfe  auffi ,  afin,  Leur  fai. 
quelles  ne  fe  rompent  par  l'impctuofîté  véhémente  du 
fang.  Ce  qui  fe  connoift  par  les  varices ,  où  elles  peuuent 
tetenir  le  fang  fort  long-temps. 

Leur  vfage-  eft  i.  de  donner  de  la  force  aux  veines  j  les  Leufvfagt. 
irtcres  eftans  fortes  d’ailleurs,  à  caufe  de  leur  double  tu¬ 
nique. 

2.  Principalement,  d’arrefter  &  retarder  l’impetuofîJ 
te  du  fang ,  qui  eftant  pefant  &  fluide,  ferefpandroit  en 
abondance  ^comme  vne  riuiere  par  les  bras  6c  les  iara- 
bes,  à  cajifc  de  leur  fituation  panchante,  fur  tout  en  quel- 
quemouuement  6c  exercice  fort  violent,  le  fang  fe  des- 
bordcroitparlesextrcmitez,  par  la  force  d’vne  chaleur 
tiopvehemcnte.  Etainfii.les  parties  internes  6c  plus  no- 
Bles/erôient  priuées  d’alirnent.  2.  les  veines  des  extre- 
mitezfe  dilateroicnt  trop,  elles  feroient  en  danger  de  fe 
rompre,  ôc  les  pieds  6c  les  bras  feroient  toufiourscn- 
&z;  ^  • 

Mais  la  nature  à  mis  des  valvules  à  l’orifice  de  k  veiné 
iugulaire ,  pour  retenir  le  fang,  afin  que  lors  que  la  tefta 
panche,  le  lang  ne  fe  ieçte  auec  impetuofité ,  comme  vne 
riuiereaucerueau,  6c  caufe  l’apoplexie.  [Haruems  donne 
vn  autre  vfagemx  valvules,  afin  que  le  fang  ne  coule  des 
S*^*®des  veines  dans  les  petites.  ]  ' 


Hhb- 


^.2,6  Premier  TraiBêt 


CHAPITRE  III. 


De  U  Diuifton  des  rueines  du  Corps  ^  deU 
Yeine-Porte. 

Toutes  les  veines  du  corps  fe  lapportcnt  à  deux,  qui 
font  comme  les  Meres  des  autres ,  à  fçafuoir  la  veine. 
porte,  &  la  veine -c‘#î*!e,  [aufquc!les  il  faut  adioufter  vnc 
troifiéme  forte  de  veines  qui  a  cfté  trouuée  nrAfellim,  i 
fçauoii  celle  des  veines  lacées,  dont  nous  prierons  dans 
l’Appendrcc.] 

V Origine  &  la  rasine  delà  Veine-  Porte  eftla  veine  vm- 
bilicale,  dont  nousauons  patléauprew/erZ/we,  qui  cft 
la  première  de  touteis  les  veines,  engendrée  de  la  fe. 
mence. 

Les  noms  Or  on  la  nomirela  Feine  de  U  Torte^  ou  celle  qui  cft 
Ae  la  veine,  aux  portes ,  &auflî  laveinc?om>r#,  parce  quc  le  chyle 
eftant  fuccé  du  ventricule  &  des  inteftins.éft  portcau 
«/w  foye  par  fes  racines,  ou  félon  d’autres  par  fes  rameaux,  à 
fçauoir  les  veines  mefaraiques ,  comme  par  des  portes. 
Les  Arabes  la  nomment  veine  ,  parce  qu’elle  atti¬ 
re  le  chyle,  qui  cft  de  couleur  de  laid, 

Cetteveine  eftla  plus  grande  après  la  caue,  on  dit 
communément  qu’ellenaift  delà  partie  caue  du  foye.  Bl* 
k  n’cft  pas  fi  cpaifle  que  la  caue ,  mais  plus  lafehc  &  plus 
molle. 

Les  rà  On  la  diuifccn  tionc  Scenrameaux. 

Jllux  de  rameaux  font  les  vns fuperieurs ,  &  les  autres  itife- 

la  forte  fe  :  Ics  vns  appellent  ceux-là  les  racines ,  &  les  au- 
nemment  très  ceuxey.  Les  fupeneurs  font  appellczracines,  pat* 
/«y* ,  ce  qu’on  dit  que  cette  veine  prend  fon  origine  dufoyc^ 
rames,  ^  les  inferieurs  ai  ffi,  parce  que  comme  les  racines  fuc* 
cent^  de  la  terre  la  matière  ,  &  la  portent  au  tronc  de 
de  faibrc  :  Air.fi  les  veines  mefaraïques  qui  font  les  w* 


T) es  Veines.  4^7 

rteaoxînfcriaii  s  de  li  veine  portc,f'iccent  le  chyle  corn-  y,. 

les  racines  ,  &  le  nortenr  aufoye  parle  tronc  &  les  >r„nux  me. 
rameaux  rupericiirs  ;  D’e  u  v’enr  :^:ion  appelle  les  vei-  f^rai^ues  (1 
pes  inefaraïques  ,  les  maws  du  Foye.  Noi\$  les  nomme- 
ronsdonc  toutes  &  raciues  6c  rameaux  en  diueifes  fa, 

^°Quatre  ou  cinq  rameaux  fLiperieurs  s’erpandent  par 
la  cane  duf  ye.  qui  s’vnifl’ent apres  en  vn  tronc 
plus  bas  &  hors'du  fv»ye.  Voyez  ce  que  nous  auons  dit 
de  ces  veines ,  &  de  leurs  anaftomofes  aü  chap  du  foyCt 
ItH  premier. 

Deuant  qnelc  Tronc  fediuife  en rameauxinferieurs, 
jlenuoye  deux  pences  veyies  à  la  veflie  du  fiel ,  qui  fe 
romment  les  deux  eyftiques  ,  vnç  autre  au  ventricule  , 
qui  pour  cette  railon  le  nomme  la^4/?n^»i?dro/7f.  \  . 

Le  Tronche,  tournant  apres  agauche  le  d  uile  en  deux  ^ 
gros  rameaux  inferieurs,  dont  l’vn,  cil  pins  haut  &.  plus 
périr  qui  va  au  collé  gauche,  &  l’autre  plus  bas  &  plus 
ample  cil  au  collé  droit. 

Celuy  làell  nommé  fpleûtyue  .parce  qu’il  va  à  la  Rate.  Lu  veines 
Il  rclpand,  deuànt  qu”!  le  dmife,  deux  rameaux  lupe-  ‘^^/'*^*^** 
rieurs  au  ventricule ,  la  petite  &  U  grande  ga  'riefue ,  qui  \yentn. 

.cil  lapins  ample déroutes  les  veines  du  ventricule ,  qui 
fait  puis  apres  la  coronaire  Et  puis  clic  enuuye  deux  ra¬ 
meaux  inrerieursà  lacoélfe  &  vn^u  pancréas.  BeUcetf- 

Apres  cela  le  tronc  fpleniquc  le  diuiic  en  deux  ra-  A 
mcaux  fuperieur  &  inferieur  Celuy  l  .  produit  le  vas 
breue  ,  &  les  autres  péris  rameaux  qui  le  portent  a  la 
Rate.  Celuy  cy  iette  deux  veines  pour  la  çoeffe  &  le  ^  ^ 
ventricule  ,  qui  le  nomment  l'Ep-ploiijUe  gauche  6c  la 
l*  roepiploi y ue gauche.  Enfin  les  autres  petits  rameaux  fe  Duventri' 
confument  dans  la  Rate.  cuit. 

Le  Rameau  droit  de  la  veine  porte  deuant  qu’il  fc  ven. 
diiiifc ,  produit  deux  veines;  La  i  à  la  partie  droite  du 
ventricule,  &  de  1  Epiploon.  Lai.  aux  mtellins  ,  à 
fÇ'tuoir  au  milieu  du  duodénum  &  au  commencement  inte- 
duiçijnnum  ;  d’où  quelques  rameaux  cap  H  ures  vont  üins 
'  A  Hhh  ij  au 


r 


B^s  Veina.  41^ 


Explication  de  la  Figure. 

La  Veine-Porte. 

!  A.  A.  &e.  les  ettem de  U  veine- porte dani  tout  le  féfêl 
r  I  J.  J  4  5  le  nombre  des  rameaux  stHxqHelt la  veme-fer^ 
tefedmje. 

B  le  tronc  de  la  veine  porte  près  du  foje. 

C.C-  les  deux  cyftiques 
P,  la^afirique  droite  eu  pylore. 

E.  la  dîui fonde  la  veine  porte  en  rameaux  fuiuanù 
^ .  le  rameau  Jplenique. 

G.  le  rameau  mefenterique. 
ïi  la  gaftroepiploique  droite, 
l.la  Duodenale. 

K.  la  petite-gafrique. 

L.  t Epiploïque  droite. 

M  les  rameaux  qui  vont  du  ramtau  filenique  au  pa»‘ 
créas. 

N.  U  grande  gafrique. 

Q  O  fes  rameaux  qui  vont  aux  parties  pofierieures  du 
ventricule, 

P  QJR-  la  coronaire  fiomaehique. 

^  l'Epiploique  pofierieure. 

T.  1 .  la  diuifon  du  rameau  Jplenique. 

V  t  Epiploïque  gauche. 

yi.\  les  vaifeaux  courts,  'j 

2  la  gaftroepiploique  gauche. 

a.  a.  la  diuifon  du  rameau  fpleniquedans  U  Kate. 

K  b.  la  mefenterique  droite. 
e-  c  la  veine  du  Colon. 

^  d.  les  vetnes  du  ReUum. 
e,  les  V  einés  Hémorroïdales. 

pancréas  &  à  la  partie  fuperieure  de  la  coëffc. 

Âpres  quoy  tout  le  rameau  ample  entre  au  mclcntcrej 
H  K  h  iij 


D<k  mtfen» 
tere. 


4^0,  Premier  Tra’Elè , 

&  fc  diftiibu'é  en  trois  gros  rameaux  '‘ncfcnteriqucs  fç 
portant  entre  les  deux  tiiniqnes  du  mefentcrc.  ’ 
ht!  veinet  rameau  mefenterique  dmt  cft  double ,  qui  fç  jj 

7««  udc  en  qnatoize  rameaux  anonymes  ceux cy-envnc 

*  ’  infinité  de  reiettons,  qu’on  nomme  b^s  veines 

^(tes  qui  (ont  au  ieiunum  ,  à  l’ilcon  ,  au.  Cæcum  &  4 
Vite  portion  du  colon,  dont 

L’vfage  tft  1.  de  fuccef  le  chyle  des  inrcft(ns,&  Jç 
le  porter  au  foye  par  Ictronc  del^  veine- ponc. 

1  De  le  préparer  vn  peu  ,  Sc  luy  donner  U  première 

teinture  de  faog. 

tneuriie  l'>e.po«^r  le  fang  du  fecoftd  foye  ou  de  U  Rate 
Coiumbus  P°"’  la  nutrition  des  intcftins.  Ce  qmne  le  feroit  pi$ 
touchant  fl  fil:  s  auoient  des  valvules  en  dedans  ,  comme  Co- 
les  val-  lumbns  s’eft  imaginé  contre  l'expcncnce  ,  les  valvules 
•uulei  dft  cmpe'cheroicnt  auffi  le  retour  des  humeurs  du  corps 
vfina  me-  mtcftins ,  dans  les  purgations  quife  font  naturelle, 
■l  “  ’  ment,  ou  parla  force  des  remedes. 

[  Mai' qui  donne  auccraifon  aux  veines  ladces  - 

la  charge  de  pouer  le  chyle  au  foye  ,a  monftré  qu’elles 
ne  font  deftu.ées  â  autre  vfage  ,  qu’à  chariier  du  foye 
le  fangpoiir  la  nourriture  des  mrc  ins.] 

Le  rameau  mefcntcnquc^4«cJÎ;^  s’elpand  à  la  partie 
gauche  &  moyenne  du  melentere,  &  au  cofté  gauche 
du  vcntricidc.à  vue  partie  du  colon  ,&  au  hoyau  droit. 
i;;’où  naiftla  ve-ne  hémorroïdale  interne,  dont  nous 
parlerons  au  chapitre  tuiuanc  en  parricuUer. 

•APPENDICE 

De  Thomas  Bartholini 

Des  Feines  LaEïées, 


Peredtheureufe  mémoire  &  enfeiguc  CB 
eft  conforme  aux  obferuarions  de  fou 


Dei  Veines,  4// 

Cccic.  Mais  le  noftre  eftant  deucnu  plus  clair  voyant 
'que le  palTe ,  a  trouué  vne  quatrième  cfpecc  de  vailTcaux, 
pariefquels  lechyleea  porte  au  foye  ,  outre  les  veines 
^efaraïques  que  l’on  connoilToic  auparauant,  ËraJtfl-rAte 
a  eu  quelque  legerc  connoilTancc  de  ces  veines ,  comme 
cela  fe  void  dans  Galien,  Gafpar  Afellins  Altatomide  de 
paille  cft après  luy  le  premier  inuenteur  oculaire  de  ces 
veines, qui  les  remaïqua  en  la  dilTedion  dVn  chien  vi- 
uant, Iqui onaucit  donné  bienà  manger, leij.  luillec 
i^ii.Lespluscxads  AnatomifteSj&qui  ne  reuerent  point 
d’autre  antiquité  que  celle  de  la  vérité ,  fuiuans  fes  traces, 
ont  trouué  par  l’experience  oculaire  que  ces  vaifleaux 
remplis  dVn  fuc  la61:éc,cftoient  des  conduiétsparticülicrs 
diftmétsdes  autres  mefaraïques. 

Carilsparoiffcnttoufiouis  dansles  animaux  viuans, 
quandonles  difleque  enuiron  quatre  heures  après  qu’ils 
ont  mangé ,  à  fçauoir  lors  que  la  diftribution  du  chyle  fe 
fait,  Sidirparoiflent  apres  cétcfpacc  de  temps.  Ils  retien¬ 
nent  toufîours  neantmoinSjbien  qu’ils foientvuides, la 
forme  de  petites  fibres,  qui  og^  trompé  queiques>vns, 
dcfortcqu’ilslcs  ont  pris  pour  des  nerfs  ;  mais  fans  rai- 
foB,  parce  que  des  netfs  h'ont  ny  chyle,  ny  valvules,  ny 
auité.  LcmcfcntereSt  Icsinteftinsnefontpas  auififort 
fenfibles,  bien  qu’ils  ayent  peu  de  nerfs  de  la  fixiéme  con- 
iugaifon.  Les  autres  ont  creu  queces  vaiflèaux  eftoient 
des  ancres ,  mais  leur  opinion  ne  s’accorde  pas  auec  les 
fensqui  y  trouucnt  vne  fimplc  tunique,  &  point  de  mou¬ 
vement,  Ce  qui  tient  encordes  cfpritsde  quelques  do- 
ûesen  fufpcnsjc’cft  qu’on  ne  connoiil  pas  le  tronc  de 
ces  vaifleaux  ,  qui  eonfirmetoit  leur  opinion ,  s’il  fe  pou- 
voit  demonftrcr-daDs  le  foye.  Mais  encore  qu’on  ignore 
leur  tronc  &  origine,  personne  ne  doit  douter  de  l’exi- 
ftence  deccs  vaifleaux,  non  plus^nc  ceux  qui  habitoient 
fut  les  bords  du  Nil ,  nedoütoient  de  celle  de  ce  Fleuuc 
fameux,  bien  que  falource  leur  fuft  inconnue. 

Voicy  l’abrégé  de  l’Hiftoire  de  ces  vailTeaux,  fuiuant 
les  traces  d'ÂfeilÎHs. 


Premier  TraiSié  y 

Ces  vailîeaux  fe  nomment ou  vaijfeaux  U^tef 
&  veines  laBées  »  Toit  que  ce  nom  foit  tire  du  verbe  I  atj^ 
laciOyC^^  n’eft  plus  en  vfage,  quifignifiei’alleche  ou  ut- 
tire, ou  de  lac  laiâ:,duquel  ils  ont  la  blancheur, la  mollefrc' 
&  la  graille,  de  mefme  que  les  Anciens  &  les  Modernes 
ont  donne  cenomauxinteftinsgrefles  ,  aux  veines  mefa. 
raïques&au  mélcntere,pourles  mefmes  rairons,quoy  que 
ce  ne  foit  pas  auec  la  niefme  vérité  &  la  mefmc  côuenâcc 

Ces  vaiffeaux  eftoient  entièrement  inconnus  aux  anl  : 
çiens,  fivous  en  exceptez  Erafiftrate y  qui  a  veu  en  des 
agneaux  qui  venoient  de  tetter,  des  veines  aërées  rem¬ 
plies  de  laid  incontinent  après.  Plufieursdcs  anciensont 
ncantmoins  reconnu  que  le  chyle  &  le  fang  eftoient  por- 
tcz  par  des  vaifteaux  différens.  Leur  ignorance  n’eft  pas 
certes  fans  excufc,à  eniuger  équitablement,  puis  qu’ils 
ne  faifoient  leurs  diflTedions  pour  l’ordinaire,  que  furies 
çprps  de  ceux  qui  auoient  efté  eftranglez  ,dans  Icfquels 
iis  difparoiirent  incontinent ,  fi  on  ne  les  lie.  Quant  â 
Q^lien  qui  a  fait  vne  infinité  de  diflédions  d’animaux  vU 
uanSjilnefaut  pas  douter  qu’il  ne  les  ait  pris  pour  des 
nerfs. 

Leur  JttmtUn  eft  dans  le  ventre  inferieur ,  où  elles 
font  d’ordinaire  accompagnées  de  graiffe ,  pour  y  entre¬ 
tenir  la  chaleur  neceftaire  pour  l’attradion  U  la  prépara^ 
tion  du  chyle. 

Ils pafîcnt  obliquement  desinteftins  par  lé  raefenterè- 
entre  fes  deux  tuniques  en  partie  feparez  des  autres  vaif- 
feaux,&en  partie  enfémblc  auec  eux ,  tantoft  en  ligne 
droite,5c  tantoft  montent  fur  eux,  en  les  ctoifant ,  &  puis 
marchansfurpluficurs  glandes  que  lanatureamisàleurs 
diuifipns,  fe  pestent  au  pancréas:  ofi  cftans  entrelafTeZ' 
l’vn  dans  l’autre,  comme  les  treillis,  ou  comme  les  fléaux 
de  vigne,  &  confondans  leurs  corps,  ils  s’entortillent  de¬ 
çà  dc-la,  &:  font  plufieurs  tours  &  anfraduofîtez  inex-^ 
plicables. 

Puis  for  tans  du  pancréas ,  leurs  rameaux  eftans  plus 
grands,  qui  fc minent  par  les coftez de  .la  vcisc-portc. 


F 


Des  Veme:s,  -433 

&quienuoicnt  qnelquesfois  des  rciettons  vers  fa  caue, 
ilsentrent  danslacauiré  dufoycpar  des  rameaux  déliez, 
oùilsfc  difTeminentdc  tous coftez,&  puis  dans  le  foyc 
nicfnic,  &  le  diuifent  dans  fa  chair ,  en  des  fibres  fort  dé¬ 
lices  &  fubtiles ,  iufqu’à  ce  qu’elles  ne  pàioificnt  point  du 

^  Or  ils  s  ’inférent  à  tous  les  inteftins ,  inefmes  au  duodé¬ 
num,  &  lur  tout  aux  grefles,  mais  les  gros  n’en  re^oiuent 
pas  vn  fl  grand  nombre.  Il  n’y  a  pas  vnc  de  ces  veines  qui 
fe  porte  au  ventricule  ou  à  la  rate.  Mais  afin  que  lechyle 
quelles  ont  receu,  ne  retourne  derechef  aux  inteftins,  la 
nature  y  a  mis  des  Falvules  qui  regardent  de  dedans  en 
dehors,  qui  ne  lailTcnt  pas  fortirle  chyle,  quan  don  1ère - 
poufremcfmc  auec  force* 

Ces  vaifteaox  ont  la  fuhjtance  de  veine,  dont  ils  ont 
auflilaftrudure  &  les  autres  chofes,  excepté  le  fuc  ladec. 
Troisparties  entrent  en  leur  compofuion,  \cs  fibres  ,  les 
me?nbra>}esy5i  h  chatr.  Ils  n’ont  qu’vne  fimple  membra¬ 
ne  pour  Icsdiftinguer  des  artères ,  bien*qu’au  mefentere 
'  ils  rcçoiucnt  de  luy  mefme  vnc  autre  tunique  externe. 

leur  attribue-  toute  forte  défibrés  droites  ,  tranf- 
ueil'es  &  obliques ,  pour  l’attradion ,  la  rétention  &  i’ex- 
pulfion. 

La  chair  adherente  à  la  membrane  remplit  les  cfpaces 
qui  font  entre  les  fibres.  Elle  a  auffi  vn  autre  vfage,  â 
Içauoir  de  préparer  le  chyle,  dcuatit  qu’il  pamienne  au 
foyc. 

Quant  à  Icm  quAMtité,  ils  font  perpétuellement  conti-- 
naiftent  tous  d’vn  Icul  tronc  i  encore  que  leur 
grandeur  foit  inégalé,  eftms  les  vns  plus  grands  que  les 
àuttes.  Ils  font  petits,  afin  que  les  parties  groffieres  & 
juuùles  n’y  entrent  cnlcmbleauec les  autres,  &  afin  que 
ladiftiibution  ne  le  fafte  tout  d’vn  coup  &  confufémcnt* 
com  me  la  Framboifiere  a  remarqué . 

.  Leur  nombre  cft  infini,  &  font  difperfcz  parle  foye  les 
^®teûms,lc  melcntcic&  le  Pancréas,  &  font  vne  fois 
5^  plus  grand  nombre  que  les  veines  melaraïqucs  vuU 

lii 


434-  Premier  TraiBè , 

guaires  ,afiii  que  leur  pctitedè  fuit  rccompenfçe  par  {ç 
nombre. 

Pour  leurs  ejuaUtez^  premières  aSiitteSy  les  veines  laft  'cs 
font  plus  froides  que  les  autres  veines ,  parce  que 
chyle  qu’elles  charrient,  eft  plus  froid  que  le  fang  ; 
quant  mxpaftnes,  elles  font  feiches  ,  mais  plus  humi- 
des  que  les  autres  veines. 

Si  vous  confiderez  leurs  ejmlitex,  fécondés ,  ejles  font 
déliées  &  fubtiles  fur  tout  par  la  partie  qu’elles  entrent 
au  corps  du  foye,  &  auffi  tendres ,  polies ,  rares  &  af. 
près  par  dcdans,àcaufe  des  fibres.  La  couleur  blanche  ac¬ 
compagne  ces qualitez, tant  àcaufede  la  conformation 
froide. qu’elles  tienent  de  la  femence  ,  qu’à  caufe  de 
l’humeur  blanche  qu’elles  portent. 

Car  leur  aBsion  &c  vfage  prtipre  eft  i.de  diftribuerlc 
chyle  aufoyc  par  anadofe,  comme  le  fang  eft  porté  par 
les  autres  veines  mefaraiques,  dufoye  aux  inteftins  par 
diadofç.  Nous  nedeuonspas  nous  eftonnerdela  quan¬ 
tité  des  veines  mefaraiques,  dont  il  femble  que  les  in¬ 
teftins  qui  font  froids  &  priuez  de  fang  ,  n’ont  pas  be. 
foin, puis  qu’ils  neferuent  pasfeulemcntà  la  nutrition, 
mais  aulfi  à  l’expurgation  des  humeurs  fupcrflucs  dé 
tout  le  corps 

II.  De  rendre  le  chyle  plus  capable  de  «ccuoir  dans 
le  foye,  la  forme  du  fang.  Or  ceux  là  fe  trompent  qui 
leur  attribuent  vnc  vèrtû  fanguifiante ,  puisque  la  cou¬ 
leur  du  chyle  ne  change  point,  iufqu’à  ce  qu’il  foit  ar- 
riué  au  foye  ,  où  il  commence  peu  à  peu  de  dcuchir 
pallc  (ju  rougeaftie. 

III.  Elles  apportent  auffi  de  grandes  lumières  dans  la 
vmedecine.  Car  i.  elles  nous  monftrent  vn  chemin  ailî 
pour  la  diftribution  du  chyle,  dont  on  auoic  tant  débat., 
iufqucs  icy  ,  dans  lequel  on  ne  peut  pas  craindre  aucc 
raifon  le  mouuement  contraire  ou  la  confufion  quclbn 
troiutoit  à  redire  dans  l’opinion  vulgaire,  i, 
feignent  quelafanguification  fe  faid  dans  le  foye 

fa  chair  ôc  non  pas  dans  les  veines.  3.  Elles  nous 


‘  Des  Femes.  4;; 

pcnt  aufii  qwe  lefuccement  des  veines  n’eftpas  la  caufe 
Je  la  faim,  puis  qu’aucunes  veines  ne  fe  portent  au  veft- 
rticule-  4'  Elles  decomnent  les  caufesde  quelques  ma¬ 
ladies  qui  eftoienc  obrcurcs  auparaïunt ,  i  fçauoir  <ia 
flux  du  chyle  par  les  inteftins ,  de  l’atrophie ,  à  caufe  que 
les  glandes  du  mefentere  font  feirrheufes  ,  des  fievres 
intermittentes  qui  ont  leur  fiege  dans  le  mefentere,  de 
lamelancholie  hypochondriaque  ,  &c. 

Voila  l’abregéded’hiftoire  des  veinesladécts, à  laquelle, 
il  refteà  peine  quelque  chofe  à  adiouller ,  finon  que  la 
caufe  deleur prompte  difparition  eftforten  controuer- 
fc.  -Il  ne  faut  pas  croire  que  la  nature  fpiritueufe  du 
chyle  qui  fe  refou  tenait,  ehfoit  caufe, comme  Afellms 
atoifereu  au  commencement,  parce  que  le  chyle  eftant 
extrauSt  des  veines  ,  garde  fort  long-temps  fa  couleur ,  & 
ne  s’euanoiiit pas  proprement,  mais  deuient  aqueux.  Il 
vaut  mieux  fe  tenir  aux  derniers  fentimens  à'JfelHusy 
quiatrouué  plus  vrai  ferablabic  que  la  forte  attraélion 
du  foyequi  fe  fait  durant  la  peine  que  fouffre  l’animal 
en  mourant,  en  eft  la  caufe  ,  parce  qu’alors  les  efprits 
fe  confument ,  &  ont  befoin  parconfeqnênt  dcnouueau 
lang  &  de  chyle  pour  le  cuire  promptement.  On  peut 
prendre  d’icy  la  raifon  ,  pourquoy  én  cét  homme  qui 
fuft  eftranglé  ,  &  puis  difl'equé  l’apnce  paflee  à  Am- 
ftetdam  par  Mr.  Tulpim  ^  les  veines  ladées  demeurè¬ 
rent  apparentes  quelques iours  apres.  Ce  qui  aefté  auj[ïï  ; 
remarqué  plufie’urs  fois  par  Feslingius  à  Padoue  &  par 
Film  àVenife.  Carie  foye  ne  pouuoitattirer  en  aucune 
façon  ,  à  caufe  que  les  douleurs  caufées  par  laftrangula- 
tion,  imerrompoient  fou  aéiion.  Car  quânt  à  ce  que 
P^eslingiHs  atrouué  ces  veines  pleines  en  vne  fille  de  10. 
nioisjie  l’attribuerois  à  vne  femblablefoiblefTe  defoye, 
ou  à  l’erpaifTcur  de  l’humeur  ladéç.  Ce  que  P.La^r, 
s’imagine  eft  hors  de  propos  &  tefmoigne  fon  igno- 
tance  en  cette  matière,  quand  ilditqucces  veines  . dif- 
paroi(rent,àcau(eqiie  les  valvules  deuenans  lafehes,  le 
retourne  dans  les  inteftins.  Car.  i  vous  ne  fçau- 
I  i  i  ij  riea 


Des  Veines. 


F 


4S7 


Explication  de  la  Figura^ 

Elle  reprefente  les  veines  la(aées.’ 


les  rameaux  mefara  ^ues  de  la  veine-porte  ,  (§• 
ceux  del'artere  celtaejue  ^ut  les  accompagnant 
5^  B  veines  laSie'es  liees  k  lapante  inferteure  de  la 

jgure  qut  monfirant  les  valvules 

C.  C.  les  nerf  s  qui  vont  par  le  mejentere, 

D.  le  fonds  du  ventricule, 
l.lepylore. 

F.  U  Dmdenum. 

G. lefeiunum- 

H. t  Iléon. 

I.  la  veine  (frVanere  qui  rampent  fur  le  fonds  du  ventri^ 

cule. 

K.  vne  partie  de  (Epiploon. 

1.  vne  greffe  glande  qui  efi  a  l'origine  du  mefentere  l 
quAfellius  appelle  pancréas. 


riez  mefme  auecvn  grand  effort  repoulTeraux  morts  lô 
chyle  dans  les  intellins.  2.  Si  on  lie  la  veine  au  milieu, 
en  forte  que  le  paflage  demeure  libre  du  coûé  du  foyc 
des  inteftins  ,  elle  le  vuide  du  cofté  qu’elle  regarde 
le  foye ,  &  du  cofté  des  inteftins ,  elle  s’enfle  beaucoup, 
&  ri  onia  laiflc  quelques  lours  encéteftat,le  chyle  ne 
Ktourne  point  aux  inteftins. 


CHAPITRE  IV. 

7) es  Veines  Hémorroïdales. 

Lqjf  tJl  ce 
Es  Veines  hemorroidales  font  celles  qui  fetrouucnt  ut  Us  ht 
au  fondement  &  au  rcétum  ,&qui  l'c  voyant  vaftù  mmoidts 
in«j  ■ 


45?  Premier  TraiBé, 

mes  en  dehors  ,  qui  s’ouurent  en  quelques  vns  d’ell 
rncrmes  jen  certains  temp?  ,  &  éuacuent  le  fan?  pj'* 

groflicr,  cequi  eft  vtileà  la  fanté.  .  * 

r.rHH,  da.  Ces  veines  ne  font  pas  d’vne  feule  vfpece, 
^utrtsAnit.  l^s  anciens  &  pluilcurs  melmcs  des  modernes  ont  cfti. 
tcmiftei.  me.  Mais  les  vnes  font  internes  qui  nailTent  de  la  veine! 
porte ,  &  les  autres  externes  qui  v  iennent  de  la  caue. 

Lès  anciens  ont  cognu  feulernentles/^^;,^^ 
bres  aux  maladies  mclancholiquc#  &  ipleniques  :  On 
peut  les  ouurir  prés  du  fondement ,  ou  bien  y  appliquer 
les  fang-fués  ,  puis  qu’autrement  aucuns  rameaux  de 
la  veine-porte  qui  elt  cachée  en  dedans ,  ne  fortent 
point  fur  la  peau,  qu’on  puilTe  incifer.  ^ 

Les  veines  hemorroidales  internes  &  externes  diffe¬ 
rent  entç’elles. 

BuiB  dif-  I,  En  «4/y?,  comme  nousauons 

ftrences des  deffus  , delà veine-porte ,  &  defeend  ioignantla 

veines  ke-  colon  fous  le  Redum ,  dont  li  eEnbïalTecircuIaue* 
les  internes  ™cnt  la  fin  qu  on  nomme  fondement  ,  par  quelques 
é>  exter-  petits  reiectons,  Elle«4/jf  ptefque  du  rameau  fplcniquc, 
d’où  levas  breue  prend  aulTi  Ibn origine;  Et  fort  raic- 
Hient  de  la  Rate  mefmc  ,  ce  que  Caprins  a  remarqué 
yncfois,  [&  deux  ou  trois  fois.  Ceft  pour- 

quoy  Robert  Flnd  s'cil  trompé  qui  condamne  Ibuaer- 
turc  des  hemorroides ,  parce  que  ne  venans  pas  de 
Rate,  mais  pluftoft  du  mefentere ,  l’euacuàtion  dufang 
porte  grand  dommage  aux  intcftins  &  au  ventiiculc,] 
Mais  les  hcmorroiditles  externes  naiflcnt  du  rameau 
hypogaftrique  de  la  veine-cauc. 

II.  Eninjertion,  Carrinrerne  s’inferedans  la  fubftan- 
ce  membraneufe  du  Re6tum,quiauoitberoind!vnfang 
plus  groflSer  engendré  dans  le foyç  &  qui  eft  communi¬ 
qué  par  la  veine  porte. 

Les  externes  s’inforent  à  la  fubftance  mufculeufc  du 
fondement,  parce  qu’elle  demandoit  vn  fang  plus  pu^» 
elabouré  dans  le  foye ,  &  porté  pat  les  ramcuux  de  I» 
veinc-ca»c.  • . 


r  -  .  - 

I  Des  Veines, 

jll.  En  nombre veine  interne  efTvnique  8c  les  ex¬ 
ternes  l’ont  trois. 

IV-  Et'  (qualité' du  fang  quelles  contiennent  :  Celuy 
^es  internes  eltgrcÆer  &  noir, &  celuy  des  èjeternes  eft 
plus  lubtil,  plus  rouge  &  plus  clabouré. 

En  vfage'Ats  internes  yüidcntla  veine-porte  ,  8c 
feruentaux  obftïüdions  de'laRate;les  externes  dechar- 
gentla  veine- caue  8c  le/foye  ,  ôc  mefme  leur  éuacua- 
tion  guérit  les  maladies  fangüines  de  la  telle,  du  tho¬ 
rax»  &c.'  Ce  qu’^/^eCMre  a  au’lTr  remarqué  dans  fes 
^phorilmes.  C’eft  pburquoy  on/  appelle  les  internes 
cACochjmiques i  8c.  dit-on  qu  elles ,, guet ilTent  la  cacochy- 
pie  ,  ôc  les  externes  plethorsquçs  ou  qui  diminuent  la 
pléthore. 

VI.  En  (abondance  de  là  profujton  du  fang  :  le  flux  des 
internes  n’eft  pasfl  abondant,  ôc  celuy  des  externes  fc 
fait  quclquesfois  copieufement,  que  les  hommes  en 
meurent  quelquçsfois  ,  -oq  tombent  en  des  griéues 
inakdips;'  "' -  J  \  ■.  " 

VII  En des  oii  ne  fouffre  point 

de  douleur  nid  efprain^c  du" venrre^^^  8c  mcfmes  quel- 
quesfbis  on  ne  fent  âucune  sdouleurau  fondement  •:  Au 
lieu  qii’au  ûüxdessnternef  ladoüièüpefl: fort  yblreniente. 

VIII.,,  Les  internes  dercéndehpfetdcs ,  fans  elire'acçom- 
pagnées  d'es'àrtcres  ;  Mais'|es-^.ifref»cj  de'lceàdent'auec 
lés  artères  aux  roufcles  du  %ge:.  C’cil  .pqufqùoy  on 
nomme  les  externes  âuec  plqs  de  iailon  /  yaiff’èauxjjhe- 
niorroidaux  ,  de  forte  que  lef'  atteres  font  coijiprifes 
aocc  les  veines.  '  >  .  v  '  \  . 


\V\" 


CHAPITRE  V.  ^  ^  . 

Tronc  afeeniant  dèJa.Veine-Dauey  ^ 
^dniculierementieië  Idï^eine- Azygos»  \i  ^ 

La  Veine-caue  qu’on  homnie/Æüfli  la  grande  ^  ^  ^ela.Jes 
très  grande ycine,  a  eftè  ünlî  ap  jpcllce  par  les  andenSj  nt-  fàmt 

■'  ■'  ,  '  'à  'cattlc  ^,  '  d 


Dts  Femes, 


441 


Explication  de  la  Figure. 

te  tronc  afeendant  de  la  Veinc-caue,  aucc  vnc  petite 
portion  du  tronc  defeendant. 

A^A.  a.  U  tronc  de  la  veine  cane  >  &  fes  rameaux  dif. 
perfeT^par  lefoje,  ^  vn  autre  reietton  ,  epui  ien  va 
de 'la  caue  du  foye. 

^.leftege  de  la  vetne-caue  entre  la  partie  connexe  du 
foye  &  le  diaphragme. 

C.  le  phrenique  gauche  qui  enuoie  des  reiettons  au  pari- 
earde. 

V,  tùrifice  par  lequel  la  veine  caue  efi  adhérente  au 

■  cmr. 

E.  la  Coronaire.  ^  . 

F.  F.  le  tronc  de  la  veine  az^ygoS  i  defeendant  Ic'  long  du 

cofle'  droit  des  vertebres  iufques  aux  lombes. 

G. , G.  les  intercoflales  inferieures  ,  ou  les  rameaux  de  U. 

veine  ax,ygos  ,  entre  les  efpaces  des  cofles. 

diuifon  de  la  veine-cane  en  deux  troncs  fous  cia- 
uiers  >  pre's  du  gofer,  fous  le  flernon. 

F  U  foHs-clamere  qui  tend  au  bras  des'  deux  cofiex,  »  que 
quelque s-vns  nomment  axillaire . 
l^.J’Intercofiale  fuperieure  qui  emok  ordinairement  des 
reiettons  a  trois  efpaces  des  cofles  fuperkures ,  auf- 
quels  la  veine  a^gos  n  en  auoit  pasdijiribue'. 

L.  la  mammaire  dej  Cendant  e-  Celle -cy  defeendante  fous  le 

flernon  aux  mufcles  droit  de  l'abdomen  ,  diflribué'  des 

■  reiettons  aux  parties  voiflnes. 

M.  la  cenionBion  de  la  mammaire  y  auec  la  veine  Bpigà- 
flrique  r.  afeendante  pre's  du  nombril., 

la  ceruicale  qui  mente  au  crâne, 

Q.  la  mufcule  qui  fe  propage  par  plufieurs  reiettons  dans 
les  mufcles  qui  ocèupent  les  parties  inferieures  du 
col ,  ^  les  fuperieures  du  Thorax. 

P*  U  Thoracique  fuperkure  qui  va  aux  mufcles  qui  font 
Kk  k 


^  4 1  Premier  T ratüé , 

couchez,  fur  U  poitrine  ,  &  aujfi  a  la  peau  de  cette  r  ' 
gion  y  &  aux  mammelles,  ^ 

Qda  double  fcapulaire  fe  diftribue  au  Jtege-caue  de  îef 
pauley  &  aux  mufcles  voifms.  Il ;  a  quelqnesfois  eutre 
P.  &  R.  des  petites  veines  qui  vont  aux  glandes  R. 
tuées  fous  les  aijfelles.  ^ 

R.  U  Thoracique  inferieure  s'en  va  en  bas  lelong  des  .ce. 
fie\  du  Thorax  y  &fe  dipibue ,  principalement  al 
tnufcle  tres-large  du  bras. 

S  .  la  iugulaire  interne  y  qui  après  auoir  donne'  quelques  ra. 

me  aux  A  l'afpre-artere^  entre  dans  le  crâne, 

T.  la  iugulaire  externe. 

V.  fa  diuifon  fous  la  racine  de  l'oreille- 

X.  vn  rameau  de  l' exterseure  qui  entredans  la  bouche]^^ 

qui  fe  diuife  diuerfement  aux  parties  contenues  dans  U 
bouche. 

Y.  vn  rameau  externe  prés  de  la  gorgeyqui  va  aux  mufcles 

de  la  gorge  y  &  à  toutela  peau  de  la  tefie. 

.  Z.  vne  portion  du  rameau  Y*  qui  s'efpandfur  laface. 

5>.  æ.  *.  la  veine  du  front,  æ.  vne  portion  qui  ramfefut 
les  temples vn  reietton  qui  approche  de  la  peau  de 
l'occiput. 

a.  la  veine  céphalique  ou  externe  du  bras  y  que  d'autres 

nomment  humerale y  qui  naifi  quelque sf  ois  de  cette  fa- 
pon  y  mais  le  plus  fouuenty  comme  elle  efi  reprefentét 
AU  cofié  gauche. 

b.  la  mufcule  fuperieure  qui  efl  vn  reietton  de  la  Cépha¬ 

lique ,  vers  les  mufcles  pojierieurs  du  col.  . 

c.  vn  rameau  qui  fort  de  la  partie  pofierieure  de  laCepha- 

li  que  y  qui  fe  porte  à  la  pa  rtie  externe  deîefpaule. 

d.  d.  vne  veine  qui  de  la  Céphalique  va  À  lapartie fuperieure 

de  l'efpau le  au  mufcley  qui  loue  le  bras  y  &  ^  f* 
peau. 

m.  la  baflique  nommée  hépatique  au  cofié dr/iity&fpl^^'^^^ 

gauche.  ■ 

n.  vn  rameau  de  la  baflique  aux  tefies  des  tnufiltt  du 

coude. 


Des  Veines. 

>  I  U  trotte  defeendant  de  U  veine-  cAue. 

S.  U  'eetrie  a  ^ipeufe  gAuche. 

(.*  /.  les  deux  emulgentes. 

*.  îÂdipeufe  droite, 

},.  li.  les  deux  fpermAti^ues. 

^  le  commencement  du  corps  V  Art  queux. 

Us  lomkAtres  qui  vont  de  nœud  en  nœud  aux  vertehres] 

4  la  moelle  du  dos ,  aux  mufcles  qui  font  coucheTl^fur 
les  lombes  t  &au  péritoine. 

t.  Ia  bifurcation  de  U  veine  en  rumeAux  Iliaques  >  qui 
reJfembleaU lettre  A. 

et,  la  mu  feule  fuperieure  ,  vn  rameau  tranfuerfe  pour  les 
mufcles  de  Ubdomeny  ^  pour  le  péritoine, 
f,  e.  la  diuifon  de  tlliaqua  gauche  en  deux  rameaux  ^  à 
fçauoir  l'interne  ç.  &  l’externe  <t. 

T.  T*  le  reietton  externe  du  rameau  cruraUp.  difiribue'par 

les  mufcles  de  la  bouche  &  des  fejfe s. 
v.^e  reietton  intérieur  mefme  rameau  p  aux  troui  de 
l'os  facrum.  ' 

f.  les  petit  rameaux  qui  vont  aux  troua  plàs  relouez,  de 
l'os  facrum- 

X'  l'hjpogafirique  a  U  vejjie  ,  aux  mufcles  du  fege  &  au 
col  de  la  matrice i 

ÿ,  la  veine  qui  naijl  du  rameau  externe  e  qui  fe  ioinbi  auec 
les  petits  rameaux  de  la  veine  interne  près  des  trous  de 
l'os  du  fondement, 

ï  caufe  de  la  capacité  de  fa  cauité.  C’eft  la  plus  ample 
veine  de  noftf  e  corps  &  la  mere  de  toutes  les  autres  qui 
ne  vicnent pas  delà  porte,  &  fort  de  la  partie  conüexe 
^ufoycjd’où  vient  qü' Hippocrate  la  nomme  hépatique,  ‘ 

pluficurs  rameaux  cfpars  dans  la  partie  fuperieure  du 
roye  s’affemblans  en  vn  tronc  ,  qui  fc  diuife  inconti- 
•'snten  fuperieur  ou  afcendanc,&  en  inferieur  ou  def¬ 
eendant.  Q-i' H' 

be  Tronc  Afcendant  pénétre  le  diaphragme  ,  &  fe 
■  démine  par  le  Thorax  ,  le  col ,  la  tefte,  &  les  bras,  afendanr^ 
Kkk  ij 


Premier  TrmUe^ 

Cr  il  VA  fans  k  iJiuifer  iufqacs  au  goiîcr.  Ccpcn^ 
quatre  rameaux  eu  naiflent. 

Lesvtlms  1,  Le  Phrcniquc  OU  la  vcinc  diaphragmatique  y 
du  dit-  chaque  coftéqui  enuoyc  Aulfi  des  rameaux^ au  L? 

au  mcdiaftin.  [  M-  Setterims  monfttc  in' 
de!&du'  gcnicufenient  que  le  pus  aux  empyiqucs  cft  porté  paj 
mtdiAfii».  cette  veine  aux  reins  &  à  laveflic  i.  parce  que  le  puj^pç 
doit  arreflerau  bas  du  diaphragme,  i.  il  eft  facilement 

atténué  pat  le  mouuemcnt  du  diaphragme.  3.l€s  orifices 

s’ouurent  par  fon  mouuemenr,  J 

Apres  celalaveine-cauc  monte  par  le  diaphragme,  & 
perdant  le  péricarde ,  elle  fe  tourne  vn  peu  à  gauchc*& 
s’infinuc  par  vn  trou  ample  dans  le  ventricule  droit  *du 
cœur ,  où  elle  fc  ioint  de  toutes  parts  à  l’oreillette  droite. 
Or  c’eftlà  que  fc  forme 

La  veiat  ^  cinc- Coronaire  qui  cft  double  quelquesfois 

CorouAire  &  qui cnccint  la  baie  du  cœur ,  à  lorigine  de  laquelle 
du  Cœur.  Ja  n^turca  mis  vne  qui  empclche  le  rctouriu 

&AvAlvuîf,  dansle tronc.  [Or  elle  cftcontinu'é  à lartercjafin 
qu’elle  rcçoiue  le  fang  de  celle- cy  qui  doit  retourner  i 
la  veine-cauc.] 

Puis  le  tronc  afeendant  perce  derechef  le  péricarde, 
&  reprenant  fa  première  forme,  telle- qu’elle  eftoit  au 
delFous  du  cœur,  mais  plus  grefle,clle  monte  aü  gofier 
par  le  milieu  de  la  feparation  des  poulmons  (  non  pas 
dauantage  fur  les  vertèbres  du  Thorax  ,  où  font  défia 
rOefophage  &  la  trachée  j  cependant  s’engendre 
III.  La  groffe  Veine  qui  cft  au  delTus  du  cœur,  qtfon 
nomme  azygos ,  c’eft  à  dire  fans  pair ,  parce  qü’ordinaU 
rement  elle  cft  vnifue  en  l’homme  &  au  chien ,  &  en  vn 
des  coftez,  n’ayant  pas  fa  femblable  en  l’autre.  Maiselle 
cft  double  en  quelques  animaux  qui  ruminent,  comme 
au  chevres,aux  pourceaux,  d^c.  [Nous  l'auons  veue  Ibu- 
uent  double  au  corps  ,  &  vne  fois  n'en  auons  point  trou- 
ué  du  tour,  &  en  fa  place  vn  rameau  defeendoit  des 
deux  coftez  de  la  veine  fous  -  clauiere,  ] 

Elle  de  la  partie  poftcricure  de  la  veine-cauet 


*Des  Veines.  jfjfj  } 

^is  elle  defeendneantmoins  plus  vers  le  cofté  droid, 

^  par  la  cauitc  droite  du  thorax.  Elle  naift  au  contraire 
aux  bfctfis  du  cpfté  gauche  de  la  cauc ,  &  defeend  aufll 
mcfme  cofté.  Mais  en  l’homme  apres  fon  origine , 
qui  eft  entre  la  quatrième  &  cinquième  vertebre  du 
Thorax,  elle  fedeftourneVn peu  à  droite  &  en  dehors, 
iufqucs  à  la  huitième  ou  neufiéme  vertebre  du  Thorax, 
eùeliccommcnce  de  demeurer  tout  à  fait  au  milieu. 

Le  tronc  fans  pair  enuoye  des  deux  coftez  des  ra¬ 
meaux  intercoftaux  ,  aux  cfpaces  des  huièl  coftes  in¬ 
ferieures,  qui  fc  ioignent  en  quelques  lieux  deçà  de-li 
par  Jnafim»fes  auec  les  rameaux  de  la  thoracique  in- 
ferieure,  qui  naift  delà  Bafilique.  Ceft  pourquoy  il  ne  Errtur  de 
faut  pas  toufîours  ouurir  en  la  pleurefie  la  veine  du 
cofté  droit,  comme  veut  Fefaie. 

La  veine  azygos  fc  diuife  en  deux  rameaux  prés  de  ouurir 
la  hui<ftiènve  cofté.  u  fm- 

L’vn  qui  eft  quelquesfois  plus  ^rand,  monte  à  gauche  refie. 
fous  le  diaphragme  s’inferC  tantoft'aTa  veine- caue  au 

deflusouaudeflbus  des  cmulgentes,  &  quelquesfois  à  _ 
Icmulgentcmelme.  C  eft  pourquoy  les  plcunnques  le  lesfUuriti- 
purgentfouucnt  critiquement  parles  vrincs,  &  piflent  quesfepur- 
abondance  de  pus .  pur  les 

L’autre  droit  s’approche,  Sc  feioint  à  la  cane  (  rare- 
ment  àTemulgentc)  quelquesfois  au  deffus  de  l’cmul- 
gentc.  II  s’implante  fouucnt  à  ladernictc  lombaire,  & 
quelquesfois  à  la  première,  à  caufe  dequoy  on  peut  ou- 
urir  la  veine  du  iarret,au  commencement  de  la  pleurefie. 

Com  ice  ^u’Hellier  â.  jimatus ont (on^é  que  cette  duiurretefi 
veine  a  dcsvalvules  àfon  origine,  c’eftvncchofe  qui  ne  vtilehl* 
fe  trouue  pas  véritable.  C’eft  pourquoy  il  n’cft  pas  vray  pleurefie. 
auffiqucla  veine- caue  cftant  cuacuée,  la  veine  azygos 
ne  fe  vuide  pas,  parce  que  les  valvules  empefehent  qu’ci- 
le  ne  regorge.  é'de  hoU 

IV.  Il  y  a  vnc  iutercoflale  fuyerieure  des  deux  coftez  lier ,  tou- 
pui  fe  diftribuc  aux  efpaces  des  quatre  cofteslbpericures, 

»  caufe  que  l’azygos  n’enuoy c  pas  des  rameaux  à  tous  les 
•inicruallcs  des  coftes.  Kkkiij  . 


Premier  TraiSlé, 


^Brreur  de 
(eux  qui 
.^(ütiquent 
lu  médeci¬ 
ne,  touchât 
h  [aignée. 


il- 

f»ut  euurir 
la  Cepha- 
'  lique  en  la 
Céphalal¬ 
gie. 


chapitre  VI. 

De  la  Veine/oHi-clauierey^i^de  fes  rmeam^ 
comme  des  tubulaires.  ^ 

>S  T  A  Vcinc-caue  ayant  fait  les  rameaux  que  nous  auons 

-  I  .remarqué  iufqucs  icy ,  eftant  appuyée  fur  lafagouëj 
monteauxclauiculcs,oùon  croit  communément  quelle 
fe  diuife ,  comme  on  lemonftrc  en  plufteurs  figures  des 
Anatomiftesen  quatre  parties,  à  fçauoir  enfuperieure  & 
inferieure  de  chaque  codé.  D’où  cft  venue  l’erreur  com. 
mune  de  ceux  qui  pratiquent  la  medecine ,  d’ouurirfcru- 

f  puleuferaent  la  Bafilique  aux  maladies  des  parties  qui 

-  font  au  delTous  du  col,  &lâCephaliquc  àcelles  delate, 

fte.  Mais  le  C4»enefe  diuife  pas  aux  cU- 

uiculesen  quatre  rameaux ,  mais  en  deux  feulement,  l' 
fçauoir  vn  de  chaque  codé,  le  droit  &  le  gauche ,  quifont 
nommez  les  rameaux  fius-dauiersj  èc  Axillaires  pat 
quelques  vns. 

C’éftpourqnoy  il  n’importe  point  du  tout 'quelle  vei¬ 
ne  on  ouure,  la  Bafilique  ou  la  Céphalique, aux  maladies 
des  parties  qui  font  au  deffus  du  col  :  Car  le  tronc  de  la 
veine  caue  fc  vuide  aulïibien  par  l’vneque  par  l’autre, 
parce  qu’elles  Ibrtcnt  d’ync  meüne  racine.  Le  Chirurgien 

,  doit  donc  ouurir  pluftoft  la.plus  apparente. 

I  Neantmoins  aux  maladies  de  larefte,lafaignéc  delà 

,>  Cephalique  peut  feruir  vn  peu  ,  parce  qu’vn  petit  ra- 

-  meau  s’y  infere,  qui  vient  de  la  iugulairc  externe;  Ce 
que  i’ay  remarqué  plufieurs  fois  en  diuers  corps- 
morts. 

Les  fupericures  &  inferieures  nailTent  des  veines  fods- 

clauiei  cs  :  les  inferieures  deuant  &  après  la  diuifion, à  fça¬ 
uoir  quatre  deuant  la  diuifion, 

L.  La  Mammaire  (dont  l’origine  cft  neantmoinsfou- 


Des  Veines]  44 j 

lient  aiucife  )  qui  qucl^jwesfois  vne  de  chaque  côité.éc 
compagne ,  &  qui  defeendaux  mam- 
^elUs,  dont  nous  auons  fouuent  fait  mention.  Cclie-cy 
feiointquelquesfoispar  anaftomofe  auec  l’cpigaftriquc 
fous  les  uiufcles  droits  de  r Abdomen.  A* 

II.  La  ^f<!//<*/i»equivaau  mediaftin  &  âlâ  Fagouë. 

III.  La  CeruieaU  pour  les  mufcles  qui  font  couchez 
fur  les  vertébrés,  &  pour  la  moelle  cCpinierc  du  col. 

IV.  La  Mufcffle  'wferieure  ,  pour  les  mufcles  infe¬ 
rieurs  du  col,  &  les  (üperieursdela  poiârine.  Cè^lc-cy 
naiftaufliquclqucsfois  de  la  iugulaire  externe.  ^ 

Le  tronc  eftantforty  delà  cauité  du  Tho¬ 

rax,  fe  nomme  alors  proprement  axillaire,  &  les  deux 
fcapulairesnaiffent  de-làpar  les  mufcles  internes  &  ex¬ 
ternes  de  1  oihoplate ,  &  pour  les  glandes  des  ailTcllcs. 

Après  cela  l’axillaire  fb  diuifc  en  deux  rameaux,  le  fupe« 
rieur  ou  la  veine  Céphalique, &  l'inferieur  ou  la  Bafilique, 
comme  nous  dirons  a\x  Chapitre  fuittant  des  veines  du 
bras. 

Mais  apres  la  diuifion  de  Taxillaire  ,  deux  veines  naif- 
fcntdu  tronc  de  la  bafilique  ,  ce  qu’il  faut  remarquer 
pour  lafaignce  en  la  picurefie. 

I.  La  Theraci^ne  Juperieure  qui  va  aux  mufcles  cou¬ 
chez  fur  la  poitrine  &  lesmammellcsdes  femmes. 

IL  IMuferiehre  (  qui  naift  quelquesfois  de  la  Tho«  * 
racique  fupcricurc)  qui  rampe  par  toutle  cofté  du  Tho¬ 
rax,  dontles  rameaux  fe  joignent  pAt  Aaaftomofes  auec  Anx^dwe- 
les  rameaux  de  la  veine-azygos  qui  fortent  hors  du/*^- 
Thorax. 

^A  Mttfcule  naift  premièrement  de  la  partie 

fuperieure  du  tronc  fous-clauicr, près  de  la  iugulaire  ex¬ 
terne,  pour  la  peau  de  les  mufcles  de  la  partie  pofte- 
rieure  du  col. 

Puis  les  Veines  iugulaires  ainfi  nommées,  parce  qu’ci-  ^our<ii4ty 
les  montent  augofier  vers  les  coftczducol ,  &:  font  in- 
ternes  &  externes.  \infi  nom~ 

^  Externe  cft  quelquesfois  double  au  commencement  mées. 


44S  Premier  TrdBé^ 

ou  au  milieu  ,  &  rampanç  fous  la  peau  en  haut  «n 
pouruoit  aux  parties  externes  de  la  tefte ,  de  U  face  d 
col&  de  la  gorge.  Car  elle  fe  diuife  fous  la  racine  d'^ 
l’oreille  en  TAmean  extérieur  &  intérieur.  L'Interne  \\ 
auxmufclesdela  bouche,  de  la  gorge  ,  de  l’os  hyoid/ 
&c.  L'Externe  eftant  appuyé  fur  des  glandes  audeffbuj 
de  l’oreille,  fe  fend  en  deux  branches,  dont  l’vne  va  aux 

parties  anterieures  de  la  face,  au  nez  &  aux  iouës ,  & 
fait  au  milieu  du  front,  eftant  iointe  auec  le  rameau  de 
l’autre  coftéi  la  veine  du  front  qu’ona  acouftumé  d’ou, 
urir.  L’autre  va  aux  temples  &  au  derrière  de  la  telle" 
parlecofté.  [  Le  iudicieux  ,  ouure  cette  veinc- 

auec  grandfuccezaux  douleursdelateftcà  l’enrouciiee 
à  la  difficulté  de  refpiration,  à  la  pleurcfîe,  aux  douleurs 
de  Rate, aux  dartres,  à  rcrquinance,&,,  comme  i’ay. 
vcu,aux  varices  de  la  face.]  Ce  pendantees  rameaux  fc 
tneflent  diuerfementà  laface,  &aufommetde  lateftc. 

La  iugplairc  interna  cft  plus  grande  en  l’homc  qu’aux 
bcftcs,à  caufe  qu’il  a  le  cerueau  plus  grand  Onlanorui 
me  jipofleBique  ,  &  monte  au  cofté  de  la  trachée,  1 
qui  elle  enuoyc  des  reiettons  :  Et  puis  touchant  à  la 
bafe  du  crâne  à  la  partie  pofterieure,  elle  fe  diuife  en 
deux  rameaux  ;  l’vn  plus  grand  fc  porte  Cn  derrière 
auec  le  plus  petit  rameau  de  l’artcre  carotide  par  le  trou 
de  l’os  de  l’occiput ,  qui  a  cfté  fait  pour  la  fixicme 
paire  des  nerfs ,  &  entre  dans  le  ftnus  de  la  dure.me. 
re  ;  l’autre  plus  petit ,  entrant  par  le  trou  de  la  troi-x 
fiéme  &  quairicmc-paicc,fcpctd&  fc  canfutnedan&Ia 
durc-merç.  ' 


chapitre 


Dis  Vilnesl 


449 


w 


chapitre  vil 

Des  peines  y  des  T  ras ,  des  M  ainsi 

La  Veine  Axillaire, comme  nous âuons  remarque  am 
Chapitre  precedent,  fe  diuifeà  la  telle  du  bras,  cti 
deux  rameaux  confiderableSjà  fçauoirle  fupericur  plus 
petit ,  ou  la  veine  Cephâlttjue ,  &  l’inferieur  plus  grand, ou 
la 

Le  fu^eriettr  fe  nomme  la  veine  humerait  inferieure  dtt 
mis.  Céphalique  ou  Capitale,  parce  qu  onaaccouftjumc 
de  l’ouurir  aux  maladies  de  là  tefte. 

Elle  aux  belles  de  la  iugulairc  externe,  &  en 
l’homme  toujours  de  raxiUairCj  de  telle  forte  neant- 
mpinsquVn  petit  rameau  court  de  laiugulaire  externe, 
s’infcre  à  la  Céphalique. 

Elle  fe  porte  iufques  à  la  fuperficie ,  entre  la  membrane 
charnue  &  la  tunique  des  mufclcs. 

Son  rameau  externe  on  nomme  la  corde  du  bras  ^  fe 
ioindau  milieu  du  carpe,  au  rameau  de  la  Bafilique  par 
lapartie  inferieure, &  puis  montant  furlefîege  externe 
du  carpe,  &  marchant  entre  le  doigt  annulaire.  Sc  ie  plus 
petit  fe  nomme  la  Saluatellc ,  qui  ell  le  des  Arabes, 
dont  ils  recommandent  la  fedion  à  la  main  gauche  ,  & 
d’autres  auffi  encore  s  auiourd’huy  contre  les  maladies 
melancholiques,[  contre  les  fievres  aigues, 6c  les  tiercesî] 
Mais  en  vain,  &  fans  aucun  fondement,  [comme  /. 
Sjlnaticus  a  fait  voir  dans  vnLiurc  particulier,  &  depuis 
peu  Seuerinus  ] 

Ils  veulent  que  le  Rameau  interne  delà  Céphalique, 
foiteeluyqui  confticuë  la  médians. 

LaBaliliquc,que  d’autres nomment/Vw/^r^tf  //#  coude, 
^■Ep<ïr/y«fOulaIecoraire,  &c.  Parce  qu’on  a  de  coullu- 
l’ouurir  aux  maladies  du  foye  :  Mais  ilslanom*- 
LU 


4S0  Premier  TralBê\ 

ment  fpleniqHe  au  cofté  gauche  ,  parce  qu’on  recomm  ^ 

de  de  rouurir  aux  maladies  de  la  Rate. 

‘Mais  les  Chirurgiens  daiuent  prendre  garde  à  la  f 
ftionde  cette  veine  v  de  u’olFenfer  pas  le  nerf  qui  p/’ 
compagne,  parce  que  fa  blcffeure  cauferoit  des  grande' 
douleurs,  la  fievre,  les  convulfions  ,  &  enHn  \l  taon 
[llyaaufli  dès  arteres  fubiacentes  qui  cauferoient  l’ai 
.  neuritme & themorragie,  s’ils  elloient  bleflés.  ] 

Cette  veine  fe  duiile  en  plus  grand  nombre  de"^ reiettons 
.que  la  Céphalique  :  Elle  fe  fend  en  trois  rameaux  foush 

,  tendon  du  mulcle  pedoral 

Le  1,  fe  por  ce  auec  le  nerf  du  bras,  que  l’on  tient  pour 

le  quatrième. 

U.  Le  moyen  &  le  profond  qu’on  dit  eftrc  dluifc  en 

rameau  externe  &  interne  au  délions  de  l’articulation  du 
coude  ,  qui  s’éloignent  peu  l’vn  de  l’autre.  Celuy  U 
pouruoitaupoulcc  ,àrindice&  au  moyen,  &  auffiaux 
mufcles'cxternes  de  la  main.  Etceluy-cy  eftant  cftendu 
furlemilieu  del’os  du  coude,  fournit  àl’annulairc,  &au 
petit  doigt,  &  auffi  aux  mufcles  internes  de  la  main. 

III.  La  foufeutanéc  à  la  tuberofîté  interne  du  bras  fe 
diuife  en  rameau  anterieur  &  poftcrieuc  :  Ccluy*cy 
defeend  fous  le  coude  près  du  petit  doigt,oùilfeioinâ; 
auec  le  rameau  de  la  céphalique.  Cclaiy  U  cependant 
qu’il  fe  porte  par  le  coude,  fait  vne  ycinc  confidcrablc, 
.qui  vaau carpe  tantoft  tout  droit  &  quelquesfois  obli* 
.quement;  Puis  fe  traînant  par  le  coude  auec  le  rameau 
interne  delà  cephalique,  contlituëfous  le  pli  du  coude, 
^vne  veine  commune,  qu’on  appelle 

La  Médiane  ,  &  Ankeme  la  noire  ;  Elle  fe  nomme 
moyenne  à  caufe  de  fa  fituation  ^  On  l’ouure  fouuent 
-fans  danger  ,  parce  qu’il  n’y  a  point  de  nerfs  fous  elle* 
[Mais  leulement  le  tendon  d’vnmufcle.]  llfort  dçpctw 
veine  ou  plutoft  de  la  partie  de  la  bafilique»-drt5u  naitt 
la  Mcdianc,  vn  rameau, qui  fe  diuifant  fur  le  rayon 
gendre  vn  reietton  extérieur  entre  le  poulce 
.que  quelques  vns  appellent  la  Cephaliqne  ,  & 


T>es  Veines. 


^51 


comme  Munàinui  ]  S-AlmtelU  :>  Et  vti  autre  intérieur 
entre  le  doigt  moyen  &  lannulairc ,  &  quelqiiesfois  en¬ 
tre  le  moyen  &4’indice  ,  qui  cft  félon  quelques  vns 
r  comme  Rhafis  ]  leSieled'^uicenne,  [ou  plulloft^ei/e»;, 
comme  parle  Auiceme.  ] 

j^ais  ilfautremarquertouchantladiftributiondeton-  VArUtlon 

tes  ces  veines ,  qu’elle  eft  diueife  en  diüers  fuiets  ,  & 
qu’elle  fc  trouuc  rarement  d’vne  mefme  façon  en  deux  ^ 
Hommes  ,  mefmes la  main  droite  dVn  mefme  homme  fe 
troüue  rarement  conforme  aucc  la  gauche  :  Elles  font 
âHifi  differentes  en  grandeur  en  diuers  hommes. 


CHAPITRE  VIII. 

Bu  Tronc  defeendant  de  la  Veïne-caue ^ 
iufciues  aux  iamhes. 

Le  Tronc  inferieur  ou  Defeendant  de  la  vcine-caue  ' 
qui  fort  du  foye,  &  qui  nourrit  plu  fleurs  parties  fu- 
peneurcs.eft  plus  eftroit  ,  &  cflant  accompagné  infe- 
parableraent  de  la  grande  arrere  ,  s’en  va  iufques  à  la 
quatrième  vertebre  des  lombes.  Cependant  il  refpand  - 
les  reiettons  fumans. 

l.  LesAdipeufes  pour  la  tunique  des  reins  &  la  graif- 
fcjdont  la  gauche  eftle  plusfouuent  fupcrleurc. 

II.  Les  Eraulgentes  qui  defeendent  aux  reins  par  vn 
chemin  court  6c  oblique ,  &  quelqucsfois  auec  vne^ 
triple  origine  ,  qui  portent  le  fang  à  part,  de  la  vcine- 
caue  aux  reins. 

lll.  Les  fpermatiques  dont  nous  auons  parlé  au  pre¬ 
mier  Uure. 

IV.  Les  lombaires  qui  font  tantoft  deux  &  tantoft 
*fois,&fe  portent  entre  les  quatres  vertébrés  des  lom¬ 
bes.  QnelijHes-vns  cfcriuent  qu’ils  ont  remarqué  qu’il 
fort  de  ces  veines,  deux  autres  qui  montent  entre  les 
LU  ij  vertébrés 


40 


T>ti  Veines, 

Explication  de  la  Figure. 

ix  plus  grande  partie  <lu  tronc  defccndantdela  veinc- 
cauc  qui  edant  ioinâic  à  la  figure  precedente , 
la  reptcfcnte  entière. 

ft.^ne  veine  ^ui  ayant  page'  l’os  pubis ,  diflribue  vn  ror 
meau  pour  la  cauite'  de  la  hanche  ^  les  mufcles  dt 
celieu> 

«.  vn  autre  petit  rameau  qui  entre  dans  la  peau  au  Jîege  in¬ 
terne  de  la  cmjfe. 

A.  la  henteufe  qui  va  de  trauers  aux  parties  génitales. 

0.  la/aphene  f  ou  la  vetne  du  malléole  ,  ou  le  rameau  in¬ 
terne  du  tronc  crural ,  qui  rampe  feus  la  peau  par  Un» 
teneur  de  la  iambe,  iufquesÀ  C extrémité  des  doigts. 

A.  le  premier  reietton  intérieur  de  lafaphene  ,  qui  fepre- 
fente  au  fiegedes  aines. 

g,  vn  retetton  extérieur  delà  faphene  qui  fe  diflribue  a  la 
partie  anterieure  de  la  région  de  la  cutjfe  lapeau  eu 
dehors. 

n.  le fécond  reietton  de  la faphene  au  premier  mufcle  du  t  ibia. 
&  au  iarret. 

S.  letroifléme  reietton  de  la  faphene  a  la  peau  de  la  rotule, 
le  quatrième  reietton  de  la  faphene,. qui  en  refpand  d'au¬ 
tres  en  deuant  &  en  derrière,  quonpeut  ouurir  quel- 
-quesfois. 

‘ü'.  Jl  fort  de  celuy-cy  des  rameaux  vers  le  flege  anterieur 
.  du  malléole  interne ,  aux  parties  fuperieures  du  pied^ 
&  prefquea  tous  les  doigts. 

ïi.  Upetite  feiatique  eu  la  Mufcule  interne qui  efl  vu 
rameau  extérieur  du  tronc  crural ,  pour  les  muf  des 
de  la  hanche  &  la  peau  de  ce  It eu, 

l.  1.  celle  cy  i- fe  peut  appeller  mufcule  extérieure  &  plus 
petite  pour  quelques  mufcles  du  tibia  &  i.interne,plus 
grande  dr  plus  profonde  ,  pour  les  mufcles  de  la  cuijfe, 

3*4.  4.  la  Pophtee  fe  forme  de  deux  rameaux  cruraux  ^ 
jquon  ouuroit  fouslegenoml, 

L  U  iij 


4  /  4  Premier  T raiSiê , 

5 .  Il  fort  de  celle-ey  vn  rameau  qui  s’efiend  en  haut  \  / 

peau  de  la  cutjfe.  * 

6.  Mais  la  plus  grande  portion  fi  porte  fous  la  peau  par  / 

pli  du  geno'ml  tufques  a  (os  du  talon,  * 

7.  ç^a  la  peau  du  malléole  externe, 

S.  le  concours  de  la  •veine  Surale  ç^dela  Saphene  )pres 
quel  fi  fait  fiuuent  la  faignee  au  dos  du  pied. 

5.  la  diuifon  de  la  furale  en  tronc  externe,  i},  ^  g„ 
terne  lo* 

10.  il.  le  rameau  interne  de  la  furale  fi  porte  par  U  cauiti 

pofierieure  de  la  iamhe, 

11.  vne  portion  de  ce  rameat*  >  qf*i  sefiend  fuiuant  le  feee 
poflerieur  du  malléole  interne  iufques  au  cofié  interne 
du  pied. 

13.  le  rameau  externe  ^plus  ample  de  la  fur  ale  qui  fi  di- 
flrihui'  incontinent  en  deux  autres  reiettons  inégaux. 
14,15.  defeendant  le  long  du  fege  externe  du  tibia 
iufques  aux  parties  fuperieures  du  pied,  fe  fende»  di. 
uers  rameaux  ,  ^  fi  îpejle  auec  la.  faphene  au  du 


16.  vn  autre  reietton  qui  fort  du  tronc  delà  furale  &  qui 
fi  porte  par  les  mu  files  du  gras  delà  tamhe. 
ty.  vn  reietton  qui  fort  de  celuj  cy  (Sr  qui  fi  porte  aux 
parties  fuperieures  du  pied  ,  donne  deux  branches  à 
chaque  doigt 

18.  la  commijfion  de  la  faphene  auec  le  rameau.  15.  de  h 
furale. 

ip.  (ordre  &  la  continuation  des  .veines  aux  doigts. 

vertébrés  des  deux  codez  le  long  de  la  moelle  de  Tef- 
pine  au  cerueau.  D’où  ils  tirent  cette  conicdurc  qu’vn® 
portion  de  la  matière  feminale  découlé  du  cerueau. 

Apres  queccs  veines  font  faidcs ,  le allant  à  l’os 
factéjfe  met  àla  quatrième  vettebre  des  lombes  deflbus 
l’aorte  jau  delTus  de  laquelle  il  cftoit  auparauantj&  1® 
diuifi  en  deux  rameaux  égaux  appeliez  Iliaques  * 
que  marchans  fur  l’os  llion  &  dut  pcnil,il  vont  auxiabes. 


Des  VemeS.  455 

Il  naifi  deux  veines  près  de  leur  diuifion  :la  mufcule 
f^beriettre  pour  le  pcruoine  5e  les  mufcles  des  lombes 
^ de  l’Abdomen  ,  &  la  facrée^  qui  cft  tantoft  fimple  & 
tanioft  doublé  pour  la  moelle  de  l’os  faciv. 

j^pres  quoy  le  rameau  Iliaque  fc  fend  des  deux  coftez 
en  extérieur  plus  grand  5i  intérieur  plus  petit. 

peux  veines  naîlTenc  de  rintcrieur  :la  mufcttle  mojenm 
par  dehors  pour  les  mufcles  qui  font  placez  auliegc 
extérieur  de  la  hanche  5c  pour  la  peau  des  fclfes  -,  & 
qui  cfl:  confiderable  &  quclquesfois  dou¬ 
ble  pour  plufieurs  parties  de  l’hypogaftre  .comme pour- 
les  mutcles  du  Redum ,  d’où  viennent  les  hemorroides 
externes ,  pour  laveffie  5c  Ton  col,  pour  le  membre  viril 
&  pour  le  fiege  inferieur  ôc  le  col  de  la  matrice.  D’où 
fortent  les  veines  par  lefquelles  les  vierges  5c  les  fem¬ 
mes  enceintes  ont  forment  leurs  purgations.  Quand  co 
rameau  cft  ioindauec  le  rameau  crural  interne,ilceirc. 

Trois  veines naiftcnt de  l’cxtcricur,dcuxdeuant  qu’il 
forte  dù  péritoine ,  &  vn puis  apres :1a  i.t^VEpgafiri- 
pe  (  elle  naift  rarement  de  la  crurale  )  la  plus  grande 
partie  delaquelle  monte  au  péritoine  Ôc  aux  mufcles  de 
l’abdomen,  fous  ks  mufcles  droidts  iufques  aux  mam¬ 
maires  ,  aufquclles  elles  fc  ioignent  fouuent  près  dm 
nombril.  , 

II.  Lü  hoMteufe  pour  les  parties  honteiifes  auxhom- 
ines  8c  aux  femmes,  elle  va  tranfverfalcment  au  milieu 

•de  l’os  pubis. 

III.  La  mafcHle  inferieure  paflTe  le  fiege  de  l'article  de 
la  hanche,  pour  les  mufcles  5c  la  peau  de  ce  lieu. 

Apres  cela  fcs  rameaux  fc  nomment  cruraux. 


Premier  TralBét 


CHAPITRE  IX. 

&  Dernier. 

Des  Veines  Crurales, 

LEs  Veines  Crurales  comme  auffi  les  artères  &  les 
nerfs  qui  paifcnt  cnfembic  ,  font  entretilTucs  de 
pluficurs  glandes,  au  pli  de  la  cuilTejpour  les  rendre  plus 
fermes:  En  fuite  fix  rameaux  naiffent  de  la  crurale  des 
deux  coftez. 

I.  La  Saphene  [  ainfi  nommée  à  caufe  qu*elle  cft  la 
plus  apparente  des  veines  du  pied  ]oula  veine  du  w<j/- 
/w/e,qui  eft  longue  &  infigne.  Elle  fe  porte  fur  le  collé 
l’interne  de  la  ïambe  aucc  le  nerf  qui  l’accôpagne  entre 
la  peau  &  la  membrane  charnue  vers  le  gcnoiül,&par 
la  partie  interne  du  tibia  ,au  malléole  interne  :  Et  puis 
fe  diftribuc  diuerfement  aux  parties  fupericures  du  pied 
vers  les  doigts ,  principalement  au  poulce.  On  ouurc 
cette  veine  près  du  malléole ,  aux  maladies  de  la  matri¬ 
ce,  &  fur  tout  en  la  rétention  des  mcnftruës  [  &  cn 
la  gonorrhée.  Or  il  la  faut  ouurir  où  elle  cft  plus  ap. 
parente, fou  au  dosdu  pied  ou  à  cofté.] 

II.  La  Petite  Sciatique  cft  pppofée  i  cclle-cy.  Car 
c*cft  vn  rameau  extérieur  &  court  de  la  crurale  j  Eli® 
fe  porte  en  dehors  &  de  trauers  à  la  peau  delà  hanche 
&  aux;mufcles  de  ce  lieu. 

III.  La  .Æ/«yf«/c  naift  du  tronc  qui  cft  caché  cntrclcs 
tnufcles:  C’eft  vn  double  rameau  &  infigne  quife  di¬ 
ftribuc  entre  Icsmufcles  fituez  à  lacuiflc. 

IV.  La  Poplitée  fefait  de  deux  rameaux  cruraux  méf¬ 
iez  ,&  eftant  cachée  fous  la  peau,  marche  potlcricurc- 
ment  par  le  milieu  du  pli  du  iarrec,  iulques  à  l’os  do 
talon ,  6c  quclqucsfois  à  la  peau  du  malléole  externe. 
On  croit  coramuncraent  que  les  anciens  ouuroient 
-  fouuent 


F  Dts  Veines.  45^ 

fouacnt  cette  veine  fous  le  genoüil.-Mais  puis  quelle 
eft  fort  profonde  &  qu’on  ne  la  voit  pas,  il  faut  croire 
'  qu’on  ne  peut  pas  l’ouurir ,  6c  que  ce  n’eftoit  pas  peut- 
xftre  la  vei'tre  poplitée,  fur  tout  puis  que  Galien  en  par¬ 
le  diuerfement;  en  la  defeription  qu’il  en  fait,  &  qu’il 
larnet  tantoft  auiarrct,&  quelqucsfois  près  du  iarret^ 
!  tantoft  au  gcnoüil  &  quciquesfoisfous  le  genoiiil  II  a 
'  peut-eftre  entendu  la  veine  du  malléole  ,  qui  defeend 
obliquement  à  la  tuberofité  interne  du  tibia  ,  6c  eft  en 
cffcét  alTf  Z  appaiente  fous  legenoüii.  * 

V.  Lafurale  quieft  vne  grande  veine.  Elle  fe  diuife 
en  rameau  extérieur  plus  petit,  &  en  intérieur  plus  grand, 

1  &deicchef  chacun  d’eux  en  externe  &  interne.  Elle  fc 
diftnbuë  parles  raufclcs  du  gras  de  la  iambe.  Elle  fait 
'  furie  dos  du  pied  lemellantauec  les  rameaux  de  la  po¬ 
plitée  ,  ce  diueis  entrelaflement  de  veines  qui  paroift 
■  fous  la  peau. 

I  VI.  La  grande  feiatique  fe  donne  en  partie  auxmul. 

des  du  gras  de  la  iambe,  &  puis  feconfume  en  dix  re- 
-  lettons,  en  donnant  deux  à  chaque  doigt. 

Quant  à  toutes  ces  veines  .  il  faut  remarquer  i.  Q£C 
I  tous  ces  diuers  rameaux  enuoient  dehors  des  reiettons 
àlapcau,  qu’on  nomme  cutanées, 

2.  tous  CCS  rameaux  ne  fetrouuent  pas  d’ vne  raef- 
mc  façon  entousles  hommes ,  comme  nous  auons  dit 
I  parlant' des  bras.  Et  que  les  veines  ne  gardent  pas  le 
I  mefmc  chemin  6c  la  mefmc  continuation  aux  pieds 
d’vne  mefmc  perfonne. 

I  h  Qj^il  ne  faut  choiftr  fcrupulcufement  les  veines^ 
mcfines  en  la  faignée  de  celles  du  pied ,  puis  qu’elles  de- 
tiuent  toutes  d’vn  mefmc  tronc. 


M  m  m 


SECOND  TRAICTE’ 

DES  ARTERES 

Refpondant  au 

LIVRE  SECOND 

1De  la  Moyenne  Cauité  ou  du 
T' borax. 


CHAPITRE  L 

IDes  Arteres  en  General. 

«’Artcrccftainfi  nommée  par  les  Grecs,' 
parce  qu’elle  contient  &  conferuc  l’air 
oul’crprit:  Les  Anciens,  comme  Hip¬ 
pocrate  ,  P.lato»  Sc  Hrifiote  appelloient 
artere  K  Jijjletdft  poulmor  y  <\n  Hippocratt 
a  aufli  nommé  h  grande  artere,  Galien 
fait  cette  diftiruftion ,  il  appelle  afpie-artere  lefifflet  du 
poulmon ,  &  nomme  attetes  polies  ,  celles  dont  nous 
pat  Ions,  qü’ Hippocrate  nomme  petites  artei-cs,&  Jrifiote 
tantoft  veine  aorie ,  &  quelquesfois  fimplement aorte. 

fi  ce  Or  r  Artere  proprement  prifeeft  vne  organe  coniinun, 

rtere,  Eond  en  long,  oblong,  creux,  comme  vneflafte,compofc 
d’vne  double  tunique,  qui  lort  du  cœur,  &  qui  cft  propre 
pour  porter  le  fang  &  rcfpnt  vital, 

Sacaufe  ej^ciente  cii  vne  vertu  particulière  propre  pour 


Des  Arteres]  4/^ 

engendrer  les  ancres  ,  qu’on  peut  appclier  ancrifi. 

La  Matière  dont  elle  fe  forme, eft  la  femence  glutineu- 
fe,  &  pins  froide,  félon ///ppocrrffe,  qui  eft  fon  principe 
d’origine. 

Le  cerneau  n’èneft  pas  le  principe  de  difpenfation,  Em»r 
comme  Pelop  Précepteur  de  Galun  a  eftimé  ,  mais  le  i'knptù 
cœur,  ruiuanc  le  confentement  de  tous  les  Philofophes 
^  Médecins.  Les  arrêtes  ne  naiflent  pas  de  ce  ventricule 
fCioytr\cp  Arifigte  ^  feint,  &  qu’il  s’eft  imaginé,  d’où  il 
veutqueforteraonejmaisdu  gauche  Par  ainfî la  grande 
artere  naiit  du  cœur ,  comme  aufli  l’artere  veineofe  & 
la  veine  arterieufe  ;  Mais  celle-cy  vient  du  ventricule 
droit, dont  nous  auons  parlé  au  lime fécond- 
hzfn  ou  l'vfagei.  Elles  portent  comme  des  canaux.Ic 
fang  &  l’elprit  vital  ou  arterieux,  qui  aefté  fait  au  cœur 
(cari’efprit  n’eft  pas  feul  dans  les  arrêtes  fans  fang)  à  tou¬ 
tes  les  parties  :  I.  pour  leur  donner  la  vie  ou  la  faculté  vi¬ 
tale,  afin  que  l’erprit  vital,  &  la  chaleur  naturelle ,  qui  eft 
dans  les  parties ,  ibic  conferuée  &:  entretenue  2.  afin  que 
refpnt  animal  foit  engendré  au  noble  ventricule  de  la 
moelle. 

1.  Par  leur  battement  &  leur  pouls  continuel,  elles  ont 
cét  vfage,  i.  afin  que  la  chaleur  naturelle  des  parties  s’e- 
uentejferefroidifte  &:fetempcrc,&  que  par  ce  moyeu 
le  tempérament  de  la  chaleur  foit  conferué.  Ce  qui  fe  fait 
par  l’air  ,  attiré  en  la  dilatation  des  arteres,  à  caufe  du 
vuideiEtmefmes,  afinqucle  fang  des  veines  aufquelles 
elles  fon rioin CCS,  nefe  repofe&nefe  corrompe, comme 
les  eaux  croupilFantcs  des  eftangs.  i.  afin  que  lors  quel¬ 
les  fe  refterrent  ,  elles  expriment  les  fuliginofitez  qui 
S’engendrent  des  humeurs. 

Ce  mouucment  des  arteres  qu’on  appelle  Pouls,  n’eft: 
pas  caufé  par  vnc  faculté  qui  foit  dans  les  arteres,  comme 
^raxagorAs  di'^oyiXxx^  ny  auflî  par  la  ferueur  du  fang, 
comme  yfr/;/?ofrapenfé.  Car  fi  cela  elloit,les  arteres  vol- 
fines  du  cœur  fe  dilateroient  plutoft  ;  mais  par  v  ne  facul-  /,  ^ohU.  . 

Mm m  ij 


460  Second  TraîBè, 

té  qui  clecoiilc  du  cœur  dans  les  tuniques  dei  ancres  -  ' 

cft  puis  après  excitée  par  l’efprit  contenu  dans  la  cay,^ 
desartcres.  Car  vnc  partie  del’artere  eftant  interceptée 
par  quelque  lien, ne  fe  meut  pas  au  delTous  de  luy, 
ce  qu’on  l’ait  ofté.  loint  que  les  arteres  fe  dilatent  &  fç 
relTcrrent,  félon  la  conftriétion  &  dilatation  du  cœur 
Comme  cela  fevoid,  appliquant  vne  main  àla  région  dû 
cœur,  &  l'autre  au  carpe,  &  en  la  dilfeélton  d’vn  animal 
viuant,  [  &  aux  blelTeures  du  cœur,  &  des  artères.  ]  C’eft 
pourquoy  bien  trompé,  quand  il  a  dit  que 

les  arteres  fe  reilcrrcnt,  lors  que  le  cœur  fe  dilate,  &  au 
contraire. 

La  ferme  paroift  par  les  accidens,  encore  que  l’arae 
foitla  forme  fubftanticlle  de  rartere,  aufli  bien  que  de 
tout  le  corps, 

•  ‘Sa  fituatien  efl;  plus  profonde  &  [  toujours  ]  fous  les 
veines,  afin  qu’elles  foient  en  plus  grande  feuretc,[&  ce¬ 
la  non  feulement  aux  parties  externes,  mais  auffi  aux  in¬ 
ternes,  fi  vous  en  exceptez  l’abdomen  v-n  peu  audelTous 
des  reins:  car  après  que  la  vcine-caue  &  l’aorte  quidc- 
feendenr  du  diaphragme,  ont  pafle  la  région  des  Reins  ,Ia 
cafie  fe  plonge  fous  l’aorte  par  toute  la  région  des  Iles, 
iuûues  à  ce  qu’elles  forcent  de  l’Abdomen  :  car  alors l’ar- 
teie  fe  cache  derechef  fous  la  vcinc-cauc,  de  quoy  Plem‘ 
|)/«j  s’imagine  cette  raifon ,  parce  qu’il  feroit  à  craindre 
autrement ,  à  caufe  que  le  corps  fe  plie  fouucnt  en  cet  en¬ 
droit, que  la  veinc-caue  qui  n’aqu’vne  firriple  tunique, ne 
pourroitpas  rcfifterà  ce  mouuement.] 

Lz grandeur  eft  aifez  confidcrablc  :  mais  la  plus  grande 
partie  de  l’artcrecftladefccndantc,  delà  plus  petite  la- 
feendante ,  à  caufe  du  plus  grand  nombre  des  parties  in¬ 
ternes. 

Le  nombre  eft  plus  petit  que  celuy  des  veines. 

Ufig  \Hre  eftfemblablc  à  celle  d’vn  canal,ou  d’vn  tuyau? 
c’eft  à  dire  qu’elles  font  rondes  &  longues. 

Quant  aux  orifices  ^  quelques  arteres  fe  terminent  aux 

wucltins,par  le  moyen  defquellcs  fefait  l’attraélm  Ô£  1  ex- 


f  Des  Artères. 

'  :  les  orifices  des  autres  abàutiffent  k  la  peau ,  par 

giil’air externe  ell;  attiré  ,&  les  fuliginofitez  font  chaf- 
fées.  [  Plateyfts  a  afleurc  qu'elles  ne  s’infetent  pas  aux  os, 
piais  a  remarqué  à  Padoué  en  vne  grande  carie 

Je  l’os  tibia,  que  la  fubftance  de  l’os  eftoic  percée  par 
ype  petite  artere.  Ce  que  Arijiote  auoit  peut-eftre  veu 
aufli  5  altérés  aboutiffcnc  à  vne  partie 

folidc.  ] 

plies  font  couuertcs  quelqucsfois  comme  les  veines 
d’vue  eCpaifCe  ôc  commune, qui  vient  despar¬ 

ties  voifincsj  quand  elles  font  hors  des  vifccres  &  des 
mufcles.  Ces  arteres  qui  ont  vne  membrane  coniointe  >?» /«  arn 
qui  reçoit  les  nerfs,ontfentimcnt.  D’où  vient  que  Galie»^^.^ 
dit  que  le  pouls  s’enflamme  &  que  l’arterefent  &  a  dou- 
leur  [  ce  qu’vn  certain  a  expérimenté  à  Padou’é  à  vne 
artere  interne ,  qui  mourut  d’vne  grande  douleur, à  l’en¬ 
tour  des  lombes ,  &  qui  engendroit  des  pierres  comme 
des  ongles  dans  les  arteres  lombaires'.  ]  Mais  les  autres 
arteres  n’ont  point  defentiment. 

La  fuhfiancc  des  autres  eft  membraneufe ,  afin  qu’elles 
puiffent  le  dilater  &refferrer  plus  que  les  veines, 
î’a  Creuë  cartilâgineufe  ,  parce  qu’il  a  remarqué  qu’elle 
dégénéré  en  vne  fubftance  ofleufe  ;  Ce  que  Feslingius  a 
auiîi  veu  en  la  grande  artere  au  dcffiis  des  valvules  près 
du  cœur  d’vn  vieillard.  Toutesfois  Celombm  ertfeigne 
que  plufieurs  parties  non  cartilagineufes  dans  lefeptura 
du  cœur,  fe  changent  en  os.  ]  Mais  elle  cft  compoféc 
de  deux  tuniques  particulières. 

I.  L’Exterieure  cft  déliés,  molle  84  rare,  comme  la  tu¬ 
nique  des  veines. 

II.  L’autre  interne  cft  denfc  ,  dure  &  fort  efpaifTc,  ï 
fc^uoir  cinq  fois  plus  que  la  tunique  des  veines:  D’où 
vient  cpiHerophile  a  dit  que  les  arteres  font  fix  fois  plus 
cfpaiflés  que  les  veines  ,  afin  qu’elles  ayent  alTez  de  force 
dans  le  mouuement  perpétuel,  &  aufli  afin  que  le  fang 
fubtil,  fpiritueux  8c  vaporeux  contenu  dedans,  ne  s’e- 
uaporc  8c  ne  s’exhale  promptement. 

Mmm  iij 


i  Second  TraiElé^ 

Catien  adiôufte  vnc  troifiéme  tunique  en  UfupçjC  . 
interne,  quieft  fcinblablc  acaulc  de  fa  fubnhté  aux 

les  d’araignée,  6c  qui  paioift  aux  grandes  artères  presse 
leur  origine. 

C  H  A  P  I  T  RT~Tir^ 

DuTronc  ajeendant  de  la  grande  artere. 

LAdiftribution  desarreres  qui  accompagnent  prefqtîc 

toufiours  les  veines,  fera  plus  aifée  Ôc.jplus  courte 
parcesque  celle  des  veines  a  efté  défia  expliquée  cy-delTus' 
La  grande  ou  groffe  artere,  mere  de  toutes  les  autres' 
fort  par  vu  ampleorifice ,  du  ventricule  gauche  du  cœur* 

où  elle  engendre  dans  le  péricarde,  l’ Artere 

Coronaire  qui  euuirone  la  baie  du  cœur ,  &  qui  efttan. 
toft  fimplc&  tantoit  double: Puis  cftantfortie du  péri¬ 
carde  ,  elle  le  d  uife  en  tronc  afcendant  plus  petit,  & 
defeen  "ant  plus  grand. 

Le  plus  petit  tronc  &  fupericur  marchant  fur  la  tra¬ 
chée,  pouruoità  toutes  les  parties  qui  font  placées  au  def. 
fus  du  cœur,  &  fc  dmile  en  (ous-clauier  droit,  fuperieur 
ôc  plusample,&en  gauche  qiuafon  origine  plus  bas, 
&  qui  va  au  bras  plus  obliquement, 

Apçes  tout  le  tronc  appuyé  fur  la  Fagoiie  ,  fe  diftribuc 
en  deux  Carotides  ou  Joforales  inégalés  qui  tendent 
droit  en  haut. 

^ne'ct$  foxs  claHitres  denant  qu’elles  forte nt  dü 
Thorax  (car  en  citant  forties  elles  fc  nomment  axillai¬ 
res  )  elles  produifent  de  la  partie  inferieure  les  /»w- 
cofiales  fnperieftres  pour  les  trois  ou  quatre  interualles 
des  colles  fuperieures  :  Et  de  la  partie  luperieure,  i.  les 
h  MftfcnUs. 
Thoractaue  inferieare  & 
infcrieuiede  1  axillaire,  de- 
.  i  thtimerale  de  la  partie  fu- 
l'crieurc.  Lereftc  de  l'axillaiic  va  des  deux  collez  au  bras. 


Mammaires  a.  les  Cervicales ^ 
La  Thoracicffte/uperieHre.  la 
fcapuUire  nai fient  de  la  partie 
uant  qu’elle  ai  riuc  au  bras ,  & 


Des  Àrterés^. 


46Î 

Explication  de  la  Figure^ 

0c  rcprcfentcle  tronc  afccndant  de  la  grande  artère; 
&  vne  portion  du  tronc  defccndaniauec 
fes  rameaux» 

A.  l'Orifice  eu  U  commencement  de  U  grande  artere  tpar 
ou  elle  fort  du  cœur. 

^.'S)  les  deux  coronaires» 

C.  U  diuifien  de  la  grande  artere  en  deux  troncs ,  l'afcen* 
dant.  V.  ^  le  defeendant  i. 

D.  la  fous-  clauiere  gauche  qui  monte  obliquement  en  hâftt 
vers  les  cofies. 

E.  îintercoflale  fuperieure. 

F.  la  ceruicale  qui  va  au  crâne  par  les  Apophyfes  trans- 

uerfes  desvertehresdu  colt  donnant  des  rameaux  k  la 
moelle  &aux  mufcles  voifins» 

G.  la  Mammaire  gauche  qui  va  fous  le  fierneu  aunombril. 

H.  laMufcule  qui  va  aux  mufcles pofierieurs du  eol. 

les  fcapulaires  pour  la  cauité  de  C  omoplate  &  aux  mup 
clés  qui font  couchez,  dejfus» 

K.  l'humerale  qui  monte  au  fommet  du  bras. 

L-  U  Thoracique  fuperiestre. 

là.»  la  Thoracique  inferieure  j  vn  petit  rameau  feprefenU 
entre  L-  &  M.  qui  va  aux  glandes  de  l’aijfelle» 

N.  t artere  axillaire  qui  va  au  bras  ^  donne  des  petits  ra¬ 
meaux  aux  mufcles  du  bras. 

O. fon  rameau  qui  vaaufiege  externe  du  coude  &  qui  efi 

caché  profondément. 

P-P. /w  petits  rameaux  a  t articulation  du  Coude  attec 
l’humerus. 

^^le  rameau  fuperieur  radical  de  t  artere  quife  porte  le 
long  du  rayon  &  difirihuant  des  reiettonsaupoulce ,  a 
l’indice ,  au  moyen  ^  au  voifinage ,  qu’on  a  accoufiu- 
méde  toucher,  où  celuy  cy  efi  coupe, 
le  Rdmeau  inferieur  cubital  qui  feporte  lelong  ducoude 


Des  Arteres.  46 f 

qmcommiim^fte  des  reiettons  m  ptH  doigt  nttstH* 
laire  &  ah  moyen- 

V.  le  tronc  de  la  grande  antre  qui  monte  au  gojier  est  efi 
Ja  dinifion-  X.Y  Z. 

X.  U  carotide  OH  fopor ale  gauche  i 
y.  la  fous- claHiere  droite  Je  diuife  en  mefmes  reiettons  que 
la  gauche- D. 

Z.  la  carotide  droite- 

i.  la  diuifton  de  la  carotide  gauche  à  la  gorge- 

b.  le  rameau  extérieur  de  la  diuijton  pour  la  face  ,  les 

temples  y  &les  parties  poferteures  de  t  oreille- 

c.  le  rameau  interne  au  larynx  y  a  la  gorge  y  &  a  la  la»’ 

gae. 

Lla  diuifm  de  celuy  cy  en  deux  rameaux  à  la  hafe  du 
crâne. 

t  vn  reietton  du  rameau  b.  pour  les  mufcles  de  laface- 
i  la  difiribution  du  rameau  h.  fous  la  racine  de  l'oreille. 
g.  h.  le  rameau  anterieur  deeetüy-cy  rampe  fur  les  tem¬ 
ples  y  (Jrle  poferieur  h.,  fe  porte  le  longdes parties pefiéi'^ 
Heures  de  l'oreille  fous  la  peau- 
i.  le  tronc  dépendant  de  la  grande  artere- 

k.  k.  k.  les  intercofialés  inferieures  pour  les  efpdces  dés  hui^  : 

cojtes  inferieures- . 

l.  la  phrenique.’ 

la  mefenterique  fuperieure»  Il  faut  remarquer  dejfus 
le  tronc  coeliaque  qui  efl  ojîe'  >  afin  que  la  multitude 
des  lettres  ne  donnafide  la  confufion  dans  vne  fi  petits 
figure. 

*-^-l'Emulgente  droite  &  gauche  ^  . 

K-  K-  lafpermatique  aux  deux  cofié\  pour  les  teflicules. 
U  mefenterique  inferieure  k  gauche  au  defous  de  ft.  qui 
’oa  principalement  au  colon  de  ce  cofte'i 
V-'V-  les  lombaires  qui  vont  tranfuerfalement  &  de  notuden 
nœud  aux  vertèbres  >  donnans  des  petites  hr anches 
aux  muj'cles  adherens  &  au  péritoine. 

£h  b.tf  lamufcule  fuperieare  quiva  aux  eofiez,  aux 
tuufcles  de  l'Abdomen. 


Nna 


466  Second  Traîüèy 

7.  V.  U  diHifton  de  la  grande  artere  en  deux  trenci  HUqu» 
dr  aux  cofleT^t  mais  en-dedans 3  les  petits  rameaux  qu' 
confiituent  les  facre'es.  *  * 

le  rameau  iltaejüe  interne. 

o<  U  mufcule  inferieure  :  vn  reietton  extérieur  du  rameau 
externe  four  les  mufcles  qui  couurent  l'os  des  des  efr  U 
hanche- 

l‘hjfogaftrique  3  le  reietton  interne  du  ratHeau  interne.^. 

J.  f .  l artere  vmbdicale. 

<•.  le  rejedu  rameau  l.  quiprenant  me  portion  du  rameau 

externe  près  de  &  le  trou  du  pend  ,  defcend  à  la 
iambe.  ^ 

7,  l'Efpigaftrique  monte  en  haut  au  mufcle  droit  de  fabdi- 
ment  ^feioint  auec  la  mammAire3  près  du  nombril.  " 


1 

i 


CHAPITRE  III. 

Des  Ancres  Cmùdes, 

LEs  Artcres  Carotides  montent  droit  ilatcftc  le  long 
des  coftez  de  la  trachée,  cftans  attachées  auxiugiu 
laircs  iniernes:Cat  les  veines  externes  ne  font  pas  accôpa- 
gnccs  par  des  ancres, Quand  elles  viennent  à  la  gorge  dc- 
uanr  quelles  entrent  au  crâne,  cllcsdonncnt  des  petits 
rameaux  au  larynx  &  à  la  langue.  Apres  fefaitladiuiflon 
en  rameau  externe  &  interne. 

L‘externep\\x’&  grcllepouiuoit  aux  ioues  &  auxrouf- 
elcs  delà  face  :  Apres  il  fc  fend  en  deux  rameau*  * 
racine  des  oreilles  :  l’vn  cft  difttibué  aux  parties  pofte* 
rieuresde  l'oreille,  d’oùfortent  deux  rameaux  qui  en¬ 
trent  à  lairarchoire  inferieure  pour  la  levte&  toutes  les 
racines  des  dents  inferieures  ;  l’autre  pour  les  temples» 
ic  front  &  les  mufcles  de  la  face.  , 

V Interne  conftituë  larcts  admirable  à  la  felle  deloS 
fphenoide  fous  la  durc-mcrc  ,  &  puis  pafl'c  la  dur?' 


Dti  Artem. 

0cre,S(  enuoye  acux  rcicrtons,Ie  i,  plut  petit  aucc  lo'  ' 
pcrf  yeux.  Le  i.  plus  grand  c[xi\  monte 

,u  cotte  delà  glande  pituitaire  ,  &  qui  fc  difttibuc  pat 
la^pie-racre  &la  fubftance  du  cctueau. 

CHAPITRE  IV. 

Des  Artères  de  toute  U  Main, 

L’Artcrc  Axillaire  defeend  par  le  bras  entre  les  muf- 
cle$,  aucc  la  veine  &  le  nerf  du  bras ,  qu’on  tient 
pour  le  quatrième. 

Ellefe  diuife  fous  le  pli  du  co  ude  en  deux  grands  ra¬ 
meaux  fuperieur  &  inferieur. 

Le  Supérieur  fe  porte  du  lôg  du  rayon  droit  au  carpe, où  L<  Utu  eh 
les  Médecins  taftent  le  pouls  :  Puis  s'auançant  fous  le 
ligament  annulaire ,  elle  enuoye  des  rameaux  au  poulce, 
à  l’indice  &  au  moyen. 

L'Inferieur  fe  traînant  par  le  coude ,  va  au  carpe  :  Il 
pouruoit  au  doigt  du  milieu  ,  â  l’annulaire  6c  au  petit 
doigt ,  6c  va  au  carpe  ,  où  nous  Tentons  en  bas  le  mou- 
uement  defarter^ur  tont  aux  maigres  6c  en  ceux  qui 
ont  le  pouls  granlrMais  nousfentons  mieux  le  pouls 
du  premier ,  parce  qu’il  cft  moins  caché  fous  les  ten¬ 
dons. 


CHAPITRE  V. 

Du  Tronc  de/cenda»t  de  ta grande  ArterC'^ 

Le  'Tr^nc  defeendant  de  l’aorte,  eft  plus  grand ,  parcô- 
qu’il  diÆribuc  des  ramtaux  pour  le  ventre  moyen  6c 
pour  rinfdicur  5c  pour  les  ïambes. 

Doux  aitcres  naittent  du  grand  tronc  au  Thorstx  o\i 
centre  moyen. 

Nnn  ij 


Second  TralStêy 


I,  Les  pour  les  cfpaces  des Kuiô 

coftes  inferieures  &lesraufcles  voifins.  Car  il  arriucr” 
rement  que  la  veine  azygos  ait  pour  compagne  vne  a*' 
tere  fans  pair ,  qui  naifl'edu  tronc.  [  Le  pus  &  l’eau  qui 
s’amalTe  au  thorax,  eft  tranfportéc,rinous  en  croyons 
Spi^elius.à&nsh  grande  artere  par  ces intcrcoftales^&de. 
là  par  les  rameaux  cmulgenîs  à  la  veflie.  Cette  opinion 
s’accorde  fort  bien  auec  laraifon,  parce  que  le  cLctnin 
«f£  plus  court,  &  que  la  matière  ramaflee  ell  plus  aifément 
emportée  par  les  arteres  ;  adiouftez  àcela ,  quele  pus  fuit 
pluftoft  Je  mouuemcnt  naturel  dufangarterieux  que  ce- 
luy  du  veineux.] 

II.  La  Phre»i<^ue  pour  le  diaphragme  &  le  péri, 
cardé. 

La  partie  qui  refte  du  tr^nc,  pénétre  la  fente  dii  dia- 
sphrâgrac,&  enuoie  desrameaux  dans  le  ventre  inferieur, 
dont  les  vns  accompagnent  les  rameaux  de  la  veine- por¬ 
te,  &  les  autres  les  rameaux  de  la  veine -caue.  Ceux  qui 
accompagnent  les  xameaux  de  la  veine -porte  ,  font 


trois. 


Vjlftere  Cœliaque  M  Mefenterique  fupemure  &  l'in- 
ferieure- 

La  Cœliaque  cfb  ainfî  nommée,  garce  qu’elle  enuoye 
rplufieuts  rameaux  au  ventricule  ;  fort  antcricurc- 
mcnt  de  l’aorte,fouftenuë  fur  l’ épiploon  ^  &  fc  diuifcnt#« 
rameau  droit  plus  grefle ,  &  en  gauche  plus  ample,  qui  fc 
ioignent  ilavcinc-porredans  Iepancreas,fousIa  région 
poftciieure  du  ventricule. 

Le  droit  montant àîa  partie-cauedufoye,&  s’eftaat 
vn  peuauancc ,  engendre  par  la  partie  fupcrieurc  la  ga- 

ftriqucdroitej&lesdeuxcyftiques.&parrinfericurcl’c- 

piploiquc  droite, hnteftinaleSc  la  gaftroepiploiquc  droi¬ 
te,  à  l’imitation  de  la  veine- porte:  C’eftpourqjUoyilf«it 
répéter  icy  ccquenousauons  dit  en  cét  endroit.  Lcrefto 
du  rameau  droit  va  àlafuperficie  caue  dufoye. 

Le  gauche  ou  l’artere  jplentque  eft  plus  grand  que  le 
droit,  afin  qu’il  ne  foit  bouche  aifément  par  les  hume^* 


t)ei  Artemi  46^ 


cràïleSjSf  qu’il  diftribu'é  fuffifamment  l’efpnt  vital  à  la 
p.atc.  Cette  artere  accompagnant  la  veine  fpleniquc,s  en 
vaàlaratepar  vn  chemin  tortueux  &  oblique,  &  puis 
icfpand  des  rameaux  de  la  mefmc  façon  que  la  veine 
fplcnique. 

La  Mefcnrerîque  fuperieurc  fc  diftribuë  prefquc  à  tout 
lcMeicntere,&  conftituë  les  arteres  Mefarai^ues  auic.  /trufèt 
iunum,  à  l’Ileon ,  &  à  vnc  partie  du  colon  :  [  dont  TyLage  Mefavai- 
eft.  i.de  commurliquer  la  chaleur  naturelle  au  parties  ques, 
voifincs  ,&  à  celles  où  elles  s’inferent  ,  &  de  purger  les 
fuliginofitez.  z.-de  rcccuoir  dans  les  maladies  les  cxcrc- 
mens  de  tout  le  corps,  comme  les  veines  mefaraiques, 


pour  les  porrer  aux  inteftins:  eft  rAutheut  de 

cctvfage.]  3.  tllesferucni  pour  attirer  le  chyle,  comme 
il  eft  manifefte ,  fl  on  confîdete,  i.  leur  continuation,  i* 


leurs  fins ,  3.  ce  qu  elles  contiennent  ,4.  fi  on  a  é^ardà 
îauthorité  de  Galien  [  au  Liurc  4.  de  Tvlagc  des  Parties 
Chapitre  17.  &  au  Liure  oùilmctcn  queftion,s’ily  adu 
fang  dans  les  arteres ,  Chapitre,  5.  ]Mais  elles  n’attirent 
pas  le  chyle  au  cœur ,  comme  veut  Varolus ,  car  les  val¬ 
vules  rempefehent ,  &  le  chyle  n’eft  pas  naturel  au  cceur-î 
[Ny  aufoycou  à  la  Rate,  comme  d’autres  eftimcnt,par- 
ce  quelles  portent  à  ces  parties  l'efprit  vital  feulement, 
•&qu’vne  feule  petite  artere  s’implante  feulement  au 
foye.  Le  chyle  n’eft  pas  non  plus  tranfporté  des  arteres 
dans  les  veines,  comme  penfe  Spigelms ,  mais  elles  le  por¬ 
tent  à  la  cœliaque.  Mais  ces  arteres  ont  vn  autre  vfage, 
fuiuant  les  loixde  la  circulation,  que  vous  pourrez  voir 
dans  les  lettres  de  f^valans.  ] 

L’inferieure  fe  diftribuë  à  toute  la  partie  inferieure  du 
mefentere,  &  à  la  partie  gauche  du  colon. 

Mais  les  autres  arteres  qui  accompagnent  les  rameaux 
delà  veine  caue,  font  les  fuiuantes,  excepté  la  roefente- 
tique  inferieure.  Car  les  rameaux  fortent  en  eét  ordre  de 
h  grande  artere  dans  le  ventre  inferieur,  i.  La  Cœliaque. 
2.1a  Mefenterique  fuperieurc  3.rEmulgente.  4.  la  Sper¬ 
matique.  5.  la Mefcnteri que  inferieure.  les  Lombaires, 

N  nu  iij  dont 


Dts  Artms, 


Explication  de  la  Figure^, 

Elle  reprefente  les  Artères  crurale*. 

y,  U  honteufe  ranime  tranftterfalement  fur  l'os  fuhit, 

p.  U  tronc  de  U  crurale  hors  du  feritoine. 

la  mufcule  crurale  externe  pour  les  mufcles  anterieurs 
de  la  cuijfe. 

la  mufcule  crurale  interne  pour  les  mufcles  internet 
de  la  cuijfe. 

a.  la  conionBion  de  celle -cy  4uec  le  rameau  iliaquéy 

r.  la  poplitée  pour  lés  mufcles  pojlerieurs  de  la  cuijfe. 

AÀ.  la  furalequi  communique  des  petits  rameaux  a  l'arti^ 
de  du  genoUil,  &  aux  mufcles  q  ui  conjtituent  le  gras  de 
la  iamhe. 

0,  l'artere  crurale  qui  va  au  Jîege  poflerieur  du  tibia. 

g.  la  tibiale  externe  qui  accompagne  le  péroné»  ^  qui  fi 
confume  aux  mufcles. 

S.  l'artere  qui  va  entre  l'os  du  taloni  dr  le  malléole  interne^ 
aux  parties  inferieures  du  pied. 

n.  l’artere  qui  va  aux  parties  inferieures  du  pied ,  qui 
fi  rejlechit  quelquesfots  entre  l’os  du  talon  (^le  malleo* 
le  externe. 

♦./«  petits  rameaux  du  tibia ^qui  font  propres  aufsi  a  l'at^^ 
ticle  de  l’os  du  talon. 

•f  -  vn  reietton  qui  va  aux  parties  fuperieures  du  pkd. 

Ê*  la  dijiribution  des  ancres  au  fiege  inferieur  du  pied. 


dont  on  penfc  que  deux  artères  accompagnent  deux  vei¬ 
nes  au  cerueau.  7  la  Mufcule  fuperieure. 

Après  ceh  Caorte  monte  fur  la  vcme-caue,au  commen¬ 
cement  de  l’os  Tacté ,  &  n’ett  plus  lous  elle ,  de  peut  que 
heurtant  contre  1  os  dans  (on  mouuement  perpétuel,  clic 
ne  feblefle.  On  la  nomme  en  cét  endroit, 

IliaqueyOxitWc  fe  fend,  comme  la  cauc,  endeux  troncs 
Iliaques  ,&  chacun  de  ccux.y  en  intérieur  plus  petit,  & 


Viopx.  U 
figun  der- 
niert  dis 
mfi. 


'472  Second  Traité ^ 

«xtericur  plus  grand ,  qui  vont  à  la  iambc. 

Mais  dcuanc  qu’ils  foicnc  cruraux,  ils  cnuoient  A 
deux  codez  fîx  rciettons  ;  la  Sacrée  i  incontinent  fom  î* 
diuifion.  Du  tronc  intérieur  naiflent  h  ntufcHle  tnferie  *  ^ 
FhypegafiriqHe S)i\es arteres vmhilicales :  8c  de  l’extcricur’ 

l^epignfiriijHeicl^hoHteHfe,  Lcrefte  de  i’arterc fe porte  l 
iaiambe  ,&condituë  les  artères  crurales.  * 


CHAPITRE  VL 


Des  Ancres  Crurales, 

L  Es  artères  Crurales  conditucntdes  deux  codez  ces 
arteres  : 

Deffus  le  iarret  de  la  partie  extérieure  du  tronc,  fort 
là  mttfcttle  crurale  externe ^  pour  les  mufcles  anterieurs 
delà  cuide ,  &  de  iinterieurc ,  la  mnfcule  crurdé  interne^ 
pour  les  mufcles  internes  de  U  cuilTe  ;  &  celle-cy  fc 
mefle  au  genoüil  auec  le  petit  rameau  de  rhypogaftri* 
que. 

5ous  lè  iarret  naiiTent-trois  rameaux»: 

Le  premier  cd  le  Poplitée ,  pour  les  mufcles  podericurs 
de  lacuifle. 

Lez.  le qui  fe  diuife  en  tibiée externe  ,  pofte* 
rieur,  fuperieur ,  &  en  poderieur  inferieur  pour  les  muf^ 
des  du  tibia. 

Le  5-  Içrede  fc  confumc.^upetic  pied,  &:  àfesdoigtSi. 


JBx^lkation 


Des  Arteres, 


475 


% 

Explication  de  la  Figure, 

Elle  monftrc  comment  les  veines  accompagnent 
les  altères. 

Diaphragme. 

B.  v»e portion  du  péricarde  attachée  au  diaphragme, 

C.  le  cœur  dans  fon  fege.  D.  D.  D.  D.bs  quatre lohes  dfS 
pgulmons. 

F.  la  partie  eonuexe  dufeje.  G.  fa  partie^cau^ 

H.  la  ’VeJfte  du  fiel.  P .  Q^es  Reins. 

T,  le  tronc  de  la  njeine-caue  entre  le  cœur  lefoje. 

V.X.  les  veines  &  les  arteres  coronaires.  Y.  la  pointe  du 
cœur. 

a.  la  veine  caue  s' ouure  dans  le  cœur  par  cette  partie. 

b. c.  les  oreillettes  du  cœur. 

à.la  veine  arterieufe.c,e.  les  petits  rameaux  de  la  veinear^ 
terieufe  &  de  Cartere  veineufe  qui  vont-au  poulmon.  î, 
le  tronc  de  l’artere  aorte. 

%.[on  tronc  defeendant.  h.  fafeendant, 

K.iles  arteres.carotides.  ta. Maxillaire. 
n.n.  les  nerfs  phréniques,  o.  le  commencement  de  la  veini 
^^Jgos. 

p.  la  diuifion  de  (a  veine- caue  près  du  gofier- 
q-  la  veine  mammaire,  r.  la  veine  intercofiale. 

^•C  la  veine  ceruicale. 

le  premier  finus  latéral  du  cerueau. 

U’U.  t autre  finus  latéral,  x.  x.  le  troifieme  fihus  ou  de  la 
faux.  * 

y*  le  quatrième  finus.  z  %.  là  veine  axillaire. 

«.  la  veine  humerale. 

y-  l'vne  (fr  l'autre  Thoracique.  «P.  la  iugulaire  interne. 

•'  la  dijlribution  de  la  veine  iugulaire  en  rameau  interne 
pour  les  finus ,  cfr  vn  autre  qui  va  a  la  dure- mer e  par 
le  cofié gauche. 

vl^iiugulaire  externe.  Sa  diuifion  n.  aux  oreilles,  ô.  aux 

O  O  O 


fommet  de  la  tefle  ,ik  la  face  ^  att 
front  ' .  AH  deuxième finus  du  cerneau  h-  à  la  dure-mere 
dff  cerueau  (i. 

l’artere  de  la  carotide  ^ui  difiribuë  des  petits  rameaux 
accompagnent  la  veine  precedente. 

vn  rameau  de  la  carotide  pour  le  fécond  finus  du  cer¬ 
neau  &fa  difinbution  o  aux  narines  v  au  cofié droit 
de  la  dure  mere  f.  vers  le  plexus  o.r.  aux  jeux  v,4  la 
pie-mere)Alabafe  du  cerufau  p. 

V.  le  Plexus  Choroïde  le  nerf  de  la  feptie'me paire. 

41.  2.  l'vn  é't  autre  nerf  récurrent. 

J.  vn  nerfa  labafe  du  cœur.  * 

4.  U  vetne  ejui  va  au  col  &  au  derrière  dedatefie.  5  .  k  Pef- 
paule.  (y.  au  bras. 

7.  la  veine  cephah^ue  Son  rameau.  8.  vn  autre  pour 
conftituer  la  Médiane  9.  e^ui  ont  mamfefement  des 
arteres  pour  compagnes. 

a  a.  a*  le  petit  rameau  radial  de  l’humerak. 

b.  c.  d  les  petits  rameaux  de  l  axiHatre  ^pourlapeau  &  les 

mufcles  du  coude.  • 

c. f.  le  rameau  plus  profond  de  Maxillaire  que  tartere  ac¬ 

compagne  par  tout. 

g.  vne  portion  de  ce  rameau,  qui  donne  vn  reietton  au 
poulee ,  k  l'indice  (dr  au  doigt  du  rndieu. 

il  vn  rameau  cubital.^  p.la  veine  Bajîltque.  !•  vn  rameau- 
pour  faire  la  médiane,  m.  la  veime  proprement  dite 
commune  s,  vn  petit  rameau  qui  en  fort  pour  la  main 
externe. 

s.  vne  portion  de  U  veine  vmbilicale» 

I.  le  nerf  du  foje. 

S  S.  s.  le  méat  cholidoque. 

t.  le  tronc  delà  veine  porte. 

V.  tartere  qui  s’ ejiend  au  foj/e. 

X'  les  petites  veines  cyftiques. 
l'artere  coeliaque,  p.la  mefenteriqut. 

s*  le  trou  du  diaphragme  que  laife  pajfer  l'Oefo* 


47^  Second  TraiBé ,  des  Ancres] 

t.  le  ligament  gAuche  dnfoye  ,  par  lequel  U  efi  attachera 
diaphragme. 

V.  l’artere  aorte  ^uipajfe  le  diaphragme  dr  <^ui  luj  J 
des  petits  rameaux-  ^ 

«.  les  arteres&les  veines  emulgentes. 

|3.  y-  l'vne  é"  l'autre  veine  adipeufe. 
i'.i-  les  deux  vemes  fpermatiques - 

l’ origine  des  artères  fpermatiques»  j 

K .  tartere  fpermati^ue  gauche-  '  \ 

a.  a- les  veines  &  les  arteres  lombaires- 

b.  ladiuijton  de  la  veine-caue  et  de  l’artere  aorte  en  ra. 

meatix  iliaejuss- 
c- les  petites  arteres  facrees. 
d.  le  rameau  interne  &  externe  de  l'Iliaque'^ 
ç-  là  veine  glute'e,  f.  Chjpogaflrique. 
g.  l'infertionde  l'artere  vmbilicale  aux  arteresUiaqms, 
y.  le  refie  du  rameau  interne  iliaque  qui  fie  dtfiribue  aux 
mufcles  de  la  cuijfe. 


troisiesme  traicte*  I 

des  nerfs 


Refpondant  au 

LIVRE  TROISIESME 

‘De  la  Dejle, 

CHAPITRE  I. 

Des  Nerfs  en  General 

E  ligament  &  le  Tendon  font  quelques-  Les  fignifi- 
fois  appeliez  nerf  parles  Anciens:  Mais 
ce  nom  conuient  proprement  à  Torgane 
commun  qui  porte  aucc  refprit  animal 
^  la  faculté  mouuantc  &fenfîtiuc. 
p'tlTVw  Le  nerft^  donc  vn  organe  commun,  Qj^e^-ce 
rond  en  long ,  deftiné  pour  porter  aux  parties  la  faculté  iue  mrf. 
animale  par  le  moyen  de  refpritanimal. 

Sa  caufe  efficiente  eft  la  vertu  ncruifique. 

Sa  matière  quieft  fon  principe  d’origine  félon  Htfpe- 
crate  ,  eft  la  partie  gluante  &  froide  de  la  femcncc  ef- 
chaufîée  ,  mais  non  pas  brufléc  ;  Et  félon  Galten  c’eft 
vne  matière  blanche ,  craiïe  &  gluante. 

Le  Principe  de  difpcnfation,  ou  la  partie  d’où  les  nerfs  prirnipe 

prçnent  leur  origine  immédiatement ,  eft  la  moelle  pro- 
O 00  iij 


478  Troifieme  TrdEié^ 

longée  qui  eft  en  partie  dans  le  crâne  &  en  partie  J-" 
hors,  dans  I  cf^ine.  Sept  paires  de  nerfs  félon  l'opinioâ 
commune  naiflent  du  cerueau  dans  le  crâne  ,  &  trent 
dans  l’efpinc.  La  vérité  de  cette  opinion  eft  confirmé* 
non  feulement  par  larelTemblanccdcs  fubftances  moël- 
leufc  &  nerueufe,  mais  aiilfi  par  rexpcricncc  oculaire^ 
^murÀ' K-  Jlriflote  a  voulu  que  les  nerfs  nailTent  du  cœur. 

xAnder ,  Auerroes  &  Jp-onenfis  ont  fuiuy  cette  opinion  * 
mais  ils  difent  que  cela  fe  fait  par  le  moyen  du  ccrl^ 
ueau. 

D’autres  ont  voulu  queles  nerfs  n'eftoient autre cho- 
fe  queles  veines  &  les  arteres  continuées  &  qui  dege. 
nerenren  nerfs:  Comme  jadis  PrAXAgoras,^  denoftre 
temps  C.tfalpims,  Reutnertiéy  ^  HofmAnnns  &  Martiamy 
mais  mal  à  propos,  i.  puis  qu’il  ne  paroift  dans  leccr. 
ueau  aucune  co  niondion  des  arteres  &  des  nerfs,  i.  puis 
quVne  artère  blelTée  ou  coupée  àla  tefte,  ne  caufe  point 
de  conuulfion.  3.  parce  qu’on  voidla  naiflànce  diftrnâc 
des  nerfs  au  cerueau  ,  comme  des  arteres  au  cœur.] 

£rAjtfl-rate  &  eftimé  qu’ils  fortoient  de  la  dure.mcrc.' 

Plufîeurs  Médecins  alTcurent  auiourd’huy  aucc 
Galien i<]\xe  les  nerfs  nailTent  les  vn  du  cerueau,  &les 
autres  delà  moelle  deTefpine.  Mais  l’expcrience  ocu¬ 
laire  réfuté  toutes  ces  opinions. 

La  Fin  &  TvCagc  du  nerf  eft,  de  porter  comme  vn  canal 
la  faculté  animale  qu’il  a  reccue  du  cerueau  auecl’cfprit 
animal ,  aux  parties  • 

I  ,  Seulitiucs ,  comme  les  yeux,  les  oreilles  >  &c. 

1.  Mouuantes  ,  comme  les  mufcles  pour  le  mouuc- 
ment. 

3.  A  prcfque  toutcslcs  parties,  afin  qu’elles fentent & 
connoilTent  en  general  ce  qui  donne  de  la  douleur. 

Par  ainfi  les  nerfs  qui  font  inférez  aux  parties, leur 
donnentjou  Icfcntiment  fcul ,  ou  le  mouuement  feub 
ou  tous  les  deux:  De  forte  qu’il  ne  fe  fait  aucun  mou¬ 
uement  volontaire  ou  ftntiment  que  par  le  moyen  do 
nerf  ;  D’où  vient  que  le  nerf  cftant  couppé,  cette  partie 


Des  Nerfs.  4^^ 

ç{t  priuécincontiincnt  dufcndn:ient&  dumouucmem. 

lies  nerfs  di*ie,  donnent  donc  ouïe  fcntiment  ou  le 
jnouuemcnt  aux  parties,  félon  les  organes  où  ils  s’in- 
ferent,  puisque  d’eux mefmes  ils  n’ont  nyfentiment  ny 
piouuement.  De  façon  que  si’üs  s’inferent  aux  mufcles 
qui  font  les  organes  du  mouuemcnt ,  ils  fe  nomment 
nerfs  moteurs,  &  fi  c’eft  à  ceux  des  fens  ,  fcnfitifs.  Et 
fouuent  vnepaire  de  nerfs  apporte  le  mouuemcnt  &  le 
fentiment  félon  la  nature  de  la  partie,  comme  la  fixiéme 
I  paire  des  nerfs  du  cerueau  ainfi  qu’on  la  nomme  vulgai- 
!  •  rement  ,  fe  communique  aux  vifeeres  du  ventre  infe- 
I  rieur  &  du  moyen  ,  pour  y  porter  le  fentiment  de  l’at¬ 
touchement  ,  &  deuenant  récurrent,  il  donne  le  mouue- 
pent  aux  mufcles  du  larynx.  Cette  paire  qu’on  nomme 
optique  ,  donne  le  fentiment  feulement  parce  quelle 
s’implante  aux  yeux.  Mais  l'autre  paire  qui  fe  nomme 
motrice, &  qui  eft  auffi  fortic  de  la  moelle,  comme  la 
première,  donne  le  mouuemcnt, parce  qu’il  va  aux  muf¬ 
cles  des  yeux. 

La  fmation  dcsnctfscft  plus  profonde  que  celle  des 
arteres,afin  qu’ils  foient  en  plus  grande feurcté. 

Leur  grandeur  eft  diuerfe,  fclonla  condition  des  or¬ 
ganes  ,  &  la  dignité  ,  continuation  J&c  grandeur  des 
adions.  C’eft  pour  cela  que  les  optiques  font  grads.  Ainfi 
les  plus  gros  nerfs  font  ceux  qui  font  enuoyez  aux  parties 
cfloignées,  &  à  plufîeurs ,  comme  font  les  extremitez  :  les 
médiocres  font  aux  organes  des  fens ,  parce  qu’cftans 
mois, ils  ne  pouuoiét  eftre  trop  dclieziLcs  plus  petits  font 
ceux  des  parties  voifincs,  comme  aux  mufcles  de  la  face. 

On  en  compte  ordinaircmentrrr»/^  é" fept  pairesiàfça. 
uoir  fept  du  cerueau ,  que  nous  difons  naiftrc  non  pas 
du  cerueau  ,  maisdclamoellc  ptolongéc  dans  le  crâne, 
&  trente  de  la  moelle  dans  l’efpinc.  Nous  comptons  dix 
paires,  au  lieu  que  les  autres  n’en  mettent  que  fept.  En 
quoy  il  nous  fcmblc  que  nous  auons  plus  de  raifon , 
comme  le  chapitre  fuiuantle  fera  voir.  Et  ainfi  il  y  a  qua¬ 
rante  paires  de  nerfs,  félon  nous  :  dix  qui  naiflént  dam 


îiltt  nerfî 
moteurs 
dijj^erët  des 


NouuelU 
opinion  de 
l’autheur 
touchant  le 
nombre  des 
ntrfs. 


4g0  Troïpme  TrdBê, 

le  crâne  ,  &  trente  dehors  dans  l’efpinc. 

Les  Anciens  ont  compte  fept  paires  feulement  de  ce 
quinailTentdanslc  crâne,  &  ont  voulu  qu’ils  fortiffen^ 
du  cerueau:  Ils  font  compris  dans  ce  quatrain;  .  ^ 

Des  nerfs  le  premier  paire  a  la  veue  efl  donne'- 
jiu  moHuement  des  yeux  le  fécond ,  le  troifiéf^e 
Au  goufii  &  le  fumant ,  au  fin  ejl  defline' 

Le  Gincj ,  le  ftx  par  tout  s  la  langue  a  le fiptk'me. 
Mais  celle  qu’ils  comptent  pour  U  troifiéme  paire,  e(l 
v-  double  &  diftimae,  &  la  cinquième  aufîi;  Quelques- vns 

ont  compté  vne  paire  dé  cette  duplicité  pour  la  huidiéniQ 

paire.  Piccolominy^  mis huiél  paires, neuf  ^ 
nous  dix,  comme  nous  dirons  cy-apres.  ’ 

Or  les  trente  paires  delamoëllcdel’cfpine/cdiuifent 
de  la  forte ,  le  col  en  a  fept ,  le  thorax  ou  le  dos  douze  (on¬ 
ze ,  félon  d’autres)  les  hmhescinc^  (  quelquesfois quatre) 

&  l’os  facre'£i:i- 

L'vfàge  de  Tous  CCS  nerfs  fortent  des  deux  collez  ,  d’où  vient 
cette  doclri.  qu’on  les  nommc  paires  des  nerfs  &  coniugaifins.  Il  eft  ne. 
Medecîae  ^  Medecin  de  connoiftre  leurs  origines  & 

^  ‘  leurs diftindions, afin  qu'il  fçache  en  quelles  parties  de 

l’efpine,  il  faut  appliquer  les  remedes  tropiques,  lorsque 
lemouucmentoulefcntimentjou  tous  les  deux  enfem- 
blefontoffcncczàla  facc,au  col,  aux  mains,  aux  raufclcs 
de  l’abdomen ,  au  membre  viril ,  au  fondement ,  a  la  ma¬ 
trice,  à  la  vclfic,  &c. 

U  nerf  t  Q^ntàleur  nombre  ^  il  faut  fçauoirauffi  que  chaque 
fans  pareil,  ntfrf  afonpareiloucompagnom ,  excepté  le  dernier  oulc 
plus  bas  de  tous ,  qui  fort  de  la  moéllc  du  dos. 

Piurquoy  des  nerfs  cil  ronde  en  long,  comme  des  ca- 

les  nerfs  naux  ,  mais  fans  cauité^  tout  au  contraire  des  veines  & 
cmité^^  des  arteres  ;  Parce  que  cclles-cy  portent  le  fang  enfem- 
ble  aucc  l'cfprir,  &  les  nerfs  l’cfprit  feul  fans  fang. 

Si  les  nerfs  [-^iof^ï^lePerecncxeeptelcsnerfsdelavergejqu’ildit 
optiques  ^  cftte  creux  vifiblcment ,  ]  &  Galien  les  nerfs  optiques» 
font  creux,  qu’il  veut  eftte  caues ,  &  troiiez  manifcitemcnt  :  Maisd 
croitqucpour  voir  cela,, il  faut  trois  chofes ,  à  fçauoir 


Nerfs.  481 

que  !•  l’animal  foit grand,  z.  Qu’il  foit  diifeqné  incon* 
^ncnt  apres  la  mort.  3.  Que  l’air  d’alentour  foit  clair  SC 
lumineux.  Cornélius  fiait  cette  opinion,  &  attri- 

buë'a  la  cauicé  interne  des  nerfs ,  vn  pore  vn  peu  plus  ap¬ 
parent  qu’vn  poind. 

^  Les  autres  eftimentqueceporc  paroiftplusmanifcfle- 
nient  en  ces  nerfs  optiques  boiiillis,  [  Fallofe  dit  que 
Galien  eftvenu  dans  cette  opinion ,  parce  que  les  nerfs 
desfinges  dont  il  faifoit  la  difTedionjfont  tous  trouëz; 
Sfi^elms  n’adinct  ces  cauitez  qu’au  commencement  de 
ces  nerfs  à  l’endroit  ©ù  ils  fe  ioignent  qui  difparoiffcnt 
apres  lorsqu’ils  s’approchent  de  l’œil.] 

Mais  Fefale ,  Eutachius  ^  Coiterus  nient  contre  Galient 
que  les  nerfs  ayent  vne  telle  cauité  ,  Sc  prod.uifent  la 
delTus  des  expériences  :  Et  veulent  que  tous  les  nerfs 
fans  en  excepter  aucun  ,  foyent  compofez  de  plufîcurs 
fibres  nerueufesou  filamens  adhcrensles  vns  aux  autres 
par  des  petites  membranes.  [  l’ay  remarque  auec  lean 
Leonicenus  Anatomifte  fort  cxa'â:,que  fi  qndiflequele 
tronc  des  nerfs  près  des  hanches,  on  y  voit  comme  vn©'* 
cauité  compofée  d’vne  infinité  d’entrelailemens  de  fi¬ 
bres  ,  comme  des  vermifieaux  ,  au  lieu  qu’ailleurs  le 
corps  eft  continu  &  les  fibres  adhérentes  &  continues.] 

On  croit  que  lafubftance  des  nerfs  eft  de  trois  fortes: 
l’interne  blanche  &  mo'ëlleufe  (  par  laquelle  l’aékion  fc 
fait  commepar  le  centre)  qui  vient  de  la  moelle  du  ccr- 
ucau ,  mais  qui  eft  plus  compare  &  plus  denfe:  l’exter¬ 
ne  eft  la  double  tunique  ,  l’exterieure  qui  eft  plus  dure 
vient  deladurc-mere,  &  l’interieure  plus  deliée,  de  la 
pic.  Ces  membranes  font  la  mefme  chofe  aux  nerfs ,  que 
la  dure &  la  pie-mercau  cerueau.  Au  refte  cette  diftin- 
âion  dcsfubftancesfetrouuepluftoftpar  raifon  que  par 
les  fens. 

[  Mr  Des-C/irtes  eftime  qu’il  y  a  des  valvules  dans 
les  nerfs,  qui  empefehent  le  reflux  de  l’efprit  animal, 
&  qu’autrement  les  parties  ne  fc  pourroient  pas  mou¬ 
voir.  Mais  ilfcmbleque  lesefprits  peuuent  eftre  retenus 
ppp 


Les  nerfs 
font  durs 
et*  mois. 


Leurquey 
les  nerfs 
moteurs 
font  flus 
durs} 


S'il  y  »  des 
nerfs  odo~ 
viens  î 


4^2  TmÇime  TraiBé^ 

dans  les  parties,  fi  l’atne  qui  adreffe  les  efprfts  ver 
valvule  J  les  poulie  iufques  aux  parties  mermes.  T  *  * 
Il  faut  fçauoir  maintenant  que  tous  les  nerfsncf 
pas  egalement  durs  ou  mois.  D’où  vient  que  les  ne 
félon  (j4//e»  font  les  vns  mois  &  les  autres  durs.  IlnojJi* 
inc  les  premiers  fenfttifs  &  les  autres  moteurs.  Or  la  na” 
turc  rend  les  nerfs  plus  durs. 

I.  A  caufe  de  la  fvoduflion  ,  comme  ceux  qui  doiucnt 
s’edendre  plus  loin,  ou  pafTer  par  vn  corps  dur,  ou  pa 
vn  chemin  oblique:  Ils  deuiennent  plus  durs,  tant  plujjjj 
s’éloignent  4u  cerueau.  C’eft  pourquoy  les  nerfriela 
veuë,  du  gouft  &  de  l’ouye  qui  font  courts ,  font  plus 
mois,  mais  ceux  de  l’odorat  font  les  plus  mois  de  tous 

1.  A  caufe  de Vvf âge ■  Car  on  croit  que  les  durs  font 
plus  propres  au  mouuement,&  les  mois  au  fentitnent- 
D’où  vient  que  les  organes  desfens  onttcceu  des  nerfs 
mois  ,afin  qu’ils  puiflënt  eftrc  affedez  &  receuoir  l’im- 
prefSon  del'obied  fcnfible  externe.  Or  toutes  les  par¬ 
ties  qui  ont  vn  mouuemcnt  volontaire  ,  ont  receu  les 
nerfs  plus  durs ,  parce  que  ce  qui  eft  dur,  cftplus  propre 
pour  agir  &  ce  qui  eft  mol  pour  patir. 


CHAPITRE  IL 

Des  dix  paires  de  Nerfs  cjui  naijfent  dans 
le  crâne  de  la  moelle  prolongée  de 
leur  continuation. 

La  Première  paire  félon  nous  eft  deftinée  pour  todo‘ 
rat ,  dont  les  produdions  fe  nomment  mamwilUires. 
Or  ces  produdions  ont  efté  allez  cogneues  de  tous  : 
mais  les  nerfs  par  Icfqucls  elles  font  lices  derrière  & 
prelque  continués  ,  n’ont  efté  cbgnus  d’aucun  ou  de 
peu  deperfonne  s 

Les  nerfs  forcent  de  la  moclie  près  de  la  Celle  de  l’oJ 


T>€i  Nerfs,  '4S3 

/•phenoide,  &  ont  la  continuation  ,1a  couleur  Sclyfago 
(les  netfsjc’eft  pourquoy  nous  les  mettons  au  nombre 
^cs  nerfs  : 

Car  on  ne  doit  pas  leur  ofter  le  nom  de  nerfs,  à  caufe 
qu’ilsnefortentpas  hors  du  crâne  &  de  la  dure  mere,&: 
qii’aprcsclleneles  reueft  pas  :  autrement  tous  les  autres 
nerfs»  tandis  qu’ils  (ont  dans  le  crâne,  ne  deuroient  pas 
edre  nommez  nerfs  ce  qui  eft  ablurde. 

La  nature  a  ioin6tàces  nerfs  deuxportions dures, & 
vnpeuefpaifles ,  qu’on  nomme  les  Trodu^ions  Mam- 
PfUlaires  &  papilUirest 

Qui  (ont  deux  blanches,  molles,  larges,  oblongacs,  plus 
déliées  &  plus  petites  aux  fem  mes ,  plus  grandes  aux  be- 
ftes,  fur  tout  aux  chiens,  &  aux  animaux  douez  d’vn 
odorat  exquis.  Car  l'vfage  de  ces  ProduBions  eft ,  afin 
qu  clics  foicnt  les  véritables  organes  de  l’odorat ,  non 
pas  le  nez  ny  la  tunique, 

Cesprodudtions  (ont  logées  àla  partie  anterieure  dii 
cerue, au ,  apres  l’os  cribreux,  fur  lequel  leurfacceftpla- 
céc ,  apres  qu’il  a  cfté  reueftu  de  la  dure-mcrc. 

LayfcoWr/)<ï/>e,quieftla  première,  félon  les  autreSj  eft 
ÎOptiejue ovivifuelle nommée, parce  qu’elle  porto 
auxycuxleselprits  vifuels  Herophile  la  nomme  les 
ou  conduids  optiques  ,  parce  qu’on  penfe  qu’ils  iont 
caues. 

Les  nerfs  fontles  plus  grands, les  plus  gros,  maisaulfi 
les  plus  mois  des  dix  paires. 

*  Ilsnenâiftcncpas  de  la  partie  anterieure  de  labafedu 
ccrucau ,  comme  on  croit  vulgairement.  Car  il  faut  cher¬ 
cher  leur  origine  plus  loin  vers  le  derrière  de  la  cefte  ,  où 
ilsfe  porter  entre  le  cerueau  &  le  principe  de  la  moelle  da 
Icfpine ,  &  prennent  leur  origine  du  principe  des  pre¬ 
miers  troncs  de  la  moelle  prolongée ,  qui  naiftent  du  ccr-» 
«eau  ,  c’eft  à  dire  où  1»  moelle  commence  à  fe  pro¬ 
longer. 

Mais  quand  ils  ont  vn  pcuauancé,  ils  s’vnifTcnr  preL 
^uc  au  milieu  du  chemin,  fur  la  fellede  l’os  (phenoide, 

fpp'j 


prod». 
üios  nmm- 
millairts. 


Vor^ane 
de  l’edorati 


Erreur  des^ 
autres  tou¬ 
chant  l'ori¬ 
gine  des 
nerfs  optii 
epues. 


La  vérita¬ 
ble  caufe  de 
l’vnion  des 
eptiiues. 


4^4  Troijtéme  Traifté, 

non  pas  parvn  fimple  attouchement  ou  interfeaion 
l’homme ,  mais  par  vnc  entière  confùfion  delafubftance^ 
afin  qu’ils foufFrent  moins  au  milieu  du  chemin,  à  caufe 
de  leur  molIelTe.  [  Lofelius  les  a  remarquez  quelquesfoij 
diuifez  dans  tout  le  chemin,] 

Us  fe  feparent  incontinent  apres  ,&  fortent  hors  du 
crâne  vers  le  centre  des  yeux  en  l’homme,  &  aux  belles 
beaucoup  plus  bas,  àcaulc  qu’elles  regardent  plus  vers 
les  coftez. 


Ils  fontcouuerts  dans  le  crâne  d’vne  membrane  déliée 
feulement  ,  mais  depuis  les  trous  par  où  ils  paffent  aux 
yeux,  ils  font  auflî  rcueftus  de  la  dure-mere. 

La  troifîéme- paire,  quieft  la  fécondé,  félon  les  autres, 
eftlawomVedeyeux,  voifinede  la  precedente. 
tmui  des  Le  viiîgaire  des  Anatomiftes  cftime  qu’elle  naift  du 
autres  tou.  cerueau,prés  de  l’origine  de  la  première.  Mais  clic  ap- 
pj^ochelefiege  moyen  de  latefte,  ôcs’aüanceau  delToiis 
nerfs  mou-  optiques,  faifantlà  vn  croifement,& 

^ans.  AT/ïz/à  la  partie  plus  interne  du  principe  de  la  moelle 

'Tour§uof  "^olongée,  où  en  nailFanr,  ces  deux  nerfs  moteurs  s’vnif- 
vn  œd  fe  pept  coftez,en  forte  qu’ils  fe  touchent  mutuelle- 

Vmtr^rè  &  ^ont  mefmes  continus  i  Ce  qui  eft  caufe  qu’vn 

meut  MHjft-  ceilfemouuant, l’autre  femeutauffi. 

Veure^uoy  le  Cctte  paire  eft  moindre  &  plus  dnre  que  la  precedente, 
mufcletem.  gj  accompagnant  l’optique ,  fort  par  les  autres  trous  du 
Idélffïnfl  les  mufcics  des  yeux  &  des  paupières.  Ellcen- 

VœUreft  vn  rameau  au  mufcle  tcmporafiD’oùvient 

aufft  ijuel-  quclqucsfois  que  ccluy-cy  eftant  offenfé,  l’ceil  l’cft  aulTi, 
cj^uesfois  ?  &  au  contraire. 

La  quatriémeiCinquiéme»  & Jîxiéme  paires  font  extre- 
•  incmcnt  confondues  par  les  Anatomiftes.  Car  les  vns 
font  vnc  feule  paire  de  la  quatrième  &cinquiefme,  qu’ils 
nomment  la  troifîéme-paire,  compofee  de  deux  racines, 
de  la  plus  petire  defquelles  les  autres  font  la  troifiéme ,  & 
tiennent  la  cinquième  Sc  fixiémc  pour  vne  feule  paire,» 
fçauoir  pour  la  quatrième.  Or  ceux  qui  la  comptent 
pour  vnc  Iculc ,  prennent  celle  que  nous  nommons  la 


Dei  Nerfs,  4 S'/ 

auâtriemepaire  pour  la  plus  petite  racine  delà  trdifîémc 
paire,  &  la  fixiéme  pour  la  quatrième.  Nous  diftinguons 
toutes  ces  paires  en  cette  rorte. 

La  quatrième  paire,  fc  nomme  ,  félon  les  vns  ,  comme 
la  troifiéme,  félon  d’autres,  comme  Faloppey  li 
liuiâ:iérae;  D’autres  l’appellent  mal  à  propos  la  plus  pe¬ 
tite  racine  de  la  troifiéme  paire  ;  Car  elle  .^’a  tien  de 
commun  auec  la  paire  fuiuantc,  &  ne  fe  i<||n^, point 
auec  elleny  en fon principe ny  en  fon  progics^  dc  naift 
hors  de  l’ordredes  autres  paires  :  Elle  naift  félon  qucl- 
.ques  vns  du  coftédu  principe  de  la  moelle  prolongée, 
&  félon  d’autres  du  ûege  i^cucur  .&  pofterieur  delà 
moelle  duccrueaupar  vnpSeiÈnerf:  Puis  elle fe  porte  en 
deuant,  &  accompagnant  lalcconde  paire,  elfe  fort  pat 
le  trou  commun  auec  la  fécondé  paire  ,  &  entre  dans 
l’orbite  de  l’œil ,  &  donne  des  rameaux 

Pour  lagraiflede  l’ccil  &  pour  le  cinquième  mufclc, 
&  fort  par  vn  trou  particulier  de  l’os  frontaly  ers  la  peau 
du  front  &  la  paupière  fuperiçurc.  Ce 
pouruoit  à  ces  parties. 

Le  fécond  aux  mufclcs  de  la  Icvrc  fuperieuré  ,  Sc  à 
quelques  vns  du  nez  &  à  la  levrc  mcfmc  &  aux  gen- 
ciucs 

l-ttroipme  lacauité  des  narines  à  leur  tunique. 

Xc  (juatrie'me  à  la  partie  interne  du  mufcle  temporal. 
^allope  attribue  tous  ces  rameaux  aux, deux  paires  fui- 
uantes  :Mais  V'efale^  Celumbm  y  PUterm  &  Bauhin  pro- 
pofent  noftre  diftribution. 

La  cinquième  paire  quieft  félon  les  vns  la  plus  grolïc 
racine  de  la  troifiéme  coniugaifon  ,  &  félon  d’autres  de 
la  quatrième  ,  cft  cenuè  communément  pour  celle  qui 
fort  aufentiment  ouaugouftde  la  langue. 

Cclle-cy  naift  près  de  la  coniugaifon  fuiuante  ,  des 
coftez  de  la  moelle  prolongée ,  &  vn  reietton  entortillé 
comme  le  fléau  d’vnc  vigne,  fort  incontinent  apres  le  paf- 
fage  par  l’os  fphenoide.  Ce  qucquelques-vns  penfent 
feruir  pour  l’endurcir  ôc  elle  s’vnit  auec  deux  petits  ra. 
nicauxdu  nerf  auditoire.  ~  PpP  E,llc 


■f0Sâ 


•  vne  petite  portion  du  ceruem ,  éuec  U  cmmtncment 
de  la  moelle  de  Nfpim. 


Des  Nerfs. 

ptfrZ/V»  des  nerfs  optiefues'. 

C.C’  l’entonnoir  dn  ceruenu  tjni  reçoit  U  pituite. 
p,  -y»  conduit  du  troifiéme  ventricule  dans  l'entonnoir. 
g.  F.  les  rameaux  de  l’artere  Carotide. 

C.  U  troifiéme  paire  des  nerfs  qui  meut  les  yeux. 

H.  Ia  quatrième  paire  des  nerfs. 

I.  la  cinquième  paire  des  nerfs. 

K.  la  ftxiéme paire  des  nerfs  ,  félon  tAutheur. 
la  feptiéme  paire  des  nerfs, 
la  hutlhéme  paire  des  nerfs  de  l'oüye. 

M,  l'origine  des  nerfs  de  la  neufiéme  paire,  9H  VAgahon^ 
de  ;  la  fxiéme  félon  les  autres. 

0.  la  dixiéme  paire  des  nerfs. 

Elle  pouruoit  aux  mufcles  dclafacc,aa  temporal ,  au 
tnanducaceur  des  loues ,  à  la  peau  delaface,auxgenciue5 
&  aux  dents  (  car  c'eft  par  le  moyen  de  ces  nerfs  que  les 
dents  ont  fentiment  )  au  mufclc  qui  cft  caché  dans  la  boa- 
chc,&  à  lalcvre  inferieure. 

La  fixiéme  paire,  félon  lesynsla  quat£iéme,& félon 
d’autres  la  racine  plus  déliée  de  la  quatrième  eoniu- 
^aifon. 

Son  origine  cft  plus  petite,  proche  de  la  precedente, 
&  vn  peu  plus  dure. 

Elle  fort  auec  la  precedente  auec  vn  trou  commun. 
Elle  n’eft  pas  toutesfois  pour  cela  vnemefme  paire  auec 
lafptcccdente  :  car  les  paires  que  nous  appelions  troifié- 
me,  quatrième  &  feptiéme  paffent  aufli  par  vn  mefme 
trou. 

Elle  fc  porte  au  palais.  D’autres  veulent  que  cette  paire 
fcrt  aufli  au  gouft. 


Si  la  ffciê~ 

me  faire  eÇl 
U  mefme 
que  U  ci»~ 
quiéme. 


'  Des  Nerfs. 

Explication  de  la  Figure, 

îllcmonûre  le  cerueau  arraché  du  corps,  &  renucrfé, 
6c  les  origines  des  nerfs  qui  en  forcent. 

ji.A.  le  cerueau.  B,  B.  le  petit  cerueau, 

C.  les  produtiioHS  mammilîaires. 

P.  le  commencement  de  la  moelle  de  l’efpiné.  B.fon  terme 
ou  elte  fort  du  crâne. 

F.  la  première  paire  des  nerfs  qui [en  a  l'odorat. 

G.  la  fécondé  paire  de  s  nerfs  optique  s. 

H-  îvnien  de  cette  paire. 

I.  la  tunique  de  tœil ,  en  laquelle  fe  refpand  le  nerf  op, 
tique. 

K.  la  troife'me  paire  qui  meut  les  yeux. 

L*  la  quatrième  paire  des  nerfs. 

M-  la  cinquie'me  paire  des  nerfs, 

Z>  la  fxiéme  paire  des  nerfs. 

a.  ta  huiBème  paire  auditoire ,  ç.  marque  fa  partiel 
qui  efl  portée  aux  oreilles,  b.c.  aux  cofièx.. 

d,  vn  reietton  de  la  paire  precedente. 

e.  la  neufie'me  paire  des  nerfs  3  &  félon  d'autres  la  fxiéme 

va^ue. 

Lalcptiéme  paire, qui  eS  la  huidîé^me ,  félon  quel- 
qucs-vîis,  &  la  neufiéme ,  félon  d’autres,  &  au  compte 
4quclquesautres  la  plus  petite  portion  de  la  cinquiè¬ 
me  paire ,  encore  qu’elle  foitvnc  paire  particulière  plus 
grefle  &  plus  dure  que  la  cinquième,  &  diftinde  d’elle  en 
fon origine,  &en  fon  progrez. 

Car  elle  naiftvn  peudeuant  celle  qu’on  appelle  vul¬ 
gairement  la  cinquième,  au  milieu  de  la  moelle  proion. 
gce,ôc  montant  (ut  la  troilîéme  paire,  &  l’entrecoupant 
à  angles,  s’auance,  tenant  (on  chemin  entre  la  ttoifiéme 
&  la  quatrième  paire ,  où  elle  fe  porte  en  haut,  ôc  en  de¬ 
vant  vers  les  coftez. 

Qqq 


Troifiime  TralBé, 

Elle  fort  par  vn  trou  auec  la  troifiéme  &  quattiém 
paire,  &  feconfume  prefque  toute  dans  lernulcle  abd  ^ 

.àeur  de  1  œil.  Maisce  que  les  autres  difcntn’eft  pas  cer" 

tain  qu’il  fc  porte  au  muiclc  temporal ,  &  à  celuy  qyj 
caché  dans  la  bouche. 

La  huiaiéme  paire  ,qui  cft  la  cinquième  des  autres 
cft  celle  qui  fertÛoüje  j  Elle  natjl  prés  des  collez  des  prci 
cedentes  vn  peu  audeHbus.  Elle  entre  dans  l’os  pierreux 
^  fe  diuife  en  deux  rameaux,  l’vn  plus  grand  quife  dila! 
tant  fait ,  comment  on  croit ,  le  tambour ,  &  l’autre  plus 
petit  quife  porte  en  bas,  comme  s’il  vouloit  accompa¬ 
gner  la  fixiéme  coniugaifon. 

Elle  enuoye  des  reiettons  parla  première &fccondo 
Vourquo^  vertebie  ,  aux  mufcles  propres  du  larynx.  D’où  vient 
U!  TreüUs  curant  trop  profondé  ment  les  oreilles  ,vne  petite 

tropprofon.  touxfeiche eft excitée.  On  croitqu’elleenuoyequclques- 
demèt  ,one  fois  des  ramcaux  aubras,aucc  la  quatrième,  cinquième 
petite  toux  &  fixiéme  paire  du  bras,  &  quelqnesfoisàtout  le  pied, 
4JI  cfttffet.  l’elpine ,  aptes  qu  en  defeendant  clic  a 

accompagné  la  moelle  de  l’efpinc. 

La  neufiéme  pane  ,  qui  cft  la  ftxiéme  &  la  vague  des 
autres  >  parce  qu’elle  pouruoit  deçà  delà  à  plufieurs  par¬ 
ties  ,  mcfmes  à  toutes  les  internes  qui  font  auventre 
moyen  &  à  l’inferieur ,  à  qui  elle  donne  des  ramcaux 
pour  le  fentiment ,  à  caufe  que  ce  font  des  corps  plus 
mois ,  &  que  les  nerfs  qui  naifient  de  la  moelle  de  l’cf- 
pine,  cftans  plus  durs ,  ne  font  pas  propres  pour  ces  par¬ 
ties.  Ils  font  rcueftus  de  membranes  fortes,  à  caufe  qidis 

font  vnlong  chemin ,  &  marchent  attachez  aux  parties 
voifincs. 


Cette  paire  naift  vn  peu  au  deflbus  de  la  precedente 
par  plufieurs  fibres  qui  s’vniffcnt  incontinent.  , 

Elle  fort  par  le  trou  de  l’occiput  paroùcftoit  monte 
le  plus  grand  rameau  de  la  iiigulair«  interne,  & 
la  fortie  elle  pouruoit  aux  mu  (cl  es  qui  font  au  chinon  du 
col,  (urtoiitau  cucullaire.  Puisié  tronc defcendôc  s’at' 
tache  auec  la  dernière  paire ,  l’arterc  carotide  vei* 


Des  Nerfs. 

fie  iagula'i^e  j  &  envoyc  tranfverralemcnt  des  reiettons 
jlans  la  membi  ane ,  &c  aux  mufclcs  internes  du  larynx,  & 
juflî  aux  mufclcs  de  l’os  hyoidc  &  de  la  gorge. 

puis  defeendant  entre  la  carotide  ôc  la  iugulaire ,  aa 
coftéde  la  trachée  fediaife  fur  le  goûcr  des  deux  coftez 
en  rameau  externe  &  interne. 

L’ Externe  fait  les  Nerfs  Recurrens  ,  qu"on  nomme 
suffi  Nerfs  de  U  voix ,  parce  qu  eftans  blclTcz,  la  voix  de  recmrenl! 
l’animal  eftoffenfee  ,  de  forte  que  quand  l’vn  eft  coupé, 
l’animal  ne  rend  qu’vne  voix  imparfaite,  &  quand  ils 
lefonttous  deux, il deuient  muet.  On  les  nomme  aulS^ 
ftmrnms  ou  recterrens ,  parce  qu'ils  defeendêt première¬ 
ment,  &  puis  ils  retournent  desdeux  codez,  comme  à- 
i’entour  d  vnaiflicu'.kijlwr  autour  de  l'arterc  axillaire, 

&le  gauche  au  tour  du  tronc  defeendant  de  l’aorte  ,& 
pui'silsmontentiufquesauxmufclesdu  larynx,  à  quiils 
donnent  beaucoup  de  rameaux.  Cette  récurrence  ou 
retour  fe  deuoit  faire  ,  parce  que  les  mufcles  du*larynx 
ont  leurs  teftes  en  bas  &  non  pas  en  haut, 

Partant  le  droit  externe  de  la  fixiéme  paire  pouruoit 
incontinent  apres  la  diuifion ,  aux  mufcles  qui  naif- 
fent  du  dernon  &  de  la  clauicule,  puis  le  nerf  récurrent 
droit  edant  condituc  le  plus  fouuent  de  trois  petits  ra¬ 
meaux  réfléchis  &  vnis  ,  il  defeend  obliquement  fous 
le  goder  en  pafTant,  il  produit  des  rameaux  pour  la 
tunique  du  poulmoa ,  la  pleure ,  le  péricarde  &  le  c«eur, 

&  fait  en  fuite  le  doraachiquc  droit  ,  qui  fe  ioint 
wee  le  gauche  fous  rocfophage,&  paiTant  par  le  dia- 
phragme,s’en  va  à  gauche, à  l’orifice  gauche  du  vctriculev 
V  externe  gauche  V9^t\xoy^Lnx.^\xx.  parties  de  la  melme 
façon  que  le  precedent,  &  ayant  condituc  le  récurrent 
gauche  ,  il  fait  le  domachique  gauche  ,  qui  auec  fo» 
compagnon  embrafle  lorificc  fupericur  du  ventricule 
comme vnc  rets,  &,Ic  refte  va  au  pylore  &  à  la  cauité 
du  foyc. 

L'Interne  droit  donne  premièrement  vn  petit  rameait 
*ux  racines  des  codes,  à  chaque  nerf  intcrcodal  ;  Puis 
Q^q  ij  paffe 


Des  Nerfs. 

Explication  de  la  Figure* 

Les  Reiettons  fupericurs  du  Nctf  vague, 

A.  le  ceruem-  B.  U  petit  cerueaft. 

C,  les  frodu5iiof}s  oh  tuberojîtex,  du  cerneau  ,  mais  hou 
pas  les  mammillaires, 

E.  la  moelle  du  des  qui  tombe  du  crâne  y  coupée. 

F.  la  praduBion  mammillaire  qui  efi  l'organe  deCedorat 

G.  le  nerf  optique ,  eu  la  fécondé  paire  du  cerueau. 

1.  la  tunique  de  l’œil  que  le  nerf  fait  en  fe  dilatant. 

K.  le  nerf  moteur  de  l'œil, 

L.  la  quatrième  coniugaifon. 

M.  la  cinquième  coniugaifin, 

N.  le  reietton  du  nerf  L.  qui  va  au  front. 

O.  le  reietton  du  nerf  t.  qui'vak  la  mâchoire  fupe~ 

rieure. 

P.  P.  le  nerf  entretijfu  dans  la  tunique  des  narines  ,  qui 

vient  du  rameau  L. 

Q;le  nerf  qui  fartant  du  mefme  rameaUt  s‘ inféré  au  mufcle 
temporal. 

R.  le  nerf  tortueux  qui  vient  des  nerfs  M.  d“  b. 

S.  le  nerf  qui  va  du  rameau  M.  aux  niches  ou  logettes 

des  dents  fuperieures. 

,T .  le  nerf  qui  rampe  fur  la  mâchoire  inferieure  qui  vient 
du  nerf  M. 

y>m  reietton  du  rameau  T,  qui  fe  porte  à  la  levre  in- 
ferkure. 

X. X.  les  reiettons  qui  vont  du  rameau  T.  aux  dents  in- 
ferieures. 

Y. Ÿ.  vn  rameau  du  nerf  M.  qui  fe  refpand  dans  la  tu-- 

nique  delà  langue. 

2.  la  fxiéme  paire  des  nerfs  qui  va  d  la  tunique  du 

palais. 

la  huitième  paire  des  nerfs  pour  l'oüye. 
b*  c.  deux  rameaux  de  la  huibtiéme  paire  »  qui  s'vniffent 
auec  le  nerf  R. 


Troiftime  TraîEléy 

d.  U  feptime  coniHgaifon  cfui  va  a  la  face, 
c.  la  Jtxiéme  paire  des  nerfs  félon  le  vnlgaire  y  ^  taneu^ 
fie'me  félon  nojlte  Pere. 

f.  vn  ramean  du  nerf,  e.  e^ui  va  aux  mufclesdn  col. 

g.  les  petits  rameaux  pour  le  larjnx, 

h.  la  diflribution  du  fufdit  nerf  en  deux  rameaux. 

i.  i.  le  rameau  interne  e  fendu  fur  les  vertebres  tjui  fr. 

tifie  les interceflaux ynommé intercofial. 

k. k.  lesreiettons  du  rameau  externe  ejui  vont  aux  tefies 

des  mufcles ,  a  l'os  de  la  poiSlrine  ,  ^  aux  clautcuks" 

l.  tn.  les  petits  rameaux  du  nerf  droit  1.  qui  cenfiituttn 

le  nerf  droit  récurrent,  rn. 
n.  Cinfertion  des  recurrens  aux  mufcles  du  larynx- 
O.  p.  les  petits  rameaux  o.  du  nerf  gauche,  qui  eonflitum 
le  nerf  récurrent  gauche  p. 

q.  les  petits  rameaux  de  la  tunique  du  poulmon  ,  qui 
viennent  de  la  ftxie'me  paire, 
t.  les  petits  nerfs  du  péricarde  &  du  cœur,  piftr  la  tuni¬ 
que  du  poulmon- 

f.  les  nerfs  qui  s'implantent  a  Cefiomach  des  deux  cofiet!^ 
K.  la  dixiéme  paire  des  nerfs  ,  ou  celle  de  la  langue. 

I»  le  reietten  de  cette  paire  difiribué  aux  mufcles  quinaif 
font  de  l'Apophjfe  fijloide  des  temples. 

0.  l'vnien  de  la  dixiéme  pâtre  auec  la  neufémt> 
nr,  le  reietton  de  la  dixiéme  paire  pour  les  mufcles  de  là 
langue ,  de  l'oshjoide  &  du  larynx, 

paffe  le  diaphragme  auec  la  grande  artere ,  ôc  pouruoità 
tout  le  ventre  inferieur,  en  allant  iufqucs  àl’os  facrc.  Or 
il  fe  diuife  en  trois  rameaux. 

Le  I.  va  à  TEpipIoon, duquel  naiflent  trois  autres  pç- 

tits rameaux,  Le  i.au  colon  ;  d’où  vient  qu’on eftcaroüé 

rlüeûre'  longue  colique.  Le  i.  plus  petit  qui  cftàpemc 

apm  la  vifiblejau  commencement  des  inteftins.  Lc3  àU  par- 
telque.  tic  droite  du  fonds  du  ventricule  ,  à  la  membrane  W- 
perieure  del’EpipIoon ,  à  la  tunique  du  foye  &  àla  vcffiç 
du  fiel. 


Des  J^erfs, 

II,  L'Inferieur  va  au  rein  droit.  D’où  viennent  les  vo-  D’cUvUn^ 

miliemens  aux  nephritiques.  •  mntUsm. 

III.  Le  plus  grand  au  mefentere  ,  aux  inteftins  &  au 

cofté  droit  de  la  veflic.  e 

JJ Interne  gauche  le  diftribuë  à  fon  cofte  de  la  mefme 
façon, finon  qn’vnc  partie  vaà laRatc,auIicu  du  foye. 
îdâis  quclquesfois  ces  deux  internes  enuoient  des  re- 
ictroBS  à  la  matrice. 

Voila  la  diftribution  de  la  fixie'me  paire  félonie  vul¬ 
gaire,  &  delà  neufiéme  félon  nous. 

^  La  Dixiéme  &<lernierc  paire  des  nerfs ,  qui  naift  dans 
le  crâne  à  la  fin  de  l'occiput ,  de  la  moelle  prolongée, 

Jors  qu’elle  va  couler  dans  Tcfpine  ,  &  eft  la  fepiicmc 
félon  les  autres. 

Celle- cy  dure  que  les  autres,  par  diuer- 
fes  racines  qui  s’vniflcnt  apres,  &  fort  par  vn  trou  propre 
&  oblique  du  crâne.  Et  incontinent  elle  cft  iointe 
(non pas  méfiée  )  auec  la  paire  precedente  ,  par  de 
fortes  membranes  qui  feruent  à  fa  deffenfe.  Puis  apres 
elle  fe  fcparc  derechef,  &  s’en  va  auecla  plus  grande  part 
à  la  langue,  &  auec  la  plus  petite  au^  mufcies  <lc  l’os 
hyoidc,& du  larynx. 


7)  es  f^erfs. 

Explication  de  la  Figure. 

Les  Reicttons inferieurs  du  nerf  Vague. 


t.U.  U  ^omachi^ue  droit  ^  t orifice  gauche  du  •ventrickle 
t.  le  ftomachtqtte  gauche  a  l’orifice  droit  du  ventri^ 

cule  vi. 

X.  im  uc^f  veuaut  du. rameau  u.  qui  entre  dans  la  cmi. 
tedufoje. 

y.  2.  le  nerf  de  l'epiploon  droit  y.  du  hojau  colon  z. 

«.  le  nerf  qui  va  au  duodénum ,  au  commencement 
du  ieiunum. 

fi.  le  nerf  du  fends  droit  du  ventricule. - 
*.le  nerf  du  foye  &  de  la  vejjte  du  fiel.' 
y.  le  nerf  qut  va  au  rein  droit. 

1.  le  rameau  qui  va  au  mefenterej  (fr  aux  inte f  ins l 
I.  le  rameau  qui  implique  la  partie  droite  de  la  vejfia 
le  rameau  qui  va  à  la  partie  gauche  de  l’epip’loo». 
h  les  petits  rameaux  qp  s’inferent  à  la  Rate. 
fl.  /.  les  retenons  qui  vent  au  Colon  (j;-  à  l' Epiploon. 

vn  rameau  du  mefentere  gauche  >  (ÿ*  des  intefiins. 
h  vn  reietton  qui  va  au  rein  gauche. 
t-  le  nerf  gauche  du  fonds  du  ventricule, 
p.  Us  nerfs  qui  rampent  fur  le  cofie' gauche  de'  la  vefsie^ 


CHAPITRE  III. 

Des  nerfs  quifôrtent  de  U  moelle  de  /’ £fpmei(^-^ 
premièrement  des  nerfs  qui  firtem  du 
col  C;*  des  nerfs  de  toute  la  main. 

N  Ousauonsvcuiufqucs  icy  les  dix  paires  dés  nerfs 
quinai{rèntdanslccrane,dcla  moelle  prolongée: 
Il.cfteque  nous  deraonftrions  les  trente  autres  P  aires,  & 


Troïfieme  TralBé, 

Hfclqucsfois  vingt- neuf,  qui  fortcnt  d Vn  merme  prit,  •  ' 

pe,  à  fçauoitde  la  moelle  longue,  entant  qu’elle  cft  a' 

ja  hors  du  crâne  dans  l'Efpine  du  dos,  où  ^’onlanptpm' 
^fpifiiere  on  Dorfale^  ® 

Sept  paires  de  nerfs  fortcnt  de  la  moelle,  tandis  qu’eir 
cft  au  col ,  félon  les  vns ,  &  hui£t ,  félon  les  autres ,  qj 
font  diffeminées  extérieurement  par  toute  la 
mufcles  voifins. 

La  première  &  h  fécondé  paire  ont  cela  de  particulier 
;par  deflus  toutes  les  autres  ,  qu’elles  ne  fortm  pas  du 

xofté,mais  de  la  partie  anterieure  &poftcricure, à  caufe 

de  l’articulation  particulière  de  la  première  &  féconde 
vertébré. 

Or  la  première  paire  nâifi  entre  l’occiput  &  la  premiè¬ 
re  vertebre. 

La  fécondé  entre  la  première  &  la  féconde  vertebre, 
ÔC  ainfi  des  autres. 

La  première  &  la  fécondé  fe  diftribuentaux  mufcles 
de  la  tefte ,  &  aux  oreilles. 

La  troifeme (^uatrie'me  aux  mufcles  des  ioues& 
ceux  auffi  qui  font  communs  àla  tefte  &  au  col. 

La  cinepuime  auec  les  rameaux  de  la  quatrième  & 
fixiéme  font  les  gros  nerfs  diaphragmatiques,  &  enuoye 
auec  eux  vnc  partie  en  derrière,  &  vne  autre  en  deuant, 
aux  mufcles  qui  baiffcnt  la  tefte  ,  à  ceux  des  bras  &  des 
«fpaules ,  &  à  la  peau#  au  mefrae  endroit. 

La  fixiéme  aux  bras  &  aux  mufcles  qui  font  cachez 
fous  lefpaule. 

Ij^feptiéme  fe  ioinft  auec  les  deux  voifines,  i  fçauoir 
auec  la  fixiéme  du  col,  8c  la  première  du  Thorax ,  dont 
la  plus  grande  portion  va  au  brasiufques  auxextremitez 
de  mains. 

Car  cinqoufix  paires  de  nerfs  vont  aux  bras,  à  fçauoir 

delà  cinquième i  fixiéme  ,  &  fiepticme  paires  du  col, 
auffi  de  1  a  première  ôc  fécondé  paires  du  ThorAX  [ 
leur  fortiefemeflenc  &  s’vnilTenc  de  telle  forte  qu  elles 
ncpeuucnt  eftre fcparccs,  fans  les  gaftcr,8c  incontinent 


Des  Nerfs,  4^ g 

jprcjfc  diuifcnt  en  ces  paires  fufdites  :  la  nature  ayant 
Lj.eftce  fait  cette  vnion  pourraraalTcr  les  cfprits  ani- 

1  .  11-./ 

La  première  paire  va  de  la  cinquième  paire  du  col  au 

pcltoidc  principalement  &  à  la  peau  du  bras  ,  lai  liant 
Yne  partie  qui  accompagne  la  veme  humerale. 

La  fécondé  plus  crartefc  porte  par  le  milieu  &  par  la 
partie  anterieure  du  bras,oùclle  pouruoit  au  biceps,  d’où 
elle  fe  ioinâ:  auecletroifiémc  nerf, puis  allant  en  bas  elle 
donne  au  fupinateur  plus  long, ;vn  petit  rameau.Maisàla 
flexion  du  coude,  ellefe  diuifetantoft  en  deux  rameaux 
&  quelquesfois  en  trois. 

I.  Lefuperieur  plus  petit  marche  par  le  fiege  externe 
du  bras,  vers  la  région  externe  du  fécond  ou  premier- 
entre-nœud  dù  poulcc.  ’ 

1.  Le  moyen  &  le  plus  gros  defeond  obliquement 
entre  le  coude,  vers  le  carpe. 

3.  L’inferieur  accompagnant  le  rameau  interne  de  la^ 
bafilique  ,  fe  confume  dans  la  peau  du  coude  &  deîa^ 
main. 

La  troifîéme  fe  ioinèb  aucc  là  precedente  fous  le  biceps,*  - 
Elle  pouruoit  au  brachial  Sc  au  fiege  interne  de  la 
main. 

La  quatrième  la  plus  crafledetoutesis  auanceauecla 
veine  profonde  &  l’artere,  &  puisfcfond  diuctfement. 

Or  elle  pouruoit  aux  mufcles  qui  ellendent  le  coude, 
au  carpe, au  poulcc,  à  l’indice  &  au  doigt  moyen,  & 
aux  mufcles  extenfeurs  des  doigts. 

La  cinquième  qui  efieftcnduc  le  long  de  la  ptcccden- 
K,  dcfccndanc  entre  les  mufcles  du  coude ,  a  qui  elle 
pouruoit ,  par  les  parties  inferieures  &  pofierieures  du 
coudc(  ou  rrapant  quelquesfois  ou  comprimant  le  nerf, 
itousfentons  les  doigts  Itupeficz)  Ce  partage  en  deux  au 
®ilicu  du  coude. 

Le  premier  ramtâu  va  cxtcricurcrocnt  par  le  coude, 
au  doigt  moyen,  dl’annulaircôc  au  petit  doigt  [  le  long 
coftes  internes  des  doigtspourplus  grande  fcurcté, 

Rrr  ij 


500  Troljtéme  TmUe, 

»fin  qu’ils  ccdent  en  l’cmpoignement ,  car  I 
play  CS  font  plus  dangercufes  en  cét  endroiî 
qu’au  milieu.]  ‘‘ 

L’autre  va  intérieurement  par  le  coude  cti’ 
•tre  les  mufcles  qui  flechiflent  les  doigts  iuf* 
ques  au  carpe,  &  enuoye  des  rci étions  aux 
încfmes  parties  que  le  precedent. 

La  fixiéme  fe  confume  à  la  peau  du  coude 
-marchanientEe  la  peau  &  la  membrane.  ’ 


Explication  de  la  Figur 

J£llc  reprefente  la  mo’élle  dcrefpinefej 
des  vertébrés. 


A.  h  commencement  de  la  moetl'e  de  teffinedm 
le  crâne. 

3.  4.5.^.  7.  l’ origine  des  nerfs  fortansdn  pritf 
fCipe  de  U  moelle  efpiniere  ,  4  fpamir  U), 
y  6. -J.  paire  des  nerfs. 

Depuis^- itifques  a  -j.î  origine  des  nerfs  pi  for- 

I  tentdft  cofle' droit  de  lamoelle  efpiniere  dncol. 

i)epHis  B ,  influes  a  D .  l'origine  des  nerfs^pi fortet 
dn  cep' gauche  de  la  mefme  moêlù  efpiniere  du 
col. 

Depuis  j.iupues  a  1 9  .l’origine  des  nerfs  pi  fartent 
du  cofie' droit  de  la  moelle  efpiniere  dnThorâX» 

Depuis  D.  iufques  a  E.  l’origine  des  nerfs  pi 
fartent  du  cofie  gauche  delà  moelle  efpiniere 
du  Thorax - 

Depuis  19.  iufpes  4  2.4.  ^ depuisï.- iufptt* 
l’origine  des  nerfs  fortans  des  lombes-  ^ 

Depuis  i4.  iufquesa  3  o.  ^  depuis V.iufptt^^' 
t origine  des  nerfs  de  l'os  facre'. 

H.  l'extrémité  de  lamoèlle  de  l’efpine  fartant  d» 

!  bout  de  l'os  facrum> 


Des  ^erfs. 


50Î 


CHAPITRE  IV. 

Des  Nerfs  du  Thorax  ,  du  dos 
des  lombes. 

D  Oux^e  paires  de  nerfs  naifTencde  la  moelle  dans  le 
dos  ,&onzc  en  quelques  vns,  qui  fe  diuifent  tous 
&  chacun  en  particulier  apres  leur  fortic  en  rameaux 
grand  &  petit,  dont  Tvn  va  en  deuant,  &  l’autre  fe  re¬ 
courbe  en  derrière. 

Les  Rameaux  font  enuoyez  à  chaque  efpaco 

intercoftal  ,  pour  les  mufcles  intercoftaux  internes  & 
externes  ,  pour  les  mufcles  couchez  fur  le  Thorax  ,  & 
aulïï  pour  l’oblique  defeendant  del*Abdomen. 

Les  rameaux  &  plus  petits  vont  en  derrière 

aux  cfpincs  des  vertèbres ,  entre  les  mufcles  qui  font  ad- 
herens  aux  vertébrés ,  dans  Icfquels  ils  fe  confument  en 
partie,  &  en  partie  en  ceux  qui  nailTent  de  ces  cfpines  des 
vertébrés,,  comme  au  Rhomboide ,  au  Cucullaire ,  &c. 

Les  paires  des  nerfs  qui  naijfent  de  la  moelle  de  l’ef- 
pine  ,  lors  qu’elle  eû  aux  vertebres  des  lombes  ,  font 
quelquesfois  cinq,  &  quelqucsfois  quatre.  Ces  paires 
font  grandes  que  celles  du  dos.  Chacune  de  cellcs- 
cy  fe  diuife  en  rameaux  anterieurs  &  poftericurs,  qui  fe 
diftribuent  partie  aux  mufcles  des  lombes  &  de  l’hypo- 
gaftre,  &  partie  aux  iambes.  Car 
La  I.  paire  donne  vn  rcietton  aux  parties  charnues 
du  diaphragme  ,  &  puis  elle  pouruoit  aux  mufcles  de 
l’abdomen  &  dcs  lombes. 

La  II,  donne  des  rameaux  à  quelques  mufcles  de  la 
cuifle  &  du  tibia ,  &  félon  l’opinion  de  plufieurs  >  vnc 
branche  aux  vaiiïeaux  Ipcrmatiquesi 
La  III.  va  au  genoüil&:  à  fapeau,  &  vnc  partie  accom¬ 
pagne  la  Saphène  ,  &  vne  autre  partie  va  aux  mufcles 
qui  font  couchez. fur  les  lombes. 

Rrr  îij  La IV. 


Des  ^erfs:  sos 

Explication  des  Figures* 

La  h  Figure  reprefehte  Jes  nerfs  qui  fortent  de  la  partio 
■  anterieure.  La  i.  ceux  de  la  pollericure.  Elles  ontlcs 
lettres  communes,  s’iln’eft  marqué  autrement. 

A*  1*  i*  fftoelle  de  l’efpiite  tjui  entre  dans  les  vertehres,  - 
I,  infques  a  -j.i.  les  jept  vertebres  dn  col, 

8,  mfqttesa  lÿ.  i.  les  doHz,e  vertebres  dn Thorax. 

10.  mfqneskit^.  i.  les  cinq  vertebres  des  lombes. 
z^.  infqttes  ^  50.  i.  les  Jtx  os  de  l’os  facre. 

B.  a.  la  première  vertebre  du  eol.  C.  x.  la  première  vertè¬ 
bre  dn  Thorax. 

D.  a-  la  première  vertebre  des  lombes.  E.  a.  tos  facré. 

F.  a.  le  reietton  pefierieur  de  la  première  paire  des  nerfs 

de  la  moelle  de  l'efpine. 

G.  i.x- fa  diftribution  aux mufcles  de  latefle. 

H. i.  le  reietton  anterieur  de  la  première  paire. 

I.  K.  a.  le  rameau  plue  dette'  du  reiettén  pofterieur  de  la 

fécondé  paire  ,  qui  efi  difiribué  en  haut  y  I.  le  plus 
gros  K. 

L*  a  tvnion  du  rameau  de  la  troifie'mepaireauec  le  rameau 
K.  de  la  fécondé. 

M.  M.  I.  a.  la  fécondé  paire  difiribuée  à  la  peau  de  la  ’tefie 
iufques  au  col.  N .  i-  reietton  anterieur  de  la  fécondé 
paire.  r*  latrotfe'me  paire  &  la  troife'me  vertebre. 

O.  1.  a.  le  rameaupojierieur  de  la  troijteme paire  qui  fe  réflé¬ 

chit  premièrement  en  derrière ,  &  puis  en  deuant  fous 
les  mufcles  .tous  les  rameaux  des  paires  iufques  d  a^. 
fuiuent  vu  mefme  chemin. 

P.  1.  le  rameau  anterieur  de  la  treifieme  paire  partage'  e» 

quatre. 

Q^.  fon  premier  rameaupar  les  mufcles fleehiffeurs  du  cqI* 

R. i.  a.  le  fécond  svnit  auec  la  quatric  me  paire» 

S.  I.  le  troifte'me  rameau  meslé  auec  le  rameau  K. 

T. i.  i.le  quatrième  rameau  pour  les  mufcles  de  tt  lie»,  qai 


rDes  Nerfs.  505 

fontudherem  ahx  apofhjfestrAnfverfes  des  verfebm. 
4.1.  la  quatrième  paire  aaec  la  quatrième  vertebre. 
V.  !•  !•  le  rameau  pofierieur  de  la  quatrième  paire. 

X.  I-  i.  le  rameau  anterieur  de  la  quatrième  paire  partage 
en  trois. 

y.  I.  le  premier  rameau  qui  reçoit  le  reietton  R. 
a.  !•  le  fécond  rameau  qui  va  aux  mufcles. 

\  b.  I,  le  troifème  rameau  qui  approche  la  portion  c.  de  U 
cinqttième  paire.  5.1.  la  cinquième  paire,  c.  i.  z.  le  ra¬ 
meau  pofierieur  de  lacinquiême paire. 

,  d;  1. 2-  le  rameau  anterieur  delà  cinquième  paire. 

e.  U  cetteportion  confiituè principalement  le  nerf  diaphrag¬ 
matique. 

f.  1. 1.  le  rameau  du  nerf  A.  quife  traineala  tefie  de  («mé¬ 
plate  y  fous  qui  il  y,  a  des  reiettons  qui  vont  à  (ef. 
paulo. 

g,  lii.  vn  reietton  du  nerf  f.  pour  la  peau  du  haut  de  (ef~ 
pAule. 

h.î.i,  vu  rameau  du  nerf  f.  pour  le  mufcle  fécond  du  bras. 

i.i.2-  vn  autre  rameau  efi  inféré  a  ce  mufcle  k  la  peau, 
è.i.lafxième  paire. 

K.i,  le  rameau  pofierieur  de  la fixième  paire. 

I-i.  le  rameau  anterieur  de  la  fixième  paire. 
m.i.  vn  reietton  dé  ce  rameast  pour  faire  le  diaphragmais 
tique. 

n.n.  1.2.  le  nerf  diaphragmatique  compofè  des  trois  reiet¬ 
tons  b.  e.  &  m. 

0.0. 1.  2.  fadiftnbution  au  diaphragme. 

P*i.  le  rameau  de  la  fixième  paire  qui  vaàlasauitè  de  (ef^ 
faule. 

1. 2-  (implication  du  rameau  L  auecles  rameaux  veifinst 
dont  vne  portion  va  au  bras.  7.1.  la feptièmepaire  des 
nerfs. 

^•2.  le  rameau  pofierieur  delafeptième  paire. 

I*  l’vmon  delà  feptieme  paire  auec  les  rameaux  Voifins. 
t*  1. 1.  fs  reiettons  aux  mufcles  de  (efpaule  &  du  bras. 
8*1.  la  huitième  paire  ou  la  première  du  Thorax. 


tttüt 


50^  Troijîeme  TraïUèy 

U.  Z.  1er  Ame  AH  poflerieurde  lahui^liémepAire. 

x, u.  iJ'vmeH  de  l'huiÜiéme  Auec  la  feptiérnei  de  Uqtt  j? 

cjuelefHes  nerfs  vont  au  bras  ^  ^  ® 

y. l.  vu  rAmeau  deCbutUiéme  paire  ^ui  va  au  haut  de  I4 

poiÛrine» 

:«c.  «{.  Z.  les  retenons  (jui  de  l'huiBicmepaire  t  ou  du  ^uatrié 
me  nerf  vont  au  bras  pour  les  mufdes  de  ce  lieu.^  j* 
la  neufiéme  paire  des  nerfs. 

%  le  rameau  poflerieurde laneufime paire.  i^Xfonra- 

meau  antérieur. 

I.  les  retenons  <jui  vont  de  ce  rameau  aux  mufeles  du 
Thorax.  10.  iufejues  à  if>.  1.  inclufluement  les  paira 
des  nerfs  pour  les  e^aces  des  cofles. 

-H.  ».  I.  les  retenons  des  nerfs  intercoflaux  aux  racines  des 
coflesi  ^ui  augmentent  le  nerfcoflal  qui  vient  de  la  fxié- 
me  paire  ducerueau. 

15.0.6.1-  les  rameaux  qui  vont  desintercoflaux  aux  mufeles 
^  coucher,  fur  le  thorax. 

s,  i.  ï.  les  rameaux  pour  le  mufcle  peBoral ,  ou  lepremitr 
du  bras. 

K  K.  i»  les  rameaux  qui  vont  au flege  inferieur  de  ce  mufcle. 
h.  I.  les  rameaux  pour  les  mufles  obliques  de  hbdi' 
men. 

pL.  p.  i.  pour  le  mufcle  tres-largedu  bras. 

4.  1.  vn  rameau  pour  le  mammellon. 

0.  e.  I,  les  rameaux  depuis  lai^.&iq.paire  four  Je  princi» 
pe  du  mufcle  de  la  cuijfe  >  ^  pour  le  lombaire  ou  U 
flxie'me. 

or.  r.  I.  le  premier  nerf  du  bras  pour  la  peau  au  foie  tx* 
terne. 


P*  I.  1.  le  fécond  du\bras. 

c.  9.  I.  les  nerfs  qui  fartent  de  celuy-cj  pour  lepfcittiff 
mufcle  du  coude ,  ou  le  biceps . 

T.  I.  Z.  letrotfitme  du  bras  ;  y.  i.fin  rameau poftr  Ist 
du  bras. 

I.  vn  petit  rameau  pour  le  mufcle  du  coude, 
chiai. 


?5  vç 


Des  Nerfs,  so7 

Y,  r.  four  la  peau  anterieure  du  bras. 

^  I.  fvHton  du  troiJJe'me  nerf  auec  le  fécond. 

I,  le  fécond  qui  rampe  enias  auec  le  troife'me ,  apres  U 
comonBien. 

r.  I.  w  reiemn  d^  fécond  nerf  pour  le  fécond  mufcle  d» 
rayon  »  ou  le  plus  long  fupinateur. 

^A.i.  le  rameau  fuperieur  du  fécond  nerf  y  qui  marchant  fur 
le  carpe,  va  au  premier  entre- nœud  du  pouke. 

0.  i.le  rame  au  moyen  du  fécond  nerf,  A.  i.fa  continuation 
iufquesklamain. 

f,,  I.  le  rameau  inferieur  du  fécond  nerf. 

n.S  i.  Deux  rameaux  de  celuy-cy  a  la  main  inferieure,. 

i.i.2.  le  quatrième  nerf  du  bras, 
tes  nerfs  de  eefiui-cy  aux  mufcles  extenfeurs  du  coude, 

,  vurameaufourlapeaudubrasalapartie pefierieure.  31. 

1  pour  la  peau  externe  du  bras.  33. 2.  le  rameau  qui  fe 
traine furie  coude  externe  iufques  au  carpes 

^.1.  la  bipartition  du  quatrième  nerf  au  coude,  ^yi.lera* 
meaufuperieur  de  cette  diuifiom  37.  t.le  rameau  infe¬ 
rieur  de  cette  diuif  on  au  coude. 

y^.i.les  reiettons  de  eeluy-  cy  four  les  mufcles  qui  naiffent  de 
la  tuberofitè externe  de  tefpaule  . 

3^.  40.41.1.  Trois  rameaux  pour  les  mufcles  qui  naifentdi* 
coude. 

*,  1. 2-lecinquicme  nerf  du  bras.  43.  i.  les  reiettons  de  ht 
troifème  &  cinquième  paire  des  nerf  s  qui  vont  au  bras 
pour  les  mufcles  qui  occupent  le  coude  interne, 

44‘i'  le  rameau  du  s.  nerf  pour  lapaulme  de  lamainé’kt* 
doigts- 

45-  1-  k  rameau  du  nerf  peur  la  main  inter  ne- 

46.  I*  ‘ÿn  reiettondu  rameau  j^j.efiendu  fur  le  coude  pour 
la  main  externe- 

^-i.x-lefxiémenerfduhras-s^y.t.Sa  fin  près  de  h  article  de 
la  main. 

48.  I.  Us  reiettons quivont du fixiime nerf  klapeauyparcyy 
parla.  20.  iufques  a  24.  i.  cinq  paires  des  nerfs  qui 
fortentdes  vertébrés  des  lombes, 

Sffij 


49 


Dn  Nerfs.  ^09 

Ag\  4p'ï*  four  les  tejlicules  de  la  20.  Paire.  $Q. 

^0.  i.  Itsfief'f^'des  njufcles  de  l'abdomen. 

Ÿ.VÎes  retenons  de  ces  nerfs  four  le  mufcle  très-  large  du  bras, 
p.  p.  !■  les  rameaux foferseurs  qui  fortent  des  ver¬ 
tèbres  des  lombes  i^.mfquesà}o.i.fxfatres  denerfs 
.qui  fortent  de  Vos  J  acre,  p.i.le  rameau  de  la  ly  faite 
four  les  farties  internes  de  la  hanche. 

JJ,  2.  lerameau  qui  va  aux  famés  externes  de  lahanchet 
fans  comfagnonfour  la f  eau,  &  les  mufclesdesfejfes. 

^6 .  ].  2.  lafn  delà  moelle  de  fejftne.  57 . 1.  le  fremter  nerf 
de  la  iambe. 

j8. 1.  les  rameaux  qui  viennent  de  ceflui-cjalafeau,^^.  t. 
de  cefiuucy  aux  mnfcles. 

Co.  !•  le  fécond,  nerf  de  la  iarnhe-  64.  i.vn  rameaudufe- 
cond  nerf  four  les  mufeles. 

6y  ï.  vn  rameau  qui  va  de  celui -cy  au  cinquième  mufcle  de 
lacuiffci  eu  autricefs. 

i.letroifémenerfdelaeuiJfe.6y.  i.vnreietton four  les 
mufeles  qui  oceufent  le  trou  de  hs  du  fenil.  6  8. 1.  ra¬ 
meau  four  la  feau  interne  de  la  cuijfe. 

C6. 1.  vne  fertien  du  treifûme  nerf  four  les  mufeles.  70. 
t.vneautrefortion  de  ce  nerf  four  le  fécond  mufcle  dés 
fechijfeurs  du  tibia. 

71. 1. 2.  lequatrie'menerf  delà  cuiffe,  le f  lus  gros  deteus.yi. 
!•  i.vn  rameau  de  ce  fui- cy  qutl  reffand  la  flus  grand, 
fart  four  la  feau  delà  cuife,  a  la  fartiefofter/eure. 

lyi,  vn  autre  four  les  mufeles  qui  natjfenîde  l’,^ffendicede 
la  hanche. 

Cl.  les  rameaux  qui  viennent  de  celui- cy  a  la  feau.  62.  le 
rameau  qui  va  au  hault  du  fied. 

<^3-  les  reiettons  du  rameau  61.  qui  enuelofent  le  ge- 
neüil. 

74*  vn  rameau  du  quatrième  nerf  delà  iamhe  four  le  qua¬ 
trième  mufcle  du  tibia,  &  four  la  feau. 

75-,  les  reietons  de  la  quatrième  faire  four  les  tefies  des  muf- 
cles  du  fied. 

lé, la  dtuifton  du  quatrième  nerf  au  i  arrêt  en  deux  troue. 

Sffiij 


jio  Troipéme  TmUi^ 

77.  ‘U  tme  (xterieur  &  plus  grès  le. 

78.  78.  fin  rameau  ^eur  la  peau  du  tibia  ,  4 

extérieure  iufyues  au  petit  dotgt.  ^  ^ 

79.  vu  autre  qui  s  inféré  auxmufcles. 

%o.  le  tronc  interne  du  quatrième  nerf. 

ïi.SkU  rameau  qui  fe  traine  fur  te  fitge  interne  du  tibia 
fous  ta  peau  ypour  les  parties  inferieurs  du  pied, 
îi.  la  connexion  du  troue  interne  &  externe  par  vn  re> 
ietton. 

83.  laJifirtèution  du  tronc  interne  pour  les  parties  infe. 

rieur  es  du  pied. 

84.  la  portion  du  rameau  marque'  78.  qui  vaauxpartm 
fuperieures  du  pied  &  au  petit  doigt. 

85.  le  rame  au  du  tronc  interne  près  du  talon. 

%6,fm  autre  rameau  qui  va  aux  parties  fuperieures  dit- 


La  IV.  eft  la  plus  grand*  entre  les  lombaires,  qui  va 
aux  mufclcs  anterieurs  de  la  GuiflTc  &  du  tibia  iufques  au' 
genoüil. 

La  V.  pafle  par  le  trou  qui  eft  entre  l’os  de  la  hanchci 
du  penil  &:  de  rHion ,  &  diftribu'é  des  rameaux  à  quel* 
q«es  murdes  de  la  cuiffe  &  de  la  verge ,  au  col  de  !&> 
matrice  &  de  la  vcffic. 

Mais  Icsplus'grandsramcauxvontdeccs  trois  derniè¬ 
res  parties  aux  iambes, comme  nous  dirons  auxCi&/</>/>r«>. 
Juiuans. 


CHAPITRE  V. 

Jbes  Nerfs  cjul  naijfent  de  la  MocUe  de  l'of 
facré^  des  nerf  de  tout  le  fief 

Cinq  paires  de  nerfs  nailîcnc  de  la  moelle  4e  lEf- 
pinc  qui  eft  dans  l’os  Sacré ,  &  autrcsjÎAr,  des  quatre 


Des  Nerf  si 

inferieures  deslom- 
jjjSjnaiiTent  les  Nerfs  cruraux,  qui  dcfcendcnc  entre  les 
pieds ,  &  eftans  conioints  à  leur  fortic,  comme  vnc  petite 
îcts,  refpandcnt  quatre  rameaux,  comme  il  fera  dit  iix- 
xoniincnt  des  nerfs  dupied. 

■  Or  la  première  paire  des  nerfs  de  îos  facré.  Te  diuifo 
comme  les  lombaires  en  rameau  anterieur  &poftcrieurr 
Mais  j  non  pas  les  cinq  paires  fuiuantes.  Car  deuanç 
quelles  fortent,  elles  font  doubles  des  deux  coftez  ,  & 
vn  nerf  tombe  d’vn  &  d’autre  cofte  en  deuant,  &  vn 
autre  en  derrière.  Les  rameaux  pofterieurs  fe  diftribuent 
romme  les  lombaires  pofterieurs,  à  fçauoir  aux  parties 
poftericures  voifines. 

Les  trois  anterieurs  fuperieurs  vont  à  la  iambe ,  les 
deux  inferieurs  aux  mufdcs  du  fondement  ôc  de  la 
veflie ,  &  en  quelques  vns  au  col  de  la  matrice  &  de  la 
vcffic ,  &  au.  membre  viril ,  &  les  autres  au  pcrince  de  la 
femme  &  à  la  bourfe. 

Dauantage  la  fin  de  la  mocHc  du  dos  ,refpand  v»  féal  "''f 

reietton  appelle  fans  pair  a  caufe  de  cela  :  Mais  quel-^'*”^^^^’ 
quesfois  il  a  Ton  pareil.  Il  va  i  la  peau  entre  les  feftes  ic  . 
Icfiegc,  &  a  quelques  mufdcs  de  lacuiftè. 

Les  Nerfs  qui  vont  â  la  iamhe»  fuiuent  maintenant^ 
qui  font  quatre ,  comme  nous  auons  défia  dit. 

Lt  premier  &Ic  troife'me  font  phiscouits,^:  viennent 
feulement 'a  la  cuifle  :1e  fecoad  cft  plus,long  &  fe  porte 
aulTi au  tibia,  le  t^uatnéme  eft  le  plus  long  de  tous. 

Le  Premier  cftant  compofe  de  la  troifiéme  &  qua¬ 
trième  paires  des  lombes  ,  defcendant  au  petit  trochan¬ 
ter,  va  à  la  peau  &  auxmufcles  de  la  cuifte  ,  &  à  quel, 
ques  vns  du  tibia ,  d>c finit  au  deflus  du  gcnoiiil. 

Le  fécond  naiffantdumcfmclieu,  defeend  à  la  iambe, 
auec  la  veine  &rartere  ,  parles  aines  à  la  cuifiè,  &  aux 
mufcles  anterieurs  de  la  cuifte,  6c  s’epand  au  tour  dti 
genoüil.  llcnuoye  dedans  vn  gros  rameau  aucclafaphc- 
fie  au  malléole. 

Lo  tiqifiéme  naift  à  l’articulation  de  la  quati^me  6c 


Tmitcme  TraiSiê, 

cinquième  vertèbre ,  &  va  par  le  trou  du  pcnil  i  n»  i 
ques  raufcles  de  la  cuiflTc  fupericurc  &  de  U  vçr  '  ' 
qui  naiiTcnt  hors  de  l’os  du  pcnil,  &  à  la  peau  de  la 
en  l’aine.  ^ 

Le  quatrième  eft  le  plus  gros ,  le  plus  long,  le  pl^j 
&  le  plus  fec  de  tous  en  tout  le  corps  ,  compofé  de*^* 
quatre  paires  de  l’os  facré  ;  Il  pouruoit  i  U  peau  de  la 
cuiffe  ,  &  à  quciques-vns  de  fes  m'ufclcs ,  comme  auffi 
à  ceux  du  tibia  &  du  pied. 

Mais  ce  grand,tronc  fe  dw/yêrousiacauitépoftcrieurc 
du  genoütl  ou  du  iarre.t ,  en  rameau  externe  &,  interne. 

L'Externe  va  au  iarict,  aux  parties  externes  du  pied* 
aux  mufcles  du  péroné,  &  au  malléole  externe.  ^  ^ 
V interne  grand  valc  long  du  tibia  aux  mufcles 

des  pieds  &  des  doigts,  au  malléole  interne,  aupoulcc 
&  à  la  plante,  &  donne  deux  reiettons  à  chaque  doigt. 

Cctlpourquoy  'prefquctous  les  nerfs  qui  vontà  tout 
le  tibia  &  à  tout  lepetit-pied,  naifTçnt  de  ce  grand  nerf 
crural  feui,  ; 


traigte; 


OyATRIESME  TRAICTE’ 


ET  DERNIER 

Des  OS, 


EtDts  Cartilages  (y  des  Ligaments  ', 

Ous  expliquerons  en  dernier  lieu  TOi- 
fteologie  auecla  mefmc  briéucté  que  ^ 

autres  parties  de  l’Anatomie., 

Or  nous  1  auons  relcruec  pour  la  fin,  nomtr/i. 
parce  que  nous  ne  pouuons  examiner  les  à$ns  des  or 
os,queIors  qu’ils fe prefentent àla  veue, 
apres  que  toutes  les  autres  parties  en  ont 
ellé  feparces-:  Nous  ioignons  à  la  confideration  des  os, 
ladodrine  des  cartilages  &  des  ligaments, 
f  I.  A  caufe  de  la  rclTemblance  de  leur  fubftance.  Car 
CCS  trois  parties  fimilaires,  l'os  ,  le  cartilage,  le  ligament,  ' 

approchent  de  la  nature  l’vn  de  l’autre ,  de  forte  qu’il  cartilages 
fcmble  qu’ils  ne  different  entr’eux  qu'à  raifondu  plus&  &Usltga- 
du  moins.  Car  l’os eft  fort  dur  ,1e  CârtiUgesti  peu  plus 
mol  qui  peut  toutesfois  fc  changer  en  os,,  comme  il  fe 
void  aux  os  tcndrelets  des  enfans-,  qui  font  cartilagi¬ 
neux  au  commencement.  Le  ligament  eft  encore  plus 
mol  que  le  cartilage ,  qui  fc  change  auffi  quelquesfois 
en  Os,  comme  aux  vieillards  décrépits.  C’eft  pour  cette 
îaifon  que  pluficurs  donnent  vnc  mcfme  matière  à  l’os, 
âu  cartilage  &  au  ligament,  &  mefmc  au  tendon. 

X‘  Acaufeduvoifinagedulicu.  Carl’os,jccartilag.c,&- 


jt4-  Troîjtme  TraiRh] 

k  ligament  fe  tiennent  compagnie  le  pins  fouuent&  r 
trouuent  conioints  cnfcmble.  Car  ies  os  font  attach  ' 
par  les  ligaments  qui  ont  leurs  telles  couucttes  d’v'* 
croufte  cartilagiucule  comme  cl’vn  couuercle  à  l’endro’* 
où  ils  font  liez.  - 

CHAPITRE  I. 

Des  os  en  General. 


La  nature  des  os  fe  connoift  aifément ,  fi  nous  pro: 
pofons  par  ordre  leurs  cAftfes  &  leurs  accidents. 
ta  matière  de  laquelle  les  os  font  engendrez  dans  la 
matrice  ,  félon  Htpocrate  ,  cft  vn  cxercment  terreftre 
auec  la  graifle  &  l’humidité  coniointe.  Selon  Arifiott, 
i'exérement  de  la  femence ,  &  fuiuant  Galien  la  partie 
plus  craire,plus  dure&:  deffeichéede  la  femence. 

Oril  ya  quelquesos  qui  font  engendrez  parfaitsdans 
la  matrice  ,  comme  les  oficllers  de  l’ouye  qui  font  les 
plus  petits, &  d’autres  imparfaits,  comme  les  dents  & 
tous  lesâutrcs  os,àquiil  manquequelquç  chofe, com¬ 
me  l’Apophyfe  ou  appendice,  Ôcc. 

Dauantage  tous  les  os  excepté  les  dents  ont  des  bor¬ 
nes  certaines  d’accroiflement  :  Mais  les  dents  croilTent 
toufiours,  puisquVne  dgitcftantoftéc, celle  qui eftoit 
oppofee  deuient  plus  longue  :  la  nature  l’a  voulu  ainlî, 
parce  qu’elles  fc  diminuent  toufiours  danslcbroyemcM 
des  viandes. 

La  matière  murrijf ante  eloieme  des  os  cft, comme  oft 
cftime ,  la  partie  plus  crafle ,  plus  terreftre  &  comme  ex- 
crementeufe  du  fang  ,  qui  influe  dans  la  moelle ,  pour 
cftre  cuite  dans  les  cauernes  des  os.  C’eft  pourquoy  la 
moelle  cft  encore  fanglantc  dans  ces  cauitez  des  os  des 
animaux  qui  font  nouuellement  nez.  - 

U  mulle  La  prochaine  nourrtture  [  des  os  creux]  cft 

tft  l’alimit  focrate&i  Galien  la  moelle  contenue  dansics  os  [jinpi 

OH  l’extrt'  au  contraire  &  pluficurs  Peripateticiens  veulent  que 


Des  O  si 

moelle  foitpiuftoft  l'excrcrocnr  des  os)  comme  la  mu-  Meut  iei 
cofitcqui  cftrefpanduë  au  tour  des  cartilages,  en  eft  la  $s. 
matière  prochaine  noorriflante,  &  celle  des  ligaments, 
de*  membranes  &  des  nerfs ,  cette  humeur  gluante  dont 
ils  font  atroufez. 

[  Celle  des  os  folidescR.  lefangcrafle  qui  entre  par  les 
pores ,  parce  que  i .  les  os  rompus  s’vniflcnrpar  vn  cal  en¬ 
gendré  des  reftes  du  fang  alimenteux.  i.  Parce  qu’vn 
âbfcezfe  peut  former  dans  leur  fubftance,  quand  les  fu- 
perfluitez  de  Palimentfc  pourrilTcnt  dans  les  pores.  ] 

La  caufe  efficiente  eft  la  vertu  oflîfique,  ou  vne  puif- 
fancc  naturelle,  oui  agit  par  i’affiftancc  de  la  chaleur. 

La  forme  de  l’os  eftl’amc  aulfi  bien  que  de  tout  le 
corps,  par  laquelle  Los  eft  tel  au  2.  Liure  de  la  Généra¬ 
tion  des  animaux  Chapitre  i.  D’où  vient  que  les  os  des< 
morts  ne  font  pas  os ,  à  parler  proprement. 

Les  accidents  des  os  font  les  diuerfes  figures,  la  folidi- 
té ,  la  force,  &c.  dont  nous  parlerons  cy  apres. 

La  fin  ou  vfage  des  os  eft 

I.  D’eftrelesfondemens  &  les  appuis  de  tout  le  corps, 
comme  les  colomnes  &  les  fondemens  aux  raaifons. 

a.Dcfcruir  dedeffenfe  à  quelques  parties  ,  comme  le 
ctanc  eft  le  rampart  du  ccrueau.  ,  rjsï  1 

3.  Deferuir  àmareher,  comme  cela  eft  mar^fèfte  aux 
iambes.  C'eftpourquoylesfcrpens ,  les  vermiftèaux  ^ 

les  autres  reptiles ,  faute  de  ia^bcs ,  font  contraints  de  ^ 
ramper. 

4.  Diuers  os  ont  quelques  vfages  particuliers,  dont 
nous  parlerons  en  THiftoire  particulière  des  os. 

’LiJîtuatfoftdcsoicik  plus  profonde ,  parce^qu’ils  fibnt 
les  fondemens  ôf  les  fouftiens  du  corps. ,,  , 

Ilsfont  ài&cïQns  en  grmdenrt  félon  la  diucrfitçdeAeurs 
vtilitez.  Lesosdütibia,dclacui{re,  dubras ,  de  l’efpau- 
le^&c.  fhmgrands’  Ceux  de  l'ôuye,  les  fefamoides,  Icf 
dents,  les  os  du  carpe ,  &c.  font  petits^  . 

î\s  [ont  plftjtefirs  y  &  non  pas  vn  feul  pour  la  diuerfîte 
des  mouuemcns,  5c  afin  que  l’vn  cftant  offenfé,  tout 
TU  ij 


5i6  §luAtrUme  TralBé, 

ettn  V/tni-  corps  ne  lefoit  incontinent. 

C’eft  vne  chofe  monftrueufe,  qu  vn  homme  na'IT 
fans  os  , comme  ce  petit  «nfant ,  dont  Hippocrate  f 
mention  ,  qui  eftoit  de  la  grandeur  de  quatre  doigjs^ 
mais  qui  ne  vefeut  pas  long  temps.  ^ 

’Orle  nombre  des  os  n’eft  pas  pareil  en  tous.  Car  ils 
font  en  plus  grand  nombre  aux  enfans,  quis’vniffcnt  peu 

3peu,&  dont dénombré  diminue  par  confequent  fies 

vns  pcuuent  compter  bs  epiphyfes  à  pan,  &  faire  par  ce 
moyenle  nombre  des  os  fort  grand  :les  atatres pcuuent 
lailTer  les  fefamoides ,  &  les  aut  res  petits ,  ou  ceux  qu’on 
trouue  plus  rarement,  comme  aux  arteres  carotides  :  c'eft 
ee  que  fait  Piccelominy  n’en  compte  que  14p.  fcuig_ 
ment:  Onen  compte  communément  304.  Et  d’autres  en 
mettent  autant  qu’il  y  a  de  iours  en  l’an. 

L«ur  diuerfe.  Car  les  vns  font  ronds ,  plats, 

aigus,  obtus ,  &c.  comme  nous  dirons  en  particulier. 

Leur  couleur  eft  blanche  dans  leur  conftitution natu¬ 
relle,  meflée  auec  fort  peu  de  rougeur. 

Tous  Iesos  fonttw»»ewextcricuremcnt  (non  non  pas 
intérieurement  )  du  période ,  excepté  les  dents  &lcs  os 
^  ,  fesamoides ,  &  les  fieges  des  autres  os ,  où  ils  s’articii- 

Leperioftea  le  fentiraent  exquis^ 
Us  os.  Mais  les  os  n’ont  pas  le  fentiment  de  rattouchemenr, 
Le  fenti-  excepte  les  dents  auxquelles  nous  pouuons  attribuer 
dents  fentiment ,  puis  qu’elles  fentent  l’air  ou  l’eau 

’  froide  [  mcfmes  par  leurs  extremitez  ,  fur  tout  en  l’a- 
gaffement,  deuanr  que  l’air  ou  l’eau  touche  aux  petites 
membranes  &  aux  nerfs ,  pat  le  moyen  dcfquelson  tient 
qu’elles  ont  fentiment.] 

La  Connexion  des  os  eft  diüerfe.  Or  l’alTcmblage  de  tous 
Içs  os  eft  appelle  des  Grecs  SKcleton,  comme  fi  on  àu 
foit  vn  cadaiifc  dcfTciché  ,  du  verbe  Grec  Sulleitt 
ïîgnifie  defleicher.  [  Il  fc  fait  en  partie  par  les  ligaments 
dclTcichez  aucc  les  os,  &  en  partie  par  des  liens  qu’oa 
Combien  ,7  tantoft  aflîs&  tantôt!:  debout.] 

^  a  de  coK-^  P*'  cohérence  ou  connexion  fe  fait  Çelon  Galù^ 


Des  Os,  jjj 

pai-artide  ou  articuladon,  ou  parfymphyfc.  »exions  eu 

Il  fait  deux  articulations,  la  dUnhrefe ,  comme  font 
l’enarthrofc  ,  l’arthrodie,  &  le  ginglyme:  &  la  fynur- 
fjjygfe,  comme  la  future ,  l’harmonie  ,  &  k  gamplrofe. 

Dauantage  on  tient  que  la  Jjmphjfe  fc  fait  fans 
moyen  ou  par  vn  moyen. 

Mais  nous  diuifons  les  coanexiôns  des  os  en  cette 
forte, 

La  Connexion  des  os  fc  fait ,  on  par  micHUtion  y  on  ‘U  Murfxou 

p&X fjfWphjfe.  des  connt- 

L'Arti'uUtion  eftouauecvn nxouuerncnt<>^yc«r (que 
Icsautes  nomment  vne  articulation  neutre  oudouteufe) 
comme  cft  celle  des  coftesaucc  les  vcrtebr-cs,  &  des  os  ^ 
du  carpe  Se  du  tarfo  :  ©u  auec  vn  mouuemcnt  Ufchc  ^ 
mmfefte.,  &  elle  fe  nomme 

Dtstrthrÿfi  j  qui  cft  de  trois  fortes. 

I.  VEuarthrofe  ou  inarticulation  ovi  U  y  a  vne  in- 

figne  quantité ,  tant  de  la  cauité  qui  reçoit, que  de  U 
tefte  de  l’os  qui  cft  rcçcu  ,  comme  en  l’articulation  de 
l’os  de  la  cuifle  auec  l’Ifchion.  .  ' 

II.  L’Arérodit  t^  quand  la  cauité  qui  reçoit,  eftfu- 
'perficiclle ,  &  la  petite  tefte  quieft  teccuë,eft plate^  com¬ 
me  celle  de  la  mâchoire  inferieure  auec  l’os  des  tem¬ 
ples. 

III.  Le  Ginglyme  ,  lors  que  le  merme  os  reçoit  &  eft 
.reçcu,afin  que  les  ns  contigus  entrent  réciproquement: 

Tvn  dans  l’autre  :  Ce  qui  fefait  entrois  façons, 

1.  Lorsque  le  mefmeoscft  reçcu  parvn  feul  os, qu’il 
reçoit  réciproquement ,  comme  en  l’os  de  l’clpauleaucc 
le  coude. 

2.  Lors  qu’ynos  reçoit  vnos,  &  cftreçeu,  parvn  autre, 
corne  cela  fe  fait  aux  vertebres.  Car  la  vertébré  oui  cft  au 
milieu,  reçoit  la  fupcricur«.&  cftrcçeucparhnferiçurc. 

3.  A  la  façon  d’ vne  roue,  comme  eft  celle  dela  fecondc 
vertèbre  du  col  auec  la  première  ,  quand  vne  vertèbre 
tourne  à  l’entour  d’vnc  autre  comme  furvn  ailîicu. 

l’cntens  ^uhSymphyfe  la  connexion  des  os  qui  fe  fait 
Ttt  iij 


^i8  §lumïme  TralEié, 

fans  môuuement  6c  ncantmoins  deux  os  fe  touche 
mutuellement,  ou  s’approchent  réciproquement  l’vn^^ 
l’autre ,  comme  aux  precedentes.  ® 

La  Symphyfe  fe  fait  fans  moyen ,  ou  auecvn  moyen 
Sans  moyen 

I.  La  future ,  comme  aux  os  de  la  telle, 
a.  L’harmeme  ,  c’eft  à  dire  la  coniondion  des  os  par 
vnc ligne  fimple droite  ,  oblique  ou  circulaire,  comme 
aux  os  de  la  mâchoire  fuperieure  &  du  nez.  C'eft  ainft 
que  prefque  toutes  IcsApophyfes  fontvnies. 

3.  La  GemphofctCcA  à  dire  cncloücment, quand vn os 

eft planté  dans vn autre, comme  vn  clou,  comme  nous 
voyons  aux  dents. 

GmUcu  6c  ceux  qui  l’ont  fuiui,ont  compris  ces  trois  cf- 
pcces  fous  la  Synarthrofe  ,  comme  fous  leur  genre. 
[Mais  mal  à  propos»  parce  qu’elles  n’ont  aucun  mouuc- 
ment.  Si  eft-ce  pourtant  qu’on  les  pourroit  attribuer  à 
la  fynarthrofcjà  eaufe  qu  elles  feruent  à  renforcer  &  tenir 
fermes  les  parties.] 

Par  vu  mojen  fefontauffi  trois  fortes  de  conîondions 
par  l’entremifcde  trois  fortes  de  corps. 

1.  par  vn  cartiUge ,  &  fe  nomme  Synchoudrofci  comme 
aux  os  delà  mâchoire  inferieure,  6c  aux  os  dupcnil. 

2.  Par  vn  Ugâmeut  ^  6c  knomme  Synneurefe,  dont  nous 
voyons  vn  exemple  àlcsdc  la  hanche  auec  ccluy  delà 
cuilTc. 

3.  P&rh chair  ouparvn  mufcle,  6c  fe  nomme  SjiJfar‘ 
$ofe  ou  concatnation ,  comme  en  l’os  hyoide  auec  l’ef- 
paulc. 

La  fubjîance  des  os  eft  dure,  non  pas  aride  dans  leur 
conftitution  naturelle ,  mais  accompagnée  d’vne  grailTc 
rcluifante.  [Car  autrement  ilsferomproient  fanspeine, 
comme  nous  voyons  aux  os  calcinez  ,&  comme  on  a 
veu  en  cette  vieille  femme  dont  les  membres  fa  brifoient 
au  moindre  attouchement ,  ainfî  que  NiC.  Foutam  tap; 
porte  en  fes  obferuations.  Puis  que  Galien lefmoignc 
que  quelques  os  fe  rcduifenc  prefque  en  fable,  de  m  ci- 


Dw  Os.  519 

flic  que  le  bois  carié  de  vicillcfle  ;  ce  qui  arriiic  à  caufe  de 
Ja  trop  grande  feicherefle.  ] 

Les  os  rompus  pcuucnc  mieux  fe  réunir ,  quand  ils 
UC  font  pas  fi  durs. 

Ils  nefe  réunifient  pas  ou  fcrcngeirdrent  aux  adultes, 
mais  ils  fe  collent  &  agglutinent  par  remreraife  d’vnc 
autre  fubftancc ,  comme  de  la  colle,  qu’on  appelle  c/tî. 
Or  le  cal  arriue  quelquesfois  contre  nature  ,  mcfmes 
par  vne  trop  grande  abondance  d’aliment  &  par  vnc 
mauuaife  nourriture ,  àfçauoir  lors  que  les  trois  vertè¬ 
bres  fuperieurcs  ducolfont  collées  detclleforte  parvn 
cal olTcux,  qu’elles  femblcnt  n’eftre  qu’vue  feule; ou  lors 
que  la  première  vertébré  cft  collée  au  crâne;  Et  ceux  là 
ne  peuuent  faire  ces  fignes  dclaiefteparlefquels  onap- 
prouuc  ou  dcfapprouue, 

La  dureté  eft  plus  grande  en  quelques  os,  comme  en 
ceux  de  la  cuifîc,  &c.  Mais  d’autres  font  plus  mois, 
comme Tosfpongicux,  les  derniers  os  des  doigts,  &c, 
hes parties  des  os  fontfolides  oucaucs. 

Les  c^»/Yr*font  ou  dedans  y  où  eft  la  moelle  ,  qui  ne 
font  pas  toutesfois  apparentes  par  tout,  on  defiors  pont 
l’articulation ,  quife  nomment  Cotyles  (non  pas  Coty.. 
ledons)fi  elles  font  profondes, &  auflï  boettes.  Carie 
cotyle  eftoitparmy  les  anciens  vnc  mefure  des  chofçs  li¬ 
quides  ouvndcmi-fcpticr,dcfclon  d’autres  vne  efpcce 
de  vaifieauxàboirc,  sUcscauitczfont  fuperficielles,  on 
les  nomme  Glenes  o»  Glenoides ,  à  caufe  qu’elles  ont  la 
forme  des  cauitez  des  yeux  qui  paroifiçnt ,  lors  que  les 
paupières  font  fermées. 
l^csparties  felidesdes  os  font  trois. 

La  première  &  principale  fc  nomme  w,  Sceft  la  plus 
dure  ,  logée  ordinairement  au  milieu. 

La  fécondé  nommc'e  des  Gtccs.dpcphjiJtSiPrehîeyEc- 
fhyfsy  &c,  &  des  latins  procefus  auanccmcnt,  predu^h» 
proieüio  ,  extaherantia ,  tuberofité  ,  &c.  C’eft  la  partie 
de  l’os  quin’cft  pas  contiguë,  comme  l’epiphyfc ,  mais 
continue,  auançant  hors  de  lafuperficie  plate,  dont  il  y 


3^0  S^Atriime  TralBêy 

«n  a  plufîcurs  aux  vcrtcbrci  du  dos  &  à  U  mâchoire  in.: 
fcricurc. 

Le  principal  vfage  eft  pour  les  origines  &  infcr^ionj 
des  parties,  comme  des  mufcles. 

Latroificme  f  Epiphyfe  on  appendice,  fur.  naiflancc 

âddition.C’eft  vnosadhcrentàvn  autre  os  pat  vnefimpiç 
&  immédiate  contiguité,  encore  qu’elle  ne  ftrfalTe  pas 
par  vnefuperficie  fi  plate,  mais  auffi  par  vne  Icgcce  en» 
tréc  mutuelle  des  telles  &  des  cauitez  ,  comme  au  gin. 
glyme ,  bien  que  ce  foit  fans  mouuemcnt. 

La  ftibflanct  des  Epiphyfcseft  fpongieufe  &  lafche  & 
prefque  càttilagineufc  en  fa  première  nailTance  :  Mais 
elle  s’endurcit  auxadul'tçs,  &fc  change  en  os  :  meftnes 
aux  vieillards  jJ’epiphyfc  s’vnitfî  eftroitement  aucc  l’os, 
comme  fic’eftoitvnfeulos  continu, 

Vn  c4^*//7rf^eeftappofé  aux  extremitezdes  Epiphyfes. 

Mais  CCS  lurnaifiances  n’ont  pas  efté  données  à  tous 
les  os  :  Ncantmoins  on  en  trouue  plufieurs ,  comme  à 
rcfpaulc,à  l’os  du  tibia  &du.peroné,  àfçauoir  des  deux 
coftez ,  au  genoiiil  &  au  pied ,  &c.  Ainfi  la  dent  dé  la  fé¬ 
condé  vertébré,  le  grand  trochanter  ,6c  les  appendices 
fiyloidcs ,  font  des  epiphyfes. 

Les  vfages  des  Epiphyfes  font  : 

I.  De  feruir  aux  os  moelleux ,  comme  de  couuercleS) 
afin  que  la^  moelle  ne  s’écoule. 

1 .  Pour,  la  fermeté.  Car  la  bafe  eft  plus  ferme ,  quand 
elle  eft  plus  large  &  plus  ample. 

3.  Afin  que  les  ligaments  nai fient  des  epiphyfes. 

Les  Apophyfes  font  nommées  tejles  en  quelques  en. 
droits ,  &  cols  en  d’autres ,  en  yn  lieu  taheroffte^^  & 
yn  'autres  ,  &  ailleurs  pointes.  Mais  les  parties  qui 
àuancent à  l’entour  des  cauitez,  comme  des  lèvres 
qui  aqgmeiltent  la  profondeur  dclacauité,  s’appellent 
fearç^s  tcièvres  . 

::  CHA?! 


CHAPITRE  II. 

T>es  Cartilages  en  General. 

LEs  Cartilages  font  les  pius  dures  parties  fimilaires 
apres  les  os,  &prcfque  de  mefme  nature;  Car  aux 
animaux  qui  n’ont  point  d’os  ,  le  cartilage  tient  la  place 
jes  os, comme  dit  Arifiete. 

Ils  different  neantmoins ,  parce  qu*ils  font  plus  mois 
que  les  os ,  ôc  plus  durs  que  les  ligaments  :  Et  encore 
que  plufîeurs  cartilages  fc  changent  en  ©s  par  fucceffion 
de  temps,  [  comme  Cardan  l’enfeigne aufli  parrexem" 
pic  dVn larron  de  Milan,  dont rafprè-artere  eftoit  dc- 
tienuë  offeufe }  Sc  comme  plufîeurs  Sî5:€lettes  de  noftrc 
aovSvaHenri  Fueren  monftrcnt  le  cartilage  Tyroide  chan¬ 
gé  en  yne  dureté  &  fubftancc  offeufe ,  ]  tous  ne  deuien- 
nent  pasoffeux  pourtant,  comme  le  cartilage  Xiphoidc, 
ceux  dupenil,  des  efpines  du  dos ,  des  narines  &  des 
oreilles ,  bien  que  cela  arriue  quclqucsfois  aux  vieil¬ 
lards  ;  ioint  que  le  cartilage  cft  fans  moelle ,  fans  caui- 
tezSc  petites  cauernes. 

La  caufe  efficiente  des  cartilages  cft  vne  vertu  cartila- 
ginifique. 

Leur  matière  que  celle  des  os  >  félon  l’o* 

pinion  d' Arifiete  ,  defquels  il  veut  qu’ils  ne  different 
que  du  plus  ou  du  moins  feulement.  Selon  le  fcntiriient 
de  Galien  »  c’eft  la  partie  terreftre  de  la  fcmencc  ,  mais 
humide  auffi ,  molle ,  en  partie  vifqueufe  &  glutihéufç, 
&eQ  partie  graffç,  mais  plus  vifqueufe  que  gràffc.';  ' 
Leur  vfageyi.  Principal  eft  de  rendre  le  mbuuèthçnt 
plus  aifé  aux  iointures  &  de  plus  longue  diirée  ,  Iqrs 
qu’ils  oignent  les  parties  des  os,  afin  qu’elles  nèfoyciit 
blcffées  par  le  frayement  mutuel.  D’où  vient  qu’en  quel¬ 
ques  articles  on  trouue  des  cartilages  qui  cncrouftcîit 
les  deux  os  qui  font  articulez  cnfcmble. 

Vuu 


J  l'i  patrie  me  T raiEté 

1.  De  deffcndre  les  parties  des  iniures  externes  «Car 
ils  ne  fc  brifent&  ne  le  rompent  pas  aifément  comme 
les  parties  qui  font  dures  &  friables  ,  &  ils  nefebroyent 
&:ne  fe  coupent  pas  aucc  tant  de  facilité,  que  Us  parties 
molles  ôc  charnues.  Ceft  pourquoy  les  extremitez  des 
narines  font  cartilagineufes  ;  C'eft  pour  cela  que  la  na¬ 
ture  a  mis  des  cartilages  au  fternon  &c  aux  coftes  pour  la 
deffenfe  du  cœur  &  des  poulmons ,  &  le  cartilage  Xi- 
phoide  par  celle  du  diaphragme  5c  de  l’orifice  du  ven¬ 
tricule. 

3.  De  faire  la  connexion  des  os  appelléc  Sjnehendrefe. 

4.  De  rendre  les  parties  eminentes  ou  caucs,  comme 
celafe  voit  aux  oreilles,  au  larynx  5c  à  l’afprc-artere. 

5.  De  remplir  les  cauitez,  fur  tout  aux  articles  comme 
„au  genoüil. 

4,  Deferuir  dccouuercle  comme  à  l’Epiglotte. 

7.  De  feruir  de  fouftien  comme  les  cartilages  des  pau¬ 
pières  ,  où  les  poils  font  plantez. 

8 .  LtmJîtuAÙm  eft  diuerfe ,  car  il  fe  trouue  des  caiti- 
ilages  en  plufieurs  parties,  aux  paupières ,  au  nez ,  aux 
oreilles ,  au  larynx,  àrafprc-artcre ,  àl’efpine  ,  au  Tho¬ 
rax,  aux  articles,  de  chacun  dcfqucis  nous  parlerons  en 
fon  lieu. 

Lcm grandeur  eft  diuerfe  auffi  :  Et 

Lems  figures  les  font  pareillement,  comme  annulaire, 

feutiforme ,  Xiphoide ,  ôcc. 

Quanta  leur  couuexiou  , Il  eft  des  cartilages  qui  con- 
ftiiuent  les  parties ,  comme  celuy  du  nez  ,  le  Xiphoide, 
,5c  le  Coccyx  :  les  autres  font  adhérents  aux  os ,  qu’ils 
lient  ou  fans  moyen ,  comme  aux  os  du  penil  ôc  dufter- 
non ,  ou  parTcntremifc  des  ligaments  communs ,  com¬ 
me' cnla  connexion  qui  fc  fait  par  diarthrofe. 

Pour  lem  fuhfiance i  les  vns  font  plus  durs ,  comme 
ceux  qui  dcuicnnent  ofleux  aucc  le  temps  ,  les  autres 
plus  mois  qui  lient  les  articles  ,  5c  qui  ont  prcfque  la 
nature  des  ligaments,  d’oii  vient  qu  on  les  nommc.C^^'* 
silages  ligamenteux^ 


Beî  Os. 


S^3- 


Or  encore  que  leur  fubftancc  foit  dure,  elle  eft  neant- 
nioins  flexible  &  gluante ,  parce  qu  elle  eft  moins  froide 
^  feiche  que  l’os,  &  qu’elle  a  vne  rnucofiié  qui  eft  ref- 
panduë  à  l’entour  d’elle. 

Cette  fubftance  n’a  point  de  fentiment,  parce  qu’elle  f’" 
n’cft  pas  accompagnée  de  nerfs  Ik  de  membranes  ,  & 
qu’elle  ne  deuoit  pas  fentir  ,  afin  qu’elle  ne  reçcut  au--  / 
cunc  douleur  ,  lors  que  les  cartilages  le  frottent  l’vn 
contre  l’autre  dans  le  mouuement. 


-Quant  aux  autres  ebofes ,  elles  leur  font  communes 
auec  les  os. 


CHAPITRE  Iir. 

Des  ligaments  en  Gênerai. 

Le  ligament  ou  //V»eft  appellédes  Grecs  Synâefmeil 
Les  Anciens, comme  Hipocrate,  uiriflote  &  Galiets/ 
auffi  en  quelque  endroit ,  l’ont  nommé  nerf  ,  &  nerf 
parce  qu’il  porte  la  figure  &  la  couleur  d’vn  nerf  ; 
le  morde  ligament  fc  peut  attribuer  en  general  à  chaque 
partie  qui  en  lie  plufieiirsenfemblc.  Galien  appelle  auffi: 
ligament,  le  principe  du  mufcle  ,  dont  on  croit  qu’vne 
partie  fe  change  en  tendon.  Mais  toutes  ces  acceptions 
font  impropres.  Nous  expliquerons  maintenant  que' 
c’eft  que  ligament  proprement  dit. 

Sa  caufe  ejfeiente^^  vne  vertu  ligamentifique. 

Sa  matière  eft  la  partie  vifqueuk  &  tenace  de  la  fc- 
mence. 

Son  evfage  eft  de  lier  cnfemblc  comme  vne  corde  les 
parties  du  corps,  fur  tout  les  os,  &  Ics'conlcruer  par  ce 
moyen,  à  latefte  ,au  thorax,,audos,  &auxextremiiez^ 
afin  qu’il  ne  fe  fafle  aucune  luxation. 

On  dit  qu’il  nmf  de  l’os  principalement,  à  caufe  qu’il 
y  eft  cftroircmcnt  adhèrent  f  bien  qu’il  foit  engendré 
delafemencc)  &  quclquesfois  du  cartilage,  de  l’oscar» 
V  U  U  ij 


s  14-  patrie  me  Traite  ^ 

tilagineux,ou  de  la  membrane,  &  qu’il  s’infcreàTos  g  ' 
cartilage  ,  au  mufclc  ou  à  quelque  partie.  Ou  fi  vous 
aimez- mieux  ,  les  ligaments  naiffcnc  entre  les  os  ,  ou 
aux  os. 

Quant  à  leur  fitnation  ,  les  vns  lont  intérieurement 
entre  les  os,  côme  les  ligaments  appeliez  cartilagineux^ 
qui  font  efpais  &  prefque  ronds  ;  les  autres  couurent  ex* 
tericurcment les  os,  qui  font  déliez. &:  membraneux, 

Pour  h  Figure,  les  vns  font  plus  larges ,  que  les  Ana- 
toiTiiftcs  appellent  membraneux  ,  comme  nous  auons' 
dit  n’agucres  ,  les  autres  plus  longs  ,  qu’ils  appellent 
nerueux:  Ils  leur  donnent  ces  nomsà  caufede  larcfTem- 
blancc ,  mais  non  pas  que  le  ligament  foit  membraneux 
ou  nerueux.  Ainfi  les  larges  &  déliez  qui  enuclopent 
les  articles  font  appeliez  membraneux,  &  auflî  ceux  qui 
couurent  les  tendons  &  les  mufcles. 

Leur  fnbfiance  eft  folide  ,  blanche  ,  exfangue  ,  plus 
molle  que  le  cartilage ,  mais  plus  dure  que  les  nerfs  & 
les  membranes.  Car  elle  ciV comme  moyenne  entre  le 
cartilage  &  le  nerf. 

Le  ligament  n’a  point  de  cauité  ,  ny  fentiment ,  ny 
moHuement ,  afin  qu’il  ne  fouffrit  vnc  douleur  conti¬ 
nuelle  dans  les  mouuemcns,  lors  que  lesdigaments  dc- 
tiicnnent  quciquesfois  oupliislongsou  plus  court?,  c’eft 
à  dire  lors  qudls  fe  rcfTerrcnt  &;s’eftcndent. 

Car  cette  fubftance  fe  peut  diuifer  en  fibres  fenlibics, 
c’cftàdirc  qu’on  peut  voir,  comme  l’experience  &  Gdien 
mcfmej  en  font  foy. 

Or  cette  fubllance  expias  molle  Sc  plus  racrabranetife 
,en  quelques  endroits,  comme  en  prefque  tous  les  liga¬ 
ments  qui  embrafient  les  articles  en  rond  ;  Etencj?»x- 
cy  elle  eft  plus  molle  à  I  cntoiir  de  l’articulation  du  bras, 
qu’au  tour  de  celle  de  la  hanche,  ic  encore  plus  molle 
où  elle  enuironne  les  entre.dcux  des  doigts.  Mais  elle  eft 
plus  dure  ailleurs  ,  &  comme  cartilagineufe  en  partie, 
d’où  vient  que  les  ligaments  font  appeliez  là,  cattilagi- 
.ncyx ,  à  fçauoir  ceux  qui  fynt  cachez  entre  les  os, comme 


î^€5  Os,  f2f 


celle  q»î  Vâdc  latcfte  dc  l’as  de  la  £uiflc  à  la  boette  de 
la  lunch  r. 


chapitre  IV. 

Crâne  en  General, 


NOvs  diuifim  tous  las  os  da  Squelette  en  Telle,  ^^^g***^’’* 
tconc,&  extremitez  ;  Et  cclles-cy-en  &  en  lete. 

peds. 

L’alTemblage  des  os  de  la  telle  fc  nombre  Crâne, da 
iîiot  Grec  Cranos  cafquc,  Cdunt  ôc  Caluam  par  les  Latins, 
ceft  àdire  leteft  delatellc. 

Sa  ftuation  &  ^3^ grandeur  fuiuent  le  cerueau. 

Si.  Figure  eft  ou  natuelie ,  ou  non  naturelle,  ccmtnc 
on  parle ,  ou  pour  mieux  dire,  dcpraucc. 

La  figure  naturelle  eft  la  ronde tt&n  qu’elle  foitcapa-  ^ 
ble, mais vn  peu  oblongue.par  deuant  &  par  derrière, 
oàelle  s  efleue ,  afin  qu’elle  contienne  le  grand  &  le  petit 
ccrueau  ;  Elle  eft  plate  aux  deux  collez ,  mais  plus  vers 
les  parties  anterieures  j  D’où  vient  que  la  partie  pofte- 
ricurc  dclatcfte  a  la  capacité  plus  grande.  [  Alhouinut 
Roy  des  Lombards  en  fit  yne  coupe  pour  les  feftes,  félon 
le  tcTmoignage  de  Diaconuu  ] 

La  Figure  de^rauée  ou  non  naturelle  eft  de  plufieurs 
fortes  : 

I.  Lorsque  latubcrofité  ou  auancement  anterieur  de 
la  telle  manque.  On  croit  que  ceux  dont  la  figure  delà 
telle  eft  telle,  font  fors  &  fous ,  à  caufe  qu’ils  ont  peu  de  ^ 
cerucau  ,  qui  doit  eftre  plus  abondant  en  la  paçtie  an¬ 
terieure. 

II.  Lorsque  la  pofterieure manque. 
lU.  Lors  que  l’vne& l’autre  n’y  eft  pas  &  que  la  fi¬ 
gure  eft  ronde.  Hif]p>crat6  rccognoift  ces  trois  figures 
deprauées. 

adioiifte  vne  quatrième  figure  ,  qu’il  croit., 

V  U  U  iij 


^dtrime  TralSléi 

qu’on  peut-s’imagincr,  mais  qu’on  ne  peut  pas  trouuef' 
lors  quclalongueur  fe  change  en  largeur.  Mais  refjg 
alTeurc  qu’il  a  remarqué  vne  telle  figure  i  Venife  &  [ 
Bolongnc. 

On  peut  auflî  aciioufter  vne  cinquième  tirée 
crate,  pointue  ou  ouale ,  quand  la  tefte  s’efleue  en  pointj 
par  haut.  Figure  qui  a  efté  tenue  par  quelques  nations 
pour  la  marque  de  l’eftimeôc  delà  gcnerofité  deshom* 
mes;  comme  enreigne//ïppocr4«»  &  que  les  fages-fem. 
mes  peuuent  former  en  comprimant  la  tefte  en  pointe- 
auecvne  bande,  &  la  conferuant  ainfi^ôc  enfin  cette  fi, 
gure  de  tefte  fe  propage  naturellement  des  pcrcs  aux 

enfans.  [Lo  mefmeÆïppafr/ife  dans  les  Epidémies  mec 
en  auant  cette  figure  en  deux  façons, f  vne  accompagnée 
de  la  force  des  parties,  &  l’àiitrc  fuiuiedeleurfoiblefre.]’ 
Elle  eft  mefmc  auiourdhuy  plus  ordinaire  en  quelques, 
nations  qu’en  d’autres. 

E«r  autres  Mais  nousadioufterons  maintenant  les  autresfigures 
figures  de  que  nous  auons  obferuées  en plufieurs  crânes,  fur  tout 
l*  (efie  fe-  en  Italie.' 

VI.  Lors  que  là  partie  latérale  droite,  âuance., 

VII.  Lors  que  la  partie  latérale  gauche iette  vne  emi- 
ncnce. 

VIII.  Lors  que  là  partie  doite  de  la  proietftion  ante¬ 
rieure  nefetrouue  pas ,  &  que  U  gauche  eft  eminente. 
plus  ou  moins. 

IX.  Lors  que  la  partie  gauche  de  la  tuberofîté  antc-^ 
ricurc  ne  fc  voit  pas  >  &  que  la  droite  cû  eminente. 

X.  Lors  que  la  partie  droite  de  la  proicéfion  pofte- 
ricurc  manque.  ' 

XI.  Lors  que  la  gauche  n’y  eft  pas. 

Et  ainfi  ic  mets  en  general  doux^e  figures  de  la  telle, 
yne  naturelle  &onze  vitieufes. 

La  Subflance  du  Crâne  eft  olfcufc  pour  la  fcurctc  du 
ccrucauquicft  mol.  Mais  elle  eft  plus  molle  en  ceux  qui 

font  nouuellcment  nez  ,  &  cartilagineufc  &  membra- 
neufe  en  quelques  endroits  ,,fur  tout  près  des  futures,. 


Des  Os,  51-7 

^^lus  en  la  région  moyenne  &  fupcrieurc  de  la  tefte  : 
Ceqni  aefté  ainfi  ordonné  par  la  nature  ,  pour  rendre 
l’enfantement  plus  aife  ,  afin  qu’elle  cede  vn  peu  à  k 
comprcflîon.  Mais  lafubftance  du  crâne  cft 
I.  EfpailTe  &  non  pas  déliée, afin  qu  elle  refifte  plus- 
'fortement  aux  iniurcs  externes. 

i.  Rare  Se  non  pas  denfe.  i.  Afin  qu  elle  ne  pelc  pas 
trop.  a.  Afin  qu’elle  puifle  contenir  le  fuc  pour  Ton  ali¬ 
ment.  5.  Afin  queîcs  vapeurs  puifîent «exhaler. 

Gr  cette  fubftance  du  crâne  cft  compofée  de  deux 
, planchers  i  ou  parois,  ouefcaillcs,  ou  lames,  ou  tables, 
tes  autres  les  nomment  <//)>/ofjouduplicatures;  rYne  ÔC 
l’autre  table  cft  par  dedans  &  par  dehors  prefquc  polie 
ic  denfe.  Par  là  on  peutcognoiftre  l’efpaiflcur  du  crâne, 
puis  qu’il eft  double  prefque  par  tout. 

le  dis  prefque  ,  ce  que  d’autres  ne  remarquent  pas: 
Car  en  quelques  endroits  le  crâne  cft  fîmple,  délie  ôC 
tranfparent  Sc  fans  milieu.  D’où  vient  que  quelques 
Chirurgiens  fe  trompent  ^  qui  penfent  quen  l’abftra- 
ilion  de  la  première  table,  il  faut  couper  &  poindre  iuf- 
iqu’a  ce  que  le  lang  forte  :  la  verole  ronge  quclquesfois  la 
table  externe. 

Or  la  rareté  du  crâne  paroift  ^zthfHhftmee  moyenne 
qui  cft  entre  les  deux  tables  ,  qii’on  nomme  le  milieft» 
iCette  fubftance,di-ie,  eft  rare ,  lafehe  èc  reçoit  des  petites 
veines  :  Ce  qu’Hippocrate  a  recognu  auffi. 
ia  fuperficie  àü  cnne  eft  externe  ou  interne. 
L'Externe  fuperieure  eft  polie  &  égalé  ;  l’inferieure 
ou  la  bafe  afpre  &c  inégalé  ,  à  caufe  des  diucrfes  apo- 
phyfes  &:  appendices. 

L'interne  fuperieure  concaue  eft  égalé  ,  finon  qu’elle 
a  des  imprefiions  des  veines  ,  &  quelques  fînuofitcz 
dans  lefquelles  naift  ladure-mere  ;  L’Infecicure  eft  fort 
inégalé,  à  cauCe  des  diuerfes  tuberofitez. 

Or  les  trofts  font  frequens  par  tout  le  crâne ,  mais  petits 
&  difpofez  fans  ordre  ,  par  où  paflent  les  petites  veines 
&  4mr«pour  la  cauité  interne  des  osÔc  Udure-mcre^- 


Erreur  lits 
Chirurgiiû 


5^8  Smtrmm  T mBê , 

ncantmoins  ils  fte  le  tiouacnt  pas  qaclquesfois. 

Le  crâne  ^  Enfin ,  pour  venir  aux  parties  du  crâne ,  il  faut  fauQ- 
tft  que  le  crâne  n’cft  pas  compoféd’vn  feul  os,  afin  quiU- 

deplu/icHrsç^.^  rompu  pat  vntr.  feule  bleflcurc  ,  mais  de  plufieurs 
attac  hez  par  des  futures  ,  dcfquellcs  nous  parlerons  au 
chapitre  fuiuant, 

'  Of  de  ces  os,  les  vns  appartiennent  au  crâne  &  les  au¬ 
tres  à  la  mâchoire. 

Les  0;dUjCrane  des  adultes  font  dont  il  y  en  a 
deux  communs  au  crâne  &  à  la  mâchoire  fupcricurc,à 
fçauoir  le  cunéiforme  6c  lefpongicux  >  Et  fx  prsfres  qui 
conftituentla  cauité  du  crâne.  Vn  du  front  (  deux  en 
ceux  qui  fontnouuellcment  nés  )  deux  du  fnciputi  va 
de  l’occiput  (  quatre  aux  enfans  )  deux  des  temples.  Et 
fix  autres  os  font  cachez  dans  les  conduits  de  louyc, 
trois  petits  ^e  chaque  cofté  à  fçauoitlc  Marteau ,  ImlH- 
me  ôc  l'efirier. 

Et  ainfi  on  trouue  quaterziC  es  au  crâne; 

Uvfage  du  crâne  eit 

I.  D’eftre  la  demeure  ôc  le  rampart  du  cerueau,  parce 
qu  il  eft  trop  mol,  pour  refifter  de  foy  mcfme  aux  iniu- 
tes  externes. 

IL'  Afin  que  les  vapeurs  puiffent  tranfpirer  par  le  cranc. 

Son  efpaiflcur  ôc  dureté  feruent  au  premier  vfagc,& 
fa  rareté  aucc  les  futures ,  au  fécond. 


CHAPITRE  ¥. 

Sutures  du  Crâne. 

La  Suture  eft  vne  efpecc  de  connexion  qui  rclTcmble 
l’vnion  de  deux  feies ,  ou  vn  habit  rapiécé  de  plu- 
ficurs  lambeaux. 

Teflefans  Hy  en  â  plufieurs  à  la  tefte  de  l’homme  :  Car  ontrou- 
ftiitins.  ucra  rarement  vne  refte  fans  aucune  future ,  comme  celle 
rapporte  qu’on  a  vcué-,  ôc  on  en  monftre 

auiourd’huy 


Des  Os» 

auiourd’huy  vnc  fcmblablcàHeMad  &  aumonafterc 
^es  Francs  d’Heilbrun. 

La  tcfte  de  ces  perfonnes  n’eft  pas  à  la  vérité  fîfuieite 
auxiniurcs  externes,  nuis  elIeTeft  extrêmement  aux  in¬ 
ternes  ,  à  caufe  que  la  tranfpiration  eft  plus  pial-aifée. 

[Fallope  &  ÇolumbHs  concilient  par  cette  diftinftionCe//»#- 
aucc  Robert  Cortfiantin  ,  le  premier  difant  que  la  tcfto 
fans  futures  eft  plus  fuiette  aux  maladies,  &  l’autre  af- 
frurant  au  contraire  que  la  tcfte  auec  futures  l’eft  da- 
uantage.] 

Les  futures  s’vnifTent  quelquesfois  de  telle  forte  aux 
vieillards  par  vnlong  cfpace  de  temps  &  par  la  fciche- 
refle , qu’elles paroiffent  à  peine,  au  lieu  qu’on  les  voit 
plus  manifeftement  en  ceux  qui  font  plus  ieuncs.  On 
remarque  quelquesfois  que  la  çoronale  feule  eft  effacée, 
mais  on  ne  trouue  pas  aifement  que  les  temporales  le 
foyent  aulli.finon  que  toutes  les  autres  foient  perdues» 
auparauant. 

Le  nombre  là  des  futures  eft  Ifemcfme  en  la  Erreur  d’ Ai 

femme  qu’en  l’homme,  contre  l’opinion  d'Arifiote  :  Il 
ne  change  pas  à  raifon  dès  figures ,  comme  Hippocrate  ôc 
Gâlien  ont  voulu  ,  finon  fort  rarement.  [  Car  M-  A» 

Stuerinusa.  remarqué  vne  autre  future  triangulaire  entre 
la  fagittale  &  la  lambdoide ,  &  en  vn  autre  crâne  fous 
lafin  de  ces  futures ,  vne  autre  future  ouale.  Les  futures'^ 
de  la  tcfte  dVn  certain  fol  n’eftoient  pas  fcmblablcs  cri' 
figure  àcclles d’ordinaire,  maiseftoient  routes  cflcuécs 
comme  en  vn  lieu  eminent.  Ce  que  nous  auons  veu 
suffi  en  trois  garçons  Epileptiques  à  Naples  ,  fur  tout  à 
la  coronale.  De  façon  que  cela  nous  a  enfeigné  vne  nou- 
«clic  caufe  &  curation  des  Epileptiques.  ] 

Les  fatHYes  propres  qui  attachent  les  os  du  crâne  enfem*' 
ble  font  nommées  les  vnfis  vrayes  &  propres ,  les  autres 
faulTes&baftardes. 

On  appelle  trayes  celles  qui  s’vniffcntà  lafaçondès; 
dontsd’vn  peigne  ou  d’vnefcie. 

l.^sfau£es  font  agglutinées  à  la  ^sçon  des  efcaillcs  ôc 


SluAtYime  TralElé) 

des  tuiles  rondes  ôc  à  demi  rondes  -,  D’où  vient  qu’o'jii 
nomme  agglutinations  cfcailleufes,  &  on  les  peut  mieto 
appcllercommiffùrcs,  puis  quelles  approchent, pl^j 
l’harmonie  que  de  la  future.  ® 

Les  vrayes  font  trois. 

‘Veur^Hoy  h  L’anterieure  qui fe nomme fflmw/^.i.PatccqucIcs 

,U  future  anciensont  portélcs  couronnes ù cette  partie  de  latefte 
€êton«U  ejl  2^  Parce  qu’elle  refTcmbken  quelque  façon  ù  vnc  coul 
Ainj;  nm-  j-Qj^nç  yn  cerde. 

Car  elle  montedes  temples ,  des  deux  codez  ,  trans- 
verfalemcntiufqucs  au  fommet  de  la  ttftc.  Les  Arèct 
rappellent  future  en d’arc Sch Poufpc. 

Son  vfagee^  de  ioindrcl’os  du  front  aucc  les  os  du 
Jjucipuc ,  &  de  les  diftingucr.  [  Le  lieu  de  la  coronale 
le  trouuc  en  vne  perfonne  viuantc,  ou  en  cftendantla 
main  depuis  le  carpe  deffus  le  nez  ,  ou  en  tendant  vnfil 
des  deux  oreilles  &  en  tirant  vn  autre  de  trauers  depuis 
le  bout  du  nez.] 

II.  La  Poftericure  cft  oppofée  à  ccllc--cy  cft  au  dcr. 
rieredela  tefle.  Elle  fe  nomme  lambdoide,  à  caufe  de  fa 
figure  qui  tfprefente  la  lettre  Crecque A, félon 
d’autres  ,  &»aufli  future  de  la  ProHë, 

Celle- cy  monte  obliquement  de  la  bafede  l’occiput 
aux  deux  oreilles ,  &  s’vnilTant  fait  vn  an^e.  Quelqucs- 
fois,  quand  l'occiput  cl^amplc  ouautrcnfet,ilcftdiui- 
fépar  vne  future  iranfvcrfc  fimplc  ou  double.  Quclqucs- 
fois  lafuture  cft  double  ou  triple  ,  comme  fi  vn  grand 
triangle  cncontenoitvn  ou  deux  plus  petits  :  où  on  dit 
que  font  compris  delà  forte  les  trois  oflcllcts  iriangu- 
_  laircs,  qu’on  recommande  en  l’Epilepfic. 
mX  [  OUus  yvorm  grand  perfonnagea  trouuéà  la  future 
'^"lambdoidc  d’autres  os,  outre  les  triangulaires  quipene- 
troient  les  deux  tables  du  crâne,  qui  n’ont  pas  re¬ 
marquez  iufqucs  icy,  à  fçauoir  trois  le  plus  fouuent  au 
cofté  droit  5c  autant  au  gauche  ,  diffcrens  en  grandeur, 
figure  &  fituation.  L’inferieur  fc  void  à  l’apophyfe  ma- 
Ibidc ,  le  mjfcn  vn  peu  plus  haut  enuiron  yn  ÿÇfî 


Des  Os.  /jt 

doigt ,  ïe  troijteme  eft  vn  peu  plus  cfloigné  du  fécond. 

leüt  figure  eftdiuerfc,  tiianguIaîre,oblonguc  ,ouale; 
l’ay  remarque  quelqucsfois  auec  lattouchcracnt  qu’ils 
eftoienteminents,  comme  des  excrcfccnces  d’os  en  des 
perfonnes  viuantes, 

^  Ils  paroilTent  tous  plus^rW/aucofté  gauche.  Ncanr- 
moins  le  plus  grand  ne  palTe  pas  la  grandeur  de  l’on¬ 
gle  du  poulce, 

lis  paroi lïènt  plus  dîftinds  en  la  Tuperfîcie  cauc  du 
aane  qu’àla  connexe,  c’eft  pourquoji  on  les  remarque 
tous  plus  clairement,  le  crâne  eftantofté. 

Il  faut  neantmoins  remarquer  que  ces  os  F’vormient 
font  diuers  en  diuers  crânes  en  nombre,  grandeur,  figure 
&  fîtuation.  De  forte  qu’ils  font  tantoft  quatre,  tantoft' 
deux,  &  feulement  à  la  ligne  droite  ,  &  quciquesfois  a 
làiointure  dé  la  fagittale  auec  la  lambdoide  ,  &  quel* 
quesfois  aufli  aux  futures  efcailleufes  temporales. 

Leur  vfage  ti  rcion  aduis ,  cft  i.  Afin  que  les  futures 
fàifans  vn  plus  long  chemin  à  l’entour  de  l’os  ,  elles-' 
foient  plus  amples  pour  la fortie  des excremens. 

1.  Afin  que  le  crâne  foit  plus  alTeuré  par  la  connexion 
dé  plufieurs  olTclets  contre  Ics  contufîons.  ]  * 

Ifvfage  de  cette  future  cft  de  diftingucr  l’os  de  l’occi¬ 
put  des  os  des  temples  &du  lynciput. 

III.  La  moyenne  entre  cellcs-cy  eft  la  fagittale,  parce 
qu’cllc  fe  porte  droit ,  ou  par  vnc  lîgne  droite  comme 
vne  flèche, félon  la  longueur  de  là  telle  entre  la  coro- 
nale  &Ia  lambdoide. 

Elle  va  quelqucsfois  iufqucs  au  nez  par  le  milieu  de  là 
coronalc  &  du  front,  fur  tout  aux  enfans  :  Et  elle  tra- 
uerfcmcfme  en  quclqucs-vns  vnc  partie  dcl’osdcl'oc^ 
ciput. 

On  nomme  aufli  cette  future  verge  8c  droite  aufli.  Veurquoy’^ 

Son  cft  de  diuifer  &  de  coniondre  les  diux  os  quelques 
.  dufyncipw.  ^ 

On  met  communément  deuxfuupsqnona.  accouftu- 
me. d’appcllcr  efcailleufes  ,  corticales  &  temporales,/,,. 

Xxx  ij  parce 


Ai  vm  portion  de  la  future  faginale, 

B.  U  juture  lamhdùiae- 

C.  la  feütoftfatte  auec  la  fcie^ 

D.  le  premier  w  de  F'verm  du  cefie'gt 

E.  lefecond, 

F.  le  trotfieme. 

G  le  premier  du  çefté  droit. 

H.  le  féconde 
I*  le  troiféme. 

K.  le  grand  trou  du  crâne. 

L.  L.  les  apophyfes  mafioides. 


parce  qu'cllesfont  la  circonfcrîption 


Z)«  Os,  P  J 

Or  il  a  falu  que  cette  connexion  fe  fità  la  façon  des  cf-  • 
cailles,  parce  que  les  os  des  temples  cftans  fort  cfpais 
par  la  partie  inferieure,  euflent  trop  pefé  ,  s'ils  n’euf- 
fcQt  eftéattenuex  par  hautinfenfiblemcnt  ,  &  s’ils  n’euf- 
fent  efte  ioints  aux  os  du  fynciput  amenuifez  peu  à  peu 
comme  des  efcailles. 

Au  refte  ontrouueplofîcurs  dcccs  futures  fauffes  par 
tout  dans  le  crâne ,  Sc  auffi  diuerfes  harmonies,  où  les. 
os  font  liez  enfcmblc. 

Vvfnge  des  futures; 

I.  Pour  rendre  libre  la  tranfpiration  des  fuliginofitez.  \.t  nmift 
D’où  VKMC^'Hiffecme  dit  que  ceux  Hlontlateftcplus  dis  futures 
faine  ,  qui  ont  beaucoup  de  futures  ,  &  ceux  dont  la  '^**^*‘ 
telle  clifans  futures,  font  trauaillez  de  dotdeur  de  telle. 

II  Afin  que  ladure-mcrc  y  foit  fufpcndué  &  attachée, 
dcpcurqueles  parties  intérieures  du  ccrucau  ne  foient 
comprimées. 

III.  Afin  que  la  dure  mereiette  là  des  fibres  pour  faire 
le  pericrane  &  le  periolle. 

IV.  Afin  que  des  vailTeauxlcsvns  entrent,  &  les  au¬ 
tres  fortent  pour  la  nourriture  &  la  vie  des  parties. 

F/fllope  nomme  ces  vailleaux  les  veines  de  la  pouppe. 

y.  Afin  que  la  fraâure  d'vn  os  ne  fe  communique  d 
Tautre. 

VI.  Afin  que  les  topiques  appliquez  extérieurement 
penetrent  plus  aifément. 


CHAPITRE  VL 

Des  Os  Propres  dit  Crâne  en  Tarücttlier, 

Le  Premier  os  cft  l’os  du  Front, que  d'autres  nom¬ 
ment  cerûMul  tefreute'i  l’es  delà  poupe  s  qui  a 
La  Figure  impartaitement  circulait  c  ,  à  fçauoir  plus 
patfaicàcmcnt,  où  il  cft  circonfeript  parlaluturecorona- 
Ic,  Acplus  imparfaitement  proche  dufiege  des  yeux. 

Xxxüj 


S^atmme  TraiSlét 

Il  a  hftthpnce  plus  dclice  que  l’os  de  l'ocdput 
plus  cfpaifle  que  les  os  du  fynciput.  ^ 

Il  cft  double  aux  enfansnouucllemcnt-nésjdidinpü' 
par  lâfiuurc  fagittalc,  [&  compofé  de  deux  tables  in^ 
terne  &  externe.  ] 

Il  y  a  au  haut  du  nez  au  delTus  des  fourcilsdes  cauitez 
.  ou  fînuofitez  fort  amples  (  mais  elles  uefetrouucntpas 
I.  Aux  petits  enfans  iufques  à  vn  an  :  t.  En  ceux  dont 
levifa-gceftplat.  5  .  En  ceux  de  qui  l  e  front  cftdi-uif^)  qui 
font  deux  le  plus  foauent  entre' les  deux  tables  ,cmi€. 
lopez  &  feparez  quelquesfois  d’vne  Ptemhréne  verte 
qui  contient  vn  certain  corps  luollct  &  moelleux.  * 

Ges  finuofitez  ont  des  qui  à  la  capacité 

des  narines,  &c  vn  autre  qui  finit  au  crâne  dclTiislcfep. 
tum  de  l’os  fpongieux  ,  qui  feparc  les,  organes -de  l'o¬ 
dorat. 

Vvfage  ; 

I.  Pour  rendre  la  VOIX  ricfonante  ,  parce  que'ces  ca- 

uitcz  ncfctrouuent  pas  en  ceux  qui  parlent  mal. 

X.  Selon  quelques  vns-,  afin  que  l’air  y  foit  elabouré- 
pour  la  génération  de  l’cfprit  animal.’ 

3.  Afin  qu’elles  contiennent  l’air  qui  cft  le  véhicule  dés . 
odeurs, apres  qu’il  a  efté  attiré  par  les  narines,  d’où  il 
pafTe  infenfiblcment  aux  organes  de  l’odorat ,  &  au  cer^ 
ueauqui  Taltere  ,  &  l'ayant  change  ,  le  remet  dans  fon 
eftat  naturel.  D’où  vient  que  l’odeur  fc  fent  vn  iour  en¬ 
tier  au  haut  des  narines, 

4i  Selon  d’autres,  afin  que  non  feulement  les  excrc- 

mens  crafTcSjmais'auflî  les  aqueux  s’y  allcmblcnt,  qui 
cftans  portez  à  la  glande  lachrymalcjcaufcnt  les  larmes. 

5.  Les  autres  veulent  que  la  matière  mocllcufe  qui  y 
cft  continue,  pafle  le  trou  du  plus  grand  angle  de  l’oeil, 
&  qu’elle  humcdle  &  rende  l’œil  glifiant  ,  afin  quille 
jwcuue  plus  aifemenr. 

Get  os  a  des  apophyfes  ,  l’vne  au  plus  grand  angle  de 
l’œil,  &.l’autre  qu  plus  petit  ,  pour  conftirucrla  parfî® 
fupericure  de.i’oihue. 


Des  Os,  s^f 

II  atrois/rfl«j,I'Vn  par  dedans,  dont  nous  auons  parlé 
^cy.defTuSjqui  finit  au  crame  :  deux  par  dehors  au  milieu 
.dcsfourcils  &  poitrlepaflTage  desneifs(de  la  troifiémc 
coniugaifon  ]  vers  le  front. 

Le  fécond  &  le  troifiémc  font  deux  os  du  fpeifut  Ou 
du  fommet  de  U  «r/e,quc  d’autres  nommznt^ptirituttxt 
veitfie^  »  nerneux  »  os  de  U  râtfon  ^  de  U  fenfee  &  les 
-Grecs  os  du  ,  parce  que  le  cerueauqui  cftcncét 

endroit  plus  humide iSc  plus  mol,  cil  fitué  fous  eux. 
tt\n  figure  cft  quatrée  [  &  inégalé.  ]  p 

Leüï  ful;fia»ce  cil  plus  rare  &plus  foiblc  que  celle  dos 
autres  ,  parce  que  latcftca  befoin  en  cét  endroit  d’vne  dufyndpit 
grande  cuaporation:  D’où  vient  que  lesplayesdufynei*  font  mtr- 
put  font  mortelles. 

Cette  partie  qui  cft  aux  petits  (  des  hommes  Se  non 
pas  des  belles  )  à  k  commiflurc  de  la  futiirc  coronalc 
&'dc  k  fagittale  ,  fc  trouue  membeaneufe  &  molle, & 
enfin  elle  fc  durcit  en  os ,  entre  les  os  de  la  tefte  ;  Ce  qui 
arriuc  (chn  ^rifiote,  lors  que  l’enfant  commence  à  for¬ 
mer  vnc  voix  articulée.  D'où  vient  qu’on  remarque  en 
ce  lieu  auxenfans  vnc  ouucrture  ©u  vne  fofte,  que  les 
autres  nomment  foMSaneSe  ou  fontaine  pulfatrlc,  où  on 
a  accouftumé  auflî  d’appliquer  le  cautère  en  dcscathar- 
rcs  defefpcrcz,  l’ay  remarqué  vnc  fois  feulement  cette 
partie  membraneufe, comme  aux  enfans,Ôcnon  enedre 
©fieufe  en  vn^omme  de  quarante  ans. 

Il-y  a  des  tanitex,  fupcrficicllcs  par  dedans  [  qui  font 
les  traces  des  veines]  &des  petits  trous  par  dehors. 

Le  quatrième  os  cft  celuy  de  l’occiput  ,  que  d’autres 
nomment  Bafilaire ,  l’os  de  la  front ,  l’os  de  la  mémoire ^ 
l’os  de  hi  hittCi  &  les  Grecs /«w«  :ll  conftiiué  ptefquc 
toute  lapattic  poftcrieurc  &  interne  du  crâne. 

11  cft  communément  aux  adultes  ,&  rarement 

double  ou  triple  ,&  auxenfans  il  eft  ordinairement  eora- 
pofe  de  quatre  os  ôc  plus  rarement  -de  cinq. 

5a  Figure  cft  triangle  fpherique. 

Sa  fuhfiAuce  la  plus  craffe  &  la  plus  denfe  dc.toute« 


Sjfatrieme  TraiBé. 

(  parce  que  le  noble  ventricule  ctt  fitué  en  cét  endto’ 

&  que  les  nei  fsfortentdelà ,  comme  de  leur  fourcc  )  f  ’ 
tout  à  la  t^c  du  crâne ,  finon  aux  codez  du  grand  trou^ 
où  elle  cft  tics  deliée  (  à  raifon  de  quoy  a  bien 

dit  qnp  cét  os  cftoit  fort  mince  ,  ce  que  ÇolHmhHs  te 
prend  ncantmoins.  )  D’où  vicntqu’ily  a  au  milieu  ynç 
cmiftence  oblonguc  pour  fetuir  dedeffenfe, 

il  y^erntj  troHSi  l’vn  fort  grand  ,  près  de  la  première 

vertébré,  par  où  fort  la  moelle  prolongée,  &  les  autres 
plus  petits  pour  là  fortiedes  nerfs  &  l’entrée  des  veines 
&  des  artères. 

Il  y  a  neuf fimafttezi ,  fept  par  dedans ,  &  deux  par  dc^ 
hors. 

Il  y  a  antérieurement  à  là  bafe  deux  Apophyfes  larges, 
(  qui  font  des  epiphy fes  aux  enfans  )  couuertes  d’vn  car¬ 
tilage,  plus  eminentes  par  dedans  &  inférées  aux  finus* 
de  la  première  vertebre  pour  le  mouucmentdcla  tefte: 
ràûtre  apophyfe  cft  petite  par  derrière  &  iointe  à  U 
première  vertebre. 

E’of  tr'mn  y  ^  ^  l’Occiput  des  chiens  vn  autre  os^ntre  lé  grand- 
^uUirèaux  ^  cerucau ,  qui  eft  triangulaire  [  afin  qu’il  férue 

%ms.  fouftien  dans  leur  démarche  courbée.  ] 

Le  cinquième  &  le  fixiémefont  les  os  des  Temples,, 
près  des  oreilles ,  que  les  vns  appellent  os  pierreux  .fe- 
freux, efcatlleuXi  faux,  U  les  autres  pariétaux  ^ 
voufle^. 

Leur  figure  tlï  inégalé  (  toutesfois  plus  circulairc  quo 
triangulaire)  à  caufe  de  leur  inégalité  ,  qui  cft  comme 
des'  rochers  &  des  afpretez  inégalés  :  D’où  vient  aufli' 
qu’on  les  nomme  os  petreux.  Mais  ils  s’atténuent  in- 
fcnfiblement  par  la  partie  fuperieurc  ,  afin  qu’ils  foient 
tranfparens,  où  ils  codent  aux  mufcles  temporaux,  Si 
fc  ioignent  aux  os  du  fynciput ,  comme  des  efcaillcs* 

11$  ont  fix  trous  externes ,  &  deux  internes,  le  premier 
externe  cft  ample  ,  àfçauoir le  conduit  auditoire,  &  les. 
autres  petits  ,  pour  le  paiT’gc  des  vaifléaux. 

Et  dcüxj^nuofitex,.,  l’externe  qui  eft  cfittueitcd’vn  car¬ 
tilage: 


r 

b  es  Os:  '^'37 

tiUgc  reçoit  la  mâchoire  infetieure  :  t^interne  cft  oblon- 
gtie  &  commune  à  l’os  de  l’occiput. 

Chacun  de  ces  os  a  vne  appendice  aigue,  oblongue 
’gcgrcfle  jc’eftpourquoyon  la  nomme  Stjloide  yBeknei^^ 
y  Guphioidet  archet  yèce.  Elle  fcromptaifement,  d’où 
vient  qu’elle  ne  fètrowue  pas  en  tous  les  ers  nés ,  fur  tout 
en  ceux  qui  ont  efté  deterrez.  Elle  eft  ofleufe  aux  adultes  ■ 
&  cartilagineufe  aux  enfans.  Elle  £è  courbe  vn  peu,  com¬ 
me  l’elperon  d’vn  coq. 

Et  trois  apophyfet.  ^ 

I.  L'Externe  ôcobtufé,  crafle,  courte,  &  eau  erneufe,' 


quieltappellée«?4r«w7///(*ire,àcaufe  de  fafigure, 

Z. Vne  portion del’os  Zygomatique,  cft auffi  vne apo- 
phyfc  externe^ 

Carl’osIugalouduZygomafîtuéfousrœil,  n’eft  pas  zygomn. 
vn  os  particulier,  mais  il  cft  compofé  des  apophyfes  de 
deux  OS',  de  celle  dont  nous  venons  de  parler ,  éc  d’vne 
autre  de  la  mâchoire ,  qui  font  coniointes  par  vne  future 
oblique,  de  forte  que  de  là  fe  forme  comme  vnpont; 
dont  rvfage  eft  de  deffendccle  tendon  du  muiclc  tempo¬ 
ral,  à  caufe  que  Iç  crâne  eft  délié  d’ailleurs  en  cét  en¬ 


droit. 


■>).V Interne <{m  fait  vne  tuberolîté  longue, dans  laquel¬ 
le  il  y  a  trois  camte\:le  tdmbeftry  le  labyrinthe  &  la  cequtüei 
&auflî  les  offelcrs  de  l’ouyc.  Mais  fi  on  compte  le  con- 
duit  externe  deuanc  la  membrane  du  tambour,  il  y  aura 


quatre  cauitez  au  conduit  auditoire,  bien  que  les  anciens  > 
n’ayent  fait  mention  que  d’vne  feule  cauerne. 

La  I.  cauité  qu’on  appelle  le  1  ambour  oula  emtyue>o\k 
le  baftnfSc  Arifiote  la  coquille^eft  fituéc  incontinét  après 
la  petite  membrane  du  tambour ,  dans  laquelle  font  l’air 
naturelles  trois  oftelets,  le  ligament  &  les  mufclcs  ,  les- 
petites  fcBcftres  &lesaque  du(fts:  Et  de  cette  cauité  vn 
canal  va  au  palais  [  qui  ne  tranfportc  pas  ncantmoinS' 
l’air  naturel,  parce  qu’il  y  cft  retenu  par  la  nature.] 

Les font  deux  petits  trous  dans  cette  cauirér 
^^t\ouale,  qui  eft  au  milieu  de.  la  cauité  plus  anterieur  &■ 
Y-y  y  plus  ^ 


2>«  Os, 


Explication  des  Figures* 

Voi  fphcnoide ,  la  i.  &la  jj'o- 

rcillemtcrncXa4.&la5.Ieso(relktscld’oiiye,  " 

La  Figure  L 

A.  A.  tos  JpoHgietix  ,  &  fa  feparatim  B. 

G,  D.  deux  cAHite':^  de  l’os  jfpheMoide. 

E.  le  feptum  fut  fepan  lefdites  camtez,. 

F.  le  mu  d'vue  cAuité  de  l'os  fpheuoide,  qui  Aboutit  aux 

narines. 

G.  la  cauité  droite  fitue'e  fous  les  deux  precedentes, 

H.  les  apophjfes  de  l'os  fphfnoide  femblables  aux  ailes  dt^ 

chauues-fouris. 

La  Figure  IF, 

le  Tamhour. 

C.  les  ofellets  adhèrent  Si 

D.  le  nerf  auditoire, 

E. /ü»  rameau  au  mufclè  tenterai. 

F.  vn  autre  rameau  qui  tombe  du  trou  par  oà  U  veine 

nourrifsiere  des  oreilles  fe  porta 

G.  la  diflribution  du  nerf  auditoire  par  lis  oreiHes, 

H.  la  conque  de  l'oreille, 

I-  tojfellet  de  l'oreille  qui  rejfemble  à  vne  enclume, 

K»  les  petites  cauernesi  dont  U  cauité  des  oreilles  ef 
remplie, 

La  Figure  llî. 

Cette  Figure  moudre  la  coquille  de  loreille  ,  &  le 
labyrinthe  ,  ouucrtspour  y  voir  les  petites 
veines  qui  y  font. 

a»  la  coquille  fendul. 

tyyi) 


s 40  SlMtneme  TraiBé]  - 

b.  vn  pêtft  (Htn-'dettx  dinifant  U  coquille  en  dcttx  dei 
fiours. 

C,  vn  trou  rend  ahoutijfmt  à  la  cauité  de  l'oüye  ,  ^ 
de  :Our  wfeneur  de  U  co(^ftille- 
d.  les  circenuolutiens  du  labyrinthe  decouuertes. 

C,  les  petites  veines  qui  fe  dtftribuent  par  la  coquille  le 
labyrinthe. 

La  Figure  IV- 

L.  la  face  anterieure  du  manean.'bA.  la  poferieuri, 

N-  la  face  anterieure  de  l’enclume.  O.  la  poferieure, 

P.  la  face  anterieure  du  marteau  (T  de  e enclume  iehtsen- 

Jfmhle. 

Q.  la  pefierieure. 

R.  l'efrier  de  l oreille  d’vn  veau. 

S.  le  quatrième  os prefque  rond  >  lié  k  fefirier  de  l'oreille 

d'vn  veau. 

T*  l'efirier  de  l  oreille  de  l'homme, 
y .  le  quatrième  os  de  l’oreille  humaine  Attaché  k  l’efri'er 
-par  y n  ligament. 

La  Figure  V. 

î.î.'  les  ojfellets  de  l’ouye. 

B.  l’apophyfe  plus  grejle  du  marteau  ohferuc  par  Ctd\vx^ 

JFolius. 

plus  haut,  fur  lequel  s’appuye  la  bafcdcl’cftricr,  Cen¬ 
tex  me  la  plus  grande  partie  ;  Il  s’ouure  parla  partiepofte- 
ricurc  vers  la  coquille,  par  vue  amplitude  notable ,  &  le 
xonioma  aufli  au  troupofterieur  y(\\x\  tÇtplw  bas,  plus  pe¬ 
tit  3c  plus  eftioii  en  l’homme, ôc  celui-cy  le  diuile  en  deux 
canaux,  qui  font  (cparez  par  vne  écaille  olleulcfort  dé¬ 
liée:  Par  l’vn  il  va  auec  la  petite  feneftre  onaleàlaco- 
quille,  3c  par  l’autieaulabynnthe  ihtie canal  pofterieur 

£e  nomme  le  conduit  de  la  coquille  itortuem 


r 


T)65  Os. 

ttieugU  Sc  capreolairct  à  caufe  dcfon  chemin  tdrtueux, 
par  où  le  trainedmeiicment la  plus  grande  partiedunerf 
auditoire  auccl’artere. 

IL  La  cauité  ronde  &  plus  petite  s’appelle 
Iawi»<^,àcaufede  fes  diucrfes  anfraduofitez  :  Ellcfo 
ioind  apres  la  feneftre  oualc  à  la  cauité  fuiuantc.  Plu- 
lieucs  chemins  vont  de  celle  -cy ,  qu’on  nomme  demi- cer- 
des  ojf juv  crettfex.  o\xeo  d’dans  y  am  p  les  au  co  m  cncc  m  et, qui 
s’cilrcfliflent  puis  apres  infcnfiblemét,couuerts  d’vne  pe¬ 
tite  membrane  déliée,  afin  que  les  fonsdeuiennent  plus 
aigus ,  &  qu’etlans  rompus  ils  montent  infenfiblement 
au  cerneau.  [Il  cft  percé  de  quatre  trous,  outre  l’ouale, 
èclc  cinquième  qui  fe  termineàlacoquille  ] 

La  IIl. fcnommela Coquille,  à  caulcdefa  tortuofîté 
anfraâ:ueufc,&  par  d’autres  la de  la  coquille.  Car 
elle  a  trois  ou  quatre  tours  qui  fc  reçoiuent  mutuelle¬ 
ment  ,  &  elle  eft  enceinte  par  dedans  d’vne  membrane 
fort  déliée  &  trcs-mollc,  [  la  nature  luy  a  donné  auffi  vnc 
infinité  de  petites  veines,  qui  s’tntortillans  autour  des 
anfraduofuczdc  lacoquillcjfegliflent  par  pluficurs  ré» 
lettons  aux  parties  fccretes  du  labyrinthe.] 


chapitre  vil 

Des  Os  de  l'oUya 

ÏLyafîx  autres  os  à  la  telle  qui  font  les  plus  petits,  â 

fçauoir  de  chaque  codé  les  trois  offelets  de  l’oilyc,  ap¬ 
peliez  à  caulc  de  leur  forme  ,  Marteau,  Mnclume  ,  5C 
qui  eftoient  entierèment  incognus  aux  anciens, 
dont  les  deux  premiers  ont  cfté  trouuez  par  lacobus  Car^ 
pus,  que  Majfa ,  lacobas Sjluius ,  &  V tfale ont  fuiiiy  de¬ 
puis.-  Ce  dernier  fumantraduertilTement  de  Fallope,hit 
mention  auffi.  d’vn  troifiémc  os,  duquel  Ingrafsias  eft  le 
•premier  inuentcur  j  Encore  que  ^ufiachius  &  Cdumbtis 
auïibuenc  i’inucntioo. 

Yyy  iij 


S42  Si^mievne  TralBéy 

[  François  Sylttifts  atrouué  yn  quatrième  os,  &  nous 
l’amon(tré,quieft  rond,  petit,  fembkble  félon  ]\jicoi 
FoMtAmsi  l’ccaiUe  du  poilTonlubin,  attaché  au  coftédè 
■  reftrier,  par  où  ilcfl:  ioind  à  l’cncIume ,  par  vn  ligament 
délié,  ce  que  vous  trouucrez  aifcment  dans  les  teftes^j^ 
veau  cui61:es’,aufquclles il cft  plus  grandqu’en  l’homme 
auquel  il  n*cft  pas  pourtant  fort  petit.  ] 

Ilsfont/r/ÿ^adansk  première  cauité,.ou  danslacon, 
que. 

Leur  fiibfia»ce  eft  dure  &denre,caue  par  dedans,  afin 

qu’ils  foicnc  plus  légers,  &  qu’ils  contiennent  la  moelle 
pour  leur  nourriture,  &  elle  n’cft  point  couucrte  d’aucun 
periofte.  Ils  font  auffi  parfaits  &  autfi  grands  en  ceux  qui 
font  rrouuellcment  nés  qu’aux  adultes  :  Encore  qu’ils  ne 
foientpasfîdurs,  mais  plus  humides,  d’où  vient  que  les 
enfans  ont l’ouyc  moins  aiguë. 

Q^nt  à  leur  connexion .  le  Marteau  eft  par  fon apo- 
phyfe  eftroitemcnt  adhèrent  à  la  membrane  du  tambour, 
au  de- là  du  milieu , comme  vne  queue  réfléchie,  dont  la 
t«ftc  eft  inarticulée  à  là  cauité  de  l’enclume,  ayant  vne  pe¬ 
tite  apophyfe,  afin  que  le  tendon  du  mufcle  rond  y  puilTe 
eftre  appliqué  [  Il  a  auflî  vne  autre  apophyfe  plus  lôguc, 
mais  plus  deliée  que  Càcilius  Fôlius  a  remarqué  le  pre¬ 
mier,  à  laquelle  vn  autre  mufcle  externe  de  l’oreille  eft 
attaché.  Elle  eft  appuyée  de  trauersfur  le  cercle  ofleux, 
auec  lequel  elle  s’vnit  peut- eftre  aux  adultes,  car  elle  no 
fc  voit  prefque  qu’aux  enfans  feulement.] 

V enclume  qui  reflcmble  à  vne  dent  molaire, eft  fou* 
le  marteau,  ayant  deux  Apophyfes  par  bas:  l’vne  plus 
courte  appuyée  fur  l’os  écailleux,  &  l’autre  plus  longue 
quifpuftient  Icfommetde  l’cftricroudc  l’os  triangulai¬ 
re  ,  qui  eft  appuyé  fur  la  coquille  ,  cependant  que  par 
vne  bafe  vu  peu  large  il  fc  plonge  dans  h  feJieftre- 
ouale. 

^  Ces  trois  olfellcts  font  ioints  parvn  ligament  ^ott  de- 
lie,  tendu  à  l’entour  déroute  U  membrane  ,  comme  1®' 

nerf  furlapeau  d’vn  tambour; 


Des  Os.  i4.s 

V'vfage  des  eplets  tft;  Non  pas  pour  faircdu  bruit, 
frapansrvD'  coiuic  l’auttc,  mais  afin  que  rdpccc  dufon 
ayant  «ftc  rcceuë,  puiflc  paficr  aux  parties  intcrjcures, 
&  que  les  excren-ens  dis  oreilles  aytnt  vn  chemin. 
Car  reftner  qui  ferme  la  fenctre  ouale  ou  rupeucurc, 
cft  meu  parrenclrire  (dVù  vicr.t  qte  la  fenelltc  s'ou- 
ure,  afin  que  l’elpecc  dulon  pafle  dans  le neif, &  que 
4es  excien  cns  fie  purgent  par  vn  pctiv  canal  cartilagi. 
neux  )  renclumc  pai  le  maiieau ,  le  marteau  par  la  petite 
membrane  du  tan.bour  qui  a  elle  batuë  pat  rimpulfion 
de  l’air  externe  (laquelle  eft  empeichee  par  le  marteau 
quelle  ne  foit  trop  pouflee  en  dedans.)  'Q^and  cela fc 
fait, elle  eftpoufl'ée  en  dedans^ deuient  conucxe,d’oû 
vient  que  fait  naturel  cftafFeifté  ,  qui  errant  par  la  co¬ 
quille,  fait  que  les  reiettons  du  nerf  auditoire  ,  reçoi- 
uent  les  efpeces  des  fions  portées  par  les  petites  fene- 
fireS;i  &:  les  enuoient  auccrucau.Etainfilc  n.artcau  eft 
incu  feulement  en  dedans  ;  Mais  au  retour  il  clt  meu 
en  dehors  auec  la  membrane  du  tambour,  par  ce  petit 
mufcle  qui  a  elle  trouué  par  Cajfems. 


chapitre  vni. 

Des  Os  communs  à  ia  tepe  la  mâchoire 
Juferieme  ,  du  cunéiforme  du 
fpongieux. 

L’Os  fphenoide  ou  cunéiforme  cft  ainfî  nommé  ,  à 
caufe  qu’il  a  la  figure  dvn  coing,  ôciuSi  muhiferme 
par  les  anciens  ,  à  caufe  des  diueifcs  apophyfes  qui  le 
rendent  afpre  par  dedant  &  par  dehors:  les  autres  l'ap¬ 
pellent  os  paxilUtre,  baftlaire  ,  du  colatoirâ  y  à\x  palaist 
&c. 

Il  cft /r«c.au milieu  delà  bafcdela  tefte ,&:Icccrucau 
4;ft  couché  fur  luy  comme  fur  vnc  bafe  ,  de  forte  qu’il 
"  ~  -  -  -  -  touche 


Gemment 

fe  /Hit 
l'fHye. 


Hxplic^tîofi  de  I4  Pi^i 


Elle  reprcfciitc  le  crâne.  La  i.  figure  la  partie  inferieur^ 
la  Z.  la  fupcrieure. 


^  defiifiépmr  les  nerf i 

les  apophyfis  amerieures  de  UfclU  de  cheftaU 
e  fécond  trou  de  l  os  fpheniide ,  pour  les  nerfs  mi  meH‘ 
Heni  loeiU  ^ 

K  U 


m 


Des  0i. 

ll,.létroiJteme  trou  de  l'osfpheMoide» 

I.  les  petits  trous  de  l'os  fpoagieux- 
K.  vue  cmerne  aJfez,amplekl’os  dufroMteutrel  sdeHxt4* 
yies ,  qui  efik  la  racine  du  ne^ 

L*  la  fe»te  de  l'os  fpongieux . 

M-  lenfoncenre  de  U  felle  a  chèual- 

N.  la  fente  commune  a  1‘ os fphenoide  &  a  l'os  des  temples, 

Q .  le  commencement  de  l’ aile  de  l' os  fphenoide* 

Jtxie'me  trou  de  l'os  fphenoide» 

R.  lejepttcme.  S.  le  fphenoidea  fouuent  vn  trou  en  ce  lieu  i 
mais  le  cinquième  efi  vn  peu  plus  haut. 

T.  T.  les  filions  des  vatjfeaux  qui  courent  par  la. 

V.  le  huiÛie'me  trou  de  l'os  fphenoide. 

Ida  circonfcriptimde  l’ os  fphenoide  efi  depuis  II.  ÎUfques  ï-^ 
"S,  depuis  S.  iufques  a  l’autre  2’  depuis l' autre  iuff 

que  s  a  de -Ÿ  a  l’autre  'Y. 

A.  la  future  lamhdoide. 

A.  A-  la  future  fquammeufe  des  os  des  temples. 

S-  l’addition  de  la  future  lamhdoide. 

S- 2.  vne  portion  de  la  future  qui  efi  commune  à  celle  qui  ’ 
enuironne  l'os  fphenoide  a  l'os  des  temples. 
a.  le  fixie'me  trou  des  temples- 
c.  le  fécond  trou  de  l'occiput,  d.  letroifie'me. 

Ck  le  premier  trou  de  l' occiput  par  ou  fort  la  moelle  de  tef- 
pine. 

i.'  lefinus  du  crâne  pour  le  petit  cerueau. 

K,  la  iroifitme  finuoftté  moyenne  entre  les  precedentes,- 
va.  a.  le  fieptum  de  l’es  fpongieux  ^ 
^.vnecauerneal'osdufront.  . 
l.I.  ^vne  finuofite'  félon  la  longueur  du  crape- 
f«'  T.  T.  T.  les  fiions  des  vaijfeaux  qut  pajfens  en  cét  en¬ 
droit  par  la  dure- mere-. 

T.  T.  la  future  coron  ale. 

A;  la  future  lamhdoide. 

©•  ©•  la  future  fagittale. 

la  fontanelle  a  fçauoir  cette  partie  qui  efi  memhra-'^ 
neufs  aux  enfans. 


ilii  'Vi.  .'o*'.  .  .  'v  A 


Des  OSi  f 

^^,(îins  laquelle apophyfe  qui  eft  quarréc  5^  large ,  eft. 
vne  tnfoHceuYt  pour  rcceuoir  la  glande  pituitaire. 

Ilyaà  lafclle  vue  pleine  de  petis  trous , afin 

que  l’air  attiré  par  l’infpiration  ,  foit  elabduré  pour  la  , 

nutrition  de  l’animal. 

Il  a  diuers  trous  pour  le  paflfage  des  vaifleaux  pay, 
ey  parla • 

L’os  fpongieux  cft  fitaé  au  milieu  de  la  bafe  du  front, 
&  remplit  la  cauité  des  narines  :On  la  nomme  auIS 
Ethmojde  ou  crihreux  >  parce  que 

Sa  partie  irtierne  par  laquelle  iî  cft  ioint  à  la  tefte,  eft 
percé  comme  vn  crible  de  plufîeurs  trous  tortueux- 

anfraélucux  &  non  pas  droidls ,  &  cette  partie  eft 
proprement  Sefedoirnommer  cribreufe. 

II  a  au  milieu  vne  ^pphyfe  aiguë rcITemble  à  la 
erejie  d'm  coq  j  qui  diuilè  cét  os  comme  vne  clofturc  en 
deux  parties ,  vne  autre  apophyfe  eft  ioimfte  par  bas  d 
cette  apophyfe  fuperieure  qui  mi-partit  les  narines,  où> 
la  partie  externe  de  cét  os  qm  eft  contenue  dans  la  cauité 
des  narines  hors  du  crâne ,  eft  rarc&  fongueufe.^  &  oÙJ 
elle  eft  propremenc  appclléc  fpongieufe. 

Il  aaulE-vne  autre  partie  plate ,  déliée ,  folidc  ,&  po¬ 
lie  pat  laquelle  elle  eft  iointe  à  l’orbite  des  yeux  ,  dont 
il  conftituc vne  petite-portion, mais  elle  n’eft  pas  par« 
tie  de  la  maehfoire  fuperieure ,  comme  a  voulu  refale. 

L’vfage  de  la  partie  fpongieufe  eft  d’altercr  l’air  infpira 
auec  les  odeurs. 

L’vfage  principal às  la  partie  crihreufe ,  efl 

I.  Pour  l’entrée  dé  l’air, pour  la  génération  dcl’efptiîf 
animal.  - 

a.  Afin  que  lès  efpcces  dés  odeurs  foient  portées 
auec  l’air  aux  produâions  raaramiUaires. ,  qui  font  les 
organes  de  l’odorat  ,  &  qui  aboutiflent  à  ces  trous» 
D’où  vient  qu’en  la  coryze  ce  trou  eftant  bouché  >  l’a- 
âtion  de  l’odorat  fe  perd. 

Vvfage  moins  principal  eft  l’expurgation  du  ccrueau* 
Car  la  pituite  ne  fe  purge  pas  feulement 'par  la  glanda 
Z  Z  Z  i  j 


"^SuatrlemeTralBê^  v.; 

pituitaire  au  palais,  mais  clic  dcftillc  aulfià  Tos  cribretw. 
S>c  aux  narines ,  (îles  ventricules  fupericurs  du  cctuci 
font  remplis  d’vnc  trop  grande  abondance  de  pituite^ 
Au  refte  ce  flux  eft  contre  l’ordre  de  la  nature. 


CHAPITRE  IX. 

Des  os  de  là  Mâchoire  en  General. 

LEs  os  de  la  mâchoire  font  lesfondemcns  detoutc’Ia 
face ,  à  fçauoir  la  mafehoire  fttpeneftre  au  delTus  de 
.\Q^efice  la  bouche,  &  l’inferieure  audeflous. 

la  ma-  Car  la  fupcricure  que  Celfus  appelle. eft  lapartia 
choirt  fu-  offeufe  de  la  face,  qui  .comprend  la  partie  inferieure  èc 
prieure,  latérales  de  l’orbite  des  yeux ,  les  narines ,  les  iou'ès, 
le  palais ,  &  la  rangée  des  dents  fuperieurcs. 

Et  cette  mâchoire  eft  plus  courte  &  plus  ronde  aux 
hommes  qu’aux  beftes ,  pour  la  bonne  grâce  ;  Elle  eft 
aulfl  immobile  comme  aux  beftes  ,  exceptez  le  pero- 
quet  &  le  Crocodile  de  riuierc  [  &  de  terre  ,  Icfqucls 
neantmoins  ne  mcuucnt  pas  la  mâchoire  feule  ,  mais 
aufli  comme  les  vipères  toute  la  tefte ,  qui  y  eft  très 
eftioitcmeni  attachée  ,  ce  qui  fe  doit  entendre  aufli  du 
...  .  Perroquet.] 

rieure.  la  mâchoire  inferieure  en  l’homme  Sf  aux  au¬ 

tres  animaux,  eft  feule  mobile ,  excepté  le  crocodile.,  qui 
l’a  tellement  vnic  aucc  les  os  des  temples,  qu’elle  ne  peut 
fcmouuoir  en  aucune  façon:  mais  le  perroquet  les  re¬ 
mue  toutes  deux. 

La  comexion  eft  fans  mouucment  en  la  mâchoire  fu- 
perienre ,  par  future  ou  par  harmonie ,  aucc  plufieurs  os 
propres,  dont  elle  eft  compofée,  &  les  autres  os  quifont 
a  l’entour,  &  cnl’imericute  par  fynchondrofe 

milieu  du  menton.  Mais  aux  adultes  le  cartilage  f«  chan¬ 
ge  en  os  de  telle  forte,  que  la  mâchoire  inferieure 


I. 


Des  Os  ',  549 

tnfeuî  os,  au  lieu  qu’elle  cftoitauparauant  compoféc  de 

deux  os. 

On  trou  UC  des  canitet,  au  bord  ou  au  circuit  de  l’vnc  & 
l’autre  mâchoire  (  Galitn  appelle  cette  région  Phatma 
crcche  )  dans  lcrqucllcs  les  dents  font  plantées ,  que 
Uen  nomme  BothrtA ,  &  les  Latins  aîneoli,  lomli ,  fofuUi 
prajepiolay  monArioIa^ petites  ruches, logettcs,  foflettes, 
petites  crèches,  petits  mortiers. 

•  Les  <r4»/re;^f©nt  quelquesfois  fimples  ou  triples,  fcloii 
les  racines  des  dents  ;Q^elqucsfois,elIes  feperdent  &fo 
rclTerrcnt,  lors  que  les  dents  font  tombées  ou  atraebées, 
D ’autresfois  il  en  renaift  d’autres  que  font  les  dents  nou- 
ucllcs  qui  fortent.  Elles  s’cffacenifouucnt  enlavieillef- 
fe,  lors  que  les  dents  font  perdues, &  les  circuits  de- 
uiennent  plus  aigus  &  plus  durs ,  afin  qu’ils  feruentaux 
YÎcillards  pour  mafeher  enlapla^p  des  dents. 


CHAPITRE  X. 

Des  os  Propres  de  la  Mâchoire /ùperieure, 

LEs  os  propres  de  la  mâchoire  fuperieure  font  ewee, 
cinq  de  chaque  codé,  5c  l’vneft  fans  pair. 

Le  premier  prefquc  triangulaire,  confiitué  la  partie  in¬ 
ferieure  de  l’orbite  de  l’œil,  le  petit  angle,  ôcvnc  partie 
de  l’os  du  Zygoma  5c  de  la  iouë. 

Le  fécond  fait  le  grand  angle ,  où  eft  vn  trou  qui  va  aux 
narines,  auquel  fe  tient  vne^aruncule. 

C’cftle  lieu  où  fe  font  les  abfccz  qu’on  nomme  L«  lieuaf- 

■qui  pénétrent  dans  l’os ,  s’ils  font  mal  penfez  ou  fi  on  les  feclé  tnl’E. 
néglige,  d’où  viennent  les  fiftulcs  lachrymalcs. 

Ceft  oseftlcpluspetitdcsosfuperieursdc  lamachoi- 
te  fuperieure,  délié  ,  tranfparcnt ,  lafehement  adhèrent, 
de  forte  qu’il  fe  rompt  5c  fe  perd  aifement  :  D’où  vient 
qu’on  le  trouuc  rarement  dans  les  crânes  détenez. 

Z  Z  Z  iij 


TmiBcy 

Le  troifiémc  cft  le  plus  pand,  qui  conftituc  la  plug 
grande  région  du  palais,  l’orbite  inferieure ,  &  |e 
qui  contient  les  dents.  Il  a  des  deux  collez  des  finus  am 
pies  confidcrablcs  (  &  des  trous  qui  donnent  palTageaux 
vaiireaux)foit  pour  la  Icgercté,  foit afin  qu’il  contienne 
la  moelle  pour  la  nourriture  des  os  &  des  dents  fupericu 
res,  &  mefmes ,  félon  d’autres  pour  la  produftion  de  h 
VOIX.  Elles fecreufent  premièrement-: aux  enfans,  apres 
quelques'annécs ,  &  font  ceintes  d’vnc  petite  membrane 
déliée. 

Le  quatrième  aucc  fon  compagnon  conftituëlapartio. 
oflcufcplus  eminentedu  nez. 

lleft  grclle ,  dur  ^folide  &  quarré. 

Ces  deux  os  externes  du  nez  font  diuifez’parvncfiitii,. 
re  :  Ils  font  afpres par  dedans,  afin  que  les  cartilages  du. 
nez  s’attachent  mieux. 

il  y  a  vn  autre  os  interne  (  qui  eftie  troifîéme  du  nez) 
adhèrent  à  l’apophyfc  dcl’osfpongieux,quon  appelle 
la  paroy  entre-moyenne  des  narinest  parce  qu’il  les  diuife. 

Le  cinquiéme  cft  fitué  à^rextremité  du  palais,  où  les 
trous  des  narines  vont  à  la  gorge, lis  font  feparez  les  vns 
des. autres  par  la  future  moyenne  du  palais, &  fontda 
partie poftericurc  de  I  amplitude  du  palais  éedesnari- 
nes.Ils  font  déliez,  lolides  &  larges. 

Columhs  adioufte  vn  vnT^me  à.cesdix,fcmblable  au 
foc  d’vnc  charrue  ^^au  deffus  du  palais  interne  &  moyen, 
fcparant.  la. partie  inferieure  des  narines,  comme  vn©. 
clofture. 


CHAPITRE  XL 

la  mâchoire  inferieure* 


_ _  n  fcul  os  aux  adul* 

î,&  de  deux  aux  petits  cnfans,iufqufs  à  la 
Année,  ioiiiéls  parTynchondrofe. 


J^A  mâchoire  inférieure  cft  faite  d’v 


Des  Os.  sfi 

Figure  comme  celle  de  la  lettre  Grecque  w.  ou 
d’vn  are. 

Si  fubflance  cft  trec  dure  &  tres-fotte,  afin  qu’elle 
puilfe  durer  en  mordant  &  marchant  :  Elle  eft  creufe  par 
dedans,  où  la  moelle  eft  contenue  pour  fa  nourriture,  & 
des  dents.  , 

Elle  trous chaque cofté,  qui fc  portent  con¬ 
tinus  par  la  mâchoire, comme vn tuyau, de  forte quefî 
l’onpaflc  vne  foyc  de  pourceau  par  l’vii,  eUc;peut  fortir 
par  l'autre. 

L’vn  eft  merncy  poftcricur  &:plus  grand,  qui  reçoit 
vne  partie  delà  cinquième  paire  des  nerfs  à  noftrc  com¬ 
pte,  aux  racines  des  dents  aucc  vne  petite  veine  &  vne 
petite  artère. 

L’autre  eft  externe  plus  petit  &  rond,  par  lequel  le 
reietton  dunerf  qui  eft  entré, comme  nous  auons  dit, 
fort  à  la  Icvrc  inferieure. 

Elle  a  des  afpretex,  &  diuers  finus ,  à  caufe  des  origines 

infections  des  mufcles. 

Et  aufli  deux  apophyfes  de  chaque  cofté ,  qu'on  appel¬ 
le  Cornes ,  qui  fe  portent  en  haut. 

L’vne  fe  porte  en  douant,  large  &  déliée,  dont  la  poin¬ 
te  ou  la  partie  aiguë  fe  nomme  Coroné ,  à  laquelle  s’im¬ 
plante  le  tendon  du  mufclc  temporal.  D’où  vient  que 
la  luxation  delà  raafehoire  inferieure  eft  mortelle,  fé¬ 
lon  Hippocrate. 

■  L'autre  pofterieure  fe  porte  en  derrière  :  Elle  reflem- 
ble  vne  tuberofité  &  fe  nomme  condyloidc  ,  &  a  vne 
petite  tefte  couuerte  d’vne  croufte  cartilagineufe ,  fous 
laquelle  eft  vn  col  oblong. 

Par  le  moyen  de  cette  apophyfc  fc  fait  l’articulation 
auec  l'os  des  temples,  où  eft  encore  vn  autre  cartilage^ 
entre  la  cauité  Se  la  petite  tefte  cartilagineufe  ,  pour 
rendre  le  mouuemcni  plus  aife.  Vn  ligament  com¬ 
mun  membraneux  cnuelopc  aufli  cette  articulation. 


Sjiatrime  Trdüiy 


SSt 


CHAPITRE  XII.^  “ 
Des  Dents  en  General. 


LEs  Dents  font  nommées  Dettes  par  les  Latins  da 
mot  edentes,  &c  odontes  par  les  Grecs  de  edonter.  cm 

fignifient  manger  en  ces  langues.  Ce  font  des  os  pro. 
prement  dits, durs  &  folides  ,  polis  &  blancs ,  comme 
les  autres  os. 

Elles  ont  quelques  chofes  particulières  par  deffus  les 
autres  os, qui  ne  les  exqluct  pas  pourtant  du  nobre  des  os. 

I.  Ce  font  des  os  plus  durs  que  les  autres ,  afin  qu’el, 
les  puiffent  auffi  broyer  les  chofes  plus  dures  ;  Elles  cè¬ 
dent  à  peine  aux  pierres,  &  ne  pcuucnt  pas  eftre  bruflées 
aifement  par  le  feu.  Encore  que  tout  vn  corps  mort 
foit  confuraé  dans  quarante  iours  par  la  pierre  nommée 
Sarcophage,  les  dents  demeurent  en  leur  entier. 

1.  Les  dentsfont  nues  &  fans  periofte,  afin  qu’elles 
ne  fouffrent  aucune  douleur  en  mafehanr. 

3.  Elles  fentent  neantmoins  ,  mais  plus  les  qualitez 
premières  que  les  fécondés ,  &  principalement  plus  le 
froid  (  d’où  vient  l’agaflement  des  dents  )  que  le  chaud, 
au  contraire  de  ce  qui  arriue  à  la  chair.  " 

^eîlé  ejl  ^jiis  ce  n'eft  paj  jQQjc  la  dent  qui  fcni  par  foy  mefmc^ 
interne  plus  molle  &  plus  moéUcufe,  qui 

“  cftenuellopéed’vneautreplusdurc&:extcrne,quinere- 
çoit  point  de  douleur  ny  parlcfeu,ny  par  le  fcr.Cômecn 

vnc cfpce dont  l’efcorce  d’acier, s’il  faut  ainfi.parlcr,  cil' 
fort  dure  &  la  moelle  de  fer  plus  molle  ,*  Et  comme  la 
peau  fent  à  trauers  la  cuticule  qui  n’a  point  de  fentitnent, 
ainfi  la  partie  interne  fent  à  trauers  l’externe  ,  par  1® 
moyen  des  petits  nerfs  mois  &  des  membranes  qui  l’en- 
uironnentôc  entrent  dans  la  partie  interne  j  parce  qu’cH® 
eftereufe.  C’cftpourquoyvne  certaine  religieufcde  Pa- 
dbuë  ayant  fait  fcicr  vnc  dent  plus  longue  que  Ics  autres, 
qui  la  rendoit  difforme  ,  elle  tomba  incontinent  en  des 
conuulfions  ô:  dcuint  épileptique.  Otonvoyoït  quel- 


Des  Os, 

qactrace  de  nerf  en  la  partie  retranchée  de  la  dent. 

D  où  vient  que  les  dents  reçoiiient  des  nerfs  dans 

leurcauité,&  non  pas  les  os. 

J.  Elles croilTent  toufiours  prefque  iufqii  a l’extremc  Lw 
vieillelTe  ,  a  fçauoir  parce  qu  elles  s’vfcnt  tous  les  iours  croijfmt 
par  la  manducation  &  ratrrition ,  comme  toujioHts^- 

L’eau  caue  le  rocher  fansforcejgoutteàgoutte. 

Elles  croiflcnc  donc  autant,  qu’elles  diminuent  par 
l’attrifion.  Gequi  cil  certain  puis  quefî  vnc  dent  tomi 
be^  ncrenaift  pas  ,  celle  qui  eft  à  l’oppofite  ,  deuient 
aulfi  longue  que  l’efpacede  la  première  dent  eft  vuidc. 

Ge  que  confiderant ,  comme  auffi  ce  qu’on  ^ 

croit  que  des  dents  nouuelles  croiffent  i  quand  les  au. 
très  tombent, il  recueille  delà  qu’vne  vertu  formatrice 
demeure  viuifiante  aux  dents  ,  iufqu’à  fextreme  vieil- 
lefte. 

Lesdents  font  engendrecs  dans  la  matrice  les  Us  dents- 
mafehoires  ,  à  fçauoir  douze  en  chaque  mafehoire,  ou  font  engin- 
quelque  peu  dauantage, comme  ilfera  dit-cy  apres  en 
parlant  de  leur  nombre:  Quatre  tranchantes,  deuxca- 
nincs ,  fix  mafchelieres ,  qui  demeurent  quelque  temps 
cachées  imparfaites  dans  la  mafehoire,  (  Carc’pft  vnc 
chofe  extraordinaire  qu’vn  enfant  naifte  incontinent 
auec  des  dents)  afin  que  l’enfant  ne  bleftc  le  mammel- 
‘lonen  tettant.  D’où  vient  qu’on  peut  tirer  des  petites' 
dcntsd  ivnauorton  ou  d  vn  petit  enfant. 

Elles  fortenthms  des  gcnciues  pluftoft  aux  beftes 
[excepté  les  cheuaux félon  Wdrrotti]  parce  qu’elles  fc 
nourriflent  pluftoft  de  viande  folide  :  Et  en  l’homme' 
au  feptiéme  mois,  ou  plus  tard  :  Les  fupericures  croif¬ 
fent  plus  toft  auxvns,  &  les  inferieures  aux  autres ,  & 
en  ceux-cy, 

les  anterieures  f lus- tejl-  i*<  Parce  qu’elles  font  plus  * 
aiguës. 

a.  Parce  qu’elles  font  plus  petites  que  les  autres^ 

3.  Parce  que  l’os  eft  plusdelié  en  cét  endroit. 

^  Parce  qu’elles  font  plus  jjeccffaires&:  pour  la  for-» 

Aaaa 


5T4  ^atriême  TraiEié^ 

niation  delà  voix  &  pour  la  diuifion  des  viandes’ 
Hippocrate  enfeigne  qu’au  temps  que  les  dents  fortent 
J  aux  petits  enfans,  fur  tout  les  canines,  ils  font  attann  ^ 
de  lafievre  ,de  conuulfîons  5c  du  flux  du  ventre, 
ee  que  les  dents  persans  les  genciues  donnent  piuj^ 
douleur  à  la  chair. que  des  aiguillons, 

Çcs.dents  ont  vne  (ubftance  ofleufe  ,  dure  &  creufe 
'*  -paria  partie  quelles  fortent,  &  molle  par  la  partie  ia- 
ferieure  reueftue  d’vne  membrane  deliée  &  trans¬ 
parante. 

^  Or  enuiron  la  fepticme  Sc  quatorzième  année 
dents  noutielles  fortent  ordinairement  (  les  preraicres 
cftans  tombées  )  à  l’vnc  &  l’autre  mafehoire,,  quatre 
tranchantes ,  deux  canines  &  quatre  mafcheliercs,  Les 
premières  tombent  à, quatre,  cinq.&:  fixans,  parce  que 
les  alueoIescroilTent  s’clargiiTent,  Si  ellesne  tomlient 
ïpasj'ies  dernkrcs  fortent  par  des  alucoles  nouueaux.à 
fçauoirie  plus  fouuent  par  haut  en  dehors  ,  &  par  bas 
en  dedans  ,  comme  fi  c’eftoit  vne  npuuelle  rangée  de 
dents.  Elles  naiflenr  plus  fouuent  aux  codez, &:  augmen¬ 
tent  le  nombre. 


Si  apres  la 
cheute  des 
dents  il  en 
paifi  de 
mmelles 
aux  enfans 
ihors  delà 
matrice. 


Or  ces  dents  ne  naiiî'ent  pas  de  nouueau  hors  delà 
matrice  rCar  autrement  il  faudroit  que  l’origine  des  pe¬ 
tites  membranes , -des  nerfs ,  des  vaifleaux,  &  desliga- 
mens  fut  nouueJle  :  Mais  il  y  a  des  feminaires  dcdentl 
cachez  dans  les  mafchoires.  Car  EH!lachm  &  Riolm 
ont  obfcrué  quelques  petites  dents  derrière  les  autres, 
qui  tombent  lors  que  l’entte-deux  qui  eft  entre  les  dents, 
eft  ofle.  Mais. c’eft  vne  chofe  rareque  les  dents  renail- 
fent  apres  plufieurs  années  &  en  la  vicillefle,  [  comme 
en  ce  vieillard  de  noftre  Finnie  aagé  de  cent  ans  dont 
parle  Mr.  de  Thon ,  &  en  vn  autre  de  140 .  &  i  Venife  a 
vn  Soldat  de  foixante  ans.  ] 

Nous  parlerons  maintenant  des  dents 


uent  aux  hommes  adultes. 

Elles  font  placées  fur  le  circuit  des  deux  mafchoires. 
l’homme  elles  font  renfermées  dans  la  heü' 


Des  Os. 

che,  Sc  au  Sanglier  elles  fortcnt  dehors. 

.  Celles  de  rhorame  cèdent  en  à  celles  des 

âutresanimaux  ,àcaurequ’ilalabouchcpluseftroitc,& 
elles  font  les  vues  plus  grandes  &  les  autres  plus  pe¬ 
tites; 

Leur/7^0r(feftdiuerre:En  l’homme  il  en  cft  dctrois' 
fortes  de  figures  :  les  tranchantes ,  les  canines  &  les  mo¬ 
laires,  comme  nous  dirons  au  Chapitre  fuiuant  :Aux  be¬ 
lles  qai  rumiffettt )  leur  figure  cft  de  deux  fortes,  tran¬ 
chantes  &  molaires.  Aux  poilTons  elles  font  toutes  ai¬ 
gues  entièrement. 

Leur  cft  polie  &  égaie. 

Lèur  cotilear  eft  blanche  &  nette,  fi  elles  ne  fe  g.*iftent‘ 
par  négligence,  patlavieilleireou  quelque  maladie. 

Leüi:;iomhre  n’cft  pas  pareil  en  tous.  Car  pour  ne  dire 
rien  des  chofes  rares, à  fçauoir  qu’il  naift des  hommes' 
auecvnedent  continucà  la  mâchoire  fupericure,  d’au¬ 
tres  auec  deux  ou  trois  rangées,  comme  i’ay  veu  en  quel¬ 
ques  poifibns.  [Tout  le  moïfde  fçsit  ce  que  Solm  rapporte 
de  la  mantichorc  ,  &  ce  qu’on  dit  du  poilTon  lamie.] 
L’homme  a  ordinairement  vne  feule  rangée  de  dents  en 
chaque  mafehoire ,  &  vifigt  hui^t  dents  en  tout ,  quel- 
quesfois  trente^  à  fçauoir  feiz,e  à  la  fupetieurc,  quatorz^e  à 
l’inferieure,  &  le  plus  fouuent  trente  deuxi  feize  à  cha¬ 
que  mafehoire.  ^  . 

Mais  ce  nombre  fe  change  rarement  ,fînon  aux  molai¬ 
res,  qui  font  quelqucsfois  cinq  de  chaque  cofte,  qael- 
quesfois  quatre  ,  quelqucsfois  cinq  en  haut,  quatreeiv 
bas,  ou  cinq  à  la  partie  droite,  quatre  à  la  gauche,  &au 
contraire. 

Or  le  grand  nbbrc  de  dents  monftre  la  longueur  de  vie , 

&  le  petit  la  htkaciéXcloicte^moigtxiiged'Hippocrate  Sc 
de  Galien. qu’ils  ont  dit  auccraifon.  Car  la  rareté  &  le 
petit  nombre  des  dents  eft  mauuais ,  &  corne  figne,  &  cô-  gumr  de 
mccaufe.  Gomme car  il  monftre  le  defaut  de  h  vie. 
matiete,  &  lafolblelfcde  la  vertu  formatrice.  Comme 
parce  que  les  demsfonten  petit  nombre  ,  elles  ne 
Aaaa  ij 


pé  ^atriéme  TraîBe, 

préparent  pas  bien  les  viandes ,  &  par  confequentîj 
micrc  codtion  ne  fc  fait  pas  bien ,  ny  la  fécondé, à  cauft  Jê* 
ccl!e-cy.  Mais  ilfaut  entendre  que  la  brieucté  de  la  vie  cft* 
dénotée  parla  pour  l’ordinaire ,  5c  à  la  plus  part ,  non  pa 
toufiours,  comme  Scanner  dirpiite  fort  bien  contre  Car- 
daaExctc  lyi.  Car  on  ditqa’Auguftc,quiauoit  peu  dé 

dents,  &  rares  ôefeabreufes,  avcfcu7é.ans,[Ondicla 

îîîefmc  chofe  deForefim,qmveCc\ii  plus  deSo.ans.] 
Lent  comexte»e^Ÿ^ï gomphsfe  :  C^t  il  femblc  qu’d. 

iesfoient  plantces.dans  leurs  alueoles , comme  des  clous 

dans  le  bois.  Elles  font  auffi  attackées  à  leurs  logettes  par 
des  forts  ligamens  adhérents  aux  racines,  &  qui  après 
enuironnent  les  gencines  ,  dont  nous  auons  parlé  cy- 
deflus. 

Leur externe  eft  plus  folideôc  plus  dure,  & 

n’a  point  de  fentiment  :  l’interne  cft  vn  peu  plus  molle,  & 
a  feiitimcnt ,  à  caufe  du  voifinage  du  nerf  &  de  la  mcm. 
■branc,  &  vne  cauité  en  foy  plus  ample  aux  petits  enfaus, 
&  enuironnéciufqu’à la feptiéme  année  d’ vne  efcÀtlUâe- 
liée ,  comme  les  ruches  des  abeilles ,  &  remplie  de  muco- 
fité.  Elle  diminue  aux  adultes,  à  caufe  quei’huraiditéfc 
feiche. 

D’oà  vien.  Ccttc  cauité  eft  reueftue  d’vnc  petite  MemhrAHe(\ni&le 

nm  Us  af  fentiment  exquis,  ôc  qui,  fi  elle  emboit  quelque  humeur 
"ufdluleTrs  cerucaü,caufe  de  très- grandes  douleurs 

des  dents.  dents.  Les  cotrofions,  les  pourritures ,  ôcles  caries 
douloureufcs  commencent  par  elle,  &  quelqucsfois  il  s’y 
engendre  des  petits  vermifTeaux  qui  donnent  des  dou¬ 
leurs  cruelles. 

EcsvAiJfeetftx  fe  portent  à  cette  cauité  par  les  trous  des 
r  acines  des  dents,  à  fçauoir 

Les  petites  veines  par  la  nourriture  &  accroilTemci’*^ 
continuel,  qui  ne  f«  voyent  pas  en  l’homme  fi  mauifeftc- 
ment  (  non  plus  que  les  veines  de  la  tunique  blanche  des 
yeux)  qu’en  vn  bœuf,  mais  que  l’on  recueille  de  l’aff^fiQU 
du  fang  dans  la  cauité. 

Les  petites  ancres  pour  donner  la  chaleur  naturelle. 


f  .  Des  Os',  ■f's’j 
douleur  des  dents  caiifc®  par  inflam¬ 
mation,  eft  quciqucsfois  pulfatilc  ,  que  Galten  a  expéri¬ 
mentée  en  foy-mefrae.  C’eil  pourquoy  il  coule  queU 
quesfois  beaucoup  de  fang  clair  dVne  dent  percée  ,  & 
quciqucsfois  mefme  iufqua  la  mort. 

Des  petits  nerfs  mois  &  déliez- fe  portent  U  aufli  de  la 

fiaire  que  nous  comptons  la  cinquième,  qui  entrent  par 
es  racines  dans  la  cauitc,  oùilsfe  refpandent  en  dedans, 

&  femeflent  par  des  petits  rçiettons  ^uec  vne  certaine 
fubftancc  mufqucufe  ,  qui  trouuc  au  milieu  delà 
dent. 

Les  vfages  des  dents.  '  -,  ;  ;  ;  ;  -  •  - 

Le  premier  8c\e  principe  eft/pourjbrôfsrilçs-yiilîdèX 
Le  IL  Pourformer  la  voix  {d-QÙ  vient  q;tip-l.eç  en|an|, 
ne  parlent  pas  deuat  que  la  bouche foit  gaunie  de  dents*  ). 

Les  tranchantes  feruent  principalém.eiît  poutla'prbaon- 
ciation  de  certaines  lettres.  D’où  vient  que  les  edentez 
ne  pcuuent  proférer  quelques  lettres,  comme  le  T  l»veitsi 
rR,en  l’expreflion  derquclles  la  langue  eftcnduë  doit 
s’appuyer  fur  les  dents  anterieures.  Autrement  la  perte 
des  tranchantes  incommode  la  formation  de  la  voix* 
comme  tefmoigne  Galien ,  de  forte  que  laparole  deuipnc 
plus  tardiuc,  moins  claire  &  plus  empefchcc,  • 

III.  Pour  l’ornement  :  caries  edentez  fon,tdifforme-&. , 

IV.  Homere  cftime  quelles  feruent  pour  modéra  is 
babil. 

V.  Elles  feruent  aulTi  aux  beftespour  le  combat ,  oh 
l’homme  fç  fort  des  mains^ 


chapitre  XIII. 

Des  Dents  en  fartkdier,  . 

L’Homme  a. tjrois.forws  de  dents,  a  raifoU  de ‘ leurs 
trois  figures, de  leur  fituation  Sé  offices  ;  Celles  dede- 
uajQt  les  Canines  &  les  Mafchclieres. 

Aaàa  iip  ’ 


^iatriime  TrdBjj^ 

Celles  de  deuant  ou  anterieures  font  appellécs  ifteir  -, 
res  &  tranchantes,  à caufe  de  leur  o^ce  à  couper  les  vian- 
dcs,&'aufli Gelafwoi parles  Grccs,c’eftàdirc  rieufes, par' 
çequ’clIes.fe  dccouurentles  premières  en  riant. 

Elles  font  Jttu  'es  \  la  partie  anterieure  au  milieu  des  au. 
très,  c^uAtre  en  chaque  mafehoire  (deux  en  quclques-vns* 
mais  qui  font  aufli  larges  que  quatre  )  aiguës  &  largçj 
comme  des  cfpées ,  plus  courtes  que  les  canines, & 
tées  dans  leurs  alueoles  par  des  racines  Amples  ;  C’c(|. 
pourquoy  elles  tombent  plus  aifemenr,  fur  tout  Icsfupe. 
ricurcs. 

Les  Canines  les  fuiuent  des  deux  coller,  ainfi  nom. 
m  ées,  à  caufe  de  leur  pointe,  dureté  &  vfage;  Car  cellcs- 
cy  rompent  ce  que  les  autres  n’ont  peu  couper.  On  les 
nomme  communément  dents  œilleres, non  pas  qu’elles 
atteignent  prefque  à  l’enceinte  des  yeux, comme  quel¬ 
ques -vns  eftiment,puis  qu’elles  touchent  a  peine  à;  I» 
partie  inferieure  des  ailes  du  nez ,  mais  parce  qu’vne  por. 
lion  du  nerfqui  meut  les  ycux,fc  porte  à  ces  dents,  d’oà. 
vient  qu’on  croit  qu’il  eft  dangereux  de  les  arracher. 
Vm/itity  Ces  dents  font  deux  en  chaque  mafehoire,  vne  de  cha* 
l'homme  A  quccoftc  ,larges  &  efpaiffcs  àlabafe  &  aiguës  pat  l’autre 
de  dits  partie.  Car  l’homme  n’auoit  pas  befoin  de  plufieurs< 
cAntnes.  canines ,  veu  qu’il  eft  vn  animal  doux ,  &  qii^il  fe 

fert  des  mains. 

Ellcsfont  plantées  par  de  fîmplesracines,  commcies 
incifoires,  mais  plus  profondément  &  plus  fermement: 
car  leurs  racines  furpalTcnt  toutes  les  autres  en  Ion* 
gueur,  mais  celles  des  fuperieures  font  les  plus  longues 
de  toutes. 

Les  autres  dernières  fe  nomment  Mafchcliercs,  tant; 
dcaufe  qu’elles  ont  la  figure  de  meules  de  moulin,  que 
parce  qu’elles  en  ont  l’ vfage,  broyans  les  viandes  coupées 
comme  4es  meules:  D’où  vient  quelles  fontafprcsôi 
grandes ,  dureS'  ii  larges.  Les  AlletnAns  les  nomment  les 
(dents  des  ioués. 

Il  y  en  a  plus  en  l-homme  que  d’incifoires  lEt  auxon» 


r 

Des  Os.  jj-y 

•traire  aux  belles  farouches  qui  fc  feruent  des  dents  a  'gucs 
pour  le  combat. 

Elles  font  vingt  ordinairement,  cinq  de  chaque  collé 
en  rvne&:  l’autre  mafehoire,  encore  que  leur- nombre 
cftdiuers  ,  comme  nous  auons  dit-cy  deflus. 

Les  deux  dernières  de  celles  cy  font  nommées  les 
dents  de  la  fagejfe ,  àüStns  &-de  l’entendement ,  parce- 
qu  elles  fortent  premièrement  (  parfois  auec  des  gran¬ 
des  douleurs  &  quelquesfois  fans  aucun  mal)  lors  que 
les  hommes  commencent  à  cftre  fages  ,  à  fçauoir  enui- 
ron  la  2.8.  ou  30.  année,  quelquesfois  à  l'cxtreme  vieil¬ 
le  ff€.[  FvaUfis  les  a  veu  fortir  à  l’aagc  de  83,  ans  3] 
quelquesfois  à  peine  fortent  elles  dehors ,  quelquesfois  à 
peine  font  elles  formées  ,  les  Latins  les  nommenc.^s- 
Miini. 


Ces  dents  font  appuyées  de  pluficu-rs  à  fçauoir 

-de  deux  ou  trois,  comme  les  mafcheliercs  inferieures, 
ou  de  trois  &  quatre  ,  comme  les  fuperieurcs  qui  ont 
plus  de  racines. 

I.  Parce  qu’elles  pendent  aucontrairc  des  inferieures,  Ponrquey 
lefquelles  font  affermies  dauantage  par  leurpefantcur. 

1.  Parce  que  la  fubllance  de  la  mâchoire  fuperieure 
cft  plus  rare  &  plus  molle.  ^ 

Et  ainfî  nous  auons  acheué  l’explication  de  la  pre-  racines. 
micre  partie  du  Squelete ,  à  fçauoir  la  Telle  5  Defcen-  Tranjiticn 

dons  maintenant  à  la  fécondé  partie  ,  qu’on  appelle  le 

ry,  i.  '  i  i  l  „,g,t  par- 

Tionc.  tiehUfe- 

_ _ _ '  cende. 


CHAPITRE  XIV* 


De  l'Effine  défis  yertehres  en  General 

IL  faudra  examiner  au  Tronc  ou  à  la  fécondé  partie 
du  Squelete  toutes  les  vemhres  de  l'efpine  ,  les  os  de 
l’Ifchioni\e%  cofies,  le prne»  >  les  clauicules  ;  &  les  ef- 
f  Aides, 


5(^0  Çludtrlme  TraîBéy 

Q.Vr/?«  Ou  appelle  Efpine  tout  ce  qui  eft  depuis  U  ptemief, 
que  l'efpi-  vertebtedu  col ,  iufquesa  los  du  coccyx:  Elle  eft  aj^fj 
nommée,  parce  que  fa  partie  pofterieure  eft  efpineufg 
ou  aiguë. 

Les  parties  de  l’efpinefont  appellecs  Spondyki  parles 
Grecs,  ôc  par  les  Latins  fertehrAt  d'vn  motqui  fignigg 
tourner,  parce  que  le  corps  fe  tourne  diuerfement  par 
leur  moyen. 

Les  os  del’erpine  font  diuifez  en  fept vertébrés 
, cinq  des cinq  oufix  dc/’ô; 
auxquelles  on  adioufte  l'os  da  croupiom 

Toutes  les  vertebres  font  creufées ,  pour  contenir  la 
moelle  dcl’erpine,v Elles  font  plufieurs  &  non  pas  vne 
feule,  tantàcaufedu  mouuemcnt  qui  fc  deuoit  faireen 
deuant  &:  en  derrière  aulïi  afin  quel’ vne  eftant  bief, 
fée,  toutel’efpinc  nes’en  reflentit  parfympathic. 

La  Figure  de  toute  l'efpinc  eft  telle ,  tantoft  elle  incline- 
en  dedans,  comme  les  vertebres  du  col,  pour  foiifténir 
rOefophage  &  la  trachée  artere  ,  &  celle  des  lombes 
-pour  le  tronc  de  l'Aorte  &  de  la  veine  cauedefeendante, 
tantoft  en  dehors  iCommç  celle  du  dos,  Sc  vn  peu  celles 
de  l’os  facrum  ,afin  que  le  lieu  foit  ample  pour  le  cœar, 
les  poulmonsjla  veifie,  le  fondement  ôc  la  matrice. 

Ces  parties  feflechiifent  plus  en  dehors  aux  femmes, 

■  a  caufe  du  fœtus. 

La  Figure  de  chaque  vertébré  eftappIatieSc  large  par 
haut  &  par  bas  ,  afin  que  la  luxation  ne  fe  piiilfe  faire 
aifement,  intérieurement  ronde,  conuexeôc  eminente, 
mais  plus  large  &  plus  égalé  au  col,  à  caufe  de  la  tra¬ 
chée  &  de  r®cfophage  qui  font  couchez "deflus.  Les- 
vertebres  ont  extérieurement  ou  par  derrière  diuerfes 
eminenccs. 

Car  les  apephjfes  font  de  trois  fortes  en  chaque  ver^ 
tebre. 

I.  Quatre  obliques  ,  deux  qui  montent  à  la  partie  fu- 
perieiife  ,  &:  deux  quidefcendcntàl’infcricure. 

II.  Deux  sranfverfes  pour  l’origine  &  l’infertion  des' 

mufclcs.^ 


D(s  Os. 

jnufcles.  Celles  là  font  larges  &  percées  aux  vertebr*es  du 

col ,  cfpailTes  au  dos ,  folides  &  rondes ,  excepté  Ton- 
gietne  &Ia  douzième  vertébré. 

III.  Vue  aigue  à  la  partie  pofterieure  ,  qu’on  appelle 
proprement  efp»e  >  &  qui  manque  à  la  première  ver¬ 
tèbre; 

Elles  ont  cinq  Epiphyfest  deux  en  haut  &  en  bas  atta¬ 
chées  à  leur  corps ,  autant  aux  apophyfestranfYerfes,  de 
vne  à  l’extremité  de  Cefpine. 

Ilya  au  milieu  de  chaque  vertébré  vn  trou  fort  am¬ 
ple  pour  contenir  la  moelle;  Il  y  a  aufli  des  autres  trous 
latéraux  qui  font  plus  petits  pourlafortie  des  nerfs. 

La  fuhfiéiHce  de  chaque  vertébré  eft  plus  efpailTe  dC 
plus  fbngueufe  à  la  partie  interne  ,  à  laquelle  adhèrent 
Ifis  epiphyfes  &  les  cartilages.  Car  les  extremitez  des 
vertèbres, excepté  la  première  dücol,ontdcs  epiphy^ 
fes,  entre lefquelles font  à^scmilagei  efpais  &  mois,  afin 
qu’elles  fe  meuucnt  plus  aifement,de  forte  qu’elles  ont 
des  cartilages  haut  &  bas  qui  font  plus  durs  &  plus  fecs 
il’os  facrunv,  parce  que  cét  os  eftimmobile. 

Les  vertébrés  font  attachées  par  articulation  à  la  par. 
tie pofterieure,  à  fçauoirpar  ginglyme,  &  par  fymphy- 
feàla  partie  anterieure  ,  &  cela  par  des  hgamens  tresi- 
forts.  [  Pavtus  a  vn  cxcmflrd’vnccfpine  dont  les- ver¬ 
tèbres  .eftoient  adhejrcntes  les  vnes  aux- autres.  ] 

Or  les  ligamens  des  vertébrés  font  doubles. 

Les  vm  lient  les  vertèbres  par  haut  &  par  bas  ont 
la  figure  d'vn  croiflant ,  &  font  efpais,  fort  fibreux,  Sfi 
templis  de  mucofité. 

Les  autres  nailfent  des  cpiphyfestrânrvcrres&  aigues,' 

font  membraneux ,  par  lefquels  les  apophyfes  font, 
liées  plus  fermement. 


Bbbî^v 


"^dtrleme  T raiBé  I 


CHAPITRE  XV. 


Dt$  Vcrtehrei  de  l'£/pme  en  particulier, 

Le  s  Vertèbres  du  col  font  fept  ordinairement ,  [ 
le  plus  fouucnt  aux  belles  fix  feulement, 
dit  que  (Hjene  n  en  a  point  ,  mais  le  fquelete  que  p. 

Caftellascn  a,  monftrc  le  contraire.]  Elles  ont  quelques 

chofes  particulières  par  delTus  les  autres. 

1.  Quelques  vues  ont  les  apophyfes  traufverfes  four¬ 
chues, 

IL  Et  aulTi  percées,  pour  les  veines  &  les  arterescer- 
uicâles,  qui  montent  aucerueau. 

III.  L’Efpine  fourchue. 

Les  de/tx  fremieres  font  ioint  es  à  l’occiput  par  des  li- 
gamens,  afin  quelles  foient  bien  fermement  adhéren¬ 
tes  à  la  telle  ,  &  elles  ont  quelque  chofe  de  particulier 
Pourqucy  par  delTus  les  cinq  autres. 

U  première  La  I.  le  nomme  ^tlas  ,  parce  qu’il  femble  qu’elle fou- 
•vertehe  ftient  la  telle  qui  ell  couchée  dclfusi  E\U  ftapomd’epue, 

d’W"  petits  mufcles  de  la  telle  qui  nailïéntdela 

ejpme.  vertebte-,  ne  foient  olfenfez  dansl’cxtcnfion  de 

la  telle. 

Sa cil  plus  déliée,  mais  plus  denfe.Ellereçoit, 
mais  n’ell  pas  receué.  Cell  pourquoy  elle  a  le  finuscou- 
xtcrtd’vn  cartilage  pour  receuoir  la  dent  de  la  vertebre 
fuiuante. 

LaJI.  cil  nommée  Efifirofhem  tournoyante ,  à caufe 
qu’elle  tourne  ^  Car  du  milieu  de  fon  corps  s’éleuevne 
epiphyfe  (  agôphyfe  félon  d'autres)  ronde  &  oblongue, 
comme  vne  dent  canine ,  à  l’entour  de  laquelle  la  tefte 
tourne  auec  la  première  vertébré. 

Mnmct  C’e:i  pourquoy  on  appelle  cette  epiphyfe  la  dent;  & 

incurnhle  HifpcrAte  mefmc  appelle  ainfi  toute  la  vettcbrc  laiuxa;; 


Des  às.  fej 

tion  delaqucllecaufefouuentvnc  cquinance  incurable,  /«i 
COinni^^  il  veut.  xationde 

Xa  fftperficte  de  la  dent  eft  en  quelque  façon  afprcjpar- 
ce  qu’il  en  fort  vn  ligament,  pat  lequel  elle  cftliée  àroc- 
ciput  :  Elle  cftaulîi  enuironnéc  par  vn  ligament  folide 
&  rond  en  long  >qnia  la  figure  d’vn  nerf,  &  qui  efttifTa 
aaeevn  mciueilleu:^rtifièe ,  afin  que  la  moelle  ne  foit- 
compîiméc 

Or  certe  fécondé  vertebre  eft  iointe  auec  la  première 
par  large  qui  les  enuu'onne. 

La  III.  fe  nomme  Axoni  c’eftà  dire  aifficu.  Les  autres 
n’ont  point  de  nom. 

Ladernicre  conuient  dauanrage  auec  les  vertebres  du  - 
Thorax,. &  n’a  pas  roufîours  l’apophyfe  pofterieure 
fourchue. 

Les  vertebres  du  dos  font le  plus  fouuent,  auf- 
quclles  font  articulées  autant  de  coftes  de  chaque  cofté: 

Il  arriuc  rarement  qu’il  en  manque  vne,  &  plus  rarement 
qu’il  Y  en  ait  vjne  de  trop. 

Elles  font  plus  grolTes  que  celles  du  col,  moins  folides 
&  pleines  de  petits  trous,  pour  le  paflage  des  vaifl'eaux 
nourriciers. 

Lal.  cftappellée  des  anciens  parce qu  elle  eft 

eminente  par  ^(Tus  les  autres. 

La  II.  M^chdifleri  AxillaiEC. 

Les  autres  Pleuritx.  ,  coftales. 

L’onzième  ^rrhepes,  parce  que'  fon  cfpinc  eft  droite.' 

La  douzième  ceignante, parce  que  nous  nous 

ceignons  à  cette  partie. 

Les  vertebres  des  lombes  font  cinq  fort  cfpaifles  & 
fort  grandes,  &  percées  de  plufieurs  trous,  dont  le  mou- 
uement  eft  plus  lafche  que  ccluy  des  vertebres  du  dos, 
afin  que  nous  puilïions  nous  courber  plus  ailèment  con¬ 
tre  terre. 

^ Les  Apophyfes  tranfuerfes  font  plus  longues,  mais 
pliis  déliées ,  excepté  la  première  &  la  cinquième  :  Et  les 
cfpines  font  plus  clbailfes  k  plus  larges,  aufqueUcsles 
^  ^  Bbbbij 


Q^trUme  Tralclê, 

mufclcs&lcsligamens  du  dos  font  attachez. 

La  I.  cft  appcllée  jVif/)/;r/>«,àcaufcdesi-eins  quifom 

couchez  fur  elle. 

La  demere  eft  nommée  de  quelques-vns  afphahtef 
c’eftà  dire  qui  fouftient  &  qui  appuyé.  * 

Les  autres^conuiennent  auec  les  precedentes . 

VoHrtjHoy  Venons  àl’osSacrum  ainfi  nomme,  parce  qu'il  eft  ig 
l'osfacrii  plus  grand  de  tous  dans  refpinc.  Carlesanciensontap- 

efi  einfi  pdié  ks  chofes  grandes ,  fucrées  :  [  ou  parce  qu’il  eft  ad- 

nmmé.  jacent  aux  parties  honteuks  que  la  nature  a  cachées.  Car 

onappclloitaulhy^w,  ce  qui  eftoit  exécrable,  comme 

Seruifis  enfeigne  apres  fur  ces  paroles  de  Vir¬ 
gile  ,  Aftri  facra  fames>  ] 

Il  cft  large  &  immobile  ,  5c  conftituc  la  bafe  du 
doî. 

Sâ, Figure  eft  prefquc  triangulaire.  Il  eftcaue  par  dcil 
uam,  poly  &  égal,  conuexe  &  afpre  par  derrière. 

L’cî  Ucrii  Ses  vertébrés  font  ainfi  nommées,  non  à  caufe de  leur 
n'afLpc  mais  àcaufe  de  lareflcmblance  quelles  ontaucc 
frémit  des  Ics  autres.  Elles  font  5c  quclquesfois  ftx  i  qui  fe 
‘nertebris,  peuucnt  feparer  aifément  aux  petits  enfans,  &  qui  font 
collées  fi  fortement  aux  adultes,  qu  elles  femblent  vn 
fcul  os. 

Galien  conftituc  l’os  facrum  de  trois  os,  parce  qu’il 
comprend  le  refte  de  1-os  facrom  ,  fous  l’o^  du  crou¬ 
pion. 

Lcurstrousnc’font  pas  latéraux,  comme  aux  prece¬ 
dentes,  mais  anterieurs  (  qui  font  plus  grands,  àcaufe 
que  les  nerfs  y  font  plus  grands)  &  poftericurs,  parce. que 
îos  Ilion  eft  à  cofté. 

Les  trois  fuperieurs  ont  des  fin  us ,  où  Icsos  de  l’ilion 
font  adhérents. 

L’os  du  Coccyx  cft  ainfî  appcllé ,  à  caufe  que  fa  figure 
rcflembleaubecd’vncocu  :11  eft  fous  Tos  facrum  i  & 
compofé  de  trois  ou  quatre  os,  5c  de  deux  cartilages, 
mais  ic  penfe  que  le  nombre des  os  &  des  cartilages  eftoit 
•plus  grand  en  ce  garçon  Panois  qui  auoit  ync  queue^ 


Dss  Os» 

Sa  mnexion  cfl  lafche,  &  plus  lafchcauxferamcs,  afin 
^u’ii  puiiî'c  ceder  en  dciriere.  ^ 

I.  Dans  Tcxcretion  des  cxcremcnsplasgroflîers. 
i.Au  temps  de  l’enfantement,  afin  que  la  capacité 
foit  pl'  S  ample.  Puis  en  deuant,  lors  qu’on  veut  s  af- 
feoii.,  &  retourner  aptes  defoy-mefme  en  fa  place. 

Cei  os  tend  plus  aux  hommes  en  dedans.,  pour  fbufte. 
nirlercdum  aux  femmes  plus  endehors,  àcaufe  du 
col  de  la  matrice,  &  afin  que  lacauhé  foit  plus  grande. 


CHAPITRE  XVL 

De  l'os  Innomim»  > 

L’Os  Inaornlné ,  félon  d’autres  l’os  de  la  hanche  ou 
desiles.cft  aux  coftez  deTosfacrum  eompoféde  trois 
os  :  de  1‘ liions  à&l'os  du  femU  &  de  /’^/?<tf«  ,ioindspar 
des  cartilages  iufques  à  la  feptiéme année,  de  forte  qu’il 
paroiftdiftinguépar  trois  lignes-,  mais  qui  eftvniqueaux 
adultes. 

L’OsIlion  ainfî nommé , parce  qu’il  contient  leboyau 
îlion,  eftia première  partie del’os  Innominé,quiçftfu- 
perieure  &  trcs-largc ,  liée  à  l’os  facrum,  par  vn  ligament 
commun  membraneux  &  très- fort ,  bien  que  ce  foit  pat 
l’entrcmifc  d’vn  caitilagc. 

Sonc/>c/ï/>&'fa  circonférence  demy.  circulaire  &  in¬ 
égale  eftappellée/Vj^/we  de dont  la  partie  inter¬ 
ne  caue  &  large  fe  nomme  cofiç}  SiC  l’externe  formée  de 
lignes  inégale  ,  les  dos. 

Cet  os  cft  plus  ample  en  la  femnvc,.&  fonefpinetire^^'^^Jf'9’ 
plus  vers  les  coftez,  afin  que  la  matrice  foit  mieux 
puyée,  lors  qu’elle  cft  enceinte.  C’eft  pourquoyIesfcm“««»/;OT- 
mes  e  nccintcs  fc  plaignent  vn  peu  de  cette  partie,  comme  mes. 
fionl’arrachoit  de  l’os  facrum,  5c  dcsvoifins  aufquels  il 
cft  adhèrent. 

B  b  bb  iij 


Quatrième  TraiBè. 

Oiiu  L’Os  du  penil  ou  du  peigne  eft  la  fécondé  partie' 
jeiiilfeUf-  moyenne  &  anterieure.  Cét  os  ell  attache  aaec  l’os  de 
chent  en  Paître  codé  par  fyncHondrofe,  c’efl:  àdire  parle  moyeia 
^ cartilage,  qui  eft  deux  fois  plus  épais  aux  femmes  & 

*  plus  lafche,  afin  que  ces  os  puiftent  s’ouurir&:  lafcher 
(nonpasdifloquer  ou  dcfiirticuler  )  en  1  accouchement 
lorsque  l’enfant  fait  Tes  efforts  pour  foi  tir. [mais  l’opinüs . 
nounclledenoûrePerceft  queles  os  du  penil  fe  feparent 
quelquesfois  en  celles  qui  et  fiintent,  lelon  qu’il  eft  be- 
foin  ,  &  quelquesfois  non ,  fur  quoy  on  pourra  voir  fes 
Controuerfes  Anaromiques.  ]  D’ou  vient  qu’on  peut  fc- 
parer  aifcmenr  ces  os  auec  le  dos  d’vn  coufteau  aux  nou. 

,  uelles  accouchées  ,  &  non  pas  aux  autres.  Adiouftezà; 
Gela,qu’encore  que  les  osdupenilfoientioinds  parvn 
cartilage, ils  ont  neantmoins  deux 

:  Le  I.  les  enuironne  circulaircment.  Le  2.  eft 
membraneux  qui  occupe  le  trou. 

Vôurt^Hcy  d  Ils  font  delk'2^  &C  ont  des  grands  trous  ,  afin  qu’ils 
efifdesgrads  Co\enz  légers  :  Us  font  plus  amples  &  plus  capables  aux 
*os7!4*Tn'l  matrice  &  du  foetus:  Car  lesapo« 

Les^dk'  internes  &  inferieures  s’auancent  plus  en  dc- 

peailfont  hors. 

flus  amples  Ilscoiiftitucnt  vne  cauité  auec  l’os  facrura,  qu’on  appel»% 
AUX  fêmes.  IthBafsiHi  dans  laquelle  font  la  vclTie, la  matrice,  &vac 
parti- des  inteftins. 

L’Os  Ilchion  ou  de  la  Hanche  eft  la  troifiéme  partie,  ^ui 
eft  inferieure  &  externe, dans  laquelle  eft  vne  ample  &: 
profonde  cauité  [  qu’on  appelle  acetable  &  boëttc)pour 
rcceuoir  lagroffc  icfte  de  l’os  delà  cuilTc.L’apophyfe  car- 
tilâgineufe  de  cette  cauité  le  nomme  fourcil. 

Les  parties  inferieures  de  cét  os  font  plus  éloignées 
aux  femmes,  qui  ont  à  caufe  de  cclalebaffin  plus  am- 

Getoseftlié  auccl’os Sacrum  parvn  double 
qui  naift  de  l  os  Sacrum  U’v»  s’mfere  àl’apophyle  aigue 
de  la  hanche, 5c /'^«frepoltericurcment  à  l'on  epiphyfe# 
afin  t^ucl’intelbn  droit  foit  appuyé  auecfcsmulclcs. 


chapitre  XVII. 

Des  Cojîes. 

CO^iime  Fos  innominéeftauxcoftez  dcl’os  Sacrum^ 

Ainfi  les  Coft.es  font  aux  coftez  des  vertébrés  du 
dos.  C’eft  pourquoy  en  monftranc  le  Skeicte  ,  il  faut 
que  nous  les  expliquions  i  comme  parties  latérales  du 
Thorax. 

La  fituation  des  coftes  eft  aux  coftez  ;  les  Grecs  les 
nomment  f  leurit  caufe  qu’elles  ferment  les  coftez.. 

Leur  figure  reflemble  à  celle  d’vn  arc,  ou  la  moindre 
fedion  d’vn  cercle,  afin  que  le  Thorax  puifle  contenir 
dauantage.  [  /,  Fontanus  Fatrouuée  le  premier  fendue 
en  deux  au  cofté  d’vn  certain.  ]- 
Elles  font  plus  eftroites  &  plus  rondes  à  leur  origine, 
mais  tant  plus  elles  approchent  la  poitrine,  d’autant 
pliis  font  elles  larges.  Elles  font  plus  efpaifrespar  bipar¬ 
tie  fupericure.  Et  les  coftes  fuperieures  font  plus  cour¬ 
bes  &plus  courtes  aufli;  les  moyennes  plus  longues  & 
plus  larges,  ôc  les  inferieures  plus  courres.  '  ' 

La  fuperficie  externe  eftafprc  par  ou  elles  font  liées  aux 
vertèbres, parce  qu’il  en  fort  des  Ijgamens  qui  les  atta* 
chent  :  Ür  elles  ont  en  cét  endroit  deux  tuberofitez, 
dont'  lai,  eft  articulée  à  la  finuofitéde  la  vertébré,  Lai. 
eft  iointcàl’apophyfe  trànfvcrfé  delà  vetrebre.  Maisles 
cinq  inferieures  font  ioindés  par  vne  fimple  tubero- 
firé.  . . .  ■ 

L’Interne  eft  polie  à  caufe  delà  pleure, 
lly  ades  finus  à  la  partie  inferieurele  long  delacofte 
pour' la  veine,  l’artere&  le  nerf,  qui  paroiffent  tant  plus 
dis  font  voifins  des  vertebres. 

Les  chirurgiens  doiucnt  prendre  garde  icy  en  Fou- 
uerture  du  I  horax,  qui  fe  fait  entre  la  cinquième  &  la  chirm- 
fixiémc  cofte  ^  qu’il  faut  faire  la  fedion  de  haut  en  bas,  gim. 


Jjes  cHYti^ 
lagcs  des 
tekes. 


Vûurqttoy  i 
jieurscofies 


Cimblm 
de  cojies 
Ada.  atioit- 


5(fJ'  ^atriéme  Traité  y 

&  non  pas  au  eomraice,  afin  que  ccs  vailTeauxne  foicàt 

ofFcnfez. 

Les  coftes  ont  cemexiott  »  l’vne  auec  les  vertébrés  du 
dos  ,&  l’autre  auec  les  cartilages  du  fternon. 

Leur  fubflance  eft  en  partie  olTeufe,  &  en  partie  carti- 
làgineufc. 

I»  Afin  quek  thorax, fc  referre  s’eftende  plus  aifa* 
ment. 

1.  Afin  qu’elle  puifle  refifter  dauantage  à  la  fraâ:urc. 

Elle  tiUfeftfe  à  la  partie  près  du  dos  &  à  la  partie  la-’ 
terale. 

CmilagweHf&  près  du  fternon ,, auquel  elles  s’vnilTent. 

Gar  toutes  les  coftes  ont  des  cartilages  à  la  partie  an* 
terieure,  comme  des  epiphyfes ,  qui  deuicnnent  ofTeux 
aux  femmes  (non  pas  auxhomraes/inon  lors  qu’ilsfonr 
fort  vieux)  par  fuccefllon  de  temps,  afin  que  les  coftes 
fouftiennent  plus  fermement  le  fardeau  des  raammclles 
chouchées  deffus.. 

Les  Cartilages  des  coftes  fuperieures  font  plus  durs, 
parce  quelles  font  iointes  aux  os  du  fternon  ;  Ceux  dess 
inferieures  font  plus  mois,  parce  qu’elles  fe  ioignent  auec 
des  ariilages.  Chaque  cofte  a  auflivn  cartilage  à  la  par» 
tie  poftericura  ,  qui  eft  articulé  à  la  vertebre. 

Elles  font  plufieiirs  en  nombre  ,  afin  que.  le  Thorax 
fe  racuue  plus  aifement  [  PanfamAs  rapporte  dans  fe» 

I  Attiques  queProphanes  Magncficn  auoitles  coftes  ad¬ 
hérentes  ouconiointes ,  depuis  Icscfpaulcs  iufques  aux. 
faufles  coftes.  Ntcel  Fontanns  tn  a  veu  trois  vnics  ÔC. 
infeparables.]  Le  plusfouuent  elles  fontdouzede  cha¬ 
que  cofte  ,  tant  aux  hommes  qu'aux  femmes  Rare¬ 
ment  treize  &  plus  rarement  onze  de  chaque  cofté.  Mais 
le  plus  fouucnt  on  trouue  vne  cofte,  de  furplus.  Il'eft 
donc  vrai- femblable  qu’il  y  auoit  treize  coftes  à  vn  deSî 
codez  d’Adam,  ou  u.en  l’vn  &;  onze  en  l’autre. 

On  dmife  les  coftes  en  vrAyes  Ôc  légitimés ,  Sc  en  fauf- 
fcs,baftardes  &  illégitimes. 

Les.  •uTAjes  font  les  fept  fuperieures .,  ainfî  nommées#, 

parce- 


I^es  Os.  jjfJ 

pâfce  qu’elles  acheuent  le  cercle  plus  parfaitement ,  & 
touchent  au  fternon  ,auec  lequel  elles  ont  vne  parfaite 
arriculation,  &:aucc  les  vertébrés  par  vne  double  tube - 
rofité  .comme  nous  auons  dit  cydeflus. 

Les  deux  iupericurcs  fc  nomment  Antifiro^hoi  rci. 

courbées. 

l  eu  deux  fuiuantc£y?frc<»,folidcs.‘ 

Les  trois  fier»ittdeSiŸ^(korâ\es. 

Les  cinq  inferieuLCs  (ont  appellécs  baflardes  ■>  parce  Us  fi*upr 
qu’elles  femt  plus  petites ,  plus  molles  &  plus  courtes,  Sc  tops, 
ne  touchent  pas  au  fternon  (  afin  que  la  dilatation  fe 
falîe  mieux  là  au  commencement  du  ventre  inférieur) 

&  n’ont  pas  auec  luy  vne  parfaite  articulation  »  Mais 
cftans  attachées  auec  les  vertèbres  feules,  elles  finiffent 
comme  fl  elles  cftoient  mutilées ,  en  des  cartilages  plus 
longs  que  ceux  des  vrayes  î  Puis  elles  fe  recourbent  en 
haut  s’vmlTent  comme  fi  elles  elloicqt  collées,  ex¬ 
cepte  ladcrnicre  qui  eft  la  plus  petite  de  tbutes,  &  qui 
neil  point  adhérente  à  aucune  autre  ;  C’eft  pourquoy 
elle  eftbaftardc  véritablement  ,  afin  que  le  licuToit  alfez  ' 
ample  pour  le  foy  e  ,  là  RatCiôc  lesinteftins  fuperieurs 
enflez.  Qi^lqucsfois  neantmoins  l’onziéme  &  la  dou¬ 
zième  font  attachées  au  diaphragme  ,  &  quelqucsfois 
la  dernière  cft  adhérente  au  mufcle  oblique  defeendant 
de  l’abdomen  hors  du  diaphragme,  Quciqucsfoiscllca 
la  circonfeription  d’vn  mufcle  propre  qui  la  tire. 

Vvfage  des  coftes  eft  ; 

I.  Pour  ladtfFenfe  de  la  poitrine  bt  dés  vifcercs  qui 
y^font  contenus  ,  comme  du  cœur ,  &c, 

X.  Pour  l’appuy  des  mufcles  deia  refpiration  &  de 
quelques  vns  de  l’abdomen. 


C-ccc^ 


Omtrleme  TralBê, 


chapitre  XVllE 

De  l'os  de  la  PoiBrine  ou  du  Sternonl 

IL  y  en  aquipenfent  que  Vos  de  la  Poi^dne  eft  apj 
pelle  Sternon  du  verbe  Latin  fiernere  ,  parce  quM 
;paDchc,& eft  couche  furies  coftcs  à  la  partie  anterieure 
du  Thorax.  Htpfocmte  le  nomme  Stcchos  ,  qui  fignifio 
auffi  quelqucsfois 

I.  Toute  la  partie  anterieure  du  Thorax, 

2.  Sa  douleur.  ,,, 

l’os  de  la  poidlrine,  comme  en  ce  lieu,' 

4.  L’orifice  du  ventricule, 
j.  Le  Cartilage  Xiphoide. 

-Les  autres  appellent  cét  os ,  l’os  petite  efptt  & 
enjtfarme  ,  à  caufe  qu’il  a  laforme  d’vue  efpée,  ouplus- 
toft  d’vn  poignard  des  anciens  :  Car  il  eft  connexe^  long 
ôc  Urge. 

Sa  y«^  ?4»«eften  partie  offeufe,  mais  fongueufe  & 
touge ,&  en  partie  cartilagmeule. 

J,1  efteompofénon  d  vn  fculos,  comme  on  voidpref- 
queaux  vieillards ,  mais  de  comme  cela  paroift 

lors  que  (es  membranes  font  oftées.  Il  eft  tout  cartila¬ 
gineux  aux  enfans  ,  hormis  Ton  premier  os.  Les  os  fu- 
pcricurs  deuicnncnt  os  plu  oft  que  les  inferieurs ,  & 
les  parties  moyennes  que  celles  des  extrémité^ ,  de  forte 
qu’on  trouuc  enfin  hui£k  os  au  ftetnon  d'vn  enfant  qui 
s’vniftcnr  apres  la  feptiéme  année,  &  font  en  plus  petit 
nombre  aux  adultes ,  à  fçauoir  tantoft  trois ,  tantoft  qua¬ 
tre,  &  quelquesfois  daiianragc.  Mais  le  premier  &  le 
dernier  demeurent  aux  adultes  ,  auffi  bien  qu’aux  en- 
fans  ;Et  quand  ceux  du  milieu  s’vniffcnt,  le  nombre  eft 
alors  different. 

Ces  os  font  diftinguez  par  des  lignes  tranfverfcS)  & 


F 


Os.  ŸJx 

font  liez  par  fynchondrofe  :  Car  les  cartilages  font  en¬ 
tredeux  comme  des  ligamens. 

Le  Premier  os  ôi  fupeneur  cft  plus  ample  &  plus  ef- 
pais ,  applaty  &  inégal,  &  fait  en  croilTant  de  l’vne  par 
haur,&:  reprefente  le  pommeau  d’vne  garde  de  poi¬ 
gnard. Les  vns  Icïiommcni  itigulum  Icgoficr,&Ies  au¬ 
tres  la  foHrehette  Jkperteure- 

Il  a  des  deux  coftez  à  la  partie  fiiperieure  vn  fînus; 
pour  reeeuoir  les  teftes  des  clauicules ,  auec  lefquclles 
ilfe  iointpatl’entremife  des  cartilages. 

Il  avn  autre  fînus  au  milieu  intérieurement,  afin  qu’il 
faflè  place  à  la  trachéedcfcendantci 

Le  fécond  eft  plus  eftroit&  a  beaucoup  de  fmusdes 
deux  coftezjpour  reeeuoir  les  cartilages  des  coftes. 

Le  troifiéme  cft  encore  plus  petit ,  mais  plus  large  lee*rtiU^ 
que  le  Iccond  ,&  finit  au  cartilage  qu’on  appelle  ge 
de  Sc  fowtUi  à  caufe  qu'il  eft  aigu  fur  la  fin  ,  comme  la 
pointe  d’vne  efpée.  h^sArayes  le  nomment  pomme  de 
grenade  ;  Auktnne  epiglottale  >  &  le  vulgaire  feutii 
forme. 

Ce  cartilage  cft  triangulaire  &  oblong  ,  quel'quesfois  . 
rond  à  la  fin,  quelquefois  large  &  par  fois  fourchu,  d’où 
vient  que  quelques  vns  l’appellent  hfeftrehette  :  Il  arri»' 
ue  plus  rarement  qu’ilfoit  double. 

Il  eft  troué  quelquesfois  à  caufe  dès  veines  mammai¬ 
res  que  le  nerf  accompagne.  [  Il  deuient  quelquesfois 
olTcux  aux  vieillards. l’a  trouuèdc  la  longueur 
d’vn  doigt  en  vn  vieillard  ,  qui  luy  caufoit  des  gran¬ 
des  douleurs  au  ventricule,  &  l’incommodoit  fort  enfà 
courbant.  ] 

Si  ce  cartilage  eft  trop  prefTé  &  courbé  en  dedans ,  les 
parties  fubiacentes  en  font  blclTées,  comme  font  le  foyc 
ôtleventriculci ôc  lesenfàns  meurent  d’atrophie,  [Sur 
quoyil  faut  confulter  Quelques 

femmellettcs  appellent  cette  affedion  ,  la  comprellion 
4u  cœur. 

La  cauité  qui  paroift  extérieurement  en  ce  lieu, eft  ap- 
pclléc  ^^fojfe  ou  la  fojfette  du  cœur.  ^  ^ 


^üdrtiéme  TratBil 


^7, ■2' 


chapitre  XIX. 


Des  cUukules  ç>  des  Epaules* 

LEs  clauicules  font  ainE  nommcfes  ôc  kleUef  par  les 
Grecs,  àcaufe  qu’elles  ferment  le  Thorax,  & 
les  affermiffent  comme  vnc  clef  rcfpaule  aucc  lester- 
non:  [  ou  bien  parce  quelles  reflemblcnt  les  clefs  an¬ 
ciennes  des  maifons ,  que  Sfigelius  a  veues  en  des  mai- 
fons  ancicnesà  Padouc.  yCelfus  les  nomme  lugnU  du 
verbe  Latin  ïungere  ioindre,&  les  autres  attaches ^  os 
foserchti  f  h  fourchette  fuperieure. 

■Elles  font  f  lacées  tranfvcrfalemcnt  au  bas  du  col  fur  le 
haut  delapoidrine ,  vne  de  chaque  codé. 

Sz  Figure  eftlemblable  à  celle  d’vn  S  long  Latin,, 
faite  de  deux  demi-cercles, conioints  mais  oppofez,  con- 
fcjfes  uexe  par  dehors  vers  le  gofîcr,  &  vn  peu  caue  intc- 
lufiietiles  que  les  vailTeaux  qui  y  font,  ne  foicnt 

pas  comprimez.  Mais  elles  font  plus  courbées  aux  hom¬ 
mes,  afin  que  lemouuemencdu  brasfoit  plus  libre,  & 
moins  aux  femmes  pour  la  beauté, àcaufe  que  les  fofles 
ncfont  pas  fi  apparentes  en  ce  lieu  aux  femmes  qu’aux 
hommes.  C’eft  pourquoy  clics  font  moins  agiles  pour 
iettet  les  pierres. 

Leur  fubjlance  eft  cfpoiflTe  ,  moins  fiftulcafe  & 
■gueufe,  d’où  vient  qu'elle  fe  rompt  fouuent. 
Loüïfuperficie  cft  afpre  &  inégalé. 

Elles  ont  connexion  aucc  l’apophyfe  fupericure  de 
rcfpaule  (par  vn  cartilage  qui  ncantmoinsne  luy  cil  pas 
adhetcnt  ,  afin  qu’il  cede  vn  peu  dans  les  mouuemens 
de  l’efpaule&  du  bras,  mais  eft  attache  feulement  par 
des  ligamens  qui  cnuclopent l’article  )  par  vnctefte  large 
&  vn  peu  oblonguc,  elles  fe  ioignent  par  vnc  autre  petite 
.tçfteaucc  le  fternon  ,  comme  nous  auons  dit-cydeffus. 


Del  or. 

Leur  ’ofagt  eft  pour  les  diucrs  mouuémcns  du  bras, 

•  quife  meut  plus  aifémenten  haut  &  en  derrière,  àcaufe 
qu’il  eft  appuyé  fur  cét  os  ,  comme  fur  vn  pieu.  C’efi: 
pourquoy  les  bettes  n’ont  point  de  clauicules, excepté 
lefinge,refcuricu,le  rat  &rheriffon. 

L’os  de  l’epaule  eft  appelle  par  les  Grecs  OmopUte^  par- 
cc  qu’il  conftituë  la  largeur  du  bras,  &  par  les  Barbares 
fpatula.  C’cftvnos  large  &  mince,  fur  tout  au  milieu,  ‘ 
mais  efpais  aux  apophyfes,  vn  de  chaque  cofté ,  &  qui  eft 
couché  fur  les  coftes  fupcrieurcs  par  la  partie  pofterieure, 
comme  vn  bouclier. 

Figure  tÇi  prefque  triangulaire. 

Scs  parties  font  diuerfes,  la  partie  interne  eft  caue,  & 
la  partie  externe  (  quia  vn  angle  &vne  cotte  fuperieurc 
Ôi  inferieure)  eft  conuexe,  qu’on  appelle  la  tortue 
auflile^/w  de  l’epaule.IIyaauflivne  certaine  eminenco 
qu’on  appelle  efpine ,  qui  regarde  haut  ôc  bas  les  cauitex 
qu’on  nomme  entre- épaulés > 

Il  a  trois  apophyfes: 

Lai.  eft  l’cxtreraité  de  refpine  ,dohtnous  venons  de 
-parler, &fe  novamc  Acremion y  lapointe duitraSySclc haut 
du  bras ,  par  laquelle  il  (e  ioint  auec  la  clauicule. 

La  II.  eft  plus  petite,  j^us  bafle  &  aigue,  &  eftap» 
pellée  caufe  qu’elle  a  la  forme  dubccd’vn 

corbeau,  &  aufli  ankjroide  ,à  caufe  que  fa  figure  eft  fem- 
blable  à  vnc  partie  d’vne  anchre,  &  Sygtneide,  L  os  de 
l’humerus  eft  retenu  dans  fon  fiege  pat  cette  apophy fe. 

La  III.  qui  eft  la  plus  courte, fc  nomme  Auchen  le 
col ,  à  l’extremité  de  laquelle  eft  vnc  cauitc  fupcrficiellc: 
dans  laquelle  s’inferelateftede  rhumerus,&  afinqu’cl- 
le  ne  tombe  aifement,  la  profondeur  de  la  cauitc  eft  aug¬ 
mentée  par  vn  cartilage  efpais  qui  enuironne  les  bords. 
L’efpaule  fe  ioinâ:  auec  le  bras  par  cette  apophy  fc  &  cet¬ 
te  cauité. 

lia  cinqq>/pWtfr  ,troisaucoftéiu|terne,&àlabafe  Is 
longdel’efpine.  Deux  produifent  les  ligamens  qui  ioi- 
gnentfatefte  au  bras,  5:racromion  à  la  clauicule.  Mai* 

-  - G-ccc  iij 


574  Simtrîéme  TraiSlêy 

les  UitdmMt  communs  dclicz  &  membraneui  cergnch'i 
dctous  coftezrarcicle  de  l’Omoplate  &  du  bras. 
L'vfage  de  l’erpaule  eft, 

1.  pour  la  force  des  colles, 

2.  Pour  l’articulation  de  l’humcrus  &  des  clauj, 

3.  pour  rimplantation  des  mufclcs, 


CHAPITRE  XX! 

Des  os  (U  toute  la  Main, 

LEs  os  de  la  Main  fe  diuifent  en  hm ,  coude  &  extn^ 
me  Main’ 

L’os  du  bras  cft  rnique ,  grand  &  fort ,  rond  &  long 
&  inégal.  Il  a  vnc  Appendice  à  hpartie  fuperieure ,  ou  vne 
w/e  grande,  rondejcouucrte  d’vnc4t-n7rf^^,  adhérente,  & 
articulée  aucc  refpaulc  par  diarthrofe. 

La  partie  inferieure  cft  articulée  au  coude  &  au  rayon,' 
où  font  deux  apophyfes'.  l'externe  plus  petite  ,  couuerte 
d’vn  cartilage ,  &  l'interne  qui  a  deux  finus ,  de  forte  qu’il 
fc  faitcomme  vne  poulie  ou  petite  roue ,  fur  laquelle  on 
tourne  les  cordes  :  D’où  vient  que  le  coude  qui  eft  ioind 
par  ginglyme  fe  peut  fléchir  en  vn  angle  fort  aigu,  mais 
Bonpass’eftendrepar  de-là  vne  ligne  droite. 

Les  os  du  coude  font  plus  courts  que  l’os  du 
bras,  qui  ont  des  appendices  aux  deux  collez ,  &  quifont 
couchez  l’vn  fur  l’autre,  &  ioints  cnferable  par  vn  liga¬ 
ment  membraneux. 

Le  premier  eft  l’inferieur,  plus  grand  &  plus  long,  & 
cft  appcllé  r7«4,c»^/r/v/,  aulne,  coude,  &  parles  Barba¬ 
res  le  grand fecile  j  l’autre  fuperieur  &  plus  petit,  eftnom-^ 
mé  Rayon  ou  le  petit  focile. 

Le  coude  eft  appellé^/«4,  [àcaufe  qu’il  relTcmbk  à 
ÿrre aulne,,  dont  on  mefurc,  J  II  eft  articulé  par  l^  purtte 


F  Z)«  Os'. 

I  ft^^nVmanecIcbras  par  ginglyme,  c’cft poiirquoy  il 
làdesapophylcs  &r  desfinus. 

I  CS  lont  deux cblongucs,  êcpreCque trian¬ 

gulaires,  afprcsjafinqiie  les  ligaments  enuironnent  for- 
ten  enr  l’articulation.  Les  Grecs  les  nomment  Coronx% 

!  c’aft  â  dire  becs  ou  glands.  L'anterieure  fuperieure  &  plus 
pente  entre  dans  le  finusdu  htAi’A^  Pofierieure  plus  cf- 

Îiaiffe  &  plus  ample  finit  en  vn  angle  obtus,  &  entre  dans 
efinus  poftcricur  de  l’os  du  bras.  Galien  l'appelle 0/e- 
cranon,  Hippocrate  Ankon ,  &  les  Latins  Gibber, 

Au  milieu  de  ces  apophyfes  cft  vn  grand finus  ou  cauitéy 
comnic  vn  demi- cercle,  c’cft  pourquoy  on  la  nomme 
Sigmoide>  L’humcitts  a  auffivn  autre  finus  poly  externe, 
latéral  pour  la  telle  du  rayon. 

Wc^articuU  par  la  partie  inferieure  auec  fe  carpe,  & 
par  rentremife  d’vn  cartilage  ^  &  parvneapophyfc  aî-, 
gu'é,  qui  cft  appellée  Styloidey  à  caufedecela.-  D’où  naift 
le  ligament  qui  sfFeimit  le  coude ,  aucc  l’article  dut 
carpe. 

L’autre  os  :  à  fçauoir  le  Rayon  eft  plus  oblique,  &  eft 
vn  peu  diftant  au  milieu  du  precedent,  oùvn  ligament 
grefle  eft  entre-deux. Or  le  coude  reçoit  en  haut  IcRayon, 
&  celui-  cy  reçoit  le  coude  en  bas. 

Sa  partie  fuperieure  cft  articulée  par  diarthrofe  aucc 
î'apophyfe externedu  bras,  d’où vicntle  n^uucmçnt do 
pronation  &  de  fupination. 

Virferieure  eft  articulce-par  vnc  appeiidicc  aiiec-I’oS 
du  carpe  au  pouicc. 

La  partie  fuperieure  du'rayon  cft  plus  déliée,  &  l’intc^ 
ricurc  plus  cfpaifîe  ,&  au  contraireen  l’os  precedent. 

L’exttéme  ou  petite  main  a  quatre  for  tes  d’os:  Ceu* 
du  Carpe  ou  poignet,  du  métacarpe ,  des  doigts  &  les  Sefa^ 
moides 

Le  Carpe  que  les  Arabes  appellent  pafettei  a  huiél  os 
diftinâs  anonymes  fort  inégaux  &  difterens  en  figure  dC 
grandeur. 

fis  fom  cartilages  en  leur  n^flance  ,  &  apres  ils 
.  deuicnnent 


577. 


Explication  des  Figures. 

Jllcs  monftrcntles  osfiipeticurs  ducorps.  Lai.  Figure 
les  anterieurs.  La  x.  les  pofterieurs.  Elles  ont 
les  mcfmes  lettres  ,  s’il  n’ôft  marqué 
autrement. 

X.  U  fHture  CoroHAle. 

B.  X,  U  future  lamdoide» 

G  5*  ftgittale- 

D.  X.  U  future  efcailleufe  des  es  des  Um^îtsi 

rt.  i.  l'es  du  fommet  de  la  tefie» 

|S.  l'es  du  front. 

y.  X.  l'os  de  ^occiput- 

if.  1,1' os  des  temples, 

i'.  l'os  mafioide ,  l’apophjfe  mammilldire- 

É.  X.  l'os  cunéiforme. 

F.  ^es  du  Zjgoma. 

G.  la  machoi re  inferieure. 

I.  K.  depuis  I.  influes  à  K.  les  <vertehres  dss  col. 

K.  L-  depuis  K.  iufyues  ah.  les  <vertehres  du  Thorax. 

L.  M  .  depuis  L.  iufques  a  M  .  les  vertehres  des  lombes, 

M.  N*  depuis  M.  iufques  à  N.  Ces  facrum, 

N.  l'os  du  Coccyx, 

O.  l’os  du  fiernon. 

P.  le  cartilage  Xiphoidh 

Q^les  clauiculest  depuis  l*  iufques  a  ii,  les  cefes  d» 
Thorax. 

R.  l'os  de  C épaulé. 

X.  l'dpophjfe  fuperieure  de  l’epaule  aeremion. 
l'apophyfe  inferieure  ankyroide  de  t épaule, 

S.  l'es  du  bras.  T.  V.  i.  le  coude, 

X.  I  le  Rayon.  Y.  le  coude. 

I.  l'apophyfe  fiyloide  du  coude. 

Z.  Z.  le  Carpe,  r.  r.  /e  métacarpe, 
à,  A.  i,  les  doigts.  0.  l'es  innominé. 


Dddd^ 


ns  Sjiatrïétne  TraiÜé^ 

C.  vnt  partie  de  ctt0St*fçAmir  l'asdeUhanche^ 

f.  l'os  dft  peniL  * 

S.  le  cartilage  des  os  du  peail. 

A-  t  os  de  la  cuijfe.  T.  le graud  Trochanter, 

V.  le  petit  trochanter.  _  , 

;K.  K.  les  os  fefamoidet  à  la  main, 

dcuicnnentos  fpongicux. 

Ils  font  couuertsdc//g<*wtf»/  cartilagineux  tres.fofts,^ 
&  font  ferrez  cnfemble,  comme  s’ils  n  eftoLent  qu’vQ 
feul  os. 

Et  ces  ligamcns  qui  naiffent  de  apofhyfes  inferieures 

du  rayon  &  du  coude,  feruent  à  l’articulation. 

Mais  il  y  a  d’autres tranfucrfesquiontlafor-' 
me  d’vn  anneau,,  pour  fouftenir  &  faire  pader  fcarcinent 
les  tendons.  L’interne  qui  contient  les  extenfeurs.  En, 
,£orcquc  ces  ligamcns  ne  fcmblcnt  qu’vn  feul ,  ils  peu¬ 
vent  neantmoins  cftrc  fcparez  cnplufieurs. 

Les  os  du  carpe'^font  difpofcz  en  cét  ordre:  Quatre 
ibnt  articulez  par  haut  au  rayon  &au  coude:  autant  par 
bas,  qui  font  attachez  aux  quatre  os  du  métacarpe. 

Le  Métacarpe  ou  hpaulme  a  ojnatre  os  (cinq  félon  d’au* 
très,  qui  comptent  entre  ceux- cy  le  premier  du  pouke) 
oblongs  &  gtefles, 

Ilsfont  ioinds  auec  le  carpe  par  vne  cor^nexion  qui  a 
-vn  mouucmcnt  obfcur,  &  par  des  ligamens  cartilagineux, 
te  auec  les  doigts  par  ginglyme. 

Ces  os  £om  fifinieuxi  &.contienncnt  la  moelle,  caucs 
pat  dedans,  &  connexes  par  dehors. 

Ilsont  des4ppf«<!//cej  des  deux  codez,  quifont  destc- 
ftes rondes &.oblongucspr-és  des  doigts, Icfquelles  en¬ 
trent  dedans  les  finu  s  des  doigts.  Ils  fc  fcparent  au  mi¬ 
lieu  l’vn  de  l’autre,  où  font  cachez  les  mufclcs  appeliez 
cntr-olTeux. 

Les  os  des  doigts  font  ,  trois  en  chaqiie  doigt* 
■Car  on  met  en  ce  nombre  lo  premier  du poulce, parce 
jqu’jl  a  l’articulation  plus  lafehe  que  les  os  du  métacarpe. 


r 


Des  Os. 


r;esGtecsappdIeBtM4/^«^„,l>orare&I’„Knseie^^^ 

des aoigts, parce quilferablc  qu’ils  foient  comme  tan. 
gez  en  bataille. 

Chaque  doigt  a  des  ligamens  à  la  partie  interne ,  félon 
Jâlongueur,  comme  des  canaux  par  Icfqiielj  Us  font  mu¬ 
tuellement  attachez. 


Les  os  des  doigts  different  en  grandeur.  Car  en  chaque 
doigt  le  premier  eft  plus  grand  que  le  fecond,&  le  fécond 
que  le  troifiéme  :Mais  ils  font  tous  plus  efpais  à  l’articu¬ 
lation,  où  leurs  tuberofitez  font  nommées  eft 

à  dire  nœuds. 


Ils  font  connexes  par  dehors,  caues  par  dedanY,5c 
plats  pour  Fempoignement. 

Us  ont  des  apùphjjes  haut  &:  bas,  excepté  les  os  dutroi* 
ficme  entre-nœud,  qui  n*en  auoient  pasbefoin  par  haut, 
où  ils  font  ioinéis  aux  angles. 


CHAPITRE.  XXII 

Des  (M  de  tout  le  Pied. 

LEPiedfediuife  comme  là  main  en  trois  parties,  â 
Içauoir  en  los  de  la  cuiffe,  le  Tibia  &  t  extreme-ptedi 
La  cuiffe  eft  , appelle  du  Verbe  Latin /ero,  qui 

fignifie  porter,  parce  qu'elle  porte&  fouftientl  animal; 

Elle  eft  compoiée  dVnïèul  os ,  mats  qui  eft  le  plus  grand 
&  le  plus  long  de  tout  le  corps ,  dont  la  partie  anterieure 
&  externe  eft  plusconuexe  ,  rinterne  dc.h  poftetieuce 
plus  cauc. 

Car  elle  defeend  obliquement  en  dedans  iufqu’auge-  Aduertlf- 
noüil  ;  Ce  queles  Chirurgiens  doiuent  remarquer  , 
qu’en  la  fraélaro  de  la  cuiffe,  ils  ne  renucrfcnc  la  fîtua- 
tion, 

La  partie  fuperieurez,  trois  ,  qui  font  pluftqft 

des  epiphyfes  ,  StC  qui  fc  feparent  aifement  aux  pecûs 
enfans. 

Ddddij 


f8ô  ^atrtéme  TraïElé , 

Lai.  ea  vncfoir  groflc- refte  &  ronde  qui  fc  foriïig  ^ 
l’appendice  qui  s  infere  dans  la  boëttc  de  la  hanche,  & 
cd  lice  aucc  la  hanche  par  vn  ligament  double  l’yn 
commun , large  ,  membraneux  ,  mais  allez  efpaîs , 
enuuonne  ratticlc  :  l'autre  rond  en  long  ,  comme 
cartilage  (comme  fic’cftoic  vn  nerf  cartilagineux;  cti 
tre  latcfte  delà  cuiflc&  U  profondeur  delà  cauité.aHÛ 
que  la  lefte  delà  cuiffe  ne  tombe. 

^  Son  col  a  àeiixapopfjjfes  auxquelles  la  nature  a  donné 
des  appendices ,  qui  fe  pcuuent  fcparer  aiféraent  des 
apophyfes  auxenfans  ,non  pas  aux  adultes. 

La  II.  cft  externe,  qu’on  nomme  le  trochanter 
ou  rotateur  y  &  qui  a  des  finus ,  des  impreflions  ôc  des 
lignes. 

Le  III,  interne  ,  le  petit  trochanter. 

L’vfage  de  ces  apophyfes  eltpour  l’originel  l’infcr- 
îiondes  mufcles,  par  le  moyen  defqucls  fefait  lemoii- 
uement.  D’où  vient  qu’on  les  nomme  Trochanteres. 

La  partie  infeneure  cft  articulée  auec  le  tibia  par  gin- 
glyne.  Car  elle  entre  aux  genoux  par  vnc  double  tefte, 
dontrinterne.  cft  plus  cfpailTe,  &  l’externe  cft  plus  large 
de  plus  applatic,  dans  lesfinus  de  l'os  de  la  iambe ,  & 
entre  ces  telles  il  y  a  vn  clpacedela  largeurd’vn  pouice, 
[par  oùpalTcnt  les  vailîcauxauec  le  nerf  de  la  quatriè¬ 
me  paire  vers  les  iambes.  Les  playes  font  dangereufes 
en  cét  endroit  à  caufedes  conuulfions.  ] 

La  Meule  cftainfi  nommée  à  caufe  de  larcffemblance 
que  cette  partie  a  aucc  vne  meule:  C’eft  vn  os  rond  & 
large.  Elle  cft  couchée  icy  fur  l’articulation  de  la  cuilTe 
ôc  du  tibia ,  où  le  genoüil  eft  enuelopé  d’vn  ligament 
membraneux,  excepté  la  meule.  D’autres  la  nomment 
Rotule ,  palette  du  genoüil  y  bouclier  ,  os  feutiforme  > 
qui  conftituële  gcnoiiil. 

Sa  fubfiance  eft  quelques  mois  cartilagineufe  aux  pe¬ 
tits  enfans,&  deuient  ofleufe  aux  adultes. 

Sa  Figure  cft  comme  celle  de  la  bolTe  circulaire  d’vn 
bouclier.  Car  la  partie  du  milieu  eftant  deuenue  plus 


Des  Os, 

cfpâifTcjclle  eft  eminente. 

Elle  eft  adhérente  &artachée  fermement  par  quelques 
tendons  plusefpais  dcsmufcles  delà  cuilfc. 

Elle  cft  ôccouuerce  d’vn  cartilage  gliflant,  pour 

rendre  le  mouucmcnt  plus  aifé  dedans,  vers  l’os  de  1* 
cuilTc. 

Son  >vfkge  cft  I.  d’affermir  l’article  en  cc't  endroit ,  afin 
que  lacumene  tombe  en  deuant  &  ne  fc  difloque  ,  & 
qu'ainfî  l’homme  tombe,  fur  tout  lors  qu’il  marche  par 
des  lieux  panchans  ,  &  qu’il  fléchit  beaucoup  les  ge¬ 
noux. 

II.  Pour  deffendre  les  tendons  dcsmufcles. 

Le  tibia  eft  vue  partie  entre  le  gcnoüil  &  le  talon^ 
compofée  de  deux  os ,  comme  le  coude. 

Vvn  intérieur  &  plus  grand  qui  retient  le  nom  du 
tout ,  &  fc  nomme  tibia,  cnéme  ,  &  félon  d’autres  le 
grand focile  >  la  grande  Canne,  &c. 

Il  a  vne  apophyfe'aih  partie  fuperieure  au  milieu,  qui 
eft  reccuc  dans  la  cauitc  de  la  cuifTe  ,  &  deux  fmuofttex, 
oblongues  pour  les  teftes  delà  cuiffc,  dont  la  profon¬ 
deur  cft  augmentée  par  vn  cartilage  attaché  par  des  //- 
gamens^  qui  eft  mobile ,  mol ,  gliffant,  &  arroufe  d’vnc 
humeur  onéfueufe  ,  cfpais  au  milieu  ,  &  délié  vers  le 
centre,  d’ou  vient  qu'on  le  nomme  lunaire. 

Vne  tuberofté  qui  naift  en  cét  endroit  feparc  les  deux 
fnuojîte:!^,  du  fommet  de  laquelle  fort  vn  fort  ligament 
qui  s’implante  au  lînus  de  la  cuifle. 

Mais  de  laregion  anterieure  ôcafpre  fortent  des  liga- 
mens  qui  augmentent  les  cartilages  lunaires. 

Sa  partie  anterieure  eft  aigue  &  longue,  &  eft  appelléc 
l'Bfpine,  où  la  figure  de  l’os  cftprefque  triangulaire ,  &  douleur  ex- 
cft  fl  aiguë  qu’elle  femblelc  taillant  d’vn  couteau.  D’où  tème  en  la 
vient  que  fi  on  heurte  à  la  partie  anterieure  du  tibia  on  iefton  delà 
foulFre  vne  grande  douleur ,  parce  que  la  peau  voifîne 
&  leperiofteeft  coupépar  cét  os  comme  aucc  vn  cou- “ 
teau. 

Il  y  a  à  la  partie  fugerieurç  vue  apophyfe  decharnw 


^32,  ^améme  T rdÜè , 

au  cofté  interne ,  boiTuë  &  éminente  près  du  pied , 
nomme  la  cheuille  ou  malléole  interne ,  comme  lapn, 
phyfc  du  Péroné  malléole  externe- 

Le  Péroné  ou  fibnlay  boucle  ou  agraphe  cfl:aii>fi  nopj; 
mé  parce  quilfcmble  conioindre  les  mufcles  du  tibia-* 
On  Ienommeauffi5»r4,ou  l’os  du  gras  de  la  iambe, 
fetite  canne  ,  le  petit  foeile  tbcc.  Cet  os  cft  plus  petit 
plus grefle,cftendu  extérieurement  Iclong  dutibia, com. 
me  le  rayon  le  long  du  coude. 

Satefte  ronde  ne  touche  pas  au  genoûil  par  la 
y»pm>«re,mais  eftau  deflbus;  Mais  par  partie  i»fg^ 
rieure  il  dcfcend  plus  bas  que  le  tibia.  C’eft  pourquo» 
cét  os  eft  aufli  long  que  letjbia. 

Le  Tibia  &:le  Péroné  font  éloignez  l’vn  de  raiitré 
au  milieu,  à  caufe  des  mufeks  du  pied  qui  (ont  placez  en, 
ce  lieu,  dans  lequel  efpace  yn  ligament  gfcfle  &  large 
ioinâ:  cesos  félon  leur  longueur.  Il  eltauffi  vm  au  tibia 
par  vn  ligament  commun  par  haut  &  par  bas, 

Satefte  inferienre  qui  tend  enpoin(c,a  vne  appendice 
qui  s’efpaifuflaHt  engendre  lapophyfc  qu’on  appelle 
Malléole  externe,  à  fçauoir  ce  beu  externe  boffu ,  déchar¬ 
né  au  pied  )  &  plus  bas  que  l’interne. 

Les  os  de  l’Èxcréme  Pied  fc  diuilcnt  en  trois  parties,', 
comme  les  os  de  la  main  là'çauoir  etxTarfe  Oüpedmm, 
metatarfe  ou  metapedinm,  &  en  doigts. 

Les  os  du  Tarie  lonrfept,  les  quatre  pofhrieurs  def- 
qucls  quelques  vns  comptent  feulement  au  tarfe,  parce 
que  les  trois  autres  n'ont  point  leurs  femblablcs  dans 
la  main. 

Le  I  cft  appelle  Aflragatos  par  les  Grecs ,  Talm  par  les 
Latins,  iccQmrswynzmtni  l'osdel'arbalefte^  Ou  le  nom-*, 
me  auffi  quatrio ,  à  caufe  de  fes  quatre  faces  ou  coftez. 

Il  fert  comme  de  baie  aux  os  de  U  iambe.  Car  il  cft 
ioin(%  auec  l’appendice  du  tibia  par  ginglyme  :  D’ou 
vient  qu’ils  reçoiucnt  ducoloblong  yne  rÿ^eorbiculairc. 
SC. polie  plus  clcuée,  quicftcouuertc  d’vn  cartilage ,  au 
milieu  de  laquelle  cft  vne  fnnofte' C.'cft  ce  qui  le. 


f  'Os.  5^5 

I  iicnd  Tourcilleux  comme  en  vnc  poulie  fut  laquelle  vnc 
j  corde  Ce  tourne. 

LVn  &  l’autre  rcçoiuent  les  malléoles  aux  collez.  Il 
j  eft  ioindl  auecl’os  nauiculairc  j  5c  par  bas  auffi  auec  le 
I  ,€AlcAnenm  par  vn  double  article,  où  fa  par, tic  inferieure 
!  eft  inégalé ,  caue  deux  fois  &  trois  fois  conuexc.  Il  reçoit 
!  la  telle  du  catcanenm. 

I  \  Il  faut  remarquer  au  milieu  de  la  cauité  de  ces  arti¬ 
cles  vnc  cauité  (  à  laquelle  refpond  le  fînus  du  calcanéum) 
dans  laquelle  eft  contenue  la  graiffe  &  la  fubftance  mu- 
gueufe  pour  humeder  les  ligamens  cartilagineux  qui 
attachentlc  talon  à  l’os,  &fur  tout  les  os  mefmes,  afin 
qu’ils  ne  fe  deffeichent  dans  le  mouuement.  D’où  vient 
que  i*ay  remarqué  que  toutes  les  fois  qu’il  y  a  peu  de 
cette  fubftance  humide  5c  grafle  ,ou  qu’il  n’y  en  a  point 
du  tout,ouàeaufe  de  quelque  playe  qu’on  y  ait  faite,ou 
par  quelque  autre  caufe ,  il  fe  fait  vn  fon  au  pied  en  mar¬ 
chant ,  par  la  eollifion  des  deux  os,  mais  fans  aucune 
douleur ,  à  caufe  qu’il  n’y  a  point  dedans  aucune  partie 
fcnfible  ^  mais  feulement  des  os  j  des  cartilages  5c  des 
ligamens. 

Le  II.  eft  le  plus  grand  Sclcplus  cfpaisquifoit  au  pied, 
parce  qu’il  (ert  pour  le  tenir  ferme  (  comme  le  talon 
pourle mouuement.)  C’eft  pourquoyileft  ioind  au  ta-  del’au- 
Ion  par  plufieurs  ligamens  5c  aux  autres  os  adiacens.  t heur, pu. 

Les  Grecs  le  nomment  TternUi  les  Latins  Calx ,  calca- 
mum  5c  pdis  CAlcar,V  c(i^cton.  du  pied  ,  auquel  os  s’in-  pud  „ 
(etc  \z  corde  eft  la  plus  grande  &  la  plus  forte  de  tout  murchatt. 

le  corps,  5c  qui  efteompoféedes  tendons  des  trois  muf- 
cies  du  pied. 

Sa  partie  inférieure  eft  vn  peu  plus  large ,  afin  que  le 
piedfoit  plus  feurement  affermi  ^  Il  a  par  haut  vnc  tefte 
ample,  qui  entre  dans  lefinus  du  talon  ,&dansle  finus 
fuperficicl  qui  reçoit  la  tuberofîte  du  talon.  Mais  il  eft 
ioinélauflîà  l’oscuboide  par  vne  tefte  plate. 

Le III.  eft  appellé  nauiculaire y  feaphoide^i  caufe  qu’il 
ïcflèmbic  vn  petit  batteau  .:  U  a  connexion  aucc  le  talon 

de  les 


r 


Des  Os,  sSf 

Explication  de  la  Figure, 

elle  monstre  les  os  de 

tout  le  Pied. 

La  I.  reprefcntc  pardeuant.  Lai.  à  codé.  Laj.  par  dcri 
ricre.  Elles  ont  les  lettres  communes,  s’il  n’eft 
marqué  autrement. 

M.N.  l'6S  ficrum. 

Q.l'oi  innominL 
0.  fa  partie ,  l'os  Ilion* 

•JT,  l'os  delà  hamhe, 

р.  l'os  pubis- 

r.  le  cartilage  de  l'os  pubis. 

A.  A.  A.  l’os  delà  cuijfe. 

T.  T.  T.  le  grand  trochanterl 
V.  V .  le  petit  trochanter, 

S-  la  palette  au  geno'ml- 
n.2.  le  tibia. 

le  plus  grandes  du  tibia  )&fonappphjfe,  le  malléole  ie-- 
terne  X. 

’î*.  le  péroné  &  fonapophjfey  le  malléole  externe (f. 

XI.  l’os  del’Ajlragale  y  le  talon- 

a.  I.  le  calcanéum-  b.  l'os  nauiculaire, 

с.  c,  leTarfe.Ses  trois  os  d.  e.  f; 

g.  le  quatrième  os  du  tarfe  y  nommé  cuboide, 

b.  I.  le  metatarfe- 

i.  i.  les  doigts  du  pied.  k.  k.  les  os  Sefamoides^ 

.&Iestroisos  poftetieurs. 

Le  IV.  eft  nommé  cuboide  y  iczufe  qn' il  â  laformc  d’vn 
cube ,  &  au  (Il  /  W  de  De'ySc  par  les  Arabes,  l'os grandineux, 
&  pat  d’AiHïcs  multiforme.  Il  eft  plus  grand  que  les  au¬ 
tres,  &  eft  deuant  le  calcanéum,  &  eft  ioinSl  pat  vne  fu- 
petficie  inégalé  ,  d’vn  collé  au  quatrième  &  cinquième 

Eecc 


jsij  ^atrtéme  TralEie, 

os  du  tatfc&  intérieurement  aufeptiéme. 

Le  trois  autres  quin’auoient  point  de  nomautresfois' 
&.quc  FaHope  a  nommez  Cdlcotdes  »  cunéiformes ,  fonj 
articulez  à  l’os  {caphoide.  Ces  trois  font  le  grand ,  1q 
moyen  &  le  plus  petit,  [qui  d’vne  bafe  large  deuien- 
lient  grefles.  ]  ‘  i'  r 

Les  os  du  Metatarfe  ou  de  la  Plante  font  cinq ,  qui  ont 
connexion  auec  ceux  du  Tarfc;  Ceux  des  Doigts  font 
qtidtorz,e ,  parce  que  le  poulcc  cft  compofé  de  leux  os 
lêulcment ,  &  que  les  entre-nœuds  font  plus  courts  qu’à 
la  main ,  mais  ceux  du  poulce  font  plus  cfpais  qu^  la 
main. 

Les  autres  os  font  de  mefme  que  ceux  de  la  main,  aux¬ 
quels  ils  rcfpondent,  comme  font  auffi  prefque  les  IL 
.gamens. 

•Mais  on  trouue  fous  la  plante  du,pied,  apres  que  la 
peau  St  la  grailïe  ont  efté  oftées,  vn  ligamenthx^t  &  fort, 
qui  delà  partie  inferieure  du  Calcanéum  s’infere  à  tous 
iesos  fefamoides  delà  première  phalange ,  afin  que  tout 
le  pied  foit  plus  ferme. 


CHAPITRE  XXII. 
ôc  Dernier. 

Des  Os  'Sefitmoides. 

ON  trouuc  aux  entre-nœuds  des  pieds  &  des  mainS 
quelques  olTcllcts  fort  petits,  qu’on  appelle  Se- 
famoides,  parce  qu’ils  rcflcmblcntàla  graine  de  Sifame, 
en  figure  &  en  petitefle. 

Leur  figure.  Us  font  rends  &  vn  peu  plats. 

petits  aux  pieds ,  finon  au  poulce  du  pied,^ 
parce  que  ccluy-cy  eft  plus  grand  que  le  poulcc  delà 
Leurfituft-  plus  grands  aux  vieillards  &vn  peuplais. 

titn.  ils  font  adhérants  aux  tendons  fous  lefquels  ils  font 


Des  Os.  jSy 

cache*  ",  ènucloppez  dans  des  ligamensi  de  forte 
qu’on  les  ofte,  en  nettoyant  les  os  ,  fi  on  n’y  prend 
garde. 

lis  font  tantoft  cartilagineux  ,  comme  aux  enfans,  leur  fui. 
auxquels  ils  ne  paroilfeni  pas  bien  ;  ôc  tantoft  ofleux,  fUnct. 
couuercs  des  cartilages  ,  fongueux  &  poreux  par  de¬ 
dans. 

Q^ant  à  leur  nombre  >  ils  font  communément  douze 
en  chaque  main  &  en  chaque  pied,&  quclquesfoîs  on 
en  obfcrue  i6.  ip.  lo.  &  dauantage ,  &  quelqucsfois 
dix  feulement.  Ils  font  en  plus  grand  nombre  ,  plus 
grands  &  plus  durs,  au  fiege  interne  de  la  main,  qu’àl’cx- 
terne,  le  nombre  en  cft  donc  incertain  :  Car  la  plus 
grande  part  font  fi  petits  qu’on  ne  les  remarque  pas  :  Et 
comme  la  nature  eft  abondante  quelquesfois  aux  chofes 
moins  neceftaires ,  &  quelquesfois  defedueufe,  cllercft 
auffi  en  cét  endroit. 

Mais  il  faut  remarquer  particulièrement  à  caufe  de 
\twt  grandeur,  ces  deux  w  qui  font  appofez  au  premier 
article  dupoulce.  jàla  tefte  de  l’os  du  Metatarfe  ,  dont 
Vvn  efi  plus  grand  fous  la  partie  nerueufe  du  mufclc 
flechiffeur  du  premier  os  àn  çoalcc.  Sa.  ferme  ècC^graw-- 
deur  eft  comme  la  moitié  d’vn  pois  efgouiré.  Les  Ara¬ 
bes  appellent  cét  offellet  Albadaram.  Quelques  anciens 
Philolophes  Chimériques  [que  Cornélius  Agrippa  a  fuiui,]  chimérique 
ont  afleuié  que  l’homme  renaiftroit  vn  iour  de  cét  os,  des  entiens. 
comme  de  quelque  femence.Mais  l’autre  qui  eft  beau¬ 
coup  plus  petit,  eft  couché  fous  le  fécond  article  du 
poulcc. 

Or  encore  que  Pon  trouue  le  plus  fouuent  ces  petits 
olTcllets  aux  entre-nœuds  des  doigts,  on  en  rencontre 
auffi  de  fcmblablcs  ailleurs. 

Comme  on  trouue  quelquesfois  vn  olTelIct  au  cofté 
externe  de  la  main,  àla  connexion  de  l’huidiéme  os  du 
carpe  ,  &  de  l’os  du  métacarpe  qui  fouftient  le  petit 
doigt,  lequel  remplit  en  cét  endroit  l’efpace  vuide  ;  de 
mefme  auffi  au  tarfe  du  pied ,  au  cofté  extérieur  de 
Ecee  ij 


sSS  ^atriéme  Trai^icy  Des  Osl 

l’articulation  du  cinquième  os  du  nietatarfc  qui  f  - 
ftient  le  petit  doigt  aucc  le  cuboide  ;  On  trouue  auJ 
deux  oflcllets  au  i arrêt  près  de  l'os  de  la  cuilTc  ,  adhcv^ 
rents  aux  principes  &  non  pas  aux  tendons  des  deux 
premiers  murdes  qui  mcuucnt  le  pied ,  fur  tout  aux  vieil, 
lards  &  aux  animaux  fccs,  comme  aux  cerfs,  aux  chiens 
.&  aux  lièvres.  On  rapporte  icy  la  partie  offeufe  oppose 
aux  vieillards,  à  l’os  cuboide. 

Leurs  vfages: 

1.  De  deffendte  les  tendons  &  les  retenir  par  le^ 
dureté  dans  le  mouuemcnt,  afin  qu’ils  ne  tombent  do 
l’article  qui  cft  cminent, 

II.  D’affermir  l’article  &  le  garder  contre  la  luxation. 

III.  De  remplir  les  efpaces  vuidcs  ;  Et  par  ce  moyen 
rapprchenfion  fe  fait  plus  fermement  à  la  main  ,  &la 
ftation  &  la  démarche  cft  plus  affeurée  au  pied,  fur 
roue  dans  les  lieux  rudes  &  afpres. 


iéOHAttge  ,  homeur  Gloire  fait  rendue  À  Dm  ttojke 
Créateur ,  ^ nous  a  forme^i^de  rien  aueç  vne 
Stru^ure  f  miracultufe^^ 

FIN. 


DEVX  LETTRES 

DE  MONSIEVR 

lEAN  VVALÆVS, 

DV  MOVVEMENT 

DV  CHYLE 

ET  DV  SANG. 

J  THOMAS  BARTHOLIN 
Fils  de  Ca/par» 


PREMIERE  LETTRE 

DE  MONSIEVR 

lEAN  VVALÆVS, 


D  V 


D  V 


MO V  VE MENT 
Chyle  &  du  Sang. 

THOMAS  BAKTHOLm 
Fils  de  Cajpar.  ^ 

Eux  qui  ont  eu  le  principal  manic^  ^ 
ment  des  affaires  des  Republiques,  & 
delà  Religion,ont  de  tout  temps  dc- 
batu  entre-eux  de  l’honneur  de  la 
primauté  :  Mais  on  peut  dire  fans  ex- 
ccz,  que  l’ambition  entre  les  gens  de 
Lettres  de  paroidre  auec  plus  d’eclac 
plus  fçauans  que  tous  les  autres,  n’apoint  efléles  fieclcs 
paffez  fi  infolente  qu’au  noftre.  Et  ce  qui  rend  ce  mal 
plus  odieux  &  plus  infupportable,c’eft  que  ceux  qui  font 
poffedez  de  cette  paffion,(e  lerucnt  de  la  médifance  &  de 
la  calomnie ,  &  d’autres  moyens  plus  pernicieux  pour 
miner  lîi  rcputâtion  des  autres  ^  &  s  en  rcruir  comme  de 
marche-pied  pour  monter  au  thrône  de  la  gloire  De  for¬ 
te  que  perfonne  ne  peut  communiquer  au  public,  ou  à 
fes  amis  cnpatticul;er,  quelque eferit,  qui  dans  l'eftimc 


j.pi  lean  FVaUus] 

dcsvns  pilTcrapout  excellent,  qui  n’attire  incontiriênt 
fur  foy  tout  ce  que  la  médifancc  a  de  plus  cruel  &  de  plu. 
barbare.  Cela  cftant,  il  femble  quec’ca  vne  grande foUg 
d’adioufter  à  fes  veilles  &  à  fes  trauaux,  la  haine  des  en 
uicux.&ledefplaifir  d’auoir  trauàillé  auec  vn  fuccez  fî 
defauantageux. 

le  vous  aduouc»franchement  que  ces  raifons  tn’od't 
cmpefchciufques  icydevous  accorder  ce  que  vous  me 
demandiezpar  vos  prelTantes  &  frequentes  prières.  Ou. 
trecela,ien’aymc  pas  a  déterminer  dcschofes  que 
pcrience  de  plusieurs  ficelés  n’a  peu  ouapprouuer  ouaf- 
fez  bien  définir.  Mais  ic  mefens  enfin  comme  forcé  de 
Uotcifiù»  découurir  à  tout  le  monde  mon  opinion,  touchâHtle  mou- 
de  cette  du  Sdng ,  tant  pour  ne  paroiftre  pas  inciuilen  vo. 

Lettre,  endroit,  que  pour  refpondre  à  vn  certain  homme 

Dode,  qui  a  entrepris  de  réfuter  quelques  Thefes  fur  cet¬ 
te  matière,  quiauoient  cfté  difputécs  en  ma  prefcnce ,  & 
fous  madefFcnce,  comme  fi  i’en  eft;oisl’Autheur,bien  que 
celuy  qui  les  a  fouftenues ,  y  témoigne  auec  vérité  quU 
lcsau9^t  Gompofées  luy-mefme,  ie  neveux  pas  néant- 
moins  'qu’on  me  les  attribue,  encore  que  leur  Autheur 
ne  doit  point  auoir  honte  de  les  recognoiftrepoutfien- 
ncs,&  qu'elles  ayent  efté  défendues  fous  monfupporf 
&ma  protedion.  Ceux  quicognoiffentmaliberté dans 
les  difputes ,  &  qui  font  informez  de  la  Couftume  de  no- 
dre  Academie,  n’auront  pas  beaucoup  de  peine  à  com¬ 
prendre  la  raifon  de  ce  que  ie  viens  de  vous  dire. 

C’eft  pourquoy  ,Monfieur ,  ic  vous  découurc  enfin 
mon  fentiment ,  touchant  le  mouucmcnt  du  fang.  Le 
duf*ng  quif4ftg<\m  fort  des  f  lus  grandes  arteres  dilTcquées,  eft  plus 
femem.  chaud,  plus  fubtil,  plus  rare&  plus  vermeil  queccluy 
qui  coule  des  veines  ouuertes  :  le  nevoudrois  pas  dire 
pour  cela  que  la  forme  du  fang  arterieux  foittoutà  fait 
differente  de  celle  du  fang  veineux.  Car  le  fang  arterieux 
peut  auoir  cét  auantage  fur  l’autre,  à  caufe  que  fortant 
fraifehement  comme  du  foyer,  il  a  plus  de  chaleur  &  plus  ■ 
grande  abondance  d’efprits;  De  forte  qu’il  ne  différé  de 

l’autt^ 


Du  mommcnt  du  Chyle  ^  du  Sang,  s 93 

l’autre,  comme  le  laid  boütUanc  de  ccluy  qui  eft  rcfroidy. 
£n  efFcd,il  femblc  que  le  fang  arterieux  ne  tient  ces  qua- 
litez  d’ailleurs  que  de  la  plus  grande  quantité  de  chaleur 
d’efprits  ;  Car  on  peut  remarquer  que  ccluy  des  peti- 
tesarteres  qui  eft  plus  éloigné  du  foyer, n’cft  pas  fi  différée 
de  ccluy  des  veines.  Er  certes  nous  n’auons  peu  iamais 
remarquer  aucune  diffcience  entre  le  fang  que  nouS' 
auons  pris  des  plu  s  grandes  arteTeS  j:.&  racfme  du  cœur 
d’vn  mefnic  animal  viuant,  Sc  des  veines, &  que  nous 
auonsiaiffé.  refroidir  &  coaguler,  l’vn  ôcl’autre.  De  ma-' 
nicre,  qu’on  ne  peut  croire  autre  chofey  finon  que  le  fang> 
arterieux  eft  de  mçfme  efpece  que  le  veineux^. 

Il  y  a  peu  d’Autheurs  qui  veuillent  que  lé  fang  veineux 
foitdedeux  fortes, rvn  contenu  dans  la  vcine.caue,  & 
l’autre  dans  la  veine-porte.  Màis  il  eft  impoffible  de  re¬ 
marquer  aucune  différence  entr’-eux,  ou  lofs  qu’ils  font 
renfermez  dans  leurs  vaifIeaux;,ou  lors  qu’ils  font  de¬ 
hors.  Et  nous  verrons  tancoft  que  la  raifon  enfeigne  la 
melmechofei^  .  _  .  i  ■  .  .  7.  .  i 

On  pcufconccuoir  auffi  ;  outre  ces  fortes  de  fâng  îvné 
autre  eîpece  de  fang  qui  eftai  faite  du  çhylc  dahs  le  foyc,. 
n’a  pas  encore  recciivne  plus  grande  perfedion  dans  le 
coeur:  Nousnepouuons  pasfçauoir  de  quelle  nature  eft 
ce  fang  ,veii  que, comme  nous  orrons  bjen-toft  ,  ileft 
mcflédânsla  veine-caue  auec  celuyqui  aefté,plus  per-, 
fedionnédans  le  cœur.  Er  certes  il  nous  importe  fore  peu 
de  cognoiftre  la  nature  d’vn  fang  que  nous  verrons  du¬ 
rer  pour  vu  peu  de  temps  feulement.  Nôftrc  deffein  eft 
dercchercherieulement  }e,mouuementdufaag., 

Or  Ic'fang  fe  peut  moumir^.ovi dans  cett^partkdel  arte* 
re  ou  de  la  veine  ou  il  eji  contenu,  ou  bien  il  peut  couler  de^ 
cette  partie  dans  vne  autre.  On  ne  remarque  pas  que  le 
fang  fe  meuue  naturellement  en, haut  &  enbas  ,,cotnin^ 
l’eau  boiiillantc  dans  vne  partie  de  l'artere  eudela  vemei 
Cela  ne  fevpid  pas  non  plus  dans  vn  yaiffeau  ou  il  eft 
rcceu,  ny  lors  qu’on  le  tire  en'vn  corps  chaud  &  viuanr, 
nydans  l’artere  mcfme,  û  on  la  lie  des  deux  codez,  & 


Q.tt’ileif  dt 
mefme  tfpe- 
ce. 


Le  yng  ne 
meut  pus  eu 
haut  e» 

b  us  dans  les. 

VAiJfemx.y 


Mais  U  fe 
meus  d'vne 
f/trtie  du 
vaijfeau 
dans  vne 
autre. 


Peur  entets. 
dre  parfai¬ 
tement  ce 
mouuemët , 
il  faut  re¬ 
chercher 
ttluy  du 
chyle. 

X.a  viande 
prifelapre- 
mtere,ocm 
pe  le  pre¬ 
mier  lieu 
au  ventri 
(ule. 

Le  ventri¬ 
cule  l'em 
brajfe  4- 
fireittmêt. 


L'humeur 
du  ventri 
cule  i'hu- 
müt. 


^94  Jean  FTaUus, 

&  qu’on  la  diïTcquc  àTcfpace  fupeiicure  qui  eacntre^ 
deux.  Voire  mefmeloi-s que  nous  auonsfouucnt  coud' 
la  pointe  d’vncœur  viuant,  &quc  lecœureftoit  dreff/ 
nous  auons  bien  fenty  la  chaleur  du  fang,  mais  ûousn’» 
auonsiamais  remarqué  aucune  ébullition. 

Mais  ileftmanifefte  que  le  Sang  femeut 
de  l ancre,  en  de  la  veine  dans  vne  autre.  Car  il  y\ 
Sang  aux  extremitez  des  veines  qui  y  doit  cftrc  venu 
puis  qu’il  n’y  a  pas  efté  engendré.  Et  il  eft  aflez  euident 
dans  les  animaux  viuans,  que  le  fang  coule  de  la  veine- 
-caue  A  ns  le  cœur ,  &  du  cœur  dans  l’aorte.  ' 

Or  ahn  que  tout  ce  meuuement  du  Sang  foitplus  ma- 
niféfte,  il  le  faut  confidercr  deT^a  fource. 

Nous  auons  fouucnt  remarque  en  des  chiens  viuans 
que  la  viande  folide  garde  dans  le  ventricule  le  rang  au. 
quel  elle  aiioit  eftéprife,  finon  quccét  ordre  fe  change 
lors  que  le  ventricule  cftant  trop  plein  de  brcuuage,lcs 
viandes  y  nagent  &  flotent  &  là. 

Le  ventricule  etnbrafl'emanifeftemcnt  de  toutes  parts 
_  la  viande  qu’il  à receue,  quand  il  n’y  enauroitqucdcux 
onces  feulement  :  le  fermant  prcfque  de  la  mefme  fa¬ 
çon  qu’vne  bourfe  qui  contient  vn  petit  globe.  L’ori¬ 
fice  fupericur  &  inferieur  fe  reflerrenten  mefme  temps. 
Ce  qu’on  peut  cognoiftre  cnpalTant  par  vn  trou  fait  au 
voifinage,  le  petit  doigt  ou  la  fonde.  Il  femble  néant- 
moins  quand  on  trouuc  l'orifice  inferieur  fermé  entiè¬ 
rement  ,  qu’il  fou  pluftoft  affâifle  que  lcrré  ,  parce 
qu’en  pieffant  légèrement  le  ventricule  ,  il  laifTe  palTer 
le  chyle.  Quclqucsfoisauflî  le  ventricule  eft  trop  foiblfl 
&  les  orifices  ne  font  ferrez  comme  ils  deutoient  cftre 
naturellement,  &  alors  on  les  lent  trop  lafehes. 

La  viande  retenue  dans  le  ventricule,  y  eft  toute  hu- 
medéc  par  l’humidité  qu  elle  a,  &  le  breuuagc  &  la  fa. 
liuc  ;  ât  bien  toft  apres  elle  deuient  poreufe  &  toute 
fpongieufe.  Car  il  clt  vray-femblablc  que  cette  liqueur 
a  tiré  quelque  chofe  de  la  fubftancc  de  la  viande 
qu’elle  en  eft  imprégnée. 


Du  mouuementdu  Chyle  du  Sang,  S9f 

Quelque  temps  apres  la  viande  délicate  &  groflîerc  V«e  hu- 
cft  coupée  &  hachée  en  tre^etits  morceaux,mefmes  les 
coques  d’œufs  aux  chiens ^equi  fefait  fans  doute  par  J* 
quelque  humeur  acide  qui  rffne  vertu  diflbluante.  Car 
l’experience  nous  enfeigne  que  le  ventricule  eftant  in¬ 
commodé  parla  pefanreur  ou l’cfpaiffeur des  viandes, fe 
fent  foulagécn  prenant  du  vinaigre,  du  ius  de  citron ,- 
ou  del’huile  de  fouffre  ou  de  vitriol.  Perfonne  n’attri¬ 
buera  cettediffbluante  àlafaliucouàlabilcquiregorge 

dans  le  ventricule,  qui  aura  veii  raacerer  du  pain  pen¬ 
dant  quelques  heures  dansla  faliue  chaude  ou  le  fiel  de 
bœuf,  fans  qu’il  en  foit  coupé  ôcdiuifé.  De  cent  chiens- 
Sc  plus  que  nous  auons  dilfequé  en  vie  pour  ce  fuicc, 
nous  n’en  auons  trouué  que  deuxfeulement  dans  le  ven¬ 
tricule  Jefquélslabiles’eftoit  refpandu’é,dontlVn  auoit- 
ieùfné  rroisiours,  àTeftomach  duquel  il  y  auoit  dcl’ef- 
cume  bilieufc  auffi  ferrée  Si  remplie  de  petites  bouteilles, 
comme  celle  que  nous  voyons  nager  à  la  Icxiue  lors 
qu’on  y  lauc. 

Or  nouseftimons  que  cette  humeur  acide  vient  de  là 
Rate  dans  l’Eftornach ,  parce  qu’on  ne  trouue  point  dans 
lecorps  aucune  autre  partie  acide,  &  que  mangeant  vne 
Rate  cuite ,  fur  tout  Cfile  depourccau  ,  on  eft  auffi  fou- 
lagé  de  l’incommodité  quip  fouffre  le  ventricule ,  lors 
qu’il  a  reçeu  trop  de  viandes  &  trop  groffiercs. 

La  viande  eftant  ainfî  méfiée  auec  la  liqueur  par  toutes  P«»  tfi 
fes  plus  petites  parties  prend  aucc  le  temps  par  la  co- 
élion,  la  confiftancc  d’vn  orge  mondé  bien  clair ,  &  puis  '  , 
cft  enuoyée  aux  inteftins. 

Maistoute  fortede  viande  ne  reçoit  pâs  cc  changement  L’v»e  piuî,i 
dans  le  ventricule  auffi* toft  l’vne  que  l’autré.  Il  fefait  foji  que 
pluftoft,  deiour&  lors  que  la  viande  eft  en  petite  quan-  *^"^’'** 
tité,dclicate&bien  mafehée,  Scplustaiddc  nuiâ:,  lors 
que  la  viande  eft  en  trop  grande  abondance  ,  grofficre, 

&  les  morceaux  font  trop  gros,  de  forte  qu’eftant  bien 
mafehée  aucc  les  dents,  elle  commence  à  fe  changer  en 

’^féme  ,  cependant  que  celle  qui  a  efté  aualée  à 

* .  ' 


fçd  le  an  WdUus 

grands  morceaux  ,cft  encore  folidc. 

Le  laidt  &  les  boitillons  lÿçoiuenc  leur  perfeftion  j 
iour  dansvnc  heure  ou  plcmoft,  &:  fe  difttibuent  anir; 
^de^Jtlrdi.  temps ,  fl  aucune  afttrc  chofe  ne  l’empefehe  :  c® 
ucté  tlle  <■(?  que  l’excretion  de  l’vrinc  apry  qu’on  les  a  pris,monftre 
cui^e&  di~  cuidemment,  fans  qu’il  foit  bcToin  d’auoir  recours  à  1 
^rthée.  tliffedtion.  Mais  il  faut  plus  de  temps  pour  la  coftion 
des  herbes  potagères.  Pour  ce  qui  eft  du  pain  il 
ble  quefa  fubftancc  foitd’vne  digeftion  médiocre  Qn 
-le  void  tant  foit  peu  changé  dans  vnc  heure  &  demie  vne 
heure  apres  rare  &  toutâ  fait  femblablc  à  vne  cfpông® 
humide ,  apres  cela  il  fc  diuife  en  très  petits  morceaux,  & 
Je  mcflaint  auec  le  breuuage,  paroift  tout  liquide ,  puis  fc 
cuit  entièrement ,  &  enfin  ce  qui  eft  cuit  du  pain,  eftehaf- 
fé  par  le  pylore  du  ventricule  aux  inteftins ,  entr'c  quatre 
&  cinq  heures  apres  le  repas.  Orce  quireftedupain,rc- 
,çoit  peu  à  peu  la  perfection  qu’il  doit  auoir.  Q^ue  fi  qucl- 
.que  autre  viande  de  plus  dure  digeftion  a  efté  ptife 
auec  le  pain  ,  nous  auons  remarqué  que  la  codion  fe 

■  fait  en  cét  ordre.  Les  legumesfecuircnt&  fc  difttibuent 

les  premiers,  puis  les  poiftons,  les  chairs  apres,  à  fça- 
.uoir  entre  fix&fept  heures:  Celle  de  bœuf  entre  fept 
&c  huid  j&encores  plus  tard,  fes^artics  membraneufes 
&  les  coques  des  œufs.  Nütijÿ  auons  remarqué  que  les 
os  font  demeurez  trois  iours  dans  le  ventricule,  &  que 
dans>ce  temps  ils  eftoient  deuenus  cartilagineux. 
iic'efte»  Mefmcs  on  remarque  foiyient  vne  grande  diucrfité 
fout  ou  far  aux  parties  de  ces  mefmes  viandes,  comme  par exem- 
pmies.  pie  au  pain  &  à  la  chair  ,  dcfqucis  encore  qu’ils  paroif- 
fent  entiers  au  ventricule,  il  fort  dans  vne  heure  quel¬ 
que  petite  portion  qui  eft  diftribuée  aux  veines  ladées. 

De  forte  que  ce  qui  eft  cuid,  n’attend  pas  la  codiondc 
l  autre,  &n’eft  point  aulTiarrcfté  par  la  viande  qui  n’eft 
pas  çuJde  ,  .nuis  tombe  incontinent,  &  eft  tranfportc 
aux  inteftins:, mefmcs  on  tro.uue  rarement  le  ventricule 
cnticrementvuide  de  viande,  encore  qu’vn  chien  ait  de» 
meuréfeize  heures  fans  manger. 


Dîi  moiuicnient  du  Chyle  du  Sdn^^  spy 

Of  il  nous  a  efté  aifé  de  remarquer  toutes  ces  particulari- 
tez  aux  chiens  que  nous  aiions  diffequezenvicendiuer'S 
temps  aprcs.le  repas. 

Le  Chyle  eft  de  couleur  cendrée  dan^  les  intcftrns ,  &  Ch)U 
eft  rarement  iaune,  à  caufe  de  la  bile.  Or  il  commence  au 
duodénum  mcfmc  d’entrer  dans  les  veines  pdr'lès 

fellms ,  &  quand  il  y  eft  entré,  il  n’arrefte  point  en  aucuns  inteslini,& 
inteftins,  tandis  qu  il  y  en  a  quelqucpeu.  La  nature  a  p»r  Usvei- 
donne  des  veines  laéléesau  Rcélum  mefme  qui  paroif-  neslaâées. 
fent  aftèz  fouucnt  blancheaftres  par  l’affluence  du  Chyle. 

Et  afin  que  nous  fufllons  affèurez  que  ce  fuc  ladée  ne  vc- 
noitpas  d’ailleurs  que  des  inteftins ,  nous  auonslié  ces 
veines  ladées  inférées  au  corps  des  inteftins,  &  nous 
auons  remarqué  manifeftement  qu’elles  feremplifroiens 
&  s’enfloient  depuis  la  cauité  des  inteftins  iufqu’àla  liga¬ 
ture,  &  qu’elles  fc  vuidoient  &  s’affaifToient  depuis  la 
ligature  vers  le  mefentere. 

Or nousn’auons  veu  iamais  que  le'Chylc  entre  dans  Voye&hfi- 
aucmie  veine  au  corps  du  ventricule,  ny  dans  aucune  vei.  g»re  des 
ne  mefaraïque  ;  N  y  que  le  fang  creu  démefurement  par  la 
ligaturcdela  veine- porte,  dequoy  nous  verrons  la  rai-^  ees.p.e^i. 
foncy  apres  dansles  veines  mefaraïques  entrc,dans  les 
veines  ladées.  Ce  qui  monftrc  clairement  que  la  nature  a 
deftiné  les  veines  ladées  à  porter  le  chyle  feulement,  $c  rAiqaes. 
les  veines  du  ventricule  &  les  mefaraïques  pour  charrier 
le  fang. 

Le  chyle  eft  toufiours  blanc  dans  les  veines  ladées ,  en- 1/  tii  touf. 
core  qu’il  fut  cendré  aux  inteftins,  ouiaunepar  lateintu- 
re  delà  bile. 

Le  chyle  monte  en  haut  par  ces  veines  ladées ,  mais  il  f«»l 
n’eftpas  bien  aifé  de  dire  en  quelle  façon.  Ce  que  nous  ^ 

auons  remarqué  en  quelques  chiens  de  chafle  grands  & 
ipaigres,nousfemble  plus  vray-femblable,quc  quelques  ctées. 
veines  ladées  vont  pat  vnfeul  conduit  &  continu  des  in¬ 
teftins  au  rameau  mefen.tcrique,d’autresàlà  veine  porte 
mefme,  quelques- vncs  à  la  partie- caue  du  foye,  &  quel¬ 
ques- fois  vn  tres-petit  nombre  à  la  veine-caue  près  des 
Ffffiij 


Non  h  lit 
Kute. 


Maïs  au. 
foye.. 


feye 
dans  la 


He  la  veine 
taut  au 
Neur . 


5pg  .  lean  FVaUus 

cmulgentes.  Garces  animaux  n  ont  pas  au  commence^ 
rncntdumefcntere  cette  glande  vnique  <^'AfelUHs  a  ap* 
pelle  Pancréas ,  &  qui  rend  le  chemin  de  ces  veines  obi 
fcur,maislc  plusfouucnt  ily  a  en  cét  endroit  cinq  gl^nl 
dcsfeparéesparvn  grand  efpacc ,  par  lequel  elles  donnét 
libre  palîage  à  quelques  veines  ladees.  Or  puis  qu’il  y  ^ 
peu  de  rameaux  de  veines  laâ:écs  audclTusdeces  glan,. 
des,  dont quelques-vnes  font  plus  grandes  qu’en  bas,  ie 
croirois  que  les  veines  lactées  fediuifent  en  rameaux  prés, 
de  ces  glandcs,&:  qu’elles  feruent  comme  en  d’autres  en. 
droits  du  corps  ,  àla  diftribution  de  ces  vai(D:aux. 

Onnousamonftré  aufli  quelquesfois  des  veines laftées 
qui  entroient  dans  la  Rate,  mais  nous  auons  trouué  mef. 
meenprefencc  de  ceux  qui  nous  les  demonftroient,  que 
c’eftoient  des  nerfs. 

Le  chyle  eftant  porté  par  ces  veines  ladées,  fc  mefle 
auec  le  fang  dans  le  rameau  mefenteriquedans  la  veine, 
porte,  &  à^rxûc  foye  me fme.  Car  en  quelque  lieu  qu’on 
lie  les  veines ladées  elles  s’enflent  toufiours ,  parce  qu’el¬ 
les  font  erapefehées  d’enuoycr  le  chyle  à  ces  parties,  mais 
quandla ligature eftdcftachéc, elles  l’y  verfent  manife- 
ftement. 

Encore  que  les  rameaux  de  la  veine-porte  au  foye 
foienr  conioints  en  diuers  lieux  aux  rameaux  de  la  veine- 
caue,ils  n’aboutifTent  pas  neatmoins  en  aucun  endroit, au 
grâd  rameau  de  la  veine- caucrmais  les  plus  petits  rameaux  , 
de  la  veine-porte  tranfportét  ce  chyle  meflé  auec  le  fang 
dans  le  plus  petits  rameaux  de  la  veine-caue:  Comme 
cela  fe  voit  aifement  en  vn  foye  décharné,  enflé, qui 
nagefurl’èau.Nous  verrons  cy- apres  euidemment  qucla 
mcfmcchofcarriueaureftcdu  chyle  meflé  auec  le  fang,. 

Le  fang,  félon  l’opinion  de  tous  cft  vcrfé  par  les  petits 
rameaux  de  la  veine-caue  qui  font  au  foye  dans  le 
mefmtdela  veine- caue.  Ge  qui  efleuident,  parce  que  la 
veine-  caue  eftant  liée  au  delTus  du  foye  dans  les  animaux 
viuans,  elle  s’enfle,  à  caufe  du  fang  qui  y  coule. 

pe  la  veine-caue  il  entre,  dans  , le  ventricule  droit  âf»; 


Du  momement  du  Chyle  du  Sang,  59  9 

fflfwr.  Car  en  liartt  la  partie  de  la  veinc-cauequic^  an 
deffous  du  cœur ,  nous  auons  remarqué  quelquesfois,fuc 
CO  UC  à  vne  anguille,  qu’elle  fe  vuidc  incontinent  vers  le 
cœur.  Ce  que  Hurnems  a  auflî  remarqué  au  Chapitre  lo. 
de  fon  Liure.  ^ 

Il  entre  alTez  manifeftement  du  ventrieWe  droit  du  D«  ventrt. 
cœur  dans  la  veine  arterieufe,  &  par  cllceft  porté  aux  cuUJrtit 
poulmons.  le  n’oferois  pas  affeurer  que  quelque  portion 
defanecouleduventriculedroitducœur,àtraucrslapa- 
roy  moyenne  dans  le  ventricule  gauche,  puis  que  le  trou-  urieuft. 

UC  ailleurs  des  chemins  ouuerts ,  &  que  le  n’en  voy  point 
icy.  L’illuftre  Monficur  perfonnage  à  qui  fon 

érudition  folide,  &  fa  fincerité  &  candeur  extraordinai¬ 
re  donnent  beaucoup  de  crédit  &  d’authoritéparmyles 
Doftes  rapporte  en  fon  Exercitation  furla  Philofophio 
de  Flud, partie  5.Chapitre  17.  qu’il  aveu  monftrcrà/>4^f«. 
la  paroy  entre-moyenne  du  cœur  percée  par  diuers  laby¬ 
rinthes, &  par  desfmuofiteztortueufcs:  Et  qu’on  les  peut 
trouuer ,  fi  en  mettant  doucement  la  fonde  dans  vne  pe¬ 
tite  folle, on  la  tourne  patiemment  en  haut,  en  bas  &  aux 
coftez,  &  qu’on  cherche  en  cette  forte  vu  chemin  plus 
auantjiufquesàcequevousen  trouuiez  l’extremité.  En 
elfeéI,nous  auons  expérimenté  que  cela  nous  a  fouuent 
bien  reüfli  ;  Mais  nous  auons  aufiî  remarqué  que  ces  che¬ 
mins  tortueux  n’ont  point  efté faits  par  la  nature,  mais 
parla  fonde  ou  la  pointe  du  couteau,  lors  que  nous  ou- 
urons  Iccheminqui  eftfait,  8c  que  nous  en  cherchons 
vn  autre  plus  auant  :  Car  la  chair  du  cœur  cft  fi  tendre 
&  confiftantc  auffi, qu’elle  fc  rompt  incontinent  au  moin¬ 
dre  attouchement  de  ce  qui  la  perce  ,  &  laifle  vne  ca- 
iiité  :  D'où  vient  que  nous  auons  peu  trouuer  pat  cfe 
moyen  les  coftez  du  cœur  ouuerts. 

Nous  recueillons  de  là  que  le  fang  qui  cft  entré  parla  ï>eU  veine 
veine  arterieufe  dans  les  poulmons ,  retourné  au  ventri- 
cule  droit  du  cœur  par  i’arterc  veineufe  ,  parce  que 
plus  grand  rameau  de  l’arterc  veineufe  cftant  lie  près  du  ^  * 

péricarde  en  vnpoulmqn  viuant,  nous  l’auons  ycu  en-  vemmult 


éoo  WaUm 

g4uche  dH  durcir  &  enfler  vers  l’enceinte  du  poulmon  ,  U  pa^i 
''saur..  quiregardoit  le  cœur  demeurant  vuidc&  s’abbaiflTant 
&  aulfi  toft  que  U  ligature  eftoii  oftéc ,  le  Sang  alloit  dans 
leventriçule  gauche  du  cœur.  Ce  qu’on  peut  remarquer 
fort  aifeme^  aux  lapins.  Or  il  faut  que  ce  Sang  y  coule 
delà  vcin^tcrieuflîjpuis  qu’il  ne  peut  pas  venir  d’aiL 
leurs. 

Leonardns  Boullus  perfonnage  très  dbdlc  à  la  fln  de 
•  fon  liure  du  catharre, croit auoir  trouué  vn  autre  che- 
min  par  où  le  Sang  va  continuellement  du  ventricule 
droit  dans  le  gauche,  tay  troHué  >  dit- il,  vn  peu  au  defus 
de  U  coronaire,  vn  chemin  ajfez,  apparent , près  de  t oreillette 
droitte ,  ^ui  fe  porte  incontinent  par  vn  chemin  droit  dans 
l'oreille  gauche, 

ïsmyas  Ilcft  certes  difficile  de  deuiner  quel  cft  ce  conduit 
f  ar  U  trou  qiic  nous  appelions  le  trou  ouale ,  s’il  n’eft  la  continua^ 
don  de  la  veine  caue  à  1  artère  veineufe  ,  ou  vn  autre 
conduit  que  nous  auons  trouué  quelquesfois  au  cœur 
d’vnc  brebis,  de  lagrofleur  d’vnc  paille  de  fromçnt ,  Sc. 
qui  va  par  vn  chemin  oblique  d’vnc  oreillette  à  l’autre. 

Q_uantàcetrououale,  iln  eft  pas  à  la  vérité  fermé  par, 
tout  egalement ,  &  (ouuent  vue  petite  membrane  fort 
defliée  &:  tranfparentc  croifl:  au  milieu  ,  qui  fc  rompt 
aifement  par  le  moindre  attouchement  d’vnc  fonde. 
Maison  le  trouué  fort  rarement  ouuert  en  aucune  façon, 
auxadultes.  Etle  Sang  qui  coule  du  poulmon  par  l’ar- 
terc  veineufej  attache  la  inembrane  qui  eft  mifo  deuant 
ce  trou,  de  forte  que  lors.raefme  qu’elle  n’eft  pas  ad¬ 
hérente,  à  peine  peut  il  pafler  quelque  chofe  pat  là. 

Or  ce  conduit  oblique  que  nous  auons  veu  au  cœur, 
d’vne  brebis ,  pénétré  fouuent  profondément  la  fub- 
ttance 'de  l’oreillette ,  mais  rarement  fc  porte  tout  à  fait 
irautre  orcillettc.Eticcroirois  qu’il  a  cfté  donné  àl’oreil- 
Ictte  pourfanoariiture,parce  quelle  n’a  pas  accouftumé 
de  rcccuoir  des  rameaux  de  la  coronaire. 

Mais  il  ne  faut  point  tirer  aucune  confequcnce 
^.cQ  qui  .ardue,  racement  ,  pour  ce  qui  doit  toufiowrs 
. .  . .  eftrei 


’  Bu  momtmtnt  du  Chyle  du  Sang.  6o i 

«cftle.  Car  la  nature  fc  iouc  en  la  fabrique  du  cœur,  Ainfî 
auons  nousveu  quclquesfois  cnla  paroy  entre-moyen¬ 
ne  d’vn  cœur  de  bœuf,  à  la  partie  fuperieure  fuiuant  la 
longueur  du  cœur  ,  vn  finus  ouucrt  vers  le  vcntriculo 
gauche,  près  de  la  pointe,  auffi  long  &aufli  large  que  le 
doigt  indice.  Ar'tfiote  a  peu  en  trouuervn  fcmblable  à 
ccluylà,puis  qu’iIaalTeuré  au 3.  liuredes  Parties  chap. 

.4.  que  les  plus  grands  animaux  ont  trois  ventricules  au 
-cœur ,  car  les  grands  animaux  ont  deux  ventricules,  com¬ 
me  nous  auons  remarqué  au  fœtus  d’vne  baleine,  diffe- 
•qué. 

De  forte  qu’il  femble  quelefang  ne  va  point  ordi-  Txtvmtn- 
iîjaircment  par  autre  chemin  au  ventricule  gauche  du 
'cœur,que  par  lespoulmons.  (ht  du 

Le  fang.  chant  ainfi  porté  au  ventricule  gauche  du  ^'artere»: 
cœur ,  s’en  va  de  là  à  l’artere  aorte,  aux  médiocres  &  i\xx  orte,é' aux 
petites  ancres .  Car  eftans  liées,  lors  que  l’animal  cft  autres  peti~ 
viuant ,  elles  s’enflent  merueillculément  vers  le  cœur,  arteres, 
èc  s’abbaiflent  vers  les  extremitez  &  la  ligature  eftant 
deflachée  ,  enuoient  manifeftement  le  Sang  plus  ou¬ 
tre. 

Le  fang  peur  entrer  des  plus  petites  arteres  dans  les  vei-  ^rteres 

ues.  Car  quelques  orifices  des  arteres  entrent  dans  les 
veines. Etafin  que nousfuflîonsafleurez.quelefangpeuf^a^,. 
pafler  par  ces  orifices,  nous  auons  dégagé  la  veine  & 
l’arterc  au  pied  d’vn  chien  mort  de  tout  ce  qui  pouuoit  en 
empefeher  la  veuc,  &  auons  vuidé  la  plus  grande  veine 
crurale  ,&  l’âaons  liée  aux  Iles ,  afin  qu’il  ne  paffaft  point 
de  fang  par  làj  mais  nous  auons  lié  au  genoüil  cette  vei¬ 
ne  &  l'artere  voifine  enfemble  ;  Et  apres  auons  poufle 
auccles  doigts  le  fang  contenu  dans  les  arteres  iliaques 
iufqu’au  genoiiil,  &  auons  vuidc  par  ce  moyen  l’artere 
crurale,  raaisiious  auons  veu  la  veine-crurale  fe  remplir 
manifcftement:Et  confîderâs  qu’il  ne  pouuoit  venir  dans 
laveine-liéeparlehaut&par  bas  que  bien  peu  de  fang 
de  fes  rameaux,  &  que  neantmoins  elle  s’emplilToit  beau- 
'  coup,  èi  l’artere  fe  vuidoit  enticrement,  nous  concluions 

?g§g 


FFalccus 

que  ccfang  tient  la  veine  (c  reir,pliflüirj  cftoitpQy(jv  ^  . 
artcixs  vuidces  par  les  orifices.  ^ 

Galie»  mefmc  monftre  an  Chapitre  5.  du  Liurg 
Coi^m  par  TvCagc  du  pouls  que  cette  opinion  'i’eft  pas  nouuelle.i^ 
la  anciens.  j»afiomofes  des  ancres  auec  les  vetnes  fort  ^^^percepttbief 
ftffx/efss.  ^efion  les  vent  nier  ^ parce  elles  ne  Jo»t 

hten  Apparentes ,  ileji  aifé de  les  monfirerpard’ autres ntolnt 

^ueles  anciens  nous  ont  enfeigné  ^  dont  vndes  pins  euidents 
ejl  que  fi  onprend  ejuelque  antmal  de  ceux  qui  ont  les  zeinee 
amples  &  mamfefies ,  comme  vn  hœufi  mpourceau ,  vn  af 
tte  ,  vn  cheuah  vne  brebis ,  vn  eursy  vn  finge,  vn  léopard^  ou 
vn  homme  mefme ,  ou  quelque  autre  animal  femblahle, 
fi  on  lujuure  plufieurs  grandes  arteres  on,  efpuifera  p^f 
elleSitontie  fang  de  l’animal  Nous  en  auonsfait  fouuent l’ ex¬ 
périence  y  &  comme  nous  auons  toufiours  trouué  les  veines 
vuide'esauec  les  artères, nous  auons  creu  quel  opinion  des  ori- 
fices  communs  des  arteres  &  des  vetnes  ,  &  du  pajfage  com¬ 
mun  des  vnes  dans  les  autreSicfioit  véritable.  Mefroes  l’o- 
pinion  commune  &  reccue,  veut  que  le  fang  arterieux 
entre  naturellement  dans  les  plus  petites  veines,  afin  que 
les  parties  fenourrifTent  de  fang  arterieux  &  veineux. 
Orque  le  Sang  entre  en  effed  naturellement  par  ces 
aux  animaux  viuans,  des  dans  les  veines, 

les  veines.  .  . 

f n  voicy  des  prcuucs  cuidentcs. 

Ccluy  qui  confidercra  attentiuemént  dans  les  difle- 
étions  viuanteSjla  quantité  de  Sang  qui  eft  communiqué 
aux  parties  &  aux  veines  parles  arteres ,  aura  de  la  peine 
Cnmm  en.  ^  croire  qu  elle  fc  confume  toute  pour  la  nutrition  des 
fei^r.e  l’a.,  parties  ;  Sur  tout ,  s’il  prend  garde  que  le  fang  arterieux 
l>ondace  du  eft  aflcz  groflierj&qu’il  n’cft  pas  quatre  fois  plus  rare  que 
le  veineux,  comme  nous  auons  fonuent  remarqué,  lors 
aussparties  auons  laiffc  refroidir  &  coaguler  Tvn^  l’au¬ 

tre.  D’où  on  peut  conduire  fort  bien  auce  Harueim 
que  le  Sang  qui  eft  communiqué  des  arteres  aux  vei. 
nés  &c  aux  parties  ,  retourne  la  plus  grand  part  aux 
La  cem-  groffcs  ycines. 

prefsien  lie  ouuions  vnc  veine  du  bras  Üé/i  vous 


Du moHuejnent du  Chyle ^ du  Smg.  605 

comprimez  aucc  le  poulce  la  partie  de  la  veine  enflée  qui  I 
cft  près  du  trou  &  verslamain,ouque  vous  n^ettieze 
bras  vneligaturefemblablcàlafuperieurej  près  del'ou- 
ucrture'vers  lamain,vous  verrez  qu’aucune  goutte  del^/, 

Sang  n’en  fortira  ;  D’où  il  femble  qu’il  faut  conclut-'^ 
re,  que  ccluy  qui  coule  parla  playe,  vient  de  la  main.  Et 
puis  qu’on  tire  fouuent  desliures  de  Sangenlafaignéc, 

&;  qu’il  eft  impoflîble  qu’ily  en  ait  tant  en  la  partie  in¬ 
ferieure  des  veines  du  bras  ,  il  faut  qu’il  foit  venu  Ta 
des  artères  qui  ne  font  pas  fermées  par  la  ligature  qui 
cft  au  deCTus  de  l’ouucrture  de  la  veine  ,  comme  leur 
pouls  qui  eft  entier  le  raonftre. 

Mais  afin  que  cela  nous  parufl:  plus  manifeftemenr,  ligature 
nous  auons  ieparé  quelqucsfois  à  l’ainê  en  des  chiens  de  U  veint 
viuans  ,  mefmes  des  plus  grands, vne  grande  veine  & 
artere,  de  tout  ce  qui  pouuoit  empefeher  de  les  voir*,^^“***' 

Ce  qu’on  peut  faire  aifement,  fi  clics  ne  font  couchées 
fous  iesmufcles.  Or  nous  auons  lié  cette  veine  auec  vn 
fil,  &  auons  remarqué  que  cette  partie  delà  veine  qui 
regardoit  la  veine  çaucjfe  vuidoit  &s’abbâtoit,  &  que 
l’autre  s’enfloit  extrêmement  vers  le  pied,  de  forte  qu’a 
caufe  de  fapletîitude ,  elle  fembloit  plus  dure  que  l’ar- 
tere  mcfmc  :  Mais  aulïitoft  que  la  ligature  cftoit  déta¬ 
chée, on  voyoir  monter  le  Sang  incontinent  ,&  la  du¬ 
reté  Sc  plénitude  de  la  veine  diminuer  beaucoup.  Et 
quand  l’artere  eftoit liée, cette  partie  qui  cft  plusvoifîne 
de  l’aorte,  s’enfloitmerucilleufcmcnt,  &  celle  qui  en  eft 
plus  éloignée  s’affaiflbit:  Et  quela  veinequieftoitauf- 
fi  liée  alors  ,  n’enfloit  pas  manifeftemenr.  Ce  qui  efe 
arriué  fouuent  d’vnc  méfme  façon  ,  quand  nous  en 
auons  fait  l’experience. 

Mais  afin  qu’il  ne  nous  reftat  aucun  fuiet  dé  douter ,  &  u 

que  nous  peuiEons  remarquer  ce  qui  fepafloit  au  dedans  *  U  veine 

delà  veine,  nous  auons  eleué  quelque  peu  la  veine  &  mi- 
i’artere  ainfi  dépouillées ,  &  auons  lié  fous  elles  la  iambe 
eftroitcment ,  afin  que  le  fang  ne  puft  eflre  porté  en  haut 
ou  en  bas  par  autre  veine  que  par  celle  que  nous  auions 
.  ^  '  Gggg  ij  Icuéee. 


hdn  WàUmi 


Explication  de  la  Figure^ 


A.  Uiamhe  droite d*^»  chien  B.  iambe gauche. 

C.  D.  la  ligature  ^ui  efi  fous  l'artere  &  la  veine  ^par  la¬ 
quelle  la  cuijfe  ejl  efroitement  Ute  ,  reprefemée  a  la 
iambe  droite  ,  afin  que  la  confufiott  des  lettres  &  des 
lignes  ne  trouble  le  fpeblateur. 

-E.  l'artere  crurale.  F.  la  veine  crurale. 

G.  le  fil  qui  lie  la  veine ,  çjr  qui  la  leue. 

H.  t aiguille  où  le  fil  e'*  pajf:. 

!•  l^  purtie  fuperieuredela  veinequidefenfle. 

K.  la  partie  inferieure  de  la  veine  qui  s’enfle pttr  la  H- 
gatur^. 


T>i^  inoHuement  du  Chyle  ^  du  Sanj.  ”^05 

L.  les  gouttes  de  fang  c^ui  deflillent  peu  .)  peu  delà  partte 
fuperieure  de  la  veine  euuefte- 
’M.  v»  petit  rutjfeau  de  fang  ejui  coule  continuellement  dic 
la  partte  inferieure  de  la  veine-euuerte^ 

clcuée.Et  puis  ayant  fufpen(lu&  lié  la  veine  auecvn  fil, 
comme  cette  figure  reprefente,  nous  auons  fait  vne  pe¬ 
tite  ouuerture  au  dc{rus&  au  deffous  du  fil:  Et  toutauffi- 
toftle  fangaruificllé  abondammcnt,&auecimpetuofité 
delà  partie  plus  éloignée  du  cœur.  Mais  la  partie  qui  rc- 
gardoit  du  fil  vers  le  cœur, a  dcftillé  quelque  peu  de  gout¬ 
tes  feulement.  D’où  il  nous  femblok  cuident  que  le  fang 
nédcfcendpas  en  bas  des  grands  vailTcaux  ,  mais  qu’il 
monte  en  haut  des  petites  veines  aux  grandes  :  Sur  tout, 
parce  qu’ayans  lie' cette  mefme  veine  plus  loin  du  cœur, 

■nous  auons  veu  qu’il  ne  fortoit  plus  aucune  goutte  de 
fang  de  cette  ouuerture ,  de  laquelle  il  failliflbit  aupara-  • 

uantauectant  d’impetuofité'  Qr  nous  eftimons  que  ces 
gouttes  qui  eftoient  coulées  dèl’ouuerture  plus  proche 
ducœur,pouuoient  prouenir  du  fang  que  la  veine  conte- 
noit ,  peut-eftre lors  qu’on  l’auoit  ouuertc,  ou  qu’cllerc- 
ceuoit  inceflamment  du  petit  rameau  delà  veine-crurale, 
lequel  eft  au  dclTus  du  fil  >  mais  cette  caufe  paroiftra  bien 
cpft  plus  manifeftement.  ^ 

Il  eft.fort  aiféd’cxperimenter  la  mefme  chofefans  au- 
cune  fedionenceuxquiontles  veines  du  bras  fort  veines  af- 
parentes.  Car  fi  vous  fermez  la  veine  près  de  la  mstin  patentes  à 
auec  vn doigt,  5c  que  de  l’aurre  main  vous  pouffiez  \clape»u. 
Sang  en  haut ,  on  verra  toute  la  veine  vuide  .,  qui  fc 
remplira  incontinent  auffitoft  que  vous  aurez  ofté  le 
doigt  de  deflus  la  partie  inferieure  de  la  veine ,  mais  non 
pas  fi  vous  mettiez  feulement  en  liberté  fa  fuperieure, 
comme  Harueius  a  auffi  remarqué  au  chap.  ij.  de  fon 
liure.  Car  le  fang  fuperieur  va  aux  plus  grandes  veines, 

&  la  valvule  retarde  fa  defeente ,  parce  qu’elle  ne  lailfc 
rien  couler  aifement  ,  finon  que  la  veine  foit  tellement 
dilatée,  qu’il  refte  vn  affez  grand  cfp  ace  entre  elle  ôc  les 
valvules,  Gggg 


lean  VVd^eus 

ttUfm  donc  que  le  Sang  vient  des  mains  &  de,  j  , 

tntrt  des  qui  n’cngcndient  pas  vn  Sang  nouueau  »  pour  en 
f eûtes  vtû  nirà  tout  le  corps  ,  nous  ne  doutons  pas  que  le  San» 

us  dans  les  d’entre  là  continuellement  &  naturellement,  des  arteres 
fïMdts.  veines  &  qu’il  n’aille  des  plus  petites  veines 

aux  plus  grandes. 

le  ne  crains  pas  que  le  Sang  arterieux  nepuiffe.  eftïe 
contenu  dans  la  fimple  tunique  des  veines ,  puis  qug 
nousle  voyons  contenu  dans  les  plus  petites  arteres  & 
en  l’ancurifme ,  où  les  arteres  ont  vne  tunique  deliée  ou 
vnique  feulement.  Orilfe  peut  faire  que  les  arteres  plus 
proches  du  cœur,  ont  la  tunique  plus  cfpaifrc,  afin  quo 
l’arterc  nefclafchaftparrimpetuofitc  du  Sang  qui  coule 
du  cœur, comme  nous  voyons  qu’elle  fe  lafehe  par  vn 
violent  mouüemcnt  du  cœur  lors  qu’il  palpite. 
NidesiirM  Mais  on  pourroit  demander  fi  le  Sang  ne  coule  pas 
des  vêtus  *  auffi  clés  grandes  veines  dans  les  petites  ,  comme  des 
auxpetites.  arteresîllfemble  certesquclafaingnée  qu’onfait  pour 
’  la  revulfion,monftre  cela.  Car  il  fcmble  qu’en  lafaiugnéc 
du  bras  qu’on  faicàla  pleurefie ,  il  fefalTe  revulfion  du 
Sang  qui  de  la  veine  caue  couloir  dans  l’azygos  &  de 
lAf^ingtsie  l’azygos  à  la  pleure.  Mais  il  n’y  a  aucune  apparence  que 
TotireZ  faire  de  cette  forte, -Car  la  veine  bafilique 

du  bras  eftant  oiiucrtc,leSang  peut  cftre  tiré  des  arteres 
du  bras,  les  arteres  du  bras  tirent  de  l’Axillaire  ,  l’Axil- 
laire  de  l’Aorte  par  les  petits  rameaux  intercoftaux ,  de 
laquelle  il  cftbit  coulé  dans  la  pleure,  &  non  pas  par  les 
petits  rameaux  de  l’azygos,  comme  nous  verrons  bien* 
toft.Et  certes  11  le  Sang  n’eftoit  pas  tiré  par  les  arteres 
en  la  pleurefie,  il  n’y  auroitaucune  raifon  pourquoy  on 
deuroit  ouurir  pluftoft  la  veine  du  cofté  malade  pour  la 
revulfion,  que  la  droite,  puis  que  l’azygos  naiftdu  cofté 
droit  delaveinc-cauc,&  il  faudroit  ouurir  la  veine  au 
cofté  félon  lequel  le  Sang  coule  dans  la  partie  affeétée, 
afin  que  la  laingnécs  fc  fift  katexin  comme  parlent  les 
Grecs, c’eft  à  dire  à  droiture. 

On  dira  pem-eftre  aujffi  que  quelques  parties  eftans. 


l)'u  momemmt  du  Chyle du  Sang.  Yoy 

Siccs  ,  &  fouuenc  le  bras  en  ceux  dont  il  eft  crcuré  par 
quelque  fiftuleoucautere,  deuicnncnt  maigres  en  quel¬ 
que  façon,  parce  que  la  veine  cftant  liée  ,  le  Sang  ne 
peut  pas  bien  defeendreaux  parties  inferieures  du  bras. 
Jvlais  cela  n’eft  pas  neceflaire.  Car  il  fe  peut  faire  que 
î’artere  eft  auffi  liée,  dont  la  preuue  eft,  que  l’on  trou- 
uc  iouueni  le  pouls  de  i’arteredu  bras,  où  eft  le  cautere 
plus  languiflant  &  plus  foiblc  que  le  pouls  de  celle  du 
bras  fain ,  à  caufe  que  l’influence  du  Sang  &  des  cfprits 
eft  en  quelque  façon  empefehée.  Vne  patrie  neantmoins 
pourroit  peur-eftre  deuenir  maigre, la  veine eftant  feu¬ 
lement  liée,  parce  quela nature  ne  peut  verfer  du  Sang 
abondamment  par  l’artere  dans  la  partie  ,  qui  ne  peut 
pas  retourner  librement  par  les  veines.  Et  encore  que  les 
arteres  &  les  veines  contiennent  alors  abondance  de 
Sang,  peut-eftte  qu’il  eft  moins  propre  pour  la  nutri¬ 
tion  des  parties  j  Mais  cela  paroiftra-cy  apres. 

Il  eft  neantmoins  euident  aux  variqueux  que  le  Sang 
defeend  de  la  veine  caue  aux  plus  grandes  veines,  &:  des 
plus  grandes  aux  plus  petites.  Car  cela  fe  voit  aifément 
aux  varices  de  la  cuifle  &  du  pied  &  aux  hemorrhoi- 
des.  Mais  ce  raouucment  du  Sang  peut  arriuer  contre 
nature  ,  parce  que  les  veines  eftans  affioiblies  n’en- 
uoient  pas  le  Sang  en  haut,  mais  l’amaflent.  Ou  bien 
parce  que  les  hurneurspar  leur  propre  poids  refiftent 
au  mouuement  naturel,  par  lequel  elles  tendent  en  haut, 
^defeendent,  d’où  vient  qu’eftans  ramaflees  dans  les 
veines  inferieures  ,  &  le  Sang  y  abordant  de  nouueau 
des  arteres,  elles  caufent  leur  dilatation  &  la  varice. 
Ainfi  voyons  nous  que  les  fontaines  artificielles  font 
des  fentes  principalement  près  des  lieux  d’où  elles  mon¬ 
tent,  qui  s’ouurent  enfin  par lapefantcur  de  l’eau, qui 
deuroit  neantmoins  monter  en  haut  félon  la  nature  des 
fôtaines.Etil  eftcertesplus  vray-fcmblable  que  la  varice 
fefait  de  cette  forte,  parce  que  lorsque  les  humeurs  ont 
l'Cceu  quelque  impetuofité  aux  variqueux  pour  leroou- 
iiement  dans  i’exercicc  ,né  caufent  pas  vne  trop  grar^c 


üly  U  mxi~ 
greur  du 
brui  qui 
"Vient  pur  ÎM 
ligUÎUrê. 


Ky  le! 
rices. 


plus  petite 
veines  d» 
Iss  veine- 
caue. 

De  Istvti- 


^o8  Vl^aUus 

dilatation  delà  veine ,  mais  lors  qu  elles  fc  font  repof^es 
apres  l'exercice  j  à  caufe  que  les  humeurs  peuuent  re- 
(îfter  à  vn  moindre  mouucment  >  ô£  defeendre  par 
propre  pefanteur. 

De  forte  que  toutes  ces  chofes  ne  monftrent  pas  qug 
le  Sang  entre  des  plus  grandes  veines  dans  les  plus 
tires,  mais  pluftoft  des  arteres  dans  les  veines  .  & 

plus  petites  veines  dans  les  plus  grandes,  &  dans  la  vtinc- 

caue  mcfmc. 

Nous  auons  défia  ditcy  defiiis  que  le  Sang  entre  de 
ne-cssue  'dt  la  veinc-caue  dans  le  ventricule  droit  du  cœur.  Mais 
rtchef  quoy,  dirâ-on,Eft-cc  raefme  Sang  qui  eftoit  entré  au- 
le  ceewr.  parauantde  la  veinc-caue  dans  le  cœur,  &  qui  auoit  cfté 
répandu  du  cœur  dans  les  arteres ,  &  des  arteres  eftoit 
retourne  dans  les  veines,  qui  rentre  dans  le  cœur;  Qu 
bien  feulement  celuy  qui  ayant  efté  nouuellcraent  en. 
gendté  au  foyc,  entre  la  première  fois  dans  la  veine^ 
caue, 8c qui  n’eftoit  iamais  paffe  par  le  cœur  ?  le  Ref- 
ponds  que  c’eft  l’vn  &  l’autr®, 

Car  cela  s'eft  peu  faire  aifcment ,  puis  que  l’vn  & 
l’autre  eft  egalement  proche  iucœur,  &  la  chofe  adeu 
paplne  aller  de  la  forte,  puisque  celuy  qui  eft  retourne  des  ar- 
"  '  tercsàla  veine  caue,  eil:  plus  abondant,  que  tout  celuy 

qui  fe  confume  pour  la  nourriture  delà  veine  caue  ,  qui 
n’eft  pas  porté  aux.  plus  petites  veines.  La  preuue  de 
cecy  cft  très  euidente ,  parce  que  la  veinc-caue  eftant  liée 
près  du  cœur ,  elle  fe  vuide  extrêmement, &:  donne  tout 
fon  Sang  au  cœur,  &non  pasvnc  partie  feulement. 

Il  femble  auffi  que  le  cœur  verfe  plus.de  Sang  dans 
les  «/twr»jl’arterc  aorte,  que  le  foyc  ne  peut  luy  en  fournir,  au 
ne  fournp  moins  en  l’abftincncc  de  quelques  iours.Car  nous  auons 
expérimenté  en  plufisurs  perfonnesque  le  cœur  fait  plus 
en^pairTplr  pouls  en.  vnc  heure.  Or  tandis  que  le 

le  cœur.  cœur  n  eft  partout  à  fait  languiflant  ,  il  chafic  quelque 

chofe  à  chaque  pouls.  Car  lartcte  aorte  cft,ant  liée  près 
du.  cœur,  nous  l'auons  ouuerte  pat  haut  entre  le  cœur 
&  laltgature  ,&  nous  auons  veu  qu’il  en  fortoit  queL 


fvts par  le 
cœur. 


Varce  que 


Du  mouuement  du  Chyle ^  du  Sang,  éoÿ 

que  chofc  par  le  trou  à  chaque  pouls, finon  lors  que  le 
cœur  deuenoittout  à  fait  languilTant  ,  &  qu’alors  il  en 
couloit  derechef  quelque  chofe  ,  apres  trois  ou  quatre 
pouls,  à  caufe  que  le  cœur  en  pouflbit  fi  peu  qu’il  ne 
pouuoit  eftre  poufle  en  haut,ny  enfortir,  qu’il  n’y  en 
eutaflez  grande  quantité. 

Nous  auons  auffi  coupéla  pointe  du  cœur  ,&auons 
Tcmarquclécœureftant  drelTé,  qu’encore  que  les  ventri¬ 
cules  ne  fuffent  pleins ,  il  en  fortoit  quelque  chofe  à 
chaque  pouls  :  Ce  que  Harueius  remarque aufli, au  Cha¬ 
pitre  Z.  Voiremefmcleeœur  eftant  coupé  par  le  milieu, 
il  n’a  cefie  d'en  couler  quelque  chofe  deuant  que  l’animal- 
fuftmort,  ouquclcfangfefoit  concrcé  àlapartiefupc- 
rieure,  ôc  qu’il  ait  fait  comme  vne  pellicule,  de  forte  qu’il 
ne  pouuoit  plus  couler  par  la.  Et  certcsil  aeftcneccflairc' 
qu’il  foit  forty  quelque  chofe  du  cœur  à  chaque  poulS| 
puis  qu’il  deueint  alors  plus  cftroit,camme  nous  verrons 
iien-toft. 

Nous  ne  pouuons  pas  certes  définir  la  quantité  du 
fangqui  fort  du  cœur  à  chaque  pouls.  Mais  nous  pou-  ‘^‘mt-once' 
lions  bien  témoigner  qu’il  eft  forty  du  cœur  d’vn  lapin 
dcmy-drachmc  de  fang  à  chaque  pouls,  &  dcmy-once 
d’vn  plus  grand  cœur  d’vn  barbet.  Nous  eftimons  néant- 
moins  qu’il  en  fort  dàuanrage,  quand  on  difieque  vn 
animal  viuant,  quelors  qu’il  eft  fain.  Q^e  fi  quelqu’vn 
veut  que  nous  conieifturions  par  les  chofes  que  nous 
auons  veuës,  la  quantitéde  fang,  que  nous  croyons  qu’il 
en  fort  en  vn  homme  fain  ,  noftrc  opinion  ne  fera  pas  ^ 
contraire  à  ceux  qui  alfeureront  qu’il  fort  demi-once 
de  fang  du  cœur  d’vn  homme,  dans  l’aorté  ,à  chaque 
pouls. 

Mais  pofons  le  cals  que  ce  foit  vn  fer upule  feulement,, 
puis  que  le  cœur  fait  plus  de  5000.  pouls  en  vne  heure,, 
plus  dcdixliures  de  fang  pafTeront  i  chaque  b  l’ure  par 
le  cœur  ,  qui  eft  vnequantiié  que  lesalimcns  que  nous 
prenons,  nyle  foye,par  confequent  ne  peut  fournir  a»; 
cœur. 

]fï4hh 


éio  ledn  FFaUus 

De  forte  qu’il  eft  entièrement  neceiïaire  que  îc 
quia  palTé  vue  fois  par  k*  cœur,  coule  (derechef  dans  le 

De  forte  cœur ,  &  que  du  coctutl  refoiunc  dans  les  arteres  Et  ainfi 
ijueUmcu-  lemoiiuement  du  fang  eft  commeciTcnlaircdclavcinc- 
mmnt  du  dans  le  cœur,  du  cœur  dans  les  arteres,  des  artères 
fungtficif  ^  veines,  &  derechef  des  veines  dans  le  cœur  & 

(uUite.  ,  * 

les  artères. 

Ic  filis  certes  tnerucilleufcment  èftonné  que  ce  mouue- 
Ct  mottue-  nient  du  fang  ait  demeuré  incugnu  durant  tant  de  ficclcs, 
mens  Art  nous  en  ttouuons  diueiics  traces  confidcra, 

Ifié  in-  blcs  dâns  les  ejcrits  des  ânetens. 
eogrtM  AUX  L'Atitheur  du  Liure  i .  du  Régime  de  viure  dans  le  volu- 
mMtis.  me  des  œuures  d' Hippocréte,  attribué  x  noftrc  chaleur  »  (c 

^  humeurs  trois  ibrtesde  circuits  ^  par  kfqucls  elles  fe 

rEdition  Hicuucnt  dc  diucrfcs  partiel,  en  dedans  &  en  dehors, 
de  îocfius.  Hippêcrste  dit  au  milieu  du  Liurc  de  U  Nature  des  tù 
-jpag.  344’  Q^^les  veines ,  fous  Icfqnellcs  il  comprend auflî  les  atte¬ 
lés,  re/pauduis  par  tout  U  ceeps.diftnbuentles  efprits^  les 
fio-.ijj.  humeurs  (fr  le  memuemeut^plufieursreiettousfortans  d'vue 
feulej’vngffteijrlajîftde  laquelle  ne  neus  ffipas  ajfez,  bien 
tognue  :  Car  vêus  ne  muuere^^tmt  de  principe ,  enfaifaxt 
le  tmr  ou  le  cercle  :  Entendant  par  ce  cercle,  le  circuit  qui 
fc  fait  dans  la  diftnbution  des  humeurs,  comme  il  eft 
clair,  fi  on  ptcndla  peine  d’examiner  ce  lieu, 

?ag.  ti9 .  Comme  auffi  fur  la  fin  du  Lmre  de  h  Naturehumaini 
les  grojfes  veines  fe  donnent  réciproquement  t aliment ,  4 
fçauoirdes  internes  aux  externes  ^  &les  externes  aux  in- 


A  Dhgenef 
Apoiltnia- 
tt. 


ternes. 

L’Autheur  du  Liurc  de  l' Alment  f^tlc  plus  clair«- 
ment.  Toutes  les  ehofes  qui  nourrirent  ont  vn  feul  é' neefme 

principe,  é'vne  feule  é  mefme  fin.  C’eftpourquoyd  ad- 
ioufte  incontinent.  vient  des  parités  internes 

étuxpoils,  AUX  ongles  é^lafuperficte  externe  ^  é  des  parties 
externes,  é  de  là  Juperficie  externe  il  retourne  aux  internes* 
Toutes  les  parties  ont  vne  influence  réciproque  »vnt  meftnt 
confpiratîoH  é  fympathie  entre  elles. 

JDiogenes  Âpolleniatevit  ferablc  pas  cftrc  éloigne  de  cct' 


Du  mouuement  du  Chyle  du  Sanf  éii 

te  opinion  dans  Ari  ote  an  3.  i  lute  de  l’Hiftoire  des  ani¬ 
maux  Chapitre  1.  [.efa*igplus  grossier  efifuccé  des  parties 
chamnisy  celuy  tjui  regorge  dans  ces  Itettx ,  à  (çauoir  dans 
les  plus  grandes  veines,  e^ï  fnblily  chaud  &  efeumeux. 

Ce  que  Platon  dit  du  fang  en  fon  Tint  ty  conuicnc 
mieux  à  cette  opinion  qu’à  la  commune. 

On  pourroit  mefme  faire  venir  Anftote  fans  peine  a  Kriftste, 
dans  cette  opinion.  Car  voicy  comme  il  parle  au  Itnre 
du  fommeil chip.  -^.Tûute imputjfance àfentir  neflpasfom- 
tneily  mais  celle  la  feulement  que  cauft  l' euaporatio»  de  l'a-* 
liment  :  Car  il  efi  necejfaire  que  ce  qui  a  efie'  rarefie'yfùt  e/e- 
ué  en  quelque  façon  y  &  qu'il  redefeende  &  retourne  corn- 
me  l  Eurtpe.  Caria  chaleur  de  chaque  animal  monte  na  - 
mrellement  en  haut  y  quand  elle  efi  venue  la  ,  elle  retourna 
dr  defeend  en  bas. 

Ceux  qui  ont  fuiuiccs  Autheurs  ,  n*ont  pas  aflezcul- 
tiué  ce  mouuemcnt  du  Sang  ,  mais  au  contraire  I  ont 
obfcurci  ,  parce  qu’iIs'  ont  attribué  aux  veines,  en¬ 
tant  qu’elles  font  oppofccs  aux  arteres ,  ce  que  les 
anciens  auoient  dit  de  leurs  veines  ,c’eftà  dire  des  vei¬ 
nes  &  des  artères.  Et  parce  que  6’4//f»  qui  aeftéle  Prin¬ 
ce  des  Médecins,  n'apas  peu  remettre  toutes  chofesen 
leur  entier,  &  que  les  autheurs  Grecs,  Arabcsôc  Latins 
qui  font  venus  apres  luy,  fefont  trop  attachez  à  fes  opi¬ 
nions  ,  ou  pluftoft  n’ont  fait  que  le  tranferire  ,  nous 
croyons  que  c’eft  la  caufe  pourquoy  ce  mouuemcnt  du 
Sang  a  demeure  caché,iufqucs  à  ce  que  Mncomparablc 
Fra  PaohSarpio  Seruita  Vénitien  en  nolke  ficclc  ayant  II  a  tfli 
remarqué  fort  exaélement  iafabrique  des  valvules  dans  treuué de 
les  veines  ,  que  ce  grand  Anatomifte  Fabricius  Aqua- 
pendente  a  puis-apres  mis  en  lumière, il  a  recueilly  de  leur 
conftitiition  &  d’autres  expériences,  ce  mouuemcnt  du  ^  ' 

Sang,  &  l’a  monfté  par  vn  excellent  eferit  que  les  Véni¬ 
tiens  gardent  encores  auiourd’huy. 


Hhhhij  Ltt 


D  U  mouuement  du  Clyle  ^  du  Smg, 
Explication  de  la  Fi(rure^ 

A.  A.  A.  A  tAbdonten  d’vn  chien  ouuert. 

B  B  le  Diaphragme. 

C.  C  C  C.  l’épiploon  renuerfe  vers  le  7‘herax,  afin  (jtti 
les  parties  plus  internes  fe  vojent  mieux. 

P.  D.  D.  Trois  lobes  du  foye  poujfez,  vn  peu  au  cofie 
drett. 

E.  E.E.  les  petites  portions  du  pancréas  coupé i  afin  ^ue  les 

vaijfeaux  fuiuansparujfent. 

F.  le  Kem  gauche  couuert  de  fon  enuelope. 

G.  lapartte  cane  fuperieure  de  la  Rate  auec  la  graijfe  ad^^ 
iaeente. 

H.  la  partie  moyenne  de  la  Rate  >  à  l  enteur  de  laquelle 
les  vaijfeaux  s’ infèrent. 

I.  la  partie  inferieure  de  la  Rate. 

K.  K.  K.  K.  les  intejiins  poujfexj  en  bas ,  afin  que  les  vaif- 
feux  fuiuans  peujfent  efire  veus. 

L. L.  L-L.  le  mefentere. 

M.  M.  Vartere  fplenique. 

N.  vne  partie  de  la  veine  fplenique  attachée  au  tronc  de  la 

veine-porte  J  qui  defenfie  depuis  la  ligature. 

O.  O  O.  vne  portion  de  la  vetne  Jplemque  ,  fes  trois 

rameaux  quinaijfentdela  qui  s’tnferentà  la  Rate,  & 
s’enflent  beaucoup  depuis  la  ligature. 

P.  P.  l'artere  mefenterique  gauche. 

(X^jpne  portion  de  la  veine  mefenterique  gauche  ^  prochaine 
du  tronc  delà  veine-perte ,  qui  defenfie  depuis  la  ltga~ 
turc. 

B. ,  la  partie  inferieure  de  la  veine  mefenterique  gauche 

qui  fe  doit  dtuifer  bien  tofi  en  rameaux ,  fort  enflée 
depuis  la  ligature. 

S.  S.  S.  les  vemes  mefaraiques  plus  pleines  &  plus  enflées» 

parce  que  la  veine  mefenterique  ejb  liee. 

T.  T. T.  T.  les  autres  veines mefaratques  qui  ne  fontpa/ 
fi  enflées , parce  que  leur  tronc  nefl  pas  Ite' 

Hhhh  iij 


Or  ce  meU’ 
mmen-t  fe 
fait  fsâr 
ttmts  les 
Mrierts  (5* 
•veines  du 
serp. 


Jean  Walctm 

Le  très  dodbc  GmUaume  Harueins  ayant  appris  ce 
mouucinent  du  Sang  de  Ta  recherché  plus  ex», 
a:emcnr,  Ta  enrichi  de  fes  inuentions  &  de  prcuuc's 
plus  folidcs  ,&la  mis  en  lumière  en  fon  nom. 

Voila  quelle  a  efté  Tinuention  &  la  deftinée  de  ce 
mouuement  du  Sang. 

Mais  on  pourroit  demander ,  fi  le  Sang  coule  ainfi 
par  tentes  les  'veines  &  les  ârtereSyOts  s  il  a  outre  ceU  vn 
autre  mouuement  en  d’autres  veines  &  arteres  ?  Pouj. 
nous  en  éclaircir  certainement ,  nous  auons  confideté 
âttentiuement  le  mouucmentdu  Sang  en  pluficiirs  vei. 
nés  &  arteres  des  animaux  viiians,&  auons  trou  ué  ou, 
tre  ce  que  nous  auons  défia  dit  des  arteres  &  des  veines 
du  bras  &  des  iambes ,  que  le  Sang  va  par  les  arteres 
Ipermatiques  auxtefticules,  &  des  tefticules  parles  veL 
nés  à  remqlgcnte  gauche  ou  à  la  veine  caue  au  codé 
droit  :.Par  les  arteres  mefenteriques  aux  inteftins  ;  &  par 
les  veines  dans  le  rameau  mefenterique-.Par  les  arteres 
cœliaques  dans  la  Rate  ;  Par  le  rameau  fplcnique  de  la 
veine-porte  droit  au  foyc.  Par  les  rameaux  de  hrtcrc 
cœliaque  qui  refpondent  aux  veines  qui  les  fuiuent,  au 
ventricule  Sc  à  l’Epiploon  i  Par  les  veines  gaftriques  &: 
cpiploiques  dans  le  rameau  fplenique.  Les  vaifleaux 
courts  artcrieuxôc  veineux  font  des  rameaux  del’artere 
cœliaque  &  de  la  veine  fplenique  ,  qui  eftans  venus  a 
Pcfpacc  qui  cft  entre  le  ventricule  &  la  Rate  fe  diuifent 
en  deuxreiettons,  d’oncl’vnva  au  ventricule  &  l’autre 
à  la  Rate.  Il  vapar  cereietton  del’artereàlaRatc,  &pât. 
ccluy  du  ventricule  au  ventricule  ;  Et  par  les  reiettons 
veineux,  il  va  du  ventricule  &  de  la  Rate,  au  tronc da 
vas  breue:  Par  les  arteres  cmulgentesaux  Reins,  paries 
veines  cmulgcntcs  lia  veine-caue.  Par  i’artére  coronale 
du  cœur  dans  la  veine .  &  de  la  veine-  coronaire  du  cœur 
dans  la  vcinc-cauc  ;  Par  les  arteres  intercoltalcs  dans 
îa  pleure  ;  de  la  pleure  par  les  veines  dans  l’azygos  ,  bc 
delà  dans  la  veine'-cauc.Or  nous  auons  trouué  ce  mouiie- 
ment  par  la.ligacurc  des  veines  bc  des  arteres.  dans  les 


T)a  mouucmem  du  Chyle  ^  du  Sdng.  6 1 5 

nfiirriaux  viiuns^qni  font-cnflées  en  la  partie  qui  rcgar- 
hoiries  parties  d’oii  nous  auons  dit  que  le  Sang  com- 
nicncc  fa  coiirfc  :  Les  antres  parties  ne  fe  font  pas  fcule- 
picnc  defenflées ,  mais  auffi  abbatues.  Or  nous  auons 
pris  garde  loigncufcmenr  de  ne  lier  pas  l’artere  auec  la 
veine ,  parce  que  Tarterc  s’enflant  d’ailleurs  vers  le  cœur, 
cleueroir  la  veine  couchée  fur  clle,ôi  la  veine  femblc- 
loit  parce  moyen  enflée  &  pleine  des  deux  coftez  de  la 
ligature. 

Quant  à  la  tefie  &  au  col ,  nous  auons  veu  fort  aifé-  Ms/V»*  it. 
ment  en  vnc  oyc  &  en  vne  poule  viuantc  que  la  iugu- 
faire  eftanr  liée  .cnfloit  de  la  tefte  vers  la  ligature  ,  & 
qu’elle  fc  vuidoit  de  la  ligature  vers  la  veine-caue.  De 
forte  qu’il  cft  auffi  manifefteen  cét  endroit  que  le  Sang 
retourne  par  les  veines  de  la  tefte  au  cœur.  Mais  nous 
ne  polluons  pas  définir  par  quel  moyen  il  vient  aux 
veines  iiigulaires ,  parce  qu’à  caufe delà  durctedu  crâne, 
nous  n’auons  iamais  peu  diflcquer  le  ccrucaii  en  vie, 
que  l’animal  ne  foit  mort  cependant.  Il  cft  croyable 
neantmoins  qu’il  coule  par  les  arteres  carotides  &  cer- 
uicalcs  dans  les  quatre  finus  du  ccrucaujiufquesoù  elles 
font  ouucrtes.  Car  Fr.  Syluins  &  Fr.  Vander  Schagett 
perfonnages  fort  dodes  m’ont  rapporté  qu’aptes  auoir 
retire  cet  te  fubftancefibrcufc,  quifetronuefonucntcon- 
creée  aux  veines  &  aux  artères  des  corps  morts,  elle  leur 
auoit  monftré.lors  qu’on  la  tifoit  en  l’artcrc  corotide, 
quelquemouuemcnt  lufqucs  au  troificmc  finusdu cer¬ 
neau  ;  Et  certes ,  puis  que  le  far.g  reflue  des  finus  dans  le 
cœur  par  les  iugulaires,  les  finus  ne  peiment  pas  lcrecc- 
uoir  d’ailleurs  que  des  arteres.  Mais  d  n’eft  pas  aifé  de 
voir  fi  les  artcrcsveifentlcfang  immédiatement  dansles 
finus,  ou  bien  dans  des  petits  rameaux  qui  naiflent  des 
finus:  Parce  qu’il  cft  difficile  de  dlftlnguerlcsa^frercsdc 
ces  petits  rameaux,  à  caufe  que  les  arteres  n’ont  au  cer- 
ueau  qu’vne  tunique  déliée  feulement;  le  croirois  néant- 
moins  que  les  arteres  verfent  le  fangdans  les  petits  ra¬ 
meaux  des  finus ,  pluftoft  que  dans  les  finus  mefmes^ 


Mtfmes  /»« 
foetus. 


Par  dès  ce- 
dtsits  parti- 
CMlters, 


Orilpajfe 
des  arteret 
dans  les 
mines. 


èié  lean  WaUus 

parce  que  ie  remarque  que  ces  vaifleaiix  qui  fontinfere 
aux  (Inus,  font  fort  grands  près  des  finus,  comme  les 
rameaux  ont  accouftumé  de  l’cftie  à  leur  origine. 

C’eft  ainfî  que  la  circulation  du  fang  fe  fait  aux  adultes* 

Mais  elle  cftvn  peu  differente  aii/a?#«j,  que  nous  concc-' 

uons  en  cette  forte.  Le  fang  n’erttrepas  de  la  matrice  de 
la  mere  dans  les  artères  vmbilicales ,  qui  félon  l’obferua, 
tion  d'Ar antius  ne  font  pas  iointes  à  la  matrice;mais  danl 
la  veine  vmbilicale ,  de  laquelle  il  va  au  foyeà  lavcine- 
caue,&:  au  ventricule  droid  du  cœur  ;  Car  encore  que  le 
cœur  foit  imparfait  au  fœtus, il  nclaiffcde  femouuoir 
du  ventricule  droit  dans  laveine  arterieufe }  mais  parce 
quclespoulraons  nerefpirent  pas,&qu’àcaufedc  cela 
ils  ne  s’ouurent  point ,  ils  ne  peuuent  pas  rcceuoir  le  fang 
en  abondance  ,  &  l’enuoyer  à  l’artere  veineufe  ;  C’eft 
pourquoy  il  va  de  la  veine  arterieufe  par  vn  conduit  par¬ 
ticulier  dans  l’aorte,  &  cftataulfi  entré  par  vn  trou  parti¬ 
culier  de  la  vcine-caue  das  l’arterc  vcineufc,il  eft  verfé  das 
l’oreillette  gauche  du  cœur, &dâs  (on  ventricule  gauche: 
Du  vétriculc  gauche  d  u  cœur  il  entre  dans  l’artere  aorte 
delamefraefaçon  que  de  la  veine  arterieufe  :  De  façon 
que  la  nature  fe  fert  au  fœtus  des  deux  ventricules,  com¬ 
me  d’vn  feul ,  afin  que  le  fang  qui  doit  auoir  beaucoup  de 
chaleur,  mais  modérée  dans  le  fœtus,  &  quinedoitpas- 
au(ïi  eftrefec,nefuft  bruflée,  fiant  cuit  deux  fois,  à  caufe- 
qu’il  efipriué  du  rafraifchilfement  &  de  l'éuantemcnt 
despoulraons.  Le  fang  va  de  l’artere  aorte  dans  les  artè¬ 
res  vmbilicales  :Car  lors  qu’on  les  lie,  la  partie  qui  re¬ 
garde  le  fœtus,  bat  &  s’cntle,  &  l’autre  qui  eft  vers  la  ma.- 
trice,efi  priuée  du  pouls  :  Des  artères  vmbilicales  au  Pla- 
ccnta,oùles  artcies  fe  ioignent  aux  veines  par  des  anafto- 
mofes  manifeftes,&(c  fang  efiant  entré  par  ces  anafiorao- 
fes  dansla  veine,  eft  porté  de  rechef  par  tout  le  chemin 
que  nous  venons  demonftrer. 

Ce  font  là  les  vaifTeaux  par  Icfquels  le  fang  fort  du; 
cœur,  &  y  r’entre.  Or  il  vient  du  vaiffeau  des  arteres 
dans  les  veines  en  deux  façons  :  Premièrement  fort 

aifcmenc.: 


Z)«  momementdu  ChyU  du  San[.  6 17 

ài(êtnent&  fort  fouucnt  par  les  qm  loigncnt  Var  UsM- 

Ics  artères  aux  veines ,  qui  font  grandes  quelquesfois ,  & 
dans  les  plus  grands  vailTcaux»  comme  à  rentout  de  la 
rate  à  la  veflîe,  à  la  matrice  &  au  foyede  la  matrice.  Le 
très  exad  Bejlerus  a  remarqué  auflTi  vne  femblable  ana- 
ftomofe  de  l'ai  tere  aorte  dans  la  veine  cane  de  l’abdo¬ 
men.  Mais  nous  ne  l’auons  iamaispeu  trouuer,  ny  au 
corps  humain,  nycn  celuy  des  belles.  Ccd  pourquoy  el¬ 
les  ne  font  pas  toutes  aux  exircmitcz  du  corps  feulement, 
mais  auflt  aux  lieux  qui  font  entre  deux  :  D’où  nous 
voyons  qu’aux  membres  mutilez  ce  mouueraent  dufang 
des  arteres  dans  les  veines  fe  fait  neantmoins.  Seconde^ 
ment  il  fcmble  que  lefang  peut  retourner  auffi  desarte- 
res  dans  les  veines  parla  mefmc.  Car  nous  voyons  (hiirs/^ 
que  la  veine  eftanc  ouuerte  iufqu’â  ce  que  la  couleur 
change ,  les  inflammations  defen tient,  parce  que  le  fang; 
qui  cftoit  hors  des  vaifleaux  ,  eft  aitirc  de  la  ch>!ir.  Mais  le 
crolrois  que  il  fang  ne  pafle  par  ce  chemin  que  fort  ra¬ 
rement. 

lepenfe  auoir  clairement  expîiq«c  quel  eft'/é  Et 

ment  du  fang-,  &  par  quelles  voyes  ilfefait  II  refte  que 
nous  recherchions  maintenant  de  quelle  nature  il  eft  ,  & 
en  quelle  façon  il  fe  fait. 

Nous  auons  remarqué  que  ce  mouuement  du  fang;  du  Efl  emi. 
cœur  dans  les  arteres  ,  des  artères  dans  les  veines  vers  le  ”atl. 
cœpr,  eft  qu’il  ne  cefle,  &  n’eftHnterrorapa 

vh  feul  moment.  Et  certes,  puis  qu’il  fe  fait,  comme  nous 
verrons  tantoft ,  parce  que  le  cœur  reçoit  ôc  enuoyele 
fang  ,  &  que  ce  mouuement  du  cœur  dure  toute  la  vie, 
ce  mouuement  dufang  n^peutettre  naturellement  que 
eontinucli 

Le  mouuement  du  fang  eft  pre»»^#  auffi  :  Car  vne  arte-  Vrotn^t, 
te  ou  viie  veine  eftant  liée  &  comprimée,  elle  s’enfle  in. 
continent,  &  fe  durcit  en  s’efléiiant  ;  Et  on  voit  qiîe  le 
fang  fe  meut  fort  promptement,  lorsqu’elle  eft  deliurée 
dclacomprcffion  ou  de  la  ligature.  Mais  nous  nepou- 
uons  pas  définir  prccifemcnt  auec  quelle  vifteffcle  fang 
liii 


lean  WdUus 

acheue  fon  circuit  du  cœur  vers  liiy-mcfme.  On  tcmaf- 
que  à  la  vérité  que  cette  circulation  fait  plus  prompte'- 
lïient  par  les  anaftomofes  qui  font  plus  proches  du  cœur  ' 
que  par  celles  qui  en  font  plus  éloignées.  le  neferois 
t»«  forte  pasdoigrvédufcntiment  deceluy  qui  alTcurctouquccc 
^'''T/4-gfandarcuit,  &  mcfmcs  par  lesextrcmitez,  fe  fait  ca 
^ehcue  en  moins  de  temps  que  d’vn  quart  d  heurci  carie  fang  coule 
moins  que  âuec vnc  tres-grande  viftclTe.  Ilnecoulcpas  neantrooins 
d'vn  quart  auectant  de  viftelTe, que  lors  qu’il  fort  d’vnc  artere  ou 
d'heure.  d’vnc  veine  ouuertc,  parce  que  ccluy-cy  fe  meut  dans 
l’air  qui  cftfubtil  &  libre,  &c  qu'il  eft  contraint  au  corps 
d’eleucr  fon  vaifleau,  &  de  pouffer  le  fang  qui  eft  deuant. 
C  eft  pourquoy  nous  voyons  que  l’atterc  coupée, fur 
tout  celle  qui  eft  moins  éloignée  du  cœur ,  fe  vuide  plu, 
itoft  que  le  cœur  puiftéfournir  nouueau  fing. 

Les  Pare-  Mais  fi  cela  eft  vray ,  pourquoy  les  fièvres  ne  reuicn- 
xj/fmes  des  nent-clles  pas  à  chaque  quartd’hcurc,  puisqu’il  fcmble 
fievresin-  que.le  paroxyfme  arriuc  lorsque  la  matielte  corrompue 
termttten-  ^  ^  neantmoins  les  vnes  arriuent  tous  les 

^uewtpadê  iours,,  Ics  autres ’lft  troifiéme  iour,&:les  autres  le  qua- 
fontraire,  iriéme.  Certes  ic  ne  voudrois  pas  nier  qu’il  fe  puiiTe 
faire,  que  le  paroxyfme  arriüe  lors  que  la  matrice  ,coç. 
rompue  vient  au  cœur ,  comme  Hamem  en  a  vn  exem¬ 
ple  au  Chapitre  i6.  de  fon  Liore.Ie  ne  croirois  pas  néant- 
moins  que  cela  (oit  neceflaire.  Car  il  fe  peut  faire,  ou 
que  quelque  petite  portion  tombe  du  foyer ,  ou  que 
quelque  fuliginofîté  s’en  cleue,  qui  va  au  cœur,&  y  allu- 
mela  fievreiLapluspartftes-fievres  femblet s’engendrer 
de  laforte  par  l’inflammation  tics  parties ,  qui  ceffent  lors 
que  l’apofteme  eftouuerte,  que  le  pus  eft  euacué  ;  Et 
que  quelques  fievres  intermittentes  peuucnt  eftre  cau- 
fées^  comme  ces  fievres  fymptomatiques ,  par  quelque 
matitlfe  qui  eft  dedans  ou  dehors  les  vaifleaux,  qui  fe 
poiwnflant ,  ou  enuoye  des  fumées  ou  regorge  dans  les 
vailfeaux  ouucrts ,  ou  tons  lesiours,  ou  le  troifiéme, 
ou  le  quatrième  ,  &  fait  ainfî  le  paroxyfme. 

•Ç^ntaux  fievircs  continues,  ,fi  on  jdit  que  toute  lama- 


Du  monument  du  Chyle  ^  du  Sang.  6 1 9 

tiere  eft  dans  les  plus  grands  vailTeaux ,  l’aduouc  qu’il  eft 
plus  difficile  de  dire  la  caufe ,  pourquoy  le  paroxyfme 
n’arriue  pas  tous  les  quarts-d’heures.  Il  nous  fetuble 
ncantmoins  que  nous  pouuons  en  rendre  la  mefmc  rai- 
fon  qu’on  donne  communément,  pourquoy  les  conti¬ 
nués  ne  font  pas  continuellement  égales,  parce  qu’en- 
core  qu€  la  matière  foit  aiTez  voifîne  du  cœur ,  elle  ne 
caufe  pas  toutesfois  le  paroxyfme ,  pluftoft  qu’oile  ait  ac¬ 
quis  vn  certain  degréde  pourriture  :  Et  que  ce  pûroxyf. 
me  dure  autant  de  temps  qu’il  eft  befoin ,  iufqu'à  ce  que 
lamatiere  putride  qui  touche  le  cœur,  ou  qui  luyen- 
uoyc  Tes  fumées ,  foit  cuacuée.  Mais  ie  ne  penfe  pas  que 
perfonne  veuille  nier  que  Icmouucment  dufangfoitai". 
fezviftc,ce  qui  eft  manifefte,  parce  qu’il  n’entend  pas 
la  caufe  pourquoy  les  pauoxyfmes  retournent  à  certains 
iours,  qui  eft  entièrement  cachée  Ôcincognué. 

Lefanga  dans  fon  mouuement, outre  la  vifte{rc,auffi 
paroift,  par  ce  que  nous auons dit  de 
la  dureté  &  delatenfion  que  les  veines  &  les  artères  liées 
acquièrent.  Gar  rien  ne  peut  eftre  tendu  fur  tout  en  haut 
iufques  à  auoirvn  grande  dureté  par  vne  matière  déliée 
ôc  liquide ,  fi  elle  n’y  eft  pouflee  &  retenucauec  vehe- 
mence.  Mais  cette  vehemence  du  mouuement  eft  fort 
grande  près  du  cœur ,  Sc  deuient  moindre  à  rnefure  qu’il 
s’en  éloigné,  de  foite  que  les  dernieres  petites  arteres 
n’ont  point  de  pouls.,  s’il  n’arriue  vne  plus  grande  im- 
pulfion  du  fang  qu’à  l’ordinaire,  comme  nous  remar¬ 
quons  que  cela  arriiie  aux  fièvres,  C’eft  pourquoy  il 
fembleque  les  veines  n’ont  point  de  pouls,  parce  que 
i’impulfion  qui  y  eft  caufée,cft  moindre  que  dans  les  plus 
petites  artères  :  Outre  cela  les  veines  eftans  iointes  aux 
arteres  par  anaftomofe  ,  elles  fe  diuifent  en  plus  de  pe¬ 
tits  rameaux  que  les  artères  ,  lors  qu’elles  s’en  éloi¬ 
gnent;  Gomme  lors  que  les  riuieres  viennentàfe  parta, 
ger  en  plufieuts  bras ,  rimpctuofîté  de  leur  mouuement 
fe  diminué.  C’eft  pourquoy  lors  que  quelques  veines 
du  bras  font  fermées ,  ou  quelque  chofe  qui  les  imprime. 


Ce  meetue- 
ment  eji 
Mujsi  vehe-^ 
meut. 


Non  pas 
d'vnemeÇ- 
me  tfe- 
hemente 
dans  Us  ar¬ 
tères  Us 
veines. 


élo  Waliettsl 

comme  en  quelques  tumeurs  ,  ou  par  quelque  chofeq,!» 

lcsbouche,commeauxvariqucux,lorsquelefang  tombe 
par  fa  propre  pcfantcur  ,  on  remarque  derechef  cette 
impetuofué,  &  on  voir  les  pouls  aux  veines.  Nous 
auons  remarqué  aCTcz  fouuent  en  des  veines  qui  paroif, 
foient  à  trauers  la  peau,  que  la  plus- part  de  ces  palpita¬ 
tions  des  parties  qu’on  'a  creu  venir  des  ftatuofi- 
tez  ,  n’eftoient  autre  ehofe  que  des  pulfations  des 
veines. 

Mnis  d'vnt  Or  parce  que  le  mouucment  eft  plus  vehementdans 

mefmes  vi'  jgs  arteres  que  dans  les  veines,  il  femble  d’abord^/»*,/ 

.  efi  attfsiflwvifie  dans  les  arteres  quedansles  •aeines.  De 
inelme  que  les  hommes ,  les  cheuaux  &  les  autres  ani- 
piauxquife  mcuuctauec  grand  cfFort,fembl€t  quelques- 
fois  fans  raifon  qu’ils  aduancentdauantage.  Car  lefang 
qui  aefté  poulfc  par  les  arteres,  ne  peut  pas  palfcr  tout  par 
lesanaftctqiores,pavcequ’il  vient  d’vn  beu  large  dans  vn 
efpace  ettroit.  D’où  vient  qu’il  s’amufe  dans  les  arteres, 
&  qu’elles  fe  dilatent  &  demeurent  quelque  peu  de 
temps  en  cette  dilatation.  C’eft  pourquoy ,  pendant  la 
moitié  du  temps  de  la  dilatation,  &  durant  tout  ccluy 
du  repos  jecttcimpetuofitéfert  fort  peu  pour  la  viftclfe 
du  mouucment.  Cependant  ce  mouucment  eft  plus  aife 
par  les  veines ,  parce  que  lefang  vad’vn  lieueftroitàvn 
plus  large,  &  par  plus  de  chemins*  La  raifon  enfeigne 
auftlque  laviftefledoit  eftre  égalé  en  ce  mouuemcntdu 
fangdans  les  veines  &lcs  arteres, finonlorsquelefoÿc 
fournit  au  cœur  vnfang  nouucau  fait  du  chyle,  ou  que 
les  arteres  diftribuent  la  no  utr it ure  aux  parties,  ou  autre¬ 
ment  le  coeur  feroit  enfin  deftitué  d’humeur.  Le  Cens 
confirme  la  mcfmc  ehofe,  car  la  veine  caue  bat  autant  de 
fois  en  tout  cét  efpace ,  qui  eft  depuis  le  foyc  iufqu’au 
goficr,  &  à  çaufe  de  cela  pouffe  autant  de  fois  dans  le 
cœur,  qu'on  remarque  battre  l’artere.  &  par  confequent 
reccuoirdufang.  Mais  nous  parlerons  de  cela  cy-apres 
plus  amplement. 

femeut  neantmoins  dans  les  arteres,  auec 


T)u  momementdu  Chyle  ^  du  Sm£.  6ii 
:jl(tsdeviftejfeilorsqHelecœurbAt\  Mais  cette  viftefle  ecC-  ^;j}fpjgr.^ 
{c,  lors  que  le  cœur  commence  i  fe  repofer ,  &  qu’ilfe  di-  tfue  U  èæur 
lace  apres.  Voire  mefmelemouuement  du  fangcftplus 
vehement  &  plus  vifte  dans  les  veines  pendant  la  pulfa- 
tionducœur.  Ce  que  nous  auons  remarqué  en  la  diffe- 
^ion  des  animaux  viuans ,  &  auffi  quelquesfois  en  la  fai- 
gnécd’vne  veine  du  bras,  lors  que  les  veines  n’eftoient 
pas  trop  eftenduës  par  la  ligature.  Qwntà  ces  palpita¬ 
tions  des  veines,  dont  nous  auons  défia  parlé,  il femble 
tju’cUcs  rie  viennent  d’ailleurs  que  de  ce  que  les  veines 
cftans  ferrées  par  le  fang  qui  eft  tombé ,  ou  par  quelque 
autre  moyen,  le  fang  qui  eft  pouffé  aucc  impetuofité ,  ne 
pouuant  pafrer,eleue  la  veine, laquelle  s’atfaiffe  derechef, 
lors  que  cette  impetuofité  diminue,  ou  que  la  veine  lailTc 
paffer  plus  librement  le  fang  qui  coule.  V»?  tnefme 

Orienepenfepas  que  le  fang  qui  a  efte  porté  vnc  fois  portion  de 
parlesarteres  crurales,  par  exemple  aux  veijj^cruralcs,  l'*ngnepnf- 
pafTe  continuellement  par  les  mefmes  cheHns  ,  mais 
qu’il  fc  meptlois  qii’il  eft  retourné  au  cœur,auec  celny  e^ni 
vient  des  autres  parties,  &  qu'ainfi  méfié  il  eft  diftribué 
aux  parties  ;  car  par  ce  moyen  elles  fe  pourront  mieux 
nourrir,  fiellesonttoufioursdu  fang  nouueau,  duquel 
elles  puiffent  tirer  ce  qui  eft  plus  propre  pour  leur  nour¬ 
riture  &  leur  force ,  c’eft  ainfi  que  les  plantes  qui  ne  de- 
meurent  pas  toufîours  plantées  en  vnc  mefme  terre, croif- 
fent  mieux.  ^ 

V oila  Tordre  &  Tœconomie  que  tient  le  fang  dans  fon 
mouucraent  ,  &  les  efprits  vitaux  auffi  qui  font  méfiez  mmuent 
aueclefang.  aueelesag. 

Nous^uoasfouu entrecherché  le  mouucmcntdcsef-  Le  mome^ 
prit  J  animaux,  mais  nous  n’auonspeu  leremarquer  ail- 
leurs  qu’aux  mufclcs ,  qui  fcmbloicnt  cftre  dilatez  en  lar- 
geur&  profondeur  par  ces  efprits,  &  trembler  &  palpi-  „erfs  ne 
ter ,  eftans  diflequez.  Caries  nerfs  liez  ne  s’enflent  &  ne  [epeut  re- 
s’efiargiflent  pas  par  la  ligature,  &  eftans  coupez  ils  ne 
font  autre  mouuement  queceluy  par  lequel  ils  fereffer. 
îcnt.  Or  on  peut  lier  fort  aifement  les  nerfs  de  la  fixiéme 
liiiiij 


(^2  Ican  VF'd^euf 

paire ,  qui  vont  librement  par  le  Thorax. 

Mtfh  fort  Q^nt  au  mduuemeut  du  Chyle  par  les  veines  Uclces,  il 
*tfeme»t  gft  tres- manifefte.  Mais  il  n’eft  pas  continuel,  com, 
celuy  du  fang,  à  caufe  qu’il  n’y  a  pas  toufiours  du 
\2vtinli  chyle.  Or  il  va  plus  vifte  que  le  fang  mefmc,  lors  qu’il  eft 
uaitu  porté  desinteftins  par  les  veines  laaécs,& les  veines  liées 
e/î  ee  s’cnflent  incontinent.  C’eft  pour  cette  raifon  quelles  ne 
mouaemêt.  paroiffentpaslong-temps  aux  animaux  diffequezcnvic 
&  qu’on  ne  les  troupeaux  corps-morts,  finon  lors  que  le 
moüuemcnt  du  chyle  rencontre  quelque  obftacle.  C’eft 
vne  marque  certaine  que  le  mouiiemcnt  du  chyle  n’eft 
pas  fi  vehement  que  celuy  du  fang,  puis  que  ces  veines 
eftansdices  &  enflées, ne  font  pas  dures.Peut  eftre  àcaufe 
que  le  chyle  ayant  à  faire  vn  plus  court  chemin,  ne  de- 
uoit  pas  auoir  vue  fl  grande  impetuofîtc  dans  fon  mou- 
uemenr. 

Mais  temps  maintenant  que  nous  recherchions 
les  CAufeswkes  moutismens,  Sc  premièrement  du  fang, 

O  r  la  caufe  Quoy  qu’il  en  foit ,  ou  le  fang  fe  mouura  ainfl  par  vne 
vertu  naturelle,  OU  par  quelque  raouuement  qui  fe  doit 
/>  meùt^  rapporter  au  charroy,  à  la  tradion  &  à  l’impofuion. 

}iefi  pas  Nous  ne  remarquons  pas  que  ce  fane  foit  mçu  paît 
vne  vertu  que  la  nature  luy  ait  donné,ny  lors  qu’il  cft  re- 
vertu  ndT  ceu  dans  vn  baflin,  ny  lors  qu’il  eft  rcfpandu  par  le  corps, 
tmelle.  jjg  corrompt  en  vn  momét ,  c’eft  ce  qui  nous 

femblc  trop  difficile  à  croire  :  Auflî  ne  voyons  nous  pas 
en  aucune  chofe  inanimée  vn  telmouuemét  fpdntanée. 
Quanta  ce  que  remarque  auChapitre  4.  que 

l’oreille  fe  repofantj  il  y  a  trouué  le  mouuement  du  fang; 
Nous  auonsobfcrué  la  mcfme  chofe,  comme  aulïi  lors 
qucle  cœurferepofe.  Mais  que  ce  mouuement  dans  l’o, 
reillette,auoit  efté imprimé  aufangpar  la  vcine-cauc,  Sc 
dans  le  cœur  par  roreillctte,  comme  nous  verrons  bien, 
toft. 

Ig  Onncpeutprouuer  par  aucun  indice  que  le  fang  foit 

n’ef  pas  Charrié  par  les  efprits  :  Si  cela  clloit,  ils  le  por  teroient  en 
^ut  par  leur  legcreté,ac.nous  voyons  neantmoins  qu’it 


D  U  mouuemcnt  du  Chjle  dti  Smg.  62  f 

fc  meut  auffi  eo  bas  &  aux  coftez.  thurtié pjtr 

Partant  il  relfb  que  le  fang  Ibit  ou  tiré  ou  pouffe.  efprhs. 

Quelques  grands  cfprits  affeurent  que  le  fang  cft 
pouffe,  parce  que  fc  raréfiant  extrêmement  paria  cha- 
leurducœur,  il  demande  vn  plus  grand  efpace,&qu’à/^i/4  r*- 
caufe  de  celail  dilate  &cleuc  le  cœur.  Mais  que  ne  pouuât 
Are  contenu  dans  le  cœur  dilaté,  il  cft  vetfé  auec  tant 
d’impctuofité  dans  la  veine-arterieufe  ôc  l*artcre  aorte, 
qu’il  dilate  toutes  les  arteres  ,  5c  les  fait  battre.  Pout 
preuuede  leur  opinion,  ils  difent  que  quand  le  coeur  dV- 
nc  anguille  ou  d’vn  autre  animal  ccff*e  de  battre,  il 
reprend  derechef  fon  pouls, fi  on  l’échauffe  en  met¬ 
tant  du  fea  Ibus  luy.  Mais  il  femble  qu’on  pourroit 
dire  que  ce  pouls  vient  de  ce  que  l’cfprit  cftant  deuc- 
nu  plus  vigoureux  par  la  chaleur, peut  mieux  fiçr- 
uir  à  la  caufe  du  pouls  au  cœur.  De  mefmc  que  noùs 
v-oyons qu’en  échauffant  les  inteftins  Scies  mufclesdani 
la  diff'edion  des  animaux,  leur  mouuementfe  reftablir, 
encore  qu’il  ne  s’y  fàffe  aucune  ébullition.  Et  certes  il 
ne  fe  fait  point  dans  le  cœur  aucune  ébullition  ou  prom¬ 
pte  effufîon  ,  mais  quelque  legerc  raiefadion  feule¬ 
ment  caufée  par  quelque  chaleur  modérée  qui  cft  au 
cœur.  En  effet  nous  auons  fouucnt  remarqué  en  des 
chiens  robuftes  que  le  Sang  ne  fottqiasdu  cœur  à  caufè 
de  la  rarefaétion  ,  le  cœur  defquels  encore  qu’il  ne  fc 
rcropliftpasàdemi,  à  caufe  que  la  pointe  eftoit  coupée, 
ne  s’emplit  pas  parla  rarefaftion  cftant  elcué:  Mais  ve¬ 
nant  àfcrcflcrrer,cette  portion  du  Sang  qui  reftoit  dans 
le  cœur,  fut pouffee  plus  de  quatre  pieds  loing.dc  forte 
qu’en  vnc  grande  foule  nous  &  les  plus  proches  en  fus- 
mes  fallis.  D’oùileft  cuident  quelcSang  cft  pouffé  par 
la  partie. 

Orileft  ehapàcU  forte,  parcequclc  Sang  cftant  ainfi 
changé,  incommode  le  cœur  &  fes  parties.  Car  fi  on  pi¬ 
que  le  cœur  entier  ou  fa  pointe  cftant  diffequé  en  vie, 
ou  quelque  autre  plus  grande  partie  aucc  vn  petit  cou- 
eau  ou  auec  vnc  aiguille  ,  il  fc  mouura  prcfquc  autarrt 


fou0de  l* 
1 1  nt  e*ui 
àmi  /%«»/ 
Ittie.  * 


T>e  Vareit- 
l  lit  ims 
U  cœur. 


Ueflccufc 

tiré; 


(f24  leanV'Talcem] 

de  fois  de  fon  mouucmcnt  naturel ,  qu’il  aura,  cfté  pü 
qué,  encore  qu’il  y  ait  quelque  temps  quil  fembleauoic 
perdu  tout  mouucmcnt. 

Nous  auons  veu  manifeftement  en  des  animaux  dÜTc- 
quez  en  vie,quclc  Sang  eftpouff-  delà  veinc-caue dans 
l’oreillette  droite  du  caur  •  Car  le  principe  du  mouue- 
ment  en  chaque  battement  du  cœur  ,  vient  delà  veinA 
eaue.  Or  parce  que  nous  doutions  ,  fi  cck  ne  fe  faifoit 
pas  '  caulc  quela  veinc-cauccft  attachée  à  rorcillettc  & 
au  cœur,  nous  auons  retranché  tout  à  fait  de  la  veine- 
cauc  lecœur&l’oicilletteen  des  chiens  viuanS',&auonsi 
remarqué  que  la  veine  caue  bat  auffi  alors  tant  foit  peu,, 

&  qu’elle  verfe  à  chaque  fois  quelque  peu  de  Sang. 
C’cftpourquoy  la  veine  caueareceu  près  du  cœur  quel¬ 
ques  fibres  charnues,  quevous  ne  trouverez  pas  ailleurs 
dans  la  veine- caue.  Elles  font  fort  app ventes  dans  k. 
vcinc-eaue  derhomme,  d*Vn  bœuf  &:d’Vn chien.  Orce 
mouuement  de  la  veine -caue  proche  du  cœur  eft  très  eui. 
dent  :  Nous  i’auons  aufîî  rcmaï  qu  é  le  plus  fouucnt  en  des 
chiens  viuans  en  toute  cette  partie  qui  eft  depuis  le  foyc 
&le  gofieriufques  au  cœur. 

L’oreillette  droite  poufic  par  quelque  tenfion  &  con- 
ftriftion  le  Sang  qu’elle  a  rcceu  dans  le  ventriente  droit  d(i< 
cœur  :  Car  la  conftriétion  de  l'oreillette  deuance  d’vn 
moment  celle  qui  fe  fait  au  cœur.  Et  le  ventricule  droit 
du  cœur  ayant  efté  coupé  iulquesàrorcillcttc,  il  a  paru- 
manifeftement  ,.qa’i  chaque  conftridion  quelque  peu 
de  Sang  eftoit  poufic  de  l’oreillette  dans  le  cœur  ,  Ccr 
que  Hdrueitts  remarque  aufll  chap 

Le  Sang  vient  donc  principalement  par  impulfion- 
dans  le  ventricule  droit  du  cœur.  Mais  n’cft  il  pas  auflii 
tiré  dans  l’ôtcillttte  &  le  ventricule  droit  î  C’eft  mon 
opinion  ;  Car  ils  doiuent  fe  nourrir  intérieurement  d’vne 
partie  du  Sang  qu’ils  reçoiucnt .  Or  il  faut  que  la  nour-- 
riture  foit  attirée,  afin  que  la  partie  prene  le  Sang  qui 
luy.eft  plus  vtilc  ;  Car  ce  qui  eft  inutile,  eft  auffi  tcietté; 
pulfion  y  comme  Galien  dit  fort  bien  félon  fa« 
couftume , 


Bü  momement  du  Chyle  ^  du  Sang,  615 

couftume  ,  aux  liures  i.  a.  5.  des  facultez  naturelles. 

Ivlais  cen’cft  pas  feulement  le  Sang  voifin  qui  cft  attiré  ^ 
niais aüfli le  plus  edoigné,  toutes  les  parties  ayans  cette 
force  ,  de  peur  quelles  ne  foient  promptement  de- 
ftituées  d’almient. 

Mais  le.aœur  n'âttirc-ilpas  aufli ,  parce  qu’il  fe  dilate 
de  crainte  du  vuide, comme  nous  auons  accouftuméde 
parler  ?  Il  n’eft  pas  vrai-fcmblable ,  parce  qu’il  n’y  peut 
auoir  aucune  crainte  de  vuide  en  fa  dilatation  ,  comme 
cela  paroiftra  bien-toft  plus  cuidemment. 

Le  Sang  vient  au  ventricule  gauche  du  cœur ,  comme  U 
au  droit,  finon  que  nous  auons  remarqué  que  l’impul- 
fion  du  Sang, lors  que  le  poulmon  s’affaifle  de  l’attere 
veineufe  dans  l’oreillette  gauche,  n’cR  pas  ft  forte  que 
de  la  vcine-cauc ,  quoy  qu’elle  y  foit  en  quelque  forte.  vtntricuU 

Or  l’impulfîon  dans  l’vnc&  l’autre  oreillette  ,  &  les 
deux  ventricules  du  cœur,  arriue  en  va  mcfme  inftant;  Ef 
Sinon  en  ceux  quife  meurent  dans  lefquels  nous  auons 
remarqué  quclqucsfois  que  les  deux  oreillettes  &  les  inftant. 
deux  ventricules  ne  batoient  pas  en  mefme  temps. 

Mais  quand  le  Sang  eft  ainfî  poufle  dans  les  ventri¬ 
cules  du  cœur,  le  cœur  n’a  point  de  mouuementvifîble, 
mais  ayant  mis  le  doigt  fur  le  cœur, nous  fentons  quo 
quelque  chofe  y  entre ,  &  que  le  cœur  fe  remplit ,  ce  quo 
a  remarque  au  chap.  4.  Nous  auons  mefmes' 
remarqué  quel’oreillettea  batu  feptante  fois,  &  quel- 
qucsfois  cent,  deuant  que  le  cœur  fe  meuft. 

De  forte  que  nous  fçauons  maintenant  en  quelle  ma¬ 
niéré  le  Sang  fe  meut  dans  le  cœur.  Il  nous  faut  voir  à 
prefent  comme  ilfe  meut  dans  les  atteres. 

Le  Sang  fe  meut  dans  les  arteres  par  impuljton  :  Car  le  i»nf 
ayant  fait  vn  trou  à  l’artere ,  lors  que  le  cœur  fe  rclTcr- 
roit,nous  en  auons  veu  fortirle  Sang.  De  mcfme 
l’aorte  &  Isr  veine  arterieufe  eftant  coupée  du  cœur ,  le  /ê 

Sang  eftoit  verfé,  lors  qu’il  ferefferroit  3  Qi^ayant  coupé  cœur  fe 
la  pointe  du  cœur,  &  l’ayant  dreffé ,  le  Sang  eftoit  chaffé  rejferre. 

&  fortoit  du  cœur  ;  Et  que  le  cœur  ayant  eRé  coupc 
.  "  ■  ■  Kk  K  K 


6i6  lean  WaUus 

tranfvcrfaleiiicnt  par  le  milieu ,  le  Sang  cftoit  chalTc  en 
la  fyftole,  &  qu’il  n’eft  forti  iamais  enladiaftolc.  ç^ant 
à  ce  que  quelques  vns  alTcurent  qu’ils  ont  veu  en^dçj 
animaux  dilTequez  envie  foriir  le  Sang  en  la  dilatation 
ie  penfe  qu’ils  fcfont  trompez  en  cela,  &  qu’il  ont  ptij 
la  diaftolepource  quieft  véritablement  fyaolc.  Ce  que 
l’excellent  Anatomifte  ColttmbM  aaufli  remarqué  au  liu, 
14.  de  l’Anatomie. 

Car  il  faut  foigneufement  diftingucr  dans  le  nmut^ 
ment  dn  cœur  la  fyftole ,  le  repos ,  &  la  diaftolc. 

.  En  la  conftriélion  ou  fyftole  du  cœur  la  pointe  ap. 
f^on*re  proche  vers  labafc,  &  à  caufe  de  cela  il  eftyn  pcuplu$ 
fJitlA  eleué.  La  baffe  du  cœur  s’approche  auffi  vers  la  pointe 
iîoU.  enoes  animaux  auxquels  l’aorte  s’infere ,  non  pas  à  la 
bafe  du  cœur,  mais  vnpeu  vers  le  milieu,  commc.aux 
lapins,  aux  anguilles  &  autres  fcmblables.  Quant  aux 
coftez  du  cœur  qui  regardent  les  coftes  droites  &  gau¬ 
ches  ,  ils  s’approchent  l’vn  de  l'autre  ,  de  forte  que  fi 
vous  coupez  la  pointe  àl’vn  des  coftez,  Ôc  que  vous  U 
laiffiez  pendre,  elle  retournera  enlaconftridionaucofté 
entier,  &  prefque  en  fon  lieu.  Or  le  codé  du  cœur  qui 
regarde  leSternon,feleue5£  fur  tout  près  de  la  bafe.  Et 
ainfi  tout  le  cœur  cft  tendu  de  tous  coftez.  Et  cette  par¬ 
tie  qui  eft  voifînede  labafc,eftanteleuée,  on  voitqu’el- 
le  frape  fort  la  poitrine  &  caufe  le  pouls  que  nous  fen- 
tonsj  Encore  que  la  pointe  le  pnifle  faire  auflî,  comme 
a  remarqué  le  Grand  Anatomifte  Riolan  liu.  6.  de  fon 
Anthrop.  chap.  u. 

Mais  afin  qu’il  nous  apparuft  certainement  que  ce 
mouuement  du  cœur  que  nous  auonsdeferit,  eft  vérita¬ 
blement  la  fyftole,  nous  auonsquclqucsfoisretranchéla 
pointe  du  cœur,  &rauons  difteque  quelquesfois  tranf- 
uerfalcment  par  le  milieu ,  &  nous  allons  veu  manifefte- 
ment,  lors  qu’il  faifoit  ce  mouuement  que  nous  auons 
deferit,  que  lacauité  des  ventricules  deuenoit  plus  petite, 
&  ayant  mis  le  doigt  dans  le  cœur ,  nous  auons  fenty  que 
les  ventricules  fereflerroient  contre  le  doigt.  Or  le  cœur 


Du mouuement du  Chyle du  Sang.  627 

monftic  intcrieiucmcnt  le  racfmc  mouuement  que  nous 
auonsdit  qu’il  monftre  exterieuremét ,  lors  qu'il  fe  refler- 
rej  Sinon  qu’on  ne  voit  aucun  mouuement  dans  la  paroy 
entre- moyenne  J  peut  cftre  de  peur  que  fi  le  feptû  fe  fuft 
approché  vers  le  cofte  gauche  du  cœur,  pour  relTerrer  le 
ventricule  gauche,  iln’euftlaiflcla  cauitc  droite  du  ven¬ 
tricule  trop  grande. 

V oila  la  tenfion  &  la  conftridion  du  cœur,  par  laquel.  Q"'  f* 
le  le  fangeftpoufledes  ventricules  du  cœur  danslavei- 
ne  artericufc&  l’aorte.  Mais  quand  elle  eftlanguiflante, 
clle  fe  fait  feulement  par  k  moyen  des  fibres  que  la  nature 
a  donné  à  la  chair  ducœur  ;  Mais  ces  plus  grandes  fibres 
qu’on  voit  dans  ventricules  ducœur  concourrent  pour 
celle  qui  eft  plus  forte,  comme  nous  auons  remarque 
fouuent  dans  les  ventricules  des  animaux  que  nous  auons 
dilTequéen  vie. 

Orecs  fibres  qui  font  dans  les  ventricules  &  dans  la 
fubftance  mefmedu  cœur,  fontmanifeftement  la  con- 
ftriétion ,  parce  qu’elles  s’elargiffcnt  de  tous  coftez,  & 
s’accourcifientj  par  confequent,elles  acheuent  leur  mpu- 
uement  de  la  mefme  façon  que  toutes  les  parties  mufeù- 
leufes  de  noftre  corps.  G  eft  pourquoy  lors  que  nous 
voulons  mafeher  la  viande,nousfentons  enfler  &  endur¬ 
cir  le  mufclc  temporal.  Cette  tumeur  rend  aufîî  plus 
cftroitclacauitédes  ventricules  ducœur.  Et  certes  cette 
tumeur  de  la  chair ,  &  des  plus  grandes  fibres  commence 
à  labafe,&va  infenfiblement  iufquesàlapointe.  Que  fi 
le  Prince  des  Médecins  au  Liurc  du  cœur  a  appellé  le 
cœur,àcaufedecc  mouucmcnt,vn  puilfantmulcle  ,ila 
certes  expliqué  fort  bien  la  nature  de  ce  mouue- 
raent. 

Lors  que  lecœur  a  chafleleSang  par  la  conftridio  dans  l^ecœur  re. 
les  artcres,il  retourne  à  fon  cftat  naturel.  Gar  la  pointe  fe 
relire  de  la  bafe,  comme  aufli  la  bafe  de  la  pointe  en  ccs^„^tHrel, 
animaux,  qui  n’ont  point  de  fortieenla  bafe  dans  l’arte-  apres  la 
re  aorte.  Maislecofté  droiâr&  gauche  du  cœur  s’eftend  cettHriBih 
vers  les  coftcs,ôclc  cofté  qui  regarde  le  fternon  js’abbatf- 
~  K  K  K  K  ij 


'é2S  VVaUus 

fcjUoLiilrefpond  à  l’oiifice  de  l'aorte:  Et  alors  tout  le 
cœur  le  repofe,  &:onIe(cntlafche&mol. 

Queficccofté  fupericur  ne  s’abbailToit  tout  à  fait,  le 
cœur  le  dilaiteroit  par  ce  retour  àfon  eftat  naturel  tcotn- 
me  il  eft  fort  aifé  de  voir,  &  de  toucher  le  cœur  eiUnt  dif, 
fequé.  Mais  il  a  fallu  que  ce  cofté  fupericur  s’abbailTaft, 
afin qucle cœur  ayant  elle  vuidépar  laconftridtiôprcce! 
dente  ne  (ouffrit  le  vuide.  Mais  quand  le  fangnouucau  eft 
pouffé  de  la  vcine-cauc  &  de  l’artcrc  vcineufe  dans  le 
cœur,  &  que  le  fang  qui  y  eft  contenu,  fe  raréfié  par  U 

chaleur ,alorslc codé  fuperieur feleue:  Elles  autres  co¬ 
dez  demeurent  eftendus  comme  nous  auons  défia  dit:  Et 
ainfi  le  cœur  eft  alors  en  fa  dilatation  »  fans  qu’on  puiffe  en 
*  remarqueraucunc  autre  que  celle-ey. 

Il  n’y  a  point  auffi  d’autre  dilatation  aux  particules  dif- 
fequées  d’vn  cœurviuant,  &  arrachées  du  corps,  qu’vn 

relafchement  de  la  conftridion.  Car  lorsquela  conftri- 
élion  a  ceffé  en  ces  particules,  il  fcmble  queiquesfois 
qu’il  y  refte  quelque  palpitation,  mais  elle  eft  d’vne  autre 
forte  de  mouuement,  &  vient  dcl'efpritquieft  contenu 
dans  la  chair,  &  qui  cherche  quelque  fortie  ,  telle  qu’on 
lapeutvûir  fouucntcndes  raufcles  entiers  oudiffequcz 
incontinent  apres  la  mort,cn  des  animaux  diftcquez. 

■Or  cette  Dc  façon  que  ladilatation  &  la  conftriâiion  du  cœur 
d, Ut  mien  arriuedcla  mefme  façon  que  celle  des  autres  parties,  à 
é>  confiri-  fçauoit  du  ventricule,  dcsinteftins,dclavcffic&de  la 
élionfefait  matrice  qui  font  eftenducs  par  ce  quiy  entre,  &quirc- 
ine77‘on  ^  naturel,  lors  qu’elles  l’ont  chaflé 

^HÙuxnu-r  Ornons  ne  pouuons  pas  mieux  obferuer  cemouue- 
tres^Hrtits.  ment  du  cœur  qu’cn  CCS  animaux  qui  ont  feulement  vn 
ventricule  au  cœur ,  ou  s’ils  en  ont  deux,  lors  qu’ils  com¬ 
mencent  à  languir.  Car  qmndilsfontforts,il  eft  difficile 
de  le  remarquer,  à  caufe  de  fa  vifteffe  :  loint  auffi  que  les 
deux  ventricules  font  ces  deux  mouuemcns ,  &  qucle  cô¬ 
ne  du  ventricule  droit,  à  caufe  qu’il  eft  moins  haut  que  le 
gauche,  fait  vn  mouuement  oblique,  quand  il  eft  retiré 
verslabaffi. 


Du  m ouument  du  Chyle  ^  du  Sang,  j 

Mais  retournons  à  noftte  chemin,  &  confiderons  en  Le  eji 
fuite  comment  le  Sang  fc  refpanddcs  artères  voifines 
^oiur  par  les  arieres  de  tout  le  corps.  Cela  fe  fait  mani- 
tellement  parimpulfion  :  Car  ayant  lié  quelque  artere  j" 
quecc  foit,cllc  s’enfle  &fc  tend  fort  iufqucsà  vne  ex- 
trcrac  duteté  proche  delà  ligature.  ^  * 

ToutcsfoislapcfantcurduSang  contribue  à  fon  mou.  lleftmett 
uement  en  bas.  C’eft  pourquoy  le  cœur  eft  place  plus 
près  delà  telle  que  des  pieds.  f^ntgnr. 

Il  eft  vray-fcmblable  que  le  fang  ell  auffi  attiré  dans 
toutes  les  arteres,  afin  qu’elles  &  les  parties  quilcur  font  attiré.  ^ 
voifincsfoient  nourries d’vn  Sangconuenabic. 

Malsilfembic  qu’il  n’y  a  aucune  ncceflité  quelesarte- 
res  attirent  par  la  dilatation:  Car  le  Sang  peut  cftrc  pouf- 
fcparla  feule  impullion,  &  les  arteres  batre  :  Car  l  artere  ^uat^tion 
eftant  rompue,  &  l’ancurilme  sellant  formé  à  la  chair, on  à$  l'xrun. 
fent  qu'il  bat  de  la  mefme  façon  que  les  arteres  :  Où  ma- 
nifeftement  la  chair  n’attire  pas  le  Sang  en  fc  dilatât, mais 
le  fang  eft  poulTé  dans  la  chair,  Dequoy  nous  auons  veu 
vn  pitoyable  exemple  en  Mr.  lean  klemAtius  perfonnage 
fort  expérimenté,  auquel  vne  artère  s’eftantrompuë,  Ta- 
neurifme  auoit  occupé  la  quatrième  partie  du  Thorax. 

RioUn  en  a  remarqué  auffi  vn  fcmblable  au  Liure  é»  Cha¬ 
pitre  11.  de  l’Anthrop.  Et  en  effedle  pouls  ondoyant, 
le  vermiculaire,  le  fourmillant,  &  pluficurs  autres  qui 
imitent  manifeftement  le  mouuemcnt  du  fang  dans  l’ar- 
lere,  femblent  monftrcr  que  le  pouls  des  arteres  fe  fait  par 
l’impulfion  du  fang.  VExbe- 

II  eft  bien  vray  que  Gij//>«aircurefurlafindu  Liurej  Si  ^lencedt 
IcSangeft  contenu  dans  les  arteres,qu’vnccannulc  eftant  Qniun  ne 
mife  dans  les  arteres,  &l’attere  eftant  liée  au  delTus  delà  monjlre  pas 
cannule,  qu’elle  n’a  point  de  pouls ,  outre  la  ligaturc,en-  *tttrefhofe. 
cote  que  le  Sang puilTe  cftre poufle  parlacannule.  Mais 
i’ay  quelque  foupçon  que  celieu  eft  imparfait ,  parce  que 
cette  operation  fuccede  rarement  &  tres-difficilement  en 
la  façon  qu'il  l'a  deferit  en  cét  endroit;  Canl  ordonne  de 
coupper  l’artere  libre ,  de  laquelle  eftant  diflequee  ,  per- 
Kkkk  iij 


FF'aUus 

fonne  n’ignorc  quelle  abondance  de  lang  il  effort  d- 
forteque  ouranimal  meurt,  ou  qu’aucune  ne  peut  bat. 

tre  ou  au  moins  les  plus  proches. 

Mais  nous  voulons  que  le  lieu  foit  entier ,  &  quç 
peration  ait  rcüfli, comme  elle  y  cft  defcritc,il  s’eft 
faire  que  l’animal languilTant  toutàfait.àcaufcdc  l’cffu. 
fion  du  Sang,  le  pouls  fuft  fentiau  deçà  de  la  cannulc* 

parce  que  lacannulequi  a  elle  mife  dedans,  rendant  l'ar, 

terc  plus  eftroite  ,  arreftoit  le  Sang  en  partie  ,  de  fortg 
que  leSang  pouuoitaifcment  remplir  &  cleucr  l’attcrc. 

Ainfi  nousauonsveu  fouucntquelesartcresquiauoient' 

vn  pouls  languilTant  ou  qui  l’iuoicnt  perdu  ,  batoient 
manifeftcmcnt,lors  quelles  eftoient  comprimées  affez^ 
près  du  cœur.  Mais  Galien  n’a  pas  remarqué  le  pouls 
outre  la  cannule,  parce  que  les  artcres  receuoient  moins 
de  Sang  par  la  cannule  beaucoup  plus  eftroite  que  l’ar- 
tere.  Et  nous  aubns  remarqué  que  quelque  chofe  de 
fcmblableauroitpeu  aifément  arriucrenvn  lapin, dans 
l’aorte  duquel  cftant  liée  des  deux  coftez  ,  nous  auons. 
mis  vne  cannule,  mais  parce  que  la  ligature  eftant  dé¬ 
liée,  l’animal  mourroir,  il  ne  fembloit  pas  neceflaire  de 
lier  l’artcrc  au  deflus  dclacannulctllnous  femble  néant- 
moins  que  nous  auons  fenti  quelque  pouls  iufques  à  la, 
cannule  ,  mais  nous  ne  i’auons#pas  peu  remarquer  en 
aucune  façon  audeftusouau  delà  delà  cannule. 

Cette  expérience  ne  nous  a  iamais  reiifli  dauantage, 
parce  qu’il  n’cft  pas  aifé  de  trouucr  l’arterc  commodcr 
ment  :  Et  quand  elle  cft  trouucc  &  qu’on  la  diffeque  â 
propos,  l’animal  meurt  ncantmoins  fort  promptement, 
ou  de  hémorrhagie  ou  de  conuulfîon  ,  ce  qui  cft  mer- 
ueilleux. 

De  forte  qu’il  n’apparoift  autre  chofe  fînon  que  le  Sang 
cftant  poulfc,  peut  pafler  dans  les  artères,  &  que  le  Sang 
peut  aulfi  leseftendre  ;  Et  qu’il  femble  qu’il  n’eft  pas  be¬ 
soin  d’employer  aucune  autre  eaufe  pour  le  pouls  des 
arteres  ,  pms  qu’il  fe  peut  faire  par  le  moyen  de  ccl- 
les-cy,  ... 


Dti  mouvement  de  Chyle  du  Sang.  631 

La  nature  a  accouftumé  neantmoins  d’appcllcr  plus 
de  caufcs  à  fon  Cecours  pour  faire  fcs  operations  qu’il 
ne  nous  femblc  pas  nccelfaitc  ,  parce  que  nous  no 
pouuons  pas  toufiours  pénétrer  dansfes  fecrets.  Ainfî 
nous  auonsicy  quelques  marques  obferuées  par  Galien 
que  les  artères  outre  la  dilatation  quelles  tecoiuent  de 
i’impulfîon  du  Sangi  s’efforcent  de  fe  dilater  d’elles  mef- 
mes.  Car  on  remarque  que  toutes  les  arteres  de  noftrc 
corps  bâtent  toutes  en  mcfme  temps  dans  les  fains  & 
en  ceux  que  l’on  dilTcquc  en  vie.  Or  ce  qui  fc  meut  vers 
vne  chofe  éloignée,  nepeut-eftrepar  tout  en  vnmefmc 
inftant,  ny  par  confequent  caufer  la  dilatation  par  tout 
en  vnmefme  moment  de  temps.  On  voit  que  les  boyaux 
s’eftendent  plus-toft  en  la  partie  plusprocnc  qu’en  celle 
qui  eft  plus  éloignée  ,  lors  que  les  Anatomiftes  &  les 
cuifiniers  lesremplilTenrd’air  en  foufflant. 

Mais  les  arteres  ne  font  pas  vuides  commeles  inteftins, 
mais  en  partie  pleines, lors  qu’elles  fc  dilatent.  Néants 
moins  puis  que  le  Sang  qui  vient  ducœur,  doit  pouffer 
celüyquieft  voifin  ,  &  cciuy-cy  derechef  fon  voifîn,& 
ainfî  de  fuite,  iufqu’à  ce  que  les  arteres  fe  icmplilTent&: 
fe  dilatent  par  tour,  il  ne  femble  pas,  encore  que  le 
Sang  coule  d’vn  lieu  large  dans  vn  cftroir,que  cela[re 
puiffe  faire  en  vn  moment.  De  mcfme  que  nous  voyons 
qu’en  vne  rangée  de  vingt  pierres  faite  par  des  enfans  où 
les  plus  groffes  feront  poféesles  premières,  la  première 
eftant  poufféc  aucc  vifteffe  toutes  les  autres  ne  tombent 
pas  en  vn  moment. 

C’eft  pourquoy  il  femble  qu'il  faut  direqueladiaftole 
des  arteres  Te  fait  5c  par  l’impulfîon  duSang  &  par  leur 
dilatation  propre -.Et  que  ces  deux  caufcs concourrenc 
enfemble  pour  mouuoir  le  Sang. 

D’icyparoift  clairement  que  le  coeur  feulement  produit 
cette  impulfîon  dq  Sang  qu’vne  partie  des  arteres  ne 
pouffe  pas  dans  l’autre  Car  la  partie  qui  pouffe  par  la 
conftriélion  ne  peut  pas  fe  dilater  au  mefmc  inftant ,  & 
neantmoins  elleirfe  dilatent  toutes  en  vn  mefmc  momêt. 


Galit»  * 
t  outesfois 
quelques 
indices  qut 
U  diUtntio 
des  arteres 
fert  d  ce 
meuuemët. 
De  l'vfagt 
du  Pouls 
chap.  J. 

St  U%ang 
efl  contents 
dans  les  ar¬ 
teres 
chap.i. 


O  r  l’impul- 
fion  fe  fait 
icypar  le 
cœur  feule¬ 
ment. 


6/2  lean  Walaus 

If  l-c  Sang  donc  fc  meut  de  cette  forte  pat  les  artères 

fouf/é  des  Ut!  arttres dans tcs  veines des  plus  petites  veines  dan' 
dÿttns  das  pjyj  groflcs ,  &  dansla  veine-caue  aufli  :  Car  quclqu  * 

ayons  lice  dans  les  animaux  viuans,ell* 
tim  veines  S  abbailfoit  vers  le  cœur  ,  mais  elle  fe  remplilToit  en  la 
ÀMs  les  partie  plus  cfloigncc  du  cœur. 
plus  greffes.  Or  il  fcmble  que  cOtteimpulfion  vers  le  cœur, eft  eau  ' 
fur  chuque  f<ie  ebaquc  partie  de  la  veine  :  Car  la  veine  eftant  liée 
purttcule  de  au  bras  d’vnc  perfonne  viuante ,  ne  fe  tend 

la  vetne.  ^  ,  •  i  i  •  '  j  “^pas 

feulement  en  la  partie  plus  éloignée  du  cœur,  mais  elle 

s'abaifle  &  fe  vuidc  aufli  en  l’autre,  qui  refte  plus  proche 
du  cœur.  Que  fl  vous  liez  aufli  celle  qui  eft  là  plus  proche 
du  cœur,  elle  |’eftendra&  s’enflera  aufli  au  dc-là  de  la  li. 
gat  urc.  Or  cette  impulfîon  fe  fait  par  le  moyen  des  fibres 

•  dont  les  veines  font  compofeeSi  * 

milefl  at.  le  croiroistoutesfois  que  les  veines  attirennufTi,  afin 
tire'.  qu’elles  ne  reçoiuent  le  fang  fans  aucun  choix,  &  qu’el¬ 

les  puiflent  attirer  ce  qui  leur  eft  plus  vtile.  Il  femblc 
neantmoins  qu’elles  reçoiuent  le  fang  pluftoft  par  im* 
pulfion  quepar  attradion  ,,  parce  que  les.  veines  liées  fe 
t  endent  merueilleufcmcnt. 

La  veine-caue  eftcommelereferuoirdufang,  où  il  eft 
gardé  pour  les  vfageS  neceflaircs  ,  lors  qu’il  eft  en  plus, 
grande  abondance  que  le  cœur  n’en  doit  receuoir. 
tf  ChyU  Voila  toutes  les  caufes  du  mouuement  naturel  du  fang,. 
meTtr  femblablcs  celles dn  momementdnchjle. 

Vimpulfion  ventricule  fe  reflerrant  par  le  moyen  de  fes  fibres,. 
du  ventri-  exprime  tout  le  chyle  qui  efteuid:  Et  il  femble  qu’il  ou- 
e»le,  ure  auflilc  pylore  par  cette  compreflion  :  Car  le  pylore  n’a 

aucun  mou uement  fpontanécj  tcl  que  le.ventriculc&lcs 
P  ^  inteftins. 

semnl!'*"  fait  point  long  arreft  aux  inteflinSi  mais^ 

^^chifféçtomŸtcmcntparUconJlriBion  desfihestranf 
uerfes.  Mais  lors  que  pluficurs  fibres  qui  s’entrefuiuent 
nîutuellement,agiflcnt  cnfemble,  le  chyle  eft  prefle ,  mais . 
ne  peut  pas  couler  tout  en  bas.  D’où  vient  qu’il  entre 
quelque  chofe  de  ce  chyle  prefle  dans  les  veines  ladées. 

--  Le  chy  le 


Du  mouuementdu  Chyle  ^  du  Sang, 

Le  chyle  cttncaniïTi  nnsarreftépai  la  conftriâion  des  fi- 
brestranfuerfes  inferieures,  de  peur  qu’il  ne  coule  trop 
toft  au  fondement  :  Et  e ftant  ainfi  renfermé  &  comprimé 
par  haut  &  par  bas ,  il  eft  poufsé  dans  les  veines  par  la  tu . 
nique  ridée  dcTintcftin,  comme  par  vn  couloir.  Or  cet¬ 
te  conftriéiion  des  fibres  tranfuerles  fe  fait  dans  tousl«s 
intcftinsgrefles&gros,  aueevn  certain  ordre,  &parin- 
teruallcs. 

La  ligature  monûre  que  le  chyle  eft  pouffé  par  les  UrUsv,K 
veines  laékées  dans  la  veine-porte  au  foye,  &  quelques- »«  l»Uies. 
foisauffi  dans  laveine-caue 

Ileftauffivray-fcmblablequele  chyle  eft  des  in-  n  ,ji  aug 
tcftins,&  des  veines  la6i:écs:Gar  il  en  fortauec  plus  dc^mre.  ^ 
vifteffe  qu’il  n’en  reçoit  par  l’impulfion  des  intcftms  & 

&  des  veines  laétées. 

Le  chyle fc  meut  dans  le  rameau  mefenterique,  dans  la 
veine-porte,  ôtdans  laveiiie-caucmefléauecle  fangpar 
kmelrac  caufe  qui  meut  Icfang  en  cét  endroiâ;-,  dont 
nous  auons  parlé. 

Orle  chyleeft  porté  par  des  veines  particulières  plu- 
îtoft  que  par  les  melaraïques  qui  contiennent  le  fang, 
parce  que  les  mefaraïqucs  deuans  reccuoir  Icchylejleurs/rtrAiîfm* 
oiificcs  euffent  deu  eftreouucrts  vers  les  inteftins,  par 
léfquels  le  Sang  eut  peu  couler  aifémet  dans  les  intcftinsj 
fansquelavertuattraéiricc  eut  peu  empefeher  cette  in¬ 
commodité,  parce  quelle  eft  icy  moins  apparente  & 
beaucoup  plus  foible  que  l’cxpultricc. 

Comme  ce  mouuemcnt  du  chyle  a  ks  vfages  S>c  fes- 
Gommoditez,  ainfi  auffile  mouuemcnt  circulaire  du  fang, 
dont  celles,  cy  femblent  cftre  les  principales. 

Afin  que  le  fang  s’échauffe  inceffamment  en  paffant'^^  mouuf- 
continuellcmcnt  pat  le  cœur,  &  qu’vn  fang  yr  paffant^^”'^"^ 
plus  de  fois ,  &  l’autre  moins, il  fctrouue  dànslcs  veines 
toute  forte  de  fang  ,  lequel  eftant  porté  à  chaque  partie, des 
&  ia  nature  leur  prefentant  tousfes  threfors,  clics  peu-f>*rn«. 
uenteftre  mieux  réchauffées,  &  reccuoir  cet  aliment  qui 
sft  plus ptopte  poutleur  nourriture  &  leur  force. 

LUI 


Du  >nouuement  du^Chjte  ^du\Sang.  6 si 
Explication  de  la  Figure*, 

A.  les  veines  mefaràîqSes  vnlgAtres^e^  Us  rame  aux  de  U 

porte  Auee  Us  Ancres  mefardiques. 

B.  Us  veines  U^éesqm  vont  depàt  de-lk  ,pArU  rnefenttré 

vers  Us  intejiins. 

C.  marque  vne  portion  du  mefentere  .é'  AujfiÎA  diftrihu^ 

tien  des  nerfs  tnefardiques  par  elle, 

D.  le  fonds  du  ventricule ^ 

E.  t orifice  inferieur  du  ventricule  nommé  PyUrt, 

V.  U  duodénum* 

G  U  ieiunum.  H.  t Iléon. 

I .  U  veine  ^  l'artere  qui  rampe  fur  U  fonds  du  ventA* 
chU. 

K.  vue  partie  de  l’Epiploon. 

L.  U  glande  qui  ejl  au  commencement  dumefentere  quA- 

fellius  appelle  Pancréas  ,à  laquelle  tl  nj  a  pat  tant  de 
rameaux  comme  la  figure  repre fente. 

M- Us  veines  la^es  enfl  es  par  la  ligature  aux  inteflins 
mefmes. 

N .  Us  veines  laU'es  enflées  aumefentere  par  là  ligature, 

O  .  Us  valuuUs  dans  Us  veines  laüées. 

P-  la  confi-riBton  fuperimre  del'intefhn. 

Q.  la  conflriSlton  inferieure  de  l’inteflin  :  Par  ces  confiri* 
étions  U  Chyle  eji  chaffé  dans  les  veines  laélées. 

Mais  ccmouuemcnt  du  Sang  contribue  auffi  beaucoup  Afin  que  U 
‘pour  conferuer  le  Sang  en  fonenticr.Gar  ce  qu’on  dit:  fa»g  f  it 
Les  eaux  fans  mouuement  aisément fe  corrompent.  conferui. 

Se  trouue  cous  les  iours  très- véritable  dans  le  Sang  par 
l’obftrudion  des  vailTcaux. 

Il  fcrtauffiàiaperfediondüSang,  parce  qu’il  fe  rare- quel» 
fie  &  fe  fubtiUfepar  vn  mouuement  continuel.  Ma?s  ctfangfefer^. 
quifert  principalement  àfa  petfedion,  c eft  que cantoft 
le  Sang  fc  fubiilife,  s’cchaufic  6c  raréfie  dans  le  cœur ,  & 

^  .  '  uiiij  ; 


le  an  Vy’aUus 

tantodrccondenfeSc  (c  concréc  derechef  dansl’habity- 
deducorps.Cariln'y  a  aucune  partie  dans  le  corps  plus 
chaude  que  le  coeur  ,&  on  n’en  trouue  point  de  moms 
chaude  que  i’habirude  du  corps.  De  forte  qu'U  fc 
coiîrmevne  circulation  (emblabh  à  celle  dont  le  feruenc 
les  Chymiftes  pour  rendre  leurs  efprits  plus  fubtils  3c 
fluspaifj  Car  IcSangqui.acftcfubtililé  parla  cha. 
leur ,  lors  qu’il  tftcondcnic  par  le  froid,  ne  peut  pas  pcr« 
lifteidans  cette tcnuiré.ny  retourner àla première efpaif, 
feur;  Et  auec  le  temps  il  vient  à  acquérir  de  nouucaux 
degrc  Z  de  fubtilité ,  dans  laquelle  il  fc  conferue , encore 
qu  il  foit  condcnüé  par  le  froid,  &  de  cette  forte  il dc- 
uient  enfin  fort  propre  pour  U  génération  dcse(prit$vU 
taux. 

aj  CVft  pour  CCS  vfages  que  le  Sang  fe  meut  circulairc- 

snprtT*  il. point  en  quelque  endroit  vu  autre 

four  U  mouuement  j  Le  Sang  cft  porté  des  artères  capillaires 
nomrttHrt  di  oif  danslacliair  pouf  y  faire  la  Roféc ,  la  cole  &  le 
dit  furtHs,  change.  Et  dans  les  plus  petits  pores  il  ne  retourne  pas 
TJscircu'  ‘I  venu ,  de  peur  que  le  Sang  paffant  par  la  chair, 
htremmt.  «’empê  hait  1  agglutination  ôc  affimilation  de  ces  hu¬ 


meurs  aux  parties. 

Or  il  coule  icy  qucîq  icsfois  principalement  parce 
qu’il  eft  poufl'e  des  petites  arteres  dans  la  chair;  Et  fou- 
uent  la  principale  caufe  mouuante  cft  l'atiratftion.  Car 
les  os  ne  poucro'ent  pas  fans l’atiradion  receuuii  laplus 
gtofficic  partie  du  Sang  pour  leur  nourriture,  &  laifler 
dans  les  vaiftcaux  l’autre  plus  fubtile  qui  n’cft  pas  propre 
pour  leur  nutrition. 

tln*y»  QLc'qucs-vnscftiment  aufîl  que  le  Sang  porté  du 
p0tnt4'au-  tcbioulï'c  thtuiin  &  letoutne  de  techef  au  cœur 
ttt  moum  pat  lesattcics  Ce  qu’ils  tiennent  afin  qu’on  puifte  don* 
mtnt  du  ner  U  caule  mtchan  que  par  laquelle  les  valvules  du 
àl'onfi  edes  artcies  tombent  &  fe  ferment.  Nous 
vllvuUidu  ccircMcnu  toufiours  fort  excellente  la  façon  de 
cœur  faut  *a'fonncr  dEiaJi  rate  fur  tour  ce  qm  fc  fait  au  corps 
fttméts,  |)aï  dcsrailous  mcchaniques  :  Mats  nous  croyons  i'Æ 


Du  momiement du  Chyle  du  Sang.  63  j 
qucc’cft  vnc  glande  temcnté  &  prcfomption  de  vouloir 
jiicfiu'ci  la  lagefTc  de  Dieu  (don  nos  imaginations  :  Et 
^u  il  faut  tenir  pour  machines -celles  c^uela  raifon  nous 
monftreeuidernmcnt,  &  principalement  les  fens.  Eticf 
les  fens  nousmonftrcnt  au  contraire  que  le  Sang  ne  fc 
meut  pas  du  cœur  dans  le  cœur  par  les  artères,  &  que 
l’artere  à  l'endroit  où  elle  cft  attachée  au  cœur,  ne  s’cr.fte 
pas  lors  que  le  pouls  tft  rare  &  langnifïant  fur  la  fin, 
comme  cela  deuroit  cftre  >  mais  au  commencement.  Il 
nousfcmble  auffi  que  nous  auons  cette  preuuc  que  les 
valvules  ne  font  pas  fermées  par  le  Sang  qui  rebrouffe 
chemin  ,  parce  que  fi  on  lie  rartere  à  deux  doigts  du 
cœur  ,  &  'fi  on  l’ouurc  entre  la  ligature  &  les  valvules, 
enforre  que  le  Sang  puific  fortir  librement,  mais  non  pas 
cebioufl'er  chemin,  les  valvules  fe  icflerrent  bien  quel¬ 
ques  fois,  le  cœur  fc  meut  régulièrement  &  ne  verfe  le 
Sang  quen  la  conftriâ:ton.  C’efi  pourquoy  fi  nous 
auions  à  choifir  ky  quelque  machine  ,  nous  recevrions 
l'opinion  commune  qui  veut  que  le  cœur  &  les  valvules 
fe  ferment  par  lacontradiondcs  fibres  Car  cette  coa-t 
eraâiondts  fibres  au  cœur  y  eil  cuidente  par  tour. 

Mais  nous  n'auons  point  aucun  indice  que  le  Sang  fe 
fncuuc  naturellement  en  autre  façon  tout  droit  du 
par  les  veines  &  vers  le  cœur  par  les  artères.  Il  eft  paTdttns  Ut 
que  dans  la  ioyc ,  les  humeurs  vont  au  dehors  ;  Mais  cela  de 

peut  arrittcf  par  les  arteres  feulement  ;  Et  dans  la  tri. 
ftdTc  les  humeurs  peuuent  fc  mouuoir  en  dedans  par  les 
veines  (cillement  :  Et  elles  ledoiuirnt  aufit ,  puis  que  le 
pools  ne  celTant  iamais  dans  ccite  palTion,  &  que  quelque 
chofcfortani  parles  artcrcscndchoispar  le  pouls con» 
tinucl,  quelque  choie  potirroit  à  peine  le  mouuoir  en  de¬ 
dans  ôc  vers  le  cœurparlcs  atteres. 

Les  humeurs  ont  ncaniraoios  vn  autre  mouucment  ^ 

contre  nature  ^  que  celuy  que  nous  auons  defcrit,  \oi%*ittrt  c9n~ 
que  les  humcui  s  tendent  en  haut  par  leur  Icgcrete  ou  par  trt  nêtmt. 
quelque  autre  impciuofité,  ou  qu’elles  defeendent  en  bas 
par  leur  peianteuc  »  comme  «la  cft  euident  aux  vari- 
- ■  LlU  üj 


^jS  U  An  Walceus 

queux.  Elles  font  aulîi  contraintes  de  cherchée 
chemin, lots  queceluy  par  lequel  elles  auoicntaccouftu. 
iné  de  fc  mouuoir,cft  bouché.  Ainfi  nous  auonsvea 

quelquesfois  envn  canard  dans  les  vaiflcaux  de  la  poj, 
trineleSang  de  diuerfcs  couleurs  ,  l’vn  blanchcaftre  ^ 
l’autre  rouge ,  qui  fc  mouuoit,i’artcrc  eftant  ferrée  vers 
le  cœur,&:  du  cœur  félon  les  diuers  coftez  de  l’arcerc. 
Mais  ce  mouucmcnt  ne  dura  pas  long  temps  &  le  Sang 
n’entra  iamais  dans  le  cœur  par  ce  mouucmcnt.  ° 
Voila  Monfieurjmesfcntimens  que.vous  aucz  defiré 
fçauoir  (ur  le  mnuuement  du  Sang.  le  l’ay  examiné  Ig 
plus  foigneufement  qu’il  m’aefté  poflible  pour  paruenir 
mieux  à  la  cognoilfance  de  la  nature  des  humeurs  &  de 
leur  flux,  duquel  naiflent  vne infinité  de  maladies. Tay 
creu  auflîquc  icfçaurois  plus  exadement ,  comment  la 
bon  ouïe  mauuais  Sang  s’eugendre,  fi  i’auois  lacognoif. 
fance  de  ces  parties  qui  altèrent  l’humeur  qui  pafle  par  el¬ 
les.  l’ay  penléâufli  que  ic  lugerois  mieux  comment  plu. 
fleurs  maladies  doiuem  eftrc  traidées ,  flic  cognoiflbis 
quelle  làingnéeéuacucroitpluftoft  certaines  parties  que 
d’autres,  &  pat  quelles  il  faut  que  le  rcmede  palTe  deuanc 
qu’il  puiffe  arriuer  à  la  partie  malade?  Plufieurs  autres 
chofes fc prefenroient  à  mon  éfprit, comme  kdodrino 
des  pouls ,  &  la  génération  curation  des  fièvres,  des 
inflammations  &  obflrudtons ,  &  d’autres  de  cette  natu¬ 
re,  qui  m’ont  fait  defirer  de  cognoiftre  ce  mouuemeni  da 
fang. 

Or  les  cxpcticnccs  qui  m’ont  mis  dans  cette  opinion 
font  fl  euidenccs,  que  i’ofebicn  alTcurcr  que  les  Méde¬ 
cins  dodes  &  de  bon  fens  recevront  à  l’aduenirce  mou¬ 
ucmcnt  du  Sang  :  le  n’oferoispasà  laverité  promettre^ 
qu’ils  donnent  leur  confentementà  toutes  lescaufes  & 
drconftances  de  ce  mouuement.  Car  le  iugement  des 
hommes  eftant  inégal,  il  cd  irapoflîbic  quc  lcurs  fenti- 
mcnsfoicni  differens. 

Quant  à  la  certitude  des  expériences,  vous  ne  pouucz,^ 
Manfieurjca  douter ,  puis  quo  vous  çn  aucz  veu,  yno- 


Du  mouuemem  du  Chyle  du  Sang, 

grande païtie.  M.  Francifcus  ^edn  Vah  HtrHiSc 

jihafpterm  Schmitnerw  Dodcurs  en  Mcdecine  fort  fça- 
jians  &fott  cxaâsaux  diffcdlions,  & 

^cr  Sehâgen  &  Anthoine  Foç^ejÎAen  q^ui  poffedent  rn 
fcauoir  foIide,y  ont  aflifté  fort  fouucnt ,  &  ne  m’ont  pas 
honoré  feulement  de  leur  prefence ,  mais  ils  m’ont  aulH 
aidé  de  leur  confcil  &  delà  main  pour  les  faire,  dont  io 
leur  fuis  fort  obligé.  De  Lcydc  ce  ai.  Septembre. 

cia.xo.CKi. 


SECONDE  lettre 

DE  MONSIEVR 

lEAN  VVALÆVS, 

DV  MOV  VE  MENT 
du  Sang. 

Ali  mejme. 


ONSIEVR 

A  vam.  Il  arriue  d’ordinaire  à  ceuï  qui  donner- 

quelque  ouurage  au  public  qu’ils  font  forcez  àcontinucr 
d’eferire  pour  rcfpondre  àlcurs  aduerfaires ,  s’ils  ne  vcu~ 
Occufimde  lent  fc  trahir  eux mcfmcs»&  abandonner  la  caufc  dont  ils 
(ette  Let-  ont  cnttcpris  la  deffenfe.  certain  homme  DoBè  m’a 
engagé  dans  cette  neceffité  d’cfcrirc,  lors  que  le  pcnfois'a 
tout  autre  chofe.  Car  il  atafchéces  iourspalTca  de  réfu¬ 
ter  dans  vneferit  particuliciTes  Thefes  du  raoüuemcnt 
du  Sang, qu’il  auoit  auparauant  legerement  attaquées^ 
Gc  Traidc  cft  àla  vérité  ingcnic^ux  &  dode  :  Mais  ic  trou- 
ueàrcdirecncétAuthcur,  cequelcs  anciens  blafmoicnt; 
au  Rhetoricien  Albutius .  quidtfiioit  pouuoir  dire  fur 
toutes  fortes  de  matières  ,  non  pas  tout  ce  qui  eftoità> 

propos 


Du  monument  du  Chyle  ^  du  Sang.  <f  41 

propos,  mai^  tout  cequifc  pouuoit  dire.  Il  naiaraais 

tafehé  de  remarquer  ca«nouuemenr  du  Sang  qui  eft  eui- 

dent  dans  les  difl'edions  des  animaux  viuans,  comme  s’il 

fe pouuoit  conceuoir  mieux  par  la  penfee, qu’eftre  veu 

de  nos  propres  yeux.  Mais  ie  lailTe  à  Rogerim  Drake  Do-  ^elutitn  its 

(SteiirenMedccineàLondres, homme d  vnefprit  lubtil, 

&  d’vne  érudition  folide,  le  foin  de  deffendreces  The- 
fes,  dont  il  eft  l’Autheur,  pourne  m’attacher  qu’aux  cho- 
fes  quifemblcront  combattre  le  mouuement  circulaire  du 
Sang.  Et  premièrement  nous  confîdererons  ce  que  la 
faingnée  nous  enleigneicy,  fur  laquelle  cét  homme  Doùe 
a  fait  des  remarques  confiderables. 

Quand  le  Chirurgien  veut  ouurir  la  vcine.il  lie  le  bras,  l*  veint 
afin  que  la  veine  s’enfle,  non  pas  celle  qui  eft  au  deçà  de  i' enfle  m  L» 
la  ligature,  &  qui  eft  voifine  du  cœur, mais  celie  qui  eft  au 
de-là  de  la  ligature,  éloignée  du  cœur.  Qr  la  douleur  que 
fent  la  partie  liée  n’eft  pas  la  caufe  de  cette  tumeur,  uat  ^  cau- 
fouuent  on  a  fort  peu  ou  point  du  tout  de  douleur  en  la  fe  de  U 
partie  liée.  loind  que  le  bras  eftant  pincé  ou  brûlé  ref-  doulenr. 
fcni  vne  douleur,piuscuifantc,&:  neantmolnsfes  veines 
font  le  plusfouuent  moins  enflées  ,  que  lors  qu’il  eft  lié 
d’vne  fiinple  ligature.  U  veine, 

lln’ertpas  plus  vray-femblable  que  les  veines  groflif- 
fent  par  la  ligature,  à  caufe  que  leSange'l  portédu  foyc 
parles  veines  qui  font  plus  cftroitcs  vers  la  ligature  en 
plusgrande  abondance,  &  auec  plus  de  rapidité.  Com¬ 
me  les  riuieres  coulent  auec  plus  d’impetuofité  fous  les 
Ponts,  &  aux  autres  endroids  oùleurliélcft  pluseftroit. 

Mais  il  y  a  bien  de  la  différence.  Car  l’eau  courante  de  la 
riuicre  s’amaflant  près  d’vn  lieu  eftroir,  fe  haufle  manife- 
ftemcm,&  puis  tôbant  elle  coule  plus  vifte.  Mais  il  arriue 
le  contraire  quand,  le  bras  eft  lié  ;  Car  ce  ne  font  pas  les 
veines  plus  proches  du  foye  d’où  viendroit  le  Sang ,  qui 
s’enflent  le  plus  ,  mais  celles  qui  en  font  les  plus  éloi¬ 
gnées. 

Relie  doc  que  les  veines  s’enftét  au  de*là  de  la  ligature, 
parce  que  le  mouuement  du  Sang  qui  retourne  des  plus  ce  ({ue  le 
Mmmra 


^^2  Ican  VVaUuî 

petites  veines  au  cœur,  cft  attefté  par  la  ligature,  8c  mj. 
sairemblamlà,ilcftecdlavcinc.€t  afin  qucicpeufli;  en 
smfté.  efti-caflcuié  derechef,  i’aylié  fort  clbeKacmcnt  auecvn 
fil  le  rameau  iugulaire  &  crural  dans  les  animaux  viuâ.s, 
afin  qu’il  ne  paflTaft  aucune  goutte  de  Sang.  Et  puisi’ay 
ouucrtla  partie  de  la  veine  quieftoit  plus  éloignée  du 
cœur,'&clleavcilèdu  Sang  abondamment  aucc  gran. 
de  vifteffe  &  impetuofîté.  Aprcs  cela l'ay  relafché  la  liga. 
ture.  ôc  ay  diflcqué  la  veine  par  le  milieu,  &  ayant  tiré 
enhaut  hors  du  eorpsla  partie  deda  veine  plus  éloignée 
dii  cœur ,  elle  ictta incontinent  &  promptement-  du  Sâg. 
Cependant  que  la  partie  plus  proche  du  cœur  vn  peu 
plusc!euée,dc  peur  que  l’animal  s’agitant , à  caufe de  la 
douleur  n’exprimaftaifément  le  Sang,  lefpandit  du  com¬ 
mencement  vn  peu  de  Sang,  &  incontinct  apres  point  du 
tour.  D’eiil  me  fembioireuident  que  le  Sang  vient  des 
veines  plus  éloignées  dans  celles  qui  font  plus  prochesdu 
cœur,  &  non  pas  des  plus  grandes  aux  plus  petites,  finon 
que  peut  cftre  venas  à  s’ouurir, quelque  peu  deSang  s!ef- 
coulaft.  Chacun  peut  expérimenter  ailément  la-mefme 
chofeenla  faingnécdubras  ;Car  s’il  poufle  endiaut  aucc 
le  doigt  le  Sang  qui  eftau  defl’us  de  la  ligature,  en  forte 
que  la  veine  lemblc  vuidée,il  ne  lailTera  pas  ncatnioins  de 
voir  couler  le  Sang  audclTous  delà  ligature  ,  qui  n’a  pas 
peu  venir  par  le  rameau  fuperieur,  qui  cfl  défia  vuide. 
Les  srims  Jjra.on  fi  la  veine  s’eftei>d  de  cette  façon,  à  cau- 

^tasUrU  du  Sang  qui  fe  meut  des  plus  petites  veines  vers  le 
ligature,  eœur,  comment  l’artcrc  peut-elle  efire  dilatée  par  la  liga- 

vtüre,qui  s’eftunr  enflée,  a  efte:  ouuerte  au  lieu  delà  veine, 


comme  pluficurs  excellents  Médecins  tefmoignentîGer- 
tesrarterc  ne  s’enfle  pas  par  la  ligature  finon  du  cofté 
th.cka^.-j.  qu’elle  regarde  le  cœur,  mais  elle  s’abbat&fe  diminue 
vnpeii  parla  pâme  plus  éloignée  ,  comme  i’ay  expéri¬ 
menté  plus  de  cent  fois  aux  dideéboBs  des  animaux  vi- 


uans.  i.enepenfepasqiicles  Autbeursayent  voulu  que 
la  partie  plus  éloignée  de  l’artcre  ait, eflé  eftenduc  par  la 
Jigature,leur  intention  a  cflé  feulement,,  que  lors  que  la 


Du  méuuemem  du  Chyle0<dt4  Sang.  643^ 

veine  qu’il  faut  ouurir ,  ne  pacoift  pas ,  il  faut  fonder  en 
touchant  le  lieu  ou  elle  peut  cftre  cachée  ,&  qu’il  le  faut 
trouuer  par  la  fofle,  parle  mouuementôc  par  la  tumeur 
du  Sang:  Mais  qu’il  ne  faut  pasiuger  incontinent  apres- 
l’auoir  trouuée  par  l’attouchement ,  &  que  la  tumeur  eft 
apparente  que  la  veine foit  en cét endroit:  Car  l’artero 
pcuteftrcdcflbus  qui  aura  perdu  le  pouls  par  vnc  liga¬ 
ture  trop  forte ,  &  qui  ne  tombant  pas  tout  à  fait,  à  caufe 
de  l’efpailTcur  des  tuniques, fcmble  cftre  enflée  &  di¬ 
latée. 

O»  oppofera  encore,  fi  la  veine  enfle  à  caufe  du  Sang 
qui  retourne  au  cœur,  pourquoy  la  veine  qui  doit  cftre  p„t  supl 
ouuerte,  ayant  eité  liée  au  deflùs& au  4cffbus,enfle-ellc  deux 
ncaatmoins  &cftantouuertcrefpand-cilc  du  Sang  ?  qui  Ug^tnrts, 
femble  ne  pouuoir  pas  venir  des  parties  inferieures  i  ^ 
caufe  delà  ligature  qui  ferme  le  chemin.  Mais  certes, 
cela  n’arriue  pas  toufiours ,  mais  quclqucsfois  feulement 
lors  qu'onliclebras  à  vn  certain  interuallc.  Et  alors  les 
plus  grandes  veines  reçoiucntce  Sang  qui  eft  entre  les 
deux  ligatures,  des  plus  petites, qui  le  tirent  des  plus  pe¬ 
tites  artères  iointes  par  Anaftomofe  aux  plus  petites  vei¬ 
nes.  Orque  ce  Sang  qui  coule  entre  les  deux  ligatures, 
vienne  en  effeâ:  des  artères  par  le  moyen  des  Anaftomo- 
fc$,envoicy  lapreaue.  C'cftqu!il  coule  auecplus  d’im- 
petuofîtc,  qu’il  eft  plus  thaud  &  qu’eftantfortijileftplus- 
aifement&  pluftoftfuiui  de  rypothymie.  D’où  vient  que 
i’ay  accouftumé  de  meferuir  de  cette  Iigatuic,lors  quci’ay , 
desfignes  que  le  Sang  fpiritueux  &boiiillantcft  mal  af- 
fcété  :  Eti*ordonnc  au  chirurgien  de  chercher  ces  Ana- 
ftomofes  auec la  ligature.  Car  fion  lamet  au  dcflùs  de. 
l’Anaftomofe  , elle empofehe  le  mouuement  du  Sang; 
mais  fl  elle  eft  au  deflbus ,  elle  ne  racccftc  pas ,  &  alors  la 
malade  fent  qu’il  fort  plus  chaud.  Voufmty 

La  veine  eftant  ouuerte  &  le  Sang  coulant  ,lois  que  le  eaU  fatL 
Sang  ne  vient  pas  en  fl  grande  abondance  qu’aupara-  grJe  on  Uf- 
uancjou  qu’ilne coule  pas  en  affez  grande  quantité  du  cheUlig»- 
commcDCcmcnt,  nous  iafehons  la  ligature,  afin  que  le 
“  .  Mminm  ij 


4  4  Wal<em. 

Sang  forrc  plus  copicul'cmcnt.  Ot  il  fcmble  qu’on  ne 
lafche  point  la  ligature,  afin  que  le  Sang  vienne  dufoye 
parles  veines.  Car  encore  quil  ne  paroifTe  point  de 
Sang  ou  for’  peu  au  delTus  de  la  ligature  ,  &  que  mefines 
onvoye  vne  certaine  folle  dans  la  veine,  on  verra  néant, 
moinH  que  la  relaxation  de  la  ligature  aide  à  faire  coulcj 
le  Sang  qui  ne  peut  pas  venir  d’vnc  veine  vuidc.  Mais 
cette  d  fficultécftailement  rcfolue,  fi  on  confidcre  que 
le  Sang  dclccnd  mieux  par  les  arteics ,  &  d'elles  entre 
dans  les  veines,  lors  que  la  ligature  cft  lafchéc.  Parce 
que  les arteres  qui  eftoient  comprimées  par  la  ligature, 
deuicnnentplus  libres,  lors  qu’on  la  lafche,  Oi  que  les 
arteres  ne  foient  .pas  fouucnt  allez  libres ,  lors  que  le  bras 
eftlié,  ceux  qui  ont  elle  liez  le  pourront  bien  tcfmoi. 
gner,qui  fentent  fouucntlc  pouls  de  l’aricrc  à  la  ligature, 
&  ce  fentiment  eft  caufé  par  l  artere comprimée, quand 
elle  bar  contre  la  chair.  Q^c  file  médecin  y  veut  pren¬ 
dre  garde,  il  tiouucra  fouucnt  le  pouls  plus  petit  au  bras 
lié  qu’cnccluy  qui  eft  libre.  Et  le  puis  aflèurcr  que  i’ay 
quelquesfois  appliqué  le  doigt  au  carpe,  lors  qu’on  laf- 
ch^ît  l’aif  achc ,  &  que  l’ay  remarqu  i  que  quand  le  Sang 
couloir  plus  abondamment  apres  la  relaxation  de  la  li¬ 
gature  ,  le  pouls  eft  deuenu  plus  grand. 

Maisfilc  Sang  qui  coule  de  la  veine  ouucrtc,  vient  des 
Veurcjusy  arrêtes  dans  les  vcines, com  ment  en  pcutilfortiren  abon. 

danceî  Car  toutes  les  arteies  pouflent  egalement  &:  par 
(thondttm-  confequcntilicmble  qu’elles  donnét  aux  veines  IcSagea 
.mmi.  égale  mefurc.  Or  fi  les  autres  arteres  dônent  aurat  à  leurs 
veines  que  les  ancres  du  bras,  &  qu’il  lort  de  Sang  ,  le 
cœur  ne  fera  il  pas  incontinent  dépourucu  de  Sai  g  î  II 
n’y  a  certes  aucun  danger  i  craindre.  Car  nous  auons  dit 
que  le  Sang  vient  auffi  promptement  au  cœur,  qu’il  en 
cft  chaffé. 

le  ne  penfe  pas  pourtant  que  le  Sang  entre  egalement 
dans  toutes  les  veines,  encore  qu’on  voye  toutes  les  ar¬ 
teres  pouffer  egalement  :  Car  toute  forte  de  liqueur  cou¬ 
le  plus  aifement&  plus  ptôptcment  dans  vn  lieu  vuide, 


Dumomementdu  ChyUts^du  Sang.  64/ 

dans  lequel  il  n’y  a  rien  qui  doiuepouflcrô<:^h^[l'e^.  Da- 
uantage  ce  Sang  eft  plus  attiré  par  les  veines  euacuées 
que  de  celles  qui  font  pleines. 

Mais  le  Sang  coule  plus  abondamment  de  la  veine  du 
coudeouuertc,  quedela  main, parce  que  tout  le  Sang  dt  U 
qui  vient  dans  les  veines  par  toutes  les  Anaftomofes  du 
coude  &  de  la  main  ,  doit  retourner  par  les  veines  du 
coude  :  M  ns  ccluy  qui  vient  par  les  veines  de  la  main, eft  „ 
en  plus  petite  q  iantité  ,  &  vient  feulement  par  les  Ana- 
ftomofes  des  mains.  Le  Sang  coule  à  la  vérité  continuel  d'vnt  mne. 
lementde  l’artcrc  blc(ïéc,cncorc  qu’elle  ne  foit  pas  lice,  rt  blept. 
Mais  cela  arriuc,  parce  que  le  Sang  eft  potté  auec  plus 
d’impetuofîtc  par  les  artères  que  par  les  veines,  par 
moyen  de  laquelle  il  remplit  l*âriere,  clcac&  dilate  fa 
tunique,  &  quand  elle  eft  ouuerte,  il  fort  ncceffaircmcnc 
auec  impctuofité. 

Quand  il  eft  forty  affez  de  Sang  de  la  veine  qu’on  a  V 
ouutrre ,  nous  l’arreftons  en  oftant  h  ligature,  parce  que 
le  Sang  peut  eftrc  porté  derechef  par  fon  premier  chemin  Ugntme,  ^ 
libre  :  Mais  s’il  artiue  queles  veines  ne  puiftent  donner  U  ctuU 
vn  paflage  prompt  au  Sang  quis’cft  amafle  en  trop  gran- 
de  abondance  près  de  la  ligature  ;  Ou  que  l’onuerturc^^”  ’  ^ 
foit  fi  grande ,  qu’il  puiftc  couler  maintenant  tout  droit 
par  le  lieu,par  où  il  cftoicporiSauparauanteftât  refermé,  tefbé  fsr 
il  ruiffclle  quelqucsfois  apres  que  la  ligature. cftlafchéc.  bêstnmet- 

Etauioutd’huy  nos  Chirurgiens  pour  larrefter,com- 
priment  fouuent  la  veine  vn  peu  au  deirousdel’ouucrta.  *'^**^*r 

re,  6c  arreftenc  ainfi  le  Sang,  de  peur  que  s’ils  la  compri- 
moient  incontinent  au  dclTus  delaplayc,  le  Sangrctena 
ne  fc  concréc  à  la  playc,  &  ne  retarde  la  confolidation  do 
la  veine.  Or  ceux  qui  ofcntnicr  qu'on  puifle  ariefterlc 
S«ng  de  cette  façon  ,  ic  ne  fçiy  pas  en  qnoy  on  les  doit 
croire ,  puis  qu’ils  ofént  nous  tromper  en  vne  chofe  û 
daire.  Il  eft  donc  manifefte  que  le  Sang  vient  des  par¬ 
ties  inferieures,  puis  qu’on  l’an  efte  en  preffant  la  partie 
inferieure. 

<^c  s’il  arriuc  no  pas  en  la  faingnée ,  mais  par  quelque 
"  ■  Mm  mm  iij 


L/t  vtini 
ejjânt  Aufsi 
0nuerte  p/tr 
lemiUeUy(^ 
fPHrquoy. 


Aucune 
partie  ne 
refait  le 
Sang  par  les 
veines,  ex¬ 
cepté  le 
foye. 


646  Um  FVaUus 

autre  malheur  que  la  veine  foitblclTéc  ,  de  forte  qu’on^e 

puiflepas  arrcfterIeSang,onouureIa  veine  de  Uauersj 

D’où  vicntqûcla  veine  n’eftant  plus  tendue  comme  au» 

parauantjles  parties  ouucrtesfont  tirées  en  haut  & 
bas  vers  la  chair  qui  comprime  &  ferme  les  orifices  de  la 
veine ,  &  cela  d’autant  plus  aifement  que  le  Sang  peut  fe 
mouuoir  parles  veines  voiftnes  tendues  &  ouucrtes, 
celles- cy  eftans  fermées.  G'cft  pour  cette  raifon  qu’vnc 
petite  arcere  citant  coupée  de  trauer$i  1  hémorrhagie  ou 
l’inflammation  ne  fuit  pas.  * 

Ces  chofes  eftans  ainfî ,  ie  penfe  que  tout  le  monde  voit 
euidemment  que  les  chofes  qui  arriuent  en  lafaignée 
ou  prcuucnt  le  mouucment  circulaire  du  Sang, ou  qu’au 
moins  elles  ne  luy  font  pas  contraires. 

Mais  parce  qu’on  nous  met  en  auant  d’autres  ob- 
ieétions.ilfaut  quenouslcs  examinions  aufîi.’ Ils mon- 
ftrent  que  le  Sang  ne  vient  pas  des  arteres^  par  les  veines, 
mais, immediatemcnt.da  foye,  parcoque  quelques  par¬ 
ties  qui  n’ontpoint  d’artcres,au  nombre  dcfquelles on 
met  la  pleure,  rcçoiucnt  le  Sang  &  fouffrent  des  tumeurS’ 
lors  qu’il  fc  débordé.  Mais  il  ne  s’enfuit  pas  que  fi  les 
parties  n’onr  point  d’arteresque  leurs  veines  ayentreçeu 
le  Sang  du  foye^ô^on  pas  ailleurs  des  artères.  Car  com¬ 
me  nous  auons  ditqueîc  Sang  entre  des  arteres  mefen- 
teriques  &  celiaques  dans  les  veines,  mefenteriques  & 
fpleniques  par  lefquelles  il  cft  porté  au  foye  ;  Ainfî  d’au¬ 
tres  veines  pourroiencrcceuoirde  Sang  des  artères  &  lo 
porter  à  la  partie  plus  efloignéc  des  arteres.  Il  n’y  a  pour¬ 
tant  aucune  partie  du  corps  d’vne  iufte  grandeur  dans 
laquelle  les- Anatomiftes  ne  recognoilfent  en  effed  des 
arteres  apparentes.  Ilycnavne  infinité  qu’ils  n’ont  pas^ 
cognuës, parce  que  les  petites  qui  font  difperfées  dans 
les  chairs^,  ont  vne  fîmplc  tunique  feulement,  coramclcs 
veines.  Et  dansie  foye  mefme  il  y  a  autant  de  rameaux 
dcl  artère  celiaque  que  delà  veine- porte, &  autant  auf- 
fî  du  méat  chohdoque  :  Que  les  Anatomiftes  ont  tenu, 
îufqucs  icy  pour  des  veines  de  la  porte,  parcc.que  ces 


Vu  motiuemcnt  du  Chyle  du  S an^.  é  4  7 

tfoisforces de  vaiileauxTont  renfciméesau  toyepar  vnc 
tnniquc  commune.  Qmconque  aura  veuouuhr  le  tho¬ 
rax  dVn  animal  viiraiu,  ne  niera  iamaisque  la  plcurcaic 
des  artères.  Car  lors  qu’onlc  diflTeque,  le  Sang  a  accou- 
ftumé  defortir  des  artères  de  la  pleure. 

Ilsprouuentcncorequcle  Sang  n’entre  pas  desarteres  Pourijaoylg 
dans  les  veines,  parce  que  le  bras  cftant  lie,  en  force 
ncantmomsqucles  arteres  bâtent ,  le  bras  ne  s’enfle  pas 
en  vne  grofleur  immenfeaudeflbus  de  la  ligature.  Oril  k 
femble  qu’il  deuroit  venir  à  cette  grolfeur  cxceflïue  ,  fi  Jnegr^n- 
rien  ne  peut  retourner  dans  les  plus  grandes  veines  à  deurim- 
caufe  dclaligaturc  .  &  fl  les  arteres  pouflent  à  chaque  & 
Syftolc  quelque  peu  de  Sang  dans  le^  veines  inferieuros, 

&  qu’il  fe  fait  plus  de  trois  mille  Syftoles  en  vnc  heure. 

Mais  certes  ilfe  peut  faite  que  le  bras  lié  ne  croift  pas  à  ' 

cette  grofleur ,  parce  que  les  veines  ne  font  pas  fermées 
tout  à  fait,  &  que  le  Sang  peut  retourner  dans  les  plus 
grandes  veines  par  quelques  paflages  cachez  qui  font 
lbuslaligatur|^:  Comme  nous  voyons  que  la  partie  qui 
efteilroitement  ferrée  par  le  bandage  repulfîf,  fc  nourrit 
ncantmoins  plufieurs  mois  ou  années,  du  Sang  qui  coule 
à  trauers.  il  (e  peut  faire  auflî  que  fl  peu  de  Sang  eft  pouf¬ 
fé  par  les  arteres  du  bras  hé  ,  qu’il  ne  peut  reftendre 
beaucoup  qu’apres  vn  long  efpace  de  temps  Car  ce 
Sang  (cillement eft  poufle^lors  que  les  veines  font  en¬ 
flées  à  caufe  de  la  plénitude  qiu  eft  dans  les  arrêtes,  de¬ 
puis  la  ligature  iulques  à  lamam  :  Car  celtiy  qui  eft  au 
deflus  de  la  ligature  peut  mieux  entrer  dans  les  veines 
parles  Anaftomofos  libre».  Mefmesil  fc  pourroit  faire, 
que  lors  que  les  veines  enflées  ne  permettent  plus  que  le 
Sang  fou  poitfle  des  arteres  dans  leur  cauité ,  le  pouls  des 
arteres  s’arrefte,  ou  que  le  Sang  regOi  ge  enhaut ,  &  qu  il 
cntreparles  A -afton^ofesdans  les  veines  au  dclTus  delà 
ligature.  Dequoy  nous  auons  rapporté  que  nous  auons  • 
veu  quelque  choie  de  fcmbUble  envn  canard  Que  s’il 
n’arruiedc  ces  chofes  ,  le  bras  enflera  tout  à  fait  par  la 
ligature,  &  l’cxûnétion  de  la  chaleur  Baturellc  par  l’abon* 


^^8  lemWaUus] 

dance  du  Sang  quia  efté  pouffé ,  s’en  ctifuiara,  Car  ic 
me  fuis  fouuentlic  le  bras  au  deffus  du  carpe  ,  &l-ayauflj 
lie  à  d’autres ,  &  l’ay  veu  que  les  veines  groOlffoient 
toufiours  &  que  la  chair  enfloitvn  pcu&  rougiffoit.'  W 
fort  fouuent  lepouls  des  artères, efl  deuenu  mfcnfiWe- 
ment  plus  petit,  mais  non  pas  toufiours,  &  mcfmesquel. 
quesfois  intermittent  :  Et  que  bien  tort  apres  la  couleur 
rouge  de  la  main  licc,a  efté  changée  en  liuide  ;  C’cllpour- 
quoy  i’ay  incontinent  délié  la  ligature ,  par  la  crainte  que 
m’a  donné  cét  exemple-  Comme  vn  Chirurgien  de  vil. 
lage  ne  pouuoit  an  c  ,er  le  Sang  à  vn  payfan  qui  auoit  efté 
blcffé  à  la  partie  interne  du  bras  près  du  coude,  il  lù  le 
brasfürttftroitcmcmàl’cmout  delaplayc,  d’où  s’enfui- 
uit  vne  grande  inflammation  de  la  partie  inferieure  du 
bras,  &  la  tumeur  deuint  fi  grande  que  l’on  voyou  au 
lieu  des  nœuds  des  doigts,  des  fofles  profondes,  &  dans 
dix  &huiâ:  heures  la  gangrène  &  le  fphacelc  fc  mit  à  U 
partie  inferieure  du  bras  qui  fut  extirpé  par  Chnflianus^ 
Retins, en  ^zdtnced'EmtddHs  Screnelius  g|andMedecin,. 
&  de  moy. 

Comment  il*  obieâentaufïï  que  fl  le  Sang  veineux  vient  des  ar- 
(^^eurquey  tctcs,  commcnt  cft  il  pofliblc  qu’il  y  ait  fi  grande  diffe- 
le  S,mg  renceenae  l’arterieux  &  le  veineux  ?  Mais  il  faut  Içauoic 
diffelTde  ^  grande  différence  entr’eux  que  la  plus- 

Vmterieux.  part  eftiment  qui  iugent  par  rimpetuofité  aucc  laquelle 
fort  le  Sâgartericux  qu’il  eft  fort  fubtil  &  plein  d’efpnts: 
Encore  que  cette  faillie  ne  vienne  que  de  l’impetuoScé 
auec  laquelle  le  cœur  pouffe  le  Sang  par  les  arteres.  Car 
l’artere  eftant  ouuerte  au  delà  de  la  ligature, le  Sangcoule 
goutte  à  goutte  feulement,  Orcette  differêce  qui  cft  entre 
euXjfe  peut  &  fe  doit  prendre  de  la  chaleur  plus  grande  ou 
moindre,  &  de  l’abondance  des  efprits,  félon  qu’il  eft 
plus  ou  moins  éloigné  du  foyer  &  du  cœur.  Car  le  Sang 
•  qui  eft  près  du  cœur ,  cft  fort  different  de  ccbiy  qui  fc 
troaue  dans  les  plus  petites  artères  capillaires ,  que  vous 
auriez  peine  à  diftinguet  de  ccliiy  qui  cft  dans  les  plus 
petites  veines.  Et  les  plus  petites  veines  ont  le  Sang  plus 

rare 


D«  mouuemtnt  du  Chyle  du  Sang.  ^4^ 

raie  &  plus  chaud  que  les  plus  grandes  Ce  que  chacun 
peut  expérimenter  aifément  en  la  faingnée  de  la  veine  du 
pied,  &  de  la  main  :Mefmes  fi  on  fait  la  faingnéc  auec 
deux  ligatures,  comme  nous auons  défia  dit,  il  fortira 
plus  chaud  qu’aiicc  vne  fimple. 

Ilstaichcnta'.ifiî  de  pr.'uuer  quele  Sang  ne  va  pas  des 
plus  petites  veines  aux  plus  grandes  par  les  purgations 
des  femmes  >  qui  à  lenradtîis,  s’amaflènt  vn  mois  entier  ^ 
danslesvcmes  à  l’entour  de  k  matrice  j  Et  fi  elles  vont  de  de  Umn^ 
la  matrice  à  la  tefte,  ils  croyenr  qu’elles  ne  paffentpas  la  tm*. 
veine-cauc  &  le  cœur.  Mais  k  commune  &  véritable 
opinion  cft  que  les  purgations  fe  meuuent  versla  marri, 
ce,  enuiron  Te  temps  qu’elles  ont  accouftümé  de  couler, 
duquel  mouuement  des  humeurs  naiffcnt  prefqucenco 
temps  là  les  douleurs  des  lombes  &  de  cofté.  le  fçay  aufli 
que  fi  le  pouls  du  cœur  &  des  artères  peur  deuenir  fi  grad, 
enuironle  temps  que  les  purgations  (e  font, elles  en  cou¬ 
lent  mieux  ,  parce  que  le  Sang  cft  poufie  auec  plus  de 
vehcmence  parlesartercs  dansla  matrice.  Il  peut  néant- 
moins  arriuer  que  le  Sang  mcnftruel  s’amafiê  ,  &  qu’il 
caufe  obftrudion  dans  la  matrice,  &  qu’il  ne  retourne  pas 
alors  dans  les  plus  grandes  veines,  à  caufe  que  ce  mouuc- 
ment  cftempefché-.maisc’cft  contre  l’ordre  de  la  nature,  comment 

Or  quand  ce  mouuement  mcnftruel  feporte  delà  ma-  Us  fi  portée 
triceàlateftcjle  chemin  n’eft  pas  incommode  par  la  véi-  deUm*. 
ne  caue,  par  Iccœur,  &  paricrameau  afcendancdcTar- 
tcrc  aorte  Et  en  effed  les  palpitations  ik  les  legereshpo-  ‘  *' 
thymies  qui  accôpagnentîafuppreffion  des  mois, fembléc 
monitrcr  que  ce  Sang  mcnfttucl  paffe  par  le  cœur. 

Ondirapeur-cftre  qu’ilfctoit  dangefeux,fi  routes  les 
mauuaifes  humeurs  qui  font  dâs  noftre  corps  penecruiét 
&pâffoienttoi^fioarsdaas  k  cœur.  Mais  il  faut  Içauoir 
que  noftre  corps  cù  ba.  y  de  telle  forte  ,  que  cela  eft  très-  les  mm- 
commode, quand  nous  fommes  en  famé,  &  non  pas^^'f** 
quand  nous  femmes  malades  loint  quernumçur 
pourritSc  deuient  mauuaile  parles  obftrudvons,  ne  vient 
p^asicy,  parce  que  le  cheraia  eft  bouché.  Ei  lccœurn’cft2,orr<»r  de 

'  .  Nnnn 


(^fo  Walieus 

/.■^fiheux  pas“fi rendre,  qu’il  puifle t (Ire corrompu  incontîncntn 
Mutdens.  l’humciir  iTiauuaife  qm  n’yarrdte  paslong  remps-.^^ 
■  6.T>esli(ux  ces  grands  hommes,  Hollier,  ^  du  Lmrtns  ont 

. remarqué  que  le  pus  des  empyiques,  les  auties  hu. 
c<?«.  A-  meurs  acres  &  puantes  palTent  eritiqueraent ,  &  fans  des 
pW.4./.  6  fytnptomesfafcheux  par  le  ventricule  gauche  du  cœur. 

Aȉf  V9  'Ce  qui  arriuefouueot  pour  le  bien  des  malades, pareeque 

th.i\.q.  il.  cette  humeurpalTant  fouucnc  par  le  cœur,  d  U  dornic 
obtenions  par  fa  force. 

centre  les  Quant  aux  autres  obicélioirs  qu’on  nous  fait,;  elles  rc- 
xtreonfian-  .gardcTit  feulement  Icsciaufes  de  cemouucment,  ou  que]. 

ques  circofiftanccs,  où  la  contrariété  d’opinions  eft  ordi- 
naircraenc  plus  libre.  Voyons  maintenant  fi  cllcs-ont 
•quelque  poids  &  quelque  force  pour  ruiner  &defttuite 
noire  opinion, 

,  Ils  afr^ureutquelecœur  humTin.ne  iette  pas  à  chaque 
fyftole,  rty  vue  demi-once  ,ny  vne  drachme,  ny  vn  feru- 
It  cru  'ne  "ptilc  de  S  mg  pour  trois  raifons  :  La  première  .  parce  que 
iette  vne  cc  Sang  e(t trop (piritueux.  Mais  nousauonsdefia  mon- 
àemj-onct  .ftféquil.eft  moitis  (piritucux  qu’oii  croit  communément. 
i@%a,ng.  P  a  feeonde,  parce  que  les  valvules  du  cœur  font  des  pe¬ 
tites  fentes  feulement,  &c  qu’elles fe  ferment  incontinent 
apres.  Ce  qui  ne  s  accorde  pas  aulTi  auec  l’experience.  Car 
l’arterc  eftant  retranchée  du  cœur ,  il  fort  d’aflez  grands 
icéfsdeSang.  La  troifiéme.quelcs  artères  font-trop  plei¬ 
nes  pour  pouuoirreceuorr  vnc4leini-onÊe,ou  vnedrach- 
Kic.ou  vnfcrupuledeSang.  Mais  ils  n*ont  pas  bien  con- 
rfiderccc  qu’ils  alTeurcnc;  Car  lors  que  le  cœur  fe  referre, 
toutes  les  artères  de  tout, le  .corps  fè  dilatent  par  tout, 
Æomme  l’ay  fouuent  remarque  par  rattouchement,  ce- 
.pendant  que  ictcnois  entre  les  doigts  vne  artère  toute 
nue,  &  dc('poü  liée.  Qui  dira  maintenant  que  toutes  les 
arrei cs  du  coi P' eftant  dilatées ,  ne  puiflént  receuoir  ou¬ 
tre  le  Sang  qu’elles  ont,  vne  demi-  once ,  vne  drachme,  ou 
vn  fcrupulede  plus? 

Rhn  Hem-  H  nient  auflî  que  dans  le  fœtus  le  Sang  entre  de  lavei- 
p[tht  «»/«<nc  caueparlcsvaiflcaux  vnis  du  cœur  dans  l’ancre  aorte, 


Dumomement  du  Sang.  6ri 

&  que  de.  là  J  entre  des  ai  teres  vmbilicalcs  dans  la  veine  au  fœtus 
vmbilicale,  &  que  parcelle-cy  il  retourne  au  cœur.  Par  -  qutLm?u- 
ce  qu’ils  croient  qu’il  s’cnfiiiuroit  cette  grande  abfurdué,  du 

qu’vnc  feule  veine  porteroit  le  Sang  de  la  mere,&enfem- 
ble  autant  de  Sang  que  deux  artères  vmbilicales  auroient 
porté.  Comme  fi  vneriuicrenecharrioit  pas  quelques- 
fois  autant  deau  dans  vnli(^,  qu’elle  en  reçoit  par  plu- 
ficuts  bras. 

Eticyoùlavcine  vmbilicalceft  vnique  ,elle  eft  beau¬ 
coup  plus  grande  que  l’artere.  Souuent  il  n’y  aqu'vnc 
artère  feulement,  ou  deux  veinesj  de  forte  que  les  artères 
refpondent  bien  près  aux  veines.  Fallofe  grand  Anato^ 

Hîifte  dit  :  Ily  a  toufiaurs  mx  kejles  deux  veines  &  deux  ar¬ 
tères  ejui  vont  tufques  au  nembrilauecl’ O uraquei(!r  les  vei¬ 
nes  immédiatement  deuant  qu'elles  entrent  dans  (Abdomen, 
s  ajfemblent  en  vne  qui  touche  aux  portes  dufoye-,  comme  iay 
remarque  dans  tousles  fœtus  des  brebis, des  chèvres ,  &  des 
vaches  que  iay  dtjfeque.  Que  s  ils  parlent  du  fœtus  humain, 
rajfeureque  ie  tiay  point  veu quelquesfois  deux arteresvm- 
hilicales,mais  vne  artere  feulement ,  &  vne feule  veine ,  qui 
montent  enfemble.auec  l'Ouraque  au  nombril ,  où  (artere  p»  figne 
fèfend  derechef  en  deux,  qui  vont  puis  apres  aux  cofiez,  de  ^ue  ce  mou^ 
(osfacrum.OiCpit  cette  vnioa  des  vaiffeaux  du  cœur  ait  uemtnt  ea 
efte  faite  dans  le  fœtus,  afinquele  fangpaffe  parla  de  la*” 
veine- caue  dans  l’aorte,  il  femble  que  les  animauxaqua- 
tiques,  comme  le  canard  ,1’oye,  &d  autres  nouslcnfei- 
gnent  ,qui  cftans  mcfmes  adultes,  ont  cette  vnion  dès 
vaiflcaux  du  cœur ,  parce  qu'ils  ne  peuuent  pas  fouucnt 
refpircr  &  dilater  le  poulmon  fousl’èau,  afin  que  le  Sang 
paflepar  là  de  la  veine -caue  dans  l’aorte,  ny  parconfe- 
quent  admettre  le  Sang  par  là.  Ccquciïiimi^r  remar¬ 
que  aufli  au  Chapitre  6. 

Ils  nient  auffi  les  frequentes  anaftomofes  des  veines  &  -g  ncortqu'd 
des  artercSj  car  autrement  il  ne  feieroit  point  de  tumeurs  des». 

par  la  fluxion  &  l’amas  des  humeurs.  Comme  fi  les  riuie-  nastomofes 
res  deuenans  trop  grofies,  ne  pouuoicntpas  inonder  les 
ehajmpsj/oifias,encorcs  qu’elles  ayent  vne  emboufeheu-  ftgjifeptnt 
Nnnn  i) 


6^1  VF^aUtiS 

f»irt  tou-  mcfme  de  ce  Sing  qui  ne  peut  pas  tetour,' 

tlsfois  des  neraiféinenr  dans  les  vaitTeaiix  ,àcauCe  qn’il  fç  cnagulç 

iumcHrs.  eftanthors  des  vaiffeaux.  l)auantagc,Ies  tu  meurs  fc  font 

parce  que  par  quelque  obftrudion  le  partage  eft  ferméatt 
Sang  pourallcr  pl  is  outre,  ôc  qu'il  cft  attiré  à  la  chair  pat 
lachâlcu!  &  la  douleur. 

O'  il  s,é  >le  que  CCS  tumeurs  fauenfent  pluftoft  ce  mou- 
UcmcniiCiiculairedu  Sâg> parce  q  i’ellcsarriuct  parftoid, 

par  conturion,&  par  la  rôilndion  du  cheminA  que  l’hu¬ 
meur  cftât^ouucnt  rend  \c  pi  us  coulante  dans  les  tumeurs 
parlemojrêdercaudc  vie ,  ou  de  quelque  autre  mcdica. 
mêt,e{l  emportée  djs  les  veines  par  ce  mouucmê'  daS  ig; 

&  que  la  tumeur  eft  cniicretnent  guerre,  pluftod  par  U 
codions  diflipation,  que  par  la  repulfîon  &  reimlfion, 
il  Ce  pre^éi  fi, d’autre^  d  iEculreS:  touchât  la  cAufe  du  mon- 
,I«  SMg  cernent  du  Sau^'  Nous  auonsnié  queleSigTe  laiefic  dans 
ccEur,rclô'rardre  de  La  nature  fi  lubitemct,  &  aucciant 
iarinf»-  véhémence, qu'il  puiffe  mouuoir  le  cœur, le  Sang  de 
stout  e  corps, &  les  arceres  mclmcs  Quelques  grands  ho¬ 
mes  Autheurs  de  cette  opinion, peni'cnt  la  pouuoir  piou. 
ucr  Ÿ3itctucï$^\(on^<^Helors^Heu6Hsauonsfroid  tomesles 
peines  de  uoftre  corps  fe  rejferrêt  &  peirotjfent  petue ,  ^  ejuai 
mus  femmes  echaujfe^  elle:  s*  en fent  fi  fon^  ejue  le  Sa^  efu  el¬ 
les  contiennent  occupe  dtxfoisplus  d’efpac’  eju  aupAraumt. 
reftimcccrics  que  puis  qu’ils  te  iont  efforcez  fi  fuigneu- 
fenicnt  dmerCes  fois  de  perfuader  publiquement  cette  ra- 
-tefadiondu  Sang  ,  &  qu’ils  ont  diflcqué  les  cœurs  des 
animaux  viuans,qu’iUlesont  aitcntiucmcnr  confîdcvé,& 
qu’ils  n’ont  pasolé  lufqucs  icy  affeurcr  qu'ilsont  fcniy 
cette  rate fadion  du  Sangauceeur,  qu’ils  ri’ont  peu  la  re¬ 
marquer  eneffed, comme  ilslapropofcnt  &  qui  n’eftpas 
véritablement, 'comme  rl  (eia  ailé  de  voir  àceluy  qui  fera 
vn  peu  accouftumé  à  la  difled  on  des  animaux  viuans. 
C’eft  pour quüy,ci  cote  qu’on  peut  piouuer  que  cette  ra- 
refadfon  du  Sangarnuc  quclquevfois  conti  e  l’ordre  de 
la  naiutc,on  nt  doit  pas  duc  ncantmoins  qu'elle  Ion  eau- 
fedu  raottuement  nacurcl  du  cçear,da  iâg  ôc  des  artetes. 


Du  mouuemtnf  du  Cl^yle  du  Sang.  6  5? 

il  femhle  quMn’y  ait  pas  affVz  de  certitude  eu 
l'cxprnole  qu’ils  propofcnt  que  1("  Sang  occupe  dix  fois 
plus  d’erpace-qu’auparauant,3L  caufc  de  la  rarcfaâ:ion. 
Car  il  fcmble  que  cette  tumeur  des  veines  externes  peut 
venir  de  ce  que  les  veines  e  fansfcrrées  &  eftreffi'^s  au- 
parauant  à  cauPe  du  froid,  ne  pouuoicnt  pas  receuoir 
(jcancoup  de  Sâg,nv  enfler  par  confequent:  Mai'  if*  froid 
ccflanr  leurconftriétion  aulfi ,  &  les  veines  cftans  laf- 
chces  parla  chaleur  eUes  pouuoiciit  receuoir  beaucoup 
de  San? . qui  cftchijfé  parle  cœifr  vers  elles,  &  paroi- 
ftre  ainfî  enflées  II  femble  que  les  Febucitans  nous  en- 
feignrnt  quece  n’eft  pas  la  moindre  caufc  de  la  tu  meut 
des  veines  ,  lefqncls  s’ils  expoPent  leurs  bras  au  froid, 
n’ont  pas  les  veines  fi  enflées  :  Mais  s’ils  les  tiennent  ca¬ 
chez  fous  1  CS  coimerres  contre  le  froid  elles  dcoicnncnt 
fort  tumides.  Que  fi  cette  tumeur  cftoit  caufée  par  la  ra- 
refaélion,elledciircnt  eftre  prcfque  égal?  au  chaud  & 
au  froid  ,  puis  que  la  rarefadion  du  Sâng  vient  d’vne 
cauPe  interne. 

Nous  ne  tenons  pasauffi  pour  chofe  indubitable  que 
qua  d  nous  auons  premièrement  froid  &  puis  chaud, 
que  Ivts  veines  internes  s’cnflsnt  comme  les  externes. 
Car  nous  nous  imaginons  que  les  parties  internes  ont 
moins  df*  chaleur  &  de  Sang  qu’auparauant ,  parce  qu’au 
lieu  qu’elles  eftoient  offenfées  auparauant  par  le  froid, 
quand  nous  auons  efté  ainfi  cchauffcz,  clics  font  mer- 
ueillculèmcnt  afFoiblics  en  prenant  quelque  bceuuagc 
froid  Certes  comme  les  veines  internes  font  fouuent  le 
referuoit  du  Sang  où  il  cft  gardé  '  our  les  vfages  ncccf- 
faircs,  les  veines  externes  le  pcuucnt  eftte  aufli,  &  pa- 
foiftre  alors  enfl  es. 

Comme  ces  autheursonr  veu  que  ce  que  nous  difions 
que  le  Sang  cfl:  verfé  manifeftement  en  la  conftridion  , 
cftoit  fort  contraire  à  leur  opinion,  ils  maintiennent  que 
ce  n'eftpasen  la  conftpdion  ,  mais  en  la  dilatation  ,  & 
que  nous  auons  efté  trompez,  parce  qu’en  no  te  con- 
ftcidion  >  la  conftiidion  eft  feulement  à  la  bafe  ,  &  la 
“  '  N  nnn  iij 


M*isp»rl4 
confirittion 
dmaenr  en 
h*Ht  cj>  <1* 
bai  vers  les 
étiteres. 


^54  VF^aUus 

véritable  dilatation  à  l’entour  delà  pointe.  Mais  qoél:^ 
qncs-vns  voyans  que  cette  veine  imagination  ne  pou^ 

uoiifiibri(lcr>  afin  qu’ils  ne  fcmblafTcntauoir  abandonna 
cette  canfe,  fe  (bnr  imaginez  qu  ilaàla  vérité  conftri 
£kion  dans  la  cauité  du  ventricule-  entier,  mais  qu’^u^ 
folTes  &  aux  conduits  des  coftez,  fur  tout  aux  chiens  U 
s’y  fait  quelque  extenfion  &  vne  véritable  dilatation.* 
Mais  on  nevoitpas  certes  qucla  partie  fupeiicureda 
cœurfe dilate,  lors  qucrinfcrieurcfc  rcfTerrc.fînon  lors 
que  l’animal  mourant  ,  le:  pouls  deuient  ondoyant  par 
l’impulfion  du  Sang.  Et  on  ne  peut  paS’  remarquer  que  U 
dilatt;t'ion  ou  la  conftriétion  des  fofles  foit  diflFercnie  de 
celle  delà  cauité  des  ventricules.  On  remarque  feule, 
ment  quelque  mouuementprogreflîf  en  vn  grand  cœur- 
parce  que  la  dilatation  oula  conftridion  commence  ma- 
nifeftcmentparlabafc,  &  va  infcnfîblemet  vers  la  pointe-, 
encore  qu’iPs’acheuc  prefque  tout  en  vn  moment.  Et 
afin  que  ie  fufTe»  entièrement  adeuré  que  le  cœur  fe  ref- 
fcrroïc  auffi  de  tous  coftez  par  dedans ,  apres  auoir  coupé 
la  pointe  des  deux  vencticules,  l’ay  fourré  k  pouke  & 
rindice  dans  le  cœur  viuant  d’vn  chien  ou  d’vn  lapim; 
&  r’ay  fend  manifeftement  que  les  coftez  du  cœur  pref- 
foient  les  doigts  egalement  contre  lefeptum,  au  milieu, 
àlapointe  &àla.bafe:Et  que  les  foffes  deuenoient  fen- 
fiblement  aux  plus  grands  animaux ,  non  plus  grandesi 
mais  plus  petites.  Et  lors  que  la  conftridion  ceUoit,  les 
coftez  du  cœurfe  lafehoient  auffi  en  haut,  en  bas  &:  au 
milieu  ,  &:  les  foflès  deuenoient  manifcilement  plus 
grandes.  Mais  on-ne  fent  aucun  raouuement  aufeptùm, 
finon  qu*on  y  remarque  quelque  palpitation  caufée  par 
les  efprits  qui  cherchent  à  fortir.  Et  quand  le  mouuement 
Non  en  la  ventricule  gauche  cefTe  en  ceux  qui  fe  meurent  ,  le 
dilatation.^  feptum  fuitle  mouucment  du  ventricule  droit. 
oncoreijus  lls  veulent  neantmoins  que  le  Sang  foit  verfénaturcüe- 

le  iangfêt.  mcut  noHt  en  laconftridion  mais  en  la  dilatation,  parce 
Sang  en  la  dilatation  d’vn  cœur  blefte 
füis^  des  animaux  yiuans.  Cela  eft.  vray  quelqucsfois  :  Mais 

les  fens  tefmojgnent  que  ce  qu’ils  recueillent  de  U  ,  n’eft 


Du  mouuemcnt  du  Sang.  6 ss 

paS'Vcritable.  Car  ou  la  tcftc  ou  le  thorax  du  chien  ou 
de  quelque  autre  animal  clt  clleué  &lc  ventre  abbailTc 
lors  qu’onfaitla  blcffcurc  au  cœur,  &  alors  puis  que  le 
Sang  qui  entre  dans  le  cesur  par  la  vcine-caue  &  rartcie 
vemeiifeeft  plus  haut  qu’aucune  playe  du  cœur,  il  coule 
auffi  toftquilcft  entré,  àlçauoir  au  commencement  de 
la  dilatation  ,  non  pas  par  l’impuUïon  du  cœur  ,  mais 
par  fa  pefanteur  feulement  ;  C’eflpourquoy  il  n’eft  pas 
poulTcloinauecimpctuofité, comme  ilatnue  par  le  pouls 
des  artères.  Qi^fîle  chien  cftrcnucrfé  fur  le  dos,  com¬ 
me  il  doit  eftte  ,  &  que  la  tcftc  &  le  ventre  foient  couchez 
fur  vn  mcfme  plan  horizontal ,  &  qu’on  leue  auec  les 
doigts  Iccœurblcflcjtandi.'î  qu’il  a  quelque  force,  il  ictre 
loin  le  Sang  qu’il  a  reçeu  deuant  que  tout  le  cœur  foit 
rempli  ou  dila.c.  Maisquand-lecœura  perdu  fes  forces, 
ilnefe  reffèrre  que  rarement  ou  point  du  tout,parce  que 
les  oreillettes  lonr  plus  robuftes  qui  bâtent  cependat  que 
le  cœur  cft  fans  pouls  .Le  Sang  qui  eft  poulTé  des  oieillcr- 
tes,  entre  danslc  cœur,  s  y  amalTc,  &  quand  il  y  eft  en 
plus  gtande.quantité  que  le  cœur  ne  peut  contenir,  il  fort 
parla  playenon  pas  auec  quelque  imperuofite,  comme  \ 

il  fcroit  necefTaire  pour  faire  le  pouls ,  mais  doucement  & 
goutte  à  goutte.  De  forte  que  les  fens  ne  pcuuent  remar¬ 
quer  d’autre  mouuement  impétueux  du  Sang  finon  en 
la^conftridion  du  cœur. 

Or  iLs  veulent  que  le  Sang  retourne  au  cœur  par  les  M««i7  re^ 
veines  feulement.,  parcc.quc  le  Sang  poulie  vers  les 
tics  regorge  en  haut  veisJc  cœur ,  comme  l’eau  veifée  '^^^^/ 
dans  vnc  corne.  Mais  nous  auons  défia  donné  les  mar  chJjuefitr. 
ques  ou  qu'il  eft  attiré,  ou  qu’il  eft  poufié  par  chaque  par-  tteda  vei- 
tiedes  veines. radiouftc aces  prcuues.quclecœurcftant  »«• 
arraché  du  corps  ,  on  voit  neantmoins  le  mouuement 
du  Sangdanslcs  veines  qui  eft  afiez  viftc.  Et  fi  on  lie 
quelque  veine mefme  laétéecndeux  lieux ,  vous  laichrz 
apres  leulemcnila  iigatiuc  qui  eft  plus  pies  du  cœur,  lors 
que  les  particsfoiit  cncoics  chaudes,  le  chyle  le  moiivr.a 
tüufioursver.-  le  foyc,  &  le  Sang  vers  le  cœur;  que  le 
cœur  ne  peut  pouffer  par  les  ancres, ny  les  intciiins  par  les 


és6  iean  Wd^eus 

Uaécs,  à  caufe  de  rcmpcfchemcnt  de  l'autre  ligature  • 

Et  il  n’iroit  paspluftofl:  par  fa  fluidité  en  haut  qu  en  bas". 
Us  vttnts  Maisacheuons  lcrcfte  dcsobicékions  qu’ils  nous  font] 
é'Us  arte-  Ilscioicnt  que  fl  le  Sang  fe  mouuoit  fi  rapidement  ,  Icj 

rtsftpreu.  ycines &les  arteres  nc  fc  pourroient  pas  nourrir  comtno- 

He»t  p»r  se  jement.  Mais  ce  chien  qui  boit  en  fuyant  dans  IcNil^ 
momemet  cftancher  fafoif  ;  Eties  parties  qui  demeurent 

icy  auruiffeau,  Sequi  mettent  dans  leur  fubftance  tout, 
ce  qu’elles  ont  tiré  du  Sang.,  afin  qu’il  ne  foit  emporté  pw  . 
le  flux  del’humeur,  ne  pourroient  elles  pasfe  nourrir? 

Et  le  Sang  penlentaufli  que  ce  mouucracnt  n’eft  pas  bien  vrile 
put  tlîte  au  Sang  ;  Car  il  peut  fc  conteruer  alTez  ,  à  caufe  qu’il; 
mieux  e-  abonde  cn  chaleur  naturelle,  ôi  qu’il  eft  ventilé  par  Uicf- 
mttté4  piration  &  la  tranfpiration.  Il  eft  certain  neanrmoins 
qu’il  s’euenre  d’auantage ,  s’il  fc  meut  aucc  vifteflè,  & 
que  les  moindres  de  fes  parties  foienr  agitccs  aufli  par  ce 
mcfmemouuemcnt  ;  Ainfi  encore  que  Feau  d’vn  lac  foit 
agitécdoucement  &  qu’elle  foit  cuentée  parla  partie  fu- 
perieure,  cllcfe  corrompt  ncantmoins:  Cependant  que 
l’eau  des  riuiçresfe  conferue  fort  faine  par  le  moyen  de  ; 
leur  agitation. 

Ce  font,Monfieur,lesraifons  qu’il  m’afemblé  queiede- 
uois  adiouftcrauxprcmicrcs,  pour  fatisfaire  à  ceux  qui* 
ne  peuuent  reçeuoir  noftre  opinion  nouuclle ,  dans  la¬ 
quelle  ils  trouuent  quelque  difficulté  &  obfcutité  ,  parce 
que  fans  doute  ils  ne  fc  donnent  point  le  temps ,  &  n’ont 
point  le  défit  de  l’examiner  &  de  la  sôder  iufqucs  au  fond. 
Mais  il  ne  faut  pas,à  mon  aduis,  nier  les  chofes  qui  font 
manifcftcs  ,  cncorcsquc  nous  ne  peuffions  pas  refoudra 
routes  les  difficultez  qui  s’y  rencontrent. 

ien’ayiamaispri'i  plaifir  dcdifpuccrdesraotsauecper- 
fonne ,  ny  me  fevuir  de  paroles  piquantes.  Il  y  a  mille  cho¬ 
fes  exccllenics  où  le  temps  peut-ettre  mieux  employé, - 
qui  eft  fouucnt  trop  court  pour  les  neceflaircs.  La  fcicnce 
fc  cache  auflîàceux  quis’en  moquent,  cllcfe  fait  voir  à 
ceux  qui  font  amoureux  de  la  venté.  De  noftrc  AeadC" 

mie  de  Lcydc ,  le  i.  Décembre  ciD.  13. cxL. 

F  I  N. 


^  ^  î^.  5^ 

tv  î^ 

TABLE 

DES  MATIERES 

Q.VI  SONT  TR’AICTE'ES 

ET  EXPLIQVE'ES  DANS  CES 

INSTITVTIONS  ANATOMIQVES. 

parmy  les  Egyptiens  208 
Leur  figui;e,couleur,rubftan- 
cc,  vfage.  Jl;id. 

Air  naturel  des  oreilles.  ^6^ 
tout  Air  n’ell  pas  bopaux  eC> 
prits  dorhomme.  27S 
Aifnes.  11 

Albadara.  5^7 

la  membrane  Allantoide  Sc 
Ton  vlage  aié.  n’eft  point  en 
l’homme.  Ihid> 

Ambidextres.  243. 384 

Amnios  wo.  D’où  vient  (ba 
humeur,  &  pour  quel  vfage. 
Ihiti  Quand  le  fœtus  naift 
aucc  TAmivos  comme  auec 
vue  cocHè.  211 

Amygdales.  aSS 

Anatomie  que  c’eft  i.  Comment 


^Abdomen,  pag.  <>. 
Ses  parties  12  .  Sa 
graiffea  trois  vei. 
ncszS.  Pourquoy 
ilaplufieursmuf- 
*c!es?  44.  L’Hiftoirc  de  fes  muf- 
etes  34.D’où  vient  Éi  fympathie 


auec  les  narines.  40 

Acetabic.  iStf 

Ââion  dVns  partie  2»  Combien 
db  fortes.  iiid. 

'Ægilopsjfon  lien.  545 

Ailes  de  l’oreille*  Jj8 

Ailedafoye.  lOi 

Ailcdunca.  3H 

Ailes  à  la  vulve  6c  leur  hiftoire 


207.  Leur  giaadcuc  te  excihon 


Tal;lc  des  Matières. 


celle  de  latcftcfcpeut  faire  en 
trois  façons  541,  Son  fuiedt  i. 
Pourquoy  le  corps  humain 
principalement.  Ihid.  Son  vfa- 
ge. Sa  dccifion.  ^ 

Anaftomalcs  des  vaifleaux  du 
foye  lOj.  Leur  vfage.  fhid. 
Desvaiffeaiycà  laRatenj.  A  la 
matrice  i8<?.  Du  cœur  du  fœtus 
ae^.DesvaiiTeauxintercoftaux 
445.  Des  fpermaticjlies  en 
l’homme  147.  Ala.femmc  171. 
Des  vmbilicaux  ii6.  Des  vei¬ 
nes  415.  Des  veines  mammai¬ 
res  aueclescpigafltiques  447. 
Des  petites  veines  de  la  veffic 
du  fiel  auec  les  rameaux  de  la 
veine  porte.  103 

Aneutifme  par  vnc  artère  rom 
pue.  (j29 

Animaux  ,  combien  les  grands 
ont  df  ventricules  au  cœur.  (Soi 
Anthropologie.  i 

Aorte.  458 

Aponeurofe.  31 

Apophyfe  de  l’os  515).  Que  c’eft 
où  elle  fetrouu€,&  sô  vfage.po 
Apophyfes  commet  on  les  nom. 
me  quelqucsfpis  autrement 
520.,  Maramillaircs.  483 
vcine-Apopleâiquc.  448 
Apprehenfion.  385 

Aquatiçulus  que  c’eft.  11 

Aquapendente ,  fon  opinion  de  la 
ftrufture  du  mufclc  30.  Des 
veines  du  ventricule  68.  Du 
?P«We  «cretif  de  la  veffic  14J. 


Dcrvfagedesmufcicspyrj; 
midaux  41.  Son  crteut  tou' 
chant  l’origine  des  mufclcj 
•bliquts  defeendans  38.  Son 
opinion  de  l’vfagcdu  Clito. 
ris.  .  ^ 

Ariftotc,  quel  vfage  il  attribut 

au  cerueau  323. 11  eft  défendu 

ii).97.  244.  Scs  erreurs  is. 
134.150.175  257.2-3.325.415. 
459- 478.52p. 

Axnifcus,  fon  opinion  fauffe  de 
la  rcplciion  de  la  vcriculç  du 

fiel.  lOjj 

Artère  fc  prend  pour  rafpre- 
artcrc.  277. 

Afprêartcrccftoitoflcufc  enyn 
certain  voleur.  jii 

Arpre-artcrc.fon  hiftoirc.  277 
Axillaire  veine  ,  fes  deux  ra¬ 
meaux.  4.^9 

Axillaire  artère.  461 

Axon  vertèbre  du  col.  <6? 


BAtbe  cft  vnc  partie  pour 
rornement  4. 300 

les  mois  confument  la  matière 
de  la  barbe  aux  femmes.  199 
fille  Barbue*  Ibid, 

Bartholin ,  voyez  Aiuhcur. 
veine  Bafiliquc449. 11  fautou- 
urir  auec  précaution  450. 
d’où  le  sâg  eft  tirélors  qu’ci- 
le  eft  ouucrtc  S o  6>  Quand  il 
faut  ouurii  la  Bafiliquc  quia 


Table  des  Matieresl 


Céphalique  446.  Erreur  de  la 
faingndcdela  Bafilique.  Ibid. 
Baffiu.  f7<î.  354,557.1(56 

Bauhin  premier  inuentcur  de  U 
valvule  du  colon  81  Son  er¬ 
reur  des  valvules  des  cmulgen- 
tcs.  i;5 

Bcguayementjfacaufe.  577 
Bcucrodicus ,  fon  opinion  des 
reins cft réfutée.  *27*  i?5 

Beuueurs  :  Leur  ventricule  fc 
rend  délié  ôcfoiblc.  66 

Bile,  par  quels  fignes  on  reco- 
gnoift  qu’il  y  en  a  au  ventricu¬ 
le  65.  Ses  reîcruoirs  105.  D’où 
prouient  fonvomilTcment  m. 
Quelles  perfonnes  font  fuict- 
tesàcevomifferacnt  6^.iir 
Blanc  de  l’ctil.  551 

pourquoy  vne  humeur  fe  fait 
Blanche  par  la  pourriture.  303 
Botallus ,  pat  quel  chemin  le  Sâg 
va  du  ventricule  droiél  dans  le 
gauche  félon luy.  600 
Bouche,  fes parties  externes  367. 
Internes  373. Tuniques,  Vfa- 
ge.  568 

Bras  385  Pour  quelle  caufe  ilde- 
uient  maigre  par  la  ligature 
607.  Pourquoyilgroflitquel- 
quesfois  demefurement.  647 
Bteuuage ,  quelque  portion  en 
va  à  la  trachée  &  aux  poul 
mons.  i77 

Bronchie.  104.  Z77 

Buccinaicurquelmufclc.  365» 


C 

CAbroI,  fes  obfcruations. 

71. 127. 

Cal. 

Calcanéum.  585 

Calcul ,  pourquoy  lors  qu’il  cft' 
auxreinSjOnfentlaiambe  do 
mcfme  cofté  engourdie.  117, 
Cornent  onlc  tirc.169.P0ut- 
quoy  ceux  qui  en  font  tra- 
uaillez ,  deuiennét  humides 
&  prefque  pâlies  136.  Pour- 


quoy  leurs  vrincs  font 
crues.  136 

Callicteas.  92 

-Cariai  hilaire,  fon  hiftoirc.  iio 
Canal  aux  vailTcaux  du  cœur 
j  du  fœtus.  ‘  267 

I  dents  Canines.  558 

Canne  grande  j8i.  Petite.  58* 


Capfule  ou  boette  du  cœur.  236 
Capfules  atrabilaires  &  leur 
hiftoirc.  136.  Cauité,  gran¬ 
deur,  nombre, fituation,con> 
nexion,  figure,  fubftance  137. 
Vaifteaux. /W.  Vfage  félon 
l’Autheur  &  Spigelius  138. 
Pourquoy  les  autres  Ana- 
tomiftes  ne  les  remarquent 
point.  Ibid. 

Carpe.  385  575.SesmufcIes.402 
Cartilages  n’ont  poinf de fenti- 
I  ment.  511.  Leur  hiftoirc  en 
general  5ti.  Différence  des  os 

1  &  ligaments,  Reflcm- 

Oooq  ij 


Tdle  des  Matières. 


blanccaucc  eux.  513  Matière. 
511  Situation,  (ubltancc,  con- 
nexion  511.  Vragc.5ii  Pour- 
'  quoy  leurs  extremitez  font 
gtalTes. 

Cartilage  Xiphoide.  571.  Des 
oreilles  5(jo.  Du  Larynx 
Des  narines  3(3 6.Dc  la  tr.achée 
artere.  ^79 

Carunculesaux  coings  des  yeux 
349.  Mammillaires  aux  rems 
iji.  Leur  premier  inuenteur. 
jb.  Peauflâires  àla  vulveaoy. 
Myrtiformes  &  leur  hiftoire 
&vrage.  10  4, 

Cafaubon  ,  fa  veffiefufltrouuce 
fçparéed’vnc  clofture.  144 
Caflerius  fon  opinion  de  l’vfage 
des  tnufcles  droids.  3  <40 

Q  îftellus,  l’rfagc  de  la  membra¬ 
ne  externe  du  ventricule  fé¬ 
lon  luy.  6^ 

Cauitez  au  corps  humain  ,  & 
combien.  9.  A  l’os  du  front 
au  haut  du  nez  j34.Leurvfa- 
ge.  Ihid. 

Caitité  entre  le  ventricule  &  le 
diaphragme.  66.  Sous  le  fter- 
non  feparé  dumediafty.  233 
Cautereau  finciput  535.  En  quel 


lieu  au  bras.  388 

Cellulesau  colon.  8i 

Céphalique  veine.  449 

Coings  des  yeux.  348.534 


^erueau  que  c’eft  propremenr, 
&  Ton  hiftoire.  317.  Pourquoy 
blanc  311.  Qui  font  ceux  qui 


l’ont  plus  grand.  510.  Poy,. 
quoy  il  a  des  anfraauofîtcjT 

321  Le  fondement, les fefïcs' 

les  tefticules.la  verge,  U  vuj  J 
ue  du  cerueau  539.  340 
fympathic  aueclc  diaphtag. 
me  167.  Auec  la  matrice  137. 
Emondoircs  3150.  L’abôdan-* 
ce  defes  excrcmcns334.34^^ 
Comment  il  en  eft  repurgé 
547.Fiirurc  anfraducufejli. 
Son  mouuement  compofé  de 
Syftolc  &diaftolc.  305. 324, 
Vlagc  de  fon  mouuement 
313,  Ses  parties  317. 315.  T  rois 
fortes  de  dilfedion  de  fes 
parties.  341.  La  moelle  eft 
fou  principe  félon  l’ Autheur. 
325.  Pourquoy  fa  fubftance 
eft  molle.  32Z.  La  fmbftancc 
ne  fc  trouue  pas  quclques- 
fois.  Ibid.  Quel  eft  fon  tem¬ 
pérament.  Ibid.  Ses  tuberofi- 
tez.321.  Vaiffeaux.  323.  Vfa- 
ge.  Ibid.  La  moelle  du  ccr- 
ucau  que  c’eft.  317.  Elle  eft 
differente  du  cerueau  racfme- 
Ibid.  Diuifion  de  la  moelle. 

3 1  o.  La  tefte  &  la  queue  que 
ce^./bid.  La  fubftance,  l’o¬ 
rigine  ,  &  la  diuifion  de  la 
moelle  prolongée.  326.  Le 
ventricule  noble  de  la  moel¬ 
le.  323.  Son  vfagCjfclonrAu- 

thcur.328.Nouucllc  opinion 

de  l’Authcur  de  l’vfagc  du 
cçrueau&defa  moéli«*  3^5* 


Table  des  Matières. 


Les  ventricules  du  cerneau. 
354.  Ncfont  qu’vn fcul ven¬ 
tricule  félon  l’Authcur  235. 
Les  deux  anterieurs  que  e’cll 
334-  l  e  troifiéme  que  c’eft. 
Ihtd.  QiTeft'Ce  que  les  autres 
nomment  le  quatrième.  327. 
La  confirmation  des  ventri¬ 
cules  331?.  Leur  vfagc.  340 
Gcruellet,  fon  hiftoirc.  329  Sa 
ftruâiure  admirable.  Ihd.  Ses 
produètions  vermiformes. 
330.  Ventricule  317.  V.fa- 

350 

Chair,  fescipeces.  6 

Chaleur,commentonpeut  iugcr 
de  la  chaleur  de  chaque  ani¬ 
mal.  177.  Noftre  chaleur  a  be- 
foin  du  froid.  275 

M.  de  la  Chambre  quel  vfagc  il 
attribue  à  la  Rate,  123 

Chaftrcz  font  comme  des  fem¬ 
mes.  153  I 

partieChauucdelatefte.  195.86$'  j 
parties.  Ibid.  Pourquoy  on 
dcuient  chauuc  au  fînciput 
feulement.  198.  Caufes  de  la 
chauuctc.  Ibid.  Q^lques- 
vns  font  deucnus  chauues  par 
poifon.  Ibid. 

Cheueux  ,  pourquoy  blanchif- 
fent  pluftoftàceuxqui  ont  la 
tcftc  couuerte.  303.  Pour- 
quoy  pluftoft  à  Tentour  des 
temples  -  Ibid.  Q^lles  en  font 
lesaufçs.  Ibid.  Qui  cft  ccluy 
qui  deuiem  blanc  en  fon  en- 


fancc.  K.  Pourquoy  l’hom- 
meaplus  dcchcueuxqneles 
autres  animaux.  300.  Aquoy 
fert  de  les  couper  fouuent. 


Ibid  ferucntàroinetuct.  Ib, 
le  r  hignooducol  194 
Chirurgiens,  leur  erreur.  517 
Chorde.  31.  408.  Cù  elle  e(l 
trcs-grandc.  583 

Chordes.  -i 

Chorjon  membrane.  iii 


Chyle,  fa  couleur  aux  inteftins 
&  veines  ladces.597.  Com¬ 
ment  eft  attire  &  pouflctfjz. 
Son  mouuement  parles  vei¬ 
nes  ladées  597.  &  fuiu.  & 
611-633.  Vfage  de  ce  mouue¬ 
ment.  635 

Cicatrice  que  c’eft.  17.  Pour¬ 
quoy  il  n’y  vient  point  do 
poil.  298 

les  Cils.  349 

Circumeifion ,  en  quelle  partie 
on  cftime  qu'cllo  fe  faifoit 
aux  femmes  en  Ethiopic.207 
Clauiculcs.  571 

Clignoter ,  d'où  vient  que  les 
beftes  clignotent.  351 

Clitoris,  fon  hiftoire.  105,  Ref- 
femble  à  la  verge,  Sa  grâ- 
deur  cftquclquesfoisprodi- 
gieufcio6.  Teftei5i.Subfta- 
ce.  /^.Vaifleauxôcvfage.207 
çjyftcres ,  pourquoy  leur  ma¬ 
tière  ne  peut  pas  arriucr  na¬ 
turellement  aux  inteftins 
greftes,  8/ 

Oooo  iij 


Tdle  des  Natter  es. 


CoAion  du  ventricule  ou  chyli-' 
ficaiion.70.  Gomment  fêtait. 
Jhid.  EftaidécparTEpiploon. 
57.  Par  le  pancréas  95.  Par  la 
graifle  Sicllccft  auan- 
ccc  par  l’excrcmcnt  melan- 
cholique  qui  eft  porte  de  la 
Rate  67.  Les  cxcrcmcns  des 
trois  codions.  15 

le  Ca:cum.  79 

Cœur&fonhiftoirei4i.  Sic’eft 
vn  mufclc  147.  Cœur  velu 
que  lignifie  147.  Pourquoy 
eft  placé  au  milieu  24a.  Poiir> 
quoy il cfl:  proche  delà  telle, 
625).  Qui  font  ceux  qui  font 
plus  grand  243.  ilaellétrou- 
uc  folidc  fans  ventricules  en 
quclquVn  257.  Signifioit  chez 
les  anciens  l’orifice  gauche  du 
ventricule  6i,  Combien  de 
fois  il  bat  en  vne  heure  609. 
Pourquoy  bat- il  derechef 
apres  auoir  elle  efchaulFc  au 
feu.  é25.  Raifon  de  fa  con- 
ftridion  Q^nd  il  fe  rc- 
pofe  6ij.  Sa  pointe  243. 
Ctœillcttcs253.  Bafeou  telle. 
Uid.  Boette  25(1.  Compref-  ' 
fionque  c’ell  571.  Conftriélio 
&  dilatation  6a8.  Q^lle  eft 
la  dilatation  des  parties  d’vn 
cœur  viuant.  Ibid.  Foflette 
571.  Parties  251.  Subllance 
pourquoy  fi  crpailTc  243. 
Septum  &  fon  vfage  259.  Si 


le  Sang  paircparcefcpi^ift,- 
/W>  Tempérament 
Vailfeaux  245.  Grands  vaid 
féaux  259-  i6o.  Vnion  de  ces 
vailTcaux  aux  adultes  gji. 
fœtus  2<>.  L’vfage249.  Ven¬ 
tricules  ou  eauitez  i57.Pour. 
quoy  le  ventricule  droit n’cft 
pas  li  efpais  que  le  gauche. 
Ibid.  Pourquoy  il  eft  plus 
grand  que  le  gauche.  Ibid, 
Vfage  du  ventricule  dtoift. 
IbidN  entriculc  gauche, 

Son  vlage  258.  Pourquoy  les 
poilTons  ont  vn  feul  ventri¬ 
cule.  Ibid.  Pourquoy  l’ani¬ 
mal  meurt  le  cœur  cftât  blef- 
fé  242.  Lafanguification  nefe 
fait  pas  au  cœur  416X0  cœur 
n’eft  pas  le  principe  des  vei. 
nés.  Erreur  duvqlgairc 
qu’il  foit  au  codé  gauche 
242.  GrailTe  à  l’entour  du 
cœur  244.  D'où  vient.  Ikid. 
Pourquoy  il  n’y  en  a  pas  au 
tour  de  la  pointe  244.  Qn  a 
trouué  deux  cœurs  en  quel- 
qu’vn.  241 

Coit  169.  Trop  frequée  eft  cau- 
fedclâchauuctc  298,  Et  delà 
diminution  du  ccrueau.  322. 
s’il  doit  fortir  toulîours  du 
Sang  aux  filles  au  premier 
coit  201,  D’où  vient  le  grand 
plaifir  des  fémes  au  coït  761 
Col  &  fon  hiiloiic  294.  Pour- 


Table  des  Matières. 


quoy  e(l  oblông.  lyu.  Muf- 
clcs  j5)7.  Scs  parties  &  vfagcs 
194.  Nombres  de  fes  verté¬ 
brés  5^1.  Quels  animaux 
n’ont  point  de  col.  194 
Col  de  la  matrice  court  & 
long.  ^  189. 192 

Colique,  oùfe  fentent  fes  dou¬ 
leurs  79.  D’où  vient  l’cnroü- 
eure  apres  la  colique.  494 
Colomncduncz  171.  à  la  bou¬ 
che.  364 

Colon  &  fon  hiftoirc.  79 
Colôbus,  fes  erreurs  21.4M99. 
349,450.  Allègue  à  |auxAri- 
ftotcip.  Fallopc  44.  Repred 
mal  à  propos  Ariftote.  55<> 
Conception. 

Condylcs  des  doigts.  ^05 
Conque.  557 

Coquille.  359  537.541 

Cornes  de  la  matrice  190.  De 
l’os  delà  mafehoire  inferieu¬ 
re.  551 

Corps  humain,  pourquoyileft 
plus  côfidcré  pat  les  Anato- 
miftes  que  ceiuy  des  autres 
animaux  1.  Sa  diuifîon.  z.9 
Corps  calleux  au  cerueau.  3  3  6 
Corps  nerueux  de  la  verge.  \6y 
Coryze.  ’  547 

Celles  &  leur  hiftoirc  567.  Car¬ 
tilages /^/d.  Vfagc568.Pour- 
quoy  plufieurs.  Ibid,  Vrayes 
&  faufles  que  c’eft.  Ibid. 
Combien  en  auoit  Adâ./^/d. 
Codé,  D'où  font  coulez  le  fang  \ 


&  l’eau  pat  le  codé  percé  du 


Sauucur  du  monde.  141 
Codez.  ai8 

Cotyle  que  c’eft  chez  les  an¬ 
ciens.  519.  Cotylcs.  Ibid. 
Cotylédons.  186.211 


Coucher,  II  faut  fc  coucher  .fur 
le  code  gauche  quâd  on  veut 
dormir,  félon l’Autheur.  58 
Coude  583.  Ses  mufcles.  400 
Cane,  fon  hiftoire5i5.  Sesdi- 
uerfes  figures.  Ibid.  &  fui- 
uant.  Inlcriptions.  Ibid.  Pe^ 
tits  trous  &  veines  517.  Mi¬ 
lieu  &  fes  veines.  Ibid.  L© 
nombre  de  fes  os  en  particu¬ 
lier  518. 533.  Os  triangulaires 
336- Situation  533.  Superficie 
5z7.Subftance  Ibid.  Sutures 
&  leur  vfage  533.  Les  deux 
tables  527.  Vfage  5^8. Pour, 
quoy  le  crâne  eft  compofe  de 
plufieurs  os.  /é/d.  lied  quel¬ 
que  sfois,  mais  rarement  fans 
futures.  Ibid, 

Crcmaftcrcs.  151 

Cremonin,  quel  vfage  il  attri¬ 
bue  aux  tcfticulcs. 
CtcdcduCoq.  547 

le  Crible  bénit  des  anciens.134 
Cuticule  que  e'eft  13.  Son  hi¬ 
ftoirc.  Ibid.  Sa  vraye  roaticro 
14,  Caufe  efficiente.  Ibid* 
Couleur  ly.  Connexion  & 
nombre, /éid.  V  fagc./é/d.El- 
le  s’engendre  en  partie  dans 
U  matrice,  en  partie  dehors» 


TM  dn 

fclon  Topinion  de  l’Authcur 
14.  Pourquoy  elle  ne  s’en 
gendre  pas  toute  dans  la  ma¬ 
trice.  Ihid.  Elle  fe  perd  aife- 
ment  13.  Elle  cft  fans  Sang 
jyid-  Pourquoy  elle  cft  dure, 
.&  quclquesfois  callcufc  ij. 
Pourquoy  déliée,  Pour¬ 
quoy  denfe  ,  non  pas  trop 
pourtant,  Ibid-  Ceux  qui 
nailTent  fans  cuticule,  ne  vi- 
vient  pas  fans  douleur.  Ibid. 

Cyftis  coiidoque.  loS 

i> 

D  Art  os.  151*  ^7  î 

Deformité,  d’où  vient  aux 
vieilles.  x6 

Déglutition, GÔmentfc  fait  193. 
Sic’cft  vne  aéfciÔ naturelle  ou 
animale  Ib-  Pourquoy  celle 
des  choies  folides  cft  quel-  | 
quesfois  plus  aiCce  que  des 
liquides.  Ibid. 

Dent  de  la  vertèbre  5^1.  Sa  lu¬ 
xation  caufe  de  i’efquinan- 
ce.  5^3 

îDcts&lcufhiftoirey5i.  Com¬ 
ment  different  des  autres. 
Ibid.  Q^lles  dents,  &  en 
quelles  perfonnes  foitcnt 
^uftoft  533.  Pourquoy  ■  les 
antetieurfs  Portent  pluftoft. 
Ibid.  Pourquoy,  &  quand 
elles  tombent  aux  ieunes 
gens  354,  Si  apres  leur 


^atterési 

chcütçil  cnienaift  desnou' 
uelles  hors  de  la  matrice’ 
Ibid.  Pourquoy  leur  grand 
nôbreraôftrc  lalongucut  de 
vie  55Î,  Pourquoy  elles  font 
fans  perioftc  352.  Les  demi 
tranchantes ,  &  leur  defeti- 
piion  Canines 558, Pour¬ 

quoy  les  Canines  sôren  petit 
nombre./W,  Les  Molaires. 
Ibid-  Pourquoy  lés  fuperieu- 
rcs  ont  plus  de  racine.  Ibjd. 
D’où  viennent  les  maladies 
&  douleur  des  dents  35^. 
Couleur 553.  Connexion 3^(î:. 
Dureté  532. Figure  533.  Petite 

membrane  55 Petits  nerfs 
537.  Nombre  535.  Sentiment 
55i.  Quelle  partie  km.  Ibid* 
Subftancc  354, 53^.Vaiireaux 
53^.  Artères  &  Veines.  IbU. 
Vfage  J37.  Les  dents  croif. 
fcnttoufîours  5/5.  S’engen¬ 
drent  d^ns  la  matrice.  Ibid- 
Pourquoy  quand  les  dents 
vicnneot  oa  fe  trouue 
mal.  J54 

Diaphtagme,  fafympathieauec 
le  cerueau  217.  Son  principe 
&  fa  ^xxMid-  Ses  trous  230» 
Comment  fe  fait  fon  mou- 
uement  23o.Vaiflcaiix,vlage* 
Ibid  pourquoy  la  blcflurc  du 
Diaphragme  caufe  le  ris./|^i^« 
Diarthrofe.,  517 

Diaftolé  que  c’eft.  245; 

Didyraes.  >4* 

les 


Tahle  des  Matières, 


ïes  Diploes.  517 

Dormir ,  fur  quel  cofté  il  vaut 
mieux  fe  coucher, quand  on 
va  dormir.  58 

Dos  ii8.  Sesmufcles  358.  Ver¬ 
tébrés.  563 

Dos  de  la  main  383*  Du  nez 
3(}^  De  la  verge.  1^3 

Douleur  Nephritique  134.  Des 
femmes  qui  accouchent.  157 
Du  Laurens ,  fes  erreurs  14.  38. 
8i.  i6i.ï^ 9.116. 305. 
435.  Son  opinion,  touchant 
Ivlagc derefpaiflcur  du  Pé¬ 
ritoine.  45.  La  caufe  félon 
luy  de  la  correfpondance 
des  tefticulesauecles  parties 
fuperieuresi53.  Quelvfageil 
adonnéauxproftates.  161 
Duodénum.  Voyez  inteftin. 
Dure  mere.  304 

Dyfenteries  ,  pourquoy  quel- 
ues-vns  font  morts  de  la 
yfenteriebilieufe.  no 
Dyfpnéeou  difficulté  de  refpi- 
rer,  fes  caufes.  66.16^ 


E 

TjMonftoircs  7, 

,  Du  cer. 

XLueau. 

160 

Enarthrofe, 

517 

Enclume. 

54Z 

Engourdiflement 

à  la  iambe 

d’où  vient  aux  nephriti- 

ques.  1^7 

Enroiieure  ,  fa  caulc  apres  la 


colique.  494 

Entonnoir  &fonvfagc.  334 
Entrel^aules.  573 

Epatique,  veine  epatique.  44P 
Epididymes  ,  leur  vfage.  154 
Epigaftre.  11.57 

Epiglotte.  287 

Epiphyfe  ’que  c’eft,  &  où  elle  fc 
trouue,&fon  vfage.  510 


Epiploon  ,  fon  hiftoire  50. Pour¬ 
quoy  cft  gras  23 .  Comment  eli 
caufe  de  la  hernie  &  de  lafte- 
rilitc  51.  Aide  la  concoéiion 
5<j.  Il  a  efté  trouué  en  quel- 
qu’vn  entièrement  charnu.  Ih, 
Ses  noms  50.  Situation  51.  Am¬ 
plitude, origine  double  Scftib- 
ftance.  Ibid.  Figure ,  grandeur 
53.  Graiffe ,  glandes,  plufîeurs 
vaiffeaux  ,  vfage  56.  Maux 
qui  arriuent  quand  il  eft  cou¬ 
pe  57^  Gauité  entre  les  mem¬ 
branes  de  l’Epiploon  51.  Les 
enfans  n’ont  pas  l’Epiploon 
fufpendu.  Jbid. 

Epiftre  de  lean  WaUus  du 
mouucmentduSang.  5^1 
Efcroüelles,  leur  fiege,  vfage.  3^a 
Efpinc  du  tibia.  581 

Elpinc  que  c’eft  jtJo.  Appendi¬ 
ces, connexion  561.  F  igure56o. 
Trous  5^1.  Ligamens.  Ibid. 
Apophyfes  5<Ji.  Vertebres./^. 
Vertebres  en  particulier.  561 
Efprits  ne  font  pas  parties  du 
corps.  Z 

Efprit  de  l’homme ,  toute  forte 

Fppp 


Tahle  des  Matières 


-3’airn’eft  pas  bon  àl’efprit  de 
l’homme.  ‘  ^  275 

lEfpnt  animal  où  s’engcndce, 
ueuuellé  opinion  de  ÎAu- 
thcuc  324. 328.  Opinions  des 
autres  réfutées.  Ibid.  &  fuiv. 
Oùfe préparé.  Jbid.ConCet- 
uerue.32C).Maticrè3z4.Mou- 
uement.  <^21 

Efprit  naturel  où  s’engendre 
félon  quelques- vus.  328 
iEfquinance  par  la  luxation  de 
la  dent  de  la  fécondé  vertè¬ 
bre.  ^62. 

Efterniiement  ,  Sefacaufe.  56^ 
Eftomaeh.  6i.iÿi 

Eugion.  I5>5 

Excremens  du  Sang  de  trois 
fortes.  12.6 

Excremens  des  trois  coc¬ 
hons.  13 

pourquoy  les  Excremens  Ibr. 
tent  quelquesfois  parla  par¬ 
tie  honteufe  des  femmes.  86’ 
ics  Excremens  du  cerucau  font 
en  abondance  334.  S’amaf- 
fent  aux  ventricules  du  cer- 
‘vueau  340.  OÙ  ils  font  iettez 
dehors.  365 

la  noirceur  des  Excremens  vient 
delameiancholic.  125 

.Expériences  qui  demonftrent  le 
mouucment  du  Sang.  .601, 
&  fuiuant. 

Expultricc,  la  faculté  expukrice 
des  parties  caues  n’eft  pas 
XnfEfante  pour  çhalTer  les 


excremens.  - 

Extremitez9.Q^c’cft382  LeJ 
hiftoire. 

F 

F AbiusPaciuSjfon erreur.  25 
Face  1^6.  34(î.  Poÿitquoy 
celle  deThomme  eft  fans  poil. 
Ibid.  Son  cercle,  la  pommet- 
te-  ,  36« 

Faim  animale  ou  eft. 
Falloppe,fes  erreurs,  no.iyo. 

178.246.505. 

Faux  à  la  telle.  308 

Femme,  fielle  eftvn  monftre  de 
la  nature ,  &  fi  elle  eft  engen¬ 
drée  par  accident.  150 
la  nature  tend  plus  à  la  généra¬ 
tion  des  Femmes  que  des 
malles.  Ibid.  Où  elles  s’en¬ 
gendrent, &  de  quelteftica- 
le.  Ibid. 

Femmes  Sodomties.  206 
Femme ,  Parties  de  la  femme 
169.  Partie  honteufe  externe 
202.  Pourquoy  ellea  lesfelTes 
plus  amples  175).  Par  quel, 
chemin  elle  iette  la  femence 
quand  elle  eft  enceinte  177. 
Pourquoy  les  bonnesodeurs 
font  nuifibles  à  certaines 
femmes  1 88. Pourquoy  il  knr 
croift  quelquesfois 
barbe.  ^99 

Fémur,  fes  mufclcs.  4^5 
Fente, la  grande  fente  de  la  feim- 


Table  des  Matières. 


me  Î05.  Pourquoy  eft  plus 
ample.  Ihid. 

dcitx  Fentes  collaterales-.  liid. 
Fermentation  des  viandes  au 
ventricule  6^.  Opinions  di- 
uerfes  fur  la  caufe  d’icel¬ 
le.  /yid. 

Ferneljfes  erreurs  21.  47.  Nie  la 
Connexion  dçlt  Rate.  114 
FelTes  8-.  Pourquoy  giafles.  26 
Fibres  du  ventricule  à  quelvfa- 
gc.  '  ^3 

Focile,  le  grand  focilc  574.581. 

Le  petit.  5 7 4' 5 8a 

le  Fœtus  humain  vuidc  IVrine 
par  la  verge  11 7  .  Ses  membra¬ 
nes.  aop 

Folius ,  fon  opinion  touchant  la 
matière  de  la  graiffe.  .  ai 

Fondtion.  ,  a 

Fourchette  fuperieûre.  571.572 
Fofle  grande.  aoj 

Foffeducœur.  571 

Foffes  à  l’entour  des  clauicu- 
ies.  57  a 

Foye  delà  matrice  que  c’eft.  211 
Foyc,  fonhiftoire  ^6.  Que  c  eft. 

Pourquoy  eft  le  principe 
des  veines.  4i8.Pour- 
quoyileft  granden l’homme 
loj.  Iln’eftpas  diuifé  cn^  l’hô* 
meenlobesioo  Ses  douleurs 
font  obtufesi04.Ne  le  troa- 
ue  point  du  tout  96.  Son 
adion  tft  la  fanguification 
104. Couleur  10 a  Connexion 
&  ligjimens  loi,  Diuifion 


loo.  Figure  îoo'.  Fiflure^  Jhid. 
Lobes  ou  ailes  aux  beft;s  101. 
Grandeur  naturelle  &  contre 
nature  10 1.  Pourquoy  les  vei¬ 
nes  mefaraïques  font  fes 
mains  417.  Membrane  loi. 
Nombre  96.  Parenchyme, 
loa.  Situation  en  l’homme, 
auxoifeaux,  &c.  97.  Hippo¬ 
crate  &  Ariftote  n’ont  pa» 
ignoré  fa fituatiô./^.  Subfta- 
ceioa.  Subftance  n’a  point  de 
nerfs  104.  Riôlan  a  remarqué 
neâtmoins  qu’il  y  en  a  entre- 
deux  Ih.  Vaifîcaux  loa.  Vaif- 
lèaux  à  la  veftie  du  fiel.  Ibid. 
Anaftomofesdesvai  (féaux. 105 
Frein  au  gland  delà  verge.  1^7 
petit  Frein  ou  filet  de  la  langue 
377.Safeâ:ion.  Ibid. 

FnlTon,  fa  caufe.  i*) 

Front,  pourquoy  ainfi  nommé 
347.  Pourquoy  fe  meut.  Ibid. 
Son  hiftoire.  Ibid,  i'a  peau  & 
fesmufeUs.  Ibid. 

G 

G  Aiien,  fes  erreurs.  31.  lOfi; 
170.181  379.  Son  opinion 
des  nerfs  de  la  peau  1 6.  Sa  rei. 
gledu  principe  du  mufcle  31. 
L’vfage  de  la  graiffe  félon 
luy  lé-  La  caufe  de  la  fympa- 
thie  des  tefticules  auec  les 
parties  fuperieures  félon  luy 
15  4.  Quel  vfage  \  1  attribu'daui 

PPPP 


TahU  des  Matières. 

'poulmon  i7<î.  A  l’humeur  façon  monfti-ucufc. 
cryftallinc ^55*  Au  petit  cer-  Glencs. 

ueau  330.  Vn  palTagedeluy,  Glottis. 

touchant  les  Anaftomofcs  des  Gomphofc. 

veines  &  des  arteres  pour  le  Gonorrhée  ,  fon  propre 

palTagc  du  Sang  6oz.  Expe-  ge«  igj 

fience  du  battement  des  ar-  Goner,  fonos. 

tercs.  631  Gouft,  fon  organe  cftlafubftan- 

Gargarcon.  374  •  •  ^79 

Gaza,  fon  erreur  en  traduifant  ,  Graiffè  &  Ion  hinoirc  20.  Que 
Arillote.  2.0  c’eft.  N’eft  pas  partie 


Gemeaux,  148 

Gencive  que  c’eft.  373 

Génération  de  l’homme  ,  fes 
principes  generaux  félon  l’o  - 
pinion  commune  8.  Les  par¬ 
ties  des  femmes  qui  feruent  à 


la  génération.  165) 

Ginglythe.  jiy 

Glande.  6 

Glandes,  leur  vfage.  7 


Glande  de  pignon  340,  Vfage. 
Ibid,  pituitaire  331.  Vfa¬ 
ge-  334 

Glandes  des  oreilles  3<jo.Sous  la 
mafehoire  inferieure.  Ib,  Du 
Larynx  &  leur  vfage  18  8.  Des 
mammelles  222.  Dumefentc- 
re^r.  Leur  graiffe,  vfage.  Ib. 
&  5518.  Pourquoy  Spigelius 
nie  cét  vfage. 

Glanduleux  corps.  Ibid*  Corps 
de  l’Oefophage.  2^1 

Gland  de  laverge  166.  S  a  figure 
Jbid>  Subftancc,  couucrturc  ou 
prepuce.  Ibid.  Frein  167.  Et 
percé  en  quclqucs-vns  d’rne 


corps,  2.  20.  En  quel  lieu 
elle  eft  en  Phomme  &  aux  be- 
fkcs’.Ibid.  Eft  differente  dufuif 
Ibid.  244.  Si  on  en  trouue  à 
l’cnrour  du  cœur  Ibid.  Dan  s  ic 
ventricule  du  cœur.  Ibid.  Elle 
eft  plus  dure  en  quelques  par. 
tieszi.  En  plus  grande  abon¬ 
dance  ,  &C  pourquoy  23.  Eft 
plus  froide  que  le  Sang  22. 
preuucs  quelle  cft^modcrc- 
ment  chaude.  Ib,  Commet  fe 
fait  22.  Preuues  que  c’eft  par 
le  moyê  du  froid  23.  L’opinio 
de  ceux  qui  tiennent  qu’elle 
fe  fait  par  la  chaleur,  eft  refu-, 
tée  24.  Ne  fe  fait  pas  parla 
denfité24.  Ny  par  vne  forme 
particulière  pinguifique  25.' 
Se  conuertit  en  aliment  dans 
la  faim  26.  En  quelles  parties 
elle  eft  plus  pure,bou'éufe& 
plus  fuiette  à  putrefaétion. 
122.  Caufe  efficiente  22*  Ma¬ 
tière  11.  Forme  25.  Glandes,' 
vfage.  Opinion  ^nela 


Table  des  i^atleres. 


graifle  eft  froide ,  eft  refutée 
12.  Quelles  parties  n’ont 
point  de  gtailTe ,  &  pour- 
qüoy.  io 

H 

Armonie.  518 

Arvcius  ,  par  quels  che¬ 
mins  il  veut  que  le  chyle 
foitportéà  la  Rate  11;;  L’vfa- 
ge  de  la  matrice  félon luy  187. 
Des  ventricles  du  cœufzjS. 
Des  valvules  des  veines.  .  4Z5 
Hémorrhagie,  quelques  caufes 
des  grandes  hémorrhagies- 508 
Hemorrhojdes  que  c’eft  4.37.  fn- 
ternes  115.  Comment  elles 
different  des  externes.  438 
Hernie,  fa  caufe,  47.  y 7* 

Herophilus,  rvfage  de  l’clpaif 
feur  des  artères  félon  luy.  4^1 
Hierofme  Reufnctus  ,  fon  opi¬ 
nion  de  l’vfage  de  la  Ratte  eft 
examinée.  it2 

Hippocrate,  quel  vfage  il  attri¬ 
bué  aux  oreillettesdu  cœur.i57 
Hofmannus ,  quel  vfage  il  don-  j 
ne  aux  tcflicules  152.  Caufe 
de  leur  fympathic  auec  les  ^ 
parties  fupcrieurcs  félon  luy 
153.  Quel  vfageilactribuc  aux 
nerfs  du  diaphragme  130.  A 
l’humeur fti  peticardcr  241 
Hommes  pourquoy  font  moins 
trauaillez  que  les  femmes  des 
vapeurs  de  la  femciicc  cor¬ 
rompue  Peuuent  auoir 


dulaiél.  2I5 

Van  Horn  a  remarque  de  U  bile 
au  pancréas.  53 

Humérus ,  fa  pointe  que  c’eft 
575.Mufcles  387 

Humeur  aqueufe ,  fi  c’eft  vnc 
partie  animée,  354 

Humeur  dans  l’Amnios,  &fon 
vfage  zio.  D’où  vient  217. 
Dans  le  péricarde  i^S.Diucr- 
fes  opinions  touchant  fon 
origine  259.  Dans  la  cauité 
du  Thorax  24i.Bilicufe  dans 
les  oreilles  362.  Huileufc 
dans  les  proftates ,  &  fon  vfa¬ 
ge.  i6i 

Humeurs  des  yeux.  3 K 
les  Humeurs  ne  font  pas  parties 
du  corps  2.  Quel  eft  leur 
mouuement  contre  natu¬ 
re.  6 ',7 

Humeurs  nuifibics,  pourquoy 
ne  font  pas  fi  dangereufes 
paflansparlccœur.  649 
Hymen,  fon  hiftoirc  193.  Que 
c'eft.  Ilfid.  Diuerfes  opinions 

198.  S’il  fe  trouuc  toufiours 

199.  Quelquesfois  eft  fans 
trou.  200.  Caïunculcs  myr- 
tiformes  félon  Pineau  204. 
Sa  connexion  grandeur, 
fubftancc  ,  trou  diuers  nu 
milicUjVailTeauXifiruation,  fi¬ 
gure,  vfage.  2G0.  &fuiaant. 

I-^pochondres.  11 

Hypogaftre.  Jhid. 

Pppp  nj 


Table  des  Matteref, 


I 

IAmbc  40‘4'  Poarquoy  la 
iambcdeuient  engourdie  à 
caufe  du  calcul  qui  cft  aux 
reins.  i^7 

îles.  ^  ï* 

Ilion  où  77. Peut  tomber dâs  la 
bouife./A.Ony  a  remarqué 
quelquefois  trois  appendi¬ 
ces.  75> 

Iliaque  P  aflîon  où.  77 

infedes  n’ont  point  de  Ra¬ 
te.  ;  iif 

Inteftin  vnique  trouuc  en  vn 
certain  grandmangeur.  71 
Inteftin  cæcum ,  fon  hiftoire  79. 
jPourquoy.ainfi  nommé  /é/V/- 
Qü’cft-  ce  que  le  cæcum  des 
anciens,  Ihid. 

Inteftin  colon,  fon  hiftoire  7«j. 

•  Ses  petites  appêdicesgraffes 
:&  leur  vfage  81.  Cellliles’& 
Icurvfage.  Ihid.  Orconuolu- 
tions  obliquesyt),  Ligamens 
81.  Situation  diucrre,^ôccon- 
tinuàtion  79.  Valvule  8z.  Sa 
•véritable  defeription.  85. 
Vâifteaux.  <85 

Inteftin  duodénum  jfonhiftoi. 
te,  7é 

Inteftin  ieiunum fon  hiftoire 
76»  Pourquoy  eft  vuide./é/Vi. 
Vfage  de  fa  longueur  inter¬ 
ne.  Ihid, 

làncftin  Ikon,,  fon  kiftoire  77. 


Sa  longueur. Sa  defcentc- 

caufe  la  hernie.  jy^ 

Inteftin  Redum,  fon  hiftoire 
85 .  Sa  connexion  auec  la  ver, 

geaux  hommes,  &aufli.auec 

la  matrice.  Ibid,  fin  ou  le  fie, 

ge  Longueur,  largeur,  ôc 

epaiffeur,  Ibid,  Vaiffeaux 
Ibid. 

Inteftins  que  c’eft  70.  Pôurquoy 
ainil  nommez  71.  Pourquoy 
on  en  compte  plufîcurs,  puis 
qu'il  n  y  çn  a  qu  vn  feul.  yj 
Inteftins  gros  que  ckft,  &  com¬ 
bien  ils  font  75.  &  fuiuant. 
Leur  fituation  &  vfage  j6. 

.  Greflcs  que  c  cft  ,& combien 
75.  Si  c’eft  auec  raifon  qu  on 
nomme  les  grclles  fupcricurs, 
Ibid,  pourquoy  ils  font  fîtuez 
à  l’entour  du  nombril  Ibid. 
Leur  vfage.  Ihid. 

Inteftins  ,  où  fe  fait  leur  con, 
ftridion,&  quand  471,  Con.; 
nexion  71.  Doù  vient  leur 
croufte  yz.Diuifion  73.  Fibres 
de  toutes  fortes  ji,  Circon- 
uolutions  à  quel  vfage  71. 
Grandeur. Mucofiféyi. 
Graifff./é/^/.  Situation ,  Suh- 
ftancc,7i.  Tunique,  vaifleapx 
7i.  Vfage.  7^ 

loiie  377.  Mufcl^  desiaiies. 

3^. 

Iris  dans  l’œil.  2^5 

Ifthmc,  37S- 


Tdhle  des  Matières. 


1 

LAbyrinth^. 

Lacrymal,  poindl  laay- 
mal.  3 

lades.  87.5,1.235 

ladcs  ,  les  veines  ladéesfont 
auÜE  appeliez  Lades.  431 
Laid,  pourquoy  il  s’engendre 
apresrenfantcmcnt2i3.  Sa 
caufe  efficiente  214. Qui  font 
ceux  qui  en  ont  interdit  i’v- 
fage,  &pourquoy?/^/W.  Ilfc 
peut  engendrer  aux  vierges, 
aux  femmes  qui  ne  font  pas 
enceintes ,  &  mcfmc  aux 
hommes.  Ibid.  Il  eft  coulé 
quelquefois  par  la  matrice 
213.  Quelques  boucs  en  ont 
donné  215.  La  plus- part  des 
-hommes  du  nouucau  mon¬ 
de  en  ont  abondarhment. /^. 
langue  &  fon  hiftoirc377.En 
quels  animaux  elle  eft  dou¬ 
ble,  fendue  en  deux, en  trois. 
Ihid- Si  c’eftvn  mufcle  579. 
D’où  vient  fa  couleur  iaune 
6^,  Son  amertume.  Ihid.  Le 
filet  &  fafedion  378.  La  li¬ 
gne  blanche  379.  Müfclcs, 
vailîèaux.  Os  37^,Vfa- 
gc-  381 

Larynx,  fon  hiftoire  281.  Par¬ 
ties  282.Mufclcs.  Carti- 
lagcs  28^.  Cauité  entre  les 
cartilages  28;i.Glandes,  vaif- 


féaux,  vfage.  2^8 

Laureribergius,  fituation  des 
tefticules  félon  luy.  149 
Lèvres 3 69. Leurs  mufctes,tu- 
nique,vfage  3(3  8.  D’où  vict  le 
tremblement  de  lalcyre  in¬ 
ferieure  dans  le  vomifTe- 
ment.  369 

Levres  de  la  vulve  &  leur  hi- 
ftoire  184.  Pourquoy  cer¬ 
taines  femmes  les  re¬ 
muent.  184 

Licetus,  fon  opinion  de  l’vfagc 
du  conduit  du  pancréas  95. 
Et  de  l’vfage  des  rameaux 
de  la  veine  coronaire  du 
cœur.  24^ 

Lieux.  178 

Ligament,  fon  hiftoirc  en  gene¬ 
ral  31. 523.  Scs  fignifications. 
Ihid.  Situation  524.  Matière 
&  vfage  513.  Origine  &  in- 
fertion.  Ihid-  Rcflcmblancc 
aucc  l’os  ôc  le  cartilage  513. 
Subftancc.  524 

Les  ligamens  font  ptiuez  de 
fentiment  &  mouucment, 
/W.  Lcurdiuerfité.  Ihid. 
Le  ligament  ciliaire  de  rœil.354 
Ligamens  du  Colon  82.  Du 
foyc  loi.  De  la  matrice  i8j. 
Faits  des  vaiffeaux  VHibili. 
eaux.  X17 

Ligne  blanehc  que  c’eft.  55. 

Pourquoy  blanche.  38 
Lobes  dufoye  lOi.Dc  l’oreil- 
Ic. 


TMc  des  Matières. 


Lombes  li.  Vertèbres.  5^3 
Longanon.  ‘  85 

Loliis  Roy  de  Bohême  &  de 
Hongrie  nafquit  fans  cuticu¬ 
le.  15 

M 

MAchoire  que  c’eft  548. 
Supérieure  ôc  inferieu¬ 
re.  Ibid.  Les  os  propres  de  la 
mâchoire  fupericure  549. 
L’os  de  la  mâchoire  infe¬ 
rieure*  &  fon  hiftoire  550. 
Mufcles.  370 

Main,  fon  hiftoire  2.83. Extrême 
381.  Aê^ion  385.  Pourquoy 
eftainfîcompofée. DL 
uifion  en  fes  parties  5  85. Muf¬ 
cles  401.  Vfage.  383 

Main  droiête  ,  pourquoy  eft 
plus  agile  que  la  gauche.  383 
Malléole  externe  &  interne. 
581. Veine  du  malléole.  436 
Mammaires  veines.  29  446 
Mammelles  &  leur  hiftoire 
220.  Pourquoy  elles  fontlî- 
tuées  en  l’homme  à  la  poi- 
(kzint.Ibid-  Gomment  celles 
des  hommes  different  de 
celles  des  femmes  zaï.  Leur 
fympathie  auec  la  matrice 
40.  Diuifion,  figure, gran¬ 
deur, nombre  z2o^  Glandes 
mammcllons  221.  Vaiffeaux 
îb.  Tuyaux  dans  lefquclsfe 
garde  le  laiêl,  qiund  il  cft 


parfaidii4. 

Sang  fort  -quclquesfois  des 
mammelles  213.  Pourquoyi[ 
arriue  plufieurs  maladies 
quand  les  mammelles  font 
coupées  221.  Ce  qui  arriue 
quand  on  les  manie. 
Mammellons  221.  Leur  fenti- 
ment  exquis.  Ibid.  Couleur  ' 
cercle 221. Trou,  vfage.  222 
Mâmillaires  produétions  132 
Marcher ,  comment  on  mar¬ 
che.  404 

Marteau. 

Malles,  où  ils  s’engendrent,  & 
de  quel  tefticule. 

Mafia  ,  fon  opinion  touchant 
l’ vfage  de  la  connexion  des 
poulmons.  269 

Mafticatoircs  feruent  aux  ma¬ 
ladies  des  oreilles  363.  Late- 
ftenepeut  eftre  euacuée  par 
les  mafticatoircs  que  le  ven. 
triculencle  foit  auflî.  374 
Matrice  &  fon  hiftoire  178. 
Pourquoy  fituée  dans  l’hy- 
pogaftre  179.  Si  elle  dénient 
déliée  aux  femmes  enceintes 

182.  Si  elle  fent  les  odeurs,  Sc 
pourquoy  fc  meut  par  les 
chofes  odoriférantes  188. 
Champ  de  la  nature  187* 
Pourquoy  Platon  rappelle 
animal. /&;W.  Sa  connexion 

183.  Corrcfpondance  auec 
le  cerneau  186.  Auec  l’intc- 
ftin  redum  85.  Auec  la  Rata 

iSi.Diaû 


Tahle  des  Matières. 


185.  Diuifion  188.  Figure  185. 
Ligamens.  Ibid-  Grandeur 
175). Membranes  184.  Mou- 
uement  187.  Placéca  ou  foye 
iii.Et  fon  vfage.  Ibid.  Cheu- 
te,&c.  184, Ridicule  com- 
paraifon  auec  la  verge  170. 
Subrtance  184.  Anaftomofes 
des  vaiiTeaux  i8<>.  Veines 
droites  pourquoy  font  ioin- 
tes  auec  les  veines  gauches 
185.  Col  court  iS^.Sacauité. 
Ibid.  Cornes,  fonds,  diuifion 
du  fonds.  Ibid.  La  partie  am¬ 
ple  au  fonds  eft  la  matrice. 
Jbid.Ses  parties  &  vfage  190. 
Orifice  interne.  Ibid.  S’il  fe 
ferme  exadement  apres  la 
conception  131.  191.  Quand 
s’ouure.  Ibid.  Vfage  de  cet 
orifice.  Ibid.  Col  grand.  Ib 
Situation ,  figure ,  grandeur, 
fubftance,  rides  du  grand  col 
193.  Vfage  194.  La  matrice  de 
de  la  femme  n’a  aucunes  ca- 
uitez  189.  Pourquoy  on  luy 
attribue  des  cornes  comme 
aui^bcftesi9o-La vertu  con- 
formatricc  n’eft  pas  en  la  ma¬ 
trice.  187 

Matthias  Ortelius  fut  trouué 
fans  Rate.  lU 

Méat  Cholidoque77.iio.  Vne 
partie  d’iceluy  s’infere  quel' 
quesfois  au  fonds  du  ventri¬ 
cule  ni  Son  canal  commun 
Uo.Galienl’aiecqgneu,  105 


'  Médiane  veine.  4^0 

Mediaftin  fon  hiftoire  231.D0U- 
blurc  152.  VaiiTeaux  23’.  Vfa¬ 
ge-  236 

Melancholie,  oùeftleplus  fou- 
uent  fon  fîege.  138 

•Mclancholiques  font  grands 
cracheurs  115.  Comment guc- 
rilTcnt.  Ibid. 

Membrane  en  general  &  fon 
hiftoire  16.  c’eft propre¬ 
ment  27.  Eft  l’organe  de  l’at¬ 
touchement  Ibid.Ses  efpeces. 
Ibid.  Eft  differente  delà  tuni¬ 
que  &  de  la  méningé.  Ibid. 
Ses  noms.  Ibid.  Caufe  effi¬ 
ciente, forme  &  tMticte.Ibid. 
Fin  ou  vfage  27.  Neceflitédes 
membranes.  Ibid. 

Membraneufe  chair.  7 

Membrane  charnue  &  fon  hi¬ 
ftoire  z^.Pourquoy  ainfi  nô- 
méeaS.En  quel  lieu  eft  pla¬ 
cée  aux  animaux.  Ibid.  Elle 
femble  vn  mufcle-  Ibid.  Elle 
eft  compoféc  de  quatre  mem¬ 
branes  diftindes.  Ibid.  Celle 
des  paupières  eft  plus  déliée 
348.  Ses  noms  28.  Mouue- 
ment,couleur,diu«rfcaux  en- 
fans  nouuellemcnt  nez  ,  & 
aux  adultes. Connexion 
28.  Origine  29.  Situation 
&  vfage.  Ib. 

Membrane  des  mufcics.  Ibid. 
Son  origine  ,  connexion  & 
vfage.  Ibid. 

Qjiqq 


Tdle  des  Maneres. 


Membrancsdu fœtus  109  Quad 
fc  forment.  Ibid  Si  la  feule 
chaleur  de  la  matrice  en  eft  la 
caufe  efficiente.  Ibid.  Opi¬ 
nions  diuerfes  de  leur  matière 
110.  Nombre.  Ibid- 

Membranes  dedans  &  dehors 
le  crâne.  504 

Membre  c’eftque  viril  i^a.  De 
la  femme. 

Méningé  que  c'eft  proprement 
i7.  Vfage  des  méningés  du 
cerucau  J05.  Q^e  c’eft  que  la 
udure-meninge.  Ibid-  Sa  dou¬ 
blure  308.  Sinus.  Ibid.  Nou- 
uelles  obferuations  des  fînus 
309.  Vfage  des  finus.  511 
Méningé  déliée.  311? 

Menftrücs  par  quelles  voyes  fe 
vuidentiyr.  Aux  femmes  en¬ 
ceintes  i86.  iPourquoy  cou¬ 
lent  quelquesfois  par  les 
mammelles ,  comment  s’a- 
maflenc  à  l’entour  de  la  ma¬ 
trice  ^49.  Et  vont  de  la  matti- 
triccàlatcfte.  Ibid. 

Menton.  368 

Mercatus  ,  fon  opinion  de  la 
correfpondanccdes  tefticules 
auec  les  parties  fuperieu- 
res. 

Melarœon  87.  Ses  parties.  Ibid. 
Grandeur  &  longueur  90. 
Vaifleaux  91.  Glandes,  graille 
Pourquoy  il  y  a  de  plus 
grofles  glandes  vers  le  centre 
Jh.Se$  feirrhes  rendet  tout  le 


corps  maigre. 

Mefentcre ,  fon  hiftoire  87.' 
Trois  pactics90.  Figure  87. 
Grandeur,  origine 90. Vaif- 
feaux  91.  Glandes  ,  gtailTe 
vfage  de  kgraifle  desgUn! 

des  Ibid.  Des  membrancs3c 
de  tout  Le  mefcnterc. 
Mefocolon. 

Métacarpe.  38j 

Metatarfc.  40^ 

Miâioninuolontaire  86. 
MiraK  que  c’eft.  U 

Moêllc  du  ccrueau  que  c’eft 
.317.  Eft  principe  &  origine 
du  cerucau  ,  félon  l’Au- 
theur.  315 

Mocllcproîongce,(on  principe 
au  cerucau  310  316.  SadiuU 
fion  en  parties  &  accidents. 
Ibid.  Trois  ligamens  317.  Le 
ventricule  noble  &  fon  cou- 


ucrcle.  Ibid.  Vfage  de  la 
moelle  prolongée  &  fpina- 
Ic.  319 

Moelle  des  os.  514 

Molaires  dents.  558 

M-onticulcs  de  Venus.  108 
Mouuement  du  Sang ,  dans  la 
lettre  dcVValsus59i.  Voyez 
Sang. 

Mufculcufc  chair.  6 


Mufcle  n’eft  pasvnc  partie  iî- 
milairc  <>.  Que  c’eft  i^.  Meut 
vers  le  principe  31.  Ses  nos, 
figure  XJ. Parties  30.  Et  leur 
vfage  34.  A<^‘oo 


Tatle  des 

ment  JJ,  Pourquoy  leur 
mcuuemcnt  cft  volontaire. 
Jh,  Son  principe  eftou  en¬ 
tre  le  nerf  ji.  Quelle  eftfate- 
ftc.  Ibid  Preuucs  quela tefte 
eft  fenfiblc&  mobile.  31.  Le 
milieu  ou  le  ventre.  Ihid- 
Que  c’eft  que  la  fin  ou  la 
quenë.  Ibid-  La  queue  eft 
quclquesfois  plus  cfpaiflc 
que  la  tefte ,  &  quclquesfois 
^oüjbid.  Et  plus  dure  qu’ci- 
le.  33 

quels  Mufclcs  ont  destendôs 
vms&apparcns.  34 

Mufcles  de  l’Abdomen  &leur 
hiftoirc.  /li/ii/.Pourquoy  font 
pluficurs  44.Leur  aâion./^. 
AbuSjvfage.  Ibid.tem  nom¬ 
bre  grand,  pcnt&moyen.35 
M U fcle  oblique  defcendantde 
l’Abdomen  55.  Sa  fin  &  nerfs 
35.  Scs  trous  38.  Son  vérita¬ 
ble  principe,  ibid.  Preuues 
39.  Faux  principe  félon  les 
autres  38.  Vfage.  3,5) 

Mufclc  oblique  afeendant  3p. 
Son  principe,  fin  &  double 
tendon.  ibid. 

Mufclcs  droits  35;.  Leur  princi¬ 
pe  ibid.  interfedions.  ibid. 
Veines, artères  &  nci(s. ibid. 
Vfage  41. Preuues  qu’ils  font 
,  pluficurs.  40 

Mufclcs  pyramidaux  41.  Preu- 
ucs  que  ce  font  des  mufcles  j 
paruçuliers.  ibid.  Leur  ori- 


Matieres, 

gine,  infettion, vfage,  Ubid. 
Mufcles  tranfuerfes  44.  Leur 
origine, infertion  &  vfage. 
Mufcles intcrcoftaux  &leurhi- 
ftoireaié.  Nombre,  origine, 
fibres  qui  s’cnrrecoupcnr, 
vfage.  ibid. 

Mufclcs  relcueurs  du  fiege  & 
leur  vfage,  87 

Mufcles  des  oreilIcS359.3^3  Des 
iouës3é8.  De  la  tefte  35)6.011 
carpe  &des  doigts  405.  Du 
col 35)7.  Ducoude&durayô 
400.  Du  dos  398.  Dclacuif- 
fc  40;.  Del’os  hyoidc  378. Du 
bras  387.  [  Ceux-cy  font  le 
pedoral  387.  Le  dcltoidc  388. 
L’anifcalptor.  ibid.  Le  petit 
rond  38p.  Le  furcfpincux  ÔC 
fous-cfpineux.  ibid.  Le  fous 
fcapu]airctroiié3^i  ]  Dcs  lc- 
vres^éS.  3^9.  Du  larynx  i8l. 
De  la  langue 37P  Lcmaffctcr 
37Z.  De  la  mafehoire  infe¬ 
rieure  37 O.  Des  narines  355. 
Dcsyeux34p.  De  l’ocCopha- 
gci92.&  fuiuant.  Des  pieds 
408.  Des  doigts  des  pieds 
40p.  De  la  verge  168.  De  l’cf- 
paulc3p3.Tcporal  371.  Pour¬ 
quoy  la  bleflëure  du  tempo¬ 
ral  eft  dangereufe.  Com¬ 
ment  il  le  faut  incifer.  ibid. 
Scsdcffenccs.  ibid.  Des  tefti- 
culcsi5i.  Du  tibia  407.  Du 
thorax  ou  de  la  tcfpiratiô.3  94 
Mycinx.  36i. 

Qjqqij 


Myftax. 


Taille  deS(Jlfatiem> 

358 


NArincs  365.  Leur  paroy 
entre-moyenne  ihid.  D'où 
vient  leur  fympathie  auec 
l'abdomen.  40 

Nates  oufefTesau  cerueau.  ^'ÿ 
Nephtitique,  ponrquoy  l’abon¬ 
dance  des  ventofitez  &  des 
exciemens  rend  la  nephriti-  | 
que  plus  douloureufe.  U9 
Nephritique  douleur.  154 

Nephritiques ,  pourquoy  le  vo- 
mifTemcntleur  furuient.  ihid. 
495.  Pourquoy  ils  fentent 
quelque  engourdiflement  à  la 
iambe.  uy 

Nerf  queccft477.  N’cft partie 
fimilairey.  Eli  inféré  au  muf- 
cle  51.  N’entre  point  dans  le 
tendon.  33.  Sans  pair  480,511, 
Auditoire  364.  BleiTeure  du 
aerf  en  la  faingnée  mortel¬ 
le.  4io 

Nerfs  &  leur  hiftoirc  477.  Di- 
uerfes  opinions  de  leur  origi¬ 
ne  478.  &  fuiv. Pourquoy 
les  vns  font  durs  &  les  autres 
mois  481.  Pourquoy  font 
fans  cauité  480.  Q^ls  font 
grands.  475J 

Nerfs  du  col  479. Du  cœur  fé¬ 
lon  Ariftoteiôo.  Cruraux  511. 
Du  dos  501.  Des  lombes. 

De  toute  la  main  495).  Si  les 
moteurs  different  des  fenfi- 


tifs  479.  Lc.s  moteurs  del’ücii 
351.  484*  Erreur  des  autres 

touchant  leur  origine.ié/V.Lcs* 

optiques  de  l’œil  35t.  48,. 
Pourquoy  grands47c,.  Si  1^ 
optiques  font  creux  480.  La 
vraye  caufe  de  leur  vnion.485. 
Erreur  des  autres  ,  touchant 
leur  origine,  ihid,  S’d  y  a  des 
nerfs  odoratoircs  481.  De 
tout  le  pied  JH.  Rccurcés45)i. 
De  la  moelle  efpinicre  498. 
Du  thorax.  jol 

principe  de  tons  les  Nerfs.  3^0. 
319.477  .Ilcftncceirairequ’vn 
Médecin  fçaehe  leurs  origi¬ 
nes  &  réparations  480.  Triple 
fubftance  481.  Paires  oucon- 
iugaifons  479.  &  fuiv.  Nou. 
ucllc  opinion  de  rAutheur,de 
leur  nombre.  Vfage478. 

Paire  auditoire  490.  Odora- 
toirc  484.  Dix  paires  ont  leur 
origine  dans  le  crâne,  ihid.  Sc 
fuiv.  Trente  paires  hors  du 
crâne.  497 

Nezjhiftoiredu  Nez  364. Diiii- 
lion ,  dos ,  cfpine ,  fublUnce, 
mufcles.  thid.  &  fuiv.  Cartila¬ 
ges,  vaiffeaux ,  tunique  365,! 
Vfage  du  nez  externe,  ihid. 


Prcuucs  qu’il  fett  à  l’orne¬ 
ment.  3<^7 

Nombril  que  c’eft. 

Nopccs,en  quel  temps  nedôi- 
I  uent  efttc  célébrées.  "^9$ 

I  Nymphe.  ' 


Table  dt 
O 

OCciputquce’ed.  195 

Odorat  comment  cft  of- 
fencé547.  Sonorgane.  485 

Oeil  eft  qivelqiicsfois  offencé 
quand  le  mufclc  temporal  cft 
bleffc  484.  Son  orbite  pour- 
quoy  grafïc  2<>.Pourquoy  l’vn 
fuit  le  moüuement  de  l’autre 
484.  Voyez  Yeux. 

Oeillère  veine.  450 

OeilIercs  dents.  558 

Oefophage  j  fon  hiftoire  19. 
Adion  193-.  Corps  glandu¬ 
leux  291.  Mufcles ,  tuniques. 
ihid-  V  aiffeaux  291.  V  fage  195 . 
Aux  maladies  de  l’Oelophage 
ilfaut  appliquer  les  topiques 
au  dos.  191 

Olbafias,  fon  opinion  dcrvfa- 
ge  des  reins.  135 

Omoplate  573.  Dos.  ihid-  Apo 
fhyCcs.ihtd.  Mufcles 393.  Epi- 
phyfes  Vfage.  ihid 

Ongles  font  parties  de  commo¬ 
dité  4.  Si  elles  font  nourries 
de  bon  aliment  297.  Leur  hi- 
ftoirc  385.  Caufes.  ibid.  Cou- 
leur  &  les  fîgnes  que  les  Mé¬ 
decins  prennent  d’elle  386. 
Ligamens ,  fentitnent.  ibid- 
Vfage.  ibid- 

Ophthalmie,  foif*fîege.  351 
Oreilles ,  leur  air  n’cft  pas  partie 
fimilaire  7. Leur  hiftoire.  358 


Matières.' 

Oreilles  externes  ou  oreillettes 

358.  Poutquoy  elles  font  mo¬ 
biles  en  peu  de  perfonnes  339. 
Leurs  parties, peau,  vaiffeaux. 
Ibid-  Vfage  361.  Cartilage 
560.  Glandes.  Ibid.  Mufcles. 

359.  L  vfage  de  ces  muf- 

des.  3<jo 

Oreille  interne  3^1.  Ses  parties. 
Sacloftutc  membraneufe. 
Ibid-  Son  conduit  au  palais. 
363.  Tambour  ■'^61.  Valvule 
363.  Pourquoy  les  maftica- 
toires  lcruent  aux  maladies 
des  oreilles  Ibid.  Pourquoy  fc 
faitvnc  petite  toux  en  curant 
les  oreilles  trop  profondé¬ 
ment.  490 

Oreille  inferieure  338.  Pour¬ 
quoy  fon  lobe  eft  aifé  à  per¬ 
cer. 

Oreillettes  du  cœur,  pourquoy 
ainfî  nommées  251.  Leur  hi¬ 
ftoire.  Ibid.  Mouucment  253. 
Comment  la  droide  verfe  le 
Sang  dans  le  ventricule  droit 
du  cœur.  (J24 

Organe ,  ce  qu’il  faut  confîdcrer 
en  chaque  organe.  13 

Organiques  parties.  8 

Oribafe,  fon  obferuationdcl’v- 
fagedclapeau.  18 

Orifice  du  ventricule  De  k 

matrice.  190 

0$  que  c’eft.  519 

Os  du  bras  574.  Du  carpe  573. 
Du  coccyx  5<j4.  Ilfcpeutrc- 

‘‘j 


Table  des  Màtierth 


lafcher5(>;.  Coronal5Jj  pela 
hanche  ou  innotniné  5^5.  Du 
coude 574.  Cuboide  3 85. Cu¬ 
néiforme  ou  fphcnoidc  543. 
Enfî  forme  570.  Delà  cuilTc 
47p .  Du  péroné  58 1.  Du  front 
ou  de  la  pouppe  533.  Desek' 
uicules  571.  Hyoidc  ou  de  la 
langue  375.  Ses  mufcles  ôc  vfa- 
llion  ^65. Son  efpine, 
cofte  d  os.  Ibid.  Pourquoyl’i- 
lion  cft  plus  ample  aux  fem¬ 
mes.  Ibid-  Ifchion  ou  de  la 
hanche  ^66.  Duzygoma  537. 
De  la  petite  main  57  g.  De  la 
mafehoire  fupericurc  545).  De 
l’inférieure  yjo.  Du  métacar¬ 
pe  578.  Dumctatarf«54tf.  De 
IarotuIe58o. Scaphoidc  583  dc 
l’occiput  4  75.  Triangulaire  dc 
l’occiput  aux  chiens  536.  Delà 
poiétrine  ou  le  fternon  570 
Du  rayon  575.  Sacrum  &  fes 
parties  3<>4.  Leur  nombre  fé¬ 
lon  Galien.  Ibid-  De  l’omo¬ 
plate  573.  Scutiforme  580. 
Sphenoidc  343.  Spongieux  ou 
cribreux  547.  Styloidc  537. 
Du  tibia.  581 

Osjfon  apophyfeou  produdion 
519.  Epiphyfe  ou  appendice 
J  ao. Sourcils  &  Icvres.  Ibid 
Osôeleurhiftoirc5X3  Pourquoy 
plufieurs  en  l’animal  515.  Ne 
Tentent  Grands  &  petits, 
515.  Quels  ferciiniflent,  mieux 
cftans  xompus.  ; 


O  s  du  col  Des  codes 
Du  crâne  518.  En  particulier 
533.  Triangulaires  du  cra, 
ne  530.  Des  doigts  4  -8 
doigts  du  pied  586.  Verté¬ 
brés  du  dos  503.De  la  main 
574.  Propres  delà  mâchoire 
lupetieurc  549.  Dcl’occiput 
ou  de  la  mémoire  535.  £)e. 
tout  le  pied  579  Dcl’cxtté. 
me  pied  58t.  Pubis  fe  Uf, 
chent  en  Pcnfantcmét,qucl. 

quesfois  non.5(j(;.  A  quel 
vfage leurs  grands  trous 
Sefamoidcs48^.  Leur  vfage 
588.Dufynciputoudufom- 

metdclateftc535.  Dcrcfpi. 
ne  559.  Du  tarfe  581.  Des 
temples  ou  petreux. 

Os,  leurs  eauitez;5i5>,  Conne¬ 
xion  ou  coarticulation  &  fes 
elpcces  517.  Matière  514.  Si 
lamcélle  eft  lour  aliment  ou 
excremenr.  Ibid.  No'mbfc 
^i  j.  Pcriofte  51^.  il  lent,  non 
pas  les  os./^id-RclTcmblance 
auec  lesr  cartilages  5c liga- 
mens  513,  Vfage.  515 

Os  pierreux  leurs cauitez  537 
Qffcllets  de  l’oüic  /41.  Leurs- 
inuenreurs.  Ibid.  Connexion 
541.  Vfage.  543 

Ofteologic, pourquoyon  l’ex¬ 
plique  la  dernière.  yrj 

Oüic, comment  fcfâiC543.C6i 
ment  clic  deuient  plus  cx- 
quife  36U  Son  moyen  365- 


l^ahle  des  <Jldatleres. 

Organe  externe  }^i.  Interne  I  à  la  Rate.  ni 

l6i>  Olîellcts  541.  Caufe  de  1  Parifthmia-  î3S 


l’oiiie  dure  3^1.  Nerf  de 
l’oiiie.  3^4.  45)0 

Ouraque  &  Ton  hiftoire  216» 
N’cif  pas  percé  en  l’homme, 

&  neforx  pas  hors  du  nom-  ; 
bril.  Jkid, 

P 

PA-cius.  quel  vfage  il  attribue 
àla  matrice.  187 

Palais  que  e’cft  373.  Sa  tuni¬ 
que.  -ibUl. 

Palais,  d’où  vient  fa  fympathie 
âucc  le  ventricule.  Ibid. 
Pancréas  jé.Son  hiftoire  91.  Si¬ 
tuation  ,  origine. /bid.  Vfage 
>55.  Defeription  de  fon  con- 
duicpz.&fuiv.  Vfage,  93 
Panniculecharnu,  voyez  mem¬ 
brane  charnue. 

P aracelfe,  fon  erreur,  141 
Paralyfîe.  253 

Paraftates  154.  Sont  founent 
plcinsde  Icmcnceijp.  Leur 
connexion ,  figure  154.  Ori¬ 
gine  135.  Situation  134.  Sub- 
ftancc&  vfage.  i6f 

Parenchyme  que  c’cll  7.  Du 
foyeioi-Son  vfage  104.Dc  la 
Rate,H4.  Des  Reins  135.  Du 
pancréas  91.  Du  cœur  243. 
)De3tcfticulesijZ.  De  la  ma- 
tticc. 

Par ifanus,  quel  vfa^c  il  attribue 


Parotides,  ^o 

Paroxyfmcs  des  fièvres  po3r- 
quoy  ne  rcuiennent  pluu- 
toft.  éi8 

Parte^quec’eftdans  vne  figni- 
fication  vafie  &  propre  2< 
Quelle  partie  du  corps  eft 
engendrée  la  première  3. 
Quelle  eft  la  première  ache- 
uée.  /bid. 

Partie  fanguinc  que  c’eft  8. 
i  Spermatique.  Ibid- 

Partie,  fon  adioo  2.  Vfage 
Accidens  ncceffaircs.  Ibid. 

I  Tempérament,  ôtles  chofes 
qui  l'accompagnent.  Ibid, 
Parties  de  commodité  4.  Diffi- 
milaircs  ou  organiques  8. 
Qm  feruent  à  la  génération 
12.  A  la  nutrition.  Ibid.  Scr- 
uantes  5.  Des  femmes  1^9. 
De  neceftlté  4.  En  chaque 
organe  8.  D’ornement  4. 
Principales.  Ibid.  Similaires 
5.  Le  nombre  des  fimilaires 
7.  Similaires  parfaitement, 
&  au  Cens.  /^.Diuerfesopi. 
nions  de  leur  nombre,  4.5. 
Diuifion  des  parties  du  corps 
4,  Principes.  5 

Partie  honteufe  externe  de  la 
femme  202.  Que  c’eft  pro¬ 
prement.  108 

Paulme  de  U  main  3S3.  578> 
j  Pourquoy  graffe. 


Table  des  Matières. 


paupières  des  yeux  348.  Muf- 
cles  des  paupières.  lbid>  1 
Peau,  fonhiftoirc  1(5.  Que  c’eft. 
Jbil  Commet  elle  peut  cftre  ' 
nommée  membrane.  Ibid- 
G'cft  vne'partic  mcfléeS.iy. 
Pourquoy  eftant  blefrée,ne 
fc  confolide-elle  pasverica- 
blement./^/f/.  Pourquoy  clic 
cft  temperce,/M*  Pourquoy 
fe  fepare-elle  difficilement 
en  certainsendroits  19  .pour¬ 
quoy  elle  eft  le  lieu  où  s’en¬ 
gendre  le  poil  297.Pourqu»y 
celle  de  tous  les  enfants  eft 
rouge  au  commencement 
14.  Où  elle  eft  mobile  19. 
Pottfquoy  celle  de  la  tefte  eft 
rbobile  en  quelques,  vns  19. 
347.  Son  adion  particulière 
3.  Publique  17.  Couleur  di- 
uerfe. Caufe  efficiente. 
Ibid.  Efpaiflcur,  figure, trous, 
molleffc,  connexion  18  19.  Sa 
véritable  matière,  félon l’o- 
piniô  dePAutheur  17.  Fauf- 
fe,  félon  l’opinion  des  autres, 
qui  eft  réfutée  1(5.  Ses  pores 
&  leur  vfages  18.  VailTeaux 
i9.Vfagei,8.Lapeaun’eft  pas 
vne  membrane  16.  Galien 
n’a  pas  voulu  quelle  fut 
compoféc  de  chait&  de  nerf. 
Ibid.  Quelques  vns  peuucnt 
remuer  la  peau,  ctymme  les 
belles  de  voiéture  Corn- 
mc:nt  vn  Roy  de  Petfe  Veft 


peu  fcruirdc  la  peau  au  lieu 
dcchaffis. 

Pediumoutarfe, 

Pcnil.  JJ 

Pénis  au  ccrueau. 

Péricarde  fon  hiftoire  236,  Si. 
tuation ,  trous.  IbU.  Vfage 
238.  Ne  s’eft  trouué  en  vu 
certain  23<>.  Si  l’humeur  fc. 
reufe  fc  trouue  en  tous  les 
péricardes  138.  Pourquoy  eft 
plus  abondante  aux  morts. 
Ibid-  Opinions  diuerfes  de 
I  fon  origine  135,.  Vfage.  241 
Pcricranc  que  c’eft  304.  Son 
originc./^i^/.  Vfage.  371 
Periofte  304.  516.  A  le  fenti- 
ment  exquis 

Péritoine  &  fon  hiftoire  4;. 
Pourquoy  ainfi  nommé.  Ih. 
Pourquoy  cft  plus  efpaisaux 
femmes.  Ibid.  A  fentiment 
j-o.Eftmercdes  tuniques  au 
ventre  inferieur.  Ibid.  Affe- 
élions46.  Connexion,  dou¬ 
blure  ,  figurc.//(/(3l.Trous  47. 
Grandeur  46.  Origine.  Ibid- 
Produtftion  47.  Subftance 
45.  Superficie  46.  VailTeaux, 


Vfage. 

47 

Phalanges. 

579 

Pharynx. 

575 

Philtre, 

3é8 

Phrenes. 

II 

Phthifie,vnecaufede  la  Phthi- 
fie,  &  de  la  mort  fbudai- 
nc.  z73 

Phyficicn, 


Tahle  àes  Matiem 


phyfîcien  pcrfonnc  ne  peut 
eftre  bon  Phyficien  fans  la 
cognoiflancc  de  l'Anato¬ 
mie.  I 

Phyfiognomiftes ,  quel  vfage 
.  attribuent  à  la  peau.  i8 
Picolomini,  fon  erreur  6,13.83. 
136  170.  L’vfagc  des  rameaux 
de  la  veine  gaftrique  félon 
.luy,  68 

Pied  que  c’eft ,  &  fon  hiftoirc 
.  404.  Sadluifion. /^/V.  Muf- 
cles.  403.408 

Pie.merc.  316 

Picrôcholcs  par  haut  68. 111.  Par 
bas.  Jhid. 

Pifo  ,  vfage  de  la  Rate  félon 
luy.  iii 

JPlacenta  de  la  matrice  que  c’eft, 
&  d’où  prend  fon  origine  211. 
aiz.Anaftomofc  au  placenta 
charnu.  216 

Platon,  vfage  du  Poulmon ,  fé¬ 
lon  luy,  .  276 

Plcmpius  ,  pour  quel  vfage  il 
veut  quel’artere  aorte  Ce  ca¬ 
che  fous  la  veine  cave  dans 
Tabdoracn.  460 

Pîeure,fon  hiftoire  2ji'  Origine 
Efpaifrcur  aux  fains  & 
plcuritiqucs, trous, vailTeaux, 
vfage.  23  a 

Plcurcfie  ,  lieu  de  la  matière 
pleurctique  231.  Comment 
les  pleuretiqufs  fcpeuucnt 
vuiderpar  les  vrines  443.  Il 
ne  faut  pas  toufiour$  ouurir 


la  veine  du  cofté  droit ,  en  la 
plcurefic/^.Pourquoy  il  cft  bô 
d’ouurir  la  veine  du  jarret. 
plexus  ou  trelTc  Choroïde  ou 
réticulaire  au  ccrucau,  &  fon 
vfage.  540 

la  Plume  à  efetire  à  U  moelle  du 
ccrueau.  32y 

Poitrine.  218 

Poignet  que  c’eft.  38:3 

Poils,  &  leur  hiftoirc  296;  En 
que^animaux,  En  quel 
lieu  viennent,  &  s’ils  fenour- 
riflent  de  bon  aliment  2^7. 
Leur  caufeefficiente  298. Ma¬ 
tière  297.  Diuifîon  299.  Fi¬ 
gure  301.  La  caufe  de  leur 
couleur  diuerfe  502.  Pour- 
quoy  les  animaux  à  efcaillc, 
n’ont  point  du  poil.  297 
Poilsdclatcftc,  pourquoyplus 
longs  &  plus  grolîiers ,  300. 
Pourquoy  groffiers,  déliez, 
durs,  mois ,  301.  Q^el- 

qu’vn  auoit  les  cheueux  lî  cf- 
pais  <3u’il  fe  moqupit  d’viï 
coupdcmoufquct. 

Poils  du  penil  de  la  femme.  20  j 
Poils  fous  les  ailTelles  ,  ôc  leur 
vfage.  219 

Poindlachrymal.  349 

PoilTons,  il  ne  faut  pas  négliger 
d’en  faire  l’Anatomie.  325 
Pomme  d’Adam.  286 

Porcs  de  la  peau  à  quel  vfage  18. 
ont  des  racines  de  poil.  297 

Poulmon  >  fon  hiftoirc  x68. 
'  Rrrr 


T ahle  des  M  aller  es. 


Pourquoy  «diuifé.  ihid.  A  plus 
de  Sang  que  les  autres  parties 
271.  Sc  nourrit  d’vnc  façon 
particulière,  thid.  Sa  couleur, 
contiCKioa  x6<).  Figure  168. 
Subftancc  Lobes  16%. 
VaiÂeaux  tyt.  Adion  27 i. 
Mouuement  par  le  moyen 
du  Thorax  173.  Ceux  qui  niée 
cela,  font  réfutez  275.  Vfage 
176.  Sifflet  ^77*  Vn  carçon 
d’Arafterdam  auoit^'âu  lieu 
de  poulmon,  vne  petite  veflîe 
remplie  de  vent.  ibid. 

Pourquoy  les  poiffbns  n  ont 
point  de  poulmon.  %y6 
pourquoy  les  vlceres  des  poul- 
mons  ne  caiifent  point  de 
douleur.  171 

Pouls  que  c’eft  249.  D’où  vient 
45p.  Diuerfes  opinions  du 
pouls  z  jo.  &  fuiv.  Où  on  le 
tafte.  4<>7  1 

Pourriture  à  quelle  graifleéc  à 
quclfangcôuicntplutoft.  iii 
Prepuce,  *  1^6 

Preffoir.  309 

principe  de  radication  ou  d’ori¬ 
gine  5.  De  dirpenfattion  &  de 
diftribution.  ibid, 

Proftates  que  c’eft  16 1.  Pour, 
quoyont  vne  membrane  de- 
fe^  ibid>  S’ils  contiennent  la 
fcmencc.  ibid.  Si  elles  fer- 
uentd  la  génération  de  lafc- 
mcncc  i(5i.  Leur  fiiujtion 
ÿSi.  Figure  ,  gtaodcuc,  (ùb- 


ftancc.vf.g.. 

Prunelle.  . 

Pulfation,  d’où  vient  aux  ma¬ 
ladies  de  telle  vers  Icstcm. 

Pylore  du  ventricule. 
Pyramidaux  raufcles.  Voyez 
mufcles. 

aVarte,  ceux  qui  ont  la  fie-’ 
vrc  quarte,  fuent&piC, 

lent  abondamment. 

Qucué  en  vn  garçô  Danois  5^4 


R  A 

quoycft  rouge  au  fœtus 
114.  Pourquoy  eft  grande  en 
l’homme  115.  Pourquoy  Tra- 
jan  U  compare  au  fife,  ibid. 
On  ne  peut  la  toucher  ni.  Si 
onia  peut  arracher  ducorp« 
115. Pourquoy  onrappellcle 
fiege  du  Ris  124.  Elle  eft  vn 
autre  organe  de  la  fanguifica* 
tion  119,  Sonaélioniiy.  Ana. 
ftomofes.  ibid.  Couleur  114. 
Connexion. Figure  114. 
Grandeur  uj.  Nombre  iir. 
Situation,  ibid.  Subftance. 
114.  Tunique. Scsvfagcs 
diuers  de  diffcrcns  Auth^tits 
font  tous  réfutez  izz*  113* 
Obreruatiôdc  ieanVYal#»»? 


Table  des  Matières, 


■  touchant  Ton  vfage.  125 
le  Pancréas  fait  la  fonction  de 
la  Rate,  lors  qu’elle  eft  mal 
affectée 5)6. Pourquoyfon  ac- 
crOiirementeftnuifiblc.  113 
Authoritez  &  exemples  que  la 
Rate  manque  en  quelques- 
vns,  mais  fort  rarement  *112. 
Preuues  quelle  ne  reçoitpas 
l’excrement  melancholique 
Ï18.115).  Preuues  qu’elle  fait 
du  Sang  comme  le  foyc  120. 
Pour  quel  vfageclle  fait  du 
Sangfelon  l’Autheur.  12  M22 
Rayon  J75.  Scs  mufcles.  401 
Régions  au  corps.  5).  ii 

Rein,  fa  ftrudurc  en  vn  chié.134 
Reins,  leur  hiftoirc  ii6.  Pour- 
quoy  ont  de  la  graifle  ly 
Pourquoy  ainfî  nommez  126. 
Pourquoy  deux.  il;id.  Suc- 
centuriez  136.  Quel  le  plus 
haut  en  l’homme  &  aux  be¬ 
ttes  u8.  Leur  connexion, cou-  I 
^  leur, grandeur,  fupcrficie,mé- 
brane,  ihid.  VaifTeaux  132. 
Graiffe  129.  Veines  &  artères 
adipeufes  .  133.  Nerf,  ihid- 
Subftance  129.  Ventres  ou 
czmxcz.ibid,  Carunculesmâ- 
millaircs  132.  Cribrumbcnc- 
didum  des  anciens  134.  Vfa- 
gc.  ihid.  Opinions  diuerfes 
de  ce  crible. Sonder  les 
reinsqucc’cft.  129 

Reptiles  ,'p«?urquoy  râpent.  5iy 
Rets  admirable  331,56  vfage./^. 


Rhafis ,  comment  racfurc  la 
grandeur  du  foye.  loi 
Rides  au  col  de  la  matrice.  15)3 
Riolan,  quel  vfage  il  attribué' 
aux  mufcles  droits  de  l’abdo¬ 
men  41.  Aux  appendices  de 
I  riIeonSa.Enfcignel’vfagedu 
j  pancréas  par  vn  exemple.  ^6 
RisSardonicn,facaufe.  250 
Roftoch  ,  l’Anatomifte  de  Ro. 
ftoch  de  rvfage  des  capfules 
atrabiliaires  138.  Eft  re. 
pris-  304  328 

Rotateurs.  580 

Rotule. 

S 

C  Ages. femmes  ,  leur  conie- 
O  dure  par  les  nœuds  de  la 
veine  vmbilicalc  113.  Couftu- 
mc  pernicieufe.  377 

Saliuci88.  Qm  font  ceux  qui  en 
ont  beaucoup.  125 

Saluatclle  &  fa  feâion.  449.451 
Sang,  d’où  vient  le  Sang  qui  eft 
tiré  entre-deux  ligatures  643 . 
De  quelles  veines  il  eft  tiré 
plusaifcment  é44.Commcnt 
il  defeend  contre  nature  des 
plus  grandes  veines  aux  plus 
petites  60  6.  Il  ne  fort  pas  du 
coeur,  àcaufe  delà  rarefaéliô 
é23.Sicftant  icttéde  la  Rate, 
il  fert  à  l’appctit  &  à  la  con- 
coâion  67.  A  trois  fortes 
d’exetemens  116.  Qm  s ’eft 
Rrrr  ij 


Table  des 

imaginé  fonmou'ucméc  éio.  i 
Qui  rarrouué&  prouuc(îi4.  ] 
Quel  il  comment  fc  fait 

591.  Au  fœtus  (5i6.  Qufl  617. 
Eft  eirculaite6io.  Par  toutes 
lcsartcres  &  veines  du  corps 
(»i4.  Des  artctes  dans  les  vei¬ 
nes  par  les  anaftomofcs  617. 
631.  Et  cela  par  l’impulfion 
ànccsim.ihid.  Caufc  de  ceftc 
irapulfion  614-  Par  l’attra 
£lion  desvcines6îi.Du  ven¬ 
tricule  &  de  l’oreillette  du 
.cœur  614.  Pour  l’vfage  des 
parties  ^33.  Les  argumcns 
contre  ce  mouucment  Ibnt 
réfutez  641.  Scfuiv.  Commet 
fe  fait  ce  mouucment  dans  la 
xhair  Gi-j  .6^é.Qsi\xk  du  mou- 
-uemcnt  du  Sangé2i.  Qwn- 
tité  du  Sang,qui  fort  du  cœur 
à  chaque  pouls  60^.  Diffé¬ 
rence  du  Sang  afterieux  ôc 
veineux  5^3.  ^01.  <?48.  Cau- 
fes  de  cette  différence, 
.SaraguiEcâtion  comment  fefait 
J04.  So  lieu,  matière,  Sc  cau- 
,  fe  efSeiente  105.  Ne  fe  fait  au 
cœur  41^.  Ny  aux  teins.  135 
Sanguines  parties-  S 

.Scan|ications  par  quelles  veines 
atticentles  humeurs.  25 
.  Scheinerus ,  fon  opinion  tou¬ 
chant  Pvfage  de  l’iiumeur 
ctyftalline  &  de  la  tunique  rc- 
tine.  jjj 

S  glandes  du  nicfen- 


Mdtieres'. 

tere. 

Scrotum  que  c’eft  I50.  Pour. 

quoy  n’a  point  de  gra'lpe.j'^/j^ 
Semence  ,  ce  qu’elle  fait  aux 
parties  153.  Où  la  femencede 
la  femme  eftrefpandue  dans 
le  coït  178.  Par  quel  chemin 
ks  femmes  enceintes  iettctijt 
lafcmencc  177.  Ceux  qui  at- 
tribuent  la  préparation  de  la 
fcmence  aux  reins, font  réfu¬ 
tez.  135.  Où  bc  comment  elle 
fefait  I5Z.  Leiieu  où  elle  eft 
rcferuce  pour  le  coït  igo. 
Pourquoy  les  hommes  n.c 
font  pas  fi.  cruellement  tra- 
uaillcz  des  noires  vapeurs 
que  les  femmes. 

Sennertus ,  quel  vfage  il  attri¬ 
bue  aux  Reins. 

Sens,  quels  font  les  organes  du 
fentiment.  ig 

Septum  ou  paroy  des  oreilles 
'  36i.Des  narines  3^0. 550.  Au 
coeur  25CJ.  Celuy  cy  n’a  point 
de  trous  ô'oo.  On  y  a  trouué 
vnfinus  (joi.Tranfuersû.iiy 
Serofité,  pourquoy  entretpus 
les  excremens  eftleplusabô- 
dât  127.  Les  RatcleuX&  mcla- 
choliqucs  ont  beaucoup  de 
ferofitez  124.  Vfage  de  lafe. 
rofité  du  Sang  105.  Elle  fe  fe- 
pare  du  Sang  aux  feins,  ihid. 
Sefamoides  OS-  586 

Seuerinus ,  l’ vfage  de  l’inrcrtion 
duiueac  cholidoqueau  veo^ 


T'allé  des  t^atieres^ 

tricule,  félon luy  6^.  Veines  rcsijS.  Son  obfernation  au 
(Pacaccidct)  phrcniqucs.444  *  foye  100,  Erreur  refutée.  133. 
Sexes ,  quand  fe  fait  leur  chan-  328. 
gement apparent.  14^  Squelete  &  fa  diuifion  félon 

Siégé  ou  fondement,  fonhiftoi-  l’Autheur.  51^ 

rc  8(î.  Ses  mufcles  releueurs  Stérilité, fescaufes.  189. 190 
87.  Lefphindex86.Ea  iefion  Sternon  218570 

&  procidence.  87  Styloideos.  357 

yicgc  au  cerueau  que  c’eft.  337  Sueur  abundante  en  ceux  qui 
Siele  des  Arabes.  449451  ont  la  fièvre  quarte.  125 
Sifflet  du  poulman.  277  Suffufionoùcftfon  fiegc.  3(^4 
Sinus  de  la  dure-inereàla  telle  Suif  &  la  erailTe  different.  20. 

?o8.Vfage.  311  24^. 

Son  au  pied  en  marchant  d’où  Suture  que  c’ell.  518 


vient.  3§5 

Sourcils.  34J, 

Sourds  nez  pourquoy  muets. 

SurditCjCaufes.  ihid- 

Soufpir,  zSp 

Spermatiques  parties.  8 


Sphinéter  du  fiegc  8  6.  Son  vfa- 
ge./^rd.  Del’Oelbphage  293. 

-,  Delavelfle  146.  Quand  il  cil 
blcflé,  la  mixtion  fc  fait  inuo- 
lontaircmcnt.  ibid. 

Spigçlius,  quel  vfage  il  attribue 
aux. mufclcs .droits  de  l’Ab¬ 
domen  41.  Aux  appendices 
-  de  l’inteftin  colon  82.  Aux 
proftâtes  161.  Aux  mufcles 
du  larynx  283.  Au  mufclc  fous 
,  clauicr394.Au  grand  dentelé 
.  395,  Aux  atteres  (  par  acçidét) 

:  intcrcoftalos .  468..  Mefataï 
•  ques  4(59;  Quels  vfages  il 
dôpe  aux  capfuks  atrabiiiai- 


Sutures  du  crâne  vrayes  529. 
Coronale  ,  lambdoide.  ibid. 
Sagittale  531.  Faufles.  ibid> 
Quelles  s’effacent  quelques 
fois  529.  Leur  vfage  533. 
Pourquoy  y  en  a  bon  nom¬ 
bre,  &  qu'il  cftnuifible  quâd 
elles  manquent,  ibid.  Quç^- 
!  ques  telles  fans  futures.  528 
SyluiüSjfonopinion  de  bvfagc 
des  vaiffeaux  de  la  veffie  de 
1  l’vrinc. 

Symphyfe.  517 

j  Synarthrofe.  rbid. 

Synckodeofe,  518 

Synciput  que  c’efl  295-  Mem¬ 
braneux  aux  enfans.  535. 
Pourquoy  les  plaida  fyn- 
ciputfontmortclies:  ibtd. 

Syneurofe.,  ■  JiS 

Syffateofe.  tifd. 

Syftcle  que  c’eft.  249 

Sômctdelatefiequc  c’efl. 

,  -  Rrrt  iij 


Table  des 
T 

TAbidcs,qucIcftoit  Icfoye 
des  Tabides  que  TAu- 
theuraveu.  '  loi 

Talon.  581 

Tambour  3(^2.  557.  Sa  petite 
membrane.  ib'td> 

Tarfesdesyeux.  348 

T emperament  des  parties, ôi  les 
chofes  quilafiiiuent.  3 

Temples.  25)6 

Tendon  large.  402 

Tendon  dumufclcquc  c’eft  30. 
Poiirquoy  ainfi  nommé  31. 
Son  principe  &infertion.  Jb. 
H  cft  au  milieu  en  peu  de  muf- 
clcs, ibid.  Le  principe  &  la  fin 
du  mufcle  peuvent  eftre  ap¬ 
peliez  tendons,  ibid.  Preuues 
que  le  tendon  ne  reçoit  point 
des  nerfs.  33 

Tefte  ,  fon  hiftoirc  25)5.  Pour- 
quoy  elle  cft  placée  en  haut. 
ibid-  Pourquoyelle  eftoffeu- 
fc.  ibid.  Pourquoy  celle  de 
l’homme  cft  grande,  ibid. 
Pourquoy  elle  cft  quelques- 
fois, mais  rarement  fans  fu¬ 
tures  528.  Sadiuifion  2<>y.  Sa 
peau  ellmobile  en  quclques- 
vns347.Scs  figures, naturel¬ 
le  295. 525.  Deprauée  diucr- 
fement.  ibid.  D’où  vient  fa  fi. 
gurc  pointue  526.  Ses  muf- 
cles  396.C6min6ntil  faiK  de- 


Mdtleres. 

monftrer  (es  parties,  tant  en 
!  la  fciftion  nouuclle  qu’en 
l’ancienne  341.  La  vraye  fc- 
dionôt:  nouuclle  fe  doit  com¬ 
mencer  par  la  partie  inferieu¬ 
re  325.  Ses  futures  jag. 
fuiv. 

Tcfticules  au  cerceau. 

Tcfticules  des  hommes  &  leur 
hiftoire  148.  Ne  font  parties 
principales  5.  Pourquoyfont 
fituez  dehors  en  l’homme 
148.  Semeiiucnt  d’eux-mef. 
mes  en  quelques  vns  152, 
Diuerfes  opinions  pour- 
I  quoy  il  femblc  qu’ils  don¬ 
nent  chaleur  &  force  au 
I  corps  des  hommes  155.  Leur 

i  fympathicauec  les  parties  fu- 

perieures  ,  principalement 
aucc  le  cϟt.ibid.  Pourquoy 
le  droit  cft  plus  variqueux, 
plus  chaud,  &  engendre  le 
malle  149.  Figure  &  gran¬ 
deur.  ibid.  Mufclcs  151.  Et 
lcurvfagcij2.  Nombre  148, 
Situation  Jubftance  151.  Tu¬ 
niques  Tegumens  ijo. 
Vaifleauxijt.  Vfage  i52.(^i 
font  ceux  qui  oftent  aux  tcfti¬ 
cules  la  génération  de  lafe- 
mence.  ibid.  Les  tcfticules 
font  demeure»  cachez  en 
quclqucs-vns  dans  la  capaci¬ 
té  de  l'Abdomen  iufques  à  la 
puberté  149.  Vn  taureau  a 
peu  €ng«nicr>  fcstcfticule» 


ellans  coupe*  t<5o.  La  gônc- 
ration  ne  fc  fait  pas  fans  tedi- 
culcs  ordinairement  152.  Au- 
thoritez  que  quelques- vas 
ont  neantmoinj  engen¬ 
dre-  ibid. 

Tcfticules  des  femmes  &  leur 
hiftoire  171.  Comment  dif¬ 
ferent  de  ceux  des  tommes 
174.  Pourquoy  fîtuez  en  dc- 
dans.j^/d.  Leur  tunique, vfa- 
^75 

Tiiorax9.  Que  c’eft  iig.Pour- 
quoyn’eft  tout  charnu,  ibidk 
Pourquoy  cft  en  partie  char- 
xm.ibk.  Pourquoy  n’eft  tout 
ofleux  ,  pourquoy  l’eft  en 
partie  119.  lignifie  quad 
il  eft  ÿclu  147.  Ses  parties 
xip.Mufcles  394.  Pourquoy  | 
apeu  degraiffe.  xip 

Thymus  quec'eft.  135 

Tibia  581.  Sesmulclcs  47.  D  où 
vient  que  quand  on  fe  blcilTe 
au  deuant  du  Tibia, on (ènt 
me  grande  douleur.  581 
Toux,  pourquoy  on  avne  peti¬ 
te  toux, lors  qu’on  fe  cureles 
oreilles  profondément,  499 
Trachée  artere  &  fon  hiftoire 
177.  Pourquoy  cartilagincu- 
fe  ic  ligamenteufe  en  partie  i 
279.  Son  humeur  gralfeayS.  ' 
Vfage.  186 

Trochanter  grand  &  petit.  580  I 
T umeurs  comment  font  fou-  1 
uent  guéries.  -  -éji  j 


que  ceft  propre 
^7 

V 

VAilTeaux  font  formez  de¬ 
uant  les  vifeeres.  4 
Vaiifeaux  du  cœur  259.  iéo, 
Leurvnion  au  fœtus. 

VadTcaux  dcferêsaux  hommes, 
ouiaculatoires  154.  Leur  no. 
hïQ.ibid.  Diuifîon.  ibid.  Prin¬ 
cipe  15J,  Milieu.  Subftâ- 
ce, figure, cauitéjfituation  159. 
Fin  ou  vefficulçs  feminaires 
i^o  Conduicquiva  auxpro. 
liâtes.  161 

VailTcattX  deferens  aux  femmes 
175.  Leurs  membranes,  con. 
duitSjVailTeaux  176.  Vfage. 17}? 
Vaiffeaux  fpermatiques  prepa- 
rans  des  hommes  146.  Leurs 
anaftomofes,  grandeur  147. 
Nombre,  origine,  fituation. 
ibid.  Vfage.  i48 

Vaiifeaux  fpermatiques  prepa- 
rans  des  femmes  170.  Com¬ 
ment  different  de  ceux  des 
hommes,  ibid-  Leurs  ana¬ 
ftomofes.  171 

Vaiifeaux  vmbilicaux  &  leur 
hiftoire  zi2.  Anaftomofes  ii^. 
Nœuds&leut  vfage  213.  Do 
leur  contorfion  &  cfpaif- 
feur.  ii7 

Valvcrde,  fon  obfcruation  du 

mouuemcnt  P®*'*’ 


Tahu  des  Matières  '. 

Tuniqae 
ment. 


Table  des  Matleref, 


Valvule  du  Colon  8i.  Commet 
cllefe  trouuc.  i'bid-  Sa  figure, 
nombre.  ihid>  Vfage.  85 

Valvules  du  cœnir  tridentines 
i6o.  Simoidcs  z6i.De  la  vei¬ 
ne  coronaire  du  cœur  146. 
De  la  veflîculc  du  fiel  109. 
Aux  emulgentes  133,  A  l’infcr- 
tion  des  vrcteres  140. Au  coin- 
.duit  de  loreillc  au  pa¬ 
lais.  31^4 

Valvules  aux  veines  &Ieurhi- 
ftoire  414.  Que  c’efl:  410. 
Comment  fe  rrouuent  421. 
Pourquoy^ne  fe  trouucnt  aüx 
origines  des  veines,  ibid'  Oii 
font  placées  principalement. 
<i&/^.Leur  nombre  &  en  quel¬ 
les  il  y  ,  en  a  plus  424.  Leur 
■  vfage.  425 

Valvules  de  la  veine  azygos 
font  chymeriqnes  441.  Des 
mefaraïques  font  contes  de 
Colomb.  430 

Varices, leur  caufe,  411 

Variqueux  corps.  147 

Varol,  s’attribue  l'iniiention  de 
la  valvule  au  colon  82  Enfei- 
gne  vnc  nouuelle  infertiôn 
des  vailTeauxde'ferens.  177 
Vas  breve.  11  j 

Vega,fon  opimondclafympa- 
tnie  des  tefticules  auec-les 
.  parties  lupcrieurcs.  454 
Veine  n’cft  pas  partie  fimilai- 
re.  7 

Veine,  quelle jfciiie  il  faut  ou- 


urir, afin  que  la  faingnéc  Toit 
à  droiture  606.  Comment  il 
faut  faire  lafaingncc  lorsque 
.  le  Sang  bouillant  &  fpiri. 

tueux  eft.malafFcâ;é(Î43.0ù, 

aux  maladies  aux  delTous  dû 
col  446.  D’où  vient  que  Ic^ 
veiness’enflent  en  la  faingnéc 
.(54.Pourquoyonlârche  lali- 
gature  645-  Erreur  de;  ceux 
qui  pratiquent.  4^^ 

Veines, &  leur  hiftoire  413. Q^ç 
c’eft  4i(j  .Quelles  grandes4i8. 
Si  clics  ont  des  fibres42o.  Ne 
fentent  419.  Pourquoy  non, 
&  quand  ontbatement  619. 
Pourquoy  en  quelques  en¬ 
droits  elles  font  reu-cftuës  de 
deux  tuniques  ,  &  ailleuns 
non  419.  Anaftomofes.  ibid- 
Diuifion  de  tout  le  corps 
'  42<j. Matière 416. PrincipeTé 
foyc  9(î.i03.4i^.Preuuesque 
le  cœur  n’en  eft  pas  le  princi¬ 
pe  contre  Ariftote.//r/i.  Sub- 
ftance  420.  Tuniques,  ibid. 
V  alvulcs.  ibid>  Fin  &  vfagc 
417.  Palpitations.  621 

VciiKartericufe  xéo.  Pourquoy 
nommée  &  veine  &  artère. 
ibid.  Son  origine, continua. 
tion,&  vfagc  2tîi.  V.alvu- 
les.  ...  ibjd> 

Vc.ine-caue  260. Que  c’eft.  443. 
Pourquoy  a  des  fibres  char¬ 
nues  à  l’entour  du  cœur  624» 
,Ses  racines  da^s  le  foye  101. 

diuifion 


Taile  des  Matiem, 


Dùiifion  en  grands  troncs 

443.  Tronc  alcendant.  ibid. 
Defeendant  451.  Infertion  au 
ventricule  droit  du  cœur 
i(So.Vfage&  valvules,  ibid. 

Veine  cephaiique  ou  humerale 
44p. Coronaire  du  cœur  246. 
Coronaire  pourquoy  eft  gar. 
nie  de  graifle  26.  Sa  valvule 
24^.  3<>5.  Diaphragmatique 

444.  Gaftrique  68.  Petite  feia- 
tique  456.  Grande  feiatique 
457.  Médiane  450.  Mufcle 
436.  Du  iarct  ou  Poplofes. 
Ibid.  Saluatelle  &  fa  fedion 
449.  Sephane  &  fa  fedion 
456.  Soufclauicre  &  fa  véri¬ 
table  diniHon.  446  447 

Veine.porte  ouladée  que  c’eft 
416.  Son  origine  4.  Diuifion 
&  rameaux  426.  Racines  dans 
le  foye  102.  Rameaux  mefa- 
raïques  font  nommez  raci¬ 
nes.  426 

Veine  azygos  444.  Napointdes 
valvules.  445 

Veine  vmbilicale  cftla  première 
acheuée  en  la  génération  4. 
2i5.Souurc  aux  hydropiques 
217.  Son  vfage  &  nœuds.  213 

Veines  adipeufes  125.451.  Blan¬ 
ches  que  c’eft  i40.Des  bras  & 
des  mains  44p.  Crurales  45  6. 
Emulgentes  c)8. 451. Diuifion 
desemulgentes  en  petits  ra¬ 
meaux  &  valvules  13  3.  Epiga- 
firiques  433.  Hemoiroidales 


que  c’eft  437.’438,  Les  inter¬ 
nes  different  des  externes  en 
huid  façons.  Ibid.  Hypoga- 
ftriques  146.  455.  Rameaux 
iliaques  454.  Intercoftaux  & 
leurs  anattomofes  445,  Des 
inteftins  417.  lugulaircs  447. 
De  la  Rate  427.  Lombaires 
451.De  la  main  &  leurdiuer- 
fité  450  ■  M ammaircs  &  leurs 
anaftomofes.40.446.  Du  me- 
diaftin  444.  Mefaraïques  & 
leur  vfage  430.  Mefaraïques 
n’ont  point  de  valvules  Ibid. 
Leur  vfage  597.  Du  mefente- 
re  430.  De  l’epiploon  4 17. Du 
pancréas.  Ibid-  Du  péricarde 
444  Racines  280.  Spermati¬ 
ques  341.  Origine  &  vfage 
des  fpermatiques  gauches 
147.  Du  ventricule427.  Leur 
vfagc5p7.  De  la  matrice  font 
fort  enflées  aux  femmes  en¬ 
ceintes.  186 

Veines  ladees  &  leur  hiftoire 
nouuelle  430.  &fuiu.  Com¬ 
ment  on  les  peut  trouuer  & 
voir  431.  Leurs  noms.  Ibid. 
Situation  432.  Subftancc, 
valvules  435.  Adion  &  vfage 
434. 5P7*  Origine  pr.  Vn  cer¬ 
tain  tronc  remarqué  par  Afel- 
liusaufoye.  103 

Veines  au ccrueau.  323 

Veine  fpleniquc.  450 

Ventoufes  &  featifications  par 
quelles  veines  attirent  les 

Sfff 


Tahle  des  Màttms. 


humeurs.  a  y 

Ventres  que  c’eft  &  combien.  9 
Ventre  fupcricur.  ;bid  Moyen. 
ibid-  &  ii8  Inferieur  9.  Que 
c’eft.  Il 

Ventre  du  mufcle.  31 

Vcntre,d’où  vient  Ton  excrétion 
inuolontaiie.  87 

Ventre  inferieur,  pourquoyelt 
fort  gras  11 9.  Pourquoy  on  le 
dilTeque  &  explique  le  pre 
mierde  tous,  ii.  Ses  parties  & 
leurs  noms,  ibid.  Toutes  fes 
parties  communes  &  pro¬ 
pres.  Il 

Ventre  moyen  9.  Quec’eftuS. 

Eft  médiocrement  gras.  XI9 
Ventricüle,fon  hiftoire  57.  Co¬ 
rnent  il  cmbralTc  la  viande 
594,  Riolan  i’a  trouué  deux 
fois  double  en  l’homme  58. 
S’il  fe  nourrit  de  Sang  ou  de 
chyle.  (j8 

Ventricule,  (on  action  7  o.  Con¬ 
nexion  C<3.  Correfpondance 
auec  le  cerueau  6^.  Aucc  le 
cœur  ^i.Aucc  le  colom  &  les 
reins  Croufte(j5.  Défini¬ 
tion  57.  Fibres  &Icur  vfage 
^3. Figure  6(3 ,  Grandeur,  ibid. 
Eil  ordinairement  plus  petit 
aux  femmes  qu’aux  hommes. 
ibtd.  Grandeur  comment  fe 
cognoift.  ibid.  Membranes 
=^5.  Nombre  jS.Ridcs  ^5.  Si¬ 
tuation  57.  Subftancc  quelle 
^/.  Pourquoy  fa  tunique  in¬ 


terne  cit  continue  à  la  timi.; 
que  interne  delà  bouche 
Si  les  veines  fuccent  quell 
que  chofe  du  chyle  68.  Vfage 
70.  Orifices  61.  Pourquoy 
l’orifice  gauche  eft  appellé 
cftomach  ,&  cœur  6i.  Eft  im¬ 
pliqué  de  nerfs., W.  Com¬ 
ment  l’orifice  gauche  fe  fer. 
me, fes  fibres,  ütümon.ibid. 
Symptômes  sëblables  à  ceux 
du  cœur.  /b.  Il  faut  appliquer 
les  topiques  au  dos,  lors  qu'il 
eft  malade,  ib.  Orifice  droit. 
Ibid.  Quand  s'ouure.  IbidSc& 
fibres , cercle  ou  fphinéfcer.  Ib, 
Diuerfes  parties  qui  afliftent 
la  chaleur  du  ventricule 
D’où  vient  fa  longue  foiblef- 
fc  69. Comment  fapefanteur 
fe  guérit  595.  Il  faut  remar¬ 
quer  vneinfîgne  cauité  pto. 
chedii  ventricule  66-  CÔbien 
ont  de  ventricules  les  oifeaux 
&lesbeftcsqui  ruminent  58. 
L’vfage  de  chacun  d’eux.  Ib. 

V entricule  troifiéme  du  cerueau 
que  c’eft  354.  Q3itriéme347. 
Ducerucllct.  Ibid.  Du  cœur 
M7. 

Ventricule  noble  à  l*  moelle  du 
cerueau.  317 

Ventricules  du  cerneau  334. 
L’Auiheut  n’en  met  qu’va 
35J.  Qi^cft  ce  que  les  ante¬ 
rieurs  335.  Conformation  des 
ventricules  du  ceruetu.  33^. 


Ta^le  des  Aîatieres. 


Vfage.  340 

la  Verge.  1^1.  Ed  vnaniraal  fé¬ 
lon  Platon,  ibid.  Pourquoy 
elle  n’elt  pas  fi  giade  qu’aux 
beftes.  163.  Comme  elle  peut 
deuenir  plus  grande-  ibid. 
Pourquoy  efl.  fans  graifie. 
ibid.  Ofleufe.  itjj.  Sa  fym- 
pathic  aucc  Pinteftin  redura 
85.  Corps  nerueux  167.  Leur 
origines:  contittuation.ibid, 
Vaifleaux  &  mufcles  168. 
Vfagei69.  Son  dos  &  gran¬ 
deur  165.  Gland  ou  telle  i6S. 
Endurciflement  &  eredion 
167.  Doublement  félon  les 
Arabes.  Parties, fubftan- 
ee  ié5  Subftance  diuerfe  i6-j. 
Ridicule  comparaifon  auee 
la  matrice  17a. 

Verge  de  la  femme.  170 

Vertébrés  del'Efpine  6c  leur  hi- 
ftoirc.  559 

Vertebre  première  du  col  pour- 
quay  n’a  point  d’efpine.  5^1 
Vefalc  ,fes  erreurs  41. 104,.  134. 

181.351.  445- 

Yeflingius  »  fon  opinion  de  l  v- 
fage  du  conduit  du  panercas 
515.  De  l’vfage  des  capfules 
atrabilaires.  i]9 

Veflie  du  fiel  105.  Col , croûte, 
fonds, grandeur, membranes, 
rameaux,  finus,  valvules. ib. 
vfage  10p.  Ne  fe  nourrit  de 
bile.  «O 

Vefiiede  l’vxmc  fiefoa  hiftoire 


141.  Eft  cachée  entre  les  deux 
tuniques  du  péritoine  50. 
Rem  plie,  le  vent  n’en  fort  pas 
140  On  la  trouuée  diuisée 
en  deux  cauitex  par  vnc  clo- 
fture  144.  Son  col,  que  c’eft 
145.  Connexion  du  fonds  & 
du  col  144.  Sympathie  auec 
le  nombril,  ibid.  Crouftei4y. 
Figure  144.  Trous  145.  Infer, 
tion  au  col  de  la  maxrice  1^4. 
Grandeur  141.  Eft  propor¬ 
tionnée  aux  poulmons.  ibid. 
Membranes  144.  Sphinder 
<|uec’eft  146.  Mufcleexcretif 
de  l’vrinc  qui  enuironne  la- 
vefliei45.  Deux  parties  144. 
Situation  I41.  Subftance  144, 
Vaifieaux,  Vfage  146.  Play  es 
'mortelles  Ibid  L’extreraite 
extérieure  dueoldc  laveflie 
n’apparoift  pas  en  mefme 
lieu  en  toutes  les  femmes 
1^4.  Les  animaux  qui  n’ont 
point  de  poulmon,  n’ont 
point  de  velfic.  14I- 

Vc'ü€  >  fon  organe.  347 

Viandes, leur  ordre danslç  vé- 
tricule  5^4.  Comment  y  font 
dilToutes  5  95.  l’ordre  de  leur 
concodion.  ,  595, 

Vierge  peut  conccuoir, fans  que 
la  marque  de  la  virginité  foie 
oftencée.  102 

Vierges  Angloifes  comment 
deffendirent  iadb  leur  cha- 
ftsté  en  la  guerre  contre  ka 


Table  des  Matières 


Danois. 

Vierge  pcunent  anoir  du  laidt 
224.  S’il  doit  fortirdufangà 
toutes  les  Vierges  aux  pre¬ 
mier  coït  201.  pourquoy  le 
premier  coït  eft  douloureux 
&fanglant.  195 

Virginité ,  fa  marque.  1^5 .  S’il  y 
en  a  199.  Pourquoy  ne  fc 

trouue  toufîours.  /^/i.Diuer- 
fes  opinions ,  &:  leurs  réfuta¬ 
tions  touchant  cette  mar¬ 
que.  198. 

Virfungus,qu’eft-ce qu’il  aveu 
premièrement  au  pancréas. 

Vifage.  348 

V  ifeeres ,  Jeur  chair.  7 

Vilîon  cornmentfe  faitpar  l’hu¬ 
meur  chryftalline.  355 

Vimus ,  vfage  de  la  Rate  félon 
luy.  ua 

Voix  que  c’eft  290.  Comment 
fefait  289.  Commentdeuiét 
refonante.  Enrouée  374. 
Grauc ,  aiguë  \  grande ,  peti¬ 
te  ,  &c.  281-  Inftrumens  278. 
289.3^6. 517. Dequoyfe  ga- 
fte  278.  Gaulés  de  fa  force 
212.  D’où  vient  fon  change¬ 
ment.  Ibid.  Parties  291.  Ar¬ 
chet  374.  La  luette  ne  fert 
pas  à  la  voix.  Ibid  D’où  vien¬ 
nent  les  différences  infinies 
des  voix.  2^0 

Volvulusoùfe  fait.  77 

y onfiifTcmcnt  au  calcul  des 


reins  134.  Bilieux  m.D’où 
vient  le  tremblement  de 
levre  à  ceux  qui  ont  enuie 
de  vomir. 

La  Voûte. 

Vrcthreque  e’eftiôj.  Sa  petite 
cauerne,  figure,  membranes, 
fubftance  &  vfage.  i(;  g 
Vreteres ,  &  leur  hiftoire  135. 
Ne  font  parties  fimilairesy. 
Connexion  140.  Nombre,* 
fituaiion  139. Principe  quel/ 
milieu, fin  ou  infertiô  quelle. 
Jbid.  V  alvulcs  près  de  l’infcr- 
tion  140.  Grandeur.  Jbid. 
Leur  grandeur  prodigieufe 
auxgraueleux,  félon  les  ob- 
feruations  del’Autheur.  Ibid. 
Figure  ,  membrane  ,  vaif- 
feaux.  Ibid.y^i^e.  141 
Vrinecoramétfc  fait. 135.  Pour, 
quoy  eft  iaune.  Ibid.  Com. 
ment  eft  portée  dans  la  velTic 
139  Pourquoy  ne  peut  re. 
tourner  vers  lescmulgentcs. 
Ibid-  Où  le  foetus  humain  eft 
contenu  deuani  l’enfante¬ 
ment  216.  Abondance  d’vri- 
neen  ceux  qui  ontla  fievre- 
quarte  12/-  Q.ui  font  ceux  qui 
ont  cftably  fauflement  la 
tranfTudation.  14! 

Vrines  ,  pourquoy  noires  dans 
les  maladies  de  la  Rate  124. 

138.  Pourquoy  celles  des gra- 

ueleux  font  ctu'és.  136 

Vfage  des  parties  du  corps, d’oü 


Table  des  MatUres, 


le  prend.  ^ 

V véc  tunique  de  l’œil.  3^^ 
Vnivc  Z02.  Ses  parties  103. 
Pourquoy  quelques  femmes 
remuentles  levres  584.0^!- 
ques  vns  les  croilent.  201 
Vulve  au  cerveau.  340 

Vvule  ou  luette  que  c’eft  374. 
Sicile  fert  à  la  voix.  Sa 
cheute,  jyid.  Ceux  qui  font 
priuez  de  Vvulc  meurent 
Fthifiques.  jyiii. 

VV. 

Valæus,  fon  opinion  de 
i’vfage  desvaifleaux  de 
l’cpiploon  42.  De  la  Raté  57. 
Du  principe  du  mufclc  31. 
Gaule  felô  luy,  pourquoy  les 
viâdes  sot  coupées,  hafehées 
&  fondues  dans  l’eftomach 
é5>.  55J5.  En  quelle  façon ,  & 
en  combien  de  temps  cela  le 
fait  5^6.  Quelle  eft  la  conftri- 
étion  du  Pylore, félon  luy  631 
Comment  le  chyle  eft  chafl'é 
du  ventricule.  7^.  Quels  vfa- 
ges  il  attribué  auxgradsvaif 
féaux  des  inteftins  73.  Cii. 
Quelle  conftriftion  de  leurs 
fibres  il  a  remarquée  pour 
chaflcrle  Chyle  63i*  Quelle 
charge  il  donne  àlaRate  115. 
Son  obfcruation  des  ancres 
du  foyc.  102  Des  anafto- 
mofes  des  rameaux  de 


la  veine-porte  &  cave  au 
foye  103.  Du  vas-brcvci  5. 
De  la  refpiration  231.  275. 
De  l’cuacuation  de  la  bi¬ 
le  delà  veflic  du  fiel  I09.  De 
la  vifion  355. Les  reins  nepre- 
parent  pas  lafemcnce  135.  Les 
membranes  de  la  veflic  pouf- 
fentloin  IVrine  i43.Demon- 
ftre  l’vfage  du  mcflâgo&dc  la 
cônexion  des  pai^aftate^a^jcc 
les  vaiffeaux  pfépar^s  i)5*La 
maiicre  du  îai^  li^t 
vfage  il  dôneâux  (îjcjll(^  dii 
cœur  257.  Les  fïbtes  çhajgués 
de  la  veine- c^e-i^y  Os 
hyoide  37^.  Oorcraation  du 
mouv.cmcntdu  cœur<jié.La 
caufe  qu’il  en  donne  628.  Co¬ 
rnet  il  eftime  que  les  valvules 
du  cœur  referment  636.  Co¬ 
rnent  le  ccrucau  fc  meut  505. 
Comment  le  chyle  eft  porté 
au  foye.597.  Deux  epiftres  du 
mouucmcnt  du  chyle  &  du 
fang.  589 

VVormius’  de  rvfage  des 
Rems.  135 

Y 

YEuXjleurhiftoirc  347.  An¬ 
gles  348.  Giaiffc349.Ca- 
runculc.  IbU.  Cils.  Ibid-  Hu* 
meurs  354.  Leur  vfage  355. 
L’humeur  aqueufe  eft  vnc 
partie  animée  354.  1115  353. 


Table  des  Matières, 

Murcles549  . Nerfs  optiques  Z 

&  moteurs  jji.  paupières  r^Acutus  Portugais  ,  ’fo» 
J 48.  Parties.  Ihid.  Prunelle.  Jüj  opinion  cic  l'vfage  de  (a 
3Çf,  Sourcils  349.  Tuni-  peau.  ,jj 

^s.  355.354  Zirbus. 


lE'î'fî'f' •iS